L’homme qui affranchit tous ses esclaves par crainte de la balance et des comptes [le Jour Dernier]

Hadîth Qoudsî : Je suis l’opinion que le serviteur se fait de Moi

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Aboû Hoûrayrah رضي الله عنه rapporte que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

Allah Tout-Puissant a dit :

« Je suis selon l’opinion que Mon serviteur se fait de Moi et Je suis avec lui lorsqu’il M’invoque.
S’il M’invoque en lui-même, Je l’invoque en Moi, et s’il M’invoque dans une assemblée, Je le mentionne dans une assemblée meilleure que la sienne.
Et s’il se rapproche de Moi d’un empan, Je me rapproche de lui d’une coudée ; s’il se rapproche de Moi d’une coudée, je Me rapproche de lui d’une brasse.
Et s’il vient vers Moi en marchant, je viens vers lui en courant. »

(Rapporté par al-Boukhârî et aussi par Mouslim, at-Tirmidhî et Ibn-Mâjah)

Sa purification est la condition d’entrée [au Paradis]

La troisième chose démontrant l’importance du cœur est que l’entrée au Paradis est conditionnée par sa purification.

C’est pour cela qu’Allah blâma ceux ayant des cœurs mauvais : {[…] Voilà ceux dont Allah n’a point voulu purifier les cœurs. A eux, seront réservés, une ignominie ici-bas et un énorme châtiment dans l’au-delà.} [Al-Mâidah, v.41]

Et ce verset est une preuve irréfutable que celui qui ne purifie pas son cœur subira inévitablement une ignominie ici-bas et un énorme châtiment dans l’au-delà.

Voilà pourquoi Allah سبحانه وتعالى a interdit le Paradis à celui qui a en son cœur le poids d’un atome de mal. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « N’entre pas le Paradis celui qui a en son cœur le poids d’un atome d’orgueil. »

Personne n’y entrera jusqu’à ce que son cœur devienne entièrement bon et propre, et ce, car le Paradis est la demeure des bons, et c’est ainsi qu’il leur sera dit alors qu’ils se trouveront devant la porte du Paradis : {[…] vous avez été bons : entrez donc, pour y demeurer éternellement».} [Az-Zoumar, v.73]

Il leur sera fait, à eux seuls, la bonne annonce par les Anges : {Ceux dont les Anges reprennent l’âme – alors qu’ils sont bons – [les Anges leur] disent: «Paix sur vous ! Entrez au Paradis, pour ce que vous faisiez».} [An-Nahl, v.32]

Ibn Al-Qayyim رحمه الله  a dit : « Le mauvais n’entrera pas le Paradis, ni celui possédant un brin de mal.
Ainsi, quiconque se sera purifié ici-bas et aura rencontré Allah absout et sain de toute impureté y entrera sans aucune gêne.
Quant à celui qui, ici-bas, ne se sera pas purifié, si son impureté était majeure tel le mécréant, alors il n’y entrera nullement ; et si son impureté a été acquise, [tels les péchés du cœur et des membres que commet le musulman,] il y entrera qu’après avoir été nettoyé de celle-ci dans le feu de l’Enfer. Quant à certains croyants, lorsqu’ils auront traversé le pont As-Sirât, ils seront arrêtés sur le pont Qantarah situé entre le Paradis et l’Enfer où ils se feront corriger et débarrasser de ce qu’il leur reste d’impuretés qui les empêche d’accéder au Paradis. A ceux-là, il ne leur a pas été prescrit d’entrer en Enfer, mais une fois qu’ils auront été lavés et nettoyés de ces souillures restantes, alors l’entrée au Paradis leur sera accordée. »

Et c’est dans ce but qu’est venu l’ordre clair adressé au Prophète صلى الله عليه وسلم   {Et tes vêtements, purifie-les.} [Al-Mouddaththir, v.4]

Ibn Al Qayyim a dit : « La majorité des exégètes parmi les Pieux Prédécesseurs (As-salafs) et ceux qui les ont suivis sont d’avis que le sens voulu par « vêtements » est, ici, le cœur ; et que la signification de la purification correspond à la réforme des actes et des nobles comportements et caractères. »

La plus grande impureté :

Allah le Très Haut a dit : {[…] Les associateurs ne sont qu’impureté […]} [At-Tawbah, v.9]

Il سبحانه وتعالى utilisa une forme nominale « najas – نَجَسٌ » (impureté) dans le but d’hyperboliser. C’est comme s’ils étaient le cœur de l’impureté, car les souillures internes (cachées) doivent être évitées avant tout ; et y a-t-il plus impure que le polythéisme ?!

