06 – Hadith n°6 : « Que l’un d’entre vous acquière un cœur reconnaissant »

Le sixième hadith : 

Thawbân – qu’Allah l’agrée – rapporte : « Lorsque le verset concernant l’or et l’argent fut révélé, les Compagnons demandèrent : “Alors, quelle richesse devons-nous acquérir ?” ‘Oumar répondit : “Je vais vous en informer.” Il pressa son dromadaire jusqu’à rattraper le Prophète , tandis que je le suivais. » Qui parle ici ? Thawbân. Pourquoi a-t-il suivi ‘Oumar ? Pour savoir ce que le Prophète  allait dire. « ‘Oumar répondit : “Je vais vous en informer.” Il pressa son dromadaire jusqu’à rattraper le Prophète , tandis que je le suivais. Il demanda “Ô Messager d’Allah ! Quelle richesse devons-nous acquérir ?” Il répondit : “Que l’un d’entre vous acquière un cœur reconnaissant, une langue qui mentionne Allah, et une épouse croyante qui l’aide dans les affaires de l’au-delà.” » Rapporté par Ahmad et Ibn Mâjah, et le hadith est authentique. 

Je vous pose maintenant la question. 

Thawbân dit dans le hadith : « Lorsque le verset concernant l’or et l’argent fut révélé, les Compagnons demandèrent : “Alors, quelle richesse devons-nous acquérir ?” »  

Quel est donc ce verset qui fut révélé concernant l’or et l’argent ? 

Qui veut répondre ?  

Ici vous avez déjà répondu. 

Oui ? 

{À ceux qui amassent l’or et l’argent, sans en consacrer une partie à la cause d’Allah, tu peux dès à présent annoncer un douloureux châtiment.} [S.9, v.34]. 

Les Compagnons ont eu peur. Pourtant, comme l’explique Ibn ‘Abbâs : « L’amassement désigne les richesses sur lesquelles l’aumône légale n’a pas été prélevée. » Autrement dit, si quelqu’un amassait de l’or et de l’argent, tout en s’acquittant de l’aumône obligatoire, il n’est pas compté parmi ceux qui amassent l’or et l’argent sans en consacrer une partie à la cause d’Allah, et n’est donc pas concerné par la menace mentionnée dans le verset.  

Néanmoins, en raison de la crainte profonde qui les habitait, lorsque cette menace fut révélée, les Compagnons se demandèrent : « Quelle richesse devons-nous alors acquérir ? L’or et l’argent étant dangereux, que pouvons-nous amasser ? Quelle richesse devons-nous acquérir ? Si la menace concerne l’or et l’argent, alors que pouvons-nous acquérir ? » ‘Oumar partit alors questionner le Prophète . Mais la réponse qui lui fut donnée fut d’un tout autre ordre, une réponse totalement différente. Il répondit : « Que l’un d’entre vous acquière un cœur reconnaissant, une langue qui mentionne Allah, et une épouse croyante qui l’aide dans les affaires de l’au-delà. » Trois choses.  

L’explication de ce verset évoquée dans le Sahîh d’Al-Boukhârî, se trouve dans le chapitre : « Toute richesse dont on acquitte l’aumône obligatoire n’est pas une richesse amassée ». Puis Al-Boukhârî – qu’Allah lui fasse miséricorde – rapporte avec sa propre chaîne de transmission que Khâlid ibn Aslam a dit : « Nous sortîmes en compagnie de ‘Abdoullâh ibn ‘Oumar – qu’Allah les agrée – lorsqu’un bédouin demanda : “Explique-moi la parole d’Allah : {À ceux qui amassent l’or et l’argent, sans en consacrer une partie à la cause d’Allah.} [S.9, v.34].” Ibn ‘Oumar – qu’Allah les agrée – répondit : « Ceux qui les amassent et n’en prélèvent pas l’aumône obligatoire, alors malheur à eux ! Ce verset a été révélé avant que l’aumône obligatoire ne soit légiférée. Une fois l’aumône obligatoire prescrite, Allah en fit une purification pour les richesses. » Rapporté par Al-Boukhârî. 

La parole : « Quelle richesse devons-nous acquérir ? », met en évidence la vitesse avec laquelle les Compagnons se conformaient, leur réaction lorsque la Révélation descendait, ainsi que leur désir de réformer immédiatement leur condition. 

Qu’est-ce qui peut nous sauver ? Que faire ? Comment changer ? Il existe une menace concernant l’or et l’argent : où devons-nous aller prendre nos richesses ? Que doit-on accomplir ? 

