La meilleure manière d’accueillir le mois de Ramadan

La meilleure manière d’accueillir le mois de Ramadan

Sermon prononcé le vendredi 25 du mois de Cha‘bân, en l’an 1447 de l’hégire, dans la Mosquée Prophétique.

Toutes les louanges appartiennent à Allah. Nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, l’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que Muhammad est le serviteur d’Allah et Son messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, sa famille et ses compagnons, ainsi que Ses nombreux saluts.

Ceci dit :

Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah d’une crainte véritable, que ce soit en secret ou en apparence.

Ô musulmans :

L’Islam est une religion forte. Elle est bâtie sur des piliers, renforcée par des obligations et embellie par des recommandations. Les actes qu’Allah aime le plus sont ceux qu’Il a prescrits à Ses serviteurs. Le Très-Haut a dit dans le hadith divin (Qudsî) : « Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par des œuvres qui me sont plus chères que celles que Je lui ai imposées. » (Rapporté par Al-Bukhârî).

Les actes les plus obligatoires et les plus aimés d’Allah sont les cinq piliers de l’Islam. L’un d’eux accompagne le serviteur jour et nuit : il s’agit des deux attestations de foi. Un autre s’accomplit plusieurs fois par jour et par nuit ; un autre une seule fois dans la vie ; d’autres encore se renouvellent chaque année.

Le jeûne du mois de Ramadan est un pilier à observer annuellement. Lorsque la période du Ramadan approchait, le Prophète ﷺ disait : « Le mois béni de Ramadan vous est venu. Allah عز وجل vous a ordonné d’en observer le jeûne. Durant ce mois, les portes des cieux sont ouvertes, celles de la Géhenne sont fermées et les démons rebelles sont enchaînés. Dans ce mois, il y a une nuit meilleure que mille mois ; celui qui en est privé aura été privé de tout bien. » (Rapporté par An-Nasâ’î).

Allah a spécifié le jeûne en le rattachant à Sa sainte essence et en Se réservant sa rétribution. Et si c’est le Généreux qui Se charge de le rétribuer, alors n’essaie pas d’en mesurer la valeur. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah – exalté-soit-Il – a dit : “Toute œuvre [pieuse] du fils d’Adam lui revient sauf le jeûne car il M’appartient, et c’est Moi qui le rétribue.” » (Consensus d’Al-Bukhârî et Muslim).

Ibn Hajar رحمه الله a dit : « Les savants sont unanimes pour dire que le jeûne, dans ce contexte, désigne celui dont le jeûne a été préservé des péchés commis par les actes et les paroles. »

Le mois de Ramadan est un invité d’honneur, une saison précieuse. On l’accueille par des annonces réjouissantes, de la joie et de l’allégresse. Allah سُبْحَانَهُ dit :

قُلْ بِفَضْلِ اللَّهِ وَبِرَحْمَتِهِ فَبِذَلِكَ فَلْيَفْرَحُوا هُوَ خَيْرٌ مِّمَّا يَجْمَعُونَ

{Dis : « Qu’ils se réjouissent donc de la grâce et de la miséricorde d’Allah, don bien plus précieux que toutes les richesses qu’ils pourraient amasser. »} [Yûnus, v.58].

L’une des meilleures manières d’accueillir le Ramadan est de faire preuve de bienfaisance avant son arrivée. En effet, un début bienfaisant annonce la bienfaisance de ce qui suivra. D’autant plus que le mois de Ramadan est un mois de récolte. Le Prophète ﷺ se préparait pour Ramadan dès le mois de Cha‘bân. ‘Âichah رضي الله عنها a dit : « Je n’ai jamais vu le Prophète ﷺ jeûner autant un mois de l’année que celui de Cha‘bân. » (Consensus d’Al-Bukhârî et Muslim).

C’est aussi un invité qui repart vite :

 أَيَّاماً مَعْدُودَاتٍ

{Il vous est prescrit de jeûner un nombre limité de jours.} [Al-Baqarah, v.184].

