L’excès de sommeil

Le sommeil est comme le sel, il faut en mettre peu dans la nourriture. Le sommeil excessif est donc néfaste, il fait que le goût de la vie n’est pas agréable. Il possède de nombreux maux, et la dureté du cœur, quant à elle, n’est qu’un de ses fruits.

D’ailleurs, Aboû Hâmid Al-Ghazâlî dénombra les obstacles provoqués par l’excès de sommeil, il dit : « Dans l’excès de sommeil, il y a : la perte de temps, le manquement de la prière de nuit (At-Tahajjoud), la stupidité et la dureté du cœur.

Pourtant, le temps est le plus précieux des bijoux, il est le capital du serviteur avec lequel il commerce[1]. Le sommeil, lui, est une mort, et trop dormir diminue la vie. Le mérite de la prière de nuit n’est plus un secret, mais il se perd dans le sommeil. »

Comment celui qui a connaissance qu’il sera allongé dans sa tombe aussi longtemps qu’il ne l’ait jamais été peut-il autant dormir dans cette vie mondaine ?

Comment quelqu’un peut-il dormir exagérément alors que le sommeil est le « frère de lait »[2] de la mort ?! Ô toi qui a un cœur aussi dur que de la pierre, [médite ces vers] :

Ô toi au long sommeil et aux multiples insouciances,

L’excès de sommeil n’engendre que les regrets.

Assurément, il y aura dans la tombe quand tu y descendras,

Un long sommeil qui perdurera après la mort.

Et un lit y sera préparé pour toi,

Selon les péchés que tu as commis, ou bien les bonnes actions.

Te crois-tu à l’abris de l’Ange de la mort ?

Combien sont ceux dont il reprit l’âme dans leur sommeil alors qu’ils se sentaient à l’abris.

Pourquoi celui qui a un cœur endurci se réveille-t-il si c’est pour passer toute la journée, d’un état à un autre, dans un sommeil continu ? D’un sommeil en état d’éveil à un sommeil réel ? C’est la dureté du cœur qui fait que l’individu néglige la valeur du temps et n’y prête guère attention. Il ne trouve rien à faire qui pourrait nécessiter le réveil, c’est pourquoi il se plonge dans un profond sommeil.

Les causes d’un sommeil court :

Le Prophète a dit : « Je n’ai jamais vu une chose aussi étonnante qu’un individu fuyant le Feu et désirant le Paradis mais qui est endormi. »[3]

Le sommeil, l’extrême insouciance et la paresse ne sont pas des voies par lesquelles on fuit l’Enfer et on demande le Paradis. Au contraire, le chemin menant au Paradis passe avant tout par l’éveil et la fermeté dans notre fuite du feu des péchés vers le paradis de l’obéissance. Et dans ce hadîth, on voit clairement l’étonnement et le blâme envers celui qui dort à outrance et se montre insouciant vis-à-vis de ce qu’Allah lui a ordonné.[4]

Parmi les choses qui aident à écourter le sommeil :

    • La peur du Feu :

Lorsque Tâwoûs étalait son lit et s’y allongeait, il ne faisait que se retourner à l’instar du grain qui cuit sur la poêle. Puis il bondissait du lit, le rangeait et se plaçait face à la Qiblah [pour prier] jusqu’au matin. Il disait : « L’évocation de la Géhenne fit voler en éclats le sommeil des dévots. »

Quand Chaddâd Ibn Aws regagnait son lit, il était telle une graine cuisant sur une poêle, il disait : « Ô mon Seigneur, le rappel de l’Enfer m’empêche de dormir. » Puis il se leva et regagna sa salle de prière.

