L’excès de nourriture

Asad Ibn Moûsa a rapporté le hadîth de ‘Awn Abî Jouhayfah, qui lui-même le rapporta de son père qui dit : « J’avais mangé du Tharîd[1] avec de la viande grasse. Puis je vis le Prophète alors que je rotai. Il dit alors : « Épargne-nous tes rots ! Car ceux qui sont les plus repus ici-bas seront les plus longuement touchés par la faim le Jour de la Résurrection. »[2]

Après cela, Aboû Jouhayfah ne mangea plus jamais à sa faim jusqu’à quitter ce monde. S’il déjeunait, il ne dinait pas. Et s’il dinait, il ne déjeunait pas.

Cependant, quelle est la relation entre le rot (le fait d’être repus) et la faim le Jour de la Résurrection, alors, qu’à première vue, celle-ci nous paraît lointaine ?

Pour expliquer la dangerosité du gaspillage de la nourriture dont nombreux sont ceux à l’avoir déconsidéré et jugé insignifiant, alors qu’auprès des médecins des coeurs cela est une chose gravissime, Al-Mounâwî a dit : « L’interdiction de roter [implique] l’interdiction de sa cause, à savoir la satiété. Et ceci est une chose blâmable médicalement et religieusement. Comment ne le serait-il pas alors qu’elle rapproche le diable et pousse l’âme à l’injustice ?

La faim, quant à elle, obstrue les voies au diable et brise l’emprise de l’âme, ainsi leurs méfaits sont repoussés.

Alors qu’avec la satiété naîtra une forte libido qui poussera la personne à beaucoup plus de rapports charnels. Puis découlera de ceci un fort désir d’acquérir du prestige et de la richesse qui sont tous deux des moyens permettant d’augmenter la nourriture et les rapports intimes.

Ensuite, elle voudra obtenir encore plus d’argent, de notoriété et elle multipliera les frivolités, les rivalités et les jalousies.

Ce qui engendrera le problème de l’ostentation, la vanité, la course aux richesses, l’orgueil et cela aboutira à l’envie (Al-hasad), la haine, l’animosité et l’aversion.

Puis, elle commettra l’injustice, le blâmable, la débauche, l’ingratitude et elle calomniera.

Tout ceci mènera à la faim le Jour de la Résurrection, excepté celui à qui ton Seigneur aura fait miséricorde. »

C’est pourquoi, la voie qu’emprunta ‘Abd-Allah Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما tout au long de sa vie était de réduire sa consommation de nourriture à travers un moyen contenant une grande récompense : il ne mangeait pas tant qu’on ne lui amenait pas un nécessiteux pour qu’il partage son repas avec lui.

Un jour, un homme vint chez lui et mangea énormément. Ibn ‘Oumar dit alors à son esclave : « Ô Nâfi’, ne fais plus venir ce genre de personne ! Car j’ai entendu le Prophète dire : « Le croyant mange avec un seul intestin, alors que le mécréant mange avec sept intestins. »[3]

Et là, interrogeons-nous  ! Combien de mécréants mangent moins que les croyants ? Et combien sont ceux qui se sont convertis et n’ont pas réduit leur quantité de nourriture ?

Ibn Hajar a dit : « On a dit : Ce qui est voulu dans ce hadîth, c’est d’inciter le croyant à manger peu, du moment qu’il sait que l’excès nourriture est une caractéristique du mécréant.

Car la nature même du musulman fuit le fait d’être décrit par une de leur caractéristique. Et ce qui prouve que l’excès de nourriture est une caractéristique des mécréants, c’est la Parole d’Allah : {Quant aux mécréants, ils jouissent [de cette vie] et mangent comme mangent les bêtes.} [Mouhammad, v.12] »

At-Tîbî a dit : « En résumé, le croyant doit veiller à faire preuve d’ascétisme et se contenter du stricte nécessaire contrairement au mécréant. Mais si un croyant ou un mécréant n’était pas sur leur description respective, cela n’entacherait aucunement le hadîth. À l’instar de Sa Parole : {Le fornicateur n’épousera qu’une fornicatrice ou une polythéiste. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un polythéiste.} [An-Noûr, v.3] Pourtant, on trouve le fornicateur qui épouse la femme chaste, ou la fornicatrice qui est épousée par un homme chaste[4].

