Leurs préoccupations c’est l’Au-delà

Si celui dont le cœur vit manquait son Wird[1] [quotidien] de lecture du Coran ou de prière, il ressentirait suite à cela une douleur plus intense encore que s’il perdait ses biens ; il se retournerait dans son lit comme s’il était allongé sur de la braise.

Mais que pouvons-nous dire pour celui qui, de base, n’a pas de Wird ?! Pire encore, que pouvons-nous dire pour celui qui manque sa prière obligatoire sans éprouver d’affliction, ni de peine ?! C’est comme si le Messager d’Allah ne s’adressait dans le hadîth qu’à ceux ayant des cœurs vivant lorsqu’il dit : « Celui qui manque la prière du ‘Asr, c’est comme s’il avait perdu sa famille et ses biens.« [2] C’est comme s’il les avait perdus et qu’ils périrent. Seul celui dont le cœur vit ressent ces choses-là ; quant aux autres, ils en sont loin, très loin.

Hâtim était une personne sourde, généreuse et faisait partie de ceux dont le cœur vivait. Il se souciait que le bien ne lui échappe pas, et quand il voulait propager cette vie à ceux qui l’entouraient, il rapportait son expérience en disant : « Un jour, j’ai loupé la prière en groupe et Aboû Ishâq Al-Boukhârî est venu, seul, me présenter ses condoléances. Cependant, si c’était l’un de mes enfants qui était décédé, plus de 10000 personnes m’auraient présenter leurs condoléances. Car pour eux, la calamité dans la religion est plus anodine que celle qui est mondaine. »

Un autre se préoccupait de la communauté, il s’agit d’Ouways Al-Qaranî. Et malgré sa grande misère et son extrême pauvreté, il ressentait sa part de responsabilité envers tout musulman affamé [qu’il ne pouvait nourrir] et tout dénudé [qu’il ne pouvait vêtir], et il demandait à Allah de lui pardonner ce péché… Qu’en est-il de nous qui sommes dans l’opulence et les dépenses superflues ?! Soufiân Ath-Thawrî رحمه الله dit à son sujet : « Ouways possédait un ridâ (Un habit couvrant la partie haute du corps) qui, lorsqu’il s’asseyait, touchait le sol. Il avait pour habitude de dire : « Ô Allah, je m’excuse auprès de Toi pour chaque ventre vide et corps dénudé. Malheureusement, je ne possède que le vêtement que je porte, et je n’ai [de nourriture] que ce qui se trouve dans mon estomac. »

Nous avons au 20ème siècle un homme célèbre qui avait cet intérêt-là. Sa préoccupation [pour la communauté] était telle que le sommeil l’avait quitté (Litt : avait quitté ses yeux). Cela se passa lorsqu’au même moment, en Égypte, se propagea deux courants, l’athéisme et le libertinage. Écoute ce qu’il dit : « J’ai observé ces deux armées : j’ai vu que celle du libertinage et de ceux qui veulent se « libérer » de la religion, était forte et juvénile ; quant à la noble armée islamique, je l’ai vu en régression et en retard. Mon embarras s’intensifia au point que cette année-là, je me rappelle avoir accompli environ la moitié du mois de Ramadan avec une profonde insomnie. Mes paupières n’arrivaient plus à se fermer dû à la grande anxiété et réflexion dans laquelle j’étais plongé concernant cette situation. »

Parmi ses semblables se trouve Chaykh Rachîd Ridâ رحمه الله. Un jour, sa mère entra auprès de lui et le vit préoccupé, elle lui demanda : « Qu’as-tu ? Est-ce qu’un musulman de Chine est mort ?! »

Le quatrième [d’entre eux] est attaché à la vie du cœur et à la bonne fin, mais il ne sait pas : va-t-il mourir sur le bien ? Ou va-t-il quitter cette vie mondaine sinistrement ? Ainsi, Yahya Ibn Mou’âdh رحمه الله a dit : « Le repentant, son péché l’attriste. L’ascète, son étrangeté le chagrine. Et le véridique, c’est la peur que disparaisse sa foi qui le désole. »

Et enfin le cinquième, ce sont ses manquements [religieux] qui le préoccupent, au point de pleurer. Il s’agit également de Yahya Ibn Mou’âdh qui dit : « Je ne pleure pas pour mon âme si elle venait à mourir, mais je pleure mon besoin [d’accomplir des adorations] s’il venait à disparaître. »

