« Si je reste vivant jusqu’à ce que je termine mes dattes, ce serait une trop longue vie »

L’imam Mouslim رحمه الله a rapporté d’après Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه, dans le récit sur la bataille de Badr. Lorsque les polythéistes s’approchèrent, le Prophète صلى الله عليه وسلم dit :

« Levez-vous vers un Paradis aussi large que mes cieux et la terre. »
‘Oumayr Ibn Al-Hammâm s’exclama : « Ô Messager d’Allah !  Un Paradis aussi large que les cieux et la terre ? » Il lui dit : « Oui ». ‘Oumayr dit : « Bakhin bakhin ». Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم demanda : « Qu’est-ce qui te pousse à dire bakhin bakhin ? » Il lui dit : « Non, par Allah, ce n’est que par espoir d’être parmi ses habitants. » Il صلى الله عليه وسلم lui-même dit : « Tu es certes parmi ses habitants. » Puis ‘Oumayr sortit des dattes de son sac et se mit à en manger, avant de dire : « Si je reste vivant jusqu’à ce que je termine mes dattes, ce serait une trop longue vie. » Il jeta tout ce qu’il avait comme dattes et se mit à combattre jusqu’à ce qu’il se fit tuer. »

Rapporté par Mouslim, n°1901

Les Montagnes : Fascinantes contemplations et profondes méditations

Ibn Al Qayyim– Qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit[1]:

« Médite la sagesse exemplaire concernant la création des montagnes. L’ignorant insouciant considère qu’elles ne sont là, sur Terre, que de manière superflue n’ayant aucune utilité ! Pourtant, elles renferment des ressources et recèlent des avantages qu’on ne peut recenser excepté Celui qui les a créées et les a dressées.

Lorsque Dimâm Ibn Tha’laba s’est converti à l’islam, il a dit au Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) :

« Par celui qui a dressé les montagnes et y a déposé tant de ressources et d’avantages ! Est-ce qu’Allah t’a vraiment ordonné ceci et cela ? Il a répondu : Oui ! Allah m’a vraiment ordonné cela ! »[2]

Parmi ses ressources et ses avantages :

1 – La neige tombe sur les montagnes et s’y fixe sur les sommets. Puis, petit à petit, elle fond ensuite elle ruisselle et enfin elle forme des torrents qui s’écoulent en abondance dans des gorges pour se transformer alors en rivières [et en fleuves]. Sur son passage, cette eau fait pousser de verts pâturages et elle laisse place à des vallées et des collines verdoyantes où apparaissent toutes sortes de plantes, de fruits, etc. qu’on ne trouve nulle part ailleurs, ni dans les plaines et encore moins sur les bords de mer.

Ainsi donc, si les montagnes n’existaient pas, la neige tomberait directement à la surface même de la terre, elle ne se fixerait pas – plutôt elle fondrait – et elle coulerait d’un trait. Par conséquent, tout le bénéfice qui en résulterait au moment où on en ressentirait le besoin se perdrait. En outre, en fondant tout de suite, elle provoquerait des torrents de flots qui détruiraient tout sur leur passage et provoqueraient des catastrophes naturelles et des préjudices dont les hommes pâtiraient sans pouvoir s’en prémunir, y remédier ou encore les repousser.

2 – Les montagnes hébergent en leur sein et sur leurs cimes des grottes, des cavernes et des cavités qui sont autant de refuges faisant office de citadelles et de forteresses. En ce sens, elles constituent donc des abris et des lieux où les hommes et les animaux viennent s’y réfugier.

3 – On extrait des montagnes tout type de pierre et de roc qui servent à la construction d’édifices.

4 – On y trouve aussi tous les types de minéraux possibles et cela quelles que soient leur variété et leur type : de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer, du plomb, des topazes, des émeraudes, etc. En fait, les montagnes renferment des ressources, des richesses et des avantages que seul Allah (سبحانه وتعالى) connait, Celui qui les a créées et les a façonnées.

