Il tire leçon de toutes choses

(Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer !) (Al-Hijr, v.75) Ceux qui savent observer (Al-Moutawassimoûn – المُتَوَسِّمُونَ) sont ceux qui réfléchissent et tirent des leçons. Ils auscultent les choses, les contemples et extraient des préceptes. Ils observent minutieusement jusqu’à connaitre la réalité de ce qu’ils observent à travers leurs attributs. 

Les gens de science ont dit : « At-Tawassoum – التَّوَسُّم (L’observation minutieuse) provient du terme Al-Wasm – الوَسْم (l’attribut, la caractéristique, l’empreinte…). Il désigne un caractère distinctif sur lequel on s’appuie. On dit : « J’ai pu observer/voir (Tawassamtou – تَوَسَّمْتُ) qu’il était quelqu’un de bien quand je vis cela à ses traits. »

On trouve également la parole de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah[1] au Prophète ﷺ : 

« Assurément, j’ai vu (تَوَسَّمْتُ) en toi tout le bien que je connais,

Et Allah sait parfaitement que mon regard est persistant. » 

On dit (اتَّسَمَ الرَّجُل) quand une personne s’est attribué un signe par lequel on le reconnait. 

(Al-Wâsim – الواسِم) désigne celui qui te regarde de la tête au pied. 

Donc le terme (At-Tawassoum – التَّوَسُّم) a pour origine le fait de s’assurer d’une chose et d’y réfléchir. Il provient du terme (Al-Wasm – الوَسْم) qui désigne également le marquage au fer que l’on applique sur la peau d’un chameau ou d’un autre animal.

Quant au pronom démonstratif (Voilà), il indique tout ce que contient l’histoire qui a été précédemment citée à partir de La Parole du Très Haut : (Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrâhîm (Abraham)) (Al-Hijr, v.51). On y trouve de très nombreux miracles et leçons, parmi eux : 

  • La descente des Anges à la demeure d’Ibrâhîm عليه السلام pour l’honorer.
  • L’annonce de la bonne nouvelle qui lui a été faite concernant la naissance d’un garçon plein de savoir.
  • Allah l’informa du châtiment avec lequel les Anges frapperont le peuple de Loût.
  • Le secours d’Allah pour Loût via les Anges
  • Il l’informa également qu’Il sauvera Loût عليه السلام et sa famille. 
  • Qu’Il anéantira son peuple et sa femme car elle a soutenu son peuple.
  • La preuve de l’aveuglement de ceux qui se sont égarés de la voie droite.
  • La preuve de la Colère d’Allah sur ceux qui persistent dans la désobéissance des messagers.
  • Que cette colère est une humiliation pour ceux qui n’ont pas craint les signes d’Allah, car ils ne savent pas observer et réfléchir.
  • Cette histoire est une remontrance aux polythéistes de La Mecque qui n’ont pas tiré de leçon.
  • Et qu’ils seront atteints [s’ils persistent] par ce qui toucha les communautés avant eux dont ils connaissaient leurs histoires et voyaient leurs vestiges.
  • Cette histoire est également une remontrance pour les désobéissants et insouciants qui empruntent la même voie.

Les hommes du discernement et de la sagacité :

Cette sagacité et ce discernement ne s’obtient qu’après avoir vidé le cœur des préoccupations mondaines, l’avoir purifié de la souillure des péchés, des comportements corrompus et des exagérations dans le domaine du licite. Dès lors, c’est la vérité qui parcourra le cœur, non les illusions. Car le cœur alternait entre la contemplation des signes d’Allah et la clarté des actes d’obéissances, c’est ainsi que la lumière se déversa sur lui[2]. Dans ce sens, on trouve la parole d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Nul ne m’interroge sur une quelconque affaire sans que je sache s’il est érudit ou non. »

Il a été rapporté que Ach-Châfi’î et Mouhammad Ibn Al-Hasan étaient tous deux dans la cour autour de la Ka’bah et virent un homme à la porte de la mosquée, l’un d’eux dit : « Je pense [que cet homme] est un menuisier. » Quant à l’autre de dire : « Je pense plutôt qu’il est forgeron. » Une personne présente s’empressa d’aller questionner cet homme qui lui répondit : « Auparavant j’étais un menuisier, mais maintenant je suis forgeron. »

Il a été rapporté de Joundoub Ibn ‘Abd-Allah Al-Bajalî رضي الله عنه qu’il arriva près d’un homme qui lisait le Coran, il s’arrêta et dit : « Celui qui récite [pour que les gens l’entendent], Allah fera entendre parler [en mal] de lui [le Jour de la Résurrection] ; et celui qui agit par ostentation, Allah le dévoilera [au gens]. » Nous lui dîmes : « C’est comme si tu avais désigné cette personne. » À cela il répondit : « En réalité, aujourd’hui celui-là vous lit le coran, et demain il sortira Haroûryan (Khârijî). » Effectivement, il devint par la suite la tête de ceux-là, son nom était Mirdâs.

