La patience du Prophète ﷺ face aux persécutions des mécréants

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Le Prophète ﷺ a été persécuté de différentes manières et il choisissait de patienter, car il était persécuté afin qu’il cesse d’accomplir ce qu’il avait choisi de faire, ce qui est plus encore que la patience de Yoûssouf عليه السلام. En effet, on a appelé Yoûssouf à la fornication, et il n’a été châtié par la prison que parce qu’il a refusé, alors que c’est la mécréance qu’on a demandé au Prophète ﷺ et ses Compagnons رضي الله عنهم, et comme ils ont refusé ils ont été châtiés par le meurtre et d’autres choses encore. Et le plus petit châtiment qu’ils ont subi fut la prison lorsque les polythéistes les ont confinés un temps dans une vallée en dehors de la ville, et dès lors qu’Aboû Tâlib décéda, les persécutions ont augmenté.

Quand les polythéistes de Qouraych apprirent que les Ansârs de Médine avaient prêté serment d’allégeance au Prophète ﷺ, ils voulurent l’empêcher de quitter la Mecque, le bloquant lui et ses Compagnons. On ne pouvait quitter la ville que secrètement, sauf ‘Oumar Ibn Al-Khattâb et (les nobles) comme lui qui voulaient quitter leurs demeures, mais malgré tout, ils empêchaient certains d’entre eux.

Les croyants n’ont subi ces persécutions et ces épreuves que parce qu’ils ont choisi d’obéir à Allah et Son Prophète ﷺ de la même façon que Yoûssouf à choisir d’obéir à Allah en préférant la prison au péché. Ce n’était donc pas une épreuve céleste que le serviteur subit bon gré mal gré, comme ce qui est arrivé à Yoûssouf عليه السلام lorsqu’il a été séparé de son père. La patience volontaire est la plus noble et la plus méritoire des deux, bien que celui qui patiente face à une épreuve (contre laquelle il ne peut rien) sera récompensé pour sa patience, sa quiétude et verra ses péchés pardonnés en raison des malheurs qui le touchent. Quant à celui qui est persécuté car il a choisi d’obéir à Allah, il obtient la même récompense et on lui écrit en plus une bonne action.

Allah سبحان الله وتعالى dit : {Ils n’éprouvent ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah, ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des mécréants, et n’obtiendront aucune victoire sur un ennemi, sans qu’on ne leur écrive pour cela une bonne action. Certes, Allah n’annule pas la récompense des bienfaisants.} [S.9, v.120]

Au contraire de celui qui subit une épreuve qu’il n’a pas choisie, comme la maladie, la mort d’un être cher, le vol de ses biens, et qui n’est récompensé que pour sa patience face à cette épreuve, pas pour l’épreuve elle-même. En effet, la patience face aux malheurs ne fait qu’effacer les péchés, alors que c’est pour les actes volontaires et leurs conséquences que l’on est récompensé.

Ceux qui sont persécutés pour leur foi, leur obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ et qui subissent pour cela gêne, maladie, emprisonnement, émigration forcée, perte de biens et d’êtres chers, coups, insultes, perte de prestige, sont sur la voie des Prophètes et de ceux qui les suivent comme les Mouhâjiroûn. Ceux-là sont récompensés pour leurs persécutions qu’ils subissent et on leur écrit une bonne action, de la même manière que le combattant sur le sentier d’Allah est récompensé pour la faim, la soif, la fatigue et la colère des mécréants qu’il provoque. Même si tout cela n’est pas un acte qu’il accomplit, mais cela découle d’un choix qu’il a fait [à savoir a foi et l’obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ.] Ce sont là ce que l’on appelle les conséquences des actes volontaires. Et les savants ont divergé à leur sujet : ces conséquences doivent-elles être attribuées à l’auteur des actes, à Allah ou bien n’ont-elles en fait aucun instigateur ? L’avis le plus correct est que ces conséquences doivent être attribuées à l’auteur des actes mais aussi à toutes les autres causes. C’est la raison pour laquelle on lui écrit une bonne action.

 

Source : « Les maladies du cœur » du chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah, éditions Tawbah, p.65 à 67

03 Le souffle dans la Trompe

 

Que peux-tu être faible ô Homme !

