02 – Hadîth n°2 : « Tel un seul coeur qu’Il dirige »

Le deuxième hadîth:

‘Abd Allah Ibn ‘Amr Ibn Al-‘Âs rapporte qu’il a entendu le Prophète ﷺ dire : « Certes, tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux, tel un seul cœur qu’Il dirige comme bon Lui semble. Puis le Messager d’Allah ﷺ ajouta : « Ô Toi qui orientes les cœurs, oriente nos cœurs vers Ton obéissance ».

Rapporté par Mouslim.

Ce hadîth vient confirmer l’importance de s’intéresser aux affaires du cœur, à ses actes, et, en particulier, à invoquer Allah pour qu’Il oriente les cœurs vers l’obéissance.

Il met aussi en évidence que le retournement du cœur est une chose dangereuse et qu’il convient de prêter attention à la dangerosité du retournement du cœur. Car le basculement de la clairvoyance à l’état d’aveugle, de la guidée à celui de l’égarement et de l’obéissance à la désobéissance est une catastrophe majeure. Et tous les êtres humains sont concernés par ce danger. C’est-à-dire le fait que le Prophète ﷺ dise, alors qu’il est le Prophète : « Ô Toi qui orientes les cœurs, oriente mon cœur » « Affermis mon cœur », il y a en cela une grande leçon pour la communauté : « Vous, vous êtes en-dessous du Messager d’Allah ﷺ. Pourtant, il veillait à dire cette invocation pour que son cœur soit sain et bon, tout en sachant qu’Allah l’a secouru et lui a pardonné ses péchés, passés et futurs ; par conséquent, quelle doit être votre attitude vis-à-vis de cette invocation ? »

Bien entendu, il y a dans le hadîth l’affirmation d’un attribut parmi les attributs d’Allah que les Jahmiyyah[1] [et leurs semblables] ont nié. Lequel ? Oui ? L’attribut des doigts. Quant à l’attribut de la main [et des doigts], nous les affirmons à Allah – Le Très Haut – et ce de la manière convenant à Sa grandeur et Sa majesté. Les gens de la Sounnah affirment cela tout comme l’ont affirmé le Prophète ﷺ, les Compagnons, les Suiveurs (At-Tâbi’oûn), et les grands imams de la guidée.

On questionna l’imam Ach-Châfi’î رحمه الله concernant les attributs d’Allah et la position qu’il convient d’adopter les concernant, il répondit : « Allah – Le Très Haut – possède des Noms et des Attributs qui sont mentionnés dans Son Livre, et Son Prophète ﷺ en a informé sa communauté. […] Et Il possède un doigt selon la parole du Prophète ﷺ : « Tous les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux. »

Chaykh ‘Abd Al-‘Azîz Ibn Bâz رحمه الله a dit : « Le hadîth est clair. Il affirme [l’attribut] des doigts à Allah d’une façon qui Lui sied, mais aussi le fait qu’Allah gèrent les affaires et tournent les cœurs avec Sa Main comme Il le veut. »

Évidemment, l’argument qu’avancent ceux qui nient les doigts (parmi les sectes d’Ahl Al-Kalâm) est faux. Ils prétendent qu’affirmer les doigts à Allah revient à Le faire ressembler à Sa créature.

Demande-lui à cette personne [ach’ariyyah ou mâtourîdiyyah][2] : Affirmes-tu l’ouïe à Allah ? Lui affirmes-tu la vue ? Il te répondra : « oui » Nous lui disons : « alors pourquoi ici il n’y aurait pas le fait de faire ressembler Allah à Ses créatures ? Que l’ouïe et la vue [d’Allah] soient comme celles des créatures ? Nie-les ! Interprète-les ou change leur sens ! Trouve leurs une signification ! » Il dira : « non », nous lui disons : « d’accord, quelle est la différence ? Si tu affirmes l’ouïe et la vue, alors affirme le visage ! Affirme les doigts ! Affirme la main ! Où est le problème ? » Mais ces gens-là ne comprennent pas.

Sa parole ﷺ : « tel un seul cœur qu’Il dirige comme bon Lui semble. » montre le pouvoir d’Allah sur Ses serviteurs et le contrôle qu’Il détient sur Sa créature. Mais aussi que ces cœurs présents dans leurs corps, cachés à l’intérieur, Allah – Le Très Haut – a certes le pouvoir sur eux en les retournant alors qu’ils sont dans le corps de leur propriétaire. Il les retourne alors qu’ils sont dans leurs corps. Quelle force immense que de retourner et changer l’état du cœur !

