Prenez garde aux innovations dans la religion !

1 – ’Âichah rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. »[1]

2 – Jâbir Ibn ‘Abdillah رضي الله عنه a rapporté que le Prophète صلى الله عليه وسلم faisait un sermon, il disait : « … Ceci étant, la meilleure des paroles est le Livre d’Allah et la meilleure voie est celle du Mouhammad صلى الله عليه وسلم. Et la pire des choses est celle nouvellement introduite dans la religion, (et toute chose nouvellement introduite dans la religion est une innovation) et toute innovation est égarement (et tout égarement mène en Enfer). » [2]

Médite bien mon frère ces deux nobles hadîths prophétiques authentiques provenant du coeur de la sounnah. Examine-les attentivement et tu trouveras qu’ils sont un remède pour toi – Inchâ Allah – contre toute innovation introduite dans la religion d’Allah. Ceci étant, le Prophète صلى الله عليه وسلم a jugé toute innovation comme étant un égarement, il n’a pas dit : certaines sont un égarement et d’autre ne le sont pas. Il a plutôt dit : « Toute (Koull) ». Et « Toute (Koull) », cher frère, désigne une généralité.

Médite aussi sur la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. » C’est à dire que cette n’est pas acceptée. Et il n’a pas dit que cela dépendait de l’intention de son auteur? Il l’a plutôt jugée comme étant rejetée.

Et si quelqu’un venait te dire : toute innovation n’est pas égarement, et tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté. Alors dis-lui : Qui est plus savant : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? Et qui craint le plus Allah : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? S’il revient et atteste de ce qui est explicite dans ces deux hadîths, en a la conviction et oeuvre avec leur contenu, il a alors bien agi. Mais s’il persiste sur son premier propos affirmant que toute innovation n’est pas forcément rejeté, alors dis-lui : Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit d’un côté : « Toute innovation est égarement » et « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, cela sera rejeté. » Et toi tu dis d’un autre côté que toute innovation n’est pas égarement, et que tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté ! Dis-lui aussi : Tu as, pour ta part, fait scission d’avec le Messager صلى الله عليه وسلم ! Et rappelle lui la parole d’Allah سبحانه وتعالى : (Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu, et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination.) (Sourate An-Nisâ, v.115)

Ô Allah ! Fais que nous mourions en conformité avec le Coran et la Sounnah, et épargne-nous toutes innovations, Ô Seigneur des mondes.

Et voici un rappel profitable du grand savant Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, extraite de son livre « Madârij As-Sâlikîn » 1/224 : « L’innovation mène progressivement son auteur de la petite à la grande, jusqu’à ce qu’il soit dépouillé de sa religion comme un cheveu est enlevé d’une pâte. Seuls les gens doués de clairvoyance se rendent compte des méfaits des innovations. Quant aux aveuglés, ils sont perdus dans les pénombres de l’égarement. (Celui qu’Allah prive de lumière n’a aucune lumière.) (Sourate An-Noûr, v.40) »

 

[1]Al-Boukhârî n°2550 et Mouslim n°1718. Et Mouslim rapporte dans une autre version : « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, elle sera rejetée. »

[2]Rapporté par Mouslim « Al-Joumou’ah », n°867 (2/592) et ce sont ses propos. Et An-Nasâî dans « Al-‘Idayn » chap.22, 3/188-189, et les deux ajouts entre parenthèses sont de lui.

Source : « Leçon de Tawhid – Al-Qawl Al-Mufîd » du Chaykh Mouhammad Al-Wousâbî رحمه الله, Éditions Tawbah.

La véritable science

Elle concerne les cœurs ; et nos pieux prédécesseurs ont bien compris sa nécessité sur l’ensemble des autres sciences. Abou Hâmid رحمه الله a dit : « Cette science est une obligation pour chaque individu (Fard ‘ayn) selon les fatawa des savants de l’au-delà. ;[1] » 

‘Amr Ibn Qays Al-Moulâî a dit : « Un discours par lequel j’adoucis mon cœur et qui me permet d’atteindre mon Seigneur m’est préférable à cinquante affaires de Chouraych[2]. » 

De même, il a été dit à l’Imam Ahmad رحمه الله : « Qui demandons-nous [pour la science] après toi ? » – « Abd Al-Wahhâb Al-Warrâq. » répondit-il. On lui rétorqua : « Mais il ne possède pas une vaste science. » À cela il dit : « En vérité, il est un homme vertueux. Celui qui restera auprès de lui atteindra la vérité très certainement » 