Et nombreuses sont les choses qui t’effraient ici-bas, comme évènements et imprévus !

Pourtant tu es insouciant de la plus grande frayeur, celle du Jour où l’on soufflera dans la Trompe.

Comment pouvons-nous en être insouciant alors que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Comment puis-je prendre du plaisir alors que celui qui soufflera dans la Trompe l’a déjà mise en bouche, a levé le regard, est attentif et attend l’ordre de souffler pour qu’il le fasse ?! » Rapporté par Ahmad, At-Tirmidhî et authentifié par chaykh Al-Albânî dans As-Sahîhah.

L’Ange Isrâfîl soufflera à deux reprises dans la Trompe.

La première est le souffle du foudroiement qui effraiera les gens, les foudroiera et ils mourront.

Le Très Haut a dit : {Le Jour où l’on soufflera dans la Trompe, tous ceux qui seront dans les cieux et sur terre seront saisis d’effroi, excepté ceux qu’Allah voudra, et tous viendront à Lui en toute humilité.} [S.27, v.87]

Cela se passera un vendredi, le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a pas une bête sans qu’elle ne soit aux aguets le jour du vendredi, de l’aube jusqu’au lever du soleil, craignant l’arrivée de l’Heure, hormis les Jinns et les Hommes. » Rapporté par Mâlik, Ahmad, Aboû Dâwoûd, At-Tirmidhî et An-Nasâ-î, authentifié par chaykh Al-Albânî dans Sahîh Al-Jâmi’

Quant à la deuxième, il s’agit du souffle de la résurrection. Les gens sortiront de leurs tombes pour se tenir debout devant le Seigneur de l’univers.

Le Très Haut a dit : {On soufflera dans la Trompe, et tous ceux qui seront dans les cieux et sur la terre seront foudroyés, excepté ceux qu’Allah voudra. Puis, on y soufflera à nouveau, et voici que toutes les créatures se lèveront et regarderont.} [S.39, v.68]

Parmi ceux qui seront épargnés du foudroiement : les martyrs.

« Car ils sont vivants auprès de leur Seigneur, comblés de faveurs, même s’ils sont du nombre des morts chez les gens d’ici-bas. » Tafsîr At-Tabarî

Il est dit aussi qu’il s’agit des Prophètes, des servants présents dans le Paradis, des Houris ou encore des Anges. Fath Al-Bârî

Puis on soufflera dans la Trompe et l’Heure arrivera alors que les gens en sont insouciants.

Le Prophète ﷺ a dit : « Puis on soufflera dans la Trompe, et personne ne l’entendra sans qu’il ne soit foudroyé. Le premier à l’entendre est un homme qui sera en train de réparer l’abreuvoir de sa chamelle. Il sera foudroyé puis le reste des gens le seront également. Ensuite Allah fera descendre une pluie semblable à du crachin par le biais duquel les corps des gens pousseront. Puis, on y soufflera à nouveau, et voici que toutes les créatures se lèveront et regarderont. » Rapporté par Mouslim

Il y a entre les deux souffles une période de 40 jours, mois ou années.

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il y a [une période] de quarante entre les deux souffles. Puis Allah fera descendre du ciel une eau [à travers laquelle] les corps pousseront telles des tiges et des feuilles. Tout le corps de l’être humain se décomposera excepté un seul os, celui du coccyx ; et c’est à partir de lui qu’ils seront [de nouveau] constitués le Jour de la Résurrection. » Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.

 

Traduit par le Cœur des Croyants

02 La vie intermédiaire (Al-Barzakh)

Crois-tu que les morts sont endormis dans leurs tombes et ne se préoccupent de rien ?

Oh que non ! Car il y a dans la vie intermédiaire différentes situations et des frayeurs.

Parmi elles : les questions et l’épreuve qui auront lieues dans la tombe.

Chacun sera interrogé sur son Seigneur, sa religion et son prophète.