[1] Le Wird est une chose que la personne s’impose quotidiennement à suivre que ce soit dans la lecture du coran, les prières etc. (Note du traducteur)
[2] Sahîh Al-Boukhârî, n°552

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction et adaptation par Le Cœur des Croyants)

Lire la suite

{Et annonce la bonne nouvelle aux endurants} – Chaykh Khâlid Ismâ’îl Mousabbah

Retranscription de la conférence :

Lire la suite

La différence entre l’espérance et les faux espoirs

Il importe de distinguer l’espérance du faux espoir. Beaucoup de gens pensent espérer la miséricorde de leur Seigneur, alors qu’en vérité ils ne fondent que de vains espoirs.

La différence entre l’espérance et le faux espoir est que ce dernier s’accompagne de paresse. Ils ne mène pas son auteur à la voie du sérieux et de l’effort, contrairement à l’espérance qui implique l’usage des moyens.

Al-Mounâwî رحمه الله dit : « Le faux espoir est blâmable, tandis que l’espérance est louable, car le premier mène son auteur à la paresse, contrairement à l’espérance qui est l’attachement du coeur à la réalisation d’une chose utiles. »

Al-Ghazâlî رحمه الله a dit : « L’espérance se fonde sur une base, contrairement au faux espoir. Lorsque le serviteur s’efforce à accomplir les actes d’obéissance, il dit : « J’espère qu’Allah acceptera de moi ce peu de choses, qu’Il en comblera les manquements et qu’Il me pardonnera, je me fais une opinion positive ». Cela constitue une espérance. Mais s’il se montre insouciant, abandonne les actes d’obéissance et pèche, faisant fi de la promesse d’Allah et de Sa menace, puis qu’il dit : « J’espère qu’Il me fera entrer au Paradis et qu’Il me sauvera de l’Enfer », ce n’est là qu’un faux espoir qu’il considère comme de l’espérance et une bonne opinion. Or, ce n’est que fourvoiement et égarement ». [Fayd Al-Qadîr, t.5, p.67]

Allah عز وجل a montré que l’espérance des croyants est accompagnée d’actes. Il dit  : {Certes, ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier d’Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d’Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.}  [S.2, v.218]

Ils ont d’abord cru, puis émigré, puis lutté dans le sentier d’Allah. Allah a montré qu’après toutes ces bonnes oeuvres, grandes et importantes, ils espéraient la miséricorde d’Allah, le Pardonneur et Miséricordieux. Dans la réprobation des faux espoirs, Allah عز وجل dit : {Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela et ne trouvera en sa faveur, en dehors d’Allah, ni allié ni secoureur.} [S.4, v.123]

Al-Hasan رحمه الله a dit : « La foi, ce n’est ni l’apparat ni les faux espoirs. La foi est plutôt ce qui s’enracine dans le coeur et que les actes confirment. » [Al-Mousannaf d’Ibn Abî Chaybah n°30351 ; Shou’ab Al-Imân d’Al-Bayhaqî n°66 ; authentifié par Ibn Al-Qayyim]

Al-Hasan a également dit : « Il est des gens qui sont tellement pris par les faux espoirs qu’ils quittent ce monde sans la moindre bonne action. Malgré cela, tu les vois dire : « J’ai bon espoir en mon Seigneur ». Or, ils se trompent, car s’ils avaient bon espoir, ils auraient accompli de bonnes oeuvres ». [Fayd Al-Qadîr, t.5, p.67]

Les maîtres spirituels ont su que ce bas monde est un champ de culture pour l’au-delà. Le coeur est à l’image de la terre : la terre a autant besoin de semences que le coeur des actes d’obéissance. De même que la terre a besoin d’être entretenue, irriguée, qui a creuser des canaux pour y ramener l’eau, le coeur a besoin d’être entretenu et irrigué avec l’eau de l’obéissance et de l’adoration. Pour pouvoir germer ses graines, la terre a besoin d’être débarrassée des mauvaises herbes. L’agriculteur se met alors à débroussailler son champ pour que les mauvaises herbes ne consomment pas les minéraux du sol et qu’elles n’endommagent pas la culture. À ce même titre, le croyant purifie son coeur de toute équivoque ou passion pour qu’elles n’altèrent pas les germes de l’obéissance qu’il a semées et arrosées avec l’eau de la dévotion.