5 – Les montagnes repoussent les vents impétueux et elles brisent leur violence en les arrêtant. Ainsi, elles ne les laissent pas tout détruire sur leur passage ou ce qui s’y trouve dans les vallées. Voilà pourquoi ceux qui habitent au bas des montagnes sont en sécurité vis-à-vis des grands vents violents et funestes.

6 – Les montagnes refluent les torrents lorsqu’ils sortent de leurs lits et débordent. Elles les détournent à droite, à gauche, ici et là. Ainsi donc, si les montagnes n’existaient pas, les torrents sortiraient de leurs lits, suivraient leurs cours et se déverseraient partout, tout au long de leur course. Les montagnes font donc office de barrages et de digues.

7 – Les montagnes sont des repères à l’image de poteaux indicateurs sur les routes et les chemins. Elles sont comme des indications et des orientations dressées sur les voies terrestres [maritimes et aériennes]. Voilà pourquoi, Allah (سبحانه وتعالى) les a appelées des « repères ». En effet, Il a dit :

{وَمِنْ ءَايَٰتِهِ ٱلْجَوَارِ فِى ٱلْبَحْرِ كَٱلْأَعْلَٰمِ}

{Et parmi Ses signes, il y a les vaisseaux qui voguent sur la mer, semblables à des montagnes.}[3]

Les vaisseaux signifient les bateaux.

[…]

Ainsi donc, les montagnes ont été appelées « des repères » car elles constituent des signes et des symboles manifestes.

8 – Sur les pentes des montagnes poussent des plantes médicinales qui constituent une pharmacopée traditionnelle dans lesquelles se trouvent nombre de remèdes qu’on ne trouve pas dans les plaines ni sur les bords de mer. De la même manière, ce qui pousse dans les plaines et sur les bords de mer ne pousse pas en montagne. Néanmoins, dans chacun d’entre eux se trouvent des bénéfices, des avantages et des sagesses que seul le Grand Créateur, l’Omniscient a embrassé de Sa science.

 9 – Les montagnes constituent des remparts naturels pour les serviteurs d’Allah afin de se protéger de leurs ennemis tout comme ils se réfugient dans des forteresses ou des citadelles. Les montagnes protègent même mieux encore que la plupart des villes fortifiées ou des fortins.
10 – Dans Son Livre, Allah (سبحانه و تعالى) a décrit les montagnes comme des pieux fixés dans les entrailles de la terre à l’image de l’ancre du bateau qui fixe celui-ci et ainsi celles-ci se dressent de manière auguste. Les montagnes obéissent à une sagesse tout en renfermant des avantages plus grands encore !
Dans Son Livre, Allah nous a appelés [et incités] à poser [et porter] un regard contemplatif sur les montagnes et la manière dont Il les a créées. Il a dit :
{أَفَلَا يَنظُرُونَ إِلَى ٱلْإِبِلِ كَيْفَ خُلِقَتْ° وَإِلَى ٱلسَّمَآءِ كَيْفَ رُفِعَتْ° وَإِلَى ٱلْجِبَالِ كَيْفَ نُصِبَتْ ° وَإِلَى ٱلْأَرْضِ كَيْفَ سُطِحَتْ }
 
{Ne considèrent-ils donc pas comment les chameaux ont été créés ? Et le ciel comment il est élevé ? Et les montagnes comment elles sont dressées ? Et la terre comment elle est nivelée ?}[4]
 

Leur création et les richesses qu’elles renferment sont parmi les plus grands témoins de l’omnipotence de leur Créateur et de leur Façonneur, [elles démontrent] Sa science, Sa sagesse et Son unicité. Ces montagnes craignent, à juste titre, leur Seigneur, leur Façonneur et leur Créateur malgré leur imposante stature et leur immense création. En effet, lorsque le dépôt de la foi fut proposé aux montagnes, elles refusèrent d’en assumer la responsabilité et elles furent effrayées à l’idée de s’en charger.
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Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète صلى الله عليه وسلم, a dit : «  Le prophète nous a relaté deux événements ; j’ai pu voir le premier de ces deux événements se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Puis il nous informa sur la façon dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur, […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme contenu dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah) [de porter les charges de faire le bien et d’éviter le mal]. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé; car il est très injuste [envers lui-même] et très ignorant.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète صلى الله عليه وسلم nous a informé que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et ceci fait référence à la saine nature sur laquelle nait le serviteur. Après quoi, cette foi augmente par ce qu’elle acquiert suite à l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que si celle-ci s’établit fermement dans le cœur du serviteur, il accomplira ce qu’on lui a ordonné et s’écartera de ce qui lui a été interdit en toute conformité et soumission.

