Qui est Chaykh ‘Abd Al-‘Azîz Ibn Bâz ?

A toutes les époques, Allah assigne à cette communauté des Savants et des prêcheurs qui revivifient la religion, invitent les gens à Sa religion avec des arguments explicites, et réfutent les interprétations erronées de ses opposants. 

Parmi les Savants qui ont fait l’unanimité chez tous les musulmans à notre époque : l’imam, le grand Savant, ‘Abd Al-‘Azîz Ibn ‘Abdi-Llah Ibn ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Mouhammad Ibn ‘Abdi-Llah Ibn Bâz, qu’Allah lui fasse miséricorde. 

Chaykh Ibn Bâz est né à Ryad le 12 de dhoûl Hijjah en l’an 1330 de l’hégire.  

Il grandit orphelin et lorsqu’il perdit la vue sa mère invoqua Allah afin qu’il lui remplace sa cécité par la clairvoyance en matière de religion et qu’Il le rende utile à la communauté. 

Allah exauça son invocation. 

Il mémorisa le Coran durant son jeune âge et étudia auprès de Savants de renommée. 

Parmi lesquels : Chaykh Mouhammad Ibn ‘Abd Al-Lattîf Âli Ach-Cheykh, Chaykh Sa’d Ibn Hamad Ibn ‘Atîq (Juge de Ryad), Chaykh Hamad Ibn Fâris (Substitut au Trésor public de Ryad), Chaykh Waqâs Al-Boukhâry, et Chaykh Mouhammad Ibn Ibrâhîm (Moufti du Royaume), et l’éminent Savant Al-Amîne Ach-Chinqîtî (Auteur du tafsir Adwâ Al-Bayâne). 

Le Chaykh excella dans la science et la prédication et devint un modèle pour les gens.  

Il occupa un grand nombre de responsabilités dans la science et l’appel à Allah. Parmi lesquelles : Moufti du Royaume d’Arabie Saoudite, Président du comité de Fiqh à la Mecque, et Président de l’Université Islamique de Médine. 

Il était avide d’inviter les gens à la pratique de la Sounnah par la sagesse et la bonne exhortation, tout en mettant en garde contre les innovations et les déviances dans la croyance et le comportement. 

Il a dicté un grand nombre d’ouvrages : les leçons importantes à l’ensemble de la communauté, la croyance correcte et ce qui s’y oppose, le commentaire des 3 fondements, l’explication de ‘Oumdatou Al-Ahkâm, la description de la prière du Prophète SWS, la description du Hajj, de la ‘Oumra, et des visites à Médine à la lumière du Coran et de la Sounnah, les leçons exemplaires sur certains points de l’héritage, et l’embellissement de l’élite à travers les formules d’invocations et d’évocations, la guerre intellectuelle et ses moyens, l’appel à Allah et l’éthique des prêcheurs, l’obligation de se conformer à la Sounnah et de se méfier des innovations, auxquels viennent s’ajouter un nombre impressionnant d’avis juridiques audio et écrites. 

Ses élèves devinrent de grands Savants : Chaykh Mouhammad Ibn Sâlih Al-‘Outhaymine, Chaykh Sâlih Al-Fawzân, Chaykh Bakr Aboû Zayd, et l’éminent Savant ‘Abd Al-‘Azîz Âli Ach-Chaykh. 

Chaykh Ibn Bâz se distinguait par ses nobles caractères comme la pudeur, la générosité, la modestie, l’indulgence, la miséricorde, le pardon et l’ascétisme malgré les hautes fonctions qu’il occupait. 

Il était très préoccupé de la situation des musulmans partout dans le monde. 

Les Savants de son époque témoignèrent de son mérite et de ses connaissances.  

Chaykh Al -Albânî dit à son sujet : « C’est lui qui a revivifié la religion durant ce siècle. » 

Chaykh Mouhammad َAs-Soubayl a dit : « C’est l’imam des adeptes de la Sounnah à son époque. »

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq ‘Afifî a dit : « Ibn Bâz est le successeur des Savants des premières générations dans sa science, son comportement, et son dynamisme. »

Il décéda à Tâif le 27 de Mouharram en l’an 1420 de l’hégire. 

