Le renversement (Al-Inqilâb)

Le cœur (Al-Qalb) est le membre du corps le plus délicat et qui s’affecte le plus rapidement par ce qui l’entoure et le frôle. En outre, témoigne de sa délicatesse le fait que la moindre pensée, ou idée, a des répercussions sur lui ; et le peu qui le touche peut, en réalité, occasionner beaucoup de choses. Les maladies (tels que les ambiguïtés, passions et vices…) atteignent le cœur en un instant ; il est extrêmement dur pour lui de les fuir, et il est très proche du retournement.

Par conséquent, même si le cœur de la personne est pur un certain temps, ou qu’il est ferme sur la foi (Al-Îmân) et se délecte de celle-ci par moment, il est certainement exposé au retournement. Car cela est la nature du cœur, et c’est de ce retournement-là que provient son nom.

Al-Qourtoubî رحمه الله a dit en expliquant la signification du terme « cœur (Al-Qalb)» : « Al-Qalb est en réalité une forme nominale [du verbe (QaLaBa – قَلَبَ)]
On dit :
– (قَلَبْتُ الشَّيءَ, أَقْلِبُهُ, قَلْباً) c’est-à-dire que j’ai remis cette chose dans son état initial.

– (قَلَبْتُ الإناءَ) signifie que j’ai retourné le récipient, en l’inversant.

Par la suite, ce terme évolua désignant ainsi ce membre, qui est le plus noble, dû à la rapidité des pensées qui le traversent et de leurs agissements sur lui.
Comme il a été dit :

Le cœur n’a été nommé ainsi qu’à cause de son retournement.

Sois-donc attentif à ton cœur contre tout renversement et changement. »

Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Le cœur a été nommé Qalb car il se retourne. Le cœur est semblable à une plume accrochée à un arbre dans un désert que le vent retourne. »
Le cœur peut se retourner de manière extrême et changer soudainement. D’ailleurs, le Prophète صلى الله عليه  وسلم nous donne un exemple : « Le cœur des enfants d’Âdam se retourne plus rapidement que l’eau de la marmite [sur le feu] met à bouillir. »

Bien entendu, il est impossible que le cœur du croyant reste sur un degré élevé de foi qu’il ressent après l’accomplissement de grandes adorations, ou suite à de nombreuses périodes remplies de bien et de faveur[1]. Ceci, car le cœur est considérablement préoccupé par cette vie mondaine, ses délices et ce qui le touche comme joie et tristesse. De même, il est exposé aux guerres incessantes que le diable mène contre lui, ainsi qu’à la duperie des juifs concernant l’exhibition de l’intimité (Al-‘awrah) [de l’homme et la femme] et leur prêche pour les passions.

Malgré tout, j’aimerais à la fois te rassurer et t’effrayer du moment que le retournement des cœurs est uniquement dans la Main d’Allah.
Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts du Miséricordieux, comme s’il s’agissait d’un seul cœur qu’Il oriente dans la direction qu’Il veut. » puis le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ajouta : « Ô Toi qui oriente les cœurs ! Oriente nos cœurs sur Ton obéissance ! »

Mon frère (Ma sœur) … tu as prié aujourd’hui cinq prières, alors réponds-moi sincèrement : Combien de fois as-tu invoqué Allah par cette invocation ?! Sachant que tu as plus besoin de cette invocation que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم lui-même. Aujourd’hui, les troubles se sont généralisés et sont plus nombreux alors que les cœurs sont beaucoup plus faibles et fragiles. Veille donc à ce qu’il y a entre toi et Allah [en t’écartant des interdits et en accomplissant les obligations], et rattache ce qui s’est découpé du câble te reliant à Lui afin qu’Il te raffermisse sur Son agrément dès aujourd’hui, et qu’Il te guide.

[1] Tel le mois de Ramadan ou les jours du pèlerinage (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Le report du repentir

Aussi, lorsque le croyant commet un péché, il doit être déterminé à se repentir. Mais comme il a la promesse que le repentir répare ce qu’il a commis, et que généralement les grandes espérances domine la nature humaine, il ne cesse de retarder le repentir; et en espérant le repentir, il s’adonne au péché. Aussi, il espère qu’Allah lui pardonnera.

Le remède à ces causes consiste à ce qu’il réfléchisse en lui-même et constate que tout ce qui arrive est proche, et ne pas se penser à l’abri de l’offensive soudaine de la mort. On remédie au fait de retarder le repentir en réfléchissant au fait que la majorité des cris des hôtes de l’enfer sont dus à ce report du repentir, car celui qui agit ainsi se fonde sur ce qui ne lui appartient pas, à savoir la pérennité, car il peut ne pas perdurer, et même s’il perdure, il ne pourra peut-être pas cesser demain, comme il en a le pouvoir aujourd’hui. Et s’il est incapable de le faire sur le moment, n’est-ce pas en raison de la domination du désir qui ne le quittera pas demain?

