La différence entre l’espérance et les faux espoirs

Il importe de distinguer l’espérance du faux espoir. Beaucoup de gens pensent espérer la miséricorde de leur Seigneur, alors qu’en vérité ils ne fondent que de vains espoirs.

La différence entre l’espérance et le faux espoir est que ce dernier s’accompagne de paresse. Ils ne mène pas son auteur à la voie du sérieux et de l’effort, contrairement à l’espérance qui implique l’usage des moyens.

Al-Mounâwî رحمه الله dit : « Le faux espoir est blâmable, tandis que l’espérance est louable, car le premier mène son auteur à la paresse, contrairement à l’espérance qui est l’attachement du coeur à la réalisation d’une chose utiles. »

Al-Ghazâlî رحمه الله a dit : « L’espérance se fonde sur une base, contrairement au faux espoir. Lorsque le serviteur s’efforce à accomplir les actes d’obéissance, il dit : « J’espère qu’Allah acceptera de moi ce peu de choses, qu’Il en comblera les manquements et qu’Il me pardonnera, je me fais une opinion positive ». Cela constitue une espérance. Mais s’il se montre insouciant, abandonne les actes d’obéissance et pèche, faisant fi de la promesse d’Allah et de Sa menace, puis qu’il dit : « J’espère qu’Il me fera entrer au Paradis et qu’Il me sauvera de l’Enfer », ce n’est là qu’un faux espoir qu’il considère comme de l’espérance et une bonne opinion. Or, ce n’est que fourvoiement et égarement ». [Fayd Al-Qadîr, t.5, p.67]

Allah عز وجل a montré que l’espérance des croyants est accompagnée d’actes. Il dit  : {Certes, ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier d’Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d’Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.}  [S.2, v.218]

Ils ont d’abord cru, puis émigré, puis lutté dans le sentier d’Allah. Allah a montré qu’après toutes ces bonnes oeuvres, grandes et importantes, ils espéraient la miséricorde d’Allah, le Pardonneur et Miséricordieux. Dans la réprobation des faux espoirs, Allah عز وجل dit : {Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela et ne trouvera en sa faveur, en dehors d’Allah, ni allié ni secoureur.} [S.4, v.123]

Al-Hasan رحمه الله a dit : « La foi, ce n’est ni l’apparat ni les faux espoirs. La foi est plutôt ce qui s’enracine dans le coeur et que les actes confirment. » [Al-Mousannaf d’Ibn Abî Chaybah n°30351 ; Shou’ab Al-Imân d’Al-Bayhaqî n°66 ; authentifié par Ibn Al-Qayyim]

Al-Hasan a également dit : « Il est des gens qui sont tellement pris par les faux espoirs qu’ils quittent ce monde sans la moindre bonne action. Malgré cela, tu les vois dire : « J’ai bon espoir en mon Seigneur ». Or, ils se trompent, car s’ils avaient bon espoir, ils auraient accompli de bonnes oeuvres ». [Fayd Al-Qadîr, t.5, p.67]

Les maîtres spirituels ont su que ce bas monde est un champ de culture pour l’au-delà. Le coeur est à l’image de la terre : la terre a autant besoin de semences que le coeur des actes d’obéissance. De même que la terre a besoin d’être entretenue, irriguée, qui a creuser des canaux pour y ramener l’eau, le coeur a besoin d’être entretenu et irrigué avec l’eau de l’obéissance et de l’adoration. Pour pouvoir germer ses graines, la terre a besoin d’être débarrassée des mauvaises herbes. L’agriculteur se met alors à débroussailler son champ pour que les mauvaises herbes ne consomment pas les minéraux du sol et qu’elles n’endommagent pas la culture. À ce même titre, le croyant purifie son coeur de toute équivoque ou passion pour qu’elles n’altèrent pas les germes de l’obéissance qu’il a semées et arrosées avec l’eau de la dévotion.

L’espérance du serviteur doit être comparée à celle de l’agriculteur. Quiconque cherche une terre fertile, y sème des graines fertiles, l’irrigue autant de fois que nécessaire, l’entretien, enlève tout ce qui peut nuire à la culture, puis espère la grâce d’Allah qu’Il n’abatte pas la foudre ou toute autre calamité sur son champ jusqu’à ce qu’il produit ses fruits a fait preuve d’espérance.