Donc, les impuretés du cœur, outre le fait qu’elles soient des turpitudes ici-bas, sont destructrices dans l’au-delà.

Mais il y a une autre signification à cela : celle que la purification et l’impureté ne soient pas restreintes à l’apparence ; parce qu’il se peut que le polythéiste porte de beaux vêtements ou qu’il soit propre alors que son cœur est souillé.

Et c’est ce qu’ont adopté les quatre grandes écoles juridiques en disant que le mécréant n’est pas une impureté en lui-même car Allah nous a rendu licite leurs nourritures[1] ; et cela nous a été rapporté par les faits et les paroles du Prophète صلى الله عليه وسلم. Il mangea et bu dans leurs récipients, il fit ses ablutions dans ceux-ci, il fit même entrer des mécréants dans sa mosquée.

De plus, nous pouvons ajouter que : les impuretés « abstraites » ou incorporelles ne sont pas toutes du même niveau, elles diffèrent. Et elles n’ont pas comme seuls endroits les cœurs des mécréants, bien au contraire, elles peuvent se loger dans les cœurs des musulmans. Ainsi la colère, l’orgueil, la jalousie, et autres types de maladies du cœur sont des souillures.

Et si le Prophète صلى الله وسلم  a certes dit que « Les anges n’entre pas une maison où se trouve un chien ou une image » et bien Aboû Hâmid Al-Ghazâlî رحمه الله a médité ce hadîth d’un angle qui peut paraître au premier abord loin de son apparence, mais qui, en réalité, indique une signification très correcte, il dit :

« Le cœur est une maison et la demeure des anges, il est l’endroit où ils laissent leurs traces et s’y établissent ; et les mauvaises caractéristiques telles que la colère, la passion, la haine, la jalousie, l’orgueil, la vanité et toutes leurs semblables ne sont que des chiens qui aboient. Comment les anges peuvent-ils y entrer alors qu’elle est remplie de chiens ?!

Quant à la lumière de la science, Allah le Très Haut ne l’envoie dans le cœur que par l’intermédiaire des anges {Il n’a pas donné à un mortel qu’Allah lui parle autrement que par révélation ou de derrière un voile, ou qu’Il [Lui] envoie un messager (Ange) qui révèle, par Sa permission, ce qu’Il [Allah] veut. […]} [Sourate Ach-Choûrâ, v.51]

De cette façon, il n’est de science clémente et bénéfique envoyée au cœur sans que les anges, à qui a été confiée cette tâche, s’en chargent. Et ce sont des êtres sains, purifiés et innocents de toutes caractéristiques détestables ; ainsi, ils ne constatent que le bon, et, avec ce qu’ils possèdent parmi les trésors de la miséricorde d’Allah, ils n’habitent que ce qui est bon et pur. »

[1] Sauf les animaux sacrifiés (Note du traducteur)

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

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Les catégories de péchés

Sache que l’homme possède de nombreux caractères et attributs, mais les sources des péchés sont au nombre de quatre :

La première concerne les caractères de seigneurie qui suscite l’orgueil, la fierté, l’amour des louanges et éloges, l’arrogance, la recherche de domination, et autre. Ce sont là des péchés destructeurs, mais certains les négligent et ne les considèrent pas comme des péchés.

La deuxième concerne les caractères sataniques qui donnent naissance à la jalousie, la transgression, la ruse, la tromperie, la machination, la fraude, l’hypocrisie, l’incitation à la corruption et autre.

La troisième concerne les caractères bestiaux qui donnent naissance à l’avidité, et à l’attachement à assouvir les désirs du ventre et du sexe qui entraînent la fornication, l’homosexualité, le vol et le fait de s’adonner aux vanités de ce bas-monde pour satisfaire les désirs.

La quatrième concerne les caractères de prédation qui donnent naissance à la colère, la haine, l’agression des gens par le meurtre, les coups, et l’accaparement de leurs biens.

Ces caractères évoluent dans la nature humaine. Ainsi c’est le caractère bestial qui domine en premier, puis il est suivi du caractère de prédation, et lorsque ces deux caractères sont réunis, ils utilisent la raison en ce qui concerne les caractères sataniques, comme la ruse, la tromperie, le stratagème, puis ce sont les caractères de seigneurie qui dominent.