Il a été rapporté d’Al-Hasan Al-Basrî que ‘Amr Ibn ‘Oubayd[3] entra auprès lui. Al-Hasan s’exclama : « Voici le maître des jeunes de Basorah, du moment qu’il n’innove pas. » Par la suite cet homme (‘Amr) dit ce qu’il dit concernant le destin d’Allah (Al-Qadr) jusqu’à s’écarter totalement de ses frères. 

Il a été aussi rapporté qu’Al-Hasan dit à Ayyoûb (en parlant de ‘Amr) : « Voici le maître des jeunes de Basorah » sans ajouter l’exception.

Il a été rapporté selon Ach-Cha’bî qu’il dit à Dâwoûd Al-Azadî, alors que ce dernier voulait polémiquer : « Tu ne mourras pas tant que ton visage n’aura pas été brûlé par le fer ». Et c’est effectivement ce qu’il se passa. 

Il a été rapporté qu’un groupe de la tribu Madh-hij (مَذْحِج) allèrent voir ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه. Parmi eux se trouvait Al-Achtar qui s’approcha de lui. ‘Oumar leva ses yeux, le scruta du regard puis demanda : « Qui est cet individu ? »- « Mâlik Ibn Al-Hârith » répondirent-ils. « Qu’a-t-il qu’Allah l’anéantisse ?! Je vois clairement un jour très dur pour les musulmans à cause de cet homme[4]. » Et lors d’un trouble [qui toucha les musulmans], il fit ce qu’il fit. 

Il a été rapporté selon ‘Outhmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qu’Anas Ibn Mâlik alla le voir après être passé par le marché où il avait regardé une femme. Lorsque ‘Outhmân le vit, il dit : « L’un d’entre vous vient me voir alors qu’il a dans ses yeux les traces du fornicateur ! » Anas lui dit alors : « Serait-ce une révélation après celle le Prophète ﷺ ? » Il répondit : « Non ! Mais c’est une constatation et un discernement. » Et il disait vrai.

Et nombreux sont ce genre d’histoires parmi les compagnons et les suiveurs (At-Tâbi’în) qu’Allah les agrée tous.

Les différents sortes de discernement et de sagacité :

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« […] de faire le Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis » 

L’imam Ahmad rapporte dans son Mousnad un hadîth selon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd رضي الله عنه où le Prophète ﷺ dit :

« Pas une personne touchée par un souci ou une tristesse ne dit : « Ô mon Seigneur je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante. Mon toupet est dans Ta Main. Ton jugement s’accomplit sur moi, Ton décret est juste à mon égard.

Je Te demande par tous les noms qui t’appartiennent, avec lesquels Tu t’es nommé, ou que Tu as enseigné à l’une de Tes créatures, ou que Tu as révélé dans Ton Livre, ou bien que Tu as gardé secret dans Ta science de l’invisible, de faire le Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis »[1] sans qu’Allah ne lui retire ses soucis et sa tristesse et les remplace par un soulagement. »

On lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Devons-nous l’apprendre ? » Il répondit : « Bien sûr, il convient à tous ceux qui l’entendent de l’apprendre. »

Nous l’avons certainement entendu de nombreuses fois dans des sermons (Khoutbah), des cours ou lu dans des livres… Mais il se peut que certains d’entre-nous ne se soient pas motivés à l’apprendre, ni par la mémorisation, ni par la compréhension de ses sens, ni en la disant lorsqu’un souci nous touche.

Et ces trois aspects sont trois sortes de négligence :

1) La personne se montre de base négligente dans la mémorisation de cette invocation, sa lecture et sa révision. 

2) Ou bien elle l’a mémorisée mais elle est passée outre la compréhension de ses sens et ne s’est pas arrêtée sur ses significations. 

3) Ou encore elle néglige le fait de la dire ; si elle est tourmentée ou préoccupée elle s’active dans de nombreuses affaires mais il ne vient pas à son esprit cette invocation bénie.

Il convient de nous remettre en question et de combattre notre âme afin qu’elle guérisse.

Cette invocation est bénie, il ﷺ nous a informé qu’il n’y a pas de personne touchée par un souci ou une angoisse et qui la prononce sans qu’Allah ne les lui retire et les remplace par une joie – et dans une autre version « un soulagement ».

L’inquiétude qui recouvrait son coeur et lui était douloureuse se transforme en une joie après cette invocation, elle se transforme en quiétude. Par la suite, il émane d’Allah le soulagement de ce qui touchait l’individu.

Et c’est le véridique qui ne prononce rien sous l’effet de la passion qui nous a indiqué cela, il ﷺ nous en a informé et nous a orienté vers cette invocation.

