11/06/2026. Alger
بسم الله الرحمن الرحيم
Marwan ibn Omar — L’Étranger qui aimait la Vérité
« Parmi les croyants se trouvent des hommes qui ont été fidèles à ce qu’ils avaient conclu avec Allah. Parmi eux, certains ont accompli leur vœu, et d’autres attendent encore. Ils n’ont rien changé à leur engagement. »
📖 Sourate Al-Ahzâb (33), verset 23.
Il est parti.
Dans la nuit du 9 au 10 juin 2026, entre les ombres silencieuses d’un hôpital de prison et la lumière que nous espérons pour lui de tout notre cœur, l’âme de notre frère Marwan ibn Omar a été rappelée par Celui qui l’avait confiée. Il avait un peu plus de cinquante ans. Et Allah sait mieux.
Il est parti derrière les murs d’une prison, à l’hôpital de Blida, loin des siens en apparence — mais proche d’Allah, nous l’espérons.
« Toute âme goûtera la mort. »
📖 Sourate Âl-’Imrân (3), verset 185.
Il était l’un de ceux qui partent tôt vers la science, quand la plupart dorment encore.
Dans les années 90, alors que la décennie noire déchirait l’Algérie, que les hommes se terraient ou s’égaraient, Marwan — à peine vingt ans, déjà marié — avait fait un choix qui allait définir toute sa vie : il partirait apprendre. Il quitterait une terre de troubles pour une terre d’islam.
Il s’installa à Amman, en Jordanie. Là, il côtoya les gens de science de son époque. Et parmi eux, la montagne — l’imam que nul ne présente, le restaurateur du hadith, l’Albanian exilé dans ses dernières années : Cheikh Muhammad Nâsir ad-Dîn al-Albânî — né en 1914 à Shkodër, en Albanie, rappelé à Allah en 1999 à Amman, après une vie entière au service de la Sunnah. Un astre qui éclaira la terre entière, et que notre jeune frère algérien eut le privilège d’approcher dans ses cercles de science.
« Allah élève en degrés ceux parmi vous qui ont cru et ceux qui ont reçu le savoir. »
📖 Sourate Al-Mujâdila (58), verset 11.
Quand cette lumière s’éteignit, Marwan ne s’arrêta pas.
Il tenta à maintes reprises de s’inscrire aux universités religieuses d’Arabie — Médine, La Mecque, Riyad — et Allah décréta pour lui autre chose. Mais Allah ne l’abandonna pas. Car c’est dans les majlis de la science, non dans les salles d’examens, que se forgent parfois les meilleurs. Et ainsi, il approcha les éminents savants de l’époque :
Cheikh ’Abd al-’Aziz ibn Bâz — né le 21 novembre 1912 à Riyad, Grand Mufti d’Arabie Saoudite, rappelé à Allah le 13 mai 1999 à Taëf, les yeux voilés de cécité depuis des décennies mais le cœur illuminé de certitude jusqu’au dernier souffle.
Cheikh Muhammad ibn Sâlih al-’Uthaymîn — né le 9 mars 1929 à Unayzah, encyclopédie vivante de la jurisprudence islamique, rappelé à Allah le 10 janvier 2001, enterré à La Mecque, des centaines de milliers d’âmes levées pour sa prière funèbre.
Et lors du Hajj de février 2001, Marwan rendit visite à La Mecque à un homme que la maladie consumait mais que la foi ne quittait pas : Cheikh Muqbil ibn Hâdî al-Wâdi’î — né vers 1933 au Yémen, fondateur du Dâr al-Hadîth de Dammâj, rappelé à Allah le 21 juillet 2001 à Jeddah, enterré à La Mecque aux côtés d’Ibn Bâz et d’al-’Uthaymîn.
Trois astres. Couchés la même année. Et Marwan avait vu le dernier avant son coucher.
Quelle grâce que d’avoir bu à ces sources.
Il était revenu en Algérie, mais son exil intérieur ne prit jamais fin.
Installé définitivement depuis début mars 2003, il traversa les 48 wilayas, de la frontière tunisienne à Maghnia, des villages limitrophes aux pistes du Niger qu’il parcourut à maintes reprises pour chercher son rizq. Des pannes par dizaines. Des voyages par centaines. Il cherchait sa subsistance dans le licite. Il cherchait la vérité dans ses moindres détails.
On se souvient de la mosquée aux pigeons : pendant des années, les rangs de prière n’étaient pas orientés dans la bonne direction. Marwan n’a pas crié. Il n’a pas insulté. Il a expliqué, persévéré, convaincu — et un jour, la mosquée a corrigé ses rangs. C’est ainsi que se construit la réforme : pierre par pierre, souffle par souffle, année après année.
Il était un commerçant qui refusait de tromper.
Dans ses transactions, dans ses engagements, dans ses prix — même quand la marge disparaissait, même quand l’honnêteté lui coûtait personnellement. Il honorait sa parole quand les autres cherchaient la sortie. Car Allah dit :
« Allah a autorisé le commerce et interdit l’usure. »
📖 Sourate Al-Baqara (2), verset 275.
Et le Prophète ﷺ a dit : « Le commerçant honnête et de confiance sera avec les prophètes, les véridiques et les martyrs. »
📚 Source : Rapporté par Ibn ‘Omar (رضي الله عنه) — At-Tirmidhî (n° 1209), Ad-Dârimî.
✅ Grade : Hasan — déclaré tel par At-Tirmidhî lui-même, et authentifié par Al-Albânî dans Sahîh Al-Jâmi’ (n° 3986).