Ce sont la les fondements et sources des péchés, puis, les péchés jaillissent de ces sources vers les membres : certains dans le cœur, comme la mécréance, l’innovation, l’hypocrisie et la dissimulation du mal ; d’autres dans l’ouïe, la langue, le ventre et le sexe, les mains et les pieds ; et d’autre encore dans tout le corps. Il n’est pas nécessaire de le détailler, tant cela est clair.

Ensuite les péchés se subdivisent entre ceux qui se rapportent aux droits des êtres humains et ce qui est entre le serviteur et son Seigneur. Ce qui se rapporte aux droits des serviteurs est plus grave, quant à ce qui est entre le serviteur et son Seigneur, le pardon y est plus espéré et escompté, sauf s’il s’agit de polythéisme, qu’Allah nous en préserve, car il n’est pas pardonné. […]

Autre division : sache que les péchés se divisent entre mineurs et majeurs. Il est de nombreuses divergences à ce sujet, et les hadiths diffèrent sur le nombre de péchés majeurs. Les hadiths authentiques les mentionnant sont au nombre de cinq :

Le premier est le hadith d’Aboû Hourayrah  رضي الله عنه qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :  «  Écartez vous des sept qui mènent à la perdition ! « . Ils ont dit: Quels sont ces choses ? Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit:  » L’association à Allah, la sorcellerie, tuer une âme qu’Allah a interdit sans droit, manger l’usure, manger l’argent de l’orphelin, fuir le jour de la bataille et accuser injustement de fornication les croyantes chastes et insouciantes « .
[Al Boukhârî (6857) et Mouslim (89)]

Le deuxième est le hadith de ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه qui dit : « Ô Messager d’Allah ! Qu’elle est le plus grand péché? -Que tu donnes un égal à Allah, alors que c’est Lui qui t’a créé. -Et ensuite? -Que tu tues ton enfant de crainte qu’il ne partage ta nourriture. -Et ensuite? -Que tu commettes l’adultère avec l’épouse de ton voisin. »[Al Boukhâri (4702) et Mouslim (86)]

Le troisième est le hadith de ‘Abd Allah Ibn ‘Amr رضي الله عنه qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم dit : « Les péchés majeurs sont l’association à Allah et le non-respect de la piété filiale. » [Al Boukhârî (6870)]

Le quatrième est la hadith est le hadith : « Voulez-vous que je vous indique le plus grand péché majeur? C’est le mensonge – ou il dit : le faux témoignage. » [Al Boukhârî (5977) et Mouslim (88)]

Le cinquième est le hadith d’Aboû Bakr رضي الله عنه qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم dit, lorsqu’on mentionna les péchés capitaux en sa présence : « L’association à Allah, et le non-respect de la piété filiale. -Puis, alors qu’il était accoudé, il se mit assis et dit : Et le faux témoignage.Et il ne cessa de la répéter, au point que nous nous disions : si seulement il s’était tu » [Al Boukhârî (2654) et Mouslim (87)]

Les savants ont tenu à ce sujet de nombreux avis, mais les hadiths mentionnant les péchés majeurs n’indiquent pas qu’ils soient mentionnés exhaustivement. Le Législateur a peut-être voulu cette indétermination, afin que les gens craignent les péchés. Les hadith permettent néanmoins de connaître les catégories de péchés majeurs, et les plus graves d’entre eux.

Quant aux plus minimes des péchés mineurs, il n’est aucun moyen de les connaître.

Les savants ont parlé du nombre de péchés majeurs, ainsi on rapporte que pour Ibn Mas’oûd رضي الله عنه ils étaient au nombre de quatre, et pour Ibn ‘Oumar رضي الله عنه au nombre de sept. Lorsqu’on rapportait à Ibn ‘Abbâs رضي الله عنه qu’Ibn ‘Oumar estimait qu’ils étaient au nombre de sept il disait : « ils sont plus proches de soixante-dix que de sept. » De même Aboû Sâlih rapporte d’Ibn ‘Abbâs : « Les péchés majeurs sont ceux qui exigent l’application d’une peine légale en ce bas-monde. » Pour Ibn Mas’oûd, les péchés majeurs figurent au début de la sourate An-Nissâ jusqu’à la Parole d’Allah :

 {Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le Paradis).} [Sourate 4, v.31]

Sa’îd Ibn Joubayr رضي الله عنه et d’autres ont été d’avis que cela englobe tout péché pour la pratique duquel Allah a menacé de l’Enfer.

