{En vérité, ceux qui sont auprès de Ton Seigneur ne dédaignent guère de L’adorer. Ils le glorifient toujours et se prosternent devant Lui.}

{En vérité, ceux qui sont auprès de Ton Seigneur ne dédaignent guère de L’adorer. Ils le glorifient toujours et se prosternent devant Lui.} [S.7, v.206]

« Allah évoque le fait qu’Il possède des serviteurs qui L’adorent et ne cessent de Le servir, il s’agit des Anges.

Sachez donc [ô serviteurs d’Allah], qu’à travers votre adoration Allah ne veut pas combler un manque, ni devenir puissant, mais Il veut votre propre intérêt et que vous espériez de Lui que les œuvres que vous avez accomplies voient leur récompense multipliée.

Il dit {En vérité, ceux qui sont auprès de Ton Seigneur} parmi les Anges rapprochés, les porteurs du Trône et les Kouroûbiyyoûne {ne dédaignent guère de L’adorer}. Au contraire, ils s’empressent de le faire et de se conformer aux directives de leur Seigneur. {Ils le glorifient} nuit et jour sans se lasser, et c’est pour Lui Seul sans rien Lui associer qu’ils {se prosternent devant Lui.}

Que les serviteurs prennent exemple sur les Anges Nobles et qu’ils persévèrent à adorer Le Roi, Le Connaisseur. »

[Tafsîr As-Sa’dî]

Note : (L’appellation « les Anges Al-Kouroûbiyyoûn » n’a pas de fondement dans les hadîths prophétiques authentiques – de ce que nous savons – et tout ce que nous trouvons les concernant sont soient : des hadîths très faibles, inventés, des paroles de pieux prédécesseurs et de certains exégètes. Certains savants dirent que les Kouroûbiyyoûne sont :

  • Les Anges qui sont autours du Trône du Tout Miséricordieux ou bien les porteurs du Trône.
  • D’autre dirent : ce sont les chefs des Anges et les plus importants d’entre-eux
  • Et un troisième groupe dirent : ce sont les Anges du châtiment.

Mais il est important de savoir que ce genre de chose fait partie du monde de l’invisible dont il n’est pas permis d’affirmer sauf par le biais de la révélation émanant d’Allah. Et ici, rien n’est affirmé.

[https://islamqa.info/ar]

Traduit par le Coeur des Croyants.

Grand merci à Tafsîr du Jour pour la mise en vidéo et audio de ce texte. Retrouvez leur chaîne Youtube dans ce lien : https://www.youtube.com/user/Rouksaid

{Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quoi que ce soit en associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque Lui associe quoi que ce soit commet un énorme péché.}

{Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quoi que ce soit en associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque Lui associe quoi que ce soit commet un énorme péché.} [S.4, v.48]

Allah nous informe qu’Il ne pardonne pas à celui qui a associé avec Allah quelqu’un parmi Sa créature, mais qu’Il pardonne – en dehors du polythéisme – tous les péchés, petits ou grands. Allah pardonne cela si Sa Volonté est qu’Il pardonne et que Sa Grande Sagesse l’implique.

Pour tous les péchés, à l’exception du polythéisme, Allah décréta de nombreux moyens et de causes pour qu’Il les pardonne, comme :

  • les bonnes œuvrent qui effacent [les mauvaises]
  • les calamités expiatrices d’ici-bas
  • le Barzakh (le monde intermédiaire) et le Jour de la Résurrection
  • les invocations que se font mutuellement les musulmans,
  • l’intercession des intercesseurs, etc.

Et au-dessus de tout cela, il y a la Miséricorde d’Allah que les croyants et les monothéistes sont plus en droit d’obtenir [que quiconque], et ce contrairement au Polythéisme. Car le polythéiste associateur s’est lui-même obstrué les portes du pardon et fermé les portes de la miséricorde. Par conséquent, ses actes d’obéissance ne lui seront d’aucun profit sans le Tawhîd (le Monothéisme pur), les calamités ne lui apporteront rien de bénéfique et ils n’auront pas le Jour de la Résurrection {d’intercesseur, ni d’ami sincère} [S.26, v.100-101]. Voilà pourquoi Allah dit : {Mais quiconque Lui associe quoi que ce soit commet un énorme péché.} C’est-à-dire qu’il a commis un très grave délit envers Celui qui a créé toute chose, Celui qui est absolument parfait, Celui qui est Riche (se suffit à Lui-même et se passe de toute Sa créature), Celui qui détient ce qui est profitable et ce qui nuit, qui donne et retient ; pas un bienfait ne touche la création si ce n’est émanant d’Allah.
C’est même la plus grande injustice qu’ait pu commettre la créature qui elle, est constituée de terre, imparfaite sur tous les plans, qui a continuellement besoin d’Allah, qui détient pour elle-même ni profit, ni préjudice, ni la mort, ni la vie, ni la résurrection … – que dire alors de ce qu’elle adore [en dehors d’Allah] ! –