Et le retournement [du cœur] signifie : [son changement d’état] de la droiture vers l’égarement, et de l’égarement à la droiture. Et ainsi de suite.

Gloire et pureté à Celui qui retourne les cœurs ! Il y déposa des secrets cachés [de tous] (les œuvres du cœur). Il oriente les cœurs là où Il veut عز وجل. Il les fait vivre ou bien ils meurent ; Il les fortifie, les stimule, ou alors ils sont inertes, etc.

Et si nous sommes certains qu’Allah – Le Très Haut – oriente les cœurs de Ses serviteurs, alors il convient pour raffermir les cœurs sur le bien et qu’ils soient tournés vers l’obéissance que les serviteurs se dirigent vers le Créateur de ces cœurs et vers Celui qui les oriente. C’est pourquoi le Prophète ﷺ conclut le hadîth par une invocation.

Il débuta le hadîth par une information (Khabar), quelle est-elle ? « Certes, tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux ». Ceci est une information. Et il conclut le hadîth par une invocation : « Ô Toi qui orientes les cœurs, oriente nos cœurs vers Ton obéissance ».

Ce hadîth incite les cœurs à se tourner vers Celui qui les oriente pour qu’Il soit leur allié.

[1] Les Jahmiyyah font partie des sectes d’Ahl Al-Kalâm.

Parmi les fondements d’Ahl Al-Kalâm le fait qu’ils s’appuient sur la raison et leurs points de vue dans les sujets de la croyance, quitte à rejeter les textes authentiques qui contredisent leurs passions.
Ainsi, ils ont de nombreux égarements notamment dans les Noms et Attributs d’Allah. Certains plus graves que d’autres.

On dénombre 5 grandes sectes parmi Ahl Al-Kalâm :
1 – Les Jahmiyyah
2 – Les Mou’tazilah
3 – Les Koullâbiyyah
4 – Les Achâ’irah
5 – Les Mâtourîdiyyah

Parmi les éagrements des Jahmiyyah, le fait qu’ils ont nié tous les Noms et Attributs d’Allah. (Note du traducteur)

[2] Ici, Chaykh Al-Mounajjid ne visait pas les jahmiyyah car ils nient tous les Noms et Attributs, mais il visait ceux qui ont été mis entre crochets, car ces-derniers affirment les Noms d’Allah mais ils n’affirment que 7 attributs (ou plus selon la secte et leurs divergences internes) dont l’ouïe et la vue. Ils ont nié les attributs à titre informatifs (tels que le visage, la main, etc.), les attributs d’actions et de volonté (tels que que l’établissement sur le Trône, la venue, la descente, etc.) soit en les interprétant par la raison sans aucune preuve légiférée, soit en déléguant à Allah la connaissance de leurs significations.

Alors qu’Ahl As-Sounnah affirment ce qu’Allah s’est affirmé pour Lui-même ou que le Prophète Lui a affirmé, en affirmant leurs significations telles qu’elles sont venus dans la langue arabe, mais sans anthropomorphisme (c’est-à-dire sans chercher à faire ressembler Allah à la créature). Par exemple : Allah possède un visage et nous savons ce que cela veut dire dans la langue arabe, mais nous ignorons tout de son « comment »… car Allah dit {Rien ne Lui est semblable, et c’est Lui l’Audient, l’Omniscient} (Note du traducteur)

01 – Hadîth n°1 : « N’est-ce pas que c’est le coeur »

Nous commençons par le premier hadîth qui est celui où le Prophète dit : « En vérité, ce qui est licite (Halal) est clair et ce qui est illicite (Haram) est clair ; et entre les deux se trouvent des choses douteuses (ambiguës, équivoques) que peu de gens connaissent. Celui qui s’écarte des choses douteuses a certes préservé sa religion et son honneur. Quant à celui qui tombe dans les choses douteuses, il finira par tomber dans l’illicite ; à l’instar d’un berger qui fait paître son troupeau autour d’un domaine réservé, proche est le moment où il y pénètrera. Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits.
N’est-ce pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera, et s’il est mauvais
alors tout le corps le sera, n’est-ce pas que c’est le cœur ».
[Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim, et ceci est la version de Mouslim.]

