L’excès de sommeil

Le sommeil est comme le sel, il faut en mettre peu dans la nourriture. Le sommeil excessif est donc néfaste, il fait que le goût de la vie n’est pas agréable. Il possède de nombreux maux, et la dureté du cœur, quant à elle, n’est qu’un de ses fruits.

D’ailleurs, Aboû Hâmid Al-Ghazâlî dénombra les obstacles provoqués par l’excès de sommeil, il dit : « Dans l’excès de sommeil, il y a : la perte de temps, le manquement de la prière de nuit (At-Tahajjoud), la stupidité et la dureté du cœur.

Pourtant, le temps est le plus précieux des bijoux, il est le capital du serviteur avec lequel il commerce[1]. Le sommeil, lui, est une mort, et trop dormir diminue la vie. Le mérite de la prière de nuit n’est plus un secret, mais il se perd dans le sommeil. »

Comment celui qui a connaissance qu’il sera allongé dans sa tombe aussi longtemps qu’il ne l’ait jamais été peut-il autant dormir dans cette vie mondaine ?

Comment quelqu’un peut-il dormir exagérément alors que le sommeil est le « frère de lait »[2] de la mort ?! Ô toi qui a un cœur aussi dur que de la pierre, [médite ces vers] :

Ô toi au long sommeil et aux multiples insouciances,

L’excès de sommeil n’engendre que les regrets.

Assurément, il y aura dans la tombe quand tu y descendras,

Un long sommeil qui perdurera après la mort.

Et un lit y sera préparé pour toi,

Selon les péchés que tu as commis, ou bien les bonnes actions.

Te crois-tu à l’abris de l’Ange de la mort ?

Combien sont ceux dont il reprit l’âme dans leur sommeil alors qu’ils se sentaient à l’abris.

Pourquoi celui qui a un cœur endurci se réveille-t-il si c’est pour passer toute la journée, d’un état à un autre, dans un sommeil continu ? D’un sommeil en état d’éveil à un sommeil réel ? C’est la dureté du cœur qui fait que l’individu néglige la valeur du temps et n’y prête guère attention. Il ne trouve rien à faire qui pourrait nécessiter le réveil, c’est pourquoi il se plonge dans un profond sommeil.

Les causes d’un sommeil court :

Le Prophète a dit : « Je n’ai jamais vu une chose aussi étonnante qu’un individu fuyant le Feu et désirant le Paradis mais qui est endormi. »[3]

Le sommeil, l’extrême insouciance et la paresse ne sont pas des voies par lesquelles on fuit l’Enfer et on demande le Paradis. Au contraire, le chemin menant au Paradis passe avant tout par l’éveil et la fermeté dans notre fuite du feu des péchés vers le paradis de l’obéissance. Et dans ce hadîth, on voit clairement l’étonnement et le blâme envers celui qui dort à outrance et se montre insouciant vis-à-vis de ce qu’Allah lui a ordonné.[4]

Parmi les choses qui aident à écourter le sommeil :

    • La peur du Feu :

Lorsque Tâwoûs étalait son lit et s’y allongeait, il ne faisait que se retourner à l’instar du grain qui cuit sur la poêle. Puis il bondissait du lit, le rangeait et se plaçait face à la Qiblah [pour prier] jusqu’au matin. Il disait : « L’évocation de la Géhenne fit voler en éclats le sommeil des dévots. »

Quand Chaddâd Ibn Aws regagnait son lit, il était telle une graine cuisant sur une poêle, il disait : « Ô mon Seigneur, le rappel de l’Enfer m’empêche de dormir. » Puis il se leva et regagna sa salle de prière.

La fille d’Ar-Rabî’ Ibn Khaytham dit à son père : « Ô mon père, qu’as-tu à ne pas dormir alors que les gens dorment ? » Il répondit : « Le Feu empêche ton père de dormir. »

Lorsque la nuit tombait, Safwân Ibn Mihriz se mettait à mugir comme le taureau et s’exclamait : « La peur du Feu m’empêche de dormir. »

Soufiân Ath-Tawrî ne dormait que la première partie de la nuit, ensuite il se réveillait en sursaut, apeuré et effrayé, en s’écriant : « Ô Allah, éloigne de moi le Feu ! Le rappel du Feu m’a détourné du sommeil et des passions. » Puis il faisait ses ablutions et disait : « Ô mon Seigneur, certes Tu connais ce dont j’ai besoin… Et je ne Te demande que de m’affranchir du Feu. »

‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak exprima l’état de ces gens par ces quelques vers :

« Quand la nuit tombe et que les endurants la réclament,

C’est alors qu’elle les trouve tous inclinés.

Quand la peur fit voler en éclat leur sommeil, ils se levèrent,

Tandis que ceux qui se croient en sécurité ici-bas sont endormis. »

Parmi les choses qui contribuent également à réduire le sommeil :

    • connaître la valeur du temps : par Allah, sache mon frère qu’enlever ne serait-ce qu’une heure de tes heures de sommeil quotidiennes accroîtrait ta durée de vie. Tu constateras alors une différence évidente le Jour de la Résurrection.[5]
    • La modération dans la nourriture : car celui qui mange beaucoup dormira beaucoup et perdra beaucoup de bien.
    • Traiter avec l’horloge biologique sagement : car les fonctions du corps humain s’adaptent à n’importe quelle quantité d’heure de sommeil, et personne ne pourra se rassasier de trop dormir. Mais le doué d’intelligence est celui qui donne repos à son corps sans exagération ni laxisme.
    • Dormir sur le côté droit : il est dit que : « La sagesse de dormir sur le côté droit réside dans le fait que le dormeur ne soit pas plongé dans un sommeil profond, car le cœur s’incline naturellement vers le côté gauche. Donc s’il dort sur le côté droit, le cœur voudra regagner sa place dans le côté gauche et empêchera ainsi la personne d’être dans un état de sommeil profond et lourd. Or ça ne serait pas le cas s’il dormait sur son côté gauche, car il est la place du cœur. Et dormir sur celui-ci entraînera un repos total à travers lequel l’individu s’immisce dans un lourd sommeil. De ce fait, il passe à côté de ses intérêts religieux et mondains. »
    • Avoir de la volonté : et la plus noble des volontés est d’appeler les gens à Allah.

Qu’Allah fasse miséricorde aux prêcheurs de l’Islam de notre temps ! Ils font revivre ce qu’a disparu de la vie de nos Pieux Prédécesseurs, et ils font revivre nos cœurs lorsque nous entendons leur détermination [dans la prédication].

Une communauté du juste milieu :

Mais réduire le sommeil nécessite le fait que tu sois dans le juste milieu. Ne méprise pas le droit et les besoins de ton âme car tu lui causerais du tort pensant lui faire du bien, et tu ne pourras pas atteindre l’objectif voulu, tu iras même à l’encontre de celui-ci.