Y a-t-il une injustice plus grande que celle-ci ?!

C’est pourquoi Il condamna le polythéiste associateur au châtiment éternel et le priva de la récompense : {Quiconque associe à Allah (d’autres divinités,) Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu.} [S.5, v.72].

Cependant, ce noble verset concerne uniquement ceux qui ne se sont pas repentis ; quant à ceux que se repentent Allah leur pardonne leur polythéisme et ce qui est moins grave que cela conformément à Sa parole : {Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés} [S.39, v.53] pour celui qui se sera repentit et revenu sincèrement à Allah.

Source : Tafsîr As-Sa’dî (Traduction par Le Coeur des Croyants)

Version audio (grand merci à « Tafsir du Jour ») :

La véracité est salvatrice

Si l’on dit que « la véracité est salvatrice » cela signifie que le salut du serviteur réside dans la véracité de son cœur par sa croyance, dans la véracité de sa langue par ses propos et dans la véracité de ses membres par ses œuvres. Il faut impérativement que ces trois choses soient véridiques.

Médite ce sens que l’on trouve dans le verset que les gens de science nomment « le verset de la bonté pieuse » et qui est la Parole d’Allah : {La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la prière et d’acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !} [Al-Baqarah, v.177]

Sa Parole {les voilà les véridiques} renvoie à deux choses :

– La première est la bonne croyance, elle est due à la droiture de leurs coeurs sur les fondements de la foi {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Ceux-ci sont les fondements de la foi sur lesquels elle repose. Ils sont pour la religion ce que sont les racines pour les arbres et les piliers pour le bâtiment {N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?} [Ibrâhîm, v.24]
À l’instar de l’arbre qui a des racines sur lesquelles il repose, la foi possède également des fondements sur lesquels elle est bâtie.

Ces fondements se situent dans le coeur et ce sont eux qui sont évoqués ici {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Croire en Allah en tant que Seigneur et Créateur, croire en Ses Noms les plus beaux et Ses Nobles Attributs, croire qu’Il est Le Seul digne d’être adoré et qu’aucune autre chose est en droit d’être adorée hormis Allah, L’unifier dans l’adoration, Lui vouer un culte exclusif pur, se débarrasser et se désavouer du polythéisme et de ses adeptes.

Croire aux Anges – à cette gigantesque armée – en croyant en leurs noms, leurs descriptions, leur nombre et leurs tâches de manière globale dans ce qui est venu globalement, et de façon détaillée dans ce qui a été détaillé, conformément à ce qu’Allah nous a ordonné et comme cela a été rapporté dans la Sounnah du Messager d’Allah ﷺ.

Croire aux livres, c’est à dire en tous les livres qu’Allah a révélés aux messager {Et dis : « Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre} [Ach-Choûrâ, v.15]
Il les a révélés comme guide pour l’univers et pour réformer les serviteurs. Ils renferment la vérité et la guidée, ainsi celui qui a eu foi en ces livres aura certes réussi et sera heureux, quant à celui qui n’y a pas cru il aura échoué et péri.

Croire aux Prophètes qu’Allah a envoyés en tant qu’annonciateurs et avertisseurs. C’est croire en chaque Prophète qu’Allah a envoyé et croire que chacun d’eux a transmis le message clairement.
Et ils n’ont pas laissé un bien sans l’avoir indiqué à leur communauté, et ils n’ont pas laissé un mal sans avoir mis en garde contre lui.

Croire au Jour Dernier qui est le jour promis, le jour de la récompense, des comptes, et il concerne tout ce qui se passe après la mort. C’est aussi croire à tous les détails relatifs à ce Jour qui ont été rapportés dans le Livre et la Sounnah. Tout cela sont des croyances dont l’emplacement est le coeur.