L’espérance du serviteur doit être comparée à celle de l’agriculteur. Quiconque cherche une terre fertile, y sème des graines fertiles, l’irrigue autant de fois que nécessaire, l’entretien, enlève tout ce qui peut nuire à la culture, puis espère la grâce d’Allah qu’Il n’abatte pas la foudre ou toute autre calamité sur son champ jusqu’à ce qu’il produit ses fruits a fait preuve d’espérance.

En revanche, si l’agriculteur ensemence un sol aride, il est insensé. S’il ensemence une terre fertile, mais qui ne peut être irriguée et dit : « J’attend la pluie ! », son attente relève du faux espoir et non de l’espérance.

L’espérance prend tout son sens lorsque le serviteur attend un bonne chose désirée après avoir mis en oeuvre tous les moyens nécessaires qui sont à sa disposition.

C’est de cette façon que le croyant accomplit les actes d’obéissance et d’adoration, puis attend qu’Allah l’affermisse de par Sa grâce, ne l’induise pas en erreur, ne l’égare pas jusqu’à sa mort, et qu’il Le rencontre satisfait de lui.

Allah عز وجل a blâmé les gens des communautés précédentes habités par les faux espoirs : {Puis les suivirent des successeurs qui héritèrent le Livre, mais qui préférèrent ce qu’offre la vie d’ici-bas en disant : « Nous aurons le pardon. »} [S.7, v.169]

Aussi, le propriétaire du verger dit : {Et je ne pense pas que l’Heure viendra. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleurs lieu de retour que ce jardin.} [S.18, v.36]

Mais comment pourra-t-il trouver du bien auprès de son Seigneur alors que, habité de faux espoirs, il n’a guère accomplit de bonnes oeuvres ?

Il faut donc prendre garde aux faux espoirs et oeuvrer avec sérieux, en se conformant à la Sounnah, puis espérer la grâce d’Allah et Ses dons ici-bas et dans l’au-delà.

Source : « L’espérance » du Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid حفظه الله aux éditions Al-Hadîth (qu’Allah les récompense)

00 – Introduction des « 40 hadîths sur les oeuvres du coeur »

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

La louange toute entière appartient à Allah Le Seigneur de l’univers, que les prières d’Allah, Ses salutations et Ses bénédictions soient sur notre Prophète Mouhammad, sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Ceci dit,

Bienvenue chers frères et sœurs à cette rencontre faisant partie de la « Série des quarante [hadîths]».

Nous commencerons par “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur”, dû à l’importance qu’a la réforme du cœur dans le salut de la personne.

Concernant “Les quarante [hadîths]”, de nombreux savants des premières générations et celles d’après ont veillé à collecter quarante hadîths du Messager dans de nombreux sujets, et pour différentes raisons. Ils en ont d’ailleurs fait un très grand nombre de livres.

Et la raison de chacun diffère dans l’écriture [des hadîths], leur collecte et leur classification.

Il y en a qui pour leurs quarante [hadîths]” se sont basés dans la collecte des hadîths évoquant le Tawhîd (l’unicité d’Allah) et d’autres sur les attributs d’Allah. Comme “Les quarante [hadîths] sur les preuves du Tawhîd” d’Aboû Ismâ’îl Al-Harawî رحمه الله et “Les quarante [hadîths] sur les attributs du Seigneur de l’univers de l’imam Adh-Dhahabî رحمه الله.

Il y en a aussi qui avaient pour but de collecter quarante [hadîths] sur la jurisprudence, comme le fit l’imam Al-Moundhirî رحمه الله avec “Les quarante [hadîths] dans la jurisprudence”.

Il y a ceux qui se sont limités aux adorations dans la jurisprudence comme “Les quarante [hadîths] sur les adorations” de Yoûssouf Ibn ´Abdillah Ibn Sa’îd Al-Houssaynî Al-Armayounî d’Égypte, Ach-Châfi’î, l’élève de l’imam As-Souyoûtî رحمه الله.

Certains ont choisi les prêches et les sermons [qui adoucissent les cœurs], d’autres ont voulu collecter dans leurs “Quarante [hadîths]” les hadîths authentiques, certains ont voulu les hadîths avec peu de personne dans la chaîne de transmission.

Certains ont choisi les hadîths longs contenant de beaux discours, etc.

Tous ont nommé leur livre “Les quarante [hadîths] dans telle chose”, et le plus connu d’entre-eux est le livre “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî” de l’imam An-Nawawî رحمه الله.

