Il tire leçon de toutes choses

(Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer !) (Al-Hijr, v.75) Ceux qui savent observer (Al-Moutawassimoûn – المُتَوَسِّمُونَ) sont ceux qui réfléchissent et tirent des leçons. Ils auscultent les choses, les contemples et extraient des préceptes. Ils observent minutieusement jusqu’à connaitre la réalité de ce qu’ils observent à travers leurs attributs. 

Les gens de science ont dit : « At-Tawassoum – التَّوَسُّم (L’observation minutieuse) provient du terme Al-Wasm – الوَسْم (l’attribut, la caractéristique, l’empreinte…). Il désigne un caractère distinctif sur lequel on s’appuie. On dit : « J’ai pu observer/voir (Tawassamtou – تَوَسَّمْتُ) qu’il était quelqu’un de bien quand je vis cela à ses traits. »

On trouve également la parole de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah[1] au Prophète ﷺ : 

« Assurément, j’ai vu (تَوَسَّمْتُ) en toi tout le bien que je connais,

Et Allah sait parfaitement que mon regard est persistant. » 

On dit (اتَّسَمَ الرَّجُل) quand une personne s’est attribué un signe par lequel on le reconnait. 

(Al-Wâsim – الواسِم) désigne celui qui te regarde de la tête au pied. 

Donc le terme (At-Tawassoum – التَّوَسُّم) a pour origine le fait de s’assurer d’une chose et d’y réfléchir. Il provient du terme (Al-Wasm – الوَسْم) qui désigne également le marquage au fer que l’on applique sur la peau d’un chameau ou d’un autre animal.

Quant au pronom démonstratif (Voilà), il indique tout ce que contient l’histoire qui a été précédemment citée à partir de La Parole du Très Haut : (Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrâhîm (Abraham)) (Al-Hijr, v.51). On y trouve de très nombreux miracles et leçons, parmi eux : 

  • La descente des Anges à la demeure d’Ibrâhîm عليه السلام pour l’honorer.
  • L’annonce de la bonne nouvelle qui lui a été faite concernant la naissance d’un garçon plein de savoir.
  • Allah l’informa du châtiment avec lequel les Anges frapperont le peuple de Loût.
  • Le secours d’Allah pour Loût via les Anges
  • Il l’informa également qu’Il sauvera Loût عليه السلام et sa famille. 
  • Qu’Il anéantira son peuple et sa femme car elle a soutenu son peuple.
  • La preuve de l’aveuglement de ceux qui se sont égarés de la voie droite.
  • La preuve de la Colère d’Allah sur ceux qui persistent dans la désobéissance des messagers.
  • Que cette colère est une humiliation pour ceux qui n’ont pas craint les signes d’Allah, car ils ne savent pas observer et réfléchir.
  • Cette histoire est une remontrance aux polythéistes de La Mecque qui n’ont pas tiré de leçon.
  • Et qu’ils seront atteints [s’ils persistent] par ce qui toucha les communautés avant eux dont ils connaissaient leurs histoires et voyaient leurs vestiges.
  • Cette histoire est également une remontrance pour les désobéissants et insouciants qui empruntent la même voie.

Les hommes du discernement et de la sagacité :

Cette sagacité et ce discernement ne s’obtient qu’après avoir vidé le cœur des préoccupations mondaines, l’avoir purifié de la souillure des péchés, des comportements corrompus et des exagérations dans le domaine du licite. Dès lors, c’est la vérité qui parcourra le cœur, non les illusions. Car le cœur alternait entre la contemplation des signes d’Allah et la clarté des actes d’obéissances, c’est ainsi que la lumière se déversa sur lui[2]. Dans ce sens, on trouve la parole d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Nul ne m’interroge sur une quelconque affaire sans que je sache s’il est érudit ou non. »

Il a été rapporté que Ach-Châfi’î et Mouhammad Ibn Al-Hasan étaient tous deux dans la cour autour de la Ka’bah et virent un homme à la porte de la mosquée, l’un d’eux dit : « Je pense [que cet homme] est un menuisier. » Quant à l’autre de dire : « Je pense plutôt qu’il est forgeron. » Une personne présente s’empressa d’aller questionner cet homme qui lui répondit : « Auparavant j’étais un menuisier, mais maintenant je suis forgeron. »

