Oeuvrer avec la science est plus efficace que les paroles dénuées d’acte

Il est certain que oeuvrer avec la science – lorsque l’on prêche [à Allah] – est plus efficace que les paroles dénuées d’acte. Nous avons précédemment lu la parole d’Allah سبحانه وتعالى concernant Chou’ayb : {Je ne veux nullement faire ce que je vous interdis} [Sourate Hoûd, v.88]

Il a été rapporté que Mâlik Ibn Dînâr رحمه الله a dit : “Si le savant n’oeuvre pas, son exhortation glissera des cœurs de la même manière que glisse la pluie d’un rocher.” [Rapporté par Al-Khatîb dans “Al-Iqtidâ” p.97]

Il a été également rapporté qu’Al-Ma°moûn a dit : “Nous avons bien plus besoin d’être exhorté par les actes que de l’être par les paroles.” [“Jâmi’ Bayân Al-’Ilm” p.1236]

Car celui qui œuvre continuellement, ses actes et sa persévérance sont en eux-même un prêche. Il sera pour les gens un modèle et un exemple, et il deviendra réellement un guide. Allah dit : {Et fait de nous un guide pour les pieux.} [Sourate Al-Fourqâne, v.74]

Nul ne deviendra un guide d’un tel rang hormis celui qui aura réuni en lui les attributs du bien ; car il sera un modèle [à suivre] pour les gens.

Mais s’il ne cherche qu’à accroître les connaissances sans être de ceux qui œuvrent, alors un tel individu n’aura pas profité [de sa science] et personne n’en profitera.

Parmi les scènes qui m’ont marqué, il y a la fois où j’avais visité une personne âgée parmi les dévots de la mosquée où elle avait l’habitude de prier. C’était une personne qui faisait beaucoup d’adoration, et elle avait pour habitude de s’asseoir à la mosquée en attendant chaque prière. Je l’ai donc salué et nous avons discuté. Je lui dit : “Mâ châ Allah, vous avez dans votre quartier un groupe d’étudiants en science.” – “Notre quartier ?!”  s’exclama-t-il – “Oui dans votre quartier, mâ châ Allah on y trouve des étudiants en science.” – Il dit à nouveau : “Dans notre quartier ?!” Il me répéta cela ; c’était une question de désapprobation. Il dit : “Dans notre quartier ?!” Je lui répondis “Oui”. C’est alors qu’il dit : “Mon fils ! Celui qui n’est pas assidu à la prière en groupe n’est pas un étudiant en science.”

Voilà pourquoi – parfois – certaines personnes accroissent leurs connaissances, mémorisent et révisent beaucoup ; pourtant tu ne les vois pas [à la prière], en particulier celle de l’aube (Al-Fajr), et ceci de nombreuses fois.

Par conséquent, si cette grande obligation est négligée, elle qui est le plus grand pilier de l’Islam après celui des deux attestations, et qui est la première chose sur laquelle on sera questionné le Jour de la Résurrection, où sont donc les traces de la science ?

Les compagnons – comme cela a été rapporté d’Ibn ´Oumar رضي الله عنهما – [disaient] : “Lorsqu’on ne voyait pas une personne à la prière du Fajr et du ´Ichâ, nous avions une mauvaise opinion d’elle.” [Rapporté par At-Tabarânî dans “Al-Mou’jam Al-Kabîr” (271\12), et Ibn Khouzaymah (1405) et Ibn Hibbân (2099)]

Et à l’époque d’aujourd’hui – celles des nuits blanches – la prière est beaucoup négligée. Il est probable que celui qui veille la nuit, la passe dans des débats scientifiques, dans certains sujets ou divers thèmes, puis s’endort lors de la prière du Fajr. S’il veillait la nuit avec le Coran, que ce soit en le mémorisant ou en le lisant, au détriment de la prière du Fajr alors sa veillée serait prohibée. Elle lui est interdite et il est pêcheur en faisant cela.

La prière la plus négligée à notre époque est pourtant la meilleure de toutes les prières de façon absolu, comme cela a été rapporté dans le hadîth où le Prophète a dit : “La meilleure des prières auprès d’Allah est celle de l’aube (As-Soubh), en groupe, le Jour du vendredi.” [Rapporté par Aboû Na’îm dans “Al-Hilyah” et chaykh Al-Albânî رحمه اله a authentifié la chaîne de transmission.]