L’imam An-Nawawî avait pour but de collecter quarante hadîths liés aux règles et aux fondements de l’Islam, c’est-à-dire les hadîths sur lesquels reposent les bases de la religion.

Puis Al-Hâfidh Ibn Rajab en a rajouté quelques-uns et le livre a été expliqué de nombreuses fois.

Quant aux quarante [hadîths] avec lesquels nous débutons cette série : “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur” ou “la réforme des cœurs”, cela revient à ce que les savants avaient pour habitude de faire. Or il y a un hadith célèbre qui a été rapporté à ce sujet mais qui, malgré ses nombreuses chaînes de transmission, n’est pas authentique.

Ce hadîth a été rapporté via plusieurs chaînes de transmission et de multiples versions, sans pourtant être authentique, par de nombreux compagnons comme : ´Alî, Ibn Mas’oûd, Mou’âdh Ibn Jabal, Aboû Ad-Dardâ, Aboû Sa’îd, Aboû Hourayrah, Aboû Oumâmah, Ibn ´Abbâs, Ibn ´Oumar, Ibn ´Amr, Jâbir Ibn Samourah, Anas et Bouraydah.

L’imam Ibn Al-Jawzî رحمه الله les cita dans son livre “Al-’Ilal Al-Moutanâhiyah Fî Al-Ahâdîth Al-Wâhiyah” et démontra leur faiblesse. Et parmi les versions de ce hadith : « Quiconque aura appris par cœur quarante hadiths sur la religion, Allah le ressuscitera le Jour de la Résurrection savant. » et dans une autre narration : « On lui dira : entre au Paradis par la porte que tu voudras » et dans une autre narration : « Allah le ressuscitera savant, et je serai son plaideur et témoin. »

Ce hadîth « Quiconque aura appris par cœur quarante hadîths… », les savants le classent dans les livres sur la terminologie du hadîth parmi les hadîths [faibles] qui ne peuvent jamais se renforcer malgré ses nombreuses chaînes de transmission ; comme l’a mentionné l’imam As-Sakhâwî رحمه الله dans son livre “Fath Al-Moughîth”.

L’imam An-Nawawî رحمه الله a dit : « Les savants du hadîth sont unanimes sur la faiblesse de ce hadîth malgré ses nombreuses chaînes de transmission. » Voir l’introduction dans “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî”.

L’imam Ad-Dârouqoutnî رحمه الله a dit : « Toutes les chaînes de transmission de ce hadith sont faibles, aucune n’est authentique. »

Ibn Hajar رحمه الله a dit : « J’ai rassemblé les chaînes de transmission de ce hadîth dans un livre et aucune d’entre-elles ne peut être authentique. » À voir dans son livre “At-Talkhîs Al-habîr”.

Mais pourquoi les savants ont écrit des livres sur “Les quarante [hadîth]” malgré la faiblesse du hadith ?

Ils ont leur propre vision sur cela, et ils se sont inspirés du hadith. C’est-à-dire que malgré sa faiblesse, ses nombreuses chaînes de transmission ont fait qu’ils ont prêté attention au fait de collecter quarante hadîth. Quarante dans telle chose et quarante dans telle autre chose …

De plus cette collecte a beaucoup de côté positif, parmi eux :

La présence d’un résumé permettant au musulman et à l’étudiant en science débutant, et même aux gens lambdas, de cerner les bases d’un sujet. Par exemple les quarante sur les attributs d’Allah, les quarante sur les piliers de l’Islam, ou les quarante sur les adorations… Donc du point de vue de l’enseignement et de l’apprentissage, cela est bénéfique.

Et quant au fait qu’ils se soient inspirés de ce hadîth faible qui a de très nombreuses chaînes de transmission, c’est parce qu’il fait partie des [hadîths évoquant] des mérites. Et même si ce mérite en particulier est faible, il reste le mérite général qui est de propager de la science aux gens, succinctement, dans des épîtres explicatifs permettant de cerner l’essentiel, ou résumant un chapitre… et ceci est une très bonne chose dans l’enseignement.

L’imam An-Nawawî رحمه الله a dit dans l’introduction des “Quarante hadîths d’An-Nawawî” : « Les savants ont beaucoup écrit sur ce sujet, et le premier qui à ma connaissance a fait un livre sur les “Quarante [hadîths]” c’est ´Abdoullah Ibn Al-Moubârak. » Donc l’écriture dans les quarante hadîths remonte aux savants des premières générations.