Les Compagnons ont donc questionné au sujet des richesses : « Quelle richesse devons-nous acquérir ? » Le Prophète  les orienta alors d’acquérir un cœur reconnaissant, une langue qui mentionne Allah et une épouse croyante qui aide dans les affaires de l’au-delà. 

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La course vers les bonnes œuvres

La course vers les bonnes œuvres 

Sermon prononcé le vendredi 6 du mois de Rajab, en l’an 1447 de l’hégire, dans la Mosquée Prophétique.

Toutes les louanges appartiennent à Allah. Nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, l’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que Muhammad est le serviteur d’Allah et Son messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, sa famille et ses compagnons, ainsi que Ses nombreux saluts.

Ceci dit :

Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah d’une crainte véritable, que ce soit en secret ou en apparence.

Ô musulmans :

Allah créa les créatures dans le but de L’adorer seul. Il fit de cette demeure un champ de labour pour l’au-delà et un lieu de compétition dans l’obéissance à Allah. Il recommanda de se hâter d’accomplir les œuvres de bien et de se rapprocher de Lui. Cependant, se concurrencer dans les œuvres de bien est une chose encore plus élevée que le simple fait de les accomplir. En effet, se concurrencer implique d’accomplir l’œuvre et de la parfaire de la meilleure des façons. Et cela exprime un aspect bien plus fort de la servitude. Les âmes nobles tirent évidemment profit de cette compétition ; elles cherchent à se rattraper et à devancer les autres. C’est là le signe d’une résolution éminente, d’une âme élevée et d’une ressemblance aux gens vertueux.

S’empresser d’accomplir de bonnes œuvres est l’une des meilleures qualités par lesquelles l’individu est loué, car cela indique la ferme volonté du serviteur d’obéir à Allah et de L’aimer. Les Prophètes عليهم السلام se sont hâtés de satisfaire Allah. Mûsâ عليه السلام a dit :

{« Quant à moi, Seigneur, je me suis hâté pour T’être agréable. »} [Tâ-Hâ, v.84].

Un jour, notre Prophète Muhammad ﷺ dirigea la prière de ses Compagnons. À peine avait-il terminé qu’il se leva aussitôt et, enjambant les rangs, se dirigea vers les appartements de certaines de ses épouses. Les fidèles s’inquiétèrent de son empressement. Constatant, à son retour, leur étonnement, il les rassura en disant : « Je me suis souvenu qu’il y avait chez nous de l’or destiné à l’aumône – ; j’ai donc donné l’ordre qu’il soit distribué de crainte qu’il n’accapare mon esprit. » (Rapporté par Al-Bukhârî).

Le Très-Haut nous informa que l’une des caractéristiques des croyants des communautés précédentes était la suivante :

{Ils incitent les autres à la vertu, condamnent le vice et s’empressent d’accomplir les bonnes œuvres.} [Âlu ‘Imrân, v.114].

Allah ordonna à notre communauté de s’empresser d’obtenir le pardon d’Allah et Son Paradis. Il dit en effet :

{Empressez-vous vers les œuvres qui vous vaudront le pardon de votre Seigneur et un jardin aussi large que les cieux et la terre.} [Âlu ‘Imrân, v.133].

Il nous incita à rivaliser pour l’obtenir :

{Empressez-vous vers le pardon de votre Seigneur et un jardin aussi large que le ciel et la terre.} [Al-Hadîd, v.21].

Les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ se hâtaient de rechercher l’amour d’Allah et de Son Messager. Lorsque le Prophète ﷺ dit : « Je confierai l’étendard à un homme qui aime Allah et Son Messager, et qu’Allah et Son Messager aiment, et par lequel Allah accordera la victoire » (Consensus d’Al-Bukhârî et Muslim), Sahl رضي الله عنه relata ensuite : « Les musulmans passèrent la nuit à s’interroger sur l’identité de cet homme. Le lendemain matin, ils se rendirent auprès du Prophète ﷺ, chacun espérant être désigné comme porte-drapeau. »

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⚠️🔥Il s’en prend à un Compagnon du Prophète ﷺ – Chaykh Sa‘îd Al-Kamalî

Lorsque Anas se trouvait à Bassora, Al-Hajjâj venait d’être nommé gouverneur de l’Irak.
Anas se rendit auprès de lui – Anas était l’une des grandes figures de Bassora, l’un de ses hommes éminents et un compagnon du Messager d’Allah ﷺ. Il entra, salua l’émir, et celui-ci lui rétorqua :
« Hé, hé, ô Ounays (petit Anas) ! » – il le disait sur un ton de mépris. « Par Allah, je t’extirperai jusqu’à la racine. Je t’arracherai comme on arrache une tumeur. Je t’enserrerai comme on enserre les branches épineuses de l’acacia et je te dépouillerai comme on dépouille le lézard. »