Ce hadîth a une grande place chez les savants, d’ailleurs l’imam An-Nawawî l’évoqua dans son livre « Les quarante hadîths sur les fondements et les piliers de l’Islam ». C’est l’un des hadîths sur lesquels repose l’Islam car le Prophète  y mentionna l’importance de la licéité de la nourriture, de la boisson, des vêtements, etc, mais aussi que l’individu doit veiller à ces choses-là, et à se débarrasser des ambiguïtés afin de protéger sa religion et son honneur.

Il mit aussi en garde de ne pas tomber dans les choses douteuses (Choubouhât) en illustrant cela par un magnifique exemple. Puis il clarifia l’importance de prendre soin du cœur qui par sa salubrité, toutes les œuvres deviennent bonnes, et qui par sa corruption, toutes deviennent mauvaises.

L’Imam Ach-Châfi’î رحمه الله, de par la compréhension qu’il avait de ce hadîth, le considéra comme étant la moitié de la science [religieuse], il disait : « La moitié de la religion entre dedans « 

Pourquoi l’imam Ach-Châfi’î considéra ce hadîth comme étant la moitié de la science ?

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La jalousie (Al-Ghayrah) des Prophètes

Le Prophète dit lorsqu’il conta l’histoire de l’ascension nocturne vers les cieux (Al-Mi’râj) : « […] Puis nous parvînmes au sixième ciel. J’allai voir Moûsa عليه السلام et le salua, il dit alors : « Bienvenue au frère et Prophète Vertueux ! » À peine l’avais-je dépassé qu’il se mit à pleurer. C’est à ce moment qu’Allah lui adressa la parole : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « Ô mon Seigneur !! C’est un jeune homme que tu as envoyé après moi ; ceux de sa communauté seront plus nombreux à entrer dans le Paradis que ceux de ma communauté. »[1]

Les savants ont dit : « Les pleurs de Moûsa n’étaient pas dus à la convoitise (hasad), nous recherchons refuge auprès d’Allah contre cette pensée. Car dans l’Au-delà la convoitise est retirée du cœur des croyants, alors qu’en est-il pour celui qu’Allah Le Très Haut a élu ?! Au contraire, il était affligé de la récompense divine qu’il ne put atteindre et qui lui aurait permis de gravir des degrés. Cela fut provoqué par les nombreuses désobéissances qui frappèrent sa communauté réduisant ainsi leur récompense et impliquant par conséquent la diminution de la rétribution de Moûsa. Car tous les prophètes obtiennent la même récompense que ceux qui les auront suivis[2]. Voilà pourquoi, malgré le fait qu’ils vécurent plus longtemps que ceux de la communauté de notre Prophète , le nombre des suiveurs de la communauté de Moûsa était inférieur à celui de notre Prophète . Concernant sa parole « jeune homme », ce n’est pas par mépris mais plutôt dans le but d’évoquer la puissance d’Allah et Son immense générosité. Car ce qu’Il a donné pour quelqu’un de cet âge-là, Il ne l’a jamais donné pour quiconque de plus âgé avant lui. »

Voyez par exemple la vie présente dans les cœurs d’Aboû Bakr et de ’Oumar رضي الله عنهما. Et y a-t-il des cœurs aussi vivants que ceux des deux compagnons les plus proches et les plus aimés du Messager d’Allah ?!

Médite l’impact que cela a eu sur leur concurrence mutuelle dans les œuvres de bien. Et elle n’est pas uniquement restreinte dans la sphère des adorations, elle concerne même les habitudes[3]. À ce propos, ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه a dit : « Une nuit, nous veillions chez Aboû Bakr avec le Prophète . Puis nous sommes sortis et le Messager d’Allah marchait entre Aboû Bakr et moi. Lorsque nous arrivâmes à la mosquée on entendit un homme réciter [le Coran]. Le Prophète l’écouta puis il dit : « Quiconque désire réciter le Coran dans la même splendeur avec laquelle il fut révélé, qu’il le récite de la manière d’Ibn Oumm ‘Abd. »[4] C’est alors que nous sûmes, mon compagnon et moi, qu’il s’agissait de ‘Abd-Allah Ibn Mas’oûd. Le lendemain matin, je partis le voir pour lui annoncer la bonne nouvelle, il me répondit : « Aboû Bakr t’a précédé. »