Il a été rapporté de Joundoub Ibn ‘Abd-Allah Al-Bajalî رضي الله عنه qu’il arriva près d’un homme qui lisait le Coran, il s’arrêta et dit : « Celui qui récite [pour que les gens l’entendent], Allah fera entendre parler [en mal] de lui [le Jour de la Résurrection] ; et celui qui agit par ostentation, Allah le dévoilera [au gens]. » Nous lui dîmes : « C’est comme si tu avais désigné cette personne. » À cela il répondit : « En réalité, aujourd’hui celui-là vous lit le coran, et demain il sortira Haroûryan (Khârijî). » Effectivement, il devint par la suite la tête de ceux-là, son nom était Mirdâs.

Il a été rapporté d’Al-Hasan Al-Basrî que ‘Amr Ibn ‘Oubayd[3] entra auprès lui. Al-Hasan s’exclama : « Voici le maître des jeunes de Basorah, du moment qu’il n’innove pas. » Par la suite cet homme (‘Amr) dit ce qu’il dit concernant le destin d’Allah (Al-Qadr) jusqu’à s’écarter totalement de ses frères. 

Il a été aussi rapporté qu’Al-Hasan dit à Ayyoûb (en parlant de ‘Amr) : « Voici le maître des jeunes de Basorah » sans ajouter l’exception.

Il a été rapporté selon Ach-Cha’bî qu’il dit à Dâwoûd Al-Azadî, alors que ce dernier voulait polémiquer : « Tu ne mourras pas tant que ton visage n’aura pas été brûlé par le fer ». Et c’est effectivement ce qu’il se passa. 

Il a été rapporté qu’un groupe de la tribu Madh-hij (مَذْحِج) allèrent voir ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه. Parmi eux se trouvait Al-Achtar qui s’approcha de lui. ‘Oumar leva ses yeux, le scruta du regard puis demanda : « Qui est cet individu ? »- « Mâlik Ibn Al-Hârith » répondirent-ils. « Qu’a-t-il qu’Allah l’anéantisse ?! Je vois clairement un jour très dur pour les musulmans à cause de cet homme[4]. » Et lors d’un trouble [qui toucha les musulmans], il fit ce qu’il fit. 

Il a été rapporté selon ‘Outhmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qu’Anas Ibn Mâlik alla le voir après être passé par le marché où il avait regardé une femme. Lorsque ‘Outhmân le vit, il dit : « L’un d’entre vous vient me voir alors qu’il a dans ses yeux les traces du fornicateur ! » Anas lui dit alors : « Serait-ce une révélation après celle le Prophète ﷺ ? » Il répondit : « Non ! Mais c’est une constatation et un discernement. » Et il disait vrai.

Et nombreux sont ce genre d’histoires parmi les compagnons et les suiveurs (At-Tâbi’în) qu’Allah les agrée tous.

Les différents sortes de discernement et de sagacité :

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Son cœur frémit lorsqu’Allah est mentionné

L’histoire de ce médecin musulman qui visita l’un de ses patients malades demeure un exemple illustrant le frémissement du cœur. 

On raconte qu’un médecin alla s’enquérir de l’état de santé d’un de ses patients qui était alité, dont on ignorait la raison de la maladie et qui n’avait aucun symptôme apparent. Le médecin prit sa main pour prendre son pouls. Pendant ce temps, une des personnes venues le visiter le questionna sur son état ; puis elle changea de sujet et s’enquit de ses voisins. Dès lors, les pulsations cardiaques du patient s’accentuèrent peu à peu. Elle le questionna sur l’un de ses voisins en particulier et ses pulsations s’accélérèrent encore plus. Ensuite, lorsqu’elle se renseigna au sujet des enfants de ce voisin, les membres du patient commencèrent à trembler et son rythme cardiaque augmenta une nouvelle fois. Mais quand il a été dit que ce voisin avait une fille d’une grande beauté et que son prénom fût cité, son rythme cardiaque se répercuta sur tout son corps qui se mit à son tour à chanceler, ses yeux divergèrent et la sueur se déversa sur son visage. Le médecin dit alors à ses proches : « Celui-là n’est pas malade ! Mais c’est un homme qui est éperdument pris d’amour. » 

Et Allah est Le plus digne de cet exemple ! Ton cœur est-il présent lorsque l’on évoque celui que tu aimes et absent lorsque l’on évoque Celui qui répond à l’invocation ? Tes membres s’humilient-ils quand une créature est mentionnée mais ne prêtent aucunement attention quand c’est Le Créateur qui l’est ? Ton cœur va-t-il se fendre de tristesse en l’absence de ce qui est passager et éphémère mais négliger Celui qui demeure et est Éternel ?