Il fût aussi questionné au sujet de Ma’roûf Al-Karkhî, il dit : « Il possédait le fondement de la science, à savoir la crainte d’Allah. » 

On questionna Al-Hasan dans une affaire à laquelle il répondit. On lui dit ensuite : « Certes, nos érudits ne disent pas cela. » C’est alors qu’il s’exclama : « Et as-tu déjà vu un érudit ?! Un érudit est celui qui se lève la nuit, jeûne la journée et fait preuve d’ascétisme ici-bas. » 

Selon Layth[3] qui dit : « J’ai questionné Ach-Cha’bî[4] mais il me questionna à son tour, je m’exclamai : « Ô vous les savants ! Ô vous les érudits ! Vous rapportez de nous vos ahâdîth puis vous nous questionnez ?! Ach-cha’bî dit alors : « Ô vous les savants ! Ô vous les érudits ! Nous ne sommes en rien des érudits, ni des hommes de science. Mais nous sommes des gens qui avons entendu un hadîth et nous vous transmettons ce que nous avons entendu. L’érudit est en réalité celui qui s’écarte scrupuleusement des interdits d’Allah, et le savant est celui qui craint Allah. » 

On ne parvient pas à Allah, ni à la demeure dernière, par la grande quantité de science et de chaîne de rapporteurs ; mais on y accède à travers le fruit de la science et la guidée. Et quelle serait la valeur de la science si elle ne te pousse pas à œuvrer avec ?! N’est-elle pas alors un argument contre toi, une preuve de ta culpabilité et un signe que tu te moques de ton Seigneur ?! Voilà pourquoi la voie de nos pieux prédécesseurs était de préparer correctement le cœur avant de pouvoir y semer la science.

Soufiâne Ath-Thawrî رحمه الله a dit : « L’homme ne demandait pas la science du hadîth tant qu’il ne s’était pas adonné aux adorations durant 20 ans. » 

« Ô toi qui t‘es écarté de ses nobles caractères, 

Ce n’est pas avec la quantité de connaissance que l’on s’enorgueillit.

Celui dont la science ne le réforme pas,

Nen tirera aucun bénéfice dans l’Au-Delà. »

Les trompeurs :

Si le cœur de l’homme de science tombe malade, il utilisera son savoir dans des ruses pensant que cela l’affranchira des jugements religieux et des conséquences de l’injustice. Comme si Allah ne l’observait pas…

Hélas, ce genre de ruses s’est propagé lorsque la foi que les poitrines récèlent s’est affaiblie, et que les règles religieuses sont devenues lourdes pour les gens. Ibn Al-Qayyim dédia même plusieurs chapitres dans son livre « Ighâthah Al-Lahfân«  sur les ruses et leurs différentes catégories. Écoute celle rapportée qu’Aboû Hâmid Al-Ghazâlî :

« Il a été dit qu’Aboû Yoûsouf Al-Qâdî donna de son argent à son épouse juste avant qu’il n’atteigne une année hégirienne (Al-Hawl) pour ne pas sortir sa zakât[5]. Puis il redemanda à sa femme cet argent. Cette histoire fût racontée à Aboû Hanîfah رحمه الله qui s’exclama : « Ceci démontre la compréhension qu’il détient. » Et il a dit vrai ! Ceci témoigne une compréhension mondaine ; mais son méfait le Jour Dernier sera bien plus grave que n’importe quel autre péché. Ainsi, une telle chose est un savoir préjudiciable. » 

Ô toi qui étudies une science religieuse parmi les autres, voilà pourquoi il t’incombe de la relire avec une âme nouvelle et un cœur nouveau comme s’il était né aujourd’hui et qu’aucun péché ne l’avait encore souillé.

Prend comme exemple la biographie du Prophète صلى الله عليه وسلم, que le professeur Al-Bahyî Al-Khawlî te recommande de lire d’une manière nouvelle en utilisant en premier lieu ton cœur avant tes yeux, mais aussi avec ton âme et tes sentiments accompagnés de ta raison. Et il t’indique la manière de procéder en disant :