Aboû Tâlib Al-Makkî dit : « Les péchés majeurs sont au nombre de dix-sept, que j’ai retenus de ce qui a été rapporté :

  • Quatre concernent le cœur : le polythéisme, l’obstination dans le péché, le fait de désespérer de la miséricorde d’Allah, et l’assurance contre la ruse d’Allah. 
  • Quatre concernent la langue : le faux témoignage, l’accusation mensongère portée à l’encontre des femmes chastes, le faux serment délibéré, et la sorcellerie. 
  • Trois concernent le ventre : la consommation d’alcool, l’accaparement dans droit des biens de l’orphelin, et la consommation de l’usure. 
  • Deux concernent le sexe : l’adultère et l’homosexualité. 
  • Un concerne les pieds : la fuite au combat. 
  • Un concerne l’ensemble du corps : le non-respect de la piété filiale. »

Cela peut être augmenté ou diminué, car le fait de frapper et châtier l’orphelin est plus grave que la consommation de ses biens. Et Allah est plus savant.

Source : « L’Esprit de L’âme », éditions Tawbah

Il est la cible commune

Assurément, le diable (Ach-Chaytân) comprit le rôle du cœur et son importance ; ainsi, il ne perd pas son temps dans de futiles batailles ou de marginales échauffourées, mais il focalise constamment toute son énergie pour un but unique.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Et lorsque l’ennemi d’Allah, Iblîs, su que tout tourne autour du cœur c’est alors qu’il vint à lui par le biais des insufflations et des passions, en lui enjolivant les paroles et les actes qui le détourneront du droit chemin, et en lui facilitant l’accès à des égarements qui l’empêcheront d’accéder à la réussite. Il plaça des pièges et des leurres à son encontre et même si le cœur ne s’y prend pas il ne pourra échapper à certains dommages. »

Le cœur est donc l’objectif qui est commun entre le Roi سبحانه وتعالى et le diable, tous deux le visent[1]. Il est la zone du conflit, le champ de bataille et la zone de tension ; et résultera de ce combat soit la guidée du cœur et sa vie, soit sa dureté, sa mort et sa perdition.

Qu’il est donc étonnant celui qui prend le conseil de l’ennemi rejetant ainsi la recommandation du bien-aimé صلى الله عليه وسلم, qui achète l’amitié du diable contre l’inimitié des anges, et qui déclare la guerre à ce qui lui reste de sa foi en coopérant avec son pire ennemi !

Et c’est de cet étonnement-là qu’Ibn Al-Jawzî رحمه الله  s’exprime dans sa parole : « Comment peux-tu être apaisé en soutenant la partie de l’âme contre celle du cœur, alors que cette dernière est croyante et celle de l’âme mécréante ?! »[2]

Le cœur diffère des membres :

Il se peut que l’on objecte : « Mais les membres sont également visés par les anges et les démons (Ach-Chayâtîn), alors quelle différence peut-il y avoir entre eux et le cœur ? »

[Pour y répondre], je citerai la parole d’Aboû Hâmid Al-Ghazâlî رحمه الله qui a expliqué cette différence indéniable qu’il y a entre eux :

« Ce qui touchent le cœur est bien plus nombreux [que ce qui touche les membres].
Car les pensées [qui le heurtent] sont telles des flèches qui ne cessent d’atteindre leur cible, et ce, à l’image d’une pluie se déversant continuellement sur lui nuit et jour. Tu n’es pas en mesure d’empêcher cela.
Ainsi, le cœur n’est pas du même rang que l’œil : car les paupières de l’œil se referment, il peut se reposer ; ou bien il se trouve dans un endroit désert ou une nuit obscure, là non plus il ne sera pas sollicité.
Et il n’est pas non plus du même rang que la langue située derrière deux voiles : les dents et les lèvres ; tu es mesure de l’empêcher [de s’agiter] et de la contenir.
Mais pas pour le cœur ! Il est la cible de toutes pensées, tu ne peux les refouler et elles ne cessent de te toucher en tout temps et à tout moment. »

[1] Allah dit : {De Ses serviteurs cependant, Il n’agrée pas la mécréance} [Az-Zoumar, v.7] Ainsi, Il veut que le cœur de Ses serviteurs soit pénétré par la foi, et ce, à l’inverse du diable qui ne souhaite que l’égarer  (Note du traducteur)

[2] Ce qui est voulu par sa parole : « Comment peux-tu être apaisé alors que tu soutiens le diable contre ton cœur et laisses ton âme suivre les passions qu’il (le diable) lui insuffle pénétrant ainsi ton cœur qui est une citadelle dans laquelle loge la foi et la connaissance d’Allah. » (Note du traducteur)

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

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Certes, il est le roi


Le cœur est l’émir du corps et le souverain des membres; il est donc leur unique berger et leur leader.
Les membres et les sens sont ses disciples, ils n’extériorisent que ce qu’on leur ordonne.
Ainsi, les actes corporels et sensoriels n’existent que par son ordre, et le cœur n’utilise les membres que dans ce qu’il désire, ils sont à sa merci.