Par Allah, cette parole est vérité ! Elle contient ce qui soulage les afflictions et guérit les angoisses. Elle aboutit au soulagement et à sa concrétisation comme notre Messager ﷺ nous en a informé.

Quant à nous, nous avons besoin de trois choses vis-à-vis de cette invocation que j’ai indiqué comme suit :

La première chose, c’est de la mémoriser.

La seconde, c’est d’en comprendre les sens.

Et la troisième, c’est de veiller (à la dire) si l’un de nous est touché par un souci ou une angoisse.

Lorsque nous observons cette invocation, nous constatons qu’elle repose sur quatre fondements indispensables pour remédier aux afflictions. Il convient de la méditer et de veiller à la comprendre quand nous la disons :

Le premier fondement : 

Concrétiser l’adoration d’Allah. 

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Le petit lexique de l’Islam

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Nous sommes heureux de pouvoir vous présenter la fameuse série d’IslamHouse « le petit lexique de l’Islam ».

Ce lexique, divisé en 6 thèmes, concis dispose de plusieurs atouts :
Le premier : comprendre les bases de sa religion de façon simple.
Le deuxième: Faciliter l’accès à la terminologie islamique la plus élémentaire.
Le troisième: Recherche aisée de chaque terme.
Le quatrième: donner une base scientifique au musulman tirée du Coran et de la sunna selon la compréhension des savants de l’Islam.

Les bases de l’Islam

Les adorations

Les lieux saints de l’Islam

La fin du monde et l’Au-delà

Le Saint Coran et la noble Sunna

Les Alliés d’Allah et leurs opposants

 

Source : Audio provenant du site IslamHouse, mise en vidéo par un ‘Abd Allah

Les mérites d’évoquer Allah par Ses noms et Attributs.

nom-allah-140410Les raisons de ces mérites sont nombreuses. Les plus importants sont:

1- La connaissance de l’unicité d’Allah dans Ses noms et Attributs est la plus noble, la plus méritoire, la plus importante des sciences. […] Et il n’est pas de science plus prestigieuse que de connaître Allah à travers l’étude de Ses noms et attributs cités dans le Coran et la Sunna. Pour cette raison, chercher à connaître et comprendre Ses noms fait partie des meilleures requêtes et des plus hauts objectifs.

2- La connaissance d’Allah incite le serviteur à L’aimer, Le vénérer, Le craindre et à espérer (Sa grâce et Sa miséricorde) tout en Lui vouant un culte exclusif et sincère. Cette connaissance représente la plus grande nécessité et le plus important besoin pour le serviteur. Ibn Al Qayyim a dit: « Il n’est pas de plus immense besoin pour les âmes que de connaître leur Créateur, de L’aimer, de L’évoquer, de s’en réjouir, et de se rapprocher de Lui. Tout cela n’est possible qu’à travers la connaissance de Ses attributs et Ses beaux noms. 

Ainsi, plus le serviteur est savant de ces noms et attributs, plus il connaît Allah, L’invoque et se rapproche de Lui. Au contraire, plus il ignore les beaux noms d’Allah et Ses attributs, plus il méconnaît Allah, le déteste et s’éloigne de Lui. Et Allah estime son serviteur selon l’estime que celui-ci lui accorde. » (1) […]

3- Allah a donné vit à Ses créatures à partir du néant, et a mis à leur disposition les cieux et la terre et ce qu’ils contiennent afin qu’ils Le connaissent et L’adorent. […]

4- La foi en Allah constitue le pilier le plus important et le plus fondamental des six piliers de la foi. Car la foi ne correspond pas seulement à la simple parole: « Je crois en Allah », sans réelle connaissance de son Seigneur. Mais la véritable foi est qu’il connaisse son Seigneur en lequel il croit, en s’efforçant d’étudier Ses noms et attributs. […] Ainsi plus sa connaissance des noms et attributs augmente, plus sa connaissance d’Allah se parfait. Et c’est ainsi que sa foi croît. En revanche, plus cette science diminue, plus la foi et la connaissance d’Allah diminue. C’est pour cela qu’Allah سبحانه و تعالى dit :

{Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah} (Sourate 35, v.28) […]

5- La connaissance d’Allah est la base de toute chose. […]

(1) C’est-à-dire que plus le serviteur reconnaît le droit d’Allah, en se conformant à Ses prescriptions, plus Allah l’élèvera dans ce bas-monde et dans l’autre. Si par contre il ignore la grandeur d’Allah, et se moque de Ses injonctions, Il le vouera à lui-même et l’humiliera dans ce bas-monde et dans l’autre. Ceci est appuyé par la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم à son cousin ibn ‘Abbâs : « Préserve les droits d’Allah, Il te préservera » (Tirmidhi).

Source : « Les noms d’Allah » de Cheikh Abd Ar Rahman Sa’di, édition Dar Al Muslim