« Accompagne (avec ton cœur et tes sentiments) notre maître, le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, durant toute sa noble vie. Tu prendras place dans son assemblée lorsqu’il s’asseyait ; tu monteras avec lui à cheval lorsqu’il grimpait sa monture ; tu seras en sa compagnie lorsqu’il marchait ; tu écouteras la puissance de ses exhortations. La douceur de la conversation qu’il entretenait avec son Seigneur durant la nuit ou lors de ses retraites la journée pénétrera ton cœur ; tu ressentiras ses émotions صلوات الله عليه jusqu’à ressentir ce qu’il éprouva dans son immense cœur lorsqu’il se mit en colère, tu ressentiras la clémence et l’indulgence dont il faisait preuve lorsqu’il rendait les choses faciles avec un visage souriant. Tu intègreras les rangs de ceux qui ont cru en lui ; tu seras avec eux lorsqu’ils subiront des supplices, et tu ressentiras la douleur qu’ils ont ressentis. Tu émigreras comme ils le firent ; tu émigreras en leur compagnie avec ton cœur, ton imagination et tes émotions jusqu’en Abyssinie ou toute autre contrée. Lorsque le jihâd sera légiféré à Médine tu te placeras sous son étendard triomphant ; tu le verras du haut de sa monture assis sur sa selle, revêtu d’une cuirasse de combat, son épée dégainée et sa lance saisie. Il est un valeureux combattant sur le champ de bataille à la tête de braves soldats ; ses nobles yeux apparaissent nettement de son casque صلى الله عليه وسلم. Ainsi, il n’y a pas de sommet, ni de vallée et ni d’ennemi qu’il atteint sans que tu sois à ses côtés prêt à frapper s’il frappe, à avancer s’il l’ordonne, à lui donner ce que tu possèdes et à le protéger corps et âme avec ce qui t’est le plus précieux par amour pour lui. » 

[1] Ici, Al-Ghazâlî visait par « les savants de l’au-delà » les savants soufis. Et même si ces derniers prêtaient attention à la science du cœur, les savants de la sounnah y prêtèrent également une attention particulière en évoquant cela dans leurs ouvrages (comme le livre : « Kitâb Ar-Raqâiq »). Ainsi, les gens de la sounnah sont dans le juste milieu entre ceux qui ont exagéré en ne prêtant attention qu’à l’au-delà et ceux qui ne prêtent attention qu’à cette vie d’ici-bas. Ainsi, cette parole est d’autant plus valable concernant les savant de la sounnah. (Note du traducteur)
[2]Il était un éminent juriste du premier siècle hégirien. (Note du traducteur)
[3]Il était un grand jurisconsulte (Faqîh) (Note du traducteur)
[4]Faqîh et Mouhaddith parmi les Tâbi’în, il est né sous le califat de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb. (Note du traducteur)
[5]En Islam, la zakât Al-Mâl doit être prélevée dès que l’argent aura atteint le nisâb et qu’il aura été épargné une année complète (Al-Hawl). (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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La notoriété d’ici-bas, et la renommée dans l’au-delà

Regarde comment des cœurs ont élevé des gens qui étaient autrefois des esclaves et des domestiques, et élevé leurs souvenirs par-dessus les nuages.

Par Allah  ! Si leurs cœurs n’avaient pas été purs et sincères, Allah aurait très certainement anéanti leur renommée, disséminé leur science et fait disparaître leur histoire  ; ou bien, Il aurait pu décréter que toutes ces choses-là (renommée, science et histoire) se soient associées au mal et au mauvais.

Mais voici le cœur vivant ; celui qui continu de battre même après la mort de son hôte, dont le bon souvenir et la noble histoire ne cessent d’être évoqués.

C’est cela qu’évoqua Al-Amîr Chawqî رحمه الله en disant  :

«  Il y a deux sortes de gens  : Les morts alors qu’ils sont en vie,

Puis d’autres sous terre, mais vivant.  »

Ibn Abî Laylâ رحمه الله a dit  : «  ‘Îsâ Ibn Moûsâ, qui était injuste et un nationaliste arabe très chauviniste, m’a questionné  : «  Qui était l’érudit de Al-Basrah  ?  »
«  Al-Hasan Ibn Abî Al-Hasan[1]  » répondis-je

«  Et qui d’autre  ?  »
«  Mouhammad Ibn Sîrîn [2] »

«  Et qui étaient-ils  ?  »
«  Tous deux furent esclaves.[3] »

Puis il demanda  : «  Qui était l’érudit de La Mecque  ?  »
«  ‘Atâ Ibn Abî Rabâh[4], Moujâhid Ibn Jabr[5], Sa’îd Ibn Joubayr[6] et Soulaymân Ibn Yasâr[7].  » répondis-je
«  Et qui étaient-ils  ?  »
«  Des esclaves  »