Quant au deuxième événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète صلى الله  عليه وسلم a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur, et de lui jaillit le bien et nait le mal.

Et si le cœur n’avait comme vertu que le fait d’être le récipient de la Foi, elle lui aurait amplement suffit. Mais il est également le récipient de la piété (At-Taqwâ), et assurément le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : «  La piété se loge ici  » en indiquant sa poitrine afin de signaler que l’endroit où se trouve la piété est le cœur, et seulement lui.

Par conséquent la piété ne se résume pas à l’intonation d’une voix humble, à des pleurs, ou encore le fait d’allonger la prosternation, ou toute autre chose faisant partie des apparences dénuées de toute spiritualité et humilité. En revanche elle est un secret intime déposé dans le cœur dont Seul Allah en a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il y a parmi les cœurs celui qui est à l’image d’une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’exemple d’une demeure obscure avec, sur son toit, une lampe éclairante, tandis que son intérieur est ténèbres.
D’ailleurs le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Certes, Allah ne regarde pas vos apparences ni vos biens, mais en revanche Il regarde vos œuvres et vos cœurs. »

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur et ce, même si les ventres sont vides (pris par la faim) et que les vêtements sont usés.
Et le hadîth a mis en évidence le fait que le cœur est l’endroit que le Seigneur regarde.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne avec un intérieur corrompu.

Qu’il est bien étrange celui dont sa préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir avec tout ce qu’il lui est possible et ce, afin que personne ne puisse voir un quelconque défaut ; alors qu’il ne se préoccupe pas de ce que contient son cœur qui est pourtant l’endroit qu’observe Le Créateur, ni de sa purification et de son ornement afin que son Seigneur ne voie aucune souillure en lui, ni aucun mal, et qu’aucune créature ne prenne Sa place.

Et il y a une autre signification du hadîth qu’Ibn Al-Jazarî رحمه الله  a évoqué : « Le regard, ici, est une préférence, une miséricorde et une clémence. Car le regard est, en réalité, une preuve d’amour, alors que le détourner indique l’aversion et la répulsion. »

Médite ce qui va suivre et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut être, à première vue, une désobéissance alors que celui qui l’a commise est récompensé, comme le fait de prononcer une parole de mécréance sous la contrainte alors que son cœur est serein sur la foi ou de boire une boisson enivrante à son insu.
En revanche, il se peut que l’apparence d’un acte soit la bienfaisance cependant son auteur est dans le Feu, tel l’individu qui s’est fait tué sur le champ de bataille afin que les gens parlent de sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien pour que les gens fassent des éloges sur sa bonté, ou encore celui qui lit le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent, le cœur, dans toutes ces situations, est soit dans le box des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Observe la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Si un péché (ou un mal) a été commis sur Terre, quiconque y aura assisté et l’aura réprouvé sera comme celui qui n’y avait pas assisté ; quant à celui qui n’y aura pas assisté mais qui aura agréé celle-ci, alors il sera comme s’il y avait assisté [et ne l’a pas réprouvé]. »

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime et pourtant, il est le premier des accusés, et son nom est inscrit parmi les pêcheurs.
Et un autre qui a assisté personnellement au crime, l’a vu de ses propres yeux, mais, malgré cela, le verdict prononcé à son encontre est l’innocence !
Et la cause de tout ceci est exclusivement le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou bien a péché en l’agréant.