Hors maintenant la prière du Soubh, en groupe, le Jour du vendredi est la prière la plus négligée !

Que l’on interroge les dirigeants des mosquées ; car la nuit du vendredi est une nuit de vacance, une nuit où l’on veille et que les gens veillent jusqu’à très tard. Puis ils s’endorment à une heure très tardive de la nuit et dorment au dépend de la prière.
Le meilleur d’entre-eux arrive à la prière en retard et paresseux. Il arrive fatigué, la tête lourde à cause du sommeil et il n’accomplit pas la prière comme il se doit.
Et s’il sait que l’imam de sa mosquée lira ce jour-là la sourate As-Sajdah (La prosternation) et Al-Insân (L’homme), il n’arrivera qu’à la fin de la deuxième unité de prière.

Si cela concerne une obligation qui est la première sur laquelle sera questionné le serviteur le Jour de la résurrection, où est donc le fruit de la science ?!

Et celui qui la négligera se montrera plus négligent encore pour le reste.

Source : “La science implique les œuvres”, Dâr Al-Fadîlah, p.35 à 39, Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr, traduit par Le Cœur des Croyants.

 

 

La véritable science

Elle concerne les cœurs ; et nos pieux prédécesseurs ont bien compris sa nécessité sur l’ensemble des autres sciences. Abou Hâmid رحمه الله a dit : « Cette science est une obligation pour chaque individu (Fard ‘ayn) selon les fatawa des savants de l’au-delà. ;[1] » 

‘Amr Ibn Qays Al-Moulâî a dit : « Un discours par lequel j’adoucis mon cœur et qui me permet d’atteindre mon Seigneur m’est préférable à cinquante affaires de Chouraych[2]. » 

De même, il a été dit à l’Imam Ahmad رحمه الله : « Qui demandons-nous [pour la science] après toi ? » – « Abd Al-Wahhâb Al-Warrâq. » répondit-il. On lui rétorqua : « Mais il ne possède pas une vaste science. » À cela il dit : « En vérité, il est un homme vertueux. Celui qui restera auprès de lui atteindra la vérité très certainement » 

Il fût aussi questionné au sujet de Ma’roûf Al-Karkhî, il dit : « Il possédait le fondement de la science, à savoir la crainte d’Allah. » 

On questionna Al-Hasan dans une affaire à laquelle il répondit. On lui dit ensuite : « Certes, nos érudits ne disent pas cela. » C’est alors qu’il s’exclama : « Et as-tu déjà vu un érudit ?! Un érudit est celui qui se lève la nuit, jeûne la journée et fait preuve d’ascétisme ici-bas. » 

Selon Layth[3] qui dit : « J’ai questionné Ach-Cha’bî[4] mais il me questionna à son tour, je m’exclamai : « Ô vous les savants ! Ô vous les érudits ! Vous rapportez de nous vos ahâdîth puis vous nous questionnez ?! Ach-cha’bî dit alors : « Ô vous les savants ! Ô vous les érudits ! Nous ne sommes en rien des érudits, ni des hommes de science. Mais nous sommes des gens qui avons entendu un hadîth et nous vous transmettons ce que nous avons entendu. L’érudit est en réalité celui qui s’écarte scrupuleusement des interdits d’Allah, et le savant est celui qui craint Allah. » 

On ne parvient pas à Allah, ni à la demeure dernière, par la grande quantité de science et de chaîne de rapporteurs ; mais on y accède à travers le fruit de la science et la guidée. Et quelle serait la valeur de la science si elle ne te pousse pas à œuvrer avec ?! N’est-elle pas alors un argument contre toi, une preuve de ta culpabilité et un signe que tu te moques de ton Seigneur ?! Voilà pourquoi la voie de nos pieux prédécesseurs était de préparer correctement le cœur avant de pouvoir y semer la science.

Soufiâne Ath-Thawrî رحمه الله a dit : « L’homme ne demandait pas la science du hadîth tant qu’il ne s’était pas adonné aux adorations durant 20 ans. » 

« Ô toi qui t‘es écarté de ses nobles caractères, 

Ce n’est pas avec la quantité de connaissance que l’on s’enorgueillit.