Plus encore, il se renforce par l’accoutumance, et c’est ainsi qu’ont péri ceux qui reportaient le repentir, car ils imaginent une distinction avec ceux qui se conforment à l’ordre. Celui qui retarde le repentir est semblable à un homme qui a besoin de déraciner un arbre, mais constate qu’il est solide et ne peut être déraciné que par un effort intense et dit : « Je vais retarder cela d’un an et je viendrai le couper. » Il ne sait pas que plus l’arbre vit, plus son enracinement grandit, que plus lui vieillit, plus sa force faiblit? On peut s’étonner de son impuissance à le déraciner alors qu’il est fort et l’arbre encore faible; comment peut-il s’attendre à réussir lorsqu’il sera plus faible et l’arbre, lui, plus fort?

Quant au fait d’attendre le pardon d’Allah, certes, le pardon d’Allah – عز و جل – est possible, mais l’homme doit faire preuve de détermination. Cela est semblable à l’homme qui dépense tous ses biens, laissant sa personne et sa famille dans le besoin, et qui attend d’Allah de découvrir un trésor sous des ruines. Cela est possible, mais cette homme sera pris pour un idiot. Et Allah est plus savant.

Source : « L’esprit de l’âme », éditions Tawbah

L’explication du livre « Les 4 règles » (+ lien pdf)

2016-11-17-22-16-59

 

 

Nous sommes heureux de vous présenter l’explication du livre « Les 4 règles » de l’Imâm Mouhammad Ibn ‘Abdi Al-Wahhâb رحمه الله par le grand savant ‘Abdou Ar-Rahmân Al-Barrâk حفظه الله aux éditions RIWÂQ.

 

 

 

 

Nous vous mettons à disposition le lien PDF dans lequel vous pourrez le télécharger dans son intégralité, et nous vous proposons également l’ensemble du livre en lecture sur cette page avec un sommaire qui vous permettra d’accéder à chaque partie du livre que vous souhaitez.

Sommaire :

Préface (des traducteurs)
Introduction
Avant-propos [du Chaykh ‘Abdou Ar-Rahmân Al-Barrâk]
Texte original des 4 règles [Introduction]
– Première règle
– Deuxième règle
– Troisième règle
– Quatrième règle
Commentaire des 4 règles
Première règle
Deuxième règle
Troisième règle
Quatrième règle

Préface (des traducteurs)

Louange à Allah.

Que la bénédiction et la paix soient sur notre prophète Mouhammad, sa famille et ses compagnons.

La foi est le socle de la religion, l’assise sur laquelle les musulmanes et les musulmans doivent construire leur vie. Elle est comparable à une source d’eau autour de laquelle tout semble reprendre vie, elle revivifie les cœurs. Elle nous protège dans un monde où le « ni dieu ni maître » résonne comme un cri de ralliement, où la modernité vénérée et exaltée a élevé l’homme au rang de divinité.

{Seigneur, dit Satan, puisque Tu m’as égaré, je m’emploierai à égarer les hommes, en embellissant, à leurs yeux, la vie sur terre.} [Sourate Al-Hijr, verset 39]

Allah a pourtant envoyé, en tout temps, Ses messagers avec la même révélation : {Adorez Allah et éloignez-vous du culte des idoles.} [Sourate des Abeilles, verset 36]

Tous disaient : {Ô mon peuple, adorez Allah, car vous n’avez d’autre divinité que Lui !} (1) [Sourate des Murailles, verset 59]

C’est de cette facette de la foi, le Tawhîd ou Unicité, que traite ce livre en dénonçant son contraire à savoir le Chirk (le polythéisme). Les arabes qui peuplaient la péninsule arabique avant l’avènement de l’Islam adoraient de nombreuses idoles ; chaque tribu, chaque peuple, chaque clan avait ses propres divinités. Ils étaient tous imprégnés des croyances héritées de leurs ancêtres.

{Et lorsqu’on leur dit : « Suivez ce qu’Allah a révélé ! » Ils rétorquent : « Non ! Nous suivons plutôt ce que nos ancêtres nous ont légué !} [Sourate de Louqmân, verset 21]

On trouve malheureusement, aujourd’hui encore, des relents de ces croyances primitives chez certains musulmans, conséquences probables de l’ignorance et du conformisme aveugle. Ainsi, nous avons choisi de traduire des écrits du Chaykh Mouhammad Ibn ‘Abdi Al-Wahhâb رحمه الله. Grand savant musulman, il vécut au douzième siècle de l’hégire (2).
Beaucoup le considèrent comme un réformateur, un de ces hommes auxquels cette prophétie du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم fait allusion : « Allah سبحانه و تعالى envoie à cette communauté, à la tête de chaque siècle, des hommes qui lui revivifient sa religion. » Il a œuvré tout au long de sa vie à purifier la croyance et à la débarrasser des mythes et des mensonges qui la souillaient. Il a œuvré sans relâche afin de rétablir le pur monothéisme, la religion des bien-aimés d’Allah, Abraham et son descendant Mouhammad صلى الله عليه و سلم, la religion de tous les prophètes.