Ibn Al-Qayyim qui conduit le convoi avec sagesse sur le chemin du juste milieu a dit : « Tout comme le fait que l’excès de sommeil entraîne tous ces maux, et bien repousser le sommeil et s’en écarter provoquent lui aussi d’autres grands problèmes : la mauvaise humeur, la dureté, l’altération de la personnalité, l’assèchement de l’humidité permettant la compréhension et les actes. Cela occasionne des maladies corruptrices dont l’individu n’en tire profit ni avec son cœur, ni avec son corps. Et la création n’a été créée qu’avec justesse, donc celui qui se cramponne à cette justesse aura certainement prit sa part de tout le bien. »

Le plus profitable et le plus néfaste des sommeils :

Si tu questionnais Ibn Al-Qayyim : Quel est le plus bénéfique et le plus néfaste des sommeils ? Et qu’est-il recommandé ou détestable pour celui-ci ? Et bien tu es tombé sur l’expert en la question رحمه الله qui te répond en disant : « Le sommeil le plus profitable est celui dont tu as le plus besoin. Dormir au début de la nuit est plus louable et plus bénéfique qu’en fin de nuit, et dormir en milieu de journée est meilleur que dans ses deux extrémités. Plus le sommeil est proche de l’une d’entre elles et plus son bénéfice diminue et ses méfaits augmentent, et plus particulièrement le sommeil accomplit en fin d’après-midi (Al-‘Asr) et le tout début de la matinée (Al Fajr), excepté si la personne a veillée toute la nuit [dans l’adoration d’Allah].

Chez les itinérants [qui cheminent vers l’Au-delà], il est détestable de dormir entre la prière du soubh et le lever du soleil car cette période est un véritable butin, il y a d’ailleurs pour eux un grand mérite à y œuvrer. Et même si ces derniers œuvraient toute la nuit ils ne se permettront jamais de rester inactifs durant cette période jusqu’à ce que le soleil se lève ; car cette période est le début de la journée et sa clé ; c’est à ce moment-là que la subsistance descend et est répartie, c’est là que se trouve la bénédiction et c’est de là que le jour apparaît. Il convient donc que celui qui dort lors de cette période ne le fasse que s’il en est contraint.

En résumé, [nous pouvons dire que] le plus équilibré des sommeils et le plus bénéfique est celui qui est accompli durant la première moitié de la nuit et dans son dernier sixième, soit huit heures environ. Il est le plus équilibré des sommeils auprès des médecins. Quant au fait de dormir plus ou moins que cela, ils disent que cela impactera l’organisme en fonction de l’écart qu’il y aura.

Et enfin, parmi les sommeils qui ne sont pas bénéfiques [pour la personne], celui qui est fait en tout début de nuit après le coucher de soleil jusqu’à la disparition des lueurs rouges du soir (Al-‘Ichâ), d’ailleurs le Messager d’Allah répugnait cela.

Ce sommeil est donc détestable d’un point de vue de la Législation, mais aussi de l’organisme. »

Prendre en considération les différences :

Parmi les grandes erreurs il y a le fait de traiter les gens d’une seule et même manière, et de ne pas prendre en considération leurs différences et leurs capacités. Car il y a des gens qui, naturellement, dorment peu d’heures.

Il convient également de considérer :

  • La diversité environnementale. Ainsi, les pays chauds ne sont pas comme les pays froids, et les pays surpeuplés et embouteillés ne sont pas comme les pays peu peuplés et calmes.
  • Les différences d’âges. En effet, le jeune a des besoins qui diffèrent des aînés.
  • Les différents types de métier. Ceux qui ont un travail pénible ne sont pas semblables à ceux qui ont un travail confortable. Les travaux corporels ne sont pas comme les travaux intellectuels.
  • Il faut aussi comprendre la notion de bénédiction (Barakah) dans le temps chez les vertueux et le fait qu’ils donnent à ce temps tout son droit.

Parmi les erreurs également, le fait de ne pas chercher à vaincre la somnolence légère lorsque celle-ci apparait, et de répondre à son invitation. Si la personne résistait ne serait-ce qu’un peu, cette somnolence finirait par s’en aller et la personne gagnerait ainsi du temps [en plus].

Enfin, parmi les fautes répandues le fait multiplier ce qui provoque cette somnolence à l’instar de l’excès de nourriture et de rester longuement allongé hors des périodes de sommeils.

Et enfin : L’adoration du sommeil

Regarde la manière dont le Prophète fit de son sommeil une adoration, et la façon dont il nous l’enseigna afin d’adorer Allah Le Très Haut lorsque l’on dort ! ‘Âicha رضي الله عنها a rapporté de lui « qu’il ne dormait pas sans avoir lu « Les enfants d’Israël (Banî Isrâîl)[6] » et sourate Az-Zoumar. »[7]

Et dans un autre hadîth de ‘Irbâd Ibn Sâriyah رضي الله عنه : « le Prophète ne dormait pas sans avoir lu Al-Mousabbihât ; il disait : « Il s’y trouve un verset meilleur que mille versets. »[8]

Al-Mousabbihât sont les sourates qui débutent par la Parole d’Allah {سَبَّحَ} et {يُسَبِّحُ}, c’est-à-dire : Al-Isrâ, Al-Hadîd, Al-Hachr, As-Saff, Al-Joumou’ah, At-Taghâboun et Al-A’lâ.

Celui qui prend exemple sur le Messager d’Allah doit lire ces sourates jusqu’à ce que le sommeil l’emporte. C’est comme si le but était que tu t’endormes en lisant le Coran et que ce soit la dernière chose que ta langue prononce de la journée.