Il y a parmi les caractéristiques de l’amoureux, l’embarras qu’il ressent quand ce qu’il aime est mentionné. Ainsi, si tu souhaites examiner ton cœur pour en connaître le type, alors interroge ta propre personne ! Ton cœur est-il présent lorsque l’on évoque son Seigneur ? S’humilie-t-il lorsque qu’il entend Sa parole ? Ecoute-t-il l’appel à la prière pour le répéter ? A-t-il pleuré une nuit par crainte du châtiment d’Allah ? A-t-il déjà tremblé [de peur] un jour en ayant supposé qu’il se fasse expulser de Sa compagnie ? A-t-il ressenti du désespoir si la finalité de ses œuvres était mauvaise ? 

Sois sincère, car si personne ne peut réellement te connaitre, Lui – Glorifié soit-Il – est plus connaisseur de tes secrets et de ta propre personne que toi. Sache donc où tu en est vis-à-vis de ta foi à l’instar de ce que fît Al-Hasan Al-Basrî lorsqu’un homme est venu l’interroger. Cet homme lui demanda : « Ô Aboû Sa’îd ! Es-tu un véritable croyant ? » Il répondit : « La foi est de deux sortes. Donc si tu me questionnes sur la foi en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers, le Paradis, le Feu, la Résurrection et le Jour des comptes, alors je suis croyant. Mais si tu me questionnes concernant la parole d’Allah : (Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leurs sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur.) (Al-Anfâl, v.2) jusqu’à Sa parole : (Ceux-là sont, en toute vérité les croyants.) (Al-Anfâl, v.4) alors par Allah, j’ignore si je suis parmi eux ou non.« 

Si les versets du Tout Miséricordieux étaient récités à ceux dont les cœurs sont en vie ils tomberaient prosternés en pleurant, contrairement aux autres qui tomberaient en étant sourds et aveugles. Car ce sont des personnes dotées de vie. Ils écoutent avec leur cœur avant d’écouter avec leurs oreilles. 

Voilà pourquoi Ibn Zayd a dit au sujet de la parole d’Allah (que tout oreille perspicace (Wâ’iyah) conserve) (Al-Hâqqah, v.12) sur le terme « perspicace » : « Assurément, les cœurs comprennent et perçoivent tout ce qu’entendent les oreilles comme bien et mal. »

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Les oreilles se caractérisent par le fait qu’elles perçoivent et comprennent à l’instar du cœur. On dit : « Un cœur compréhensif (Wâ’î)  et « une oreille compréhensive (Wâ’iyah) à cause du lien qu’il y a entre eux. La science pénètre l’oreille pour se diriger jusqu’au cœur. L’oreille est à la foi la porte du cœur et le messager qui fait parvenir la science jusqu’à lui. De même pour la langue, elle est son messager et porte-parole. Quant à celui qui aura compris la relation existante entre les membres et le cœur aura certainement compris que l’oreille est plus en droit d’être décrite comme « compréhensive ». Ainsi, si les oreilles perçoivent alors le cœur percevra également. »

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Prenez garde aux innovations dans la religion !