– La deuxième chose sont les oeuvres pies, et cela est dû à la bonne obéissance et soumission à Allah Éxalté soit-Il, en accomplissant ce qu’Il a légiféré et en s’éloignant de ce qu’Il a interdit.
Tout cela fait partie de la sincérité du serviteur envers Allah.

Voilà pourquoi accomplir la prière, donner la Zakat et effectuer l’ensemble des prescriptions de l’Islam – que le serviteur est tenu de respecter – sont des signes de sa véracité qu’il entretient avec Allah le Très Haut.
Mais il ne doit pas se montrer élitiste dans les actes d’adoration et les obligations [religieuses]. C’est-à-dire le fait qu’il n’accomplit des prescriptions que ce vers quoi son âme penche, et là où elle ne penche pas, il ne l’accomplit pas. Ceci ne fait pas partie des caractéristiques des véridiques avec Allah.

Ainsi, on a vu que la véracité avec Allah est une science, des oeuvres, une croyance et une législation. Elle n’est pas seulement limitée à une chose présente dans le cœur sans avoir d’impact sur les membres du serviteur. Au contraire, la véracité avec Allah l’Éxalté c’est la rectitude de l’intérieur et de l’extérieur, en secret ou en public, tout comme l’a mis en évidence la parole de notre noble Prophète ﷺ : “Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon alors tout le corps le sera, et s’il est corrompu alors tout le corps le sera. Assurément c’est le cœur.” [Rapporté par Al-Boukhârî n°52 et Mouslim n°1599 selon le hadîth d’An-Nou’mân Ibn Bachîr رضي الله عنه]

Et ceci illustre bien que la rectitude du cœur mélangée à la sincérité envers Allah se reflète sur la langue de l’individu par une langue véridique, et sur ses membres par des membres véridiques dans l’obéissance à Allah.

Également, on comprend de ce verset que les œuvres des membres et les rites islamiques apparents sont tous des signes externes de la véracité avec Allah, à condition qu’ils émanent du cœur de la personne et qu’elle n’ait pas cherché à se montrer aux autres.

C’est pourquoi, à titre d’exemple, médite ce qu’a rapporté ´Abd Allah Ibn ´Amr رضي الله عنهما du Prophète ﷺ. Un Jour il évoqua la prière et dit : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut le Jour de la Résurrection. Quant à celui qui ne la préserve pas elle ne sera pas une lumière pour lui, ni un argument, ni un salut. Et il sera au Jour de la Résurrection ressuscité avec Qâroûn, Pharaon, Hâmân et Oubay Ibn Khalaf.” [Rapporté par Ahmad dans “Al-Mousnad” n°6576, Ad-Dârimî dans ses “Sounan” n°2763 et At-Tabrânî dans “Al-Mou’jam Al-Kabîr” n°14746/164]

Ces quatre sont les têtes de la mécréance et ses piliers. Et Oubay est le seul parmi les polythéistes que le Prophète ﷺ tua de ses propres mains, il n’a tué avant et après lui personne d’autre.

Et l’élément du hadith nous concernant est : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut”.
Sa parole (un argument) : c’est à dire un argument de sa véracité dans sa foi. Et du même exemple il y a la parole du Prophète ﷺ : “Et l’aumône est un argument.” [Rapporté par Mouslim, n°223 selon le hadîth d’Aboû Mâlik Al-Ach’arî رضي الله عنه]

La prière est une des obligations de l’Islam, elle est un de ses plus grand pilier. Elle a été nommée “As-Salât” car elle est un lien (Silat) entre le serviteur et Allah, ainsi celui qui la délaisse aura coupé le lien. Et quant à celui qui délaisse la prière, il sera bien plus enclin à délaisser le reste.

Source : « La véracité avec Allah », du chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr حفظه الله, p.22 à 28, édition Dâr Al-Fadîlah. (Traduit par Le Coeur des Croyants)

Prenez garde aux innovations dans la religion !