D’ailleurs, Ibn Al-Qayyim explique le mérite de cet aspect de l’évocation (Adh-Dhikr) avant le sommeil. Il t’incite à vouloir faire de même, et il te montre la sagesse et la belle récompense qui s’y trouve pour t’y encourager afin que cela te devienne une habitude. Il dit : « En résumé, la personne ne cesse d’évoquer Allah sur son lit jusqu’à s’endormir. Son sommeil est donc une adoration qui la rapproche encore plus d’Allah. »

Il y a aussi une autre et grande récompense pour celui qui s’endort en évoquant son Seigneur qu’Aboû Oumâmah رضي الله عنه nous a rapporté, il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : « Celui qui rejoint son lit en état de pureté[9] et évoque Allah jusqu’à s’endormir, s’il se réveillait à un moment de la nuit et qu’il demandait à Allah le bien de ce bas monde et celui de l’Au-delà, Allah le lui donnerait. »[10]

[1] Allah dit : {Ceux qui récitent le Livre d’Allah, observent la prière et qui, en secret et en public, dépensent de ce que Nous leur avons attribué, espèrent en un commerce aux profits intarissables.} [Fâtir, v.29] (Note du traducteur)
[2] Il s’agit d’une expression arabe pour désigner le fait qu’ils soient frères. (note du traducteur)
[3] Sahîh At-Tirmidhî, n°2601, rendu bon par chaykh Al-Albânî
[4] À savoir son adoration : {Et Je n’ai créé les Jinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent.} [Adh-Dhâriyât, 56] (Note du traducteur)
[5] Car, en dormant moins, tu œuvras encore plus et obtiendras plus de récompense inchâ Allah (Note du traducteur)
[6] Il s’agit de la sourate Al-Isrâ (Note du traducteur)
[7] Al-Foutouhât Ar-Rabbâniyyah, 3/157, rendu bon par Ibn Hajar. Et chaykh Mouqbil Al-Wâdi’î l’a rendu authentique dans « Sahîd Al-Mousnad », n°1638
[8] Sahîh At-Tirmidhî, n°3406, rendu bon par chaykh Al-Albânî
[9] C’est-à-dire en ayant fait ses ablutions (Note du traducteur)
[10] Da’îf Al-Jâmi’, n°5496, rendu faible par chaykh Al-Albânî. Mais il y a une autre version du hadîth où il n’est pas cité « et évoque Allah jusqu’à s’endormir », qui est présente dans « Al-Kalîm At-Tayyib » de chaykh Al-Albânî qui l’a rendu bon et Gharîb. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants).

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L’explication du livre « Les trois fondements » de l’imam Mouhammad Ibn ‘Abd Al-Wahhâb رحمه الله par l’érudit ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Nâssir Al-Barrâk حفظه الله

بسم الله الرحمن الرحيم

Voici enfin, par la grâce d’Allah, le commentaire des « trois fondements » de l’imam revivificateur Mouhammad Ibn ‘Abd Al-Wahhâb رحمه الله par l’érudit et honorable savant ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Nâssir Al-Barrâk حفظه الله traduit par les éditions RIWAQ. Qu’Allah puisse les récompense pour nous avoir donné l’accord de diffuser ce livre dans son intégralité. N’hésitez pas à le partager pour que cela profite au maximum inchâAllah.

Quant à nous, nous vous proposons le texte original et le commentaire en intégralités sur cette page. Nous y avons mis un sommaire afin de faciliter la lecture.

Sommaire :

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La dureté du cœur

La dureté (Al-Qaswah) désigne la mort ; elle est synonyme de rudesse et d’obstination. Elle désigne également un cœur dépourvu de soumission et de résignation face aux signes d’Allah [et de Sa législation], et c’est sans conteste le pire des châtiments pour le cœur. Voilà pourquoi les cœurs des mécréants et des hypocrites en furent frappés.

Mâlik Ibn Dînâr a dit : « Les châtiments d’Allah touchent les cœurs et les corps : une vie pleine de gêne et une faiblesse dans l’adoration. Et il n’y  a pas de châtiment plus dur pour le serviteur que d’être frappé par la dureté du cœur. »

Houdhayfah Al-Mar’achî affirma la même chose en disant : « Personne n’a été touché par une calamité aussi grande que la dureté du cœur. »

Médite la parole d’Allah : (Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis. Ils sont devenus comme de la roche pierres, et plus durs encore, car il est des roches desquelles jaillissent des cours d’eau, d’autres se fendent pour qu’en surgisse l’eau, et d’autres s’affaissent par crainte d’Allah. Et Allah n’est nullement inattentif à vos agissements.) [Al-Baqarah, v.74]

Cette parole fait suite au précédent signe qu’Allah évoqua concernant le mort qui fut ressuscité, mais elle fait aussi suite à toutes les exhortations que connurent les Enfants d’Israël à travers lesquelles les montagnes s’effondrent et les rochers s’adoucissent. Leurs cœurs auraient été donc plus en droit de s’attendrirent face à ces signes, mais ils ne le furent point. C’est ainsi qu’ils méritèrent d’être décris par la dureté ; ils répugnèrent la foi après qu’ils aient vu ce qui, obligatoirement, conduit à elle. Ces cœurs (sont devenus comme de la roche pierres, et plus durs encore.)

La solidité des pierres est une chose que tout le monde connait. C’est l’exemple type que l’on donne pour désigner la dureté, car les pierres sont quelques choses de palpables. Malgré cela, Allah excusa les pierres mais pas ceux dont les cœurs se sont endurcis, Il dit alors : (Car il est des roches desquelles jaillissent des cours d’eau, d’autres se fendent pour qu’en surgisse l’eau, et d’autres s’affaissent par crainte d’Allah.)

Médite également la parole miraculeuse d’Allah lorsqu’Il décrit celui dont le cœur s’est endurci : (Au point qu’il est cerné par ses péchés.) [Al-Baqarah, v.81] C’est-à-dire qu’ils prirent le dessus sur lui et recouvrirent tous les aspects de sa vie, à tel point qu’il se retrouve dorénavant cerné et que rien de l’extérieur ne puisse les franchir[1]. Voilà pourquoi celui qui commet un péché et ne le délaisse pas sera poussé à en commettre d’autres, à s’y engouffrer et à commettre bien pire que cela, jusqu’à ce qu’il se retrouve dominé par les péchés qui saisiront l’ensemble de son cœur. Ainsi, sa nature se transformera et penchera vers les péchés : il les jugera bons pensant que le délice ne se trouve qu’en eux ; il répugnera quiconque se place entre lui et les péchés, traitant de menteur celui qui le conseillera de s’en écarter. Et ce, comme Allah le Très Haut a dit : (Le pire des sorts fut réservé aux malfaisants pour avoir démenti les versets d’Allah et s’en être moqués.) [Ar-Roûm, v.10]

Ses péchés devinrent comme une tente qui lui voile toutes choses tels que : le regard d’Allah à son égard, les délices tant attendus du Paradis, le châtiment du Feu qui le guette, la ruse déterminée d’Iblîs, le regret des Anges compatissants…

Toutes ces choses-là lui seront voilées lorsqu’il tombera dans le péché sans qu’il s’en aperçoive. Et c’est-ce qui est voulu par la parole du Prophète : « Celui qui commet l’adultère n’est pas croyant au moment où il le commet ; celui qui boit du vin n’est pas croyant au moment où il boit ; celui qui vole n’est pas un croyant au moment où il vole ; et celui qui dérobe le butin avant qu’il soit réparti, en attirant le regard des gens lorsqu’il dérobe, n’est pas croyant à ce moment-là. »[2]

La dureté saisonnière :

Celui qui a un cœur endurci n’est pas affecté lorsque meurt la personne qui lui ait la plus proche. Alors que celui dont le cœur est vivant, il s’attriste de la mort de celle qui lui est la plus étrangère. Également, il est possible qu’un cœur puisse s’endurcir par moment et s’adoucir dans d’autres.

