04 – Hadîth n°4 : « La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera »

Le quatrième hadîth :

Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه  a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera. »

Rapporté par Ahmad et c’est un hadîth authentique.

Ce hadîth met en évidence que la droiture de la langue est un signe de la foi.

Concernant notre sujet, le hadîth montre que la droiture et les œuvres du cœur ont des répercussions sur la foi, et qu’une diminution de la foi affaiblit la droiture [de la personne] et que l’effet de la langue sur le cœur, qu’il soit droit ou corrompu, est évident.

La rectitude de la langue agit sur celle du cœur.

Autrement dit, celui qui combat sa langue pour la cause d’Allah pour ne dire que du bien et qu’aucun mal ne sorte de sa bouche, alors son cœur sera juste et droit.

Et bien que le cœur soit le roi des membres [du corps], s’il ne les réglemente pas, il ne sera pas droit. Il doit réglementer les membres. Car s’il ne le fait pas et les laisse s’égarer c’est lui-même qui se corrompra.

« La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera. »

Donc la plus grande chose dont il faut se soucier pour la rectitude [de la personne] après celle du cœur, c’est la droiture de la langue. Car elle est l’interprète du cœur, celle qui s’exprime en son nom et qui extériorise ce qu’il contient.

Voilà pourquoi le Prophète ﷺ ordonna que le cœur et la langue soient droits. La relation entre eux est évidente pour celui qui la médite.

« La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; »

La foi ne sera droite que lorsque le cœur sera réformé et rempli de l’amour d’Allah, l’amour de Son obéissance et qu’il répugne le fait de Lui désobéir. Les cœurs ne seront réformés et bons que lorsque s’y ancreront la connaissance d’Allah, de Ses Noms et Ses Attributs, de Sa grandeur, Son amour, Sa crainte et la peur de Lui, l’espoir de ce qu’Il possède et la pleine confiance en Lui … Ceci est la véritable Unicité (At-Tawhîd). Donc les cœurs ne seront bons que lorsqu’ils se rempliront de tout cela.

Quant à sa parole ﷺ « et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera », elle est une preuve que si la langue déviait et n’était pas sur la droiture, cela aurait un impact sur la rectitude du cœur. Puis les effets se manifesteraient à travers les membres, et le serviteur se retrouverait alors abandonné.

D’ailleurs, ce sujet est si déconcertant qu’un hadîth très déroutant est venu dans ce sens. Il est vraiment troublant. Quel est-il ?

Aboû Sa’îd Al-Khoudrî a rapporté du Prophète ﷺ qu’il dit : « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin » et cela se passe chaque matin, quotidiennement, mais nous ne le ressentons pas. « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue » c’est le texte même du hadîth.

« Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue » Que veut dire : « se soumettent (toukaffîr) à la langue ? »

L’explication est dans le hadîth : « et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Rapporté par At-Tirmidhî et rendu bon par Al-Albânî

C’est un hadîth incroyable. On le répète.

« Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Cela veut dire que les membres se soumettent à la langue, s’humilient et intercèdent auprès d’elle. Voici la signification.

Évidemment, quand nous nous réveillons le matin nous ne ressentons pas cela. Est-ce que tu ressens que : « Chaque matin il y a deux Anges qui disent : « Ô Allah, donne la ruine à celui qui ne dépense pas et accorde une compensation à celui qui dépense. » ? [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]

Tu ne les entends pas, mais c’est une vérité avérée. Chaque matin, les membres du corps de l’individu répètent ces propos : « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. »

Regarde la façon dont les membres exhortent la langue chaque matin ! On sait cela par le biais de la révélation et le texte même du hadîth. Les membres accourent vers la langue, la supplient, lui demandent et intercèdent auprès d’elle en disant : « Crains Allah nous concernant, » c’est une exhortation ! « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, » Vous voyez ? Donc là nous avons le cœur qui est le roi. D’accord ? Et la langue le ministre. Ibn Al-Qayyim a dit : « Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, son interprète et l’intermédiaire entre le cœur et les membres. Quant à leur parole « car nous dépendons de toi. » c.à.d. que notre salut et notre perdition dépendent de toi. C’est pourquoi ils dirent : « Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. » [Al-Fawâid d’Ibn Al-Qayyim]