A ses écrits, nous avons ajouté les commentaires du Chaykh ‘Abdou-Ar-Rahmân Al-Barrâk, théologien reconnu pour son savoir. Ses explications sont d’une clarté et d’une pertinence remarquables. Nous nous sommes attachés à rester fidèles autant que possible au texte arabe tout en veillant à ne pas froisser la langue française. Les notes de bas de pages sont le travail du Chaykh ‘Abdou-Ar-Rahmân As-Soudais, élève de Chaykh Al-Barrâk, sauf celles que nous avons mises en italique et accompagnées de cette indication « [Ndt] » (Note du traducteur).

Nous avons utilisé pour la traduction du sens des versets coraniques, la version du professeur Mouhammad CHIADMI que nous avons comparée à celle du complexe du roi Fahd. Nous avons procédé à quelques modifications, peu nombreuses dans l’ensemble, lorsque cela nous a paru nécessaire. Nous espérons que ce travail sera bénéfique pour nos frères et sœurs francophones ne comprenant pas encore la langue arabe. Nous les encourageons vivement à faire tous les efforts nécessaires pour acquérir cet outil qui leur permettra d’avoir une meilleure compréhension de leur religion. Enfin, nous demandons à Allah de nous pardonner nos péchés, nos faiblesses et nos erreurs. Seigneur ! Nous T’implorons humblement, nous Te prions, soumis, afin que Tu nous couvres de Ta miséricorde et nous ouvres les portes de Ton Paradis.

Alexandrie, le 25 janvier 2013

Michaël ‘Abdou-Rahmân CHORRO
François ‘Abdou-Allah CURTILLET

(1) Ce verset revient plusieurs fois dans la sourate des Murailles (59, 65, 73, 85) mais aussi dans la sourate de Hoûd (50, 61, 84)

(2) Il est né en 1115 et mourut en 1206 de l’hégire ce qui correspond aux années 1703 – 1791 du calendrier grégorien.

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Les implications de l’espoir

maxresdefaultIl convient de savoir que celui qui espère une chose, son espoir implique trois choses :

  1. La première est l’amour de ce qu’il espère
  2. La deuxième est la crainte de la perdre
  3. Et la troisième est son application.

Quant à l’espoir qui n’est accompagné d’aucune de ces trois choses, il est de l’ordre des fausses espérances. L’espoir est une chose et les fausses espérances en sont une autre, car toute personne qui espère ressent de la crainte, et celui qui emprunte un chemin et ressent de la crainte presse le pas de peur de manquer ce qu’il recherche.

Abû Hurayrah رضي الله عنه rapporte que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم a dit : « Celui qui craint [d’arriver trop tard], chemine de nuit; et celui qui chemine de nuit parvient à destination. La marchandise d’Allah est précieuse, la marchandise d’Allah est la Paradis. » [As-Sahîhah (2335)]

De la même manière qu’Allah a attribué l’espoir à ceux qui pratiquent des œuvres pieuses, Il leur a également attribué la crainte, ainsi on voit que l’espoir et la crainte utiles sont ceux qui sont accompagnés d’œuvres pieuses, comme Allah dit : { Ceux qui tremblent par crainte de leur Seigneur, croient en Ses versets, ne Lui associent rien, donnent ce qu’ils peuvent et dont les cœurs tremblent de crainte à la pensée de retourner à leur Seigneur; ceux-là s’empressent d’accomplir de actions et sont les premiers à les accomplir. } [Sourate 23, Verset 57-61]

‘Âishah رضي الله عنها rapporte : « J’ai interrogé le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم à propos de ce verset, et j’ai dit : S’agit-il de ceux qui consomment de l’alcool, tombent dans la fornication et volent? Il répondit : Non, Ô fille du véridique ! Mais il s’agit de ceux qui jeûnent, accomplissent la prière, acquittent l’aumône, et craignent qu’on ne l’accepte pas d’eux, ce sont eux qui s’empressent d’accomplir de bonnes actions. » [As-Sahîhah (162)]

Allah a décrit les bienheureux par la bienfaisance accompagnée de crainte, et Il a décrit les malheureux par la malfaisance accompagnée [d’illusion] de sécurité.

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