Un cœur en vie peut traverser plusieurs états de dureté, cependant lorsqu’il entend un verset du Livre d’Allah, il se met à pleurer. Mais un autre jour, il écoute les puissantes exhortations des versets sans en être affecté. Car dans le premier cas, il écouta le verset avec un cœur sain, tandis que dans le second, avec un cœur endurci.

Une exhortation peut également lui parvenir et parcourir son corps tel un courant électrique, alors que le lendemain, une autre lui parvient mais c’est comme si elle se heurtait à une colonne de marbre !! La cause de cela est son cœur. Il est aussi possible que ses mains donnent l’aumône par moment mais qu’elles s’abstiennent de le faire la majeur partie du temps, comme si elles étaient un rocher. Et c’est également le cœur qui en est la cause.

La dureté du cœur n’épargne personne. Elle frappe même les cœurs de ceux qui en détiennent les clés et qui connaissent le secret de la vie des âmes, il s’agit des lecteurs (Al-Qourrâ)[3] du Coran. C’est pourquoi lorsqu’Aboû Moûsa Al-Ach’arî fut envoyé aux lecteurs d’Al-Basrah, et que 800 personnes qui avaient mémorisé le Coran allèrent le voir, il s’exclama : « Vous êtes les meilleures personnes et les meilleurs lecteurs d’Al-Basrah ! Lisez-le (le Coran) et ne vous en lassez pas, ou vos cœurs s’endurciront comme s’endurcirent les cœurs de ceux qui étaient avant vous. »

[1] Ainsi, celui qui souhaite le conseiller et l’orienter vers l’obéissance ne pourra l’atteindre. (Note du traducteur)
[2] Sahîh Al-Boukhârî, n°2475
[3] Ce terme désigne ceux qui ont mémorisé le Coran et maitrise sa récitation ; mais il peut aussi englober ceux qui ont la science du Livre d’Allah et de la Sounnah prophétique, et les pieux. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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03 – Hadîth n°3 : « Ô Toi qui retournes les cœurs »

Le troisième hadîth est celui qu’a rapporté Anas رضي الله عنه en disant : « Le Prophète ﷺ avait pour habitude de dire fréquemment : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! » Anas dit : nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi (ton message et ta prophétie) et en ce que tu as apporté (Le Coran, La Sounnah), as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Le Prophète ﷺ disait : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! » Anas dit : Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Il répondit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne ».

Mais d’où provient cette peur ?

Il est impératif que nous ayons peur des actes d’Allah, car parmi Ses actes il y a le retournement des cœurs. Donc l’origine de cette peur est que parmi les actes d’Allah il y a le fait qu’Il retourne les cœurs. Si quelqu’un te demande : « Comment la méditation des Noms et Attributs d’Allah peut-elle amener quelqu’un à craindre Le Seigneur de l’univers ? »

Tu lui réponds : « En voici un exemple ! »

Méditer un des actes d’Allah qu’est l’orientation des cœurs, le changement [d’état] des cœurs et le retournement des cœurs, est à lui seul suffisant pour que la personne ait peur qu’Allah lui retourne le sien.

Le Prophète ﷺ dit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne ».

Rapporté par Ahmad.

Le Prophète ﷺ demandait souvent d’être raffermi : « Ô Toi qui retournes les cœurs […] »

Bon, il n’a pas dit : « Ô Toi qui raffermis les cœurs ». Regarde, il n’a pas dit : « Ô Toi qui raffermis les cœurs, raffermis mon cœur ! » mais plutôt : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur ». Bien qu’Allah soit Celui qui raffermit les cœurs !

Quant à la raison, les savants ont dit : « Cela est dû aux nombreux changements [d’états] qui s’y produisent. » C’est-à-dire qu’à cause des nombreux retournements et changements que subit le cœur dans la réalité, il fit cette invocation : « Ô Toi qui retournes les cœurs ».

Sachant que – mes frères – d’un autre point de vue, le retournement peut être un bien. Car s’Il le retourne du faux vers le vrai, de l’égarement à la guidée, de la désobéissance vers l’adoration, de l’innovation à la Sounnah, du polythéisme au monothéisme pur (At-Tawhîd), de la mécréance à l’Islam, alors ce retournement aurait été dans l’intérêt de la personne. Donc il y a dans le retournement [des cœurs] la peur et l’espoir.

« Ô Toi qui retournes les cœurs […] » C’est-à-dire qu’il y a 2 choses auxquelles se rattache celui qui invoque Allah : la peur et l’espoir.

La crainte qu’Allah lui retourne le cœur vers le mal et le faux, vers l’égarement et l’innovation ; et l’espoir qu’Il le retourne vers le bien et le raffermisse sur cela. C’est pourquoi il dit : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ».

{Et sachez qu’Allah s’interpose entre l’homme et son cœur} [S.8, v.24]

Le Prophète ﷺ jurait le plus par : « Non, par Celui qui retourne les cœurs. » Rapporté par Al-Boukhârî n°7391.

La puissance agissant sur le retournement des cœurs est immense. Celui qui médite la question du retournement du cœur constatera que la force de Celui qui le retourne est colossale. Pourtant c’est une chose qui est cachée, qui est à l’intérieur [de la personne]. Toi par exemple, si tu avais un enfant ou un frère qui est égaré et que tu veuilles le guider sur le droit chemin, tu vas t’y impliquer pendant très longtemps. Puis tu diras : « Par Allah – les frères – je n’ai pas réussi à le guider ! Il délaisse la prière et refuse de prier, il consomme de la drogue et refuse de la délaisser. » Tu diras : « J’en ai été incapable. » Alors qu’en un instant Allah fit que les sorciers de Pharaon basculent de l’état de sorciers, mécréants, à celui de martyrs et pieux. Oui ou non ?! {Aussitôt, les sorciers tombèrent prosternés disant : « Nous croyons au Seigneur de l’univers. »} [S.26, v.46-47]

Dans ce laps de temps ils acquirent à la fois l’unicité d’Allah (At-Tawhîd), la compréhension et la fermeté. Puis Pharaon les menaça et fit ce qu’il fit : {Je vous couperai très certainement la main d’un côté et le pied du côté opposé et vous ferai tous crucifier}. [S.26, v.49]

Ils rétorquèrent en jurant : {Par Celui qui nous a créés ! Décrète donc ce que tu as à décréter} [S.20, v.72].  Et ils répliquèrent aux menaces : {Tes décrets ne touchent que cette présente vie.} [S.20, v.72]

Puis ils exhortèrent Pharaon et devinrent ainsi des prêcheurs. C’est une chose qui s’est produite en une fraction de seconde. Regarde le miracle divin sur la créature !

{Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux [de la guidée] ; parce qu’ils n’ont pas cru la première fois} [S.6, v.110].

[Dans son authentique] Al-Boukhârî رحمه الله a dit : « Chapitre : Celui qui retourne les cœurs et la parole d’Allah : {Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux} » afin de montrer la dangerosité de la chose.

Concernant sa parole ﷺ : « Ô Toi qui retournes les cœurs » Ar-Râghib a dit : « Retourner quelque chose, c’est le changer d’un état à un autre. Le retournement (At-Taqlîb) signifie orienter quelque chose, et le retournement d’Allah sur les cœurs et les opinions, c’est les orienter d’un avis à un autre. »

Quant à celui que le vent des ambiguïtés et des passions emporte, son cœur qui était sur la droiture est soudainement épris d’un amour passionnel pour une femme et… trop tard ! La grande catastrophe ! Il est parti dans le monde de la perversion, celui de l’amour passionnel. C’est fini !

Un jour, j’avais exhorté une personne qui était tombée dans l’amour passionnel. Je lui ai dit : « Ô mon frère, fait ceci et cela ! Mon frère, il y a aussi des invocations. Ce cœur est l’endroit où se loge l’amour passionnel, dis : « Ô Allah, place dans mon cœur une lumière (Noûrâh) ! »

Il répondit : « Ô Chaykh, c’est comme ça qu’elle s’appelle, Noûrah. »  Effectivement j’ai connu cette histoire avec quelqu’un.

Les savants ont défini l’amour passionnel (Al-‘Ichk) comme étant : « l’agitation d’un cœur vide. »

Vide de quoi ? Vide de l’amour d’Allah. Car si on y trouvait l’amour d’Allah, il ne serait pas parti dans monde de l’amour passionnel.

Quant aux ambiguïtés, parlons-en ! Regarde, quelqu’un est sur la droiture, sur la voix des pieux prédécesseurs et soudainement tu le vois avec je ne sais qui : les libéraux, les laïques et ceux qui ont fait prédominer la raison sur les Textes, et les exemples sont nombreux. Aujourd’hui il y en a qui disent aux gens : « nous étions … puis nous sommes devenus. » Et certains regrettent en disant : « C’est fini, nous sommes égarés. » D’autre persistent et disent : « Au contraire nous sommes bien guidés. » {Et ils pensent qu’ils sont bien-guidés !} [S.7, v.30], c’est Allah qui dit cela. Voilà le danger, le premier cas est plus facile à prêcher ; mais le second, {et ils pensent qu’ils sont bien-guidés !}.

Tu viens pour le conseiller mais il te rétorque : « c’est toi qui t’es trompé ! » C’est cela le retournement des cœurs.

Allah عز وجل s’est Lui-même chargé de la question des cœurs des serviteurs.

SoubhânAllah ! Les savants ont évoqué qu’Allah n’a pas confié aux Anges la tâche de retourner les cœurs, mais c’est Lui-même qui s’en occupe. Par exemple, les Anges invoquent pour les gens, n’est-ce pas ? Les Anges écrivent leurs actions et les protègent {Il [l’homme] a des Anges qui se relaient} [S.13, v.11]. Les Anges interagissent avec nous sur de nombreux plans, mais concernant le retournement des cœurs en particulier, les savants disent qu’Allah ne leur a pas confié cette tâche. Autrement dit, Allah n’envoie pas un Ange pour retourner le cœur de quelqu’un, c’est Lui – Exalté soit-Il – qui le fait.

« Raffermis mon cœur sur Ta religion ! »

Et parmi ce qu’ont évoqué les savants à ce sujet, As-San’ânî رحمه الله a dit : « Car le cœur est le dépôt des secrets ; des secrets que nul ne connait hormis Allah. » Même les Anges ignorent certaines choses.

« Raffermis mon cœur sur Ta religion ! » : Fais qu’il soit ferme sur Ta religion ! Et qu’il ne fléchisse pas, ni ne dévie ! Tout le monde a besoin de cette invocation, qui est l’invocation de ceux qui sont enracinés dans la science… Exactement. {Seigneur ! Ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous aies guidés ; et accorde-nous Ta miséricorde} [S.3, v.8]

Cette invocation nous montre que même les Prophètes ont besoin d’être raffermis. {Et si Nous ne t’avions pas raffermi, tu aurais bien failli t’incliner quelque peu vers eux.} [S.17, v.74]

Quant à la parole d’Anas رضي الله عنه : Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Les Compagnons constatèrent que le Prophète ﷺ faisait cette invocation et que la communauté avait bien plus besoin de la faire ; ils lui posèrent donc la question pour [l’intérêt] de la communauté, par respect [envers le Prophète]. Il leur répondit : « Oui ! » : « J’ai peur pour vous. » Et il justifia cela en disant : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne. » De la foi à la mécréance et de la mécréance à la foi, de l’obéissance à la désobéissance et de la désobéissance à l’obéissance, et ainsi de suite.

Et ce retournement émane de Sa Sagesse et de Son Équité.

Mais Allah n’égare pas celui qui ne veut pas l’égarement. C’est-à-dire {Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers.} [S.29, v.69], {Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs} [S.61, v.5]

Il est primordial de savoir que le retournement des cœurs de la guidée vers l’égarement, de la foi à la mécréance, de l’unicité au polythéisme et de l’obéissance à la désobéissance se réalise par La Sagesse d’Allah et Son Équité.

