04 – Hadîth n°4 : « La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera »

Le quatrième hadîth :

Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه  a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera. »

Rapporté par Ahmad et c’est un hadîth authentique.

Ce hadîth met en évidence que la droiture de la langue est un signe de la foi.

Concernant notre sujet, le hadîth montre que la droiture et les œuvres du cœur ont des répercussions sur la foi, et qu’une diminution de la foi affaiblit la droiture [de la personne] et que l’effet de la langue sur le cœur, qu’il soit droit ou corrompu, est évident.

La rectitude de la langue agit sur celle du cœur.

Autrement dit, celui qui combat sa langue pour la cause d’Allah pour ne dire que du bien et qu’aucun mal ne sorte de sa bouche, alors son cœur sera juste et droit.

Et bien que le cœur soit le roi des membres [du corps], s’il ne les réglemente pas, il ne sera pas droit. Il doit réglementer les membres. Car s’il ne le fait pas et les laisse s’égarer c’est lui-même qui se corrompra.

« La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera. »

Donc la plus grande chose dont il faut se soucier pour la rectitude [de la personne] après celle du cœur, c’est la droiture de la langue. Car elle est l’interprète du cœur, celle qui s’exprime en son nom et qui extériorise ce qu’il contient.

Voilà pourquoi le Prophète ﷺ ordonna que le cœur et la langue soient droits. La relation entre eux est évidente pour celui qui la médite.

« La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; »

La foi ne sera droite que lorsque le cœur sera réformé et rempli de l’amour d’Allah, l’amour de Son obéissance et qu’il répugne le fait de Lui désobéir. Les cœurs ne seront réformés et bons que lorsque s’y ancreront la connaissance d’Allah, de Ses Noms et Ses Attributs, de Sa grandeur, Son amour, Sa crainte et la peur de Lui, l’espoir de ce qu’Il possède et la pleine confiance en Lui … Ceci est la véritable Unicité (At-Tawhîd). Donc les cœurs ne seront bons que lorsqu’ils se rempliront de tout cela.

Quant à sa parole ﷺ « et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera », elle est une preuve que si la langue déviait et n’était pas sur la droiture, cela aurait un impact sur la rectitude du cœur. Puis les effets se manifesteraient à travers les membres, et le serviteur se retrouverait alors abandonné.

D’ailleurs, ce sujet est si déconcertant qu’un hadîth très déroutant est venu dans ce sens. Il est vraiment troublant. Quel est-il ?

Aboû Sa’îd Al-Khoudrî a rapporté du Prophète ﷺ qu’il dit : « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin » et cela se passe chaque matin, quotidiennement, mais nous ne le ressentons pas. « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue » c’est le texte même du hadîth.

« Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue » Que veut dire : « se soumettent (toukaffîr) à la langue ? »

L’explication est dans le hadîth : « et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Rapporté par At-Tirmidhî et rendu bon par Al-Albânî

C’est un hadîth incroyable. On le répète.

« Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Cela veut dire que les membres se soumettent à la langue, s’humilient et intercèdent auprès d’elle. Voici la signification.

Évidemment, quand nous nous réveillons le matin nous ne ressentons pas cela. Est-ce que tu ressens que : « Chaque matin il y a deux Anges qui disent : « Ô Allah, donne la ruine à celui qui ne dépense pas et accorde une compensation à celui qui dépense. » ? [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]

Tu ne les entends pas, mais c’est une vérité avérée. Chaque matin, les membres du corps de l’individu répètent ces propos : « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. »

Regarde la façon dont les membres exhortent la langue chaque matin ! On sait cela par le biais de la révélation et le texte même du hadîth. Les membres accourent vers la langue, la supplient, lui demandent et intercèdent auprès d’elle en disant : « Crains Allah nous concernant, » c’est une exhortation ! « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, » Vous voyez ? Donc là nous avons le cœur qui est le roi. D’accord ? Et la langue le ministre. Ibn Al-Qayyim a dit : « Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, son interprète et l’intermédiaire entre le cœur et les membres. Quant à leur parole « car nous dépendons de toi. » c.à.d. que notre salut et notre perdition dépendent de toi. C’est pourquoi ils dirent : « Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. » [Al-Fawâid d’Ibn Al-Qayyim]