Celui dont la science ne le réforme pas,

Nen tirera aucun bénéfice dans l’Au-Delà. »

Les trompeurs :

Si le cœur de l’homme de science tombe malade, il utilisera son savoir dans des ruses pensant que cela l’affranchira des jugements religieux et des conséquences de l’injustice. Comme si Allah ne l’observait pas…

Hélas, ce genre de ruses s’est propagé lorsque la foi que les poitrines récèlent s’est affaiblie, et que les règles religieuses sont devenues lourdes pour les gens. Ibn Al-Qayyim dédia même plusieurs chapitres dans son livre « Ighâthah Al-Lahfân«  sur les ruses et leurs différentes catégories. Écoute celle rapportée par Aboû Hâmid Al-Ghazâlî :

« Il a été dit qu’Aboû Yoûsouf Al-Qâdî donna de son argent à son épouse juste avant qu’il n’atteigne une année hégirienne (Al-Hawl) pour ne pas sortir sa zakât[5]. Puis il redemanda à sa femme cet argent. Cette histoire fût racontée à Aboû Hanîfah رحمه الله qui s’exclama : « Ceci démontre la compréhension qu’il détient. » Et il a dit vrai ! Ceci témoigne une compréhension mondaine ; mais son méfait le Jour Dernier sera bien plus grave que n’importe quel autre péché. Ainsi, une telle chose est un savoir préjudiciable. » 

Ô toi qui étudies une science religieuse parmi les autres, voilà pourquoi il t’incombe de la relire avec une âme nouvelle et un cœur nouveau comme s’il était né aujourd’hui et qu’aucun péché ne l’avait encore souillé.

Prend comme exemple la biographie du Prophète صلى الله عليه وسلم, que le professeur Al-Bahyî Al-Khawlî te recommande de lire d’une manière nouvelle en utilisant en premier lieu ton cœur avant tes yeux, mais aussi avec ton âme et tes sentiments accompagnés de ta raison. Et il t’indique la manière de procéder en disant :

« Accompagne (avec ton cœur et tes sentiments) notre maître, le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, durant toute sa noble vie. Tu prendras place dans son assemblée lorsqu’il s’asseyait ; tu monteras avec lui à cheval lorsqu’il grimpait sa monture ; tu seras en sa compagnie lorsqu’il marchait ; tu écouteras la puissance de ses exhortations. La douceur de la conversation qu’il entretenait avec son Seigneur durant la nuit ou lors de ses retraites la journée pénétrera ton cœur ; tu ressentiras ses émotions صلوات الله عليه jusqu’à ressentir ce qu’il éprouva dans son immense cœur lorsqu’il se mit en colère, tu ressentiras la clémence et l’indulgence dont il faisait preuve lorsqu’il rendait les choses faciles avec un visage souriant. Tu intègreras les rangs de ceux qui ont cru en lui ; tu seras avec eux lorsqu’ils subiront des supplices, et tu ressentiras la douleur qu’ils ont ressentis. Tu émigreras comme ils le firent ; tu émigreras en leur compagnie avec ton cœur, ton imagination et tes émotions jusqu’en Abyssinie ou toute autre contrée. Lorsque le jihâd sera légiféré à Médine tu te placeras sous son étendard triomphant ; tu le verras du haut de sa monture assis sur sa selle, revêtu d’une cuirasse de combat, son épée dégainée et sa lance saisie. Il est un valeureux combattant sur le champ de bataille à la tête de braves soldats ; ses nobles yeux apparaissent nettement de son casque صلى الله عليه وسلم. Ainsi, il n’y a pas de sommet, ni de vallée et ni d’ennemi qu’il atteint sans que tu sois à ses côtés prêt à frapper s’il frappe, à avancer s’il l’ordonne, à lui donner ce que tu possèdes et à le protéger corps et âme avec ce qui t’est le plus précieux par amour pour lui. » 