Ce n’est pas comme ce que prétendent les ignorants qui pensent qu’obéir à Allah n’est d’aucun profit, même si cela dure longtemps. C’est avoir une mauvaise opinion d’Allah, et c’est une dangereuse accusation à Son encontre. Mais au contraire, Allah n’égare pas celui qui veut la guidée de par Sa miséricorde. Le serviteur qui veut la guidée Allah ne l’égare pas. {Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers.}, cependant : {Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs}.
Leur désire du mal, c’est ça qui fut la cause du retournement qu’Allah leur décréta. Et Allah ne retourne pas [le cœur] d’un obéissant d’un lieu de prière vers les bars, ni celui d’un monothéiste de l’unicité (At-Tawhîd) au polythéisme et qu’Il retourne de la foi vers la mécréance, alors que le serviteur désire le bien, l’obéissance, la religion, la foi, l’unicité et la guidée. Jamais ! Car Allah est Le Très Reconnaissant (Ach-Chakoûr). Comment peut-Il dévier Son serviteur qui désire la guidée ?! Comment peut-Il égarer Son serviteur qui veut l’unicité (At-Tawhîd), la foi et l’obéissance ?! C’est impossible. Cependant si le serviteur désire l’égarement, Allah le punira. Personne ne s’égare sans motif. Celui qui dévie alors soit sûre que […] Aujourd’hui, avec toutes les nombreuses dérives que l’on voit chez une partie des gens – nous demandons à Allah de nous raffermir – certaines personnes sont arrivées au stade de la mécréance. Personne ne dévie sans une cause émanant d’elle-même, ça n’existe pas. Quand une ambiguïté (Choubhah) se présente à lui, il la suit ; et lorsque c’est une passion (Chahwah), il l’enfourche. Mais quelqu’un qui désire la mosquée puis il se retrouve en boite de nuit ?! C’est impossible, alors que lui veut se rendre à la mosquée. Mais si, sur le chemin, son regard va à droite et à gauche, c’est fini ! C’est le serviteur qui s’est fait du tort à lui-même. {Et quant aux Thamoûd, Nous les guidâmes} : Nous leur envoyâmes un Messager et leur exposâmes [Nos preuves], {mais ils ont préféré l’aveuglement à la guidée} [S.41, v.17].

C’en est fini. C’est d’eux que provienne la calamité. Allah عز وجل traite les gens selon leurs actes et les récompense selon leurs œuvres. Et le bienfaiteur ne craint pas de la part d’Allah l’injustice, ni la frustration [par la réduction de sa récompense] : {Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni frustration.} [S.20, v.112]

{On ne méconnaîtra pas son effort, et Nous le lui inscrivons [à son actif]} [S.21, v.94]

{En vérité, Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs} [S.9, V.120]

{Certes, Allah ne lèse personne, fût-ce du poids d’un atome. S’il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part} [S.4, V.40]

Mais si Allah descend un châtiment, Il ne le fait qu’à cause de la rébellion du serviteur contre Lui, et de son désir à vouloir faire le mal. Et si maintenant ô serviteur d’Allah, tu t’es assuré de cela, alors connais la [réelle] justice d’Allah sur Ses serviteurs, et qu’Il ne les châtie qu’à cause de leur mécréance, leur désobéissance et leur rébellion. {Nous saisîmes donc chacun pour son péché : Il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan ; il y en eut que le Cri sinistre saisit ; il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre ; et il y en eut que Nous noyâmes. Cependant, Allah n’est pas tel à leur faire du tort ; mais ils se sont faits du tort à eux-mêmes} [S.29, v.40]

C’est pourquoi nul n’entrera en Enfer le Jour de la Résurrection qu’après être certain qu’il mérite le Feu. Personne n’entrera en Enfer alors qu’il doute, c’est-à-dire de penser qu’il ne le mérite peut-être pas. {Et ils dirent : « Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les gens de la Fournaise. » Ils ont reconnu leur péché. Que les gens de la Fournaise soient anéantis à jamais !} [S.67, v.10-11]. Et {Ils dirent : « Malheur à nous ! Nous étions vraiment injustes. » Telle fut leur lamentation jusqu’à ce que Nous les eûmes moissonnés et éteints} [S.21, v.14-15].

Quand Noûh (Noé) عليه السلام demanda à Son Seigneur de sauver son fils, Il l’informa qu’Il le noiera à cause de ses mauvaises œuvres, du fait qu’il commit un acte infâme et de sa mécréance. Allah n’a pas dit : « Je ne l’ai noyé que par Ma simple Volonté sans aucune raison émanant de sa part, ni de péché. » Non ! Même cela ne se dit pas… C’est-à-dire le fait de dire qu’Allah ne punisse que par Sa seule Volonté sans aucun motif émanant du serviteur, mais simplement parce qu’Allah le désire.

Cela ne se dit pas. Allah décréta cela car c’est le serviteur qui l’a voulu. Allah décréta le châtiment et le fit descendre car c’est le serviteur qui l’a voulu.

Allah سبحانه وتعالى dit concernant les croyants : {Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions. Il les guidera et améliorera leur condition. Et les fera entrer au Paradis qu’Il leur a fait connaître.} [S.47, v.4-6] Et Il dit : {Quant à ceux qui se mirent sur la bonne voie, Il les guida encore plus et leur inspira leur piété} [S.47, v.17]. Car Allah est Le Très Reconnaissant (Ach-Chakoûr).

Par conséquent, le retournement des cœurs ne s’accomplit que par sagesse émanant du Très Haut ; et s’Il dévie le cœur d’une personne ce n’est qu’une rétribution conforme à l’intention de ce serviteur dont le cœur désira le mal.

Ibn Kathîr رحمه الله a dit dans son explication de la parole d’Allah où Ya’qoûb (Jacob) dit à ses fils : {« Ô mes fils, certes Allah vous a choisi la religion : et ne mourrez qu’en étant Soumis [à Allah] !»} [S.2, v.132] Que veut dire {et ne mourrez qu’en étant Soumis [à Allah] !} ? Il dit : « Accrochez-vous à l’Islam lorsque vous êtes en bonne santé et dans vos moments d’aisance pour que vous puissiez mourir musulman. Car Le Très Généreux (Al-Karîm) – il désigne par cela Allah – a fait de Son habitude – dans ce qu’Il décrète pour la créature – de par Sa Générosité, que celui qui vit sur une chose mourra sur celle-ci, et que celui qui meure sur une chose sera ressuscité sur celle-ci. Nous cherchons refuge auprès d’Allah de ne pas mourir sur l’Islam ». Tafsîr d’Ibn Kathîr

Nous implorons Allah d’orienter nos cœurs vers Sa religion.

Source : traduction par Le Cœur des Croyants

La véracité est salvatrice

Si l’on dit que « la véracité est salvatrice » cela signifie que le salut du serviteur réside dans la véracité de son cœur par sa croyance, dans la véracité de sa langue par ses propos et dans la véracité de ses membres par ses œuvres. Il faut impérativement que ces trois choses soient véridiques.

Médite ce sens que l’on trouve dans le verset que les gens de science nomment « le verset de la bonté pieuse » et qui est la Parole d’Allah : {La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la prière et d’acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !} [Al-Baqarah, v.177]

Sa Parole {les voilà les véridiques} renvoie à deux choses :

– La première est la bonne croyance, elle est due à la droiture de leurs coeurs sur les fondements de la foi {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Ceux-ci sont les fondements de la foi sur lesquels elle repose. Ils sont pour la religion ce que sont les racines pour les arbres et les piliers pour le bâtiment {N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ?} [Ibrâhîm, v.24]
À l’instar de l’arbre qui a des racines sur lesquelles il repose, la foi possède également des fondements sur lesquels elle est bâtie.