Et parmi les propos de certains sages :

« La langue de la personne est une subordonnée du cœur. »

Il se peut que beaucoup ne tombent pas dans la fornication, ni l’alcool, ni ne volent, ni ne commettent d’autres péchés majeurs, cependant ils n’évitent pas les péchés de la langue, en particulier la médisance et ses semblables. Voilà pourquoi les pieux prédécesseurs disaient : « Le plus dur des scrupules concerne la langue. » Le plus difficile des scrupules concerne la langue.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Et ce qui est étonnant, c’est la facilité qu’a l’homme à ne pas manger l’illicite, ni de commettre l’injustice, ni l’adultère et le vol, ni de boire de l’alcool, ni de regarder ce qui est prohibé, etc. » c.à.d. que ces choses-là lui sont faciles à délaisser, en effet pour certains cela est facile. « Mais il lui est très difficile de contrôler l’agissement de sa langue. » Ibn Al-Qayyim poursuit : « À tel point que tu vois quelqu’un connu pour sa religiosité, son ascétisme et son adoration dire des mots qui provoquent la colère d’Allah sans même y prêter attention. À cause d’un seul mot, il chute d’une distance plus grande encore que celle qu’il y a entre l’est et l’ouest. » Ibn Al-Qayyim continue : « Combien de gens tu vois s’abstenir des turpitudes et de l’injustice mais leur langue ne cesse de parler sur l’honneur des gens vivants et des morts, sans prêter attention à ce qu’ils disent. » [Ad-Dâ wa As-Dawâ d’Ibn Al-Qayyim]

C’est pourquoi lorsque l’on questionna Ibn Al-Moubârak رحمه الله : « Quel est le scrupule le plus dur à acquérir ? » Il répondit : « Celui de la langue. »

Par conséquent, la relation qu’il y a entre la droiture de la langue et celle du cœur est évidente.

Et parmi les leçons que l’on tire de ce hadîth dans la série « Les quarante hadîths sur les œuvres du cœur » : celui qui veut veiller à la réforme de son cœur doit impérativement réformer sa langue. Celui qui veut réformer son cœur doit contrôler sa langue. Et celui qui désire la rectitude de son cœur doit faire preuve de scrupule quant à sa langue et la tenir à cause du lien évident qu’il y a entre eux.

Traduit par le Coeur des Croyants

2 virus, un même remède

As-Salam ‘alaykoum wa rahmatouLlah

Voilà maintenant chers frères et sœurs plusieurs semaines que nous avons vu notre quotidien changé et notre mode de vie réadapté, cela suite aux mesures qui ont été prises pour parer à cette épidémie.

En quelques jours nous avons fait beaucoup d’effort pour nous adapter, préserver notre santé et celle des autres.

Chers frères et sœurs, si nous avons été capables en ce laps de temps de faire autant d’effort pour préserver la santé de notre corps, ne sommes-nous pas capables, en tant que croyant d’en faire autant, si ce n’est plus pour celle de notre cœur ?

Cette dernière est pourtant tout aussi importante, elle est même plus importante que cette première.

Allah dit dans le Coran : {Les jours où ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité sauf qui vient à Allah avec un cœur sain.} [S.26, v.88-89] Ou encore dans ce hadîth du Prophète ﷺ qui dit : « Il y a dans le cœur un morceau de chair s’il est sain, c’est tout le corps qui est sain et s’il est corrompu, c’est tout le corps qui est corrompu, il s’agit du cœur. »

Dans cet autre hadîth rapporté par Mouslim le Prophète ﷺ dit : « Allah ne regarde ni votre corps, ni votre apparence, mais Il regarde votre cœur et vos œuvres. »

Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous allons voir que toutes ces règles que nous appliquons quotidiennement pour nous préserver de ce virus, nous pouvons les appliquer dans une autre mesure, d’une autre façon, pour la préservation de nos cœurs. Pour préserver nos cœurs des virus et des maladies qui le corrompent et le souillent.

Par exemple, toutes les mesures que nous avons prises ont nécessité la connaissance de ce virus, d’apprendre quels sont ses dangers, ses symptômes, etc. On a dû s’informer à son sujet. Et bien il en est de même pour le virus et les maladies du cœur. On se doit pour s’en prémunir de les connaître, de les apprendre. Allah dans le Coran dit : {Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?} [S.39, v.9] Et bien comme tu t’es tourné vers les spécialistes de la santé, des gens en qui tu as confiance, et bien tu reviens aux savants, aux érudits de confiance, conformément à la parole d’Allah : {Demander aux gens de science si vous ne savez pas.} [S.16, v.43]

Et si l’ignorance des règles, des mesures ou la nonchalance dans la connaissance du virus sont une cause de perdition, sont un danger pour notre santé, il en est de même pour la corruption et la perdition des cœurs. Ibn Al-Jawzî disait : « Le diable n’a pas trouvé de porte ouverte plus grande que celle de l’ignorance. » C’est-à-dire, le diable n’a pas trouvé de porte ouverte pour faire dévier le serviteur que, la porte de l’ignorance.

Passons à cette deuxième règle, cette deuxième recommandation qu’on doit observer en cas d’épidémie, le fait de renforcer son immunité. L’ensemble des médecins le conseillent. Il faut renforcer l’immunité de notre corps. Et bien le croyant, lui, il va chercher également en plus de cela à renforcer l’immunité de son cœur.

Comment ? Et bien par le rappel d’Allah. Écoute ce hadîth. Le Prophète ﷺ nous a informé que le Prophète Yahyâ Ibn Zakariyyâ (Yahyâ fils de Zakariyyâ) dit à son peuple : « Je vous ordonne de multiplier le rappel d’Allah, c’est comme un homme dont les ennemis sont à ses trousses jusqu’à ce qu’il passe par une citadelle et s’y réfugie. Il en est de même pour le serviteur, il ne trouve protection contre le Diable que par le rappel d’Allah. » Ce hadîth est rapporté par Al-Moundhirî et fut jugé authentique.

Dans un autre hadîth, authentique également, il est rappelé que lorsque l’on dit la basmalah, quand on dit « BismiLah » (Au Nom d’Allah), alors le Diable devient de plus en plus petit, il se rapetisse. Donc le renfort de l’immunité du cœur s’opère par le rappel d’Allah Le Très Haut.

Et comme l’a remarqué Ibn Al-Qayyim Al-Jawzî dans Madârij As-Sâlikîne, c’est le rappel d’Allah qui fait vivre les cœurs.

Passons désormais à une autre règle, une règle importante pour se prémunir des virus. Le respect des règles d’hygiène, de propreté. Comme le fait de se laver régulièrement les mains par exemple. Et bien l’hygiène du cœur et la purification des cœurs c’est par la demande de pardon (Al-Istighfâr) qu’elle s’opère, c’est par l’istighfâr qu’on purifie les cœurs.

Dans un hadîth rapporté par Ahmad et At-Tirmidhî d’après Aboû Hourayrah رضي الله عنه, le Prophète ﷺ dit : « Le croyant s’il commet un pêché, un point noir s’inscrit sur son cœur, s’il se repent, s’abstient et demande pardon, alors son cœur se poli, son cœur se purifie. » Ce hadîth fut jugé bon par Chaykh Nâsir Ad-Dîne Al-Albânî.

Certains savants furent questionnés, quel est le plus profitable pour la personne ? Est-ce qu’il s’agit du Tasbîh, du fait de dire « SoubhânAllah », de glorifier Allah ou c’est la demande de pardon ?

Ils répondirent : « Si le vêtement est propre alors le parfum, l’encens sont plus profitables, mais autrement s’il est sale alors c’est la demande de pardon qui profite plus. » Quand Ibn Al-Qayyim fit part de cette parole au Chaykh Ibn Taymiyyah celui-ci répondit : « Mais qui d’entre nous ne salit pas ses vêtements ? »

Penchons-nous alors sur une quatrième règle, quatrième directive qui consiste à éviter de se mélanger avec les personnes porteuses du virus. Le fait de rester avec les gens « sains ». Est-ce que cette directive a un équivalent dans la préservation du cœur ?

Et bien oui, une fois de plus. Rappeler vous ce hadîth d’Aboû Moûssâ où le Prophète ﷺ fit la comparaison entre la bonne et mauvaise compagnie avec le vendeur de parfum et le vendeur de charbon. Ou encore dans cet autre hadîth rapporté par Ahmad, Aboû Dâoûd et At-Tirmidhî dans lequel le Prophète ﷺ dit : « Ne fréquente qu’un croyant ! »

Et il est bon de remarquer ici que tout comme tu t’écartes des gens porteurs de virus, tu souhaites pour eux la guérison et invoques pour eux. Et bien cela est valable également pour les virus du cœur, les maladies du cœur. Si tu t’écartes des gens de crainte d’être touché par la maladie de leur cœur, par leur déviance, ça ne t’empêche pas d’invoquer pour eux et de souhaiter de tout ton cœur la guidée pour ces derniers.

Passons désormais à une autre règle, qui est étroitement liée à celle qui a précédée. Il s’agit d’éviter de fréquenter des endroits propices à la propagation des virus, comme les lieux par exemple qui sont fortement fréquentés. Et bien pour préserver ton cœur, tu t’écartes également de certains lieux nuisibles, qui sont des lieux de tentation. Comme par exemple, les lieux où les péchés sont commis aux yeux de tous.

Et comme le Prophète ﷺ le dit dans un hadîth rapporté par At-Tabarî, Aboû Nou’aym et Al-Bayhaqî : « Certes celui qui a réussi est celui qui s’est écarté des fitans (des tentations). » Aussi parfois lorsque la situation ne prête qu’à cela, on est comme c’est le cas en ce moment dans l’obligation de se confiner, rester chez soi. Et bien c’est ce que l’on appelle dans le cas de la préservation des cœurs « Al-‘Ouzlah », c.à.d. le fait de s’écarter, de se retirer, la retraite. C’est ce qu’ont privilégié certains salafs (pieux prédécesseurs) à des moments où les troubles étaient fortement répandus.

Par exemple certains ont dit : « Prends Allah comme compagnon et laisse les gens. » D’autres dirent : « Fuis des gens comme tu fuis du lion. » Soufiâne At-Thawrî disait : « C’est le temps de se taire et de rester chez soi. »

Nous conclurons, chers frères et sœurs par cette dernière prérogative qui consiste à être attentif aux symptômes précurseurs de la maladie et cela pour y remédier au plus tôt. Le cœur malade tout comme le corps ont des symptômes, qui par la grâce d’Allah vont alerter la personne qu’il faut faire des causes, qu’il faut remédier à la maladie. Et bien oui, la transgression des ordres d’Allah peut être douloureuse. La douleur de la transgression du péché est d’ailleurs un signe que le cœur est encore en vie.

Comme il est dit : « Et la blessure ne fait pas souffrir un mort. »

Parmi les symptômes également, qui montre que le cœur est malade, et qu’il est dans le besoin d’être guéri, d’être soigné, la dureté du cœur « Qaswatou-l-Qouloûb ».

Allah dit dans le Coran : {Puis leurs cœurs se sont endurcis et sont devenus comme une pierre ou plus durs encore.} [S.2, v.74] Et comme tu prends ta température pour savoir si tu as de la fièvre lorsque tu ressens ces symptômes, tu peux également prendre la température de ton cœur, comme le dit Ibn Al-Qayyim : « Cherches ton cœur dans trois endroits, lors de l’écoute du Coran, lors des assises de rappel, et lorsque tu t’isoles dans le rappel d’Allah. Si tu ne trouves pas ton cœur (c.à.d. si tu ne sens pas les douceurs de la foi, la quiétude du cœur) à ces endroits, alors demandes à Allah qu’Il te donne un cœur. » C.à.d. demande à Allah qu’Il te guérisse.

Qu’Allah nous préserve des maux du corps ainsi que des maux du cœur et qu’Il nous fasse don de cœurs vivants, éveillés, don de cœurs sains et solides.

Et je conclurai par cette parole qui dit que : « La pire des morts, c’est le fait de mourir, de décéder lorsque tu es encore en vie. »

As Salam alaykoum wa rahmatouLah.

Source : Le Coeur des Croyants et la chaîne Telegram : https://t.me/mahabatoun

Le coeur de celui qui appelle à Allah

Louange à Allah Seigneur des Mondes. Que la prière et le salut soient sur notre Prophète Mouhammad , sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Ceci dit,

En réalité nous avons besoin dans le domaine du prêche (Ad-Da’wah) et autre, de revivifier nos coeurs.

Et c’est la foi qui les fait revivre. La foi se traduit par la parole, l’oeuvre et la croyance. La foi est suivie par les oeuvres pieuses. Elle est un bienfait immense.

{Il a prescrit la foi dans leurs coeurs} [S.58, v.22]

Elle est un don émanant d’Allah : {Mais Allah vous a fait aimer la foi et l’a embellie dans vos coeurs} [S.49, v.7]

Cette foi est la bonne conduite du coeur, et le corps sera bon si le coeur l’est.

Il y a avec la rectitude de l’intérieur la rectitude de l’apparence, tout comme la corruption de l’intérieur conduit à la corruption de l’apparence. « N’est-ce-pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera. »

Il faut que nos coeurs soient sains. Qu’on y trouve l’amour d’Allah, Sa crainte, la sincérité pour Lui, la pudeur vis-à-vis de Lui, la confiance totale en Lui, la peur et la crainte, l’humilité, l’espoir et L’aimer.

Ces choses-là sont à la base de notre réussite dans le prêche à Allah de manière certaine. Et pour que nous ayons un impact dans le coeur de ceux que nous prêchons, il faut que ces choses-là se trouvent d’abord dans nos coeurs.

Mon frère, lorsqu’il y a dans ton coeur la croyance en Allah, l’amour d’Allah, le cheminement vers Lui ; quand tu t’abaisses pour Lui, que tu reviens à Lui, que tu te conformes à ce qu’Il ordonne en espérant Sa récompense et craignant Son châtiment. Ceci est une [véritable] intention. « Certes Allah ne regarde pas vos apparences ni vos biens, mais Il regarde vos coeurs et vos oeuvres. » Ceci est la vie du coeur. Il n’y aura pas de salut le Jour de Résurrection si ce n’est par cela. {Le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui vient à Allah avec un coeur sain.} [S.26, v.88-89]

Que sont nombreux les maux qui détruisent les âmes ! Et cela même entre les prêcheurs. N’y a t-il pas parfois de la jalousie entre eux? De la haine ? De l’orgueil ? L’amour du pouvoir et de la vie d’ici-bas ?

Ces maladies font du mal aux autres car le coeur n’est pas salubre.

Et le Prophète disait parmi ses invocations : « Je Te demande un coeur sain. »

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « N’est-ce pas par ce que contient le cœur du croyant et celui de l’hypocrite, comme oeuvre, que nous pouvons les distinguer ? »

L’adoration du coeur est plus importante, plus variée et plus durable que celle des membres, elle est la base.

Les oeuvres ne se différencient pas par leurs apparences et leur quantité, mais elles se distinguent par la base présente dans le coeur.

Lorsque nous avons foi en Lui, la sincérité pour Lui, la confiance en Lui, Son amour, la peur de Lui et l’espoir, la véracité, la conformité, l’acceptation, la certitude, la patience et la reconnaissance… qui sont des grandes oeuvres du coeur, par Allah, nos âmes se réformeront. Parmi les invocations du Prophète on trouve : « Ô Allah place dans mon coeur une lumière ! » « Ô Allah je cherche protection auprès de Toi contre un coeur qui ne craint pas ! » « Ô Toi qui retourne les coeurs, raffermis mon coeur sur Ta religion. » « Ô Toi qui oriente les cœurs ! Oriente nos cœurs sur Ton obéissance ! »

Ces oeuvres du coeur entraîne l’humilité par laquelle les gens que l’on prêche nous aimeront. Les oeuvres du coeur permettent également la réussite dans notre prêche, ainsi Allah ouvrira pour nous les coeurs et les âmes [des autres]. Et elles permettront aux autres de mieux accepter [notre prêche], ainsi ils prendront de nous et la graine que l’on aura semer germera par la permission d’Allah.

Ceci est une recommandation générale. Nous demandons à Allah qu’elle soit bénéfique et que vous le soyez également.

Nous Lui demandons de nous pardonner nos fautes passées et futurs, ceux que nous avons caché et ceux commis au grand jour, et de reformer nos coeurs. Et qu’Il nous accorde la réussite dans notre prêche sur Son sentier. Qu’Il nous mette sur la voie juste et le bon chemin, le chemin dont Allah a comblé de faveur parmi les prophètes, les martyrs et les pieux. Et quels bons compagnons que ceux-là !

Source : Traduit par Le Coeur des Croyants

Il tire leçon de toutes choses

(Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer !) (Al-Hijr, v.75) Ceux qui savent observer (Al-Moutawassimoûn – المُتَوَسِّمُونَ) sont ceux qui réfléchissent et tirent des leçons. Ils auscultent les choses, les contemples et en extraient des préceptes. Ils observent minutieusement jusqu’à connaitre la réalité de ce qu’ils observent à travers leurs attributs. 

Les gens de science ont dit : « At-Tawassoum – التَّوَسُّم (L’observation minutieuse) provient du terme Al-Wasm – الوَسْم (l’attribut, la caractéristique, l’empreinte…). Il désigne un caractère distinctif sur lequel on s’appuie. On dit : « J’ai pu observer/voir (Tawassamtou – تَوَسَّمْتُ) qu’il était quelqu’un de bien quand je vis cela à ses traits. »

On trouve également la parole de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah[1] au Prophète ﷺ : 

« Assurément, j’ai observé (تَوَسَّمْتُ) en toi tout le bien que je connais,

Et Allah sait parfaitement que mon regard est persistant. » 

On dit (اتَّسَمَ الرَّجُل) quand une personne s’est attribué un signe par lequel on le reconnait. 

(Al-Wâsim – الواسِم) désigne celui qui te regarde de la tête au pied. 

Donc, le terme (At-Tawassoum – التَّوَسُّم) a pour origine le fait de s’assurer d’une chose et d’y réfléchir. Il provient du terme (Al-Wasm – الوَسْم) qui désigne également le marquage au fer que l’on applique sur la peau d’un chameau ou d’un autre animal.

Quant au pronom démonstratif (Voilà), il indique tout ce que contient l’histoire qui a été précédemment citée à partir de La Parole du Très Haut : (Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrâhîm (Abraham)) (Al-Hijr, v.51). On y trouve de très nombreux miracles et leçons, parmi eux : 

  • La descente des Anges à la demeure d’Ibrâhîm عليه السلام pour l’honorer.
  • L’annonce de la bonne nouvelle qui lui a été faite concernant la naissance d’un garçon plein de savoir.
  • Allah l’informa du châtiment avec lequel les Anges frapperont le peuple de Loût.
  • Le secours d’Allah pour Loût par le biais des Anges
  • Il l’informa également qu’Il sauvera Loût عليه السلام et sa famille. 
  • Qu’Allah anéantira son peuple et sa femme car elle a soutenu son peuple.
  • La preuve de l’aveuglement de ceux qui se sont égarés de la voie droite.
  • La preuve de la Colère d’Allah sur ceux qui persistent dans la désobéissance des Messagers.
  • Que cette colère est une humiliation pour ceux qui n’ont pas craint les signes d’Allah, car ils ne savent pas observer et réfléchir.
  • Cette histoire est une remontrance aux polythéistes de La Mecque qui n’ont pas tiré de leçon.
  • Et qu’ils seront atteints [s’ils persistent] par ce qui toucha les communautés avant eux dont ils connaissaient leurs histoires et voyaient leurs vestiges.
  • Cette histoire est également une remontrance pour les désobéissants et insouciants qui empruntent la même voie.