Il y a dans ce hadîth une bonne annonce et un avertissement :

  • Une bonne annonce pour celui qui a été contraint à être présent en un lieu où Allah est désobéi et qui ne peut réprouver cette désobéissance ni par sa main, ni par sa langue, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent il convient au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.
  • Et un avertissement pour l’individu dont Allah voulut le bien mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il voulut préserver des choses blâmables mais qui refusa (cette préservation) pour s’y adonner pleinement ; et celui dont Allah épargna la présence à l’endroit du péché mais qui s’y déplaça avec son cœur et son âme ; c’est ainsi qu’il fut puni au même titre que celui qui l’a commis.

Ainsi est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique ; et en dépit de la dureté qu’a ce mot sur l’âme il est pourtant le terme employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants صلى الله عليه وسلم. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance pour sa communauté le fait qu’il nous ait clairement mis en garde contre cette fornication [du cœur] par sa parole : « Et la fornication du cœur est le souhait ».

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le souhait’’ signifie que le cœur désire l’accomplissement d’une chose que l’âme envie parmi les passions[1]. »

Le cœur a, tout comme les membres, des acquisitions [bonnes ou mauvaises] et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a annoncé qu’Il jugera sur ce qu’aura acquis le cœur par la récompense et le châtiment, Il dit : {[…] Il vous saisit pour ce que vos cœurs ont acquis […]} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’action du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Si deux musulmans s’affrontent à l’épée, puis que l’un des deux tue l’autre, alors le tueur et le tué sont dans le Feu [de l’Enfer]. Quelqu’un dit : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur on comprend, mais pourquoi également le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment la mort de son adversaire. »

Par conséquent ce musulman, [le tué], entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparence et le caché :

Oui, l’aspect du cœur est la base ; ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme avec l’intérieur alors ce qui est dans le cœur est véridique. Mais si cet extérieur-là le contredit, cela prouve que ce qu’il y a en lui est mensonger.

Egalement, la validité de l’apparence et de son acceptation auprès d’Allah dépend du cœur. Les gens quant à eux ne sont chargés que d’accepter l’apparence [d’autrui] et de juger sur celle-ci, c’est Allah qui se charge de ce qui est caché [en eux].
Et c’est ce qui est voulu ici par les deux attestations[2], c’est-à-dire le fait qu’elles soient un message concret pour l’humanité, perçu par les sens et faisant embrasser l’Islam celui qui les prononce.
Tandis qu’Allah est le Seul parfaitement informé de ce qui est imperceptible et contenu dans le cœur. De plus, les hypocrites ont eux-mêmes prononcé ces deux attestations, ainsi, leur sang est devenu prohibé ici-bas ; par contre leur demeure finale est le plus bas niveau de l’Enfer pour ce que recelaient leurs cœurs.

Et enfin, observez le lien existant entre l’apparence et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis: «Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, […]} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. Par conséquent, l’amour d’Allah dans le cœur entraîne inévitablement le suivi des membres, et si ce n’est pas le cas, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et fausseté.

[1] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)

[2] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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L’explication du livre « Les 4 règles » (+ lien pdf)

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Nous sommes heureux de vous présenter l’explication du livre « Les 4 règles » de l’Imâm Mouhammad Ibn ‘Abdi Al-Wahhâb رحمه الله par le grand savant ‘Abdou Ar-Rahmân Al-Barrâk حفظه الله aux éditions RIWÂQ.

 

 

 

 

Nous vous mettons à disposition le lien PDF dans lequel vous pourrez le télécharger dans son intégralité, et nous vous proposons également l’ensemble du livre en lecture sur cette page avec un sommaire qui vous permettra d’accéder à chaque partie du livre que vous souhaitez.

Sommaire :

Préface (des traducteurs)
Introduction
Avant-propos [du Chaykh ‘Abdou Ar-Rahmân Al-Barrâk]
Texte original des 4 règles [Introduction]
– Première règle
– Deuxième règle
– Troisième règle
– Quatrième règle
Commentaire des 4 règles
Première règle
Deuxième règle
Troisième règle
Quatrième règle

Préface (des traducteurs)

Louange à Allah.