Anas dit alors :
« Est-ce bien moi que vise l’émir – qu’Allah le réforme ? »
Il répondit :
« C’est toi que je vise ! Qu’Allah te rende sourd ! »

Anas dit alors :
« C’est à Allah que nous appartenons, et c’est à Lui que nous retournerons. »

Il sortit. Certains de ceux qui l’accompagnaient lui demandèrent pourquoi il n’avait rien répondu.
Il répondit :
« Si je ne craignais pas pour mes enfants après ma mort, je lui aurais tenu des paroles après lesquelles il ne m’aurait jamais laissé en vie. »

Anas écrivit ensuite une lettre à ‘Abd Al-Malik ibn Marwân, le calife de l’époque :

« D’Anas ibn Malik à ‘Abd al-Malik ibn Marwân, Émir des croyants.

Ceci étant dit : Al-Hajjâj m’a fait entendre des paroles indécentes et m’a adressé des propos ignobles, alors que je n’en étais pas digne. Empêche-le de me nuire, car j’ai servi personnellement le Messager d’Allah ﷺ et lui ai tenu compagnie.

Que les salutations et la miséricorde d’Allah soient sur toi. »

Lorsque ‘Abd al-Malik ibn Marwân lut la lettre, il entra dans une colère violente et écrivit à Al-Ḥajjâj :

De ‘Abd al-Malik ibn Marwân, Émir des croyants, à Al-Hajjâj ibn Yoûsouf.

Ceci étant dit : Tu n’es qu’un serviteur que le pouvoir a enivré, au point d’avoir transgressé toute limite et laissé parler ta folie des grandeurs, dépassant ta condition et commettant un odieux blasphème.

Qu’Allah te maudisse, ô esclave aux yeux et à la vue étroits, aux joues flasques ! As-tu oublié la condition de tes aïeux à Taïf ? – Il lui rappelle sa condition précédente. Tu es un émir, mais hier, qu’étais-tu ? – As-tu oublié la condition de tes aïeux à Taïf lorsqu’ils transportaient les pierres sur leurs épaules et creusaient les puits de leurs mains ?

Tu as oublié ce que tu étais, toi et tes aïeux, marqués par la bassesse, la vilenie et la faiblesse.

Par Allah, j’ai eu la ferme intention de te saisir comme le lion saisit le renard ou le faucon le lièvre.

Tu t’es attaqué à un homme parmi les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ : tu n’as ni accepté sa bienfaisance, ni passé outre son offense. Quelle audace méprisable envers le Seigneur – exalté soit-Il – et quel mépris envers l’engagement !

Par Allah, si les Juifs et les Chrétiens voyaient un homme ayant rencontré ‘Ouzayr ou le Messie, ils l’honoreraient, le respecteraient et le révéreraient.

Or voici Anas ibn Mâlik ! Il a servi le Messager d’Allah ﷺ, qui lui informait de choses personnelles et le consultait dans ses affaires. Et il est l’un des derniers de ses Compagnons encore en vie parmi nous.

Lorsque cette lettre te parviendra, sois pour lui plus soumis que ses sandales et ses chaussettes à ses pieds. Sinon, une flèche funeste et fatale te sera décochée en mon nom.

{Chaque annonce devra s’accomplir en son temps. Bientôt vous saurez.} [S.6, v.67]. »

Que pensez-vous qu’Al-Hajjâj ait fait après une telle lettre ?

Il se rendit auprès d’Anas ibn Mâlik, s’humilia devant lui et se réforma à son égard par la suite.

Seize leçons tirées de l’émigration prophétique

Toutes les louanges appartiennent à Allah. Nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, l’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que Mouhammad est le serviteur d’Allah et Son messager.

يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ ٱتَّقُواْ ٱللَّهَ حَقَّ تُقَاتِهِۦ وَلَا تَمُوتُنَّ إِلَّا
وَأَنتُم مُّسۡلِمُونَ

{Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah comme il convient de Le craindre, et ne mourez qu’entièrement soumis.}[1] [Âlou ‘Imrân, v.102].

يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ ٱتَّقُواْ رَبَّكُمُ ٱلَّذِي خَلَقَكُم مِّن نَّفۡسٖ وَٰحِدَةٖ وَخَلَقَ مِنۡهَا زَوۡجَهَا وَبَثَّ مِنۡهُمَا رِجَالٗا كَثِيرٗا وَنِسَآءٗۚ وَٱتَّقُواْ ٱللَّهَ ٱلَّذِي تَسَآءَلُونَ بِهِۦ وَٱلۡأَرۡحَامَۚ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلَيۡكُمۡ رَقِيبٗا

{Ô hommes ! Craignez votre Seigneur Qui vous créa d’un seul être et Qui, de cet être, créa son épouse, puis des deux, fit se répandre hommes et femmes en très grand nombre. Et craignez Allah au nom de Qui vous vous implorez mutuellement, et craignez de rompre les liens de parenté, car Allah vous observe en permanence.} [An-Nisâ, v.1].

يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ ٱتَّقُواْ ٱللَّهَ وَقُولُواْ قَوۡلٗا سَدِيدٗا ٧٠ يُصۡلِحۡ لَكُمۡ أَعۡمَٰلَكُمۡ وَيَغۡفِرۡ لَكُمۡ ذُنُوبَكُمۡۗ وَمَن يُطِعِ ٱللَّهَ وَرَسُولَهُۥ فَقَدۡ فَازَ فَوۡزًا عَظِيمًا

{Ô vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! Il rendra vos œuvres meilleures et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité.} [Al-Ahzâb, v.70 – 71].

Ceci dit :

Ô musulmans ! Craignez Allah le Très-Haut et soyez conscients qu’Il vous observe constamment. Obéissez-Lui et abstenez-vous d’enfreindre Ses ordres. Sachez qu’Allah a envoyé Son Prophète Mouhammad ﷺ après une longue période sans Messagers, à une époque où le polythéisme s’était répandu sur toute la terre, y compris la plus noble des contrées : La Mecque. Le Prophète ﷺ commença par appeler ses proches parents à l’Islam. Un petit nombre d’entre eux répondit favorablement à son appel, tandis que la majorité le rejeta. Son appel demeura quelque temps discret, et les mécréants de Qouraych n’y prêtèrent guère attention. Mais lorsque le Messager d’Allah ﷺ proclama ouvertement son message, discrédita et blâma leurs divinités, les polythéistes changèrent alors d’attitude afin de préserver leurs idoles et par fanatisme envers elles.

Ils tentèrent alors de le dissuader par l’argent, afin qu’il devienne le plus riche d’entre eux ; ils lui proposèrent de se marier avec les plus belles femmes ; ils lui promirent la souveraineté sur eux ; ils allèrent même jusqu’à lui suggérer qu’il adore leurs divinités une année, tandis qu’eux adoreraient Allah l’année suivante. Mais il refusa catégoriquement ﷺ.

وَدُّواْ لَوۡ تُدۡهِنُ فَيُدۡهِنُونَ

{Ils voudraient que tu leur fasses des concessions, étant eux-mêmes disposés à transiger.} [Al-Qalam, v.9].

Ils se mirent alors à torturer les Compagnons qu’ils pouvaient atteindre, ceux qui ne disposaient ni d’influence ni de clan pour les protéger. Ils leur infligèrent les pires supplices afin de les contraindre à revenir au polythéisme et d’effrayer ceux qui envisageraient d’embrasser l’Islam. Lorsque le Messager d’Allah ﷺ vit les épreuves endurées par ses Compagnons, et qu’il n’était alors pas en mesure de les protéger, il leur autorisa d’émigrer vers l’Abyssinie. Ils y émigrèrent à deux reprises : la première lors de la cinquième année de la mission prophétique, et la seconde durant la sixième. Par la suite, ils émigrèrent vers Médine, avant que lui-même ﷺ ne les rejoigne, afin de mieux propager l’Islam et de pouvoir adorer Allah en toute sécurité et sérénité.

Ô musulmans ! Quiconque médite sur l’émigration prophétique y découvre des sagesses immenses et en tire de grandes leçons. Parmi celles-ci, on peut citer :

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05 – Hadith n°5 : « Il arrive parfois à mon cœur de se laisser recouvrir par un voile fin »

Le cinquième hadith : 

Al-Agharr Al-Mouzanî رضي الله عنه rapporte que le Prophète a dit : « Il arrive parfois à mon cœur de se laisser recouvrir par un voile fin. J’implore alors le pardon à Allah cent fois dans une même journée. » Rapporté par Mouslim.

Ce hadith nous incite à surveiller attentivement l’état du cœur – dans ses bons comme dans ses mauvais moments – à observer son activité ainsi que tout ce qui l’affecte.

