Allah est Le Seul a détenir les remèdes du coeur

Allah le Très Haut a dit  : (Que celui qui pense qu’Allah ne secourra pas [Son Messager] ici-bas ni dans l’au-delà attache une corde à son plafond et se pende, puis qu’il la coupe, et qu’il voie si son acte apaisera sa rage !) [Sourate Al-Hajj, v. 15] 

Ce verset décrit un groupe parmi les hypocrites dont les cœurs se sont remplis de rage à l’encontre du Messager d’Allah ﷺ, de sa grandeur et de sa victoire.
À ceux-là, Allah leur dit  : Assurément, Allah secourt Son Messager ici-bas et dans l’Au-delà. Ainsi, celui qui pense – parmi ses envieux et ses ennemis – qu’Allah ne le secourra pas, et que cela l’irrite de voir notre Prophète triompher conformément à la promesse qu’Allah lui a faite, alors qu’il examine profondément ses capacités et déploie tous ses efforts pour retirer de son cœur la rage qu’il contient. Même si cette rage le pousse à l’extrême, au point d’attacher une corde au toit de sa maison pour se pendre, qu’il regarde alors si cela peut apaiser la colère qui habite sa poitrine …
Non, par Allah, il ne guérira pas ! Cette rage ne le quittera point et sa maladie perdurera aussi longtemps qu’Allah le voudra.

Allah est donc Le Seul à guérir les poitrines et à enlever le mal des cœurs.

Et cela signifie que  :

  • Si tu ressens de l’affliction, de la tristesse, du désespoir ou de l’amertume, détiens-tu toute la puissance planétaire pour changer cet état, ne serait-ce du poids d’un atome  ?
  • Si la vie d’ici-bas toute entière t’était offerte et mise à tes pieds, mais que ton cœur est rempli de chagrin et d’anxiété, vas-tu pouvoir te délecter d’une quelconque chose de ta vie mondaine ?!
  • Si le cœur se noie dans le doute, les ambiguïtés, la déviance et l’incertitude, quelqu’un ici-bas est-il en mesure d’arracher ce mal de ta poitrine si ton Seigneur ne l’a pas décrété  ?
  • Lorsque tu vois qu’un bienfait mondain est accordé à un autre que toi, sans qu’il ne te touche, et que tu te mettes alors à l’observer jalousement, en l’enviant, que tu laisses ta langue s’adonner à des propos haineux à son encontre et que ton cœur se remplit de rancœur envers lui ; qui peut te purifier de ce dont tu es atteint si ce n’est Allah  ?!
  • Si ton cœur s’attache à une passion, s’en imprègne et penche vers un péché en étant épris de celui-ci, qui d’autre que ton Seigneur peut redresser ton cœur chaviré et raviiver ta saine nature  ?
  • Si ton cœur éprouve de la répugnance pour un acte d’obéissance et lui devient pénible, et qu’il se lasse de l’accomplir au point d’être proche de le délaisser, qui donc peut te le faire aimer et te rapprocher de lui si ce n’est Celui qui nous a fait aimer la foi et l’a embellie dans nos cœurs  ?

C’est ce que comprit Moutarrif Ibn ‘Abd-Allah رحمه الله lorsqu’il cessa de regarder ses œuvres, reconnut l’ampleur de son impuissance et de sa faiblesse, et attribua la grâce toute entière à Allah Seul en disant  : « Si mon cœur était retiré puis placé dans ma main gauche, et que l’on déposait de bonnes actions dans la main droite, puis que je les rapprochais l’une de l’autre, je ne pourrais rien faire entrer dans mon cœur tant qu’Allah, le Majestueux, ne l’aura pas décrété. »  

A tous les malades  : 

L’homme, s’il le désire, peut bouger sa jambe, baisser son bras et le remonter, mais peut-il en faire autant avec son cœur  ?! Oh que non par Allah  !! Comment peux-tu interagir avec un cœur sans posséder une quelconque autorité sur lui  ?! Que personne n’a d’emprise sur lui excepté Allah ?! Et dont tu ignores tout de ses secrets, son essence et que personne ne les connait si ce n’est Allah  ?! Que tous ceux qui souhaitent guérirent leur cœur sans demander l’assistance de leur Seigneur sachent que leur maladie n’ira qu’en s’aggravant.