De lui s’acquiert la droiture ou l’égarement.

De plus, il existe entre lui et les membres un lien surprenant et une étrange similitude, car chacun d’eux impacte sur l’autre [mais l’impact du cœur sur les membres est plus conséquent].

Dès lors, si le regard dévie c’est qu’il en a reçu l’ordre, si la langue ment c’est parce qu’elle n’est qu’une esclave soumise [au cœur], et si le pied se dirige vers l’illicite c’est que le cœur s’y est déplacé en premier.

C’est pour cette raison que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit concernant celui qui prie de manière distraite : « Si le cœur de celui-ci avait été humble et concentré, alors ses membres l’auraient été également. » Et il dit à celui qui dirige la prière [commune] de dire aux fidèles : « Alignez-vous et ne déviez-pas [de vos rangs] de crainte que vos cœurs ne divergent. »
Les actes des membres sont donc le fruit des actes du cœur.

En résumé : Le cœur est la ligne défensive du début à la fin, ainsi, s’il faiblit, se corrompt ou qu’il capitule alors les membres s’écrouleront.

Et inversement, si le serviteur évoque son Seigneur c’est parce que le cœur L’a évoqué ; s’il laisse sa main s’adonner à l’aumône c’est parce que le cœur lui a permis cela ; et si l’œil verse des larmes c’est parce que le cœur lui en a donné l’ordre.

De ce fait, c’est lui qui dicte à la langue ce qu’elle doit prononcer, à la main ce qu’elle doit écrire et ordonne aux pieds de se déplacer.

Le Prophète  صلى الله عليه وسلم a évidemment défini le droit du cœur et le rang qu’il occupe. Il alla jusqu’à le décrire comme « un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera. ». Et c’est la première chose vers laquelle il nous a orientés afin que nous puissions l’éduquer, lui prêter attention et le purifier.

Par conséquent, tous les actes reviennent au cœur et découlent de lui ; et on entend par « tous les actes » tous les faits et gestes que l’on accomplit tel le vêtement que l’on revêt ou le corps que l’on embellit !

Et c’est ce qu’a compris le noble compagnon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه, à qui a été donné la compréhension du Coran, en disant : « Les apparences ne se ressembleront que si les cœurs se ressemblent. » 

Il est l’objectif premier du bien-aimé صلى الله عليه وسلم  :

La mère des croyants, ‘Âicha رضي الله عنها , a dit : « Parmi les premiers passages du Coran à avoir été révélés, il y a une sourate parmi les sourates moufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l’Enfer ; et puis, lorsque les hommes retournèrent vers l’islam, le licite et l’illicite furent révélés. Si dès le début Allah avait révélé : « Ne buvez plus d’alcool », les hommes auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! ». Et si dès le début Il avait révélé : « Ne commettez plus l’adultère ! », les hommes auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! » »

Allah interdit l’alcool durant la 2ème année de l’hégire, soit 15 ans après le début de la prophétie, et Il rendit obligatoire l’aumône également durant la 2ème année hégirienne.
Il prescrit le voile légiféré lors de la 6ème année de l’hégire, soit 19 ans après le début de la prophétie.
Tout cela sont des commandements [divins] dont la révélation fut retardée jusqu’à ce que les cœurs se soient purifiés, adoucis et que la vérité s’y soit fermement ancrée, et soit sans équivoque.

Et pour montrer la noblesse du cœur, Allah fit de lui un outil et un moyen [pour la personne] de connaître son Seigneur et d’être guidée vers Lui.

Mais si Allah se mettait en colère contre un serviteur, le pire des châtiments qu’Il pourrait lui infliger serait de lui faire obstacle entre Lui (Allah) et son cœur. Et cet obstacle se traduirait par le fait qu’Allah lui interdise de Le connaître et [lui interdise] Sa proximité.

Voilà donc la raison pour laquelle prêter une attention particulière au cœur c’est prêter une attention à ce qui est le plus important sur ce qui l’est moins, et se préoccuper de la base sur ce qui est secondaire.

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Coeur des Croyants)

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