En revanche, si l’agriculteur ensemence un sol aride, il est insensé. S’il ensemence une terre fertile, mais qui ne peut être irriguée et dit : « J’attend la pluie ! », son attente relève du faux espoir et non de l’espérance.

L’espérance prend tout son sens lorsque le serviteur attend un bonne chose désirée après avoir mis en oeuvre tous les moyens nécessaires qui sont à sa disposition.

C’est de cette façon que le croyant accomplit les actes d’obéissance et d’adoration, puis attend qu’Allah l’affermisse de par Sa grâce, ne l’induise pas en erreur, ne l’égare pas jusqu’à sa mort, et qu’il Le rencontre satisfait de lui.

Allah عز وجل a blâmé les gens des communautés précédentes habités par les faux espoirs : {Puis les suivirent des successeurs qui héritèrent le Livre, mais qui préférèrent ce qu’offre la vie d’ici-bas en disant : « Nous aurons le pardon. »} [S.7, v.169]

Aussi, le propriétaire du verger dit : {Et je ne pense pas que l’Heure viendra. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleurs lieu de retour que ce jardin.} [S.18, v.36]

Mais comment pourra-t-il trouver du bien auprès de son Seigneur alors que, habité de faux espoirs, il n’a guère accomplit de bonnes oeuvres ?

Il faut donc prendre garde aux faux espoirs et oeuvrer avec sérieux, en se conformant à la Sounnah, puis espérer la grâce d’Allah et Ses dons ici-bas et dans l’au-delà.

Source : « L’espérance » du Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid حفظه الله aux éditions Al-Hadîth (qu’Allah les récompense)

00 – Introduction des « 40 hadîths sur les oeuvres du coeur »

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

La louange toute entière appartient à Allah Le Seigneur de l’univers, que les prières d’Allah, Ses salutations et Ses bénédictions soient sur notre Prophète Mouhammad, sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Ceci dit,

Bienvenue chers frères et sœurs à cette rencontre faisant partie de la « Série des quarante [hadîths]».

Nous commencerons par “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur”, dû à l’importance qu’a la réforme du cœur dans le salut de la personne.

Concernant “Les quarante [hadîths]”, de nombreux savants des premières générations et celles d’après ont veillé à collecter quarante hadîths du Messager dans de nombreux sujets, et pour différentes raisons. Ils en ont d’ailleurs fait un très grand nombre de livres.

Et la raison de chacun diffère dans l’écriture [des hadîths], leur collecte et leur classification.

Il y en a qui pour leurs quarante [hadîths]” se sont basés dans la collecte des hadîths évoquant le Tawhîd (l’unicité d’Allah) et d’autres sur les attributs d’Allah. Comme “Les quarante [hadîths] sur les preuves du Tawhîd” d’Aboû Ismâ’îl Al-Harawî رحمه الله et “Les quarante [hadîths] sur les attributs du Seigneur de l’univers de l’imam Adh-Dhahabî رحمه الله.

Il y en a aussi qui avaient pour but de collecter quarante [hadîths] sur la jurisprudence, comme le fit l’imam Al-Moundhirî رحمه الله avec “Les quarante [hadîths] dans la jurisprudence”.

Il y a ceux qui se sont limités aux adorations dans la jurisprudence comme “Les quarante [hadîths] sur les adorations” de Yoûssouf Ibn ´Abdillah Ibn Sa’îd Al-Houssaynî Al-Armayounî d’Égypte, Ach-Châfi’î, l’élève de l’imam As-Souyoûtî رحمه الله.

Certains ont choisi les prêches et les sermons [qui adoucissent les cœurs], d’autres ont voulu collecter dans leurs “Quarante [hadîths]” les hadîths authentiques, certains ont voulu les hadîths avec peu de personne dans la chaîne de transmission.

Certains ont choisi les hadîths longs contenant de beaux discours, etc.

Tous ont nommé leur livre “Les quarante [hadîths] dans telle chose”, et le plus connu d’entre-eux est le livre “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî” de l’imam An-Nawawî رحمه الله.