Et parmi les propos de certains sages :

« La langue de la personne est une subordonnée du cœur. »

Il se peut que beaucoup ne tombent pas dans la fornication, ni l’alcool, ni ne volent, ni ne commettent d’autres péchés majeurs, cependant ils n’évitent pas les péchés de la langue, en particulier la médisance et ses semblables. Voilà pourquoi les pieux prédécesseurs disaient : « Le plus dur des scrupules concerne la langue. » Le plus difficile des scrupules concerne la langue.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Et ce qui est étonnant, c’est la facilité qu’a l’homme à ne pas manger l’illicite, ni de commettre l’injustice, ni l’adultère et le vol, ni de boire de l’alcool, ni de regarder ce qui est prohibé, etc. » c.à.d. que ces choses-là lui sont faciles à délaisser, en effet pour certains cela est facile. « Mais il lui est très difficile de contrôler l’agissement de sa langue. » Ibn Al-Qayyim poursuit : « À tel point que tu vois quelqu’un connu pour sa religiosité, son ascétisme et son adoration dire des mots qui provoquent la colère d’Allah sans même y prêter attention. À cause d’un seul mot, il chute d’une distance plus grande encore que celle qu’il y a entre l’est et l’ouest. » Ibn Al-Qayyim continue : « Combien de gens tu vois s’abstenir des turpitudes et de l’injustice mais leur langue ne cesse de parler sur l’honneur des gens vivants et des morts, sans prêter attention à ce qu’ils disent. » [Ad-Dâ wa As-Dawâ d’Ibn Al-Qayyim]

C’est pourquoi lorsque l’on questionna Ibn Al-Moubârak رحمه الله : « Quel est le scrupule le plus dur à acquérir ? » Il répondit : « Celui de la langue. »

Par conséquent, la relation qu’il y a entre la droiture de la langue et celle du cœur est évidente.

Et parmi les leçons que l’on tire de ce hadîth dans la série « Les quarante hadîths sur les œuvres du cœur » : celui qui veut veiller à la réforme de son cœur doit impérativement réformer sa langue. Celui qui veut réformer son cœur doit contrôler sa langue. Et celui qui désire la rectitude de son cœur doit faire preuve de scrupule quant à sa langue et la tenir à cause du lien évident qu’il y a entre eux.

Traduit par le Coeur des Croyants

« […] de faire le Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis » 

L’imam Ahmad rapporte dans son Mousnad un hadîth selon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd رضي الله عنه où le Prophète ﷺ dit :

« Pas une personne touchée par un souci ou une tristesse ne dit : « Ô mon Seigneur je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante. Mon toupet est dans Ta Main. Ton jugement s’accomplit sur moi, Ton décret est juste à mon égard.

Je Te demande par tous les noms qui t’appartiennent, avec lesquels Tu t’es nommé, ou que Tu as enseigné à l’une de Tes créatures, ou que Tu as révélé dans Ton Livre, ou bien que Tu as gardé secret dans Ta science de l’invisible, de faire le Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis »[1] sans qu’Allah ne lui retire ses soucis et sa tristesse et les remplace par un soulagement. »

On lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Devons-nous l’apprendre ? » Il répondit : « Bien sûr, il convient à tous ceux qui l’entendent de l’apprendre. »

Nous l’avons certainement entendu de nombreuses fois dans des sermons (Khoutbah), des cours ou lu dans des livres… Mais il se peut que certains d’entre-nous ne se soient pas motivés à l’apprendre, ni par la mémorisation, ni par la compréhension de ses sens, ni en la disant lorsqu’un souci nous touche.

Et ces trois aspects sont trois sortes de négligence :

1) La personne se montre de base négligente dans la mémorisation de cette invocation, sa lecture et sa révision. 

2) Ou bien elle l’a mémorisée mais elle est passée outre la compréhension de ses sens et ne s’est pas arrêtée sur ses significations. 

3) Ou encore elle néglige le fait de la dire : si elle est tourmentée ou préoccupée elle s’active dans de nombreuses affaires mais il ne lui vient pas à l’esprit cette invocation bénie.