Le Prophète lui-même dit : « Il arrive parfois à mon cœur de se laisser recouvrir par un voile fin. » Il guette ce qui se passe dans son cœur, le ressent, puis nous en informe en disant : « Il arrive parfois à mon cœur de se laisser recouvrir par un voile fin. J’implore alors le pardon à Allah cent fois dans une même journée. » Rapporté par Mouslim.

Ainsi, l’imam des musulmans surveille l’état de son cœur, connaît les choses qui peuvent l’affecter et ressent son état. Il dit alors : « Il arrive parfois à mon cœur de se laisser recouvrir par un voile fin (Youghân). »

Expliquons linguistiquement la signification du verbe arabe (Youghân) vis-à-vis du Prophète , avant d’expliquer le hadith, car le sujet est délicat.

Que signifie le terme Alghayn, [dont provient le verbe Youghân] ?

Le mot Ghayn est proche du sens du mot Ghaym (nuage fin). Youghân ‘alayhi, c’est-à-dire quelque chose qui recouvre le cœur et l’enveloppe.

Dans la langue arabe, Al-ghayn désigne ce qui couvre une chose. Tout ce qui s’interpose entre toi et quelque chose est appelé Ghayn en arabe. C’est pourquoi le nuage (Ghaym) est aussi appelé Ghayn, car il s’interpose entre toi et le ciel. Se référer aux ouvrages « Ma‘âlim as-sounan », « Matâli‘ al-anwâr ‘alâ sihâh al-âthâr », et « Charhou Mouslim » d’An-Nawawî.

Étant donné que ce hadith concerne le Prophète , certains savants ont préféré ne pas l’expliquer. Ils ont estimé que le sujet était sensible et qu’il valait mieux ne pas s’attarder à l’expliquer. Ils se sont limités à expliquer la signification linguistique du mot « Ghayn » puis se sont tus, par respect envers le Prophète . As-Souyoûtî a même dit : « Mon opinion est que ce hadith fait partie des hadiths équivoques, et qu’il ne convient pas d’approfondir l’explication. »

Al-Asma‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde), un grand homme de science, fut questionné au sujet de ce hadith. Il répondit : « S’il s’agissait du cœur de quelqu’un d’autre que le Prophète ﷺ, j’en aurais parlé. » C’est-à-dire que si c’était le cœur d’un autre, j’aurais expliqué ce hadith. Mais puisqu’il s’agit du cœur du Prophète , je me tais. Il s’est donc contenté d’en donner l’explication linguistique. Il dit : « S’il s’agissait du cœur de quelqu’un d’autre que le Prophète ﷺ, j’en aurais parlé. Cependant, les Arabes disent que le mot Ghayn signifie un nuage fin (Ghaym). » Puis il se tut.

Toutefois, certains savants ont tout de même tenté d’expliquer ce hadith. Évidemment, que ne faut-il pas faire en l’expliquant ? Tenir des propos déplacés qui accuseraient le cœur du Prophète d’être touché pas quelque chose d’inapproprié. Que pouvons-nous donc dire ?

Faites-moi part des significations possibles de ce hadith. Nous savons qu’Al-ghayn, en langue arabe, désigne une chose qui recouvre ou tout ce qui fait obstacle entre deux éléments.

La question est maintenant de savoir : qu’est-ce qui a pu traverser le cœur du Prophète pour qu’il tienne ces paroles et nous informe qu’il implore le pardon à Allah cent fois ? Qu’est-ce donc ?

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L’explication complète de la Sourate At-Talâq (le Divorce) enfin disponible

Le Cœur des Croyants vous présente l’explication complète de la sourate At-Talâq (Le divorce) par le Chaykh Khâlid Ismâ’îl Mousabbah (Qu’Allah le préserve et le récompense).

Nous vous demandons humblement de ne pas nous oublier dans vos invocations.

Qu’Allah nous compte parmi les véridiques et gens sincères

Partie n°1 :

Partie n°2 :

Partie n°3 :

Partie n°4 :

Partie n°5

Avoir une bonne opinion d’Allah face à la menace de l’exil forcé 🇵🇸

L’académie gazaoui Al-Mirqâh a récemment publié une magnifique exhortation destinée à nos frères et sœurs gazaouis.

Chers endurants bénis de Gaza !

Ô vous que l’on cite en exemple dans votre patience et votre fermeté ! Ce dont le cœur a le plus besoin en temps d’épreuves, c’est d’avoir une bonne opinion d’Allah.

