Conseil à celui qui sème la discorde entre les savants et les étudiants

Quel est votre conseil pour celui qui sème la discorde entre les savants voulant les diviser et qui délaisse l’apprentissage de la science ?

Cette question provient d’un pays arabe.

Nous disons que ce genre d’agissements ressemble à ceux des hypocrites. Celui qui monte les étudiants en science entre eux, les divise et fait naître entre eux de l’animosité, cela ressemble aux agissements des hypocrites. Ce sont eux qui agissent de la sorte, mais le croyant véridique ne fait pas de telles choses. Le croyant véridique cherche à faire naître l’affection et l’amitié entre les musulmans.

Mais celui dont la seule préoccupation est untel et untel, les on-dit, cataloguer les gens et juger untel… un tel individu est loin d’obtenir la réussite, c’est même un manque de réussite.

D’ailleurs, tu ne trouves dans sa science aucune bénédiction ; la bénédiction de sa science lui est arrachée. Tu trouves aussi de la dureté dans son cœur ; tu le vois privé de la saveur de l’adoration et de la réussite.

Le musulman doit aimer pour ses frères musulmans ce qu’il aime pour lui-même ; tout comme il déteste pour eux ce qu’il déteste pour lui-même. Il doit se comporter avec eux avec des comportements de croyant, en particulier avec les étudiants en science et les prêcheurs. Il doit avoir une bonne opinion d’eux et s’écarter de tout ce qui peut faire naître de la haine et de l’animosité entre les musulmans.

Ce genre d’agissement n’est pas le comportement des croyants. Celui qui commet cela ressemble aux hypocrites dans leurs comportements.

Nous demandons à Allah de nous en préserver. Ce sont eux qui cherchent à corrompre les musulmans, à faire naître la haine et l’animosité entre eux.

Celui qui fait cela doit craindre Allah et se repentir à Allah car cela ressemble aux agissements des hypocrites. Qu’il aime pour ses frères ce qu’il aime pour lui-même ! Qu’il prenne sous son aile ses frères croyants ! Et qu’il les traite avec des comportements de croyant !

Chaykh Sa’d Al-Khathlân

Traduit par le Cœur des Croyants

Comment rester ferme sur la religion d’Allah en temps de trouble ?

Le questionneur demande :

Comment veiller à appliquer la Sounnah de notre Prophète ﷺ et la guidée présente dans le Coran dans une société où il est devenu compliqué d’y appliquer les jugements islamiques ? Et comment puis-je rester ferme sur la religion d’Allah après Lui avoir demandé la fermeté et la réussite ? Qu’Allah soit bienfaisant à votre égard.

Toute la louange appartient à Allah Seigneur de l’univers, ceci dit :

Nul doute qu’appliquer la Sounnah du Prophète ﷺ aujourd’hui est devenu compliqué et difficile. Cependant, ceci est facile pour celui à qui Allah l’a rendu facile.

Pour ce faire – qu’Allah t’accorde la réussite – tu dois veillez à plusieurs choses :

La première : tu dois beaucoup invoquer Allah عز وجل pour qu’Il te facilite la mise en pratique et t’accorde la fermeté sur celle-ci. Allah dit : {Si Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet, [qu’ils sachent que] Je suis proche. J’exauce l’invocation de celui qui M’invoque [sincèrement]. Qu’ils répondent à Mon appel [en se soumettant à Moi], et croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés.} [S.2, v.186]

Il dit aussi : {Votre Seigneur dit : « Invoquez-Moi, Je vous exaucerai ! »} [S.40, v.60]

Personne ne lève ses mains vers Allah avec nécessité, Lui demandant la fermeté, la réussite et la guidée sans qu’Allah ne l’exauce. Car il s’agit ici de l’invocation de l’affligé, surtout à notre époque.

Il est donc primordial de multiplier nos demandes à Allah de nous raffermir sur le Livre, la Sounnah et la guidée des pieux prédécesseurs.

Allah dit : {Qui exauce l’affligé qui L’invoque, dissipe le mal et vous fait succéder sur terre ?} [S.27, v.62]

C’est donc une chose qu’il faut prendre en considération et beaucoup invoquer Allah de nous raffermir.