La fille d’Ar-Rabî’ Ibn Khaytham dit à son père : « Ô mon père, qu’as-tu à ne pas dormir alors que les gens dorment ? » Il répondit : « Le Feu empêche ton père de dormir. »

Lorsque la nuit tombait, Safwân Ibn Mihriz se mettait à mugir comme le taureau et s’exclamait : « La peur du Feu m’empêche de dormir. »

Soufiân Ath-Tawrî ne dormait que la première partie de la nuit, ensuite il se réveillait en sursaut, apeuré et effrayé, en s’écriant : « Ô Allah, éloigne de moi le Feu ! Le rappel du Feu m’a détourné du sommeil et des passions. » Puis il faisait ses ablutions et disait : « Ô mon Seigneur, certes Tu connais ce dont j’ai besoin… Et je ne Te demande que de m’affranchir du Feu. »

‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak exprima l’état de ces gens par ces quelques vers :

« Quand la nuit tombe et que les endurants la réclament,

C’est alors qu’elle les trouve tous inclinés.

Quand la peur fit voler en éclat leur sommeil, ils se levèrent,

Tandis que ceux qui se croient en sécurité ici-bas sont endormis. »

Parmi les choses qui contribuent également à réduire le sommeil :

    • connaître la valeur du temps : par Allah, sache mon frère qu’enlever ne serait-ce qu’une heure de tes heures de sommeil quotidiennes accroîtrait ta durée de vie. Tu constateras alors une différence évidente le Jour de la Résurrection.[5]
    • La modération dans la nourriture : car celui qui mange beaucoup dormira beaucoup et perdra beaucoup de bien.
    • Traiter avec l’horloge biologique sagement : car les fonctions du corps humain s’adaptent à n’importe quelle quantité d’heure de sommeil, et personne ne pourra se rassasier de trop dormir. Mais le doué d’intelligence est celui qui donne repos à son corps sans exagération ni laxisme.
    • Dormir sur le côté droit : il est dit que : « La sagesse de dormir sur le côté droit réside dans le fait que le dormeur ne soit pas plongé dans un sommeil profond, car le cœur s’incline naturellement vers le côté gauche. Donc s’il dort sur le côté droit, le cœur voudra regagner sa place dans le côté gauche et empêchera ainsi la personne d’être dans un état de sommeil profond et lourd. Or ça ne serait pas le cas s’il dormait sur son côté gauche, car il est la place du cœur. Et dormir sur celui-ci entraînera un repos total à travers lequel l’individu s’immisce dans un lourd sommeil. De ce fait, il passe à côté de ses intérêts religieux et mondains. »
    • Avoir de la volonté : et la plus noble des volontés est d’appeler les gens à Allah.

Qu’Allah fasse miséricorde aux prêcheurs de l’Islam de notre temps ! Ils font revivre ce qu’a disparu de la vie de nos Pieux Prédécesseurs, et ils font revivre nos cœurs lorsque nous entendons leur détermination [dans la prédication].

Une communauté du juste milieu :

Mais réduire le sommeil nécessite le fait que tu sois dans le juste milieu. Ne méprise pas le droit et les besoins de ton âme car tu lui causerais du tort pensant lui faire du bien, et tu ne pourras pas atteindre l’objectif voulu, tu iras même à l’encontre de celui-ci.

Ibn Al-Qayyim qui conduit le convoi avec sagesse sur le chemin du juste milieu a dit : « Tout comme le fait que l’excès de sommeil entraîne tous ces maux, et bien repousser le sommeil et s’en écarter provoquent lui aussi d’autres grands problèmes : la mauvaise humeur, la dureté, l’altération de la personnalité, l’assèchement de l’humidité permettant la compréhension et les actes. Cela occasionne des maladies corruptrices dont l’individu n’en tire profit ni avec son cœur, ni avec son corps. Et la création n’a été créée qu’avec justesse, donc celui qui se cramponne à cette justesse aura certainement prit sa part de tout le bien. »

Le plus profitable et le plus néfaste des sommeils :