Son visage se mit à changer de couleur, puis il demanda  : «  Qui était l’érudit parmi les gens de Qoubâ (Médine)  ?  »
«  Rabî’ah Ar-Ra°y[8] et Ibn Abî Az-Zinâd[9].  »
«  Qui étaient-ils  ?  »
«  Ils faisaient partie des esclaves.  »

Le changement de couleur de son visage s’intensifia sous l’effet de la colère, puis il dit : « Qui était l’érudit du Yémen  ?  »
«  Tâwoûs Ibn Kaysân[10], son fils et Hammâm Ibn Mounabbih[11].  »
«  Et qui étaient ceux-là  ?  »
«  Ils faisaient partie des esclaves.  »

Dès lors, les veines de son cou se gonflèrent puis il s’assit et dit  : «  Et qui est l’érudit du Khourâsân  ?  »
«  ‘Atâ Ibn ‘Abd-Allah Al-Khourâsânî.[12]  »
«   Et qui était ce ‘Atâ  ?  »   
«  Un esclave.  »

Sa fureur ne fit que grandir, puis il demanda  : «  Qui était l’érudit de la péninsule arabique  ?  »
«  Maymoûn Ibn Mihrân.[13]  »
«  Et qui était-il  ?  »
«  Un esclave  »

Il soupira bruyamment, puis il dit  : «  Qui était l’érudit de Koûfah  ?  »
Par Allah ! Si je n’avais pas eu peur de lui, je lui aurais dit « Al-Hakam Ibn ‘Ouyaynah [14] et ‘Ammâr Ad-Douhnî [15] » mais j’ai vu qu’il était mauvais, alors je lui ai dit  : «  Ibrâhîm[16] et Ach-Cha’bî[17].  »
«  Et qui étaient-ils  ?  »
«  Deux arabes.  »

Il s’exclama  alors : «  Allahou Akbar  ! » Puis il s’apaisa.  »

Quelles œuvres prodigieuses ont-ils accomplis  !! Des  esclave s plus nobles que des maîtres ; une vigueur et une détermination à percer les montagnes. Des personnalités évidentes même si l’ignorant les voit comme les plus bas de la société. Des rois dans l’Au-delà même s’ils ne trouvèrent pas de quoi subvenir à leur faim [ici-bas].

Et le secret se cachant derrière tous ceci, c’est le cœur.

Comment le fait qu’ils ne soient maintenant que poussières, qu’ils aient quitté leur notoriété [après la mort], qu’ils ne possédaient rien [de cette vie mondaine] et qu’ils avaient des cœurs remplies de foi peut-il leur nuire alors qu’ils furent les médecins et les remèdes pour les gens ?!

Et Iqbâl fût véridique lorsqu’il conclut  :

«  C’est en se conformant à l’ordre [d’Allah et Son Messager] que s’élève celui qui est au plus bas [de la société],

Et que périt le rebelle, même s’il est au plus haut.  »