[1] Ici, Al-Ghazâlî visait par « les savants de l’au-delà » les savants soufis. Et même si ces derniers prêtaient attention à la science du cœur, les savants de la sounnah y prêtèrent également une attention particulière en évoquant cela dans leurs ouvrages (comme le livre : « Kitâb Ar-Raqâiq »). Ainsi, les gens de la sounnah sont dans le juste milieu entre ceux qui ont exagéré en ne prêtant attention qu’à l’au-delà et ceux qui ne prêtent attention qu’à cette vie d’ici-bas. Ainsi, cette parole est d’autant plus valable concernant les savant de la sounnah. (Note du traducteur)
[2]Il était un éminent juriste du premier siècle hégirien. (Note du traducteur)
[3]Il était un grand jurisconsulte (Faqîh) (Note du traducteur)
[4]Faqîh et Mouhaddith parmi les Tâbi’în, il est né sous le califat de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb. (Note du traducteur)
[5]En Islam, la zakât Al-Mâl doit être prélevée dès que l’argent aura atteint le nisâb et qu’il aura été épargné une année complète (Al-Hawl). (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Si cela peut être obtenu par de simples souhaits, pourquoi se sont-ils fatigués et ont-ils abondamment pleuré ?

Il est des gens trompés par ce bas monde qui disent : « le paiement comptant est meilleur que le paiement différé, et ce bas monde est un paiement comptant, alors que l’au-delà est un paiement différé. » Voilà l’objet de la tromperie, car le paiement comptant n’est meilleur que le paiement différé que s’ils sont semblables, et il est connu que l’existence de l’homme jusqu’à son dernier souffle, par rapport à la durée l’au-delà n’en représente pas même le millionième. Celui qui prétend que le paiement comptant est meilleur que le paiement différé veut signifier : lorsqu’ils sont semblables, et c’est là ce qui a trompé les mécréants.

Quant à ceux qui commettent des péchés tout en gardant une croyance saine, ils s’associent aux mécréants en cette tromperie, car ils ont préféré ce bas-monde à l’au-delà ; mais leur cas est plus aisé que celui des mécréants, en ce sens que le fondement de la foi leur interdit le châtiment éternel. Certains pécheurs se fourvoient et disent : « Allah est Généreux et nous comptons sur Son pardon. » Ils peuvent même se duper par la piété de le leur parents, mais les savants ont dit : « Celui qui espère une chose la recherche, celui qui craint une chose la fuit, et celui qui espère le pardon tout en persévérant dans le péché est trompé. »

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Huit choses

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On rapporte que Chaqîq Al-Balkhî dit à Hâtil Al-Asâm : « Tu m’as tenu compagnie un moment, qu’as-tu appris? » Il répondit : « Huit choses:

 

La première est que j’ai considéré les hommes et j’ai constaté que chacun d’eux aime une chose, mais parvenu à la tombe, ce qu’il aime le quitte. Voilà pourquoi j’ai fait de mes bonnes actions l’objet de mon amour pour qu’elles soient avec moi dans la tombe.

 

La deuxième est que j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى

{Quant à celui qui redoutait de comparaître devant son Seigneur et préservait son âme des passions} [Sourate 79, verset 40] 

et j’ai exténué mon âme à repousser les désirs jusqu’à ce qu’elle s’établisse dans l’obéissance à Allah سبحانه و تعالى.

 

La troisième est que j’ai constaté que toute personne possédant une chose de valeur, la préservait. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

مَا عِندَكُمْ يَنفَدُ وَمَا عِندَ اللّهِ بَاقٍ

{Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès d’Allah durera} [Sourate 16, verset 96] 

Ainsi chaque fois que je possédais une chose de valeur je la Lui destinais, afin qu’elle me soit gardée auprès de Lui سبحانه و تعالى.

 

La quatrième est que j’ai constaté que les hommes se référaient aux biens, à la lignée, et à la noblesse alors qu’ils ne sont rien. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ

{Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.} [Sourate 49, verset 13]

et j’ai oeuvré dans la piété afin d’être noble auprès de Lui سبحانه و تعالى.

 

La cinquième est que j’ai constaté que les hommes se jalousaient. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

نَحْنُ قَسَمْنَا بَيْنَهُم مَّعِيشَتَهُمْ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا

{C’est Nous qui avons réparti entre eux la subsistance dans la vie présente.} [Sourate 43; verset 32]

ainsi, j’ai abandonné la jalousie.