Les croyants diront : « Mon Seigneur est Allah. Ma religion est l’Islam. » Et il dira concernant son prophète : « Il est le Messager d’Allah ﷺ. » Quelqu’un annoncera dans le ciel : « Mon serviteur a dit vrai ! Apprêtez-lui une couche venant du Paradis, habillez-le des vêtements du Paradis, et ouvrez-lui une porte vers le Paradis ! C’est alors qu’un souffle du Paradis et son parfum lui parviendront, et sa tombe s’élargira à perte de vue. » Rapporté par Ahmad et authentifié par chaykh Al-Albânî

Quant au mécréant et à l’hypocrite ils diront : « Heu, je ne sais pas. » Alors on lui dira : « Puisses-tu ne jamais rien savoir, ni lire ! »  Puis on frappera entre ses deux oreilles à l’aide d’une massue en fer. Il hurlera si fort que ceux qui l’entourent l’entendront, hormis les Jinns et les Hommes. » Consensus d’Al-Boukhârî et Mouslim

« Quelqu’un annoncera dans le ciel : « Mon serviteur a menti ! Apprêtez-lui une couche venant de l’Enfer et ouvrez-lui une porte vers l’Enfer ! » C’est alors que sa chaleur et son vent brulant lui parviendront, et sa tombe se rétrécira sur lui à tel point que ses côtes s’entremêleront. » Rapporté par Ahmad et authentifié par chaykh Al-Albânî

Parmi les frayeurs de la tombe, il y a le châtiment que subiront les mécréants jusqu’à l’avènement de l’Heure.

Le Très Haut a dit concernant la famille de Pharaon : {Le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir ; et à l’avènement de l’Heure, on dira : « Introduisez Pharaon et les siens dans le pire des supplices ! »} [S.40, v.46]

Ibn Khathîr a dit : « Ce verset est un grand fondement pour les Gens de la Sounnah prouvant l’existence du châtiment de la vie intermédiaire dans les tombes. » Tafsîr Ibn Kathîr.

Et parmi les situations de la tombe, les bienfaits qu’obtiendra le croyant. Son âme sera comblée de bienfaits dans le Paradis jusqu’à l’avènement de l’Heure.

Le Prophète ﷺ a dit : « L’âme du croyant aura la forme d’un oiseau et mangera des arbres du Paradis jusqu’à ce qu’Allah la fasse revenir à son corps le Jour de le Résurrection. » Rapporté par Mâlik, Ahmad, An-Nasâ-î, Ibn Mâjah et authentifié par chaykh Al-Albânî.

Quant au châtiment de la tombe et ses bienfaits, ils toucheront à la fois l’âme et le corps.

Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « La voie des pieux prédécesseurs de cette communauté et de leurs grands imams est que le mort se trouvera soit dans un bienfait ou un châtiment touchant à la fois l’âme et le corps. Après que l’âme se soit séparée du corps, elle demeurera comblée de bienfaits ou châtiée. Parfois, elle se réattachera au corps ; ainsi tous deux seront comblés ensembles ou châtiés ensembles. Et quand le Grand Jour de le Résurrection arrivera, les âmes seront ramenées dans leurs corps. Puis tous sortiront de leur tombe et se tiendront debout devant le Seigneur de l’univers. » Majmoû’ Al-Fatâwâ

Alors choisis pour toi, ô serviteur d’Allah ! Car la rétribution est de même nature que l’œuvre.

Et après la mort, il n’y a de demeure que le Paradis ou l’Enfer.

Traduit par le Cœur des Croyants

01 Ce qu’il y a entre la mort et la vie intermédiaire (Al-Barzakh)

Nombreuses sont les tentations et les distractions de cette vie d’ici-bas ! Elles ont détourné les gens de la plus grande réalité, celle de la mort et de ce qui vient après.

La personne prend conscience de son insouciance lorsque que lui vient la mort.

Le Très Haut a dit : {[Puis], l’agonie de la mort viendra en toute vérité, et on lui dira : « Voici [la mort] que tu fuyais ! »} [S.50, v.19]

Quant à l’agonie de la mort, ce sont ses souffrances et ses difficultés qui recouvrent la personne et qui l’emportent sur sa raison.

Les diables viennent au mourant pour tenter de l’égarer afin qu’il meure sur une mauvaise fin. Et ne sera ferme que celui qu’Allah aura raffermi.