Que la bénédiction et la paix soient sur notre prophète Mouhammad, sa famille et ses compagnons.

La foi est le socle de la religion, l’assise sur laquelle les musulmanes et les musulmans doivent construire leur vie. Elle est comparable à une source d’eau autour de laquelle tout semble reprendre vie, elle revivifie les cœurs. Elle nous protège dans un monde où le « ni dieu ni maître » résonne comme un cri de ralliement, où la modernité vénérée et exaltée a élevé l’homme au rang de divinité.

{Seigneur, dit Satan, puisque Tu m’as égaré, je m’emploierai à égarer les hommes, en embellissant, à leurs yeux, la vie sur terre.} [Sourate Al-Hijr, verset 39]

Allah a pourtant envoyé, en tout temps, Ses messagers avec la même révélation : {Adorez Allah et éloignez-vous du culte des idoles.} [Sourate des Abeilles, verset 36]

Tous disaient : {Ô mon peuple, adorez Allah, car vous n’avez d’autre divinité que Lui !} (1) [Sourate des Murailles, verset 59]

C’est de cette facette de la foi, le Tawhîd ou Unicité, que traite ce livre en dénonçant son contraire à savoir le Chirk (le polythéisme). Les arabes qui peuplaient la péninsule arabique avant l’avènement de l’Islam adoraient de nombreuses idoles ; chaque tribu, chaque peuple, chaque clan avait ses propres divinités. Ils étaient tous imprégnés des croyances héritées de leurs ancêtres.

{Et lorsqu’on leur dit : « Suivez ce qu’Allah a révélé ! » Ils rétorquent : « Non ! Nous suivons plutôt ce que nos ancêtres nous ont légué !} [Sourate de Louqmân, verset 21]

On trouve malheureusement, aujourd’hui encore, des relents de ces croyances primitives chez certains musulmans, conséquences probables de l’ignorance et du conformisme aveugle. Ainsi, nous avons choisi de traduire des écrits du Chaykh Mouhammad Ibn ‘Abdi Al-Wahhâb رحمه الله. Grand savant musulman, il vécut au douzième siècle de l’hégire (2).
Beaucoup le considèrent comme un réformateur, un de ces hommes auxquels cette prophétie du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم fait allusion : « Allah سبحانه و تعالى envoie à cette communauté, à la tête de chaque siècle, des hommes qui lui revivifient sa religion. » Il a œuvré tout au long de sa vie à purifier la croyance et à la débarrasser des mythes et des mensonges qui la souillaient. Il a œuvré sans relâche afin de rétablir le pur monothéisme, la religion des bien-aimés d’Allah, Abraham et son descendant Mouhammad صلى الله عليه و سلم, la religion de tous les prophètes.

A ses écrits, nous avons ajouté les commentaires du Chaykh ‘Abdou-Ar-Rahmân Al-Barrâk, théologien reconnu pour son savoir. Ses explications sont d’une clarté et d’une pertinence remarquables. Nous nous sommes attachés à rester fidèles autant que possible au texte arabe tout en veillant à ne pas froisser la langue française. Les notes de bas de pages sont le travail du Chaykh ‘Abdou-Ar-Rahmân As-Soudais, élève de Chaykh Al-Barrâk, sauf celles que nous avons mises en italique et accompagnées de cette indication « [Ndt] » (Note du traducteur).

Nous avons utilisé pour la traduction du sens des versets coraniques, la version du professeur Mouhammad CHIADMI que nous avons comparée à celle du complexe du roi Fahd. Nous avons procédé à quelques modifications, peu nombreuses dans l’ensemble, lorsque cela nous a paru nécessaire. Nous espérons que ce travail sera bénéfique pour nos frères et sœurs francophones ne comprenant pas encore la langue arabe. Nous les encourageons vivement à faire tous les efforts nécessaires pour acquérir cet outil qui leur permettra d’avoir une meilleure compréhension de leur religion. Enfin, nous demandons à Allah de nous pardonner nos péchés, nos faiblesses et nos erreurs. Seigneur ! Nous T’implorons humblement, nous Te prions, soumis, afin que Tu nous couvres de Ta miséricorde et nous ouvres les portes de Ton Paradis.