1 – ’Âichah rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. »[1]

2 – Jâbir Ibn ‘Abdillah رضي الله عنه a rapporté que le Prophète صلى الله عليه وسلم faisait un sermon, il disait : « … Ceci étant, la meilleure des paroles est le Livre d’Allah et la meilleure voie est celle du Mouhammad صلى الله عليه وسلم. Et la pire des choses est celle nouvellement introduite dans la religion, (et toute chose nouvellement introduite dans la religion est une innovation) et toute innovation est égarement (et tout égarement mène en Enfer). » [2]

Médite bien mon frère ces deux nobles hadîths prophétiques authentiques provenant du coeur de la sounnah. Examine-les attentivement et tu trouveras qu’ils sont un remède pour toi – Inchâ Allah – contre toute innovation introduite dans la religion d’Allah. Ceci étant, le Prophète صلى الله عليه وسلم a jugé toute innovation comme étant un égarement, il n’a pas dit : certaines sont un égarement et d’autre ne le sont pas. Il a plutôt dit : « Toute (Koull) ». Et « Toute (Koull) », cher frère, désigne une généralité.

Médite aussi sur la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. » C’est à dire que cette n’est pas acceptée. Et il n’a pas dit que cela dépendait de l’intention de son auteur? Il l’a plutôt jugée comme étant rejetée.

Et si quelqu’un venait te dire : toute innovation n’est pas égarement, et tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté. Alors dis-lui : Qui est plus savant : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? Et qui craint le plus Allah : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? S’il revient et atteste de ce qui est explicite dans ces deux hadîths, en a la conviction et oeuvre avec leur contenu, il a alors bien agi. Mais s’il persiste sur son premier propos affirmant que toute innovation n’est pas forcément rejeté, alors dis-lui : Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit d’un côté : « Toute innovation est égarement » et « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, cela sera rejeté. » Et toi tu dis d’un autre côté que toute innovation n’est pas égarement, et que tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté ! Dis-lui aussi : Tu as, pour ta part, fait scission d’avec le Messager صلى الله عليه وسلم ! Et rappelle lui la parole d’Allah سبحانه وتعالى : (Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu, et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination.) (Sourate An-Nisâ, v.115)

Ô Allah ! Fais que nous mourions en conformité avec le Coran et la Sounnah, et épargne-nous toutes innovations, Ô Seigneur des mondes.

Et voici un rappel profitable du grand savant Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, extraite de son livre « Madârij As-Sâlikîn » 1/224 : « L’innovation mène progressivement son auteur de la petite à la grande, jusqu’à ce qu’il soit dépouillé de sa religion comme un cheveu est enlevé d’une pâte. Seuls les gens doués de clairvoyance se rendent compte des méfaits des innovations. Quant aux aveuglés, ils sont perdus dans les pénombres de l’égarement. (Celui qu’Allah prive de lumière n’a aucune lumière.) (Sourate An-Noûr, v.40) »

 

[1]Al-Boukhârî n°2550 et Mouslim n°1718. Et Mouslim rapporte dans une autre version : « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, elle sera rejetée. »

[2]Rapporté par Mouslim « Al-Joumou’ah », n°867 (2/592) et ce sont ses propos. Et An-Nasâî dans « Al-‘Idayn » chap.22, 3/188-189, et les deux ajouts entre parenthèses sont de lui.

Source : « Leçon de Tawhid – Al-Qawl Al-Mufîd » du Chaykh Mouhammad Al-Wousâbî رحمه الله, Éditions Tawbah.

« Certes, la foi s’use à l’intérieur de l’un d’entre vous de la même manière que s’use l’habit… »

Al-Hâkim rapporte dans Al-Moustadrak ainsi qu’At-Tabarânî dans Al-Mou’jam que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Certes, la foi s’use à l’intérieur de l’un d’entre vous de la même manière que s’use l’habit. Alors, demandez à Allah qu’Il renouvelle la foi dans vos coeurs. »[1]

Il veut dire par là que la foi s’use dans le coeur comme s’use l’habit lorsqu’il se déchire et devient ancien. En effet, il arrive parfois que le coeur du croyant s’obscurcisse et devienne sombre à cause d’un nuage de péchés. Cette situation à été décrite par le Prophète صلى الله عليه وسلم dans un hadîth authentique où il dit : « Il n’est pas un coeur qui n’ait un nuage comme celui qui voile la lune. Tandis que la lune est lumineuse, lorsqu’un nuage passe devant elle, il l’obscurcit. Mais lorsqu’il la quitte, elle redevient lumineuse. »[2]

Donc, il arrive qu’un nuage passe devant la lune pour cacher sa lumière mais il part aussitôt et sa lumière illumine à nouveau le ciel. De même, parfois, le coeur du croyant est recouvert de nuages sombres de péchés qui voilent sa lumière. L’homme demeure alors dans l’obscurité et la mélancolie. Mais, lorsqu’il s’efforce de renforcer sa foi, en sollicitant l’aide à Allah Tout Puissant et Tout-Majestueux, ces nuages se dissipent et la lumière retourne à son coeur comme auparavant.

