L’unicité dans la peur

Un cœur vivant ne craint qu’Allah [Seul]. Ainsi, il n’a pas peur de l’homme, même s’il est injuste ; ni d’un évènement, aussi impressionnant soit-il ; ni ne craint pour sa subsistance ou sa mort ; et n’a ni a peur pour un enfant ou un bien. Mais à cause de la vie présente dans son cœur, plus la personne qui lui fait face est importante et forte, plus il la voit, à ses yeux, comme quelqu’un de bas et de faible. Tel était Tâwoûs Al-Yamânî… Ainsi, As-Salt Ibn Râchid a rapporté : « J’étais assis auprès de Tâwoûs lorsque Salm Ibn Qoutaybah le questionna sur une chose. Tâwoûs le réprimanda. « Mais c’est LE Salm Ibn Qoutaybah du Khourasân ! » – m’exclamais-je. Il rétorqua : « Alors il est encore plus bas à mes yeux »[1]

Et n’a peur d’autre qu’Allah que celui ayant une maladie dans son cœur.

D’ailleurs, Allah relata que parmi les caractéristiques de ceux qui ont dans leur cœur une maladie, le fait qu’ils disent : (« Nous craignons qu’un revers de fortune ne nous frappe. ») (Al-Mâidah, v.52)

Il relata aussi que ceux dont les cœurs sont en vie et qui ont été préservés disent : (Certes ceux auxquels l’on disait : « Les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez-les » – cela accrut leur foi – et ils dirent : « Allah nous suffit ; Il est notre meilleur garant ».) (Âli ‘Imrân, v.173) Ceux-là se conformèrent à l’ordre de leur Seigneur qui apaisa leurs cœurs par Sa parole : (Ne craignez donc pas les gens, mais craignez Moi.) (Al-Mâidah, v.44).

Il a rattaché le fait de Le craindre avec la foi, et Il fit de Sa crainte le monopole de ceux qui ont un cœur vivant. C’est pourquoi Il déclara et blâma : (Les redoutiez-vous ? C’est Allah qui est plus digne de votre crainte si vous êtes croyants !) (At-Tawbah, v.13).

Et Il dit également en ordonnant et en interdisant en même temps : (N’ayez donc pas peur d’eux. Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants.) (Âli ‘Imrân, v.175)

Quant au fait de n’avoir peur que d’Allah, c’est une preuve de la vie du cœur et de sa force. Les [savants] évoquèrent qu’un homme alla se plaindre auprès de l’imam Ahmad Ibn Hanbal du fait qu’il ait peur de certains gouverneurs, l’imam Ahmad lui dit alors : « Si tu avais corrigé correctement [ta foi et ton cœur], tu n’aurais peur de personne. »

Sachant que la peur naturelle, qui n’empêche pas l’accomplissement d’une obligation, n’entache aucunement la salubrité du cœur : comme la peur qu’a l’homme de son ennemi, du danger et de l’atrocité… En revanche la crainte absolue, elle, ne doit être vouée qu’à Allah Seul.

[1] Il ne faut pas comprendre sa parole comme un manque de respect ou un rabaissement à son égard. Mais le fait que cette personne soit quelqu’un d’important dans la région du Khourasân n’empêche aucunement Tâwoûs de le réprimander vis-à-vis de sa question. (Note du traducteur)


Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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