1 – ’Âichah rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. »[1]

2 – Jâbir Ibn ‘Abdillah رضي الله عنه a rapporté que le Prophète صلى الله عليه وسلم faisait un sermon, il disait : « … Ceci étant, la meilleure des paroles est le Livre d’Allah et la meilleure voie est celle du Mouhammad صلى الله عليه وسلم. Et la pire des choses est celle nouvellement introduite dans la religion, (et toute chose nouvellement introduite dans la religion est une innovation) et toute innovation est égarement (et tout égarement mène en Enfer). » [2]

Médite bien mon frère ces deux nobles hadîths prophétiques authentiques provenant du coeur de la sounnah. Examine-les attentivement et tu trouveras qu’ils sont un remède pour toi – Inchâ Allah – contre toute innovation introduite dans la religion d’Allah. Ceci étant, le Prophète صلى الله عليه وسلم a jugé toute innovation comme étant un égarement, il n’a pas dit : certaines sont un égarement et d’autre ne le sont pas. Il a plutôt dit : « Toute (Koull) ». Et « Toute (Koull) », cher frère, désigne une généralité.

Médite aussi sur la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. » C’est à dire que cette n’est pas acceptée. Et il n’a pas dit que cela dépendait de l’intention de son auteur? Il l’a plutôt jugée comme étant rejetée.

Et si quelqu’un venait te dire : toute innovation n’est pas égarement, et tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté. Alors dis-lui : Qui est plus savant : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? Et qui craint le plus Allah : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? S’il revient et atteste de ce qui est explicite dans ces deux hadîths, en a la conviction et oeuvre avec leur contenu, il a alors bien agi. Mais s’il persiste sur son premier propos affirmant que toute innovation n’est pas forcément rejeté, alors dis-lui : Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit d’un côté : « Toute innovation est égarement » et « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, cela sera rejeté. » Et toi tu dis d’un autre côté que toute innovation n’est pas égarement, et que tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté ! Dis-lui aussi : Tu as, pour ta part, fait scission d’avec le Messager صلى الله عليه وسلم ! Et rappelle lui la parole d’Allah سبحانه وتعالى : (Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu, et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination.) (Sourate An-Nisâ, v.115)

Ô Allah ! Fais que nous mourions en conformité avec le Coran et la Sounnah, et épargne-nous toutes innovations, Ô Seigneur des mondes.

Et voici un rappel profitable du grand savant Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, extraite de son livre « Madârij As-Sâlikîn » 1/224 : « L’innovation mène progressivement son auteur de la petite à la grande, jusqu’à ce qu’il soit dépouillé de sa religion comme un cheveu est enlevé d’une pâte. Seuls les gens doués de clairvoyance se rendent compte des méfaits des innovations. Quant aux aveuglés, ils sont perdus dans les pénombres de l’égarement. (Celui qu’Allah prive de lumière n’a aucune lumière.) (Sourate An-Noûr, v.40) »

 

[1]Al-Boukhârî n°2550 et Mouslim n°1718. Et Mouslim rapporte dans une autre version : « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, elle sera rejetée. »

[2]Rapporté par Mouslim « Al-Joumou’ah », n°867 (2/592) et ce sont ses propos. Et An-Nasâî dans « Al-‘Idayn » chap.22, 3/188-189, et les deux ajouts entre parenthèses sont de lui.

Source : « Leçon de Tawhid – Al-Qawl Al-Mufîd » du Chaykh Mouhammad Al-Wousâbî رحمه الله, Éditions Tawbah.

La condition d’un médecin gagnant

Ibn Al-Qayyim رحمه الله évoqua dans son livre, « La médecine prophétique », le médecin expert et les 20 points auxquels il devaient prêter attention ; il cita parmi eux :  

« Il faut qu’il ait une connaissance des maladies des cœurs et des âmes, et de leurs remèdes. C’est là un fondement très important pour soigner les corps. Car en vérité, la répercussion qu’ont le cœur et l’âme sur l’ensemble du corps est une chose que tout le monde atteste. Donc un médecin connaisseur des maladies du cœur, de l’âme et de leurs remèdes est un médecin complet. Quant à celui qui n’a aucune expérience dans ce domaine, même s’il maîtrise les traitements du corps et ses états, ne sera que la moitié d’un médecin. Tout médecin qui ne soigne pas le malade en examinant l’état de son cœur, sa rectitude, et en renforçant son âme et ses capacités par l’aumône, l’accomplissement du bien, la bienfaisance, l’orientation vers Allah et la demeure dernière n’est pas un médecin, au contraire il est uniquement quelqu’un qui prétend être médecin et qui est limité. » 