[1]Plus connu sous le nom d’Al-Hasan Al-Basrî, il fût l’esclave de Zayd Ibn Thâbit Al-Ansârî. (Note du traducteur)
[2]Il fût l’esclave d’Anas Ibn Mâlik qui le libéra. (Note du traducteur)
[3]En arabe, le terme مَوْلى à de nombreuses significations. Quant aux livres qui évoquent la vie de nos nombreux savants musulmans à travers l’histoire islamique, le sens le plus souvent voulu par ce terme est : « l’affranchie de ou l’esclave libéré de ». Et comme vous le voyez, certains de ces savants-là, en plus d’avoir été des esclaves, son non-arabe au grand dam de ‘Issa Ibn Moussa. (Note du traducteur)
[4]Faqîh et savant dans le hadîth, il fait partie des plus grands Tâbi’în et Fouqahâ, il fût esclave de la tribu de Qouraych puis fût libéré. (Note du traducteur)
[5]Il faisait partie des Tâbi’în, grand savant du Coran et grand exégète, il fût esclave de As-Sânib Ibn Abî As-Sânib Al-Makhzoûmî. (Note du traducteur)
[6]Tâbi’î, il était esclave de la tribu de Banî Asad à Koûfah. (Note du traducteur)
[7]Faqîh, savant et moufti de Médine. Il fût l’esclave de la mère des croyants Maymoûnah Al-Hilâliyah رضي الله عنها (Note du traducteur)
[8]Il est l’imam, le mouftî de Médine, l’érudit de son époque, Rabî’ah Ibn Abî ‘Abd-Ar-Rahmân Farroûkh At-Taymî Al-Madanî plus connu sous le nom de Rabî’ah Ar-Ra°y, il fût l’esclave de Âli Al-Mounkadir. (Note du traducteur)
[9]Il est le fils du grand faqîh et Tâbi’î ‘Abd-Allah Abou ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Dhakouân qui fût l’esclave de Ramlah Bint Chaybah Ibn Rabî’ah. (Note du traducteur)
[10]Il faisait partie des Tâbi’în, Hâfidh et grand érudit du Yémen, il fût l’esclave de Bouhayr Ibn Raysân Al-Houmayrî, et avait également des origines perses. (Note du traducteur)
[11]Il était un Tabi’î, rapporteur de hadîth d’origine perse à San’â. (Note du traducteur)
[12]Il faisait partie des grands Mouhadithîn, il fût l’esclave d’Al-Mouhalib Ibn Abî Safrah Al-Azdî. (Note du traducteur)
[13]Il était parmi les Tâbi’în, grand érudit de la péninsule arabique et mouftî, il fut affranchi par une femme appartenant au Banî Nasr Ibn Mou’âwiyah à Koûfah. (Note du traducteur)
[14]Il serait plutôt Al-Hakam Ibn ‘Outaybah, grand érudit de Koûfah, il fût l’esclave de la tribu Kindah. (Note du traducteur)
[15]L’imam et mouhaddith Aboû Mou’âwiyah, ‘Ammar Ibn Mou’âwiyah Ibn Aslam Al-Bajalî Ad-Douhanî de Koufah. (Note du traducteur)
[16]Il est Ibrâhîm Ibn Yazîd Ibn Al-Aswad Ibn ‘Amr Ibn Rabî’ah Ibn Hârithah Ibn Sa’d Ibn Mâlik Ibn An-Nakha’ An-Nakha’î Al Yaman’î puis Al-Koûfî, Faqîh et un Tâbi’î de Koûfah.
[17]Il est ‘Âmir Ibn Charâhîl Ibn ‘Abd Dhî Kibâr, Aboû ‘Amr Al-Hamdânî, Faqîh et Mouhaddith parmi les Tâbi’în, il est né sous le califat de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Ses médecins sont malades

La médecine des cœurs est une des sciences qui se sont raréfiées à notre époque. Il en résulta l’accroissement des maladies [du cœur] et leur propagation à tel point que beaucoup de nos savants, qui portent nos remèdes[1], ont été touchés.

Ainsi, leurs esprits mémorisèrent les explications de livres et les Moutoûn alors que leurs membres ont oublié la [bonne] guidée et le [rappel] de la mort. Leurs langues disent qu’ils sont des gens de science alors que leurs actes déclarent qu’ils sont des ignorants.

La majeure partie des savants de notre époque sont de deux catégories :

  • Une catégorie de savants absorbés par les biens de ce bas monde, haletants dans leur course derrière cette vie mondaine dont l’amassement ne les fatigue nullement, et qui passent leur vie à travers les délices mondains. Ceux-là, cette vie d’ici-bas a entièrement pris le contrôle de leur cœur. Et la crainte de la pauvreté et l’amour de la course aux richesses sont devenus inhérents à celui-ci.

La plupart de ces savants ont été poussés [par les gens du pouvoir] à devenir ainsi ; on a voulu d’eux qu’ils courent derrière les gains et qu’ils s’y investissent dans le but d’acquérir de la subsistance. Il leur a été donné en échange [de leur service et de leurs fatâwa] tout juste de quoi subsister. Juste le nécessaire pour vivre !! Et ce, afin qu’ils restent emportés dans la tornade et prisonniers dans la meule à la solde de ces gens-là. Ils n’atteignent jamais leurs espérances, ni ne délaissent la course vers quoi ils aspirent ; voilà pourquoi ils ont oublié leur plus grande et leur plus noble tâche qu’est l’héritage des prophètes et l’accomplissement de la fonction des messagers.

  • Et une autre catégorie qui, quant à elle, s’est simplifiée le chemin [du mal] en agréant les interdits « faciles »[2] et en agréant l’ambiguïté que la masse ne peut distinguer et donc l’accepter facilement.

Ils ont pris leur foi telle une marchandise dont ils vendent une partie ou bien sa totalité obtenant ainsi leur récompense dans la renommée, la gloire, dans de nombreux biens et l’argent. Ce sont en réalité des gens hypocrites et habiles qui se sont ornés pour les gens et pour se rapprocher des gouverneurs. Ils cherchent [toujours] les facilités qu’ils utilisent pour émettre leurs fatâwa. Leur habitude est la duperie et leur voie celle de l’hypocrisie ; voilà pourquoi le fléau s’est généralisé et que le remède a décliné.