L’imam An-Nawawî avait pour but de collecter quarante hadîths liés aux règles et aux fondements de l’Islam, c’est-à-dire les hadîths sur lesquels reposent les bases de la religion.

Puis Al-Hâfidh Ibn Rajab en a rajouté quelques-uns et le livre a été expliqué de nombreuses fois.

Quant aux quarante [hadîths] avec lesquels nous débutons cette série : “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur” ou “la réforme des cœurs”, cela revient à ce que les savants avaient pour habitude de faire. Or il y a un hadith célèbre qui a été rapporté à ce sujet mais qui, malgré ses nombreuses chaînes de transmission, n’est pas authentique.

Ce hadîth a été rapporté via plusieurs chaînes de transmission et de multiples versions, sans pourtant être authentique, par de nombreux compagnons comme : ´Alî, Ibn Mas’oûd, Mou’âdh Ibn Jabal, Aboû Ad-Dardâ, Aboû Sa’îd, Aboû Hourayrah, Aboû Oumâmah, Ibn ´Abbâs, Ibn ´Oumar, Ibn ´Amr, Jâbir Ibn Samourah, Anas et Bouraydah.

L’imam Ibn Al-Jawzî رحمه الله les cita dans son livre “Al-’Ilal Al-Moutanâhiyah Fî Al-Ahâdîth Al-Wâhiyah” et démontra leur faiblesse. Et parmi les versions de ce hadith : « Quiconque aura appris par cœur quarante hadiths sur la religion, Allah le ressuscitera le Jour de la Résurrection savant. » et dans une autre narration : « On lui dira : entre au Paradis par la porte que tu voudras » et dans une autre narration : « Allah le ressuscitera savant, et je serai son plaideur et témoin. »

Ce hadîth « Quiconque aura appris par cœur quarante hadîths… », les savants le classent dans les livres sur la terminologie du hadîth parmi les hadîths [faibles] qui ne peuvent jamais se renforcer malgré ses nombreuses chaînes de transmission ; comme l’a mentionné l’imam As-Sakhâwî رحمه الله dans son livre “Fath Al-Moughîth”.

L’imam An-Nawawî رحمه الله a dit : « Les savants du hadîth sont unanimes sur la faiblesse de ce hadîth malgré ses nombreuses chaînes de transmission. » Voir l’introduction dans “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî”.

L’imam Ad-Dârouqoutnî رحمه الله a dit : « Toutes les chaînes de transmission de ce hadith sont faibles, aucune n’est authentique. »

Ibn Hajar رحمه الله a dit : « J’ai rassemblé les chaînes de transmission de ce hadîth dans un livre et aucune d’entre-elles ne peut être authentique. » À voir dans son livre “At-Talkhîs Al-habîr”.

Mais pourquoi les savants ont écrit des livres sur “Les quarante [hadîth]” malgré la faiblesse du hadith ?

Ils ont leur propre vision sur cela, et ils se sont inspirés du hadith. C’est-à-dire que malgré sa faiblesse, ses nombreuses chaînes de transmission ont fait qu’ils ont prêté attention au fait de collecter quarante hadîth. Quarante dans telle chose et quarante dans telle autre chose …

De plus cette collecte a beaucoup de côté positif, parmi eux :

La présence d’un résumé permettant au musulman et à l’étudiant en science débutant, et même aux gens lambdas, de cerner les bases d’un sujet. Par exemple les quarante sur les attributs d’Allah, les quarante sur les piliers de l’Islam, ou les quarante sur les adorations… Donc du point de vue de l’enseignement et de l’apprentissage, cela est bénéfique.

Et quant au fait qu’ils se soient inspirés de ce hadîth faible qui a de très nombreuses chaînes de transmission, c’est parce qu’il fait partie des [hadîths évoquant] des mérites. Et même si ce mérite en particulier est faible, il reste le mérite général qui est de propager de la science aux gens, succinctement, dans des épîtres explicatifs permettant de cerner l’essentiel, ou résumant un chapitre… et ceci est une très bonne chose dans l’enseignement.