Allah dit concernant Son Prophète ﷺ : {Si Nous ne t’avions pas raffermi, tu aurais bien failli pencher quelque peu vers eux.} [S.17, v.74]

Donc si le Prophète ﷺ a eu besoin d’être renforcé par Allah pour le contexte dans lequel il vivait, alors que dire de nous dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui ?

Nul doute que nous avons besoin encore plus d’être raffermis.

Dans le Jâmi’ de l’imam At-Tirmidhî avec une chaîne de transmission authentique selon le hadîth d’Anas رضي الله عنه où il dit : « Le Prophète ﷺ disait souvent : « Ô Allah, Toi qui raffermis les cœurs ! Raffermis-le mien sur Ta religion. » Anas lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? » Il répondit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne comme bon Lui semble. »

Et dans le Sahîh de l’imam Mouslim, selon le hadîth de ‘Abd Allah Ibn ‘Amr, le Prophète ﷺ avait pour habitude d’invoquer : « Ô Toi qui orientes les cœurs ! Oriente nos cœurs vers Ton obéissance. »

La deuxième chose : tu dois faire tout ton possible pour t’écarter des ambiguïtés. Essaie de ne jamais t’approcher des ambiguïtés et des passions tant que cela t’est possible.

Afin de fermer la porte à toute corruption de la foi et de l’unicité.

La troisième chose : reste attaché aux gens véridiques, aux gens religieux et pieux. Et ne détourne jamais d’eux ton regard pour rechercher la parure de ce bas-monde.

Car les bonnes personnes et les vertueux parmi les savants, les étudiants en science, les dévots, les pieux, les gens de bien et les bienfaisants t’aideront grandement – si Allah le veut – à rester ferme sur la voie d’Allah عز وجل.

La quatrième chose : tu dois appeler les gens à Allah عز وجل, car prêcher à Allah dans ce contexte douloureux permet aussi de rester ferme.

Cherche donc assistance auprès d’Allah عز وجل ! Ne sois pas de ceux qui se plaignent ! Ne reste pas passif à désespérer que la situation ne puisse un jour s’améliorer et que la société ne revienne à la droiture.

Tu dois participer à cette réforme et réformer [les autres] par le prêche à Allah en utilisant tous les moyens qui te sont possibles. Que ce soit fait de façon directe comme faire un discours, être présent lorsque les gens se réunissent dans les occasions de joie ou de tristesse, en allant dans les clubs… ou par le biais des réseaux sociaux. Et Allah n’impose à personne que ce dont il est capable.

Tu dois aussi apprendre la science légiférée car elle est une protection contre la chute et l’égarement après avoir été sur la droiture par la permission d’Allah.

Donc si tu prends en compte tout cela, tu seras – par la permission d’Allah, Sa réussite, Sa miséricorde et Sa grâce – ferme dans ce contexte jusqu’à ce que te vienne la mort.

Et Allah est plus savant.

Source : Traduit par le Cœur des Croyants

Leçons à tirer de la sourate de Yoûsouf à propos de la jalousie

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Yoûsouf عليه السلام a été éprouvé par la jalousie de ses frères à son égard, lorsqu’ils dirent :

{Quand ceux-ci dirent : « Yoûsouf (Joseph) et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes nombreux. Notre père est vraiment dans un tort évident} [S.12, v.8]

Ils les ont jalousés en raison de la préférence que leur portait leur père, et c’est pour cette raison que Ya’qoûb عليه السلام dit à Yoûsouf :

{Ô mon fils, ne raconte pas ta vision à tes frères car ils comploteraient contre toi, le Diable est certes, pour l’homme, un ennemi déclaré.} [S.12, v.5]

Ensuite, ils ont été injustes envers lui en envisageant de la tuer, en le jetant dans le puit et en le vendant comme esclave à des gens qui l’ont emmené vers une terre de mécréance, devenant ainsi la propriété d’un peuple mécréant.

Ensuite, Yoûsouf عليه السلام a été éprouvé – après avoir subi une injustice – par celle qui l’appelait à la fornication, s’offrant à lui et utilisant tous les moyens pour l’obtenir. Mais il s’en défendit fermement et choisit la prison plutôt que la fornication et le châtiment de ce monde plutôt que la colère d’Allah. Là encore, il subit une injustice, cette fois de celle qui l’avait aimé par passion et mauvais dessein. Cette femme amoureuse l’a donc aimé en raison d’une passion à son égard, cette passion ne pouvant être soignée qu’à condition qu’il accepte ses avances.