Alexandrie, le 25 janvier 2013

Michaël ‘Abdou-Rahmân CHORRO
François ‘Abdou-Allah CURTILLET

(1) Ce verset revient plusieurs fois dans la sourate des Murailles (59, 65, 73, 85) mais aussi dans la sourate de Hoûd (50, 61, 84)

(2) Il est né en 1115 et mourut en 1206 de l’hégire ce qui correspond aux années 1703 – 1791 du calendrier grégorien.

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{(…) « Vous avez dissipé vos [biens] excellents et vous en avez joui pleinement durant votre vie sur terre » (…)}

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Les faveurs de ce bas monde sont une source de dissipation des faveurs de l’au-delà :

 

 

Allah a informé qu’il est des gens auxquels les bonnes choses sont anticipées dans ce bas monde : {Et le jour où ceux qui ont mécru seront présentés au Feu (il leur sera dit) : « Vous avez dissipé vos [biens] excellents et vous en avez joui pleinement durant votre vie sur terre : on vous rétribue donc aujourd’hui du châtiment avilissant, pour l’orgueil dont vous vous enfliez injustement sur terre, et pour votre perversité »} [Sourate 46, verset 20]

Aboû Mijlaz a dit : « Certaines gens chercheront de bonnes actions qu’ils accomplirent dans ce bas monde, il leur sera dit : {(…) Vous avez dissipé vos [biens] excellents et vous en avez joui pleinement durant votre vie sur terre » (…)} [Tafsîr Ibn Kathîr, t.7 p.285]

C’est-à-dire : le jour du Jugement Dernier, des gens viendront s’enquérir de bonnes actions en jouissant de toutes sortes de faveurs en ce monde.

Les Compagnons et les Suiveurs restreignaient leur jouissance de ce bas monde, afin de réserver leurs faveurs pour la demeure ultime.

Selon Jâbir Ibn ‘Abd Allah رضي الله عنهما : « Ôumar رضي الله عنه me vit porter de la viande, il me demanda : « Qu’est-ce, Jâbir ? » – « De la viande que j’ai achetée à un dirham pour des femmes de ma famille qui en ont eu envie », répondis-je. – « Pourquoi à chaque fois que l’un de vous désire quelque chose, il l’accomplit ? Ne pouvez-vous pas supporter votre faim pour [nourrir] un voisin ou un cousin ? Où en êtes-vous par rapport à ce verset : {(…) Vous avez dissipé vos [biens] excellents et vous en avez joui pleinement durant votre vie sur terre » (…)} ? Jâbir continua : « C’est à peine si j’ai pu me soustraire à lui ! » [Rapporté par ‘Abou Al-Hamîd dans Ad-Dourr Al-Manthoûr t.7 p.447]

‘Oumar رضي الله عنه disait : « Si je voulais, je serais celui d’entre vous qui consomme les meilleurs mets, qui porte les habits les plus fins, mais je réserve mes bonnes choses », c’est-à-dire : pour l’au-delà. [Tafsîr AtTabarî t.22 p.120]

Hafs Ibn Abî Al-‘Âs رحمه الله fréquentait souvent ‘Oumar رضي الله عنه, et il avait l’habitude de refuser tout repas que celui-ci lui proposait. ‘Oumar رضي الله عنه lui demanda un jour : « Qu’as-tu à ne pas manger manger notre nourriture ? Hafs répondit : « Ô émir des croyants ! Ma femme me prépare des repas plus raffinés que les tiens, c’est pour cela que je les préfère ». – « Malheur à toi ! Ne sais-tu pas que si je voulais, j’aurais donné mes ordres et on m’aurait amené un agneau bien gras que j’écorcherais. Puis, je demanderais qu’on amène de la farine, qu’on en extraie le son dans un tissu pour en faire de fins pains. Ensuite, je demanderais qu’on en mette un sâ’ de raisins secs dans de la graisse jusqu’à ce qu’ils prennent la couleur du sang de gazelle ! » Hafs s’exclama : « Je vois que tu es un fin connaisseur ! »« Malheur à toi ! dit ‘Oumar. Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Si je craignais pas qu’on diminue mes bonnes actions le Jour de Résurrection, j’aurais consommé, autant que vous, de la nourriture exquise ! » (1)