 

La sixième est que j’ai constaté qu’ils étaient ennemis les uns des autres. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

إِنَّ الشَّيْطَانَ لَكُمْ عَدُوٌّ فَاتَّخِذُوهُ عَدُوّاً

{Satan est pour vous un ennemi; considérez-le donc comme tel.} [Sourate 35, verset 6]

j’ai donc cessé de les prendre pour ennemis, et j’ai fait de satan mon unique ennemi.

 

La septième est que j’ai constaté qu’ils s’humiliaient dans la recherche de la subsistance. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

وَمَا مِن دَآبَّةٍ فِي الأَرْضِ إِلاَّ عَلَى اللّهِ

{Il n’y a point de créature sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah.} [Sourate 11, verset 6]

je me suis alors préoccupé de Ses droits sur moi, tout en renonçant aux miens.

 

La huitième est que j’ai constaté qu’ils plaçaient leur confiance dans leur commerce, leur métier et leur santé; j’ai alors placé toute ma confiance en Lui سبحانه و تعالى.

Source : « L’Esprit de l’Âme », Editions Tawbah

Récitation de la Sourate « Le Créateur » [Fâtir]

Récité par le Chaykh

Khâlid Ismâ’îl Mousabbah

Il se peut que le Coran maudisse celui qui le récite

ramadan
Anas Ibn Mâlik a énoncé des paroles d’une extrême gravité, il a dit – رضي الله عنه – « il se peut que le Coran maudisse celui qui le récite. »
C’est un conseil que j’adresse avant tout à moi-même puis à mes frères.

Pourquoi dit-il « il se peut que le Coran maudisse celui qui le récite. » ? Car cette personne lit et mémorise le Coran mais n’en applique pas les enseignements, cette personne est maudite par le Coran.
Cette personne récite par exemple les versets citant l’usure, et il conseille les autres alors que lui-même est un usurier.
Elle lit les versets concernant la médisance { Ô vous qui avez cru! évitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas; et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort? (Non! ) vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est Grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux. }  [Sourate 49, verset 12] et même si elle connaît ce verset, elle mange la chair des gens, parle derrière leur dos, les calomnie, l’autre a fait ceci et l’autre a fait cela, etc.
Elle mémorise les versets concernant la bienfaisance envers les parents, mais se comporte très mal avec les siens.
C’est un sujet très grave.

Apprendre le Coran et appliquer ses enseignements est une règle essentielle.
Les compagnons – رضي الله عنهم – mémorisaient les 10 premiers versets de chaque sourate, ils appliquaient aussi tôt leurs enseignements afin d’acquérir la satisfaction d’Allah -سبحانه و تعالى-, ils poursuivaient ensuite en mémorisant les 10 versets suivants et les appliquaient.
Tout cela pour dire que l’essentiel n’est pas la quantité de versets mémorisés ni la durée de ta mémorisation, l’essentiel est l’application des enseignements de ces versets au quotidien.
Par Allah, mes frères, c’est un sujet très important et c’est un conseil de mon cœur au vôtre.

Si on revient à la sourate Az-Zoumar (Les Groupes), on peut constater qu’Allah -سبحانه و تعالى- adresse de magnifiques paroles sur le fait de suivre et appliquer les enseignements coraniques ; il dit {Et suivez la meilleure révélation qui vous est descendue de la part de votre Seigneur, avant que le châtiment ne vous vienne soudain, sans que vous ne [le] pressentiez;} [Sourate 39, verset 55]
Le Seigneur de l’univers t’enjoint de suivre la révélation coranique. Mémorise et même si c’est beau de mémoriser, il faut aussi que tu suive et applique les enseignements de ces versets.

Et Allah – سبحانه و تعالى – dit dans un autre verset de la sourate Al An’am (Les Bestiaux) : {Et voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre – suivez-le donc et soyez pieux, afin de recevoir la miséricorde -} [Sourate 6, verset 155].

Ibn Yasîr appelait les gens au Coran en leur disant « Ô gens du Coran, embellissez le Coran par vos actes. »

Allahou akbar. Embellissons notre vie par l’application de tous les enseignements qu’Allah – سبحانه و تعالى – nous a envoyé dans Son Livre Miracle.

Source : Fahd Al Kandari dans l’émission « Voyage avec le Coran »