Et c’est ce qui se passa du temps du grand savant, al moujâhid, ‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak رحمه الله lorsqu’il vit que l’un de ses frères commença à emprunter cette voie-là. Il accompli ce qui lui incombait en lui prodiguant immédiatement conseil et lui tendant la main. Et quelle biographie que celle d’un homme tel qu’Ibn Al-Moubârak ! Elle est similaire à la senteur suave des roses que le vent transporte d’une colline à une autre et d’une époque à une autre franchissant ainsi les portes du temps et des contrées pour nous rapporter de lui ce qui suit : lorsqu’Ibn Al-Moubârak fut informé qu’Ismâ’îl Ibn ‘Oulyyah supervisa les aumônes, il lui écrivit des vers de poésie qui sont valables pour toutes les époques où s’est répandu ce mal en disant :

Ô toi qui a fait de la science un faucon,

Par lequel il chasse les biens des pauvres gens

Tu as rusé pour cette vie mondaine et ses délices

D’une ruse qui te dépossèdera de la religion.

Tu es devenu follement épris de cette vie d’ici-bas

Après avoir été un remède pour les malades.

Où sont passés les ahâdîth que tu as rapporté

D’Ibnou ‘Awn et d’Ibnou Sîrîn ?

Où sont passés les ahâdîth que tu as évoqué

Quant au fait de s’attacher aux portes des gouverneurs ?

Si tu répondais « j’ai été contraint » alors qu’as-tu fais pour te sauver ?

Tu es tombé dans ce dont tu mettais en garde.

Lorsqu’il lut cet écrit, il pleura et demanda à être démis de ses fonctions.

Si la mort du cœur a bien des caractéristiques qui se différencient d’une personne à une autre et d’une profession à une autre, la plus significative et célèbre d’entre elles (que l’on trouve) chez les gens de science est celle qu’a défini Mâlik Ibn Dînâr رحمه الله en disant : « J’ai questionné Al-Hasan : « Quel est le châtiment de l’homme de science ? » Il répondit : « La mort du cœur. » – « Et qu’est-ce que la mort du cœur ? » lui demandais-je. Il dit : « Vouloir cette vie d’ici-bas avec les œuvres de l’au-delà. »

Ceux-là, Rabî’ah Ar-Ra°y رحمه الله les nomma « les abjects » et « les plus vils ». Mâlik Ibn Anas a rapporté : « Mon professeur Rabî’ah Ar-Ra°y m’a demandé : « Ô Mâlik ! Qui sont les abjects ? » Je répondis : « Ceux qui se nourrissent en usant de leur religion. » Puis il ajouta : « Et qui sont les plus vils ? » Je dis alors : « Ceux qui profitent aux autres au détriment de leur religion.»

Ils extériorisèrent la religion pour Allah

Alors que c’est autour du dinar qu’ils tournaient

Pour lui (le dinar) ils jeûnèrent et prièrent

Et pour lui ils accomplirent le pèlerinage et la visite (‘Oumrah)

Si [le dinar] était plus éloigné encore que les Pléiades

Et qu’ils avaient des ailes, ils s’envoleraient pour l’atteindre.

L’homme de science mauvais qui n’œuvre pas avec sa connaissance est une épreuve et une nuisance pour lui-même et pour les autres ; il est semblable à un rocher obstruant la source d’un fleuve ; ni il n’absorbe l’eau et ni ne la laisse passer pour alimenter les cultures… Faites-nous miséricorde et laissez-nous Ô savants du mal !!

Si l’érudit s’égare et que des gens le suivent

Ils s’égareront avec lui, puis ils périront tout comme il périra

A l’exemple d’un navire qui, lorsqu’il se brise sur une vague

Chavire et emporte avec lui tous ses passagers.

[1] Car ce sont eux qui orientent les musulmans, les conseillent, les soignent de l’ignorance à travers leur science… (Note du traducteur)

[2] Tels ceux commis avec la langue pour arriver à leurs fins (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Le renversement (Al-Inqilâb)

Le cœur (Al-Qalb) est le membre du corps le plus délicat et qui s’affecte le plus rapidement par ce qui l’entoure et le frôle. En outre, témoigne de sa délicatesse le fait que la moindre pensée, ou idée, a des répercussions sur lui ; et le peu qui le touche peut, en réalité, occasionner beaucoup de choses. Les maladies (tels que les ambiguïtés, passions et vices…) atteignent le cœur en un instant ; il est extrêmement dur pour lui de les fuir, et il est très proche du retournement.