L’un des points fondamentaux qui permettent de comprendre la question de la faiblesse de la foi et son traitement, est la cognition que la foi augmente et diminue.

Cette conception fait partie de la croyance même des gens de la Sounnah et de l’Unité, qui confirment que la foi est une déclaration verbale, une croyance adoptée par le coeur et un acte confirmé par les membres, qui augmente par l’obéissance à Allah et diminue par la transgression de Ses lois. Ceci est appuyé par des arguments émanant du Coran et de la Sounnah tels que : (C’est Lui qui a fait descendre la quiétude dans les coeurs des croyants afin qu’ils ajoutent une foi à le foi) (S.58, v.3)

(Et quand une sourate est révélée, il en est parmi eux qui disent : « Quel est celui d’entre vous dont elle fait croître la foi ? ») (S.9, v.124)

La parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque est témoin d’un acte blâmable qu’il le corrige avec sa main. S’il ne peut le faire, alors qu’il le fasse avec sa langue. S’il ne peut le faire, que ce soit avec son coeur. Tel est le degré le plus bas de la foi. »[3]

L’effet de l’obéissance et de la désobéissance sur l’augmentation et la diminution de la foi est un fait connu et attesté. Si quelqu’un va au marché, regarde les femmes et écoute les cris et les futilités des gens, puis se rend au cimetière, réfléchit et voit son coeur s’adoucir, il trouvera une grande différence entre les deux situations. Donc le coeur change vite.

À propos de la relation de conception avec notre sujet, certains prédécesseurs ont dit : « L’intelligence du serviteur consiste à entretenir sa foi et à combler son manque. L’intelligence du serviteur consiste à savoir si sa foi augmente ou diminue. Et l’intelligence de l’homme consiste à savoir comment et d’où viennent les suggestions du diable. »[4]

Il est nécessaire de savoir que, si la diminution de la foi conduit à abandonner un devoir religieux ou à commettre un péché, il s’agit à ce moment là d’un grave laxisme. Celui qui en est éprouvé est blâmable ; il lui incombe de se repentir à Allah عز وجل et de remédier à son cas.

Lorsqu’une telle insouciance ne conduit ni à l’abandon des devoirs religieux ni à commettre un péché, mais se limite à une régression des actes subrogatoires, par exemple : il faut se contrôler et faire l’effort pour retrouver sa vigueur et sa force dans l’adoration. Ceci est tiré de la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Chaque oeuvre demande de la vigueur et toute vigueur à un temps. Alors, quiconque passe le temps de sa vigueur à appliquer ma tradition (Sounnah) sera sur le bon chemin. Par contre, celui qui passe le temps de sa vigueur à autre chose périra. »[5]

Avant d’aborder le traitement, il serait bien de faire une remarque : la plupart des gens qui ressentent un endurcissement du coeur, cherchent des remèdes extérieurs en comptant ainsi sur les autres. Or, s’ils le voulaient, ils pourraient se guérir eux-mêmes. Ceci est la vrai voie pour le traitement de cette maladie, car la foi est une relation entre le serviteur et son Seigneur.

[1] Rapporté par Al-Hâkim dans son Al-Moustadrak, t.1, p.4 ; Al-Haythamî a dit dans Majma’ Az-Zawâ’îd, t.1, p.52 : « Il est rapporté par At-Tabarânî dans Mou’jam Al-Kabîr et sa chaîne de transmission est fiable. Voir As-Silsilah As-Sahîhah, n°1585
[2] Rapporté par Aboû Nou’aym dans AL-Hilyah, t.2, p.196, voir As-silsilah As-Sahîhah, n°2268
[3] Rapporté par Al-Boukhârî, voir Fath Al-Bârî, t.1, p.51
[4] Rapporté par Ibn ‘Îssa dans son explication d’Al-Noûniyyah d’Ibn Al-Qayyim, t.2 p.140
[5] Rapporté par l’Imam Ahmad, t.2, p.210, voir Sahîh At-Targhîb, n°55

Source : « Comment augmenter ma foi » du noble Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions