Il a peu oeuvré et a été grandement récompensé – Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr

 

Fait d’hiver…

Anecdote aussi réelle qu’édifiante survenue il y a quelques années en Île-de-France et relatée ici pour nous. A méditer…

Il y a à peine vingt jours, un frère m’a mis en contact avec un autre qui souhaitait étudier la langue Arabe. Peu avant que je fasse connaissance avec ce dernier, il m’a dit à son sujet : « Il y a un frère qui est intéressé [par les cours]. Il a une maladie grave qui fait qu’il est hospitalisé chaque mois. Donc, je ne sais pas si vous pouvez vous organiser. Je te laisse son numéro… ».

La première fois que j’ai eu l’occasion de parler à Mamadou au téléphone, il était à l’hôpital. Nous avions du mal à nous entendre. La connexion était faible. Je lui ai expliqué, tant bien que mal, quand et comment devaient se dérouler les cours puis nous avons échangé quelques textos afin de nous mettre d’accord. Il m’a dit qu’il désirait vraiment apprendre la langue Arabe et que, vu que les inscriptions auraient lieu à partir du lundi suivant, il passerait s’inscrire dès sa sortie de l’hôpital, incha Allâh.

Après la clôture des inscriptions – quatre jours plus tard – ne m’ayant toujours pas donné signe de vie, je lui ai envoyé un message afin de prendre de ses nouvelles. Trois jours après, il m’a répondu ce qui suit tout en présentant ses excuses du fait de n’avoir pas pu venir s’inscrire. Si je me permets de partager cette discussion privée, c’est que les mots qu’il a utilisés sont autant de leçons à retenir aussi bien pour celui qui écrit cet article que pour ceux et celles qui auront l’occasion de le lire.

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L’homme qui affranchit tous ses esclaves par crainte de la balance et des comptes [le Jour Dernier]

Se cacher à la vue des autres : « Récits de l’homme voilé et de l’homme du tunnel. »

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Le Jihâd est l’une des occasions où l’on peut s’attendre à voir ces comportements ostentatoires et dénués de sincérité. Cacher son identité de façon à ne pas être reconnu fut l’une des manifestations de la sincérité observée chez les pieux Anciens. Voici quelques histoires qui l’illustrent :

« ‘Abda Ibn Soulaymân a dit : « Nous prîmes part à une expédition avec ‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak chez les Byzantins et rencontrâmes l’ennemi. Quand les deux armées se firent face, un homme du rang adverse sortit et appela à un duel. Un homme musulman s’engagea, le poursuivit, le transperça et l’élimina. Puis, un autre guerrier du rang ennemi lança le défi, l’homme musulman s’avança encore une fois et le vainquit. La même scène se produisit et un troisième combattants adverse subit le même sort. Éblouis par cette bravoure, les gens affluèrent en masse vers l’homme pour connaître son identité, mais ne le purent, car il avait voilé son visage. »

‘Abda ajoute : « J’étais parmi ceux qui tentaient de connaître l’identité de ce combattant musulman, j’ai tiré par le bout le tissu recouvrant son visage et l’ai soulevé. C’était ‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak. Il m’adressa des reproches pour avoir dévoilé son visage : « Aboû ‘Amr ! C’est toi qui me dénonces ! » [Târîkh Baghdâd, t.10, p.167]

Le récit de l’homme du tunnel :

« Un jour, lors d’une expédition, les musulmans assiégèrent une forteresse et éprouvèrent beaucoup de difficulté à s’en emparer, sous le coup des flèches ennemies. Un guerrier creusa, de sa propre initiative, un tunnel grâce auquel il put pénétrer dans la citadelle, neutraliser les gardiens et ouvrir les portes. Ainsi, les musulmans réussirent à s’introduire dans le bastion et à le conquérir. Mais cet homme demeura inconnu. Le chef de l’armée musulmane, Maslama, voulut connaître l’auteur de cet acte héroïque pour le récompenser, mais l’homme préféra rester dans l’anonymat. Constatant que ce dernier ne se présentait pas, le chef des troupes insista et réitéra sa demande. Un homme se présenta de nuit et posa comme condition à Maslama de ne jamais chercher l’auteur de cet acte héroïque s’il lui dévoilait son identité. Maslama accepta, et l’homme lui déclina son identité. Après cela, Maslama disait : « Ô Seigneur ! Ressuscite-moi avec l’homme du tunnel ! » [Boustân Al-Khatîb, p.24]

[…]

Source : « La sincérité », Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid, Editions Al-Hadîth