L’imam An-Nawawî رحمه الله a dit dans l’introduction des “Quarante hadîths d’An-Nawawî” : « Les savants ont beaucoup écrit sur ce sujet, et le premier qui à ma connaissance a fait un livre sur les “Quarante [hadîths]” c’est ´Abdoullah Ibn Al-Moubârak. » Donc l’écriture dans les quarante hadîths remonte aux savants des premières générations.

« Puis le grand savant et éducateur Mouhammad Ibn Aslam At-Toûssî, Al-Hassan Ibn Soufyân An-Nassâî, Aboû Bakr Al-Ajourrî, et de nombreux autres savants des premières générations et ceux d’après. J’ai donc consulté Allah (Al-Istikhârah) pour collecter quarante hadîths imitant ainsi ces grands savants de l’Islam. Et les savants se sont mis d’accord sur la possibilité d’appliquer un hadith faible sur des oeuvres méritoires. »  Ceci sont les paroles d’An-Nawawî رحمه الله.

Bien sûr ce sujet demande plus de précision, ce qu’il dit n’est pas absolu.

Il poursuit : « Malgré cela, je ne me suis pas basé sur ce hadith » Il veut dire, dans ce qui l’a poussé à écrire “Les quarante hadîths d’An-Nawawî” « je ne me suis pas basé sur ce hadîth mais plutôt sur la parole du Prophète parmi les hadîths authentiques : « Que celui qui est présent transmette à l’absent. » [Rapporté par Al-Boukhârî]

Ainsi que sa parole : « Qu’Allah illumine le visage d’un homme qui aura entendu mes propos, les aura compris et mémorisé, puis les aura transmis à celui qui ne les avait pas entendu. » [Rapporté par Ahmad et le hadîth est authentique]

Donc parmi les objectifs de l’imam An-Nawawî رحمه الله dans “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî”, il y a le fait de transmettre la sounnah.

Il dit : « Les hadîths incitant à transmettre la sounnah et mentionnant la récompense de celui qui la propage sont des motifs correctes et demandés. Parmi ces motifs également : suivre les pas de nos imams comme ´Abdoullah Ibn Al-Moubârak, Mouhammad Ibn Aslam At-Toûssî, Al-Ajourrî et beaucoup d’autres, tout en ayant l’honneur de transmettre la sounnah et les bons conseils aux gens.»

Les savants avaient plusieurs points de vue concernant la faiblesse du hadîth et de ce qui peut être accepté ou non.

L’imam As-Sakhâwî رحمه الله a dit : « An-Nawawî a rapporté le consensus des savants sur la faiblesse de ce hadith malgré toutes ses chaînes de transmission. Mais à cause de leur grand nombre, il passe du degré où il est rejeté et qu’il n’est absolument pas permis d’oeuvrer avec, au degré de faiblesse moindre où il est permis d’oeuvrer avec dans les oeuvres méritoires. » Ces paroles se trouvent dans “Fath Al-Moughîth Fî Charch Al-Alfiyah Al-Hadîth” et ce sont les paroles de l’imam As-Sakhâwî. Car le livre “Al-Alfiyah” est d’Al-’Irâqî et le livre d’As-Sakhâwî (qui est son explication) se nomme “Fath Al-Moughîth Fî Charch Alfiyah Al-´Irâqî”.

Donc là c’est la parole d’un savant expert du hadîth qui dit que ce hadîth, en dépit qu’il soit faible, le degré de faiblesse dans lequel il se trouve lui permet par les nombreuses chaînes de transmission de s’élever d’un degré qui est rejeté à un degré de faiblesse où il est permis d’oeuvrer avec dans les œuvres méritoires.

Donc nous allons commencer – si Allah le permet – la série des quarante [hadîths] par “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur”.

La véracité est salvatrice

Si l’on dit que « la véracité est salvatrice » cela signifie que le salut du serviteur réside dans la véracité de son cœur par sa croyance, dans la véracité de sa langue par ses propos et dans la véracité de ses membres par ses œuvres. Il faut impérativement que ces trois choses soient véridiques.