Avoir une bonne opinion d’Allah n’est pas une simple parole que l’on prononce, mais une certitude qui remplit le cœur et qui nous enseigne qu’Allah ne décrète que le bien, et que ce que l’on voit comme une épreuve n’est en réalité, dans la balance du monde de l‘Invisible, qu’une miséricorde et une élévation. Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Que personne ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allah. »

Que le cœur du croyant qui reste habité par la confiance en son Seigneur est beau ! Il voit dans la destruction de sa demeure une construction de sa récompense, dans ses larmes une expiation de ses péchés, et dans la perte et l’épreuve une élévation en degrés.

À l’ombre des menaces proférées par l’occupant d’expulser les Gazaouis de leurs demeures, nous redoublons de certitude que la terre n’appartient qu’à Allah, qu’Il en fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs, que la promesse d’Allah est vérité et qu’Il ne délaisse jamais les endurants restés dans les zones exposées à l’ennemi et qui espèrent la récompense de leur Seigneur.

Ne crains jamais une chose avant qu’elle n’arrive, et n’y pense pas. Détourne ton esprit et ta crainte de l’inconnu, car seul Allah en détient la science. Sache que lorsque la calamité touche le serviteur, la clémence d’Allah descend avec elle. Mais si tu t’imagines la calamité avant qu’elle ne survienne, tu l’accueilleras sans clémence et tu anéantiras ton âme.

Sois convaincu que tu as un Seigneur qui règne en Maître absolu sur la Création et qui ne dort jamais. Sois donc rassuré et place ta confiance en Lui. Réjouis-toi d’une belle annonce et attends avec optimisme un bon dénouement, tu le trouveras.

Car, aussi longue que soit la nuit, elle sera inévitablement suivie de l’aube.

Et aussi dur que soit la calamité, il y aura forcément derrière elle une victoire et un secours.

Le Très-Haut dit : {Allah fera succéder l’aisance à la difficulté.} [At-Talâq, v.7].

Tant que nous gardons une bonne opinion de notre Seigneur, nous avons la certitude que Sa miséricorde est plus vaste que nos blessures, que Sa grâce est plus grande que nos pertes, et que ce qui se trouve auprès de Lui est bien meilleur pour nous que ce que nous n’avons plus.

Ô Gazaouis ! Sachez que vos blessures vous élèvent en degrés, que vos larmes devant Allah ne sont pas mises de côté, et que le sang de vos martyrs insufflera une nouvelle vie à la communauté.

« Par Allah ! Une nuit et une journée d’Abû Bakr sont meilleures que ‘Umar et toute sa famille. »

At-Talamankî a rapporté le hadith de Maymûn ibn Mihrân dans lequel il dit : « Lorsqu’Abû Mûsâ Al-Ach‘arî accomplissait le sermon du vendredi à Bassora – dont il était le gouverneur –, il priait sur le Prophète ﷺ puis il invoquait en la faveur de ‘Umar ibn Al-Khattâb.

Un jour, Dabbah ibn Mihsan Al-‘Anazî se leva et s’exclama : “Pourquoi n’as-tu pas cité son compagnon avant lui ? Le préfères-tu à lui – en faisant référence à Abû Bakr – ?” Puis il se rassit. Mais après avoir réitéré ces propos plusieurs fois, Abû Mûsâ s’irrita.

Il écrivit à ‘Umar رضي الله عنه pour l’informer que Dabbah le critiquait et agissait de telle sorte. ‘Umar écrivit à Dabbah pour qu’il se rende auprès de lui. Abû Mûsâ l’envoya.

Lorsque Dabbah arriva à Médine et qu’il se rendit auprès de ‘Umar, le garde annonça à ce dernier que Dabbah se tenait derrière la porte. 

‘Umar l’autorisa à entrer. Une fois à l’intérieur, il lui dit : “Tu n’es ni le bienvenu, ni comme chez toi !”

Dabbah répondit : “Concernant le lieu pour lequel on est la bienvenue, il appartient à Allah le Très-Haut. Et quant au fait d’être comme chez moi, je n’ai ici ni famille ni bien. Pourquoi as-tu approuvé que je quitte ma terre alors que je n’ai pas commis de péché et n’ai rien fait d’autre ?

– Que s’est-il passé entre toi et ton gouverneur ? demanda ‘Umar.