La finalité de la médecine mondaine est la prescription de médicaments, mais elle ne te garantit pas une guérison certaine. Alors que les remèdes de l’Au-delà, Allah a garanti à celui qui les consomme une guérison totale. Et si les gens avaient connaissance de tous les bénéfices résultant de la puissance spirituelle dans le traitement du corps et de l’âme, ils auraient délaissé l’utilisation de quantité excessive de médicaments qui, pour la plupart, ne traitent que les symptômes et non les causes. Nos pieux prédécesseurs étaient quant eux les plus connaisseurs de cela. Ils orientèrent les médecins mondains vers ce dont ils n’avaient pas connaissance de la médecine de l’Au-delà. Ils leur enseignèrent qu’un cœur apaisé a, pour un malade, un plus grand effet sur le fait de cerner la maladie et de repousser son mal.  

Ibn Al-Qayyim a dit lorsqu’il décrit l’état de son Chaykh, Ibn Taymiyyah : « Notre Chaykh m’a raconté : « Un jour, alors que je tombai malade, un médecin m’a dit : « Tes lectures et tes paroles dans la science aggravent ta maladie. » Je lui ai répondu : « Je ne peux pas patienter sur le fait de men priver. Par contre, je vais t’informer d’une chose concernant ta science. N’est-ce pas que lorsque l‘âme est satisfaite et heureuse le corps se renforce et repousse la maladie ? » – « Bien entendu. » Répondit-il. Je lui dis alors : « Certes, mon âme se réjouit par la science et elle renforce mon corps, j’y trouve la quiétude. » Le médecin dit : « Ceci est une science qui est en dehors de mes soins. » 

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Prier Allah avec ferveur et être humble devant Lui

En effet, plus le serviteur est humble devant Allah عز وجل, plus il est proche de Lui. C’est la raison pour laquelle le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Là où le serviteur est le plus proche de son Seigneur, c’est lorsqu’il est prosterné. Multipliez donc les invocations [lors de la prosternation]. » [Rapporté par Mouslim, n°482]

Parce que la prosternation est une position d’humilité et de soumission plus que les autres postures dans la prière, lorsque le serviteur pose son front – qui est la partie la plus élevée de son corps – au sol, il devient le plus proche possible de son Seigneur.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله met de belles paroles dans la bouche de celui qui se repent et s’humilie devanter Allah : « Par Allah, quelle belle parole que celle prononcée par celui qui est dans une telle situation : « Je T’implore par Ta Puissance et mon humiliation de m’accorder miséricorde. Je T’implore par Ta Force et ma faiblesse, par Ton autorité et mon infériorité. Voilà mon front menteur et pécheur entre Tes mains. Tes serviteurs en dehors de moi sont nombreux. Il n’y a ni refuge, ni abris qu’auprès de Toi. Je T’implore en tant que pauvre. Et je Te supplie en tant que soumis et humilié. Et je T’invoque en tant que craintif et infirme. Je T’adresse l’importation de celui qui s’est soumis et s’est humilié à Toi, dont les yeux ont versé leurs larmes pour Toi et dont le coeur s’est abaissé… »

Lorsque le serviteur prononcé de tels mots en priant son Seigneur avec ferveur; il verra sa foi augmenter et augmenter encore.

Manifester sa dépendance vis à vis d’Allah participe à renforcer la foi. Allah عز وجل nous a en effet informés de notre besoin et notre dépendance de Lui et dit : {Ô gens ! Vous êtes les indigents qui avez besoin d’Allah, et c’est Allah, Lui, qui se dispense se tout et Il est Digne de louange.} [Sourate Fâtir, v.15]

Source : « Comment augmenter ma foi » du noble Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions

Les œuvres du cœur sont les plus importantes et les plus précieuses

L’œuvre du cœur a un statut grandiose et un rang supérieur dans l’enceinte de la foi. C’est pourquoi les savants ont dit que l’œuvre du cœur est plus importante que celle des membres, Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit  : 

« Quant à celui qui observe la Législation dans ses sources, le Livre d’Allah et la Sounnah, connaitra le lien reliant les œuvres des membres à celles du cœur. Les actes du corps ne sont d’aucun profit sans ceux du cœur, et ces derniers sont bien plus obligatoires pour le serviteur que ne le sont les œuvres des membres. N’est-ce pas par ce que contient le cœur du croyant et celui de l’hypocrite que nous pouvons les distinguer  ?! Et celui qui désire embrasser l’Islam, ne le fait-il pas d’abord par un acte du cœur avant celui des membres ?! 