Si tu questionnais Ibn Al-Qayyim : Quel est le plus bénéfique et le plus néfaste des sommeils ? Et qu’est-il recommandé ou détestable pour celui-ci ? Et bien tu es tombé sur l’expert en la question رحمه الله qui te répond en disant : « Le sommeil le plus profitable est celui dont tu as le plus de besoin. Dormir au début de la nuit est plus louable et plus bénéfique qu’en fin de nuit, et dormir en milieu de journée est meilleur que dans ses deux extrémités. Plus le sommeil est proche de l’une d’entre elles et plus son bénéfice diminue et ses méfaits augmentent, et plus particulièrement le sommeil accomplit en fin d’après-midi (Al-‘Asr) et le tout début de la matinée (Al Fajr), excepté si la personne a veillée toute la nuit [dans l’adoration d’Allah].

Chez les itinérants [qui cheminent vers l’Au-delà], il est détestable de dormir entre la prière du soubh et le lever du soleil car cette période est un véritable butin, il y a d’ailleurs pour eux un grand mérite à y œuvrer. Et même si ces derniers œuvraient toute la nuit ils ne se permettront jamais de rester inactifs durant cette période jusqu’à ce que le soleil se lève ; car cette période est le début de la journée et sa clé ; c’est à ce moment-là que la subsistance descend et est répartie, c’est là que se trouve la bénédiction et c’est de là que le jour apparaît. Il convient donc que celui qui dort lors de cette période ne le fasse que s’il en est contraint.

En résumé, [nous pouvons dire que] le plus équilibré des sommeils et le plus bénéfique est celui qui est accompli durant la première moitié de la nuit et dans son dernier sixième, soit huit heures environ. Il est le plus équilibré des sommeils auprès des médecins. Quant au fait de dormir plus ou moins que cela, ils disent que cela impactera l’organisme en fonction de l’écart qu’il y aura.

Et enfin, parmi les sommeils qui ne sont pas bénéfiques [pour la personne], celui qui est fait en tout début de nuit après le coucher de soleil jusqu’à la disparition des lueurs rouges du soir (Al-‘Ichâ), d’ailleurs le Messager d’Allah répugnait cela.

Ce sommeil est donc détestable d’un point de vue de la Législation, mais aussi de l’organisme. »

Prendre en considération les différences :

Parmi les grandes erreurs il y a le fait de traiter les gens d’une seule et même manière, et de ne pas prendre en considération leurs différences et leurs capacités. Car il y a des gens qui, naturellement, dorment peu d’heures.

Il convient également de considérer :

  • La diversité environnementale. Ainsi, les pays chauds ne sont pas comme les pays froids, et les pays surpeuplés et embouteillés ne sont pas comme les pays peu peuplés et calmes.
  • Les différences d’âges. En effet, le jeune a des besoins qui diffèrent des aînés.
  • Les différents types de métier. Ceux qui ont un travail pénible ne sont pas semblables à ceux qui ont un travail confortable. Les travaux corporels ne sont pas comme les travaux intellectuels.
  • Il faut aussi comprendre la notion de bénédiction (Barakah) dans le temps chez les vertueux et le fait qu’ils donnent à ce temps tout son droit.

Parmi les erreurs également, le fait de ne pas chercher à vaincre la somnolence légère lorsque celle-ci apparait, et de répondre à son invitation. Si la personne résistait ne serait-ce qu’un peu, cette somnolence finirait par s’en aller et la personne gagnerait ainsi du temps [en plus].

Enfin, parmi les fautes répandues le fait multiplier ce qui provoque cette somnolence à l’instar de l’excès de nourriture et de rester longuement allongé hors des périodes de sommeils.