Il convient de nous remettre en question et de combattre notre âme afin qu’elle guérisse.

Cette invocation est bénie, il ﷺ nous a informé qu’il n’y a pas de personne touchée par un souci ou une angoisse et qui la prononce sans qu’Allah ne les lui retire et les remplace par une joie – et dans une autre version « un soulagement ».

L’inquiétude qui recouvrait son coeur et lui était douloureuse se transforme en une joie après cette invocation, elle se transforme en quiétude. Par la suite, il émane d’Allah le soulagement de ce qui touchait l’individu.

Et c’est le véridique qui ne prononce rien sous l’effet de la passion qui nous a indiqué cela, il ﷺ nous en a informé et nous a orienté vers cette invocation.

Par Allah, cette parole est vérité ! Elle contient ce qui soulage les afflictions et guérit les angoisses. Elle aboutit au soulagement et à sa concrétisation comme notre Messager ﷺ nous en a informé.

Quant à nous, nous avons besoin de trois choses vis-à-vis de cette invocation que j’ai indiqué comme suit :

La première chose, c’est de la mémoriser.

La seconde, c’est d’en comprendre les sens.

Et la troisième, c’est de veiller (à la dire) si l’un de nous est touché par un souci ou une angoisse.

Lorsque nous observons cette invocation, nous constatons qu’elle repose sur quatre fondements indispensables pour remédier aux afflictions. Il convient de la méditer et de veiller à la comprendre quand nous la disons :

Le premier fondement : 

Concrétiser l’adoration d’Allah. 

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Les œuvres du cœur sont les plus importantes et les plus précieuses

L’œuvre du cœur a un statut grandiose et un rang supérieur dans l’enceinte de la foi. C’est pourquoi les savants ont dit que l’œuvre du cœur est plus importante que celle des membres, Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit  : 

« Quant à celui qui observe la Législation dans ses sources, le Livre d’Allah et la Sounnah, connaitra le lien reliant les œuvres des membres à celles du cœur. Les actes du corps ne sont d’aucun profit sans ceux du cœur, et ces derniers sont bien plus obligatoires pour le serviteur que ne le sont les œuvres des membres. N’est-ce pas par ce que contient le cœur du croyant et celui de l’hypocrite que nous pouvons les distinguer  ?! Et celui qui désire embrasser l’Islam, ne le fait-il pas d’abord par un acte du cœur avant celui des membres ?! 

L’adoration du cœur est plus grande que celle des membres, mais aussi plus variée et plus constante. Elle est donc obligatoire à chaque instant.  » 

Il dit à un autre endroit  رحمه الله : «  L’œuvre du cœur est l’âme et le noyau de l’adoration ; si les actes des membres venaient à la perdre, ils seraient tel un corps mort dépourvu d’âme.  » 

Et il dit également  : «  Connaître les jugements relatifs au cœur est plus fondamental que ceux relatifs aux membres ; car ils correspondent à la base alors que ceux des membres, à ses branches.  » 

Voilà pourquoi ceux qui accordent une grande attention au cœur, [en plus des membres], précèdent constamment ceux qui n’accordent d’importance qu’aux membres  : «  Ainsi, le serviteur clairvoyant doté d’une grande ambition, d’une grande ardeur, d’une sincérité et intention correcte est celui qui parcourra, avec peu d’œuvre, une distance bien plus grande que celui qui en est dénué, qui n’obtiendra que fatigue et dont le voyage lui sera pénible. 

En effet, l’ambition et l’amour enlève la sensation d’épuisement et facilite le cheminement. De plus, le fait d’avancer et de précéder [les autres] vers Allah l’Exalté ne peut se faire qu’avec ambition, sincérité, volonté et ferveur. 