Que ceux dont l’aspiration est élevée s’exposent aux dons du Tout-Miséricordieux durant ce mois et veillent à accomplir les adorations les plus nobles, en concrétisant la plus importante des obligations : l’unicité du Seigneur de l’Univers. C’est par elle que les adorations sont facilitées et que le serviteur goûte à leur douceur. Allah dit à Moïse :

إِنَّنِي أَنَا اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنَا فَاعْبُدْنِي وَأَقِمِ الصَّلَاةَ لِذِكْرِي

{Je suis Allah. Point de divinité digne d’adoration en dehors de Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière afin de Me mentionner.} [Tâ-hâ, v.14].

Lire la suite

« […] de faire du Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis » 

L’imam Ahmad rapporte dans son Mousnad un hadîth selon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd رضي الله عنه où le Prophète ﷺ dit :

« Pas une personne touchée par un souci ou une tristesse ne dit : « Ô mon Seigneur, je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante. Mon toupet est dans Ta Main. Ton jugement s’accomplit sur moi et Ton décret est juste à mon égard.

Je Te demande par tous les noms qui t’appartiennent, par lesquels Tu t’es nommé, ou que Tu as enseignés à l’une de Tes créatures, ou que Tu as révélés dans Ton Livre, ou bien que Tu as gardés secret dans Ta science de l’invisible, de faire du Coran le printemps de mon cœur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis »[1] sans qu’Allah ne lui retire ses soucis et sa tristesse et ne les remplace par un sentiment de bonheur. »

On lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Devons-nous l’apprendre ? » Il répondit : « Bien sûr, il convient à tous ceux qui l’entendent de l’apprendre. »

Nous avons certainement entendu cette invocation de nombreuses fois dans des sermons (Khoutbah), des cours ou que nous avons lue dans des livres… Mais il se peut que certains d’entre-nous ne se soient pas motivés à l’apprendre : ils ne la mémorisent pas, ne cherchent pas à comprendre ses sens, et ne la récitent pas lorsqu’un souci les touche.

Ces trois aspects constituent trois forme de négligence :

1) La personne se montre, à la base, négligente dans la mémorisation de cette invocation, sa lecture et sa révision. 

2) Ou bien elle l’a mémorisée, mais elle est passée outre la compréhension de ses sens et ne s’est pas arrêtée sur ses significations. 

3) Ou encore elle néglige le fait de la réciter : lorsqu’elle est tourmentée ou préoccupée, elle s’active dans de nombreuses choses, mais cette invocation bénie ne lui vient pas à l’esprit.

Il convient donc de nous remettre en question et de combattre notre âme afin qu’elle guérisse.

Cette invocation est bénie. Le Prophète ﷺ nous a informés que personne est touché par un souci, ou une angoisse, ne la prononce sans qu’Allah ne les lui retire et les remplace par une joie – et dans une autre version : « un soulagement ».

L’inquiétude qui recouvrait son cœur et lui était douloureuse se transforme alors en joie, elle devient quiétude. Ensuite, il émane d’Allah le soulagement de ce qui affligeait l’individu.

Et c’est le Véridique ﷺ, qui ne prononce rien sous l’effet de la passion, qui nous a indiqué cela et nous a orienté vers cette invocation.

Par Allah, cette parole est vérité ! Elle contient ce qui soulage les afflictions et guérit les angoisses. Elle mène au soulagement et à sa réalisation, comme notre Messager ﷺ nous en a informé.

Quant à nous, nous avons besoin de trois choses vis-à-vis de cette invocation que j’ai indiqué comme suit :

La première : la mémoriser.

La seconde : en comprendre les sens.

Et la troisième : veiller à la réciter lorsque l’un de nous est touché par un souci ou une angoisse.

Lorsque nous observons cette invocation, nous constatons qu’elle repose sur quatre fondements indispensables pour remédier aux afflictions. Il convient de la méditer et de veiller à la comprendre quand nous la récitons :

Le premier fondement : 

Concrétiser l’adoration d’Allah. 