Une autre situation tout aussi improbable illustrant l’ardeur dans l’accomplissement du bien que nous rapporte Aboû Sâlih Al-Ghifârî : ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه allait souvent voir une vieille dame aveugle dans les alentours de Médine durant la nuit pour lui apporter de l’eau et s’occuper d’elle. Mais quand il allait la voir, il remarqua que quelqu’un l’avait précédé et avait déjà répondu à ses besoins. ‘Oumar est venu la voir plus d’une fois et, malgré cela, il a toujours été devancé. Il décida de faire le guet et c’est là qu’il vit que c’était Aboû Bakr As-Siddîq qui allait la visiter alors qu’il était calife.

C’est pourquoi ‘Oumar رضي الله عنه reconnu et confirma le mérite d’Aboû Bakr en disant : « Je n’ai jamais concurrencé Aboû Bakr dans le bien sans qu’il me précède. J’aimerais être un poil sur le torse d’Aboû Bakr. »

[1] Sahîh Mouslim, n°164
[2] Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Celui qui appelle vers la guidée aura la même récompense que tous ceux qui la pratique, sans enlever quoi que ce soit de leur récompense … » (Mouslim) (Note du traducteur)
[3] Il s’agit des habitudes qui deviennent des adorations, comme le fait de dormir pour pouvoir se lever et prier la nuit, car les compagnons رضي الله عنهم ne se concurrençaient pas dans les choses mondaines, mais ils ne le firent que dans les adorations. (Note du traducteur)
[4] As-Sahîh Al-Mousnad, jugé authentique par Chaykh Al-Wâdi’î

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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{Et annonce la bonne nouvelle aux endurants} – Chaykh Khâlid Ismâ’îl Mousabbah

Retranscription de la conférence :

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La véracité est salvatrice

Si l’on dit que « la véracité est salvatrice » cela signifie que le salut du serviteur réside dans la véracité de son cœur par sa croyance, dans la véracité de sa langue par ses propos et dans la véracité de ses membres par ses œuvres. Il faut impérativement que ces trois choses soient véridiques.

Médite ce sens que l’on trouve dans le verset que les gens de science nomment « le verset de la bonté pieuse » et qui est la Parole d’Allah : {La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la prière et d’acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !} [Al-Baqarah, v.177]

Sa Parole {les voilà les véridiques} renvoie à deux choses :

– La première est la bonne croyance, elle est due à la droiture de leurs coeurs sur les fondements de la foi {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Ceux-ci sont les fondements de la foi sur lesquels elle repose. Ils sont pour la religion ce que sont les racines pour les arbres et les piliers pour le bâtiment {N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?} [Ibrâhîm, v.24]
À l’instar de l’arbre qui a des racines sur lesquelles il repose, la foi possède également des fondements sur lesquels elle est bâtie.

Ces fondements se situent dans le coeur et ce sont eux qui sont évoqués ici {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Croire en Allah en tant que Seigneur et Créateur, croire en Ses Noms les plus beaux et Ses Nobles Attributs, croire qu’Il est Le Seul digne d’être adoré et qu’aucune autre chose est en droit d’être adorée hormis Allah, L’unifier dans l’adoration, Lui vouer un culte exclusif pur, se débarrasser et se désavouer du polythéisme et de ses adeptes.

Croire aux Anges – à cette gigantesque armée – en croyant en leurs noms, leurs descriptions, leur nombre et leurs tâches de manière globale dans ce qui est venu globalement, et de façon détaillée dans ce qui a été détaillé, conformément à ce qu’Allah nous a ordonné et comme cela a été rapporté dans la Sounnah du Messager d’Allah ﷺ.

Croire aux livres, c’est à dire en tous les livres qu’Allah a révélés aux messager {Et dis : « Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre} [Ach-Choûrâ, v.15]
Il les a révélés comme guide pour l’univers et pour réformer les serviteurs. Ils renferment la vérité et la guidée, ainsi celui qui a eu foi en ces livres aura certes réussi et sera heureux, quant à celui qui n’y a pas cru il aura échoué et péri.

Croire aux Prophètes qu’Allah a envoyés en tant qu’annonciateurs et avertisseurs. C’est croire en chaque Prophète qu’Allah a envoyé et croire que chacun d’eux a transmis le message clairement.
Et ils n’ont pas laissé un bien sans l’avoir indiqué à leur communauté, et ils n’ont pas laissé un mal sans avoir mis en garde contre lui.