L’adoration du cœur est plus grande que celle des membres, mais aussi plus variée et plus constante. Elle est donc obligatoire à chaque instant.  » 

Il dit à un autre endroit  رحمه الله : «  L’œuvre du cœur est l’âme et le noyau de l’adoration ; si les actes des membres venaient à la perdre, ils seraient tel un corps mort dépourvu d’âme.  » 

Et il dit également  : «  Connaître les jugements relatifs au cœur est plus fondamental que ceux relatifs aux membres ; car ils correspondent à la base alors que ceux des membres, à ses branches.  » 

Voilà pourquoi ceux qui accordent une grande attention au cœur, [en plus des membres], précèdent constamment ceux qui n’accordent d’importance qu’aux membres  : «  Ainsi, le serviteur clairvoyant doté d’une grande ambition, d’une grande ardeur, d’une sincérité et intention correcte est celui qui parcourra, avec peu d’œuvre, une distance bien plus grande que celui qui en est dénué, qui n’obtiendra que fatigue et dont le voyage lui sera pénible. 

En effet, l’ambition et l’amour enlève la sensation d’épuisement et facilite le cheminement. De plus, le fait d’avancer et de précéder [les autres] vers Allah l’Exalté ne peut se faire qu’avec ambition, sincérité, volonté et ferveur. 

Par conséquent, l’ambitieux devancera, malgré sa retenue, celui dont les œuvres sont plus nombreuses. Mais si tous deux ont la même ambition, c’est alors celui qui aura le plus d’œuvres qui devancera l’autre.  »

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Les Montagnes : Fascinantes contemplations et profondes méditations

Ibn Al Qayyim– Qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit[1]:

« Médite la sagesse exemplaire concernant la création des montagnes. L’ignorant insouciant considère qu’elles ne sont là, sur Terre, que de manière superflue n’ayant aucune utilité ! Pourtant, elles renferment des ressources et recèlent des avantages qu’on ne peut recenser excepté Celui qui les a créées et les a dressées.

Lorsque Dimâm Ibn Tha’laba s’est converti à l’islam, il a dit au Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) :

« Par celui qui a dressé les montagnes et y a déposé tant de ressources et d’avantages ! Est-ce qu’Allah t’a vraiment ordonné ceci et cela ? Il a répondu : Oui ! Allah m’a vraiment ordonné cela ! »[2]

Parmi ses ressources et ses avantages :

1 – La neige tombe sur les montagnes et s’y fixe sur les sommets. Puis, petit à petit, elle fond ensuite elle ruisselle et enfin elle forme des torrents qui s’écoulent en abondance dans des gorges pour se transformer alors en rivières [et en fleuves]. Sur son passage, cette eau fait pousser de verts pâturages et elle laisse place à des vallées et des collines verdoyantes où apparaissent toutes sortes de plantes, de fruits, etc. qu’on ne trouve nulle part ailleurs, ni dans les plaines et encore moins sur les bords de mer.

Ainsi donc, si les montagnes n’existaient pas, la neige tomberait directement à la surface même de la terre, elle ne se fixerait pas – plutôt elle fondrait – et elle coulerait d’un trait. Par conséquent, tout le bénéfice qui en résulterait au moment où on en ressentirait le besoin se perdrait. En outre, en fondant tout de suite, elle provoquerait des torrents de flots qui détruiraient tout sur leur passage et provoqueraient des catastrophes naturelles et des préjudices dont les hommes pâtiraient sans pouvoir s’en prémunir, y remédier ou encore les repousser.

2 – Les montagnes hébergent en leur sein et sur leurs cimes des grottes, des cavernes et des cavités qui sont autant de refuges faisant office de citadelles et de forteresses. En ce sens, elles constituent donc des abris et des lieux où les hommes et les animaux viennent s’y réfugier.

3 – On extrait des montagnes tout type de pierre et de roc qui servent à la construction d’édifices.