Par conséquent, l’ambitieux devancera, malgré sa retenue, celui dont les œuvres sont plus nombreuses. Mais si tous deux ont la même ambition, c’est alors celui qui aura le plus d’œuvres qui devancera l’autre.  »

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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« Certes, la foi s’use à l’intérieur de l’un d’entre vous de la même manière que s’use l’habit… »

Al-Hâkim rapporte dans Al-Moustadrak ainsi qu’At-Tabarânî dans Al-Mou’jam que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Certes, la foi s’use à l’intérieur de l’un d’entre vous de la même manière que s’use l’habit. Alors, demandez à Allah qu’Il renouvelle la foi dans vos coeurs. »[1]

Il veut dire par là que la foi s’use dans le coeur comme s’use l’habit lorsqu’il se déchire et devient ancien. En effet, il arrive parfois que le coeur du croyant s’obscurcisse et devienne sombre à cause d’un nuage de péchés. Cette situation à été décrite par le Prophète صلى الله عليه وسلم dans un hadîth authentique où il dit : « Il n’est pas un coeur qui n’ait un nuage comme celui qui voile la lune. Tandis que la lune est lumineuse, lorsqu’un nuage passe devant elle, il l’obscurcit. Mais lorsqu’il la quitte, elle redevient lumineuse. »[2]

Donc, il arrive qu’un nuage passe devant la lune pour cacher sa lumière mais il part aussitôt et sa lumière illumine à nouveau le ciel. De même, parfois, le coeur du croyant est recouvert de nuages sombres de péchés qui voilent sa lumière. L’homme demeure alors dans l’obscurité et la mélancolie. Mais, lorsqu’il s’efforce de renforcer sa foi, en sollicitant l’aide à Allah Tout Puissant et Tout-Majestueux, ces nuages se dissipent et la lumière retourne à son coeur comme auparavant.

L’un des points fondamentaux qui permettent de comprendre la question de la faiblesse de la foi et son traitement, est la cognition que la foi augmente et diminue.

Cette conception fait partie de la croyance même des gens de la Sounnah et de l’Unité, qui confirment que la foi est une déclaration verbale, une croyance adoptée par le coeur et un acte confirmé par les membres, qui augmente par l’obéissance à Allah et diminue par la transgression de Ses lois. Ceci est appuyé par des arguments émanant du Coran et de la Sounnah tels que : (C’est Lui qui a fait descendre la quiétude dans les coeurs des croyants afin qu’ils ajoutent une foi à le foi) (S.58, v.3)

(Et quand une sourate est révélée, il en est parmi eux qui disent : « Quel est celui d’entre vous dont elle fait croître la foi ? ») (S.9, v.124)

La parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque est témoin d’un acte blâmable qu’il le corrige avec sa main. S’il ne peut le faire, alors qu’il le fasse avec sa langue. S’il ne peut le faire, que ce soit avec son coeur. Tel est le degré le plus bas de la foi. »[3]

L’effet de l’obéissance et de la désobéissance sur l’augmentation et la diminution de la foi est un fait connu et attesté. Si quelqu’un va au marché, regarde les femmes et écoute les cris et les futilités des gens, puis se rend au cimetière, réfléchit et voit son coeur s’adoucir, il trouvera une grande différence entre les deux situations. Donc le coeur change vite.

À propos de la relation de conception avec notre sujet, certains prédécesseurs ont dit : « L’intelligence du serviteur consiste à entretenir sa foi et à combler son manque. L’intelligence du serviteur consiste à savoir si sa foi augmente ou diminue. Et l’intelligence de l’homme consiste à savoir comment et d’où viennent les suggestions du diable. »[4]

Il est nécessaire de savoir que, si la diminution de la foi conduit à abandonner un devoir religieux ou à commettre un péché, il s’agit à ce moment là d’un grave laxisme. Celui qui en est éprouvé est blâmable ; il lui incombe de se repentir à Allah عز وجل et de remédier à son cas.

Lorsqu’une telle insouciance ne conduit ni à l’abandon des devoirs religieux ni à commettre un péché, mais se limite à une régression des actes subrogatoires, par exemple : il faut se contrôler et faire l’effort pour retrouver sa vigueur et sa force dans l’adoration. Ceci est tiré de la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Chaque oeuvre demande de la vigueur et toute vigueur à un temps. Alors, quiconque passe le temps de sa vigueur à appliquer ma tradition (Sounnah) sera sur le bon chemin. Par contre, celui qui passe le temps de sa vigueur à autre chose périra. »[5]

Avant d’aborder le traitement, il serait bien de faire une remarque : la plupart des gens qui ressentent un endurcissement du coeur, cherchent des remèdes extérieurs en comptant ainsi sur les autres. Or, s’ils le voulaient, ils pourraient se guérir eux-mêmes. Ceci est la vrai voie pour le traitement de cette maladie, car la foi est une relation entre le serviteur et son Seigneur.