Et enfin : L’adoration du sommeil

Regarde la manière dont le Prophète fit de son sommeil une adoration, et la façon dont il nous l’enseigna afin d’adorer Allah Le Très Haut lorsque l’on dort ! ‘Âicha رضي الله عنها a rapporté de lui « qu’il ne dormait pas sans avoir lu « Les enfants d’Israël (Banî Isrâîl)[6] » et sourate Az-Zoumar. »[7]

Et dans un autre hadîth de ‘Irbâd Ibn Sâriyah رضي الله عنه : « le Prophète ne dormait pas sans avoir lu Al-Mousabbihât ; il disait : « Il s’y trouve un verset meilleur que mille versets. »[8]

Al-Mousabbihât sont les sourates qui débutent par la Parole d’Allah {سَبَّحَ} et {يُسَبِّحُ}, c’est-à-dire : Al-Isrâ, Al-Hadîd, Al-Hachr, As-Saff, Al-Joumou’ah, At-Taghâboun et Al-A’lâ.

Celui qui prend exemple sur le Messager d’Allah doit lire ces sourates jusqu’à ce que le sommeil l’emporte. C’est comme si le but était que tu t’endormes en lisant le Coran et que ce soit la dernière chose que ta langue prononce de la journée.

D’ailleurs, Ibn Al-Qayyim explique le mérite de cet aspect de l’évocation (Adh-Dhikr) avant le sommeil. Il t’incite à vouloir faire de même, et il te montre la sagesse et la belle récompense qui s’y trouve pour t’y encourager afin que cela te devienne une habitude. Il dit : « En résumé, la personne ne cesse d’évoquer Allah sur son lit jusqu’à s’endormir. Son sommeil est donc une adoration qui la rapproche encore plus d’Allah. »

Il y a aussi une autre et grande récompense pour celui qui s’endort en évoquant son Seigneur qu’Aboû Oumâmah رضي الله عنه nous a rapporté, il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : « Celui qui rejoint son lit en état de pureté[9] et évoque Allah jusqu’à s’endormir, s’il se réveillait à un moment de la nuit et qu’il demandait à Allah le bien de ce bas monde et celui de l’Au-delà, Allah le lui donnerait. »[10]

[1] Allah dit : {Ceux qui récitent le Livre d’Allah, accomplissent la Salât, et dépensent, en secret et en public de ce que Nous leur avons attribué, espèrent ainsi faire un commerce qui ne périra jamais} [Fâtir, v.29] (Note du traducteur)
[2] Il s’agit d’une expression arabe pour désigner le fait qu’ils soient frères. (note du traducteur)
[3] Sahîh At-Tirmidhî, n°2601, rendu bon par chaykh Al-Albânî
[4] À savoir son adoration : {Et Je n’ai créé les Jinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent} [Adh-Dhâriyât, 56] (Note du traducteur)
[5] Car, en dormant moins, tu œuvras encore plus et obtiendras plus de récompense inchâ Allah (Note du traducteur)
[6] Il s’agit de la sourate Al-Isrâ (Note du traducteur)
[7] Al-Foutouhât Ar-Rabbâniyyah, 3/157, rendu bon par Ibn Hajar. Et chaykh Mouqbil Al-Wâdi’î l’a rendu authentique dans « Sahîd Al-Mousnad », n°1638
[8] Sahîh At-Tirmidhî, n°3406, rendu bon par chaykh Al-Albânî
[9] C’est-à-dire en ayant fait ses ablutions (Note du traducteur)
[10] Da’îf Al-Jâmi’, n°5496, rendu faible par chaykh Al-Albânî. Mais il y a une autre version du hadîth où il n’est pas cité « et évoque Allah jusqu’à s’endormir », qui est présente dans « Al-Kalîm At-Tayyib » de chaykh Al-Albânî qui l’a rendu bon et Gharîb. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants).

À quel âge s’est mariée Khadîjah avec le Prophète ﷺ ? À 40 ou 28 ans ?

Le lecteur :

« Point bénéfique : l’âge de Khadîjah lorsqu’elle se maria avec le Prophète ﷺ.

Ce qui est connu de l’âge de la mère des croyants Khadîjah quand le Messager ﷺ l’épousa est 40 ans. Mais ce n’est pas authentique car cela a été rapporté par Al-Wâqidî qui est une personne que l’on délaisse [dans le hadîth].