Le Très Haut a dit : {Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà, tandis qu’Il égare les transgresseurs. Et Allah fait ce qu’Il veut.} [S.14, v.27]

C’est pourquoi le Prophète ﷺ invoquait par cela : « Et je cherche refuge auprès de Toi contre le fait que le Diable me terrasse lors de la mort. »

Al-Khattâbî a dit : « Sa demande de refuge contre le terrassement du Diable lors de la mort signifie contre le fait qu’il prenne le dessus sur lui quand il quittera cette vie d’ici-bas, afin de l’égarer et de faire obstacle entre lui et le repentir. »

Ensuite, l’Ange de la mort et ses assistants viennent à la personne pour prendre son âme.

L’âme du croyant sera retirée avec douceur et délicatesse, et les Anges lui annonceront la bonne nouvelle de la miséricorde d’Allah à son égard.

Le Très Haut a dit : {Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah ! » puis se tiennent sur la voie droite, les Anges descendent sur eux [et leur disent] : « Ne craignez-rien et ne soyez point affligés ! Réjouissez-vous [d’entrer] au Paradis qui vous était promis.} [S.41, v.30]

C’est-à-dire que les Anges descendent sur eux lors de la mort en leur disant : {Ne craignez-rien} de ce que vous allez rencontrer dans l’Au-delà. {Et ne soyez point affligés} pour ce que vous avez laissé sur terre comme famille et biens. Ils leur font la bonne annonce de la disparition du mal et de l’obtention du bien.

Quant au mécréant et à l’hypocrite, les Anges leur annonceront la nouvelle du châtiment, ils saisiront leurs âmes avec force et brutalité, et les portes du ciel ne seront pas ouvertes pour leurs âmes.

Le Très Haut a dit : {Ceux qui démentent Nos signes et s’en détournent avec orgueil, les portes du ciel ne leur seront pas ouvertes} [S.7, v.40]

Lorsque l’on porte le mort sur sa civière, il parle. Soit avec la bonne nouvelle, ou soit avec le regret.

Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque le défunt sera posé sur la civière et que les hommes le porteront sur leurs épaules, s’il était quelqu’un de vertueux, il dira : « Faites-moi avancer ! » Mais s’il n’était pas de vertueux, il dira : « Malheurs à moi ! Où me conduisent-ils ? » Toute la création entend les paroles du défunt excepté l’être humain. S’il les entendait, il serait foudroyé. » Rapporté par Al-Boukhârî.

Une fois déposé dans sa tombe, deux Anges viendront à lui pour le questionner sur son Seigneur, sa religion et son Prophète.

Alors prépare-toi à répondre à ces questions à travers la foi, les œuvres pieuses et la fermeté sur ces deux choses.

Al-Hassan Al-Basrî رحمه الله a dit : « Allah n’a pas laissé de terme déterminé pour l’œuvre du croyant hormis la mort. » Puis il lut : {Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la mort.} [S.15, v.99] 

Traduit par le Cœur des Croyants

Et toi, quelle est la dernière fois où tu as pleuré de chagrin sur ton péché ?

Nous terminons [ce cours] avec la parole [de Ka’b Ibn Mâlik] concernant ses deux compagnons : « Quant à mes deux compagnons, ils cédèrent et restèrent dans leurs demeures à pleurer. »

Allah est Le plus grand ! Regardez mes frères l’effet qu’a la foi dans le cœur des nobles Compagnons رضي الله عنهم. Pourquoi pleurent-ils ? Ils pleurent sur leur faute et leur péché lorsqu’ils n’ont pas pris part à l’expédition de Tâboûk.

Combien de péchés avons-nous commis mes frères ? Et combien de fois avons-nous fait preuve de manquement ?

La question est : combien de fois avons-nous pleuré nos péchés et nos erreurs ? Combien de fois l’un d’entre nous s’est-il assis avec lui-même à se rappeler toutes ses œuvres, ses erreurs et ses péchés, puis qu’une larme tombe et coule sur sa joue par crainte d’Allah ?

Combien de fois ? Pose-toi la question car tu es celui qui sait le mieux.