« Puis le grand savant et éducateur Mouhammad Ibn Aslam At-Toûssî, Al-Hassan Ibn Soufyân An-Nassâî, Aboû Bakr Al-Ajourrî, et de nombreux autres savants des premières générations et ceux d’après. J’ai donc consulté Allah (Al-Istikhârah) pour collecter quarante hadîths imitant ainsi ces grands savants de l’Islam. Et les savants se sont mis d’accord sur la possibilité d’appliquer un hadith faible sur des oeuvres méritoires. »  Ceci sont les paroles d’An-Nawawî رحمه الله.

Bien sûr ce sujet demande plus de précision, ce qu’il dit n’est pas absolu.

Il poursuit : « Malgré cela, je ne me suis pas basé sur ce hadith » Il veut dire, dans ce qui l’a poussé à écrire “Les quarante hadîths d’An-Nawawî” « je ne me suis pas basé sur ce hadîth mais plutôt sur la parole du Prophète parmi les hadîths authentiques : « Que celui qui est présent transmette à l’absent. » [Rapporté par Al-Boukhârî]

Ainsi que sa parole : « Qu’Allah illumine le visage d’un homme qui aura entendu mes propos, les aura compris et mémorisé, puis les aura transmis à celui qui ne les avait pas entendu. » [Rapporté par Ahmad et le hadîth est authentique]

Donc parmi les objectifs de l’imam An-Nawawî رحمه الله dans “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî”, il y a le fait de transmettre la sounnah.

Il dit : « Les hadîths incitant à transmettre la sounnah et mentionnant la récompense de celui qui la propage sont des motifs correctes et demandés. Parmi ces motifs également : suivre les pas de nos imams comme ´Abdoullah Ibn Al-Moubârak, Mouhammad Ibn Aslam At-Toûssî, Al-Ajourrî et beaucoup d’autres, tout en ayant l’honneur de transmettre la sounnah et les bons conseils aux gens.»

Les savants avaient plusieurs points de vue concernant la faiblesse du hadîth et de ce qui peut être accepté ou non.

L’imam As-Sakhâwî رحمه الله a dit : « An-Nawawî a rapporté le consensus des savants sur la faiblesse de ce hadith malgré toutes ses chaînes de transmission. Mais à cause de leur grand nombre, il passe du degré où il est rejeté et qu’il n’est absolument pas permis d’oeuvrer avec, au degré de faiblesse moindre où il est permis d’oeuvrer avec dans les oeuvres méritoires. » Ces paroles se trouvent dans “Fath Al-Moughîth Fî Charch Al-Alfiyah Al-Hadîth” et ce sont les paroles de l’imam As-Sakhâwî. Car le livre “Al-Alfiyah” est d’Al-’Irâqî et le livre d’As-Sakhâwî (qui est son explication) se nomme “Fath Al-Moughîth Fî Charch Alfiyah Al-´Irâqî”.

Donc là c’est la parole d’un savant expert du hadîth qui dit que ce hadîth, en dépit qu’il soit faible, le degré de faiblesse dans lequel il se trouve lui permet par les nombreuses chaînes de transmission de s’élever d’un degré qui est rejeté à un degré de faiblesse où il est permis d’oeuvrer avec dans les œuvres méritoires.

Donc nous allons commencer – si Allah le permet – la série des quarante [hadîths] par “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur”.

Oeuvrer avec la science est plus efficace que les paroles dénuées d’acte

Il est certain que oeuvrer avec la science – lorsque l’on prêche [à Allah] – est plus efficace que les paroles dénuées d’acte. Nous avons précédemment lu la parole d’Allah سبحانه وتعالى concernant Chou’ayb : {Je ne veux nullement faire ce que je vous interdis} [Sourate Hoûd, v.88]

Il a été rapporté que Mâlik Ibn Dînâr رحمه الله a dit : “Si le savant n’oeuvre pas, son exhortation glissera des cœurs de la même manière que glisse la pluie d’un rocher.” [Rapporté par Al-Khatîb dans “Al-Iqtidâ” p.97]

Il a été également rapporté qu’Al-Ma°moûn a dit : “Nous avons bien plus besoin d’être exhorté par les actes que de l’être par les paroles.” [“Jâmi’ Bayân Al-’Ilm” p.1236]

Car celui qui œuvre continuellement, ses actes et sa persévérance sont en eux-même un prêche. Il sera pour les gens un modèle et un exemple, et il deviendra réellement un guide. Allah dit : {Et fait de nous un guide pour les pieux.} [Sourate Al-Fourqâne, v.74]

Nul ne deviendra un guide d’un tel rang hormis celui qui aura réuni en lui les attributs du bien ; car il sera un modèle [à suivre] pour les gens.