Ibn ‘Asâkir a rapporté d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما qu’elle était âgée de 28 ans. C’est également ce que rapporta Aboû Ishâq et c’est ce qui est le plus correcte. D’autant plus qu’elle lui donna 2 garçons et 4 filles. Et le plus fréquent chez la femme c’est qu’elle devienne ménopausée à l’approche de la cinquantaine. »

L’explication du chaykh :

La mère des croyants Khadîjah رضي الله عنها est sa première épouse et la première personne de l’humanité à avoir cru en lui ﷺ. La première personne à avoir cru en lui c’est Khadîjah. C’était la première à s’être convertie parmi les hommes et les femmes, elle devança tout le monde.

Allah l’a dotée d’une sagacité, d’une sagesse et d’une opinion juste.

C’était aussi quelqu’un de riche, c’est pourquoi elle était convoitée par les gens de Qouraych.

Elle se maria une première fois mais son mari décéda. Elle se remaria une deuxième fois et son mari décéda également. Elle possédait également un commerce. Elle entendit parler du Prophète ﷺ et de sa loyauté. Elle lui proposa alors qu’il prenne une partie de sa marchandise en direction du Châm et c’est ce qu’il ﷺ fit.

Elle envoya avec lui son domestique Maysarah. Ce dernier vit du Prophète ﷺ d’étonnantes choses lors de ce voyage. Des faits étonnants dans ses transactions mais aussi dans d’autres choses. Comme le fait que les nuages le couvraient de leur ombre alors qu’il ﷺ se déplaçait.

Lorsque son domestique revint il lui raconta ce qu’il vit.

Le Prophète ﷺ lui plut immédiatement et elle désira se marier avec lui.

Le Prophète ﷺ avait aussi entendu parler d’elle, de sa saine raison et décida de se marier avec elle.

On divergea quant à l’âge de Khadîjah. Le Prophète ﷺ avait 25 ans mais on divergea pour celui de Khadîjah. Il est répandu qu’elle avait 40 ans mais cela n’a pas été rapporté par une chaîne de transmission authentique.

Quant à l’avis le plus juste, c’est ce qu’a rapporté Ibn ‘Asâkir et Aboû Ishâq que le Prophète ﷺ se maria avec elle alors qu’elle avait 28 ans. C’est le plus juste du point de vue de la chaîne de transmission, mais c’est aussi le plus juste du point vue de la réalité car elle accoucha de 2 garçons et de 4 filles. S’ils s’étaient mariés alors qu’elle avait 40 ans, elle n’aurait pas pu lui donner 6 enfants. Et le plus fréquent chez la femme qui entre dans la quarantaine c’est qu’elle se rapproche de la ménopause.

Donc le plus juste est ce qu’a rapporté Ibn ‘Abbâs que le Prophète ﷺ se maria avec elle alors qu’elle avait 28 ans.

Et parmi la grande sagesse d’Allah le fait qu’Il l’ait choisie pour le Prophète ﷺ. Elle l’a soutenu.

Lorsque le Prophète ﷺ fut envoyé et que Jibrîl lui soit apparu en disant : « Lis ! » Il lui répondit : « Je ne sais pas lire »,

« Lis ! » lui répéta-t-il

Il réitéra : « Mais je ne sais pas lire. »

C’est alors que Jibrîl le saisit et lui dit : {Lis, au Nom de Ton Seigneur qui a créé toute chose, qui a créé l’homme d’une adhérence.} [S.96, v.1-2]

Le Prophète ﷺ revint paniqué, car il avait pour habitude de s’isoler dans la grotte de Hirâ pour adorer Allah, il était donc tout seul.

Et c’est là que Jibrîl lui apparut, le prit et le serra. De plus cela se passait la nuit, car la révélation du Coran débuta la nuit.