On accomplit la prière mortuaire sur lui à la Mosquée Sacrée et il fut enterré à la Mecque. 

Qu’Allah lui accorde une vaste miséricorde et le récompense de la meilleure des manières pour le bien qu’il a prodigué aux musulmans. 

👆🏻Source : Chaîne Youtube : « Cours religieux »

La véritable science

Elle concerne les cœurs ; et nos pieux prédécesseurs ont bien compris sa nécessité sur l’ensemble des autres sciences. Abou Hâmid رحمه الله a dit : « Cette science est une obligation pour chaque individu (Fard ‘ayn) selon les fatawa des savants de l’au-delà. ;[1] » 

‘Amr Ibn Qays Al-Moulâî a dit : « Un discours par lequel j’adoucis mon cœur et qui me permet d’atteindre mon Seigneur m’est préférable à cinquante affaires de Chouraych[2]. » 

De même, il a été dit à l’Imam Ahmad رحمه الله : « Qui demandons-nous [pour la science] après toi ? » – « Abd Al-Wahhâb Al-Warrâq. » répondit-il. On lui rétorqua : « Mais il ne possède pas une vaste science. » À cela il dit : « En vérité, il est un homme vertueux. Celui qui restera auprès de lui atteindra la vérité très certainement » 

Il fût aussi questionné au sujet de Ma’roûf Al-Karkhî, il dit : « Il possédait le fondement de la science, à savoir la crainte d’Allah. » 

On questionna Al-Hasan dans une affaire à laquelle il répondit. On lui dit ensuite : « Certes, nos érudits ne disent pas cela. » C’est alors qu’il s’exclama : « Et as-tu déjà vu un érudit ?! Un érudit est celui qui se lève la nuit, jeûne la journée et fait preuve d’ascétisme ici-bas. » 

Selon Layth[3] qui dit : « J’ai questionné Ach-Cha’bî[4] mais il me questionna à son tour, je m’exclamai : « Ô vous les savants ! Ô vous les érudits ! Vous rapportez de nous vos ahâdîth puis vous nous questionnez ?! Ach-cha’bî dit alors : « Ô vous les savants ! Ô vous les érudits ! Nous ne sommes en rien des érudits, ni des hommes de science. Mais nous sommes des gens qui avons entendu un hadîth et nous vous transmettons ce que nous avons entendu. L’érudit est en réalité celui qui s’écarte scrupuleusement des interdits d’Allah, et le savant est celui qui craint Allah. » 

On ne parvient pas à Allah, ni à la demeure dernière, par la grande quantité de science et de chaîne de rapporteurs ; mais on y accède à travers le fruit de la science et la guidée. Et quelle serait la valeur de la science si elle ne te pousse pas à œuvrer avec ?! N’est-elle pas alors un argument contre toi, une preuve de ta culpabilité et un signe que tu te moques de ton Seigneur ?! Voilà pourquoi la voie de nos pieux prédécesseurs était de préparer correctement le cœur avant de pouvoir y semer la science.

Soufiâne Ath-Thawrî رحمه الله a dit : « L’homme ne demandait pas la science du hadîth tant qu’il ne s’était pas adonné aux adorations durant 20 ans. » 

« Ô toi qui t‘es écarté de ses nobles caractères, 

Ce n’est pas avec la quantité de connaissance que l’on s’enorgueillit.

Celui dont la science ne le réforme pas,

Nen tirera aucun bénéfice dans l’Au-Delà. »

Les trompeurs :

Si le cœur de l’homme de science tombe malade, il utilisera son savoir dans des ruses pensant que cela l’affranchira des jugements religieux et des conséquences de l’injustice. Comme si Allah ne l’observait pas…

Hélas, ce genre de ruses s’est propagé lorsque la foi que les poitrines récèlent s’est affaiblie, et que les règles religieuses sont devenues lourdes pour les gens. Ibn Al-Qayyim dédia même plusieurs chapitres dans son livre « Ighâthah Al-Lahfân«  sur les ruses et leurs différentes catégories. Écoute celle rapportée par Aboû Hâmid Al-Ghazâlî :