Quelle est la dernière fois où tu as pleuré de chagrin sur ton péché ? Quelle est la dernière fois où tu as pleuré par crainte d’Allah lorsque tu as commis un péché ? Que tu as désobéi à Allah alors que Lui te voit et t’observe ?

Quelle est la dernière fois où tu as versé des larmes de douleur qui pincèrent et firent mal à ton cœur parce ce que tu as désobéi à Allah ?

Mes frères ! Tant que ce ressenti est présent dans le cœur, c’est-à-dire cette sensation du cœur qui a peur d’Allah lorsqu’un péché est commis, cela est un signe de foi. Et il ne cessera d’y avoir de la vie dans le cœur tant qu’il ressent en lui la douleur et le pincement du péché.

Mais la plus grande frayeur est que les péchés ne cessent de toucher le cœur sans que la personne ne s’en préoccupe. Au point qu’elle soit touchée en une seule journée par de nombreux péchés sans en être affectée. Il se peut même qu’elle soit trompée par le fait qu’Allah couvre [ses péchés des gens] et qu’Il se montre longanime envers celui qui Lui désobéit.

Elle continue donc [de Lui désobéir], encore et encore, à l’instar de ce qu’a dit un pieux prédécesseur lorsqu’il entendit la parole d’Allah : {Ô Homme ! Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, le Munificent ?} [S.82, v.6] Il répondit : « Le fait que Tu voiles [les péchés de Tes serviteurs] ô Seigneur. »

 

Nous demandons donc à Allah à travers Ses plus beaux Noms et Ses Attributs les plus parfaits d’agréer notre repentir, et qu’Il ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par le fait qu’Allah, le Munificent et le Longanime, voile [les péchés].

Ô Allah ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par Ton voile, ni par Ta longanimité.

Ô Allah ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par Ta longanimité et Ton voile.

Ô Toi le Vivant, qui subsiste par Lui-même ! Accorde-nous le fait de Te craindre, seul ou en public. Ô Allah, accorde-nous le fait de Te craindre, seul ou en public.

Ô Seigneur des univers !

Compte-nous parmi ceux qui ont une bonne vie, une bonne fin et qui reviendront sans embuche vers Toi.

Ô Allah ! Fais que les Anges reprennent nos âmes alors que nous sommes pures.

 

Chaykh ‘Oumar Al-Mouqbil

Traduit par le Cœur des Croyants

L’histoire des gens de la fosse (Al-Oukhdoûd)

Il y a longtemps, un roi tyrannique régnait sur un village et avait assujetti les gens à sa propre personne. Il avait aussi à ses côté un sorcier très âgé.
Ce-dernier dit au roi : « Je suis devenu très âgé, envoie-moi un enfant que je lui enseigne la sorcellerie. »
Il lui envoya donc un enfant pour qu’il lui enseigne. Cependant, Allah voulut pour cet enfant un bien meilleur. Lorsqu’il se rendit chez le sorcier, il y avait sur son chemin un moine qui adorait Allah. L’enfant s’assit auprès de lui, l’écouta et fut séduit par ses paroles.
Un jour, en chemin, l’enfant tomba nez-à-nez avec une énorme bête qui empêchait les gens de passer.
L’enfant dit alors : « C’est aujourd’hui que je vais savoir qui est le meilleur : le sorcier ou bien le moine ? »
Il saisit une pierre et invoqua : « Ô Allah ! Si Tu sais que l’affaire du moine T’es préférable à celle du sorcier, alors Tue cette bête afin que les gens puissent passer. »
Il la lança, tua la bête et les gens purent continuer leur route.
Il se rendit auprès du moine et l’informa de ce qu’il s’est passé.
Le moine lui répondit : « Ô mon fils ! Tu es dorénavant meilleur que moi, mais tu seras très certainement éprouvé. Si tel est le cas, alors ne les mène pas à moi. »