Lire la suite

Message d’avertissement

Le Prophète ﷺ a dit  : «  La première chose qui sera retirée des gens est l’humilité.  »[1]

Ce hadîth mentionne le fait que la science des cœurs déclinera submergée par l’afflux des sciences mondaines. Quant aux secrets et bénéfices [de la science des cœurs], ils périront et s’en iront sous cet encombrement [mondain]. De surcroît, la corruption des cœurs est la première corruption à avoir touché la terre après la mort du Prophète ﷺ afin qu’elle soit un signe illustrant la souillure interne [du corps], et la contradiction existante entre l’apparence et le for intérieur.

Cette contradiction est la base de toute corruption. Les cœurs se consument par la mort des âmes ; les gens arabes lisent le Coran, [pourtant révélé en leur langue], comme s’ils étaient des non-arabes. C’est pourquoi il n’y a ni compréhension, ni méditation et ni conformité avec celui-ci. La communauté s’est préoccupée, du moins si elle l’a vraiment été, de l’apparence des adorations en délaissant les sens initiaux qu’elles recèlent, et elle s’est focalisée sur leurs piliers en négligeant leurs objectifs réels. La fausseté augmente même si elle est habillée par l’étoffe du Coran.

Le Prophète ﷺ a dit : « La plupart des hypocrites de ma communauté sont les lecteurs (dont leur intention n’est pas sincère).  »[2] 

C’est lorsque l’hypocrisie apparait dans une communauté que tu vois des choses ahurissantes. Elles ne concernent pas uniquement notre époque, mais également celle de ceux qui sont bien plus sains et intègres que nous ; et ces choses ne se sont pas seulement répandues parmi les gens de la masse, mais également parmi ceux qui ont mémorisé le Livre d’Allah.

An-Nawawî رحمه الله a dit : « Je ne crains pour ma personne que les lecteurs et les gens de science. » Il fut désapprouvé pour ces paroles, mais il dit : « Ce n’est pas moi qui dit cela, mais c’est Ibrâhîm An-Nakha’î. » 

‘Atâ a dit : « Prenez garde aux lecteurs[3] et prenez garde à moi-même ; car si je devais contredire la personne que j’affectionne le plus sur un sujet tel que le fruit de la grenade, en disant qu’elle est douce et lui de dire qu’elle est amer, je ne serais pas à l’abri qu’il me dénonce à un Sultan injuste pour m’exécuter. » 

Et Al-Foudayl رحمه الله a dit à son fils : « Prenez une maison loin des lecteurs ! Qu’y a-t-il entre moi et le peuple  ?! S’il apparait de moi une erreur, ils me tuent, mais s’il provient de moi une bonne action, ils me jalousent. » 

Cela n’est-il pas dû à la corruption et la souillure du for intérieur ?! Et même si Allah guide par l’intermédiaire de leur science des milliers de personnes, cela ne les protégera aucunement du châtiment d’Allah du moment que leurs cœurs ont été corrompus.

Le Messager d’Allah ﷺ nous a mis en garde contre ce que nous venons de citer ; ainsi ‘Oumar Ibn Al-Khattâb rapporte de lui la parole suivante : « Certes ce que je crains le plus pour ma communauté est l’hypocrite éloquent. »  [4]

Al-Mounâwî رحمه الله a dit en expliquant [ce hadîth]  : « C’est-à-dire celui qui détient l’art de s’exprimer et de convaincre mais qui, en réalité, possède un cœur ignorant et qui ignore la réalité des œuvres. 
Il prit la science telle une fonction par laquelle il recherche le prestige, la belle apparence et par laquelle il s’enorgueillit et se pavane. Il appelle les gens à Allah alors que lui-même Le fuit, et il porte en aversion les défauts d’autrui alors qu’il commet pire que cela. 
Il montre aux gens la dévotion et la piété alors que c’est avec de grands péchés qu’il se présente devant son Seigneur.   
S’il se retrouve seul face à un péché il s’y précipite [à le commettre] tel un loup parmi les loups, à la différence qu’il est revêtu d’un vêtement. 
Voilà ici contre quoi Le Législateur a mis en garde, afin que ce type d’individu ne te trompe pas par la douceur de ses paroles, ni ne te brûle par le feu de sa désobéissance et ni ne te tue par l’odeur fétide de son for intérieur et son cœur.  » 