Mais s’il ne cherche qu’à accroître les connaissances sans être de ceux qui œuvrent, alors un tel individu n’aura pas profité [de sa science] et personne n’en profitera.

Parmi les scènes qui m’ont marqué, il y a la fois où j’avais visité une personne âgée parmi les dévots de la mosquée où elle avait l’habitude de prier. C’était une personne qui faisait beaucoup d’adoration, et elle avait pour habitude de s’asseoir à la mosquée en attendant chaque prière. Je l’ai donc salué et nous avons discuté. Je lui dit : “Mâ châ Allah, vous avez dans votre quartier un groupe d’étudiants en science.” – “Notre quartier ?!”  s’exclama-t-il – “Oui dans votre quartier, mâ châ Allah on y trouve des étudiants en science.” – Il dit à nouveau : “Dans notre quartier ?!” Il me répéta cela ; c’était une question de désapprobation. Il dit : “Dans notre quartier ?!” Je lui répondis “Oui”. C’est alors qu’il dit : “Mon fils ! Celui qui n’est pas assidu à la prière en groupe n’est pas un étudiant en science.”

Voilà pourquoi – parfois – certaines personnes accroissent leurs connaissances, mémorisent et révisent beaucoup ; pourtant tu ne les vois pas [à la prière], en particulier celle de l’aube (Al-Fajr), et ceci de nombreuses fois.

Par conséquent, si cette grande obligation est négligée, elle qui est le plus grand pilier de l’Islam après celui des deux attestations, et qui est la première chose sur laquelle on sera questionné le Jour de la Résurrection, où sont donc les traces de la science ?

Les compagnons – comme cela a été rapporté d’Ibn ´Oumar رضي الله عنهما – [disaient] : “Lorsqu’on ne voyait pas une personne à la prière du Fajr et du ´Ichâ, nous avions une mauvaise opinion d’elle.” [Rapporté par At-Tabarânî dans “Al-Mou’jam Al-Kabîr” (271\12), et Ibn Khouzaymah (1405) et Ibn Hibbân (2099)]

Et à l’époque d’aujourd’hui – celles des nuits blanches – la prière est beaucoup négligée. Il est probable que celui qui veille la nuit, la passe dans des débats scientifiques, dans certains sujets ou divers thèmes, puis s’endort lors de la prière du Fajr. S’il veillait la nuit avec le Coran, que ce soit en le mémorisant ou en le lisant, au détriment de la prière du Fajr alors sa veillée serait prohibée. Elle lui est interdite et il est pêcheur en faisant cela.

La prière la plus négligée à notre époque est pourtant la meilleure de toutes les prières de façon absolu, comme cela a été rapporté dans le hadîth où le Prophète a dit : “La meilleure des prières auprès d’Allah est celle de l’aube (As-Soubh), en groupe, le Jour du vendredi.” [Rapporté par Aboû Na’îm dans “Al-Hilyah” et chaykh Al-Albânî رحمه اله a authentifié la chaîne de transmission.]

Hors maintenant la prière du Soubh, en groupe, le Jour du vendredi est la prière la plus négligée !

Que l’on interroge les dirigeants des mosquées ; car la nuit du vendredi est une nuit de vacance, une nuit où l’on veille et que les gens veillent jusqu’à très tard. Puis ils s’endorment à une heure très tardive de la nuit et dorment au dépend de la prière.
Le meilleur d’entre-eux arrive à la prière en retard et paresseux. Il arrive fatigué, la tête lourde à cause du sommeil et il n’accomplit pas la prière comme il se doit.
Et s’il sait que l’imam de sa mosquée lira ce jour-là la sourate As-Sajdah (La prosternation) et Al-Insân (L’homme), il n’arrivera qu’à la fin de la deuxième unité de prière.

Si cela concerne une obligation qui est la première sur laquelle sera questionné le serviteur le Jour de la résurrection, où est donc le fruit de la science ?!

Et celui qui la négligera se montrera plus négligent encore pour le reste.

Source : “La science implique les œuvres”, Dâr Al-Fadîlah, p.35 à 39, Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr, traduit par Le Cœur des Croyants.