– Je vais t’en informer, émir des croyants. Lorsqu’il prononce le sermon [du vendredi], il loue Allah, Lui fait Ses éloges, prie sur le Prophète ﷺ, puis il invoque pour toi. Et ceci me mit en colère. Je lui ai donc dit : « Pourquoi n’as-tu pas cité son compagnon avant lui ? Le préfères-tu à lui ? » Puis il t’a écrit pour se plaindre de moi.”

‘Umar se mit à pleurer en disant : “Par Allah, tu es bien plus raisonnable et sensé que lui. Me pardonnes-tu mon erreur ? Qu’Allah te pardonne.”

Je répondis : “Qu’Allah te pardonne, ô émir des croyants.” ‘Umar pleura de plus belle et dit : “Par Allah ! Une nuit et une journée d’Abû Bakr sont meilleures que ‘Umar et toute sa famille. Veux-tu que je te raconte sa nuit et sa journée ?

– Oui, ô émir des croyants, répondis-je.

Concernant sa nuit : lorsque le Messager d’Allah ﷺ voulut quitter La Mecque pour fuir les polythéistes, il partit la nuit. Abû Bakr le suivit ; il marchait tantôt devant lui, tantôt derrière lui, parfois à sa droite et parfois à sa gauche. Le Messager d’Allah ﷺ, étonné, lui demanda : “Que fais-tu, Abû Bakr ? Je ne te reconnais pas dans ces agissements.”

Abû Bakr lui répondit : “Ô Messager d’Allah ! Quand je pense à d’éventuels embusqués, je me place devant toi. Et quand je pense à ceux qui nous poursuivent, je me place alors derrière toi. Et parfois je me place à ta droite et parfois à ta gauche. Je ne suis pas rassuré à ton sujet.”

Le Messager d’Allah ﷺ continua d’avancer sur la pointe des pieds, jusqu’à ce qu’ils s’écorchent. 

Lorsqu’Abû Bakr vit cela, il le porta sur ses épaules jusqu’à atteindre l’entrée de la grotte. Il le fit descendre et lui dit : “Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité ! Tu n’entreras pas tant que je n’y serai pas entré en premier. Une fois à l’intérieur, le Véridique trouva des terriers de serpents. Il décida de les obstruer avec son talon, mais les serpents se mirent à le mordre ou le frapper. Ses larmes coulèrent sur ses joues à cause de la douleur qu’il éprouvait, tandis que le Messager d’Allah ﷺ disait : 

﴿لَا تَحۡزَنۡ إِنَّ ٱللَّهَ مَعَنَاۖ﴾ 

{« Ne t’afflige pas, Allah est avec nous ! »} [At-Tawbah, v.40].

Allah fit ainsi descendre Sa tranquillité et Sa quiétude sur Abû Bakr.

Voici ce qu’est sa nuit.

Quant à sa journée : lorsque le Messager d’Allah ﷺ décéda, des Arabes apostasièrent. Certains dirent : nous prions, mais nous ne nous acquittons plus de l’aumône obligatoire. D’autres dirent : nous nous acquittons de l’aumône obligatoire, mais nous ne prions plus. Je me suis donc rendu auprès d’Abû Bakr, et je n’ai pas fait preuve de manquement en le conseillant. Je lui ai dit : “Ô Calife du Messager d’Allah ! Unis les gens et fais preuve de bonté envers eux.” Il me répondit : “Tu étais fort à l’époque préislamique et te voilà inquiet avec l’Islam ? L’âme du Messager d’Allah ﷺ a été reprise avec la révélation. Par Allah ! Même s’ils s’abstenaient de reverser un agal qu’ils avaient coutume de reverser au Messager d’Allah ﷺ, je les combattrais pour cela.” Et par Allah ! Il était clairvoyant dans sa décision.”

 ‘Umar écrivit ensuite à Abû Mûsâ pour le blâmer. »

Le hadith de Dabbah est l’un des hadiths les plus connus. (1) (2)

(1) Mon père a dit : « Il a été rapporté par Ad-Dînawarî dans son ouvrage « Al-mujâlasah » (t.5, p.380), numéro (2238), par Abû Al-Hasan ibn Bichrân dans son ouvrage « Fawâ-id », par Al-Bayhaqî dans son ouvrage « Ad-Dalâ-il » (t.2, p.476), par Al-Lâlakâ-î dans son ouvrage « As-Sunnah » (t.7, p.1354), numéro (2426) et rapporté par Al-Hâkim dans son ouvrage « Al-mustadrak » (t.3, p.7), numéro (4268), à propos duquel il dit : « C’est un hadith authentique. » Adh-Dhahabî approuva son jugement et dit : « Il est authentique avec une chaîne de transmission interrompue (Mursal). » (Kanzu-l-‘ummâl, t.12, p.491 – 494).
(2) « Minhâju-s-sunnah an-nabawiyyah » (t.2, p.185 et 186).