Ses frères l’ont détesté au point de le jeter dans le puit et d’en faire un esclave sans qu’il l’ait choisi. Ils l’ont arraché à la liberté pour lui passer les chaînes de la servitude illégale sans qu’il puisse choisir. Et (cette femme) l’a contraint à choisir d’être emprisonné et écroué, mais volontairement cette fois-ci. Cette seconde épreuve était donc plus importante car la patience y résultait d’un choix et était accompagnée de crainte d’Allah, alors (qu’avec ses frères) il dut supporter leur injustice avec patience, car celle-ci fait partie des malheurs qui, si l’on ne les supporte pas noblement dès lors qu’ils se produisent, font ressembler l’être humain à une bête de somme qui n’a d’autre choix que d’endurer ce qu’on lui fait subir. La patience dont a fait preuve Yoûsouf dans le seconde épreuve est donc meilleure que la première, c’est pour cela que Yoûsouf a dit :

{Pour celui qui craint [son Seigneur] et patiente, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants.} [S.12, v.90]

De même pour tout croyant qui est persécuté pour sa foi et auquel on demande de renier sa foi, de désobéir ou de transgresser – et, s’il ne le fait pas, est châtié et persécuté – et qui choisit la persécution plutôt que de laisser se religion, en étant jeté en prison ou chassé de son pays, comme cela est arrivé aux Mouhâjirîn qui ont préféré laisser leur pays plutôt que leur religion et qui ont été persécutés pour cela.

Source : « Les maladies du cœur » du chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah, éditions Tawbah, p.63 – 64.

La patience du Prophète ﷺ face aux persécutions des mécréants

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Le Prophète ﷺ a été persécuté de différentes manières et il choisissait de patienter, car il était persécuté afin qu’il cesse d’accomplir ce qu’il avait choisi de faire, ce qui est plus encore que la patience de Yoûssouf عليه السلام. En effet, on a appelé Yoûssouf à la fornication, et il n’a été châtié par la prison que parce qu’il a refusé, alors que c’est la mécréance qu’on a demandé au Prophète ﷺ et ses Compagnons رضي الله عنهم, et comme ils ont refusé ils ont été châtiés par le meurtre et d’autres choses encore. Et le plus petit châtiment qu’ils ont subi fut la prison lorsque les polythéistes les ont confinés un temps dans une vallée en dehors de la ville, et dès lors qu’Aboû Tâlib décéda, les persécutions ont augmenté.

Quand les polythéistes de Qouraych apprirent que les Ansârs de Médine avaient prêté serment d’allégeance au Prophète ﷺ, ils voulurent l’empêcher de quitter la Mecque, le bloquant lui et ses Compagnons. On ne pouvait quitter la ville que secrètement, sauf ‘Oumar Ibn Al-Khattâb et (les nobles) comme lui qui voulaient quitter leurs demeures, mais malgré tout, ils empêchaient certains d’entre eux.

Les croyants n’ont subi ces persécutions et ces épreuves que parce qu’ils ont choisi d’obéir à Allah et Son Prophète ﷺ de la même façon que Yoûssouf à choisir d’obéir à Allah en préférant la prison au péché. Ce n’était donc pas une épreuve céleste que le serviteur subit bon gré mal gré, comme ce qui est arrivé à Yoûssouf عليه السلام lorsqu’il a été séparé de son père. La patience volontaire est la plus noble et la plus méritoire des deux, bien que celui qui patiente face à une épreuve (contre laquelle il ne peut rien) sera récompensé pour sa patience, sa quiétude et verra ses péchés pardonnés en raison des malheurs qui le touchent. Quant à celui qui est persécuté car il a choisi d’obéir à Allah, il obtient la même récompense et on lui écrit en plus une bonne action.

Allah سبحان الله وتعالى dit : {Ils n’éprouvent ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah, ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des mécréants, et n’obtiendront aucune victoire sur un ennemi, sans qu’on ne leur écrive pour cela une bonne action. Certes, Allah n’annule pas la récompense des bienfaisants.} [S.9, v.120]

Au contraire de celui qui subit une épreuve qu’il n’a pas choisie, comme la maladie, la mort d’un être cher, le vol de ses biens, et qui n’est récompensé que pour sa patience face à cette épreuve, pas pour l’épreuve elle-même. En effet, la patience face aux malheurs ne fait qu’effacer les péchés, alors que c’est pour les actes volontaires et leurs conséquences que l’on est récompensé.