Ces fondements se situent dans le coeur et ce sont eux qui sont évoqués ici {Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes}.
Croire en Allah en tant que Seigneur et Créateur, croire en Ses Noms les plus beaux et Ses Nobles Attributs, croire qu’Il est Le Seul digne d’être adoré et qu’aucune autre chose est en droit d’être adorée hormis Allah, L’unifier dans l’adoration, Lui vouer un culte exclusif pur, se débarrasser et se désavouer du polythéisme et de ses adeptes.

Croire aux Anges – à cette gigantesque armée – en croyant en leurs noms, leurs descriptions, leur nombre et leurs tâches de manière globale dans ce qui est venu globalement, et de façon détaillée dans ce qui a été détaillé, conformément à ce qu’Allah nous a ordonné et comme cela a été rapporté dans la Sounnah du Messager d’Allah ﷺ.

Croire aux livres, c’est à dire en tous les livres qu’Allah a révélés aux messager {Et dis : « Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre} [Ach-Choûrâ, v.15]
Il les a révélés comme guide pour l’univers et pour réformer les serviteurs. Ils renferment la vérité et la guidée, ainsi celui qui a eu foi en ces livres aura certes réussi et sera heureux, quant à celui qui n’y a pas cru il aura échoué et péri.

Croire aux Prophètes qu’Allah a envoyés en tant qu’annonciateurs et avertisseurs. C’est croire en chaque Prophète qu’Allah a envoyé et croire que chacun d’eux a transmis le message clairement.
Et ils n’ont pas laissé un bien sans l’avoir indiqué à leur communauté, et ils n’ont pas laissé un mal sans avoir mis en garde contre lui.

Croire au Jour Dernier qui est le jour promis, le jour de la récompense, des comptes, et il concerne tout ce qui se passe après la mort. C’est aussi croire à tous les détails relatifs à ce Jour qui ont été rapportés dans le Livre et la Sounnah. Tout cela sont des croyances dont l’emplacement est le coeur.

– La deuxième chose sont les oeuvres pies, et cela est dû à la bonne obéissance et soumission à Allah Éxalté soit-Il, en accomplissant ce qu’Il a légiféré et en s’éloignant de ce qu’Il a interdit.
Tout cela fait partie de la sincérité du serviteur envers Allah.

Voilà pourquoi accomplir la prière, donner la Zakat et effectuer l’ensemble des prescriptions de l’Islam – que le serviteur est tenu de respecter – sont des signes de sa véracité qu’il entretient avec Allah le Très Haut.
Mais il ne doit pas se montrer élitiste dans les actes d’adoration et les obligations [religieuses]. C’est-à-dire le fait qu’il n’accomplit des prescriptions que ce vers quoi son âme penche, et là où elle ne penche pas, il ne l’accomplit pas. Ceci ne fait pas partie des caractéristiques des véridiques avec Allah.

Ainsi, on a vu que la véracité avec Allah est une science, des oeuvres, une croyance et une législation. Elle n’est pas seulement limitée à une chose présente dans le cœur sans avoir d’impact sur les membres du serviteur. Au contraire, la véracité avec Allah l’Éxalté c’est la rectitude de l’intérieur et de l’extérieur, en secret ou en public, tout comme l’a mis en évidence la parole de notre noble Prophète ﷺ : “Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon alors tout le corps le sera, et s’il est corrompu alors tout le corps le sera. Assurément c’est le cœur.” [Rapporté par Al-Boukhârî n°52 et Mouslim n°1599 selon le hadîth d’An-Nou’mân Ibn Bachîr رضي الله عنه]

Et ceci illustre bien que la rectitude du cœur mélangée à la sincérité envers Allah se reflète sur la langue de l’individu par une langue véridique, et sur ses membres par des membres véridiques dans l’obéissance à Allah.

Également, on comprend de ce verset que les œuvres des membres et les rites islamiques apparents sont tous des signes externes de la véracité avec Allah, à condition qu’ils émanent du cœur de la personne et qu’elle n’ait pas cherché à se montrer aux autres.

C’est pourquoi, à titre d’exemple, médite ce qu’a rapporté ´Abd Allah Ibn ´Amr رضي الله عنهما du Prophète ﷺ. Un Jour il évoqua la prière et dit : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut le Jour de la Résurrection. Quant à celui qui ne la préserve pas elle ne sera pas une lumière pour lui, ni un argument, ni un salut. Et il sera au Jour de la Résurrection ressuscité avec Qâroûn, Pharaon, Hâmân et Oubay Ibn Khalaf.” [Rapporté par Ahmad dans “Al-Mousnad” n°6576, Ad-Dârimî dans ses “Sounan” n°2763 et At-Tabrânî dans “Al-Mou’jam Al-Kabîr” n°14746/164]

Ces quatre sont les têtes de la mécréance et ses piliers. Et Oubay est le seul parmi les polythéistes que le Prophète ﷺ tua de ses propres mains, il n’a tué avant et après lui personne d’autre.

Et l’élément du hadith nous concernant est : “Celui qui préserve la prière elle sera pour lui une lumière, un argument et un salut”.
Sa parole (un argument) : c’est à dire un argument de sa véracité dans sa foi. Et du même exemple il y a la parole du Prophète ﷺ : “Et l’aumône est un argument.” [Rapporté par Mouslim, n°223 selon le hadîth d’Aboû Mâlik Al-Ach’arî رضي الله عنه]

La prière est une des obligations de l’Islam, elle est un de ses plus grand pilier. Elle a été nommée “As-Salât” car elle est un lien (Silat) entre le serviteur et Allah, ainsi celui qui la délaisse aura coupé le lien. Et quant à celui qui délaisse la prière, il sera bien plus enclin à délaisser le reste.

Source : « La véracité avec Allah », du chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr حفظه الله, p.22 à 28, édition Dâr Al-Fadîlah. (Traduit par Le Coeur des Croyants)

La douceur de la langue

Selon Aboû Hourayrah رضي الله عنه le Prophète ﷺ a dit : « Certes, le croyant prononce une parole digne de la satisfaction d’Allah, sans lui accorder de l’importance (لا يُلْقِي لَهُ بَالاً) et voilà qu’Allah l’élève en degré à cause d’elle. »[1]

Le terme « Al-Bâl – البَال », en arabe, désigne le cœur. Médite sa parole : « sans lui accorder de l’importance ». Cette parole sort malgré elle sans qu’il n’ait réellement réfléchi, ni médité et sans qu’il ne l’ait fait passer dans son cœur. Malgré cela il prononce une parole bonne et pure ; car tout récipient abreuve de ce dont il contient, et ne se répand du jardin de roses que leur odeur. 