Les hommes du discernement et de la sagacité :

Cette sagacité et ce discernement ne s’obtiennent qu’après avoir vidé le cœur des préoccupations mondaines, l’avoir purifié de la souillure des péchés, des comportements corrompus et des exagérations dans le domaine du licite. Dès lors, c’est la vérité qui parcourra le cœur, non les illusions. Car le cœur alternait entre la contemplation des signes d’Allah et la clarté des actes d’obéissances, c’est ainsi que la lumière se déversa sur lui[2]. Dans ce sens, on trouve la parole d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Personne ne m’interroge sur une affaire sans que je sache si elle est érudite ou non. »

Il a été rapporté que Ach-Châfi’î et Mouhammad Ibn Al-Hasan étaient tous deux dans la cour autour de la Ka’bah quand ils virent un homme à la porte de la mosquée, l’un d’eux dit : « Je pense [que cet homme] est un menuisier. » Quant à l’autre de dire : « Je pense plutôt qu’il est forgeron. » Une personne présente s’empressa d’aller questionner cet homme qui lui répondit : « Auparavant j’étais un menuisier, mais maintenant je suis forgeron. »

Il a été rapporté de Joundoub Ibn ‘Abd-Allah Al-Bajalî رضي الله عنه qu’il arriva près d’un homme qui lisait le Coran, il s’arrêta et dit : « Celui qui lit [dans le but d’être entendu des gens], Allah fera entendre parler [en mal] de lui [le Jour de la Résurrection] ; et celui qui agit par ostentation, Allah le dévoilera [au gens]. » Nous lui dîmes : « C’est comme si tu avais désigné cette personne. » À cela il répondit : « En réalité, aujourd’hui celui-là vous lit le coran, et demain il sortira Haroûryan (Khârijî). » Effectivement, il devint par la suite la tête de ceux-là, son nom était Mirdâs.

Il a été rapporté d’Al-Hasan Al-Basrî que ‘Amr Ibn ‘Oubayd[3] entra auprès lui. Al-Hasan s’exclama : « Voici le maître des jeunes de Basorah, du moment qu’il n’innove pas. » Par la suite, cet homme (‘Amr) dit ce qu’il dit concernant le destin d’Allah (Al-Qadr) jusqu’à s’écarter totalement de ses frères. 

Il a été aussi rapporté qu’Al-Hasan dit à Ayyoûb (en parlant de ‘Amr) : « Voici le maître des jeunes de Basorah » sans ajouter l’exception.

Il a été rapporté selon Ach-Cha’bî qu’il dit à Dâwoûd Al-Azadî, alors que ce dernier voulait polémiquer : « Tu ne mourras pas tant que ton visage n’aura pas été brûlé par le fer ». Et c’est effectivement ce qu’il se passa. 

Il a été rapporté qu’un groupe de la tribu Madh-hij (مَذْحِج) alla voir ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه. Parmi eux se trouvait Al-Achtar qui s’approcha de lui. ‘Oumar leva ses yeux, le scruta du regard puis demanda : « Qui est cet individu ? »- « Mâlik Ibn Al-Hârith » répondirent-ils. « Qu’a-t-il ?! Qu’Allah l’anéantisse ! Je vois clairement un jour très dur pour les musulmans à cause de cet homme[4]. » Et lors d’un trouble [qui toucha les musulmans], il fit ce qu’il fit. 

Il a été rapporté de ‘Outhmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qu’Anas Ibn Mâlik alla le voir après avoir été au marché, où il avait regardé une femme. Lorsque ‘Outhmân le vit, il dit : « L’un d’entre vous vient me voir alors qu’il a dans ses yeux les traces du fornicateur ?! » Anas lui dit alors : « Serait-ce une révélation après celle du Messager d’Allah ﷺ ? » Il répondit : « Non ! Mais un signe et une sagacité. » Et il disait vrai.

Et nombreux sont ce genre d’histoires parmi les compagnons et les suiveurs (At-Tâbi’în), qu’Allah les agrée tous.

Les différents sortes de discernement et de sagacité :

Lire la suite

L’explication de la Sourate At-Talâq (Le divorce)

Le Cœur des Croyants vous présente l’explication de la sourate At-Talâq (Le divorce) par le Cheikh Khâlid Ismâ’îl Mousabbah (Qu’Allah le préserve et le récompense).

Ajout de la troisième partie (Série toujours en cours)

Nous vous demandons humblement de ne pas nous oublier dans vos invocations.

Qu’Allah nous compte parmi les véridiques et gens sincères

Partie n°1

Partie n°2

Partie n°3 (Nouveau)

Partie n°4 et n°5 (Dans un futur que nous espérons proche inchaAllah)