Hafsa Bint ‘Oumar rapporte qu’elle demanda un jour à son père : « Ô émir des croyants ! Pourquoi ne mets-tu pas de vêtements plus beaux que ceux que tu portes ? et pourquoi ne consommes-tu pas de meilleure nourriture que celle que tu manges ? Allah t’a pourtant donné le pouvoir sur terre et t’a pourvu de largesses ! » – « Je te prends à témoin contre toi-même. N’as-tu pas vu l’adversité qu’affrontait le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ? », lui demanda ‘Oumar, tout en lui rappelant quelques exemples du dénuement du Prophète صلى الله عليه و سلم, si bien qu’il finit par la faire pleurer.

Il dit : « Ne t’ai-je pas dit que j’avais deux compagnons qui ont emprunté une certaine voie ? Assurément, si jamais je suis un autre chemin que le leur, je serais mis sur une autre voie. Par Allah ! J’ai choisi de mener une vie aussi austère que la leur, puissé-je parvenir à partager avec eux la vie agréable qu’ils mènent ». Par compagnons, ‘Oumar رضي الله عنه faisait allusion au Prophète صلى الله عليه و سلم et à Aboû Bakr رضي الله عنه. [Ibn Abî Chaybah n°34434]

Du reste, lorsque ‘Oumar رضي الله عنه se rendit en Syrie, on lui prépara un repas qu’il n’avait jamais goûté auparavant. Il dit : « Alors que nous consommons de tels délices, qu’ont les musulmans pauvres qui sont morts sans manger à leur faim, serait-ce en mangeant du pian d’orge ? » Khâlid Ibn Al-Walîd répondit : « Ils ont le Paradis ». Les yeux de ‘Oumar éclatèrent en larmes et il dit : « Ils nous ont alors bien devancés s’ils ont eu le Paradis alors que nous nous complaisons à nous délecter de rognures. » [Tafsîr At-Tabarî, t.22 p.120]

Qatâdah dit : « Par Allah ! Vous savez qu’il est des gens qui avalent (2) leurs bonnes actions. Que chacun de vous réserve ses bonnes oeuvres tant qu’il le peut ! Il n’y a de force que par Allah. » [Tafsîr At-Tabarî, ibidem]


(1) Le sâ‘ est une unité de mesure qui équivaut à 4 moudd. Un moudd équivaut à un livre et un tiers dans le Hijaz. Ndt.

(2) C’est-à-dire dont les bonnes actions diminuent.

Source : « Le Luxe » du Chaykh Mouhammad Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions.

« Ceci est la bonne nouvelle anticipée du croyant. »

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Mouslim a rapporté (2642) selon Aboû Dharr رضي الله عنه qui a dit : « On a dit au Prophète صلى عليه و سلم : « Que penses-tu d’un homme qui accomplit des oeuvres de bien et qui lui vaut l’éloge des gens ? » Il répondit : « Ceci est la bonne nouvelle anticipée du croyant. »

 


Louange à Allah.

L’anticipation de la bonne nouvelle du croyant réside dans le fait qu’il accomplit une oeuvre vertueuse en ne la vouant exclusivement qu’à Allah, n’espérant que Son Visage, puis que des personnes l’apprennent ou le voit, se mettent à lui faire des éloges provoquant chez lui de la joie et [l’espoir que ce soit] l’annonce d’une bonne nouvelle.
Ceci est l’anticipation de la bonne nouvelle du croyant.