  • Sache et dis à tous ceux qui demandent la guérison à autre qu’Allah  : Ô combien votre perte est immense  ! 
  • Sache et dis à tous ceux qui se sont postés devant toutes les portes sauf celle d’Allah  : Ô combien sera long votre avilissement ! 
  • Sache et dis à tous ceux qui placent leurs espoirs en autre que Sa grâce  : Ô combien vos espérances sont vaines  ! 
  • Sache et dis à tous ceux qui œuvrent pour autre que Lui  : Ô combien votre cheminement est égarement  ! 

Qui peut s’interposer entre toi et le remède, et t’empêcher d’accomplir des actes d’obéissance  ?! Qui est Celui qui change la sécurité en peur et la lâcheté en bravoure ?! Et qui est Celui qui rend l’aversion amour et l’amour aversion  ?!

Mon frère, ton remède est auprès de Lui, ne le cherche donc pas chez quelqu’un d’autre. Et ta guérison est entre Ses Mains, ne fatigue donc pas les médecins avec toi.

Il n’est rien qu’Allah ne possède parmi Ses Trésors, et pourtant, te voilà trompé à mendier à la porte de ceux qui ne détiennent absolument rien  !!

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est le seul à être profitable

Allah عز وجل a dit : (Le jour où ni richesses, ni enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui se présentera (أَتَى) à Allah avec un cœur sain.) [Sourate Ach-Chou’arâ, v.88-89]

Ainsi, ni les paroles ne profitent ni les œuvre n’intercèdent ; c’est la salubrité du cœur qui est le fondement de toute réussite, tout comme sa corruption est à l’origine de tout mal.

Mais qu’est-ce qu’un cœur sain ?

La réponse est qu’il s’agit d’un cœur préservé de toute chose, excepté l’adoration de son Seigneur.

Le Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « Le cœur sain et louable est celui qui veut le bien, non le mal ; et la perfection de cela réside dans le fait de connaître le bien [afin de l’accomplir], et le mal [afin de s’en écarter]. Quant à celui qui ne connait pas le mal, cela constitue un manquement de sa part pour lequel il est blâmé. »

Médite comment Allah a considéré les biens et les enfants comme un symbole de richesse. Comme si cela signifiait : « Ce jour-là, nulle richesse ne profitera à qui que ce soit, hormis celle de celui qui se présentera devant Allah avec un cœur sain. »

En effet, la véritable richesse de l’homme réside dans sa religion, à travers la salubrité de son cœur, tandis que sa richesse ici-bas se trouve dans ses biens et ses enfants.

Ainsi, parmi les significations du « cœur sain » figure le fait d’être préservé de la tentation des biens et des enfants.

Cependant, l’un des éminents élèves du Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah expliqua en profondeur la signification du « cœur sain » afin d’en dissiper toute ambiguïté et d’en faciliter la compréhension. Ainsi, l’imam Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Le cœur sain est celui qui est préservé du polythéisme, de la rancœur, de la haine, de la jalousie (Al-hasad), de l’avarice, de l’orgueil, de l’amour de ce bas monde et de l’amour du pouvoir. Le cœur sain est donc préservé de tout ce qui l’éloigne d’Allah, de toute ambiguïté contredisant le Livre et la Tradition Prophétique (As-Sounnah), de toute passion s’opposant à Ses ordres et à Ses interdits, de toute volonté rivalisant à celle d’Allah et de tout obstacle pouvant le couper de Lui.

Ce cœur sain se trouve ainsi dans un paradis anticipé[1] ici-bas, puis dans un paradis[2] dans le Barzakh[3], puis dans un paradis le Jour du Retour.

Et la salubrité du cœur ne sera complète que lorsqu’il sera préservé de cinq choses : du polythéisme, qui s’oppose à l’Unicité (At-Tawhîd) ; de l’innovation, qui contredit la Sounnah ; des passions [mondaines], qui contredisent les commandements divins ; de l’insouciance, qui s’oppose au rappel [d’Allah] ; de la passion [de toute croyance ou point de vue], qui s’oppose au détachement du cœur de toute chose [sauf d’Allah et de Son Messager] et à la sincérité de l’intention.

Ces cinq choses voilent les cœurs de leur Seigneur. »

Il est dit dans un verset de la sourate Qâf : ([Et on leur dira] : « Voilà ce qui vous a été promis pour celui qui revient incessamment [vers Allah] et respecte [les prescriptions divines], celui qui redoute le Tout Miséricordieux sans Le voir, et qui vient (جَاءَ) à Lui avec un cœur repentant.) [Verset 32-33]

Médite Sa parole dans la sourate Ach-Chou’arâ : (qui se présentera) (أتى), et dans la sourate Qâf : (qui vient) (جاء). C’est comme si ton Seigneur voulait te dire : « Viens et présente-toi à Moi avec un cœur sain et repentant, pour te sauver de Mon châtiment et obtenir Mon agrément. »

Ainsi, ô mon frère, toi seul es en mesure de venir avec un tel cœur, personne d’autre.

Inversement, un serviteur peut entrer dans le Feu [de l’Enfer] à cause de son cœur, comme le mentionne le Très Haut : (Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’Enfer. Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas.) [Sourate Al-A’râf, v.179]

De surcroît, l’état du serviteur dans sa tombe n’est que le reflet de l’état de son cœur dans cette vie. C’est ce qu’affirme Ibn Al-Qayyim رحمه الله dans son ouvrage « Zâd Al-Ma’âd » en ajoutant : « L’état du serviteur dans la tombe est semblable à l’état de son cœur dans sa poitrine : soit dans les délices, soit dans le châtiment, soit dans l’étroitesse, soit dans l’aisance. »

[1] Correspondant à la quiétude et à la sérénité du cœur. (Note du traducteur)

[2] Correspondant aux délices de la tombe. (Note du traducteur)

[3] Al-barzakh désigne le temps qui sépare la mort d’une personne à sa résurrection le Jour Dernier. (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il est, parmi les cœurs, celui qui ressemble à une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie, alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’image d’une demeure obscure sur le toit de laquelle se trouve une lampe éclairante, tandis que son intérieur est plongé dans les ténèbres.
D’ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde plutôt vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur, même lorsque les ventres sont vides (pris par la faim) et les vêtements usés.
Ce hadîth met en évidence le fait que le cœur est l’endroit sur lequel se porte le regard du Seigneur.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne lorsque l’intérieur est corrompu.

Qu’il est étonnant celui dont la préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir autant qu’il le peut, afin que personne n’y voit le moindre défaut ; alors qu’il ne se soucie guère de ce que contient son cœur – l’endroit qu’observe Le Créateur – ni de sa purification et de son ornement, afin que son Seigneur n’y voie aucune souillure, aucun mal, et qu’aucune créature n’y prenne Sa place.

Il existe aussi une autre signification de ce hadîth qu’a évoquée Ibn Al-Jazarî رحمه الله : « Le regard, ici, renvoie à la préférence, la miséricorde et la clémence. Car le regard est, en réalité, une marque d’amour, alors que détourner le regard indique l’aversion et le rejet. »

Médite ce qui suit et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut, en apparence, relever de la désobéissance, alors que son auteur en est récompensé : comme celui qui prononce une parole de mécréance sous la contrainte, alors que son cœur demeure serein dans la foi, ou celui qui boit une boisson enivrante sans le savoir.
À l’inverse, un acte peut revêtir l’apparence de la bienfaisance alors que son auteur est voué au Feu : tel celui qui s’est fait tué sur le champ de bataille pour que les gens louent sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien afin que les gens vantent sa générosité ; ou encore celui qui récite le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent,  dans toutes ces situations, le cœur est soit au banc des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Médite la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) est commis sur Terre, celui qui y assiste et le réprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; tandis que celui qui n’y assiste pas mais l’agrée est comme s’il y avait assisté [et ne l’avait pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime se retrouve pourtant parmi les premiers accusés, et son nom est inscrit au rang des pêcheurs.
Et un autre, qui a directement assisté au crime et l’a vu de ses propres yeux, se voit pourtant déclaré innocent !
La cause de tout ceci réside exclusivement dans le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou a péché en l’agréant.