Donc le Prophète ﷺ alla rejoindre Khadîjah en s’exclamant : « Couvrez-moi ! Couvrez-moi ! J’ai vraiment craint pour ma propre personne. » Elle répondit alors par sa célèbre phrase : « Oh non par Allah ! Allah ne t’humiliera jamais. » Puis elle évoqua les preuves de cela : « Tu maintiens les liens de parenté, tu soutiens les faibles et tu assistes les affligés. » C.à.d. que celui qui possède ses particularités, Allah ne peut l’humilier.

Parmi les choses démontrant sa sagacité le fait qu’elle soit partie avec lui auprès de son cousin Waraqah Ibn Nawfal qui était un savant chrétien.

Après que le Prophète ﷺ lui conta l’histoire il sut tout de suite qu’il était un Prophète, il s’exclama : « C’est l’Ange (An-Namoûs) qui apparaissait à Moûsa (Moïse). Si seulement je pouvais être jeune et fort lorsque ton peuple t’expulsera. » Le Prophète ﷺ lui demanda : « Vont-ils m’expulser ? » « Oui. » – Répondit-il – « Personne n’est venu avec la même chose que toi sans qu’il n’ait subi de désagrément. »

Une fois terminé, le Prophète ﷺ retourna chez lui.

Concernant Waraqah Ibn Nawfal, Ibn Al-Qayyim et plusieurs hommes de science affirment qu’il s’est converti, qu’il crut au Prophète ﷺ puis mourut.

Ils le considèrent comme un musulman et un compagnon, plusieurs demandèrent la miséricorde d’Allah pour lui, car il croyait en Allah et au Prophète ﷺ.

Khadîjah resta auprès du Prophète ﷺ et l’assista, c’est pourquoi il ne voulait pas prendre d’autre épouse, et ce jusqu’à ce qu’elle décéda. Bien qu’il se soit marié avec de nombreuses femmes par la suite, mais par considération envers elle, il ﷺ ne souhaita pas prendre d’autre épouse.

Il y a dans les deux Authentiques un hadîth qu’Aboû Hourayrah a rapporté où il dit : « Jibrîl se présenta au Prophète ﷺ lui disant : « Voilà Khadîjah qui va te rejoindre avec un récipient renfermant des condiments, de la nourriture ou de l’eau. Quand elle se présentera à toi, transmet-lui le salut (As-Salâm) de son Seigneur, et transmet-lui également le mien. Puis fais-lui la bonne annonce d’une maison faite de perles au Paradis exempt de tout bruit et de toute fatigue. »

Allah Akbar ! Y a-t-il une chose meilleure que cela ? Que l’on dise à une créature qu’Allah la salue ? Puis que Jibrîl la salue ?

C’est un honneur immense et une grande estime à l’égard de cette femme dû à son rang, car c’est une très grande femme. Elle resta auprès du Prophète ﷺ et le secourra. Qu’Allah puisse l’agréer.

D’ailleurs, lorsque le Prophète ﷺ voyait la sœur [de Khadîjah] il s’exclamait : « Voici Khadîjah ! » Il ﷺ la reconnaissait à sa façon de marcher. Et à chaque fois qu’il égorgeait une bête, il en offrait à ses amies.

‘Âichah a dit : « Par Allah, je n’ai jamais autant jalousé une personne que Khadîjah alors que je ne l’ai jamais vu. Mais je vis que le Prophète ﷺ l’évoquait fréquemment et qu’il lui faisait beaucoup d’éloges. Il disait : « Elle m’a donné des enfants. »

Qu’Allah l’agrée ainsi que l’ensemble de ses épouses.