Il est dit aussi que le sens voulu par « Le croyant » dans ce hadîth est celui qui a la foi complète. Car fait partie du bon islam du croyant, et de la complétude de sa foi, qu’il réfléchisse à son cheminement vers la mort et ce qui vient après-elle. Ainsi, l’effroi, les nombreuses réflexions et l’apitoiement sur son sort l’empêcheront de suivre son désir. »

Assurément, l’excès de nourriture n’est qu’un signe de la dureté du coeur ; il est un chemin simplifié qui le conduit à sa mort. C’est pourquoi ceux dont les coeurs se sont endurcis ont négligé la cause principale due à leur exagération dans la nourriture. De plus, ils ignorèrent la cause de cette dureté. Et c’est ce qu’indiqua Ibn Al-Qayyim dans les « Fawâid » en disant :

« Si le coeur se nourrissait d’amour, la boulimie des désirs l’aurait quitté.

Si tu avais été un amoureux fervent tu n’aurais pas été gourmand.

Et l’amour passionnel t’aurait fait oublier la gloutonnerie. »[5]

Également, l’excès de nourriture fait entrer dans le coeur cinq maladies, Aboû Soulaymân Ad-Dârânî a dit : « Cinq maladies touchent celui qui est rassasié :

  • La perte de la douceur de converser secrètement [avec Allah].
  • Être privé de compassion envers la création, car s’il est reput il croit que tout le monde l’est également.
  • La lourdeur des adorations.
  • Ses désirs passionnels augmentent.
  • L’ensemble des croyants tournent autour des mosquées alors que les rassasiés tournent autour des dépotoirs.[6] »

Al-Hasan Al-Basrî conseilla ceux qui ont perdu leur humilité et qui recherchent les larmes de celle-ci sans pouvoir les trouver, en leur faisant une recommandation fondée sur la pratique et l’expérience en disant : « Celui qui veut que son coeur s’humilie et que ses larmes coulent abondamment, alors qu’il ne mange qu’avec la moitié de son estomac. »

Et c’est sans parler du fait que l’excès de nourriture fait aussi perdre à la personne toutes occasions d’obtenir de nombreuses récompenses, car elle n’a pas été utilisée correctement. Si sa nourriture était utilisée en aumône et en don plutôt que d’être mangée, cela aurait été meilleur pour sa vie mondaine et celle de l’Au-delà.

Il a été rapporté que le Prophète avait vu un homme ventru dont il pointa le ventre du doigt en disant : « Si cela (ce ventre) n’avait été dans ceci (l’excès de nourriture), cela aurait été meilleur pour toi. »[7]

Mais mes propos signifient-ils que l’individu doit s’affamer et s’interdire de ce qu’Allah lui a rendu licite ?! Oh que non, jamais !

Tout ce que je veux dire, ici, a été résumé par Al-Halîmî رحمه الله : « Il ne convient à personne de manger de la nourriture licite qui lui alourdit le corps, car il aura besoin de dormir, et cela le privera des adorations. Qu’il ne mange que ce qui apaise sa faim. Et que son but soit de se nourrir pour se renforcer, se consacrer à l’adoration et s’y aguerrir . »

Dès lors, il t’est demandé trois choses :

  • La première : Une bonne intention pour chaque bouchée que tu manges, afin que la nourriture devienne une adoration et qu’elle nourrisse à la fois ton âme et ton corps.
  • La deuxième : Manger peu. Et c’est ce qu’a dit le Prophète : « Qu’un tiers soit pour sa nourriture, un tiers pour sa boisson et un tiers pour l’air. »[8]  Cela se ressent lorsque que tu quittes la table en ressentant toujours de la faim. Et c’est le sens voulu par sa parole : « Et quand nous mangeons, nous ne sommes jamais rassasiés. »[9]
  • La troisième : Jeûner assidument afin de secourir ton âme contre le désir de la nourriture.

[1] C’est une soupe faite de pain (Note du traducteur)
[2] Rapporté par At-Tirmidhî n°2478, rendu bon par chaykh Al-Albânî dans Sahîh At-Tirmidhî
[3] Rapporté par Al-Boukhârî, n°5393
[4] La Parole d’Allah interdit le fornicateur ou la fornicatrice d’épouser une personne chaste. Elle ne nie pas le fait que l’interdiction soit outrepassée. (Note du traducteur)
[5] Il parle de l’amour d’Allah (note du traducteur)
[6] Il sous-entend qu’ils tournent autour des toilettes afin d’y expulser ce qu’ils mangent. (Note du traducteur)
[7] Da’if At-Targhîb, n°1294, jugé faible par Chaykh Al-Albânî.
Mais il y a d’autres versions de ce hadîth qui sont, au minimum, bons (note du traducteur)
[8] Rapporté par At-Tirmidhî, n°2380, jugé authentique par Chaykh Al-Albânî.
[9] Le hadîth en entier est : « Nous sommes un peuple et ne mangeons que lorsque nous avons faim. Et quand nous mangeons, nous ne sommes jamais rassasiés. » Ibn Bâz a dit dans son Majmoû Fatâwâ wa Maqâlât 118/4 : « Le sens de ce hadîth est correct mais sa chaîne de transmission est faible. » (note du traducteur).