Source : « Abû Bakr le Véridique, le meilleur des Compagnons et le plus en droit au califat » (p.119 – 121)

« Abû Bakr le Véridique, le meilleur des Compagnons et le plus en droit au califat » – Chaykh Muhammad ibn ‘Abd Ar-Rahmân ibn Qâsim (pdf)

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Introduction

Toutes les louanges appartiennent à Allah, Seigneur de l’univers. Que la prière et le salut soient sur notre Prophète Muhammad, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.

Ceci dit :

Les communautés et les peuples n’ont de cesse d’évoquer leurs grandes figures et leurs personnalités importantes, s’inspirant ainsi de leur vie et suivant leurs exemples. Les meilleures créatures sont les Messagers d’Allah, puis les Compagnons de notre Prophète Muhammad ﷺ. Les Compagnons ont un grand mérite sur chaque croyant ; et le mérite de tout bien dont jouissent les musulmans en termes de foi, de science, d’adoration et de bonheur, revient tout d’abord à Allah, puis à la bénédiction de ce que les Compagnons ont pu accomplir en transmettant la religion.

Le plus complet des Compagnons, le meilleur, le plus érudit d’entre eux, le plus brave et le premier à s’empresser d’accomplir le bien est Abû Bakr le Véridique, ‘Abdullâh ibn ‘Uthmân ibn ‘Âmir Al-Qurachî رضي الله عنه.

En raison de l’immense mérite d’Abû Bakr I et de son haut rang en Islam, mon père رحمه الله a compilé les éléments dispersés de sa biographie dans l’ouvrage du Chaykh Al-Islâm : « Minhâju-s-sunnah an-nabawiyyah », et l’a intitulé : « Abû Bakr le Véridique, le meilleur des Compagnons et le plus en droit au califat ».

Mon père رحمه الله a fourni de grands efforts pour réaliser cet ouvrage. Mais ce qui l’a grandement aidé à publier ce livre, après la grâce d’Allah, est sa profonde connaissance des œuvres de Chaykh Al-Islâm. Mon père a dit dans l’introduction[1] : « Cette recherche – portant sur les mérites du Véridique et sa légitimité au califat – est dispersée dans l’ouvrage « Al-manhâj » ; on ne peut l’obtenir dans sa totalité que si l’on a lu le livre en entier, et ceci est une chose ardue qui nécessite du temps. En effet, Ibn Taymiyyah رحمه الله n’a pas rédigé ce livre dans le but de traiter des mérites d’Abû Bakr, mais il ne l’a écrit que pour réfuter un auteur rafidite, en reprenant ses expressions et ses objections. »

Mon père رحمه الله a expliqué dans l’introduction de son livre la raison de celui-ci, il dit : « Mon objectif premier est que le musulman ait une connaissance complète du mérite d’Abû Bakr le Véridique et de sa légitimité au califat après la mort du Messager d’Allah ﷺ. » Mon père fit imprimer le livre de son vivant, qui reçut un bon accueil.

En raison de l’importance du sujet traité, mais aussi pour exécuter la recommandation que mon père m’avait faite – oralement et par écrit – en me demandant d’examiner ses livres et de les publier, j’ai voulu réaliser son souhait pour ce livre. Il avait écrit dans son introduction : « J’aimerais que ce livre, ou un autre similaire, soit présent dans chaque foyer musulman. » Je l’ai alors examiné et réimprimé pour qu’il soit publié sous sa plus belle apparence, comme le désirait mon père رحمه الله.

J’implore Allah de rendre ce livre aussi bénéfique que son original, de récompenser de la meilleure manière les savants musulmans et de nous réunir dans les Jardins de la félicité.

Que la prière d’Allah et Son salut soient sur notre Prophète Muhammad, ainsi que sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.

Dr. ‘Abd Al-Muhsin ibn Muhammad Al-Qâsim

Imam et prêcheur de la noble Mosquée Prophétique

J’ai achevé l’écriture de ce livre le treize du mois de Safar de l’an mille quatre-cent-quarante-cinq de l’hégire prophétique,
à la Mosquée Prophétique.

[1] (p.98).

Abû Bakr le Véridique, le meilleur des Compagnons et le plus en droit au califat (pdf)

Les quarante hadiths palestiniens – préparé par le chaykh Jihâd Al-‘Âyich

Les quarante hadiths palestiniens (pdf)

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