Par conséquent, même si le cœur de la personne est pur un certain temps, ou qu’il est ferme sur la foi (Al-Îmân) et se délecte de celle-ci par moment, il est certainement exposé au retournement. Car cela est la nature du cœur, et c’est de ce retournement-là que provient son nom.

Al-Qourtoubî رحمه الله a dit en expliquant la signification du terme « cœur (Al-Qalb)» : « Al-Qalb est en réalité une forme nominale [du verbe (QaLaBa – قَلَبَ)]
On dit :
– (قَلَبْتُ الشَّيءَ, أَقْلِبُهُ, قَلْباً) c’est-à-dire que j’ai remis cette chose dans son état initial.

– (قَلَبْتُ الإناءَ) signifie que j’ai retourné le récipient, en l’inversant.

Par la suite, ce terme évolua désignant ainsi ce membre, qui est le plus noble, dû à la rapidité des pensées qui le traversent et de leurs agissements sur lui.
Comme il a été dit :

Le cœur n’a été nommé ainsi qu’à cause de son retournement.

Sois-donc attentif à ton cœur contre tout renversement et changement. »

Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Le cœur a été nommé Qalb car il se retourne. Le cœur est semblable à une plume accrochée à un arbre dans un désert que le vent retourne. »
Le cœur peut se retourner de manière extrême et changer soudainement. D’ailleurs, le Prophète صلى الله عليه  وسلم nous donne un exemple : « Le cœur des enfants d’Âdam se retourne plus rapidement que l’eau de la marmite [sur le feu] met à bouillir. »

Bien entendu, il est impossible que le cœur du croyant reste sur un degré élevé de foi qu’il ressent après l’accomplissement de grandes adorations, ou suite à de nombreuses périodes remplies de bien et de faveur[1]. Ceci, car le cœur est considérablement préoccupé par cette vie mondaine, ses délices et ce qui le touche comme joie et tristesse. De même, il est exposé aux guerres incessantes que le diable mène contre lui, ainsi qu’à la duperie des juifs concernant l’exhibition de l’intimité (Al-‘awrah) [de l’homme et la femme] et leur prêche pour les passions.

Malgré tout, j’aimerais à la fois te rassurer et t’effrayer du moment que le retournement des cœurs est uniquement dans la Main d’Allah.
Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts du Miséricordieux, comme s’il s’agissait d’un seul cœur qu’Il oriente dans la direction qu’Il veut. » puis le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ajouta : « Ô Toi qui oriente les cœurs ! Oriente nos cœurs sur Ton obéissance ! »

Mon frère (Ma sœur) … tu as prié aujourd’hui cinq prières, alors réponds-moi sincèrement : Combien de fois as-tu invoqué Allah par cette invocation ?! Sachant que tu as plus besoin de cette invocation que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم lui-même. Aujourd’hui, les troubles se sont généralisés et sont plus nombreux alors que les cœurs sont beaucoup plus faibles et fragiles. Veille donc à ce qu’il y a entre toi et Allah [en t’écartant des interdits et en accomplissant les obligations], et rattache ce qui s’est découpé du câble te reliant à Lui afin qu’Il te raffermisse sur Son agrément dès aujourd’hui, et qu’Il te guide.

[1] Tel le mois de Ramadan ou les jours du pèlerinage (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Allah est Le Seul a détenir les remèdes du coeur

Allah le Très Haut a dit  : (Celui qui pense qu’Allah ne le secourra pas dans l’ici-bas et dans l’au-delà qu’il tende une corde jusqu’au ciel, puis qu’il la coupe, et qu’il voie si sa ruse va faire disparaître ce qui l’enrage.) [Sourate Al-Hajj, v. 15] 

Ce verset décrit un groupe parmi les hypocrites dont les cœurs se sont remplis de rage à l’encontre du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم, de sa grandeur et sa victoire.
À ceux-là, Allah leur dit  : Assurément, Allah secoure Son Messager ici-bas et dans l’Au-delà. Ainsi, que celui qui pense – parmi ses envieux et ses ennemis – qu’Allah ne le secourra point, et est irrité contre lui du fait qu’il triomphe par la promesse qu’Allah lui a faite, alors qu’il examine profondément ses capacités et déploie tous ses efforts pour qu’il retire de son cœur la rage qu’il contient. Et même si cette rage le pousse à l’extrême au point qu’il attache une corde au toit de sa maison pour se pendre, s’il commettait cela, qu’il regarde donc s’il guérit de la colère que recèle sa poitrine …
Par Allah non, il ne guérira pas ! Cette rage ne le quittera point, et sa maladie perdurera tant qu’Allah le voudra.