Ceux qui sont persécutés pour leur foi, leur obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ et qui subissent pour cela gêne, maladie, emprisonnement, émigration forcée, perte de biens et d’êtres chers, coups, insultes, perte de prestige, sont sur la voie des Prophètes et de ceux qui les suivent comme les Mouhâjiroûn. Ceux-là sont récompensés pour leurs persécutions qu’ils subissent et on leur écrit une bonne action, de la même manière que le combattant sur le sentier d’Allah est récompensé pour la faim, la soif, la fatigue et la colère des mécréants qu’il provoque. Même si tout cela n’est pas un acte qu’il accomplit, mais cela découle d’un choix qu’il a fait [à savoir a foi et l’obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ.] Ce sont là ce que l’on appelle les conséquences des actes volontaires. Et les savants ont divergé à leur sujet : ces conséquences doivent-elles être attribuées à l’auteur des actes, à Allah ou bien n’ont-elles en fait aucun instigateur ? L’avis le plus correct est que ces conséquences doivent être attribuées à l’auteur des actes mais aussi à toutes les autres causes. C’est la raison pour laquelle on lui écrit une bonne action.

 

Source : « Les maladies du cœur » du chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah, éditions Tawbah, p.65 à 67

Et toi, quelle est la dernière fois où tu as pleuré de chagrin sur ton péché ?

Nous terminons [ce cours] avec la parole [de Ka’b Ibn Mâlik] concernant ses deux compagnons : « Quant à mes deux compagnons, ils cédèrent et restèrent dans leurs demeures à pleurer. »

Allah est Le plus grand ! Regardez mes frères l’effet qu’a la foi dans le cœur des nobles Compagnons رضي الله عنهم. Pourquoi pleurent-ils ? Ils pleurent sur leur faute et leur péché lorsqu’ils n’ont pas pris part à l’expédition de Tâboûk.

Combien de péchés avons-nous commis mes frères ? Et combien de fois avons-nous fait preuve de manquement ?

La question est : combien de fois avons-nous pleuré nos péchés et nos erreurs ? Combien de fois l’un d’entre nous s’est-il assis avec lui-même à se rappeler toutes ses œuvres, ses erreurs et ses péchés, puis qu’une larme tombe et coule sur sa joue par crainte d’Allah ?

Combien de fois ? Pose-toi la question car tu es celui qui sait le mieux.

Quelle est la dernière fois où tu as pleuré de chagrin sur ton péché ? Quelle est la dernière fois où tu as pleuré par crainte d’Allah lorsque tu as commis un péché ? Que tu as désobéi à Allah alors que Lui te voit et t’observe ?

Quelle est la dernière fois où tu as versé des larmes de douleur qui pincèrent et firent mal à ton cœur parce ce que tu as désobéi à Allah ?

Mes frères ! Tant que ce ressenti est présent dans le cœur, c’est-à-dire cette sensation du cœur qui a peur d’Allah lorsqu’un péché est commis, cela est un signe de foi. Et il ne cessera d’y avoir de la vie dans le cœur tant qu’il ressent en lui la douleur et le pincement du péché.

Mais la plus grande frayeur est que les péchés ne cessent de toucher le cœur sans que la personne ne s’en préoccupe. Au point qu’elle soit touchée en une seule journée par de nombreux péchés sans en être affectée. Il se peut même qu’elle soit trompée par le fait qu’Allah couvre [ses péchés des gens] et qu’Il se montre longanime envers celui qui Lui désobéit.

Elle continue donc [de Lui désobéir], encore et encore, à l’instar de ce qu’a dit un pieux prédécesseur lorsqu’il entendit la parole d’Allah : {Ô Homme ! Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, le Munificent ?} [S.82, v.6] Il répondit : « Le fait que Tu voiles [les péchés de Tes serviteurs] ô Seigneur. »

 

Nous demandons donc à Allah à travers Ses plus beaux Noms et Ses Attributs les plus parfaits d’agréer notre repentir, et qu’Il ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par le fait qu’Allah, le Munificent et le Longanime, voile [les péchés].