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il est, parmi les cœurs, celui qui ressemble à une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie, alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’image d’une demeure obscure sur le toit de laquelle se trouve une lampe éclairante, tandis que son intérieur est plongé dans les ténèbres.
D’ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde plutôt vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur, même lorsque les ventres sont vides (pris par la faim) et les vêtements usés.
Ce hadîth met en évidence le fait que le cœur est l’endroit sur lequel se porte le regard du Seigneur.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne lorsque l’intérieur est corrompu.

Qu’il est étonnant celui dont la préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir autant qu’il le peut, afin que personne n’y voit le moindre défaut ; alors qu’il ne se soucie guère de ce que contient son cœur – l’endroit qu’observe Le Créateur – ni de sa purification et de son ornement, afin que son Seigneur n’y voie aucune souillure, aucun mal, et qu’aucune créature n’y prenne Sa place.

Il existe aussi une autre signification de ce hadîth qu’a évoquée Ibn Al-Jazarî رحمه الله : « Le regard, ici, renvoie à la préférence, la miséricorde et la clémence. Car le regard est, en réalité, une marque d’amour, alors que détourner le regard indique l’aversion et le rejet. »

Médite ce qui suit et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut, en apparence, relever de la désobéissance, alors que son auteur en est récompensé : comme celui qui prononce une parole de mécréance sous la contrainte, alors que son cœur demeure serein dans la foi, ou celui qui boit une boisson enivrante sans le savoir.
À l’inverse, un acte peut revêtir l’apparence de la bienfaisance alors que son auteur est voué au Feu : tel celui qui s’est fait tué sur le champ de bataille pour que les gens louent sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien afin que les gens vantent sa générosité ; ou encore celui qui récite le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent,  dans toutes ces situations, le cœur est soit au banc des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Médite la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) est commis sur Terre, celui qui y assiste et le réprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; tandis que celui qui n’y assiste pas mais l’agrée est comme s’il y avait assisté [et ne l’avait pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime se retrouve pourtant parmi les premiers accusés, et son nom est inscrit au rang des pêcheurs.
Et un autre, qui a directement assisté au crime et l’a vu de ses propres yeux, se voit pourtant déclaré innocent !
La cause de tout ceci réside exclusivement dans le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou a péché en l’agréant.

Ce hadîth contient à la fois une bonne annonce et un avertissement :

– Une bonne annonce pour celui qui est contraint d’être présent en un lieu où Allah est désobéi, sans pouvoir réprouver ce mal ni par la main ni par la parole, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent, il incombe au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.

– Et un avertissement pour celui dont Allah a voulu le bien, mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il a voulu préserver des actes blâmables, mais qui refusa (cette préservation) pour s’y souiller ; ou encore celui qu’Allah a éloigné de l’endroit du péché, mais qui s’y rendit par son cœur et son âme ; il fut ainsi puni au même titre que celui qui l’a commis.

Tel est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique. Et malgré la dureté de ce terme pour l’âme, il est pourtant employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance à l’égard de sa communauté le fait qu’il nous ait explicitement mis en garde contre cette fornication [du cœur] : « La fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’, signifie que le cœur désire la réalisation de ce que l’âme convoite parmi les passions[4]. »

Le cœur possède, à l’instar des membres, des acquisitions (bonnes ou mauvaises) et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a informé qu’Il jugera ce qu’ont acquis les cœurs par la récompense ou le châtiment. Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’œuvre du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Lorsque deux musulmans s’affrontent à l’épée et que l’un tue l’autre, le tueur et le tué sont tous deux dans le Feu. Quelqu’un demanda : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur cela est clair, mais pourquoi le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment tuer son adversaire. »[5]

Par conséquent, ce musulman (le tué) entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparent et le caché :

Oui, l’état du cœur est fondamental. Ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme à l’intérieur, cela atteste de la véracité de ce qui réside dans le cœur. Mais si elle le contredit, cela prouve la fausseté de ce qui s’y trouve.

De même, la validité et l’acceptation de l’apparence auprès d’Allah dépendent du cœur. Quant aux gens, ils ne sont chargés que de considérer l’apparence [d’autrui] et de juger selon celle-ci, tandis qu’Allah se charge de ce qui est caché [dans les cœurs].

Dès lors, l’objectif des deux attestations[6] est d’adresser un message concret à l’humanité en attestant de l’Islam de celui qui les prononce, tandis qu’Allah est le Seul à être parfaitement informé de ce qui est imperceptible et enfoui dans les cœurs. En effet, les hypocrites ont prononcé les deux attestations : leur sang est devenu prohibé ici-bas, mais leur demeure finale sera le plus bas degré de l’Enfer, en raison de ce que renfermaient leurs cœurs.