Croire au Jour Dernier qui est le jour promis, le jour de la récompense, des comptes, et il concerne tout ce qui se passe après la mort. C’est aussi croire à tous les détails relatifs à ce Jour qui ont été rapportés dans le Livre et la Sounnah. Tout cela sont des croyances dont l’emplacement est le coeur.

– La deuxième chose sont les oeuvres pies, et cela est dû à la bonne obéissance et soumission à Allah Éxalté soit-Il, en accomplissant ce qu’Il a légiféré et en s’éloignant de ce qu’Il a interdit.
Tout cela fait partie de la sincérité du serviteur envers Allah.

Voilà pourquoi accomplir la prière, donner la Zakat et effectuer l’ensemble des prescriptions de l’Islam – que le serviteur est tenu de respecter – sont des signes de sa véracité qu’il entretient avec Allah le Très Haut.
Mais il ne doit pas se montrer élitiste dans les actes d’adoration et les obligations [religieuses]. C’est-à-dire le fait qu’il n’accomplit des prescriptions que ce vers quoi son âme penche, et là où elle ne penche pas, il ne l’accomplit pas. Ceci ne fait pas partie des caractéristiques des véridiques avec Allah.

Ainsi, on a vu que la véracité avec Allah est une science, des oeuvres, une croyance et une législation. Elle n’est pas seulement limitée à une chose présente dans le cœur sans avoir d’impact sur les membres du serviteur. Au contraire, la véracité avec Allah l’Éxalté c’est la rectitude de l’intérieur et de l’extérieur, en secret ou en public, tout comme l’a mis en évidence la parole de notre noble Prophète ﷺ : “Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon alors tout le corps le sera, et s’il est corrompu alors tout le corps le sera. Assurément c’est le cœur.” [Rapporté par Al-Boukhârî n°52 et Mouslim n°1599 selon le hadîth d’An-Nou’mân Ibn Bachîr رضي الله عنه]

Et ceci illustre bien que la rectitude du cœur mélangée à la sincérité envers Allah se reflète sur la langue de l’individu par une langue véridique, et sur ses membres par des membres véridiques dans l’obéissance à Allah.

Également, on comprend de ce verset que les œuvres des membres et les rites islamiques apparents sont tous des signes externes de la véracité avec Allah, à condition qu’ils émanent du cœur de la personne et qu’elle n’ait pas cherché à se montrer aux autres.

C’est pourquoi, à titre d’exemple, médite ce qu’a rapporté ´Abd Allah Ibn ´Amr رضي الله عنهما du Prophète ﷺ. Un Jour il évoqua la prière et dit : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut le Jour de la Résurrection. Quant à celui qui ne la préserve pas elle ne sera pas une lumière pour lui, ni un argument, ni un salut. Et il sera au Jour de la Résurrection ressuscité avec Qâroûn, Pharaon, Hâmân et Oubay Ibn Khalaf.” [Rapporté par Ahmad dans “Al-Mousnad” n°6576, Ad-Dârimî dans ses “Sounan” n°2763 et At-Tabrânî dans “Al-Mou’jam Al-Kabîr” n°14746/164]

Ces quatre sont les têtes de la mécréance et ses piliers. Et Oubay est le seul parmi les polythéistes que le Prophète ﷺ tua de ses propres mains, il n’a tué avant et après lui personne d’autre.

Et l’élément du hadith nous concernant est : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut”.
Sa parole (un argument) : c’est à dire un argument de sa véracité dans sa foi. Et du même exemple il y a la parole du Prophète ﷺ : “Et l’aumône est un argument.” [Rapporté par Mouslim, n°223 selon le hadîth d’Aboû Mâlik Al-Ach’arî رضي الله عنه]

La prière est une des obligations de l’Islam, elle est un de ses plus grand pilier. Elle a été nommée “As-Salât” car elle est un lien (Silat) entre le serviteur et Allah, ainsi celui qui la délaisse aura coupé le lien. Et quant à celui qui délaisse la prière, il sera bien plus enclin à délaisser le reste.

Source : « La véracité avec Allah », du chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr حفظه الله, p.22 à 28, édition Dâr Al-Fadîlah. (Traduit par Le Coeur des Croyants)