Elle a différentes formes, parmi elles :

  • La vision vertueuse qu’a le croyant lors de son sommeil, ou bien qu’une autre personne la voit pour lui.
  • Le fait qu’entre dans le coeur des gens de l’amour et de l’agrément à son égard.
  • Le fait qu’il ressente en son âme un repos et un épanouissement lors de l’accomplissement d’une oeuvre vertueuse.

Ainsi, cela, et tout ce qui y ressemble, sont des preuves de l’amour qu’Allah lui porte et de l’acceptation de son oeuvre. Allah lui octroie cette bonne nouvelle dans cette vie d’ici-bas par ces éloges-là, ce consentement et cet agrément qu’ont les gens pour lui. Et Il lui accordera dans l’Au-Delà une récompense abondante.

Al-Boukhârî a rapporté (3209) ainsi que Mouslim (2637) selon Aboû Hourayrah رضي الله عنه que le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit : « Si Allah aime un serviteur Il appelle Jibrîl et lui dit : « Certes Allah aime untel, aime-le donc ! » Ainsi Jibrîl l’aime et il appelle les gens des cieux : « Certes Allah aime untel, aimez-le donc ! » Ainsi les gens des cieux l’aiment. Puis il lui est accordé sur Terre l’acceptation et le consentement. »

At-Tirmidhî rapporta également ce hadîth (3161) en ajoutant : « Et cela correspond à la parole d’Allah : {À ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux accordera Son amour.} [Sourate 19, Verset 96]

An-Nawawî رحمه الله a dit : « La signification de sa parole (Puis il lui est accordé sur Terre l’acceptation et le consentement.) est : Il lui est accordé l’amour dans les coeurs des gens et leur agrément, ainsi les coeurs pencheront vers lui et l’agréeront. Et il est venu dans une autre version (Puis il lui est accordé l’amour). » Fin de citation.

Ibn Kathîr رحمه الله a dit : « Le Très-Haut nous informe qu’Il fait germer dans les coeurs de Ses serviteurs vertueux l’amour des serviteurs croyants qui accomplissent de bonnes oeuvres. Et cela est un commandement qui doit immanquablement se passer, il est inévitable. » Fin de citation. [Tafsîr Ibn Kathîr 267/5, Fath Al-Qadîr (504/3)]

Mouslim a rapporté (2642) selon Aboû Dharr رضي الله عنه qui a dit : « On a dit au Prophète صلى عليه و سلم : « Que penses-tu d’un homme qui accomplit des oeuvres de bien et qui lui vaut l’éloge des gens ? » Il répondit : « Ceci est la bonne nouvelle anticipée du croyant. »

An-Nawawî رحمه الله a dit : « Les Savants ont dit que la signification de cette bonne nouvelle qui lui est hâté, dû au bien qu’il a accompli, est une preuve de l’agrément d’Allah le Très-Haut à son égard et Son amour. C’est pourquoi Il le fait aimé à la création comme cela fut évoqué précédemment dans le hadîth, puis il lui est accordé sur Terre l’acceptation et le consentement. Et tout cela se concrétise si les gens le louent sans qu’il n’ait voulu s’exposer à leurs éloges ; alors que s’il les recherchait cela aurait été condamnable et mauvais. »

Ibn Al-Jawzî رحمه الله a dit : « Et la signification de cela est que si Allah accepte l’oeuvre (de la personne) Il place alors dans les coeurs l’acceptation et l’éloge des gens à son égard. Ainsi, ce qu’Il a placé dans les coeurs est une bonne annonce pour cette personne. Tout comme le fait qu’Allah, lorsqu’Il aime un serviteur, Il le fait aimer à Sa créature qui sont les témoins d’Allah sur Terre » Fin de citation [Kachf Al-Mouchkil, p.245]

As-Souyoûtî رحمه الله a dit : « C’est-à-dire que cette bonne nouvelle anticipée est une preuve de la bonne nouvelle qui est, quant à elle, retardée jusqu’à l’Au-delà. » Fin de citation [Charh As-Souyoûtî ‘alâ Mouslim, 556/5]

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