Ô Allah ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par Ton voile, ni par Ta longanimité.

Ô Allah ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par Ta longanimité et Ton voile.

Ô Toi le Vivant, qui subsiste par Lui-même ! Accorde-nous le fait de Te craindre, seul ou en public. Ô Allah, accorde-nous le fait de Te craindre, seul ou en public.

Ô Seigneur des univers !

Compte-nous parmi ceux qui ont une bonne vie, une bonne fin et qui reviendront sans embuche vers Toi.

Ô Allah ! Fais que les Anges reprennent nos âmes alors que nous sommes pures.

 

Chaykh ‘Oumar Al-Mouqbil

Traduit par le Cœur des Croyants

La douceur du Prophète ﷺ envers les animaux

‘Abd-Allah Ibn Ja’far رضي الله عنهما  a dit : « J’étais assis derrière le Prophète ﷺ sur sa monture lorsque nous pénétrâmes dans l’un des jardins appartenant aux Ansârs. Une fois à l’intérieur un dromadaire essoufflé vint à nous, le Prophète ﷺ l’aperçut et fut touché de compassion, les yeux de ce dromadaire versaient des larmes. »

Le dromadaire est venu se plaindre à celui qui est venu comme annonciateur et avertisseur ﷺ.

Le Prophète ﷺ lui caressa alors sa nuque et sa bosse, d’une caresse pleine de douceur et de réconfort.

Mais les yeux de ce dromadaire continuaient de verser ces larmes de tristesse face au Messager d’Allah ﷺ qui eut de la peine pour lui.

C’est alors que le Prophète ﷺ demanda : « À qui appartient ce dromadaire ? »

Un homme parmi les Ansârs se leva et dit : « Il est à moi Ô Messager d’Allah. »

Il ﷺ lui dit alors : « Ton dromadaire s’est plaint à moi que tu l’affames et l’épuises. » [Rapporté par Ahmad et Aboû Dâwoûd, authentifié par Chaykh Al-Albânî dans « Sahîh Aboû Dâwoûd »]

« Que tu l’affames » c.à.d. que tu ne le nourris pas assez, « et l’épuises » c.à.d. que son travail l’épuise et qu’il travaille sans cesse.

C’est ainsi que le Prophète ﷺ vint au secours de ce dromadaire afin qu’il récupère ses droits auprès de son propriétaire.

Car le Prophète ﷺ a été envoyé avec les droits, et ce, même pour les animaux mes chers bien-aimés.

Même pour les animaux, notre Prophète ﷺ a été envoyé pour que l’on s’en occupe de la meilleure façon, et il ordonna que l’on fasse preuve de miséricorde envers eux.

Un homme vint voir le Prophète ﷺ pour le consulter, il lui demanda : « Ô Messager d’Allah, j’aimerais égorger un mouton. » C.à.d. j’aimerais en acheter un pour le manger, et donc j’aimerais pouvoir l’égorger avec douceur.

Le Prophète ﷺ de répondre : « Si tu fais preuve de miséricorde envers lui, Allah te fera miséricorde. » [Authentifié par chaykh Mouqbil Al-Wâdi’î dans « Sahih Al-Mousnad »]

Même pour ce mouton, à travers les émotions et les sentiments que tu lui témoignes, ainsi que ta douceur et ta bienveillance, Allah te fera miséricorde et se montrera doux envers toi et plein de bonté.

Voici, mes bien-aimés, ce que sont nos valeurs et nos principes envers les animaux.

Lorsque ‘Oumar رضي الله عنه passa près d’un homme qui était en train de tirer un mouton amaigri par ses pattes, il fut touché de compassion pour la bête.

‘Oumar leva alors son bâton vers l’homme et s’écria : « Malheur à toi ! Mène-la à la mort de la meilleure des manières. »

Et c’est ‘Oumar le père qui parle ! Qu’a donc pu faire le fils, Ibn ‘Oumar ?

Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما  passa auprès d’un berger qui faisait paitre son troupeau sur une terre aride sachant qu’Ibn ‘Oumar était passé auparavant devant une terre fertile.

Il dit alors au berger : « Malheur à toi ! Crains Allah concernant tes bêtes ! Déplace-les de cet endroit pour celui-là, car le Prophète ﷺ a dit : « Vous êtes tous des bergers, et vous serez interrogés sur votre troupeau (ceux qui sont sous votre tutelle). » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]

Allah Akbar, interrogés même sur ces bêtes ? Oui, même sur ces bêtes.