Et la raison pour laquelle ‘Oumar رضي الله عنه évoqua ce hadîth fut à cause de la venue d’Al-Ahnaf Ibn Qays رحمه الله qui était un notable de Bassora connue pour sa moralité, son éloquence et ses qualités d’orateurs. ‘Oumar le retint alors prisonnier pendant une année. Tous les jours et toutes les nuits il alla le voir, et à chaque foi il ne vit de lui que ce dont il aime et agrée. Un jour ‘Oumar le convoqua et lui demanda  : « Sais-tu pourquoi je t’ai retenu prisonnier ?  » Al-Ahnaf répondit  : « Non . »  ‘Oumar dit alors  : « Le Messager d’Allah ﷺ nous a dit que  – Puis il évoqua le hadîth précédant (Certes ce que je crains le plus ) -. » Et il ajouta  : « J’ai crains le fait que tu sois un hypocrite éloquent, et le Messager d’Allah ﷺ nous a mis en garde contre lui. Mais maintenant [après ce que j’ai vu, aimé et agréé de toi] j’espère que tu es un [véritable] croyant. Tu peux regagner ta contrée.  »  

[1] Sahîh Al-Jâmi’ n°2576 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’ n°1203 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[3] Cela inclut également les gens de science (Note du traducteur)
[4] Sahîh Al-Jâmi’ n°1554, authentifié par Chaykh Al-Albânî

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

Lire la suite

Sa purification est la condition d’entrée [au Paradis]

La troisième chose montrant l’importance du cœur est que l’entrée au Paradis est conditionnée par sa purification.

C’est pour cela qu’Allah blâma ceux dont les cœurs sont mauvais : {Voilà ceux dont Allah n’a pas voulu purifier les cœurs. Ils seront couverts d’ignominie ici-bas, et dans l’au-delà un châtiment immense leur est réservé.} [Al-Mâidah, v.41]

Et ce verset est une preuve irréfutable que celui qui ne purifie pas son cœur subira inévitablement une ignominie ici-bas et un châtiment immense dans l’au-delà.

Voilà pourquoi Allah سبحانه وتعالى a interdit le Paradis à celui qui a dans son cœur le poids d’un atome de mal. Le Prophète ﷺ a dit : « N’entrera pas au Paradis celui qui a en son cœur le poids d’un atome d’orgueil. »[1]

Personne n’y entrera donc jusqu’à ce que son cœur devienne entièrement bon et pur, et ce, car le Paradis est la demeure des bons. Et c’est ainsi qu’il leur sera dit lorsqu’ils se trouveront à ses portes : {« Puisque vous avez été bons [sur terre], entrez au Paradis où vous demeurerez éternellement !».} [Az-Zoumar, v.73]

À eux seuls, les Anges annonceront la bonne nouvelle : {Ceux dont les Anges prennent l’âme alors qu’ils sont bons (exempts de tout polythéisme) et auxquels ils disent : « Que le salut soit sur vous ! Entrez au Paradis en récompense de ce que vous faisiez ».} [An-Nahl, v.32]

Ibn Al-Qayyim رحمه الله  a dit : « Le mauvais n’entrera pas le Paradis, ni celui possédant un brin de mal. Ainsi, quiconque se sera purifié ici-bas et aura rencontré Allah absout et sain de toute impureté y entrera sans aucune gêne.
Quant à celui qui, ici-bas, ne se sera pas purifié, si son impureté était majeure tel le mécréant, alors il n’y entrera nullement ; mais si son impureté a été acquise, [tels les péchés du cœur et des membres que commet le musulman,] il y entrera qu’après avoir été nettoyé de celle-ci dans le feu de l’Enfer. Quant à certains croyants, lorsqu’ils auront traversé le pont As-Sirât, ils seront arrêtés sur le pont Qantarah, situé entre le Paradis et l’Enfer, où ils se feront corriger et débarrasser de ce qu’il leur reste d’impuretés qui les empêchent d’accéder au Paradis. A ceux-là, il ne leur a pas été prescrit d’entrer en Enfer, mais une fois qu’ils auront été lavés et nettoyés de ces souillures restantes, alors l’entrée au Paradis leur sera accordée. »

