Il est le dépôt des nobles caractères et des émotions

En réalité, c’est le coeur de la personne qui commande ses nobles caractères, refoule ses mauvaises émotions, rectifie sa conduite et corrige les mauvais caractères de sa nature. Et est-ce que les comportements comme la fidélité, la loyauté, la patience, la longanimité, la miséricorde, le pardon, la véracité et la justice habitent-ils une autre demeure que le cœur ?! C’est pourquoi Al-Ahnaf Ibn Qays رحمه الله a dit :

« Il est probable que le longanime rit du mal (qui le touche),

Alors qu’à cause de la densité de ce mal son cœur gémit.

Il est probable que le longanime retienne sa langue 

De peur de ce qu’il dira, malgré qu’il soit un orateur éloquent. »

Les nobles caractères font partie de la vie du cœur, alors que les mauvais font partie de ses maladies ou de sa mort. Quant au Prophète صلى الله عليه وسلم , il était doté des meilleurs caractères. Son cœur était le plus habité par la vie, à tel point qu’il suscita l’éveil des cœurs de ce ceux qui l’entourait de son vivant et même après sa mort.

Aboû Hâmid Al-Ghazâlî رحمه الله a dit : « Le cœur est un coffre rempli de pierres précieuses, mais il peut aussi contenir des choses néfastes. Le premier de ces joyaux est la raison ; le plus grandiose d’entre eux est la connaissance d’Allah le Très-Haut, car elle est la cause de la félicité dans les deux demeures ; puis vient le discernement[1] qui permet de se rapprocher d’Allah et de gagner en prestige auprès de Lui. On y trouve aussi l’intention sincère dans les actes d’adorations à laquelle est liée la récompense éternelle ; puis il y a les différentes sciences mondaines et les sagesses à travers lesquelles le serviteur s’illustre ; mais aussi les nobles comportements et les caractères louables par lesquelles les individus se différencient… Un tel coffre mérite d’être préservé et protégé contre toutes les impuretés et maladies (du cœur), tout comme il mérite d’être conservé à l’abri des voleurs et des bandits. Il doit être honoré et glorifié avec les plus grands honneurs pour qu’aucune souillure ne puisse approcher ces pierres précieuses et que ne triomphe l’ennemi – qu’Allah nous en préserve –. »

Un cœur noble qui se remplit de tristesse ordonnera au visage de sourire pour que personne ne sache qu’il est touché par un mal. Mais s’ils étaient amenés à le savoir, il ressentira alors une douleur dû à l’humiliation de la plainte et brûlera de l’intérieur à cause de la pitié qu’auront les gens à son égard. Et c’est ainsi qu’était le cœur du noble Ousâmah Ibn Mounqidh lorsqu’il dit :

« J’ai contredit mon cœur avec un visage souriant, joyeux et libéré,

Alors que mon cœur est terne, attristé et chagriné.

La quiétude et le délice que trouve le cœur dans la plainte,

N’équivaudront jamais à l’humiliation que subira le plaintif s’il se plaint. »

C’est en réalité le cœur et le for intérieur qui dictent aux membres ce qu’ils peuvent montrer devant les gens. C’est uniquement le cœur qui agrée et permet aux membres de montrer ce qu’il décide. Et écoute une nouvelle fois la parole d’Ousâmah Ibn Mounqidh et du bel exemple qu’il donne :

« Observe la belle patience de la bougie lorsqu’elle se consume

Afin que ceux qui sont autour puisse y voir sa lumière,

De même pour le généreux que tu vois radieux et joyeux

Alors que son cœur est profondément triste et déchiré. »

[1] Les sciences légiférées (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète صلى الله عليه وسلم, a dit : «  Le prophète nous a relaté deux événements ; j’ai pu voir le premier de ces deux événements se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Puis il nous informa sur la façon dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur, […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme contenu dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah) [de porter les charges de faire le bien et d’éviter le mal]. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé; car il est très injuste [envers lui-même] et très ignorant.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète صلى الله عليه وسلم nous a informé que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et ceci fait référence à la saine nature sur laquelle nait le serviteur. Après quoi, cette foi augmente par ce qu’elle acquiert suite à l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que si celle-ci s’établit fermement dans le cœur du serviteur, il accomplira ce qu’on lui a ordonné et s’écartera de ce qui lui a été interdit en toute conformité et soumission.

Quant au deuxième événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète صلى الله  عليه وسلم a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur, et de lui jaillit le bien et nait le mal.

Et si le cœur n’avait comme vertu que le fait d’être le récipient de la Foi, elle lui aurait amplement suffit. Mais il est également le récipient de la piété (At-Taqwâ), et assurément le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : «  La piété se loge ici  » en indiquant sa poitrine afin de signaler que l’endroit où se trouve la piété est le cœur, et seulement lui.

Par conséquent la piété ne se résume pas à l’intonation d’une voix humble, à des pleurs, ou encore le fait d’allonger la prosternation, ou toute autre chose faisant partie des apparences dénuées de toute spiritualité et humilité. En revanche elle est un secret intime déposé dans le cœur dont Seul Allah en a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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L’éducation de l’enfant en bas âge

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Sache que l’enfant est un dépôt confié à ses parents. Son coeur est une pierre précieuse à l’état brut qui accepte toute taille. Si on l’accoutume au bien, il grandit sur cela, et ses parents ainsi que son éducateur lui partagent la récompense ; et si on l’accoutume au mal, il grandit sur cela, et le péché pèse sur son tuteur.

Il convient donc de le préserver, l’éduquer, l’amender, lui apprendre les nobles caractères, le protéger des mauvaises fréquentations, ne pas l’accoutumer à l’aisance, et ne pas lui faire aimer les ornements et le luxe, afin qu’il ne perde pas son existence à les rechercher, une fois adulte.

[…] 

Lorsque apparaissent chez lui les signes du discernement, dont le premier est la pudeur, c’est une marque d’excellence qui annonce la perfection de l’esprit à la puberté, et il faut s’appuyer sur sa pudeur pour son éducation. 

Le premier caractère qui prédomine chez lui est l’avidité pour la nourriture. Il convient de lui apprendre les règles de bienséance du repas, et l’habituer à manger du pain seul à certains moments, afin qu’il ne s’accoutume pas aux condiments et les considèrent comme nécessaires. Il faut lui faire répugnée le fait de trop manger, en comparant celui qui le fait au bêtes. […] il faut lui interdit de fréquenter les enfants accoutumés dans l’aisance, puis il faut l’occuper à l’apprentissage du Coran, du hadîth, et des récits des meilleurs des hommes, afin de planter dans son cœur l’amour des pieux, et il ne faut pas lui faire mémoriser les poèmes qui évoquent la passion amoureuse.

Lorsque l’enfant manifeste un beau comportement et des actes louables, il faut l’honorer pour cela, le récompenser par ce qui lui fait plaisir et le féliciter en présence des gens. Si parfois il ne respecte pas cette attitude, il faut fermer les yeux et ne pas le dévoiler. Mais s’il récidive, on lui adresse des reproches en secrets et on lui fait craindre le regard d’autrui, sans lui adresser trop de reproches, car cela diminuerai chez lui l’effet de la réprimande, et il faut préserver la prestance dans les propos avec lui.

Source : L’esprit de l’Âme, éditions Tawbah. Photo : Sirat Al Mustaqim