Médite ce sens que l’on trouve dans le verset que les gens de science nomment « le verset de la bonté pieuse » et qui est la Parole d’Allah : {La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la prière et d’acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !} [Al-Baqarah, v.177]

Sa Parole {les voilà les véridiques} renvoie à deux choses :

– La première est la bonne croyance, elle est due à la droiture de leurs coeurs sur les fondements de la foi {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Ceux-ci sont les fondements de la foi sur lesquels elle repose. Ils sont pour la religion ce que sont les racines pour les arbres et les piliers pour le bâtiment {N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?} [Ibrâhîm, v.24]
À l’instar de l’arbre qui a des racines sur lesquelles il repose, la foi possède également des fondements sur lesquels elle est bâtie.

Ces fondements se situent dans le coeur et ce sont eux qui sont évoqués ici {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Croire en Allah en tant que Seigneur et Créateur, croire en Ses Noms les plus beaux et Ses Nobles Attributs, croire qu’Il est Le Seul digne d’être adoré et qu’aucune autre chose est en droit d’être adorée hormis Allah, L’unifier dans l’adoration, Lui vouer un culte exclusif pur, se débarrasser et se désavouer du polythéisme et de ses adeptes.

Croire aux Anges – à cette gigantesque armée – en croyant en leurs noms, leurs descriptions, leur nombre et leurs tâches de manière globale dans ce qui est venu globalement, et de façon détaillée dans ce qui a été détaillé, conformément à ce qu’Allah nous a ordonné et comme cela a été rapporté dans la Sounnah du Messager d’Allah ﷺ.

Croire aux livres, c’est à dire en tous les livres qu’Allah a révélés aux messager {Et dis : « Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre} [Ach-Choûrâ, v.15]
Il les a révélés comme guide pour l’univers et pour réformer les serviteurs. Ils renferment la vérité et la guidée, ainsi celui qui a eu foi en ces livres aura certes réussi et sera heureux, quant à celui qui n’y a pas cru il aura échoué et péri.

Croire aux Prophètes qu’Allah a envoyés en tant qu’annonciateurs et avertisseurs. C’est croire en chaque Prophète qu’Allah a envoyé et croire que chacun d’eux a transmis le message clairement.
Et ils n’ont pas laissé un bien sans l’avoir indiqué à leur communauté, et ils n’ont pas laissé un mal sans avoir mis en garde contre lui.

Croire au Jour Dernier qui est le jour promis, le jour de la récompense, des comptes, et il concerne tout ce qui se passe après la mort. C’est aussi croire à tous les détails relatifs à ce Jour qui ont été rapportés dans le Livre et la Sounnah. Tout cela sont des croyances dont l’emplacement est le coeur.

– La deuxième chose sont les oeuvres pies, et cela est dû à la bonne obéissance et soumission à Allah Éxalté soit-Il, en accomplissant ce qu’Il a légiféré et en s’éloignant de ce qu’Il a interdit.
Tout cela fait partie de la sincérité du serviteur envers Allah.

Voilà pourquoi accomplir la prière, donner la Zakat et effectuer l’ensemble des prescriptions de l’Islam – que le serviteur est tenu de respecter – sont des signes de sa véracité qu’il entretient avec Allah le Très Haut.
Mais il ne doit pas se montrer élitiste dans les actes d’adoration et les obligations [religieuses]. C’est-à-dire le fait qu’il n’accomplit des prescriptions que ce vers quoi son âme penche, et là où elle ne penche pas, il ne l’accomplit pas. Ceci ne fait pas partie des caractéristiques des véridiques avec Allah.

Ainsi, on a vu que la véracité avec Allah est une science, des oeuvres, une croyance et une législation. Elle n’est pas seulement limitée à une chose présente dans le cœur sans avoir d’impact sur les membres du serviteur. Au contraire, la véracité avec Allah l’Éxalté c’est la rectitude de l’intérieur et de l’extérieur, en secret ou en public, tout comme l’a mis en évidence la parole de notre noble Prophète ﷺ : “Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon alors tout le corps le sera, et s’il est corrompu alors tout le corps le sera. Assurément c’est le cœur.” [Rapporté par Al-Boukhârî n°52 et Mouslim n°1599 selon le hadîth d’An-Nou’mân Ibn Bachîr رضي الله عنه]

Et ceci illustre bien que la rectitude du cœur mélangée à la sincérité envers Allah se reflète sur la langue de l’individu par une langue véridique, et sur ses membres par des membres véridiques dans l’obéissance à Allah.