Celui dont le cœur est vivant goûte toute parole présente dans son cœur avant de les prononcer. Ainsi si elle est douce, il saura que son goût dans l’Au-Delà est encore plus doux, c’est pourquoi il la prononcera. Mais si elle est amère, il saura que son goût dans l’Au-Delà est bien plus amère, alors il se taira. 

Écoute [ce qu’est] la pureté d’un cœur qu’aucune autre pureté ne peut égaler. Un cœur pur est similaire à l’eau pure ; à l’origine l’eau est pure et elle purifie [celui qui l’utilise] à l’instar du cœur pur qui purifie les cœurs autour de lui. Ce cœur est celui de ‘Abd-Allah Ibn ‘Awn dont Khârijah Ibn Mous’ab dit à son sujet : « J’ai accompagné ‘Abd-Allah pendant 24 ans, et je n’ai pas connaissance que les Anges lui aient écrit une quelconque faute. »

Qu’importe le fait que le diable le provoque avec une partie de son armée, ses ruses et que se réunissent contre lui tous ses alliés, ils ne réussiront jamais [dans leur entreprise]. Selon Bakkâr Ibn Mouhammad et Ibn Qa’nab : « Ibn ‘Awn n’était pas quelqu’un de colérique, mais si une chose le mettait en colère il disait : « Qu’Allah te bénisse. » 

Un jour, un servant d’Ibn ‘Awn vint à lui en disant : « J’ai crevé l’œil de la chamelle. » Il répondit : « Qu’Allah te bénisse. » Le servant dit alors : « Je t’ai dit que j’avais crevé son œil et toi tu me dis « Qu’Allah te bénisse ?! » Il dit : « Je dis… te voilà libre pour la face d’Allah. » Qu’elle est donc cette éducation ?! Qu’elle est cette pureté ?! Et qu’elle combat [a-t-il fournie] pour avoir hérité ce niveau élevé de magnanimité, de bonnes paroles et cette splendide piété au point de devenir un exemple pour les autres, l’aspiration de tout vertueux et le plus grand souhait des gens sincères de son temps et de tout temps ?! 

Enfin, Mou’âdh Ibn Mou’âdh a dit : « Plus d’un compagnon de Yoûnous Ibn ‘Oubayd m’ont raconté cela : « Je ne connais pas un homme qui, depuis 20 ans, n’aspire pas à vivre un jour tels que ceux vécus par Ibn ‘Awn mais sans jamais y parvenir. Et ça ne se résume pas au fait que la personne se taise et ne parle pas… au contraire. Elle parle mais sans tomber dans l’erreur à l’instar d’Ibn ‘Awn. »

Mais il n’est pas le seul à être sur le ring, de nombreuses autres personnes [aux cœurs purs] le concurrencent. Il y a parmi eux Al-Foudayl qui a voulu parfumer nos langues et embellir nos paroles à sa manière si particulière, et avec son style convaincant en disant : « Les bonnes actions que te donne ton ennemi sont plus nombreuses que ceux qui proviennent de ton ami. » On lui demanda : « Et comment cela Ô Aboû ‘Alî ?!«  – Il répondit : « Certes, lorsque l’on t’évoque auprès de ton ami, il dit : « Qu’Allah le guérisse. » Mais si l’on t’évoque auprès de ton ennemi, il conjecture sur toi nuit et jour ; et ce pauvre individu te donne de ses bonnes actions. Donc s’il t’est évoqué alors ne dis pas : « Ô Allah, anéantis-le »… Non ! Invoque plutôt Allah : « Ô Allah réforme-le » … « Ô Allah fais le revenir à la vérité ». 

Et Allah te récompensera pour ce dont tu auras invoqué. Car celui qui dit à une personne « Ô Allah, anéantis-le » aura répondu à la demande du diable (Ach-Chaytân). En effet, ce dernier souhaite la perdition de la créature.[2]« 

Que la miséricorde d’Allah soit sur ceux ayant de tels cœurs. Et certes a dit vrai celui qui les décrivit par sa parole : « Assurément, il y a parmi les hommes celui qui est à l’image d’un manuscrit ; il se peut qu’il ait [des pages] manquantes, des déchirures ou que ses extrémités aient été touchés et détériorés par de l’huile[3], pourtant il est le plus précieux et le plus cher car il n’y a qu’un seul exemplaire, pas deux. »

Le Messager est notre modèle :

Pourquoi chercher loin alors que se trouve devant nous le meilleur des exemples, notre Prophète ﷺ ? Jâbir Ibn Soumarah رضي الله عنه a rapporté de lui : « Le Messager d’Allah gardait longtemps le silence et riait peu. »[4] Et malgré son silence, s’il s’exprimait il ne sortait [de sa bouche] que le nectar, l’odeur suave, le remède et la guérison. C’est de la sorte que le Messager d’Allah ﷺ décrivit le croyant : « Le croyant est comme l’abeille ; elle ne mange que de bonnes choses, et ne laisse (ne produit) que de bonnes choses. »[5]

Ibn Al-Athîr a dit : « Quant à la ressemblance présente entre les deux, [croyant et abeille], on trouve : 

    • L’intelligence de l’abeille et sa perspicacité
    • Ses préjudices sont très minimes
    • Elle est un être faible
    • Elle est profitable
    • Elle se suffit de peu
    • Elle accomplit de nuit son objectif[6]
    • Elle s’écarte de ce qui est malpropre
    • Elle ne mange que ce qui est bon
    • Elle ne mange pas de la récolte des autres
    • Sa maigreur
    • Elle obéit à son émir. »

Un morceau d’or pur, exempt de tout défaut ; il n’y a pas d’atome étranger à celui de l’or. Il n’y a donc ni falsification, ni impureté, ni pigmentation, ni mutation ; mais c’est un or parfaitement robuste et pur. Tu ne trouves pas même l’infime trace d’impureté que le feu aurait séparer. Et cette description vient approuver celle faite par le Messager d’Allah ﷺ concernant le croyant : « Le croyant est comme un lingot d’or ; si [le feu] souffle sur lui, il rougit ; et s’il est pesé, son poids ne diminue pas. »[7]

[1] Sahîh Al-Boukhârî, n°6478
[2] Allah dit : (Satan dit : « Par Ta puissance ! Je les fourvoierai tous.) (Sâd, v.82) (Note du traducteur)
[3] L’huile présente dans les lampes anciennes et qui aurait pu toucher accidentellement le manuscrit. (Note du traducteur)
[4] Sahîh Al-Jâmi’ n°4822, jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[5] Sahîh Al-Jâmi’ n°5846, jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[6] Tout comme le croyant qui concrétise son objectif de vouloir plaire à Allah en priant la nuit, s’occupant de sa famille, aidant les autres etc. (Note du traducteur)
[7] Sahîh Al-Jâmi’ n°5846, jugé bon par Chaykh Al-Albânî

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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