[1] Rapporté par Al-Hâkim dans son Al-Moustadrak, t.1, p.4 ; Al-Haythamî a dit dans Majma’ Az-Zawâ’îd, t.1, p.52 : « Il est rapporté par At-Tabarânî dans Mou’jam Al-Kabîr et sa chaîne de transmission est fiable. Voir As-Silsilah As-Sahîhah, n°1585
[2] Rapporté par Aboû Nou’aym dans AL-Hilyah, t.2, p.196, voir As-silsilah As-Sahîhah, n°2268
[3] Rapporté par Al-Boukhârî, voir Fath Al-Bârî, t.1, p.51
[4] Rapporté par Ibn ‘Îssa dans son explication d’Al-Noûniyyah d’Ibn Al-Qayyim, t.2 p.140
[5] Rapporté par l’Imam Ahmad, t.2, p.210, voir Sahîh At-Targhîb, n°55

Source : « Comment augmenter ma foi » du noble Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions

Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète صلى الله عليه وسلم, a dit : «  Le prophète nous a relaté deux événements ; j’ai pu voir le premier de ces deux événements se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Puis il nous informa sur la façon dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur, […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme contenu dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah) [de porter les charges de faire le bien et d’éviter le mal]. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé; car il est très injuste [envers lui-même] et très ignorant.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète صلى الله عليه وسلم nous a informé que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et ceci fait référence à la saine nature sur laquelle nait le serviteur. Après quoi, cette foi augmente par ce qu’elle acquiert suite à l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que si celle-ci s’établit fermement dans le cœur du serviteur, il accomplira ce qu’on lui a ordonné et s’écartera de ce qui lui a été interdit en toute conformité et soumission.

Quant au deuxième événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète صلى الله  عليه وسلم a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur, et de lui jaillit le bien et nait le mal.

Et si le cœur n’avait comme vertu que le fait d’être le récipient de la Foi, elle lui aurait amplement suffit. Mais il est également le récipient de la piété (At-Taqwâ), et assurément le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : «  La piété se loge ici  » en indiquant sa poitrine afin de signaler que l’endroit où se trouve la piété est le cœur, et seulement lui.

Par conséquent la piété ne se résume pas à l’intonation d’une voix humble, à des pleurs, ou encore le fait d’allonger la prosternation, ou toute autre chose faisant partie des apparences dénuées de toute spiritualité et humilité. En revanche elle est un secret intime déposé dans le cœur dont Seul Allah en a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Hadîth Qoudsî : Je suis l’opinion que le serviteur se fait de Moi

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Aboû Hoûrayrah رضي الله عنه rapporte que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

Allah Tout-Puissant a dit :

« Je suis selon l’opinion que Mon serviteur se fait de Moi et Je suis avec lui lorsqu’il M’invoque.
S’il M’invoque en lui-même, Je l’invoque en Moi, et s’il M’invoque dans une assemblée, Je le mentionne dans une assemblée meilleure que la sienne.
Et s’il se rapproche de Moi d’un empan, Je me rapproche de lui d’une coudée ; s’il se rapproche de Moi d’une coudée, je Me rapproche de lui d’une brasse.
Et s’il vient vers Moi en marchant, je viens vers lui en courant. »

(Rapporté par al-Boukhârî et aussi par Mouslim, at-Tirmidhî et Ibn-Mâjah)

Certes, il est le roi


Le cœur est l’émir du corps et le souverain des membres ; il est leur unique berger et leur leader.
Les membres et les sens sont ses disciples, ils n’extériorisent que ce qu’on leur ordonne.
Ainsi, tous les actes qui en découlent résultent du décret du cœur qui utilise les membres uniquement dans ce qu’il désire, ils sont à sa merci. 

C’est du cœur que s’acquiert la droiture ou l’égarement. 