Et parmi les prodiges de cet enfant le fait qu’il guérissait l’aveugle-né et le lépreux, et qu’il soignait les gens de toutes sortes de maladies. Un des courtisans du roi, aveugle, entendit parler de lui. Il se rendit auprès de lui avec de nombreux présents et lui dit : « Tu auras tout ceci si tu me guéris ! »
L’enfant lui répondit : « Moi, je ne guéris personne, mais c’est Allah qui guérit ! Ainsi, si tu crois en Lui, je L’invoquerai et Il te guérira. »
L’aveugle crut en Allah et Allah le guérit. Lorsqu’il retourna à la cour, le roi lui demanda : « Qui t’a rendu la vue ? »
– « Mon Seigneur. »
– « Et as-tu un Seigneur autre que moi ? »
– « Mon Seigneur est ton Seigneur, Allah ! »
C’est alors qu’il l’arrêta et le châtia jusqu’à ce qu’il lui indique l’emplacement de cet enfant.
Puis on fit venir l’enfant, le roi lui demanda : « Ô mon fils ! Ta sorcellerie a atteint un tel degré que tu guéris l’aveugle-né et le lépreux, et à faire telle et telle chose. »
– « Moi, je ne guéris personne, mais c’est Allah qui guérit ! »
Le roi l’arrêta et le châtia jusqu’à ce qu’il lui indique l’emplacement du moine.
On fit venir le moine et lui ordonna : « Renie ta religion ! » mais il s’y refusa.
Le roi fit venir une scie que l’on plaça sur la raie des cheveux du moine et on lui coupa la tête en deux.
Puis on fit venir le courtisan du roi et lui ordonna : « Renie ta religion ! » mais il s’y refusa.
Le roi fit placer la scie sur la raie des cheveux de sa tête et lui coupa la tête en deux.
Puis on fit venir l’enfant et lui dit : « Renie ta religion ! » mais il s’y refusa.
Le roi dit alors à ses gardes : « Emmenez-le au sommet de la montagne ! S’il renie sa religion [laissez-le partir], sinon jetez-le ! »
L’enfant invoqua : « Ô Allah ! Épargne-moi d’eux comme Tu le veux. »
La montagne se mit à trembler et les gardes finirent par tomber.
L’enfant retourna auprès du roi. Ce dernier ordonna à ses gardes : « Emmenez-le en pleine mer ! S’il renie sa religion [laissez-le partir], sinon jetez-le à la mer ! »
L’enfant invoqua : « Ô Allah ! Épargne-moi d’eux comme Tu le veux. »
Le bateau se retourna et les gardes périrent noyés.
L’enfant retourna auprès du roi et lui dit : « Tu ne pourras me tuer que lorsque tu feras ce que je t’ordonne. »
– « Et que dois-je faire ? »
– « Réunis les gens à un seul endroit. Attache-moi à un tronc et saisis-toi d’une flèche de ton carcan que tu tires sur moi en disant : « Au Nom d’Allah, le Seigneur de l’enfant. » Si tu fais cela, alors tu me tueras. »
Le roi tira la flèche en disant : « Au Nom d’Allah, le Seigneur de l’enfant » et l’enfant mourut.
Les gens s’exclamèrent : « Nous croyons au Seigneur de l’enfant ! »
On vint dire au roi : « Par Allah ! Ce que tu craignais est arrivé, les gens ont cru. »
Le roi donna l’ordre de creuser des fosses à l’entrée de chaque route et d’y attiser un feu, puis il s’écria : « Celui qui ne délaisse pas sa religion, jetez-le dans le feu ! » Ils s’exécutèrent jusqu’à ce qu’une femme parmi les croyants avec son enfant en bas âge s’immobilisa, effrayée de tomber dans le feu. Son enfant lui dit alors : « Ô ma mère ! Endure, car tu es sur la vérité. »

Ceux là sont les gens de la fosse dont Allah nous conta l’histoire dans la sourate Les Constellations. Le Très Haut a dit : {Maudit soient les gens de la fosse de feu au combustible [immense], autour duquel ils s’asseyaient pour y assister au supplice qu’ils infligeaient aux croyants ! Ils ne leur reprochaient que d’avoir cru en Allah, le Tout-Puissant, le Digne de Louange, auquel appartient seul la royauté des cieux et de la terre. Allah est témoin de toute chose.} [S.85, v.4 à 9]

L’histoire a été rapportée par Mouslim dans son authentique (n°3005)

Traduit par le Cœur des Croyants