Ce hadîth contient à la fois une bonne annonce et un avertissement :

– Une bonne annonce pour celui qui est contraint d’être présent en un lieu où Allah est désobéi, sans pouvoir réprouver ce mal ni par la main ni par la parole, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent, il incombe au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.

– Et un avertissement pour celui dont Allah a voulu le bien, mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il a voulu préserver des actes blâmables, mais qui refusa (cette préservation) pour s’y souiller ; ou encore celui qu’Allah a éloigné de l’endroit du péché, mais qui s’y rendit par son cœur et son âme ; il fut ainsi puni au même titre que celui qui l’a commis.

Tel est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique. Et malgré la dureté de ce terme pour l’âme, il est pourtant employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance à l’égard de sa communauté le fait qu’il nous ait explicitement mis en garde contre cette fornication [du cœur] : « La fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’, signifie que le cœur désire la réalisation de ce que l’âme convoite parmi les passions[4]. »

Le cœur possède, à l’instar des membres, des acquisitions (bonnes ou mauvaises) et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a informé qu’Il jugera ce qu’ont acquis les cœurs par la récompense ou le châtiment. Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’œuvre du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Lorsque deux musulmans s’affrontent à l’épée et que l’un tue l’autre, le tueur et le tué sont tous deux dans le Feu. Quelqu’un demanda : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur cela est clair, mais pourquoi le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment tuer son adversaire. »[5]

Par conséquent, ce musulman (le tué) entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparent et le caché :

Oui, l’état du cœur est fondamental. Ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme à l’intérieur, cela atteste de la véracité de ce qui réside dans le cœur. Mais si elle le contredit, cela prouve la fausseté de ce qui s’y trouve.

De même, la validité et l’acceptation de l’apparence auprès d’Allah dépendent du cœur. Quant aux gens, ils ne sont chargés que de considérer l’apparence [d’autrui] et de juger selon celle-ci, tandis qu’Allah se charge de ce qui est caché [dans les cœurs].

Dès lors, l’objectif des deux attestations[6] est d’adresser un message concret à l’humanité en attestant de l’Islam de celui qui les prononce, tandis qu’Allah est le Seul à être parfaitement informé de ce qui est imperceptible et enfoui dans les cœurs. En effet, les hypocrites ont prononcé les deux attestations : leur sang est devenu prohibé ici-bas, mais leur demeure finale sera le plus bas degré de l’Enfer, en raison de ce que renfermaient leurs cœurs.

Observez enfin le lien existant entre l’apparent et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. En effet, l’amour d’Allah dans le cœur implique nécessairement le suivi des membres. S’il en est autrement, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et imposture.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Sa purification est la condition d’entrée [au Paradis]

La troisième chose montrant l’importance du cœur est que l’entrée au Paradis est conditionnée par sa purification.

C’est pour cela qu’Allah blâma ceux dont les cœurs sont mauvais : {Voilà ceux dont Allah n’a pas voulu purifier les cœurs. Ils seront couverts d’ignominie ici-bas, et dans l’au-delà un châtiment immense leur est réservé.} [Al-Mâidah, v.41]

Et ce verset est une preuve irréfutable que celui qui ne purifie pas son cœur subira inévitablement une ignominie ici-bas et un châtiment immense dans l’au-delà.

Voilà pourquoi Allah سبحانه وتعالى a interdit le Paradis à celui qui a dans son cœur le poids d’un atome de mal. Le Prophète ﷺ a dit : « N’entrera pas au Paradis celui qui a en son cœur le poids d’un atome d’orgueil. »[1]

Personne n’y entrera donc jusqu’à ce que son cœur devienne entièrement bon et pur, et ce, car le Paradis est la demeure des bons. Et c’est ainsi qu’il leur sera dit lorsqu’ils se trouveront à ses portes : {« Puisque vous avez été bons [sur terre], entrez au Paradis où vous demeurerez éternellement !».} [Az-Zoumar, v.73]

À eux seuls, les Anges annonceront la bonne nouvelle : {Ceux dont les Anges prennent l’âme alors qu’ils sont bons (exempts de tout polythéisme) et auxquels ils disent : « Que le salut soit sur vous ! Entrez au Paradis en récompense de ce que vous faisiez ».} [An-Nahl, v.32]

Ibn Al-