« Il a été dit qu’Aboû Yoûsouf Al-Qâdî donna de son argent à son épouse juste avant qu’il n’atteigne une année hégirienne (Al-Hawl) pour ne pas sortir sa zakât[5]. Puis il redemanda à sa femme cet argent. Cette histoire fût racontée à Aboû Hanîfah رحمه الله qui s’exclama : « Ceci démontre la compréhension qu’il détient. » Et il a dit vrai ! Ceci témoigne une compréhension mondaine ; mais son méfait le Jour Dernier sera bien plus grave que n’importe quel autre péché. Ainsi, une telle chose est un savoir préjudiciable. » 

Ô toi qui étudies une science religieuse parmi les autres, voilà pourquoi il t’incombe de la relire avec une âme nouvelle et un cœur nouveau comme s’il était né aujourd’hui et qu’aucun péché ne l’avait encore souillé.

Prend comme exemple la biographie du Prophète صلى الله عليه وسلم, que le professeur Al-Bahyî Al-Khawlî te recommande de lire d’une manière nouvelle en utilisant en premier lieu ton cœur avant tes yeux, mais aussi avec ton âme et tes sentiments accompagnés de ta raison. Et il t’indique la manière de procéder en disant :

« Accompagne (avec ton cœur et tes sentiments) notre maître, le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, durant toute sa noble vie. Tu prendras place dans son assemblée lorsqu’il s’asseyait ; tu monteras avec lui à cheval lorsqu’il grimpait sa monture ; tu seras en sa compagnie lorsqu’il marchait ; tu écouteras la puissance de ses exhortations. La douceur de la conversation qu’il entretenait avec son Seigneur durant la nuit ou lors de ses retraites la journée pénétrera ton cœur ; tu ressentiras ses émotions صلوات الله عليه jusqu’à ressentir ce qu’il éprouva dans son immense cœur lorsqu’il se mit en colère, tu ressentiras la clémence et l’indulgence dont il faisait preuve lorsqu’il rendait les choses faciles avec un visage souriant. Tu intègreras les rangs de ceux qui ont cru en lui ; tu seras avec eux lorsqu’ils subiront des supplices, et tu ressentiras la douleur qu’ils ont ressentis. Tu émigreras comme ils le firent ; tu émigreras en leur compagnie avec ton cœur, ton imagination et tes émotions jusqu’en Abyssinie ou toute autre contrée. Lorsque le jihâd sera légiféré à Médine tu te placeras sous son étendard triomphant ; tu le verras du haut de sa monture assis sur sa selle, revêtu d’une cuirasse de combat, son épée dégainée et sa lance saisie. Il est un valeureux combattant sur le champ de bataille à la tête de braves soldats ; ses nobles yeux apparaissent nettement de son casque صلى الله عليه وسلم. Ainsi, il n’y a pas de sommet, ni de vallée et ni d’ennemi qu’il atteint sans que tu sois à ses côtés prêt à frapper s’il frappe, à avancer s’il l’ordonne, à lui donner ce que tu possèdes et à le protéger corps et âme avec ce qui t’est le plus précieux par amour pour lui. » 

[1] Ici, Al-Ghazâlî visait par « les savants de l’au-delà » les savants soufis. Et même si ces derniers prêtaient attention à la science du cœur, les savants de la sounnah y prêtèrent également une attention particulière en évoquant cela dans leurs ouvrages (comme le livre : « Kitâb Ar-Raqâiq »). Ainsi, les gens de la sounnah sont dans le juste milieu entre ceux qui ont exagéré en ne prêtant attention qu’à l’au-delà et ceux qui ne prêtent attention qu’à cette vie d’ici-bas. Ainsi, cette parole est d’autant plus valable concernant les savant de la sounnah. (Note du traducteur)
[2]Il était un éminent juriste du premier siècle hégirien. (Note du traducteur)
[3]Il était un grand jurisconsulte (Faqîh) (Note du traducteur)
[4]Faqîh et Mouhaddith parmi les Tâbi’în, il est né sous le califat de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb. (Note du traducteur)
[5]En Islam, la zakât Al-Mâl doit être prélevée dès que l’argent aura atteint le nisâb et qu’il aura été épargné une année complète (Al-Hawl). (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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