D’ailleurs, il y a entre lui et les membres une relation étonnante et une étrange similitude, car chacun impacte sur l’autre[1].

Dès lors, si le regard dévie c’est qu’il en a reçu l’ordre, si la langue ment c’est parce qu’elle n’est qu’une esclave soumise [au cœur], et si le pied marche vers l’illicite c’est que le cœur s’y est déplacé en premier. C’est pour cette raison que le Prophète ﷺ a dit concernant celui qui prie de manière distraite : « Si le cœur de celui-ci avait été humble et concentré, alors ses membres l’auraient été également. »[2] Et il dit à celui qui dirige la prière [commune] de dire aux fidèles : « Alignez-vous et ne déviez-pas [de vos rangs] de crainte que vos cœurs ne divergent. »[3]
Les actes des membres sont donc le fruit des actes du cœur.

En résumé : Le cœur est la première ligne défensive et la dernière, ainsi, s’il faiblit, se corrompt ou qu’il capitule alors les membres s’écrouleront.

Et inversement, si le serviteur évoque son Seigneur c’est parce que le cœur L’a évoqué ; s’il laisse sa main s’adonner à l’aumône c’est parce que le cœur lui a permis cela ; et si l’œil verse des larmes c’est parce que le cœur lui en a donné l’ordre. De ce fait, c’est lui qui dicte à la langue ce qu’elle doit prononcer, à la main ce qu’elle doit écrire et aux pieds où se déplacer.

Le Prophète ﷺ a évidemment défini le droit du cœur et le rang qu’il occupe. Il alla jusqu’à le décrire comme « un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera. »[4]. Et c’est la première chose vers laquelle il nous orienta afin que nous puissions l’éduquer, lui accorder une attention particulière et le purifier.

Par conséquent, tous les actes reviennent au cœur et émanent de lui. Et on entend par « tous les actes », tous les faits et gestes que l’on accomplit tel le vêtement que l’on revêt ou le corps que l’on embellit ! Et c’est ce qu’a compris le noble compagnon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه, à qui on donna la compréhension du Coran, en disant : « Les apparences ne se ressembleront que si les cœurs se ressemblent. » 

Il est l’objectif premier du bien-aimé ﷺ :

La mère des croyants, ‘Âicha رضي الله عنها , a dit : « Parmi les premiers passages du Coran à avoir été révélés, il y a une sourate parmi les sourates moufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l’Enfer ; et puis, lorsque les hommes retournèrent vers l’islam, le licite et l’illicite furent révélés. Si dès le début Allah avait révélé : « Ne buvez plus d’alcool », les hommes auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! ». Et si dès le début Il avait révélé : « Ne commettez plus l’adultère ! », les hommes auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! » »

Allah interdit l’alcool lors de la 2ème année de l’hégire, soit 15 ans après le début de la prophétie, et Il rendit obligatoire l’aumône également durant la 2ème année hégirienne. De même qu’Il prescrit le voile légiféré lors de la 6ème année de l’hégire, soit 19 ans après le début de la prophétie.
Tout cela sont des commandements [divins] dont la révélation fut retardée jusqu’à ce que les cœurs se soient purifiés, adoucis et que la vérité s’y soit fermement ancrée, et soit sans équivoque.

Et pour montrer la noblesse du cœur, Allah fit qu’il soit un outil et un moyen [pour la personne] de connaître son Seigneur et d’être guidée vers Lui. Mais si Allah se mettait en colère contre un serviteur, le pire des châtiments qu’Il pourrait lui infliger serait de lui faire obstacle entre Lui (Allah) et son cœur. Et cet obstacle se traduirait par le fait qu’Allah lui interdise de Le connaître et [lui interdise] Sa proximité.

Voilà donc la raison pour laquelle prêter une attention particulière au cœur c’est prêter une attention à ce qui est le plus important sur ce qui l’est moins, et se préoccuper de la base sur ce qui est secondaire.

[1]Même si l’impact du cœur sur les membres est plus fort (Note du traducteur)
[2] Jugé très faible par chaykh Al-Albânî
[3] Sahîh Mouslim, n°432
[4] Sahîh Al-Boukhârî, n°52

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Coeur des Croyants)

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