4 – On y trouve aussi tous les types de minéraux possibles et cela quelles que soient leur variété et leur type : de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer, du plomb, des topazes, des émeraudes, etc. En fait, les montagnes renferment des ressources, des richesses et des avantages que seul Allah (سبحانه وتعالى) connait, Celui qui les a créées et les a façonnées.

5 – Les montagnes repoussent les vents impétueux et elles brisent leur violence en les arrêtant. Ainsi, elles ne les laissent pas tout détruire sur leur passage ou ce qui s’y trouve dans les vallées. Voilà pourquoi ceux qui habitent au bas des montagnes sont en sécurité vis-à-vis des grands vents violents et funestes.

6 – Les montagnes refluent les torrents lorsqu’ils sortent de leurs lits et débordent. Elles les détournent à droite, à gauche, ici et là. Ainsi donc, si les montagnes n’existaient pas, les torrents sortiraient de leurs lits, suivraient leurs cours et se déverseraient partout, tout au long de leur course. Les montagnes font donc office de barrages et de digues.

7 – Les montagnes sont des repères à l’image de poteaux indicateurs sur les routes et les chemins. Elles sont comme des indications et des orientations dressées sur les voies terrestres [maritimes et aériennes]. Voilà pourquoi, Allah (سبحانه وتعالى) les a appelées des « repères ». En effet, Il a dit :

{وَمِنْ ءَايَٰتِهِ ٱلْجَوَارِ فِى ٱلْبَحْرِ كَٱلْأَعْلَٰمِ}

{Et parmi Ses signes, il y a les vaisseaux qui voguent sur la mer, semblables à des montagnes.}[3]

Les vaisseaux signifient les bateaux.

[…]

Ainsi donc, les montagnes ont été appelées « des repères » car elles constituent des signes et des symboles manifestes.

8 – Sur les pentes des montagnes poussent des plantes médicinales qui constituent une pharmacopée traditionnelle dans lesquelles se trouvent nombre de remèdes qu’on ne trouve pas dans les plaines ni sur les bords de mer. De la même manière, ce qui pousse dans les plaines et sur les bords de mer ne pousse pas en montagne. Néanmoins, dans chacun d’entre eux se trouvent des bénéfices, des avantages et des sagesses que seul le Grand Créateur, l’Omniscient a embrassé de Sa science.

 9 – Les montagnes constituent des remparts naturels pour les serviteurs d’Allah afin de se protéger de leurs ennemis tout comme ils se réfugient dans des forteresses ou des citadelles. Les montagnes protègent même mieux encore que la plupart des villes fortifiées ou des fortins.
10 – Dans Son Livre, Allah (سبحانه و تعالى) a décrit les montagnes comme des pieux fixés dans les entrailles de la terre à l’image de l’ancre du bateau qui fixe celui-ci et ainsi celles-ci se dressent de manière auguste. Les montagnes obéissent à une sagesse tout en renfermant des avantages plus grands encore !
Dans Son Livre, Allah nous a appelés [et incités] à poser [et porter] un regard contemplatif sur les montagnes et la manière dont Il les a créées. Il a dit :
{أَفَلَا يَنظُرُونَ إِلَى ٱلْإِبِلِ كَيْفَ خُلِقَتْ° وَإِلَى ٱلسَّمَآءِ كَيْفَ رُفِعَتْ° وَإِلَى ٱلْجِبَالِ كَيْفَ نُصِبَتْ ° وَإِلَى ٱلْأَرْضِ كَيْفَ سُطِحَتْ }
 
{Ne considèrent-ils donc pas comment les chameaux ont été créés ? Et le ciel comment il est élevé ? Et les montagnes comment elles sont dressées ? Et la terre comment elle est nivelée ?}[4]
 

Leur création et les richesses qu’elles renferment sont parmi les plus grands témoins de l’omnipotence de leur Créateur et de leur Façonneur, [elles démontrent] Sa science, Sa sagesse et Son unicité. Ces montagnes craignent, à juste titre, leur Seigneur, leur Façonneur et leur Créateur malgré leur imposante stature et leur immense création. En effet, lorsque le dépôt de la foi fut proposé aux montagnes, elles refusèrent d’en assumer la responsabilité et elles furent effrayées à l’idée de s’en charger.
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