Et c’est dans ce but qu’est venu l’ordre clair adressé au Prophète ﷺ : {Purifie tes vêtements [de toute souillure].} [Al-Mouddaththir, v.4]

Ibn Al Qayyim a dit : « La majorité des exégètes parmi les Pieux Prédécesseurs (As-salafs) et ceux qui les ont suivis sont d’avis que le sens voulu par « vêtements » désigne, ici, le cœur ; et que la signification de la purification correspond à la réforme des actes et des nobles comportements et caractères. »

La plus grande impureté :

Allah le Très Haut a dit : {Les polythéistes ne sont que souillure.} [At-Tawbah, v.28]

Il سبحانه وتعالى emploie ici une forme nominale – « najas – نَجَسٌ » (souillure) – afin d’en accentuer la portée. C’est comme s’ils en représentaient l’essence même, car les souillures internes (cachées) doivent être évitées en premier lieu ; et y a-t-il plus impur que le polythéisme ?!

Dès lors, les impuretés du cœur, outre le fait qu’elles constituent des turpitudes ici-bas, sont destructrices dans l’au-delà.

Mais il existe une autre signification à cela : à savoir que la purification et l’impureté ne sont pas restreintes à l’apparence ; car le polythéiste peut porter de beaux vêtements ou être propre, alors que son cœur est souillé.

C’est d’ailleurs ce qu’ont adopté les quatre grandes écoles juridiques en affirmant que le mécréant n’est pas une souillure en lui-même, car Allah nous a rendu licite leurs nourritures[2]. Cela est également confirmé par les actes et les paroles du Prophète ﷺ. En effet, il mangeait et buvait dans leurs récipients, y faisait ses ablutions, et fit même entrer des mécréants dans sa mosquée.

Nous pouvons également ajouter que les souillures dites « abstraites » ou incorporelles ne sont pas toutes du même niveau, elles diffèrent. Et elles n’ont pas comme seuls endroits les cœurs des mécréants ; bien au contraire, elles peuvent aussi se trouver dans le cœur des musulmans. Ainsi, la colère, l’orgueil, la jalousie, et les autres maladies du cœur sont aussi des souillures.

Et si le Prophète ﷺ a certes dit : « Les Anges n’entre pas une maison où se trouvent un chien ou une image »[3], Aboû Hâmid Al-Ghazâlî رحمه الله a médité ce hadîth sous un angle qui peut sembler, au premier abord, loin de son sens apparent, mais qui indique en réalité une signification tout à fait pertinente. Il dit :

« Le cœur est [semblable à] une maison. C’est la demeure des Anges, le lieu où ils laissent leurs traces et l’endroit où ils s’y établissent ; tandis que les mauvaises caractéristiques telles que la colère, la passion, la haine, la jalousie, l’orgueil, la vanité et leurs semblables ne sont que des chiens qui aboient. Comment les Anges pourraient-ils y entrer alors que la maison est remplie de chiens ?!

Quant à la lumière de la science, Allah le Très Haut ne l’envoie dans le cœur que par l’intermédiaire des Anges : {Quand Allah s’adresse à un homme, Il ne le fait que par révélation, ou derrière un voile, ou par l’envoi d’un [ange] messager qui lui révèle, par Sa permission, ce qu’Allah veut.} [Sourate Ach-Choûrâ, v.51]

Ainsi, aucune science clémente et bénéfique n’est envoyée au cœur sans que les Anges, chargés de cette mission, ne s’en chargent. Or, ce sont des êtres sains, purifiés et innocents de toute caractéristique détestable ; ainsi, ils ne considèrent que ce qui est bon, et, parmi les trésors de la miséricorde d’Allah qu’ils détiennent, ils ne résident que ce qui est bon et pur. »

[1] Sahîh Mouslim, N°91
[2] Sauf les animaux sacrifiés (Note du traducteur)
[3] Sahîh Al-Boukârî, n°4002

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

Lire la suite