Ceci est notre religion, nos valeurs et nos principes.

Aboû Ad-Dardâ رضي الله عنه avait un dromadaire appelé « Doummoûn », quand il le prêtait ou le louait à quelqu’un il lui recommandait : « Crains Allah ! Car ce dromadaire ne peut pas faire telle et telle chose, il ne peut pas porter telle chose, en revanche il peut porter telle et telle chose. » C’est ainsi qu’il donnait une liste de tout ce qui est permis et interdit de faire, et cela même pour un dromadaire.

Et lors des derniers instants de la vie d’Aboû Ad-Dardâ رضي الله عنه le dromadaire se mit à tourner autour de lui, il l’appela : « Viens Doummoûn », puis il lui dit : « Ô Doummoûn, ne me tiens pas rigueur devant mon Seigneur le Jour de la Résurrection, car je ne te faisais porter que ce dont tu étais capable. »

Ô Allah, quelle est cette moralité immense présente dans le cœur de ces hommes-là ?!

« Ne me tiens pas rigueur devant mon Seigneur le Jour de la Résurrection », même avec ce dromadaire ? Oui, même avec lui.

‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz رحمه الله possédait une mule et un domestique. Ce dernier partait au marché avec cette mule et tous les jours il revenait auprès de ‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz avec un dinâr. Un jour il revint avec un dinar et demi, ‘Oumar lui demanda : « D’où provient ce demi dinâr ? »

Il répondit : « Les prix au marché ont baissé nous avons pu gagner un demi dinâr en plus. »

Il rétorqua : « Non, mais tu as plutôt surchargé le dos de cette mule, laisse-la se reposer trois jours. » C.à.d. accorde-lui trois jours où elle ne travaille pas. Pourquoi ? Car ce jour-là il lui fit porter plus que ce qu’elle portait les autres jours.

Et ce même avec cette mule ? Oui, même avec cette mule.

Ces valeurs nous les avons apprises par le biais du Messager d’Allah ﷺ, celui qui s’y accrochera réussira, et celui qui empruntera cette voie sera gagnant ici-bas et dans l’Au-delà.

« Le Prophète ﷺ passa près d’un dromadaire affamé et épuisé, il s’exclama : « Craignez Allah concernant ces animaux qui ne peuvent parler, afin que vous montiez des animaux robustes et que vous mangiez de la viande saine. » [Authentifié par chaykh Al-Albânî dans « Sahîh Aboû Dâwoûd »]

Voilà ce qu’a atteint la miséricorde du Prophète ﷺ envers les animaux.

D’ailleurs Ya’lâ Ibn Mourrah رضي الله عنه nous décrit une scène étonnante qu’il y a eu entre lui et le Messager d’Allah ﷺ à travers laquelle nous constatons qu’effectivement il est une miséricorde pour l’ensemble des créatures, y compris les animaux et les bestiaux.

Ya’lâ dit : « J’étais assis avec le Prophète ﷺ lorsqu’un dromadaire approcha, il étendit ses pattes et s’allongea devant le Messager d’Allah ﷺ à l’image d’un prosterné. Le Prophète fit preuve de douceur et le dromadaire se mit à pleurer. Le Prophète ﷺ s’exclama : « Malheur à toi ! Qui est le propriétaire de ce dromadaire ? Ce dernier a quelque chose. »

Alors que nous le recherchions un jeune Ansâr vint nous voir, le Prophète ﷺ lui demanda : « Qu’a donc ton dromadaire ? »

« Par Allah Ô Messager d’Allah, je ne sais pas ce qu’il a. Hormis qu’hier soir nous discutions autour du fait que nous faisions déjà porter sur son dos nos provisions d’eau depuis de longues années. Il nous tirait ainsi l’eau du puits jusqu’à ce que son corps et ses os s’affaiblissent et que sa force s’estompe. Nous avons donc discuté la nuit dernière quant au fait de l’égorger afin de nous partager sa viande. »

Qui a bien pu entendre cette manigance ?