Observez enfin le lien existant entre l’apparent et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. En effet, l’amour d’Allah dans le cœur implique nécessairement le suivi des membres. S’il en est autrement, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et imposture.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Et si tu te questionnes sur le Paradis, …

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Ibn al-Qayyim رحمه الله a dit concernant la description du Paradis et des délices qu’il contient:

« Et si tu te questionnes sur son sol et sa terre, il est fait de musc et de safran.

Et si tu te questionnes sur sa voûte, c’est le Trône du Tout Miséricordieux.

Et si tu te questionnes sur ses pierres, ce sont des perles et des rubis.

Et si tu te questionnes sur ses maisons, elles sont faites de briques d’or et d’argent.

Et si tu te questionnes sur ses arbres, il ne contient pas un seul arbre qui n’est un tronc fait d’or et d’argent.

Et si tu te questionnes sur ses fruits, ils sont plus doux que le beurre et plus doux que le miel.

Et si tu te questionnes sur ses feuilles, elles sont plus douces que le plus doux des vêtements

Et si tu te questionnes sur ses rivières, il y a des rivières de lait dont le goût ne change pas, et des rivières de vins qui sont délicieuses pour ceux qui les boivent, et des rivières de miel pures, et des rivières d’eau fraîche.

Et si tu te questionnes sur la nourriture, il y a des fruits qu’ils pourront choisir, et de la viande de volaille qu’ils désirent.

Et si tu te questionnes sur la boisson, il y a le Tasnîm, le gingembre et le Kâfoûr.

Et si tu te questionnes sur les coupes, elle sont en cristal claire et sont faite d’or et d’argent.

Et si tu te questionnes sur son ombre, un cavalier rapide parcourerait l’ombre de l’un de ses arbres durant cent ans sans y sortir.

Et si tu te questionnes sur son étendu, ses habitants les plus bas auraient à l’intérieur de son royaume, de ses murs, de ses palais et ses jardins la distance qui serait parcouru en mille ans.

Et si tu te questionnes sur ses tentes et campements, une tente est comme une perle cachée d’une longueur de soixante milles.

Et si tu te questionnes sur ses tours, ce sont des chambres au-dessus d’autres chambres dans des immeubles qui ont des rivières qui coulent au dessous d’eux.

Et si tu te questionnes sur quelle longueur il atteint dans le ciel, regarde l’étoile brillante la plus voyante, en plus de celles qui sont lointaines dans les cieux que la vue des yeux ne peut atteindre.

Et si tu te questionnes sur les vêtements de ses habitants, ils sont en soie et en or.

Et si tu te questionnes sur ses lits, ce sont des couches d’une belle soie étalées au plus haut de ses niveaux.

Et si tu te questionnes sur le visage de ses habitants et leur beauté, ils sont comme l’image de la Lune.

Et si tu te questionnes sur leur âge, ils sont des jeunes de 33 ans à l’image de Adam, le père de l’humanité.

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Laquelle des deux boissons est la plus illicite dans notre religion?

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Le Livre est lu. De crainte s’inclinent donc leurs têtes?
Oh que non! Ces compères sont distraits et distraites

Voici venu le chant! Comme des ânes les voilà
Braillant fort et dansant – sûrement pas pour Allah

Percussion et les vents accompagnent cette voix
Depuis quand la musique berce-t-elle la foi?

Leurs tympans agonisent à l’écoute du Livre
Car contraintes, défenses, injonctions il délivre

Tonnerre ils entendirent… Éclairs et foudres ils virent
Il menace le pécheur d’être frappé de l’ire

« Quel obstacle entre nous – pensent-ils – et nos loisirs!
Quel écueil sur lequel se brisent tous nos plaisirs! »

En revanche la chanson leur caresse les sens
Dans le sens du poil d’où son omniprésence

« L’adjuvant des penchants plutôt que leur bourreau! »
Murmurent ces illettrés qui pourtant tiennent bureau

Si le chant n’est pas fils de la grappe de raisin
Il n’empêche qu’il enivre aussi vite que le vin

Regardez un homme ivre la bouteille à la main
Puis regardez l’effet du chant sur les humains

As-tu vu ces béats déchirer leurs vêtements!
Car leurs cœurs sont en loque, qui te dit « non » te ment

A toi donc de juger : laquelle des deux boissons
Est la plus illicite dans notre religion?

Source : Musique & Chants Anachids de Ibn Qayyim Al Jawziyya – Edition Dar Al Muslim