Également, on comprend de ce verset que les œuvres des membres et les rites islamiques apparents sont tous des signes externes de la véracité avec Allah, à condition qu’ils émanent du cœur de la personne et qu’elle n’ait pas cherché à se montrer aux autres.

C’est pourquoi, à titre d’exemple, médite ce qu’a rapporté ´Abd Allah Ibn ´Amr رضي الله عنهما du Prophète ﷺ. Un Jour il évoqua la prière et dit : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut le Jour de la Résurrection. Quant à celui qui ne la préserve pas elle ne sera pas une lumière pour lui, ni un argument, ni un salut. Et il sera au Jour de la Résurrection ressuscité avec Qâroûn, Pharaon, Hâmân et Oubay Ibn Khalaf.” [Rapporté par Ahmad dans “Al-Mousnad” n°6576, Ad-Dârimî dans ses “Sounan” n°2763 et At-Tabrânî dans “Al-Mou’jam Al-Kabîr” n°14746/164]

Ces quatre sont les têtes de la mécréance et ses piliers. Et Oubay est le seul parmi les polythéistes que le Prophète ﷺ tua de ses propres mains, il n’a tué avant et après lui personne d’autre.

Et l’élément du hadith nous concernant est : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut”.
Sa parole (un argument) : c’est à dire un argument de sa véracité dans sa foi. Et du même exemple il y a la parole du Prophète ﷺ : “Et l’aumône est un argument.” [Rapporté par Mouslim, n°223 selon le hadîth d’Aboû Mâlik Al-Ach’arî رضي الله عنه]

La prière est une des obligations de l’Islam, elle est un de ses plus grand pilier. Elle a été nommée “As-Salât” car elle est un lien (Silat) entre le serviteur et Allah, ainsi celui qui la délaisse aura coupé le lien. Et quant à celui qui délaisse la prière, il sera bien plus enclin à délaisser le reste.

Source : « La véracité avec Allah », du chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr حفظه الله, p.22 à 28, édition Dâr Al-Fadîlah. (Traduit par Le Coeur des Croyants)

La réforme des coeurs – Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr (Vidéo et retranscription)

Retranscription du sermon : 

Les louanges abondantes, pures et bénies sont à Allah.

Je Le loue pour tous les biens que je ne saurais dénombrer. Il est tel qu’Il S’est Lui-même loué.

J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée excepté Allah Seul, sans associé, et j’atteste que Mouhammad est Son serviteur et messager. Qu’Allah prie sur lui, sa famille et l’ensemble de ses compagnons et les bénisse.

Ceci dit serviteurs d’Allah : Craignez Allah le Très Haut comme il se doit. Que Le craigne celui qui sait que Son Seigneur l’écoute et le voit.

Sachez, qu’Allah vous fasse miséricorde, que parmi les choses les plus importantes que le musulman doit réformer et auxquelles il doit prêter une grande attention, il y a son cœur dans sa poitrine.

Car le cœur, serviteurs d’Allah, est à l’origine de toutes les œuvres et de tous les mouvements du corps.

Donc si le cœur est bon le corps le sera, mais s’il est corrompu alors le corps le sera également.

Et le Prophète صلى الله عليه و سلم prêtait une grande attention à l’amendement du cœur, et était très vigilant quant à celui-ci.

Il recommanda cela dans de nombreux et nobles ahâdîths où l’on trouve de grandes invocations. Le Prophète صلى الله عليه و سلم avait l’habitude de dire : « Ô Allah, mets dans mon cœur une lumière! »

Il disait aussi : « Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre un cœur qui n’a aucune crainte! »

Mais aussi : « Ô Allah, purifie mon cœur des péchés comme est purifié un vêtement blanc de la souillure ! »

Ou encore : « Ô Allah, accorde à mon âme la crainte et purifie-la, tu es certes le Meilleur qui puisse la purifier. Tu es son Souverain et son Maître. »

Et il disait : « Ô Toi qui retourne les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! »

Les textes allant dans ce sens sont très nombreux.

Lire la suite