Le dromadaire ! Il partit se plaindre auprès du Prophète ﷺ qui fut ému de compassion à son égard. Il demanda à son propriétaire : « Fais-en moi cadeau ou vends-le-moi. »

« Prends-le comme cadeau Ô Messager d’Allah. »

[Ya’lâ poursuit] : « Le Prophète  ﷺ le marqua au fer comme étant un don, puis il lui rendit sa liberté. » [Rapporté par Ahmad]

C’est ainsi qu’Allah le sauva de son propriétaire par l’intermédiaire du Prophète ﷺ, qui est en réalité une miséricorde émanant d’Allah, une miséricorde qui nous est offerte.

Mes chers bien-aimés, à travers cet exemple nous constatons l’importance de conserver l’amitié de ceux qui ont fait preuve de bonté envers nous, et que nous ne devons pas oublier le bien qu’ils nous ont fait.

{Et n’oubliez pas vos faveurs mutuelles} [S.2, v.237]

Au point où le Prophète ﷺ nous a dit : « N’insultez pas le coq ! »

D’accord, mais pourquoi on ne doit pas le faire ? Il se peut qu’il nous dérange avec ses chants. Mais le Prophète a dit : « N’insultez pas le coq ! Car il vous réveille pour la prière. » [Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Chaykh Al-Abânî dans « Sahîh Al-Jâmi’ »]

Il possède donc un mérite, un rang et une tâche grandiose qui nécessite qu’on l’honore, qu’on ne l’insulte pas et qu’on n’invoque pas contre lui.

Pourquoi ? Parce qu’il réveille les gens pour la prière.

Voici ce que sont nos valeurs mes bien-aimés.

Telle que la loyauté entre les gens, celle qui consiste à ne pas oublier le bien que l’on nous a fait, qui consiste à rendre le bien par le bien, car le Prophète ﷺ acceptait les cadeaux et récompensait la personne pour cela. Il rajoutait à la bienfaisance encore plus de bienfaisance. Ainsi celui qui faisait preuve de bienfaisance envers le Messager d’Allah ﷺ, le Messager d’Allah le faisait encore plus envers lui.

Quant à celui qui lui causait du tort, alors le Messager d’Allah lui rendait son tort par un bien.

Ainsi était la bienfaisance du Messager d’Allah ﷺ dans chaque circonstance.

Il faisait même preuve de bienveillance envers les animaux dans les moments difficiles de sa vie.

Il disait : « Si vous devez égorger, alors faites-le de la meilleure façon. »

« Certes Allah a écrit la bienfaisance dans toute chose. Ainsi, si vous devez égorger, alors faites-le de la meilleure façon. Et si vous devez tuer quelqu’un [qui le mérite], alors faites-le de la meilleure façon. » [Rapporté par Mouslim]

Allah Akbar, y compris à ce moment-là alors que la bête va être égorgée ? Oui, même si on l’égorge on doit se montrer clément.

Quand le Prophète ﷺ vit un homme aiguiser sa lame devant son mouton qui la regardait, le Prophète ﷺ le blâma et se mit en colère : « N’aurais-tu pas pu le faire avant ? Veux-tu le faire mourir plusieurs fois ? » [Rapporté par Al-Hâkim et authentifié par Chaykh Al-Albânî dans « Sahîh At-Taghrîb »]

C.à.d. veux-tu faire souffrir cette bête par la mort de nombreuses fois alors que celle-ci regarde la lame du couteau se faire aiguiser devant ses yeux ?

C’est un supplice et un châtiment, cela n’est pas permis dans la Législation d’Allah.

Le Prophète ﷺ a même dit : « Qu’il aiguise correctement sa lame ! » [Rapporté par Mouslim]

Il convient que la lame soit tranchante afin que l’on ne fasse pas souffrir la bête qui est dans une situation où elle a le plus besoin de miséricorde.

C’est cette miséricorde que le Prophète ﷺ voulait placer dans nos cœurs, même envers ces bestiaux.

Mais que pouvons-nous dire maintenant de celui qui se spécialise dans le meurtre et le massacre des musulmans par le biais de bombes, d’armes chimiques et de toutes autres armes destructrices ?

Quelle miséricorde lui a-t-il été retirée de son cœur ?

« Le serviteur échouera et périra si Allah ne place pas dans son cœur de la miséricorde pour l’être humain. » [Rendu bon par Chaykh Al-Albânî dans « Silsilah As-Sahîhah »]

 

Traduction par Le Cœur des Croyants