Source : Traduit par Le Coeur des Croyants

« Je suis ton compagnon, le Coran… »

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Bouraydah رضي الله عنه rapporte que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit : « Au Jour de la Résurrection, le Coran rencontrera son lecteur assidu, lorsque sa tope s’ouvrira et qu’il en sortira blême. Le Coran lui dira : « Me reconnais-tu ? – Je ne te connais pas. – Je suis ton compagnon, le Coran qui t’a assoiffé lors des grandes chaleurs, et qui t’a fait veiller la nuit. Tous commerçants cherche un profit en son commerce, aujourd’hui je suis le profit de ce commerce.«  On lui donnera alors la puissance dans la main droite, l’éternité dans la main gauche, on posera sur sa tête la couronne de la prestance, et on revêtira ses parents de deux toges avec lesquelles ce bas monde ne peut rivaliser. Ses parents demanderont : « Comment avons-nous gagné cela? » On leur répondra : « Par la lecture de votre fils. » Ensuite on lui dira : « Récite et élève-toi dans les degrés du Paradis et ses appartements. » Il ne cessera de s’élever tant qu’il récitera, que sa récitation soit rapide ou lente. » 

Hadîth hasan rapporté par Ahmad 

Huit choses

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On rapporte que Chaqîq Al-Balkhî dit à Hâtil Al-Asâm : « Tu m’as tenu compagnie un moment, qu’as-tu appris? » Il répondit : « Huit choses:

 

La première est que j’ai considéré les hommes et j’ai constaté que chacun d’eux aime une chose, mais parvenu à la tombe, ce qu’il aime le quitte. Voilà pourquoi j’ai fait de mes bonnes actions l’objet de mon amour pour qu’elles soient avec moi dans la tombe.

 

La deuxième est que j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى

{Quant à celui qui redoutait de comparaître devant son Seigneur et préservait son âme des passions} [Sourate 79, verset 40] 

et j’ai exténué mon âme à repousser les désirs jusqu’à ce qu’elle s’établisse dans l’obéissance à Allah سبحانه و تعالى.

 

La troisième est que j’ai constaté que toute personne possédant une chose de valeur, la préservait. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

مَا عِندَكُمْ يَنفَدُ وَمَا عِندَ اللّهِ بَاقٍ

{Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès d’Allah durera} [Sourate 16, verset 96] 

Ainsi chaque fois que je possédais une chose de valeur je la Lui destinais, afin qu’elle me soit gardée auprès de Lui سبحانه و تعالى.

 

La quatrième est que j’ai constaté que les hommes se référaient aux biens, à la lignée, et à la noblesse alors qu’ils ne sont rien. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ

{Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.} [Sourate 49, verset 13]

et j’ai oeuvré dans la piété afin d’être noble auprès de Lui سبحانه و تعالى.

 

La cinquième est que j’ai constaté que les hommes se jalousaient. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

نَحْنُ قَسَمْنَا بَيْنَهُم مَّعِيشَتَهُمْ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا

{C’est Nous qui avons réparti entre eux la subsistance dans la vie présente.} [Sourate 43; verset 32]

ainsi, j’ai abandonné la jalousie.

 

La sixième est que j’ai constaté qu’ils étaient ennemis les uns des autres. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

إِنَّ الشَّيْطَانَ لَكُمْ عَدُوٌّ فَاتَّخِذُوهُ عَدُوّاً

{Satan est pour vous un ennemi; considérez-le donc comme tel.} [Sourate 35, verset 6]

j’ai donc cessé de les prendre pour ennemis, et j’ai fait de satan mon unique ennemi.

 

La septième est que j’ai constaté qu’ils s’humiliaient dans la recherche de la subsistance. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

وَمَا مِن دَآبَّةٍ فِي الأَرْضِ إِلاَّ عَلَى اللّهِ

{Il n’y a point de créature sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah.} [Sourate 11, verset 6]

je me suis alors préoccupé de Ses droits sur moi, tout en renonçant aux miens.

 

La huitième est que j’ai constaté qu’ils plaçaient leur confiance dans leur commerce, leur métier et leur santé; j’ai alors placé toute ma confiance en Lui سبحانه و تعالى.

Source : « L’Esprit de l’Âme », Editions Tawbah