Par conséquent, Allah est Le Seul à être Le Guérisseur des poitrines, Celui qui enlève le mal des cœurs.

Et cela signifie que  :

  • Si tu ressens de l’affliction, de la tristesse, du désespoir et de l’amertume, détiens-tu toute la puissance planétaire pour changer cet état-là ne serait-ce du poids d’un atome  ?!
  • Si la vie d’ici-bas toute entière t’était offerte et mise à tes pieds, mais que ton cœur est rempli de chagrin et d’anxiété, vas-tu te délecter ne serait-ce qu’un peu de ta vie mondaine ?!
  • Si le cœur se noie dans le doute, les ambiguïtés, la déviance et l’incertitude, est-ce qu’une personne ici-bas est en mesure d’arracher cette maladie de ta poitrine alors que ton Seigneur ne l’a pas décrété  ?!
  • Lorsque tu vois qu’un bienfait mondain est accordé à un autre que toi sans qu’il ne te touche, tu te mets alors à l’observer jalousement, en l’enviant ; tu laisses ta langue s’adonner à des propos haineux à son égard et ton cœur se remplir de rancœur envers lui ; qui peut te purifier de ce dont tu es atteint si ce n’est Allah  ?!
  • Si ton cœur aime une passion, s’en imbibe et qu’il penche vers un péché en étant épris de celui-ci, qui d’autre que ton Seigneur peut redresser ton cœur chaviré et faire revivre ta saine nature  ?!
  • Si ton cœur répugne un acte d’obéissance, qu’il lui devient pénible et se lasse de son accomplissement au point qu’il soit proche de le délaisser  ; qui donc peut te faire aimer cet acte et te rapprocher de lui si ce n’est Celui qui nous a fait aimer la foi et l’a embellie dans nos cœurs  ?!

C’est ce que comprit Moutarrif Ibn ‘Abd-Allah رحمه الله lorsqu’il cessa de regarder ses œuvres et reconnu l’ampleur de son impuissance et sa faiblesse, et qu’il retourna la grâce toute entière à Allah Seul en disant  : « Si mon cœur était retiré puis déposé dans ma main gauche, et que l’on vienne avec des bonnes actions que l’on dépose dans celle de la droite, puis que je les rapproche l’une de l’autre, je ne pourrai rien entrer dans mon cœur jusqu’à ce que ce soit Allah le Majestueux qui le décrète. »  

A tous les malades  : 

L’homme, s’il le désire, peut bouger sa jambe, baisser son bras et le remonter, mais peut-il en faire autant avec son cœur  ?! Oh que non par Allah  !! Comment peux-tu interagir avec un cœur sans posséder une quelconque autorité sur lui  ?! Que personne n’a d’emprise sur lui excepté Allah ?! Et dont tu ignores tout de ses secrets, son essence et que personne ne les connait si ce n’est Allah  ?! Que tous ceux qui souhaitent guérirent leur cœur sans demander l’assistance de leur Seigneur sachent que leur maladie n’ira qu’en s’aggravant.

  • Sache et dis à tous ceux qui demandent la guérison à autre qu’Allah  : Ô combien votre perte est immense  ! 
  • Sache et dis à tous ceux qui se sont postés devant toutes les portes sauf celle d’Allah  : Ô combien sera long votre avilissement ! 
  • Sache et dis à tous ceux qui placent leurs espoirs en autre que Sa grâce  : Ô combien vos espérances sont vaines  ! 
  • Sache et dis à tous ceux qui œuvrent pour autre que Lui  : Ô combien votre cheminement est égarement  ! 

Qui peut s’interposer entre toi et le remède, et t’empêcher d’accomplir des actes d’obéissance  ?! Qui est Celui qui change la sécurité en peur et la lâcheté en bravoure ?! Et qui est Celui qui rend l’aversion amour et l’amour aversion  ?!

Mon frère, ton remède est auprès de Lui, ne le cherche donc pas chez quelqu’un d’autre. Et ta guérison est entre Ses Mains, ne fatigue donc pas les médecins avec toi.

Il n’est rien qu’Allah ne possède parmi Ses Trésors  ; et pourtant, te voilà trompé à mendier à la porte de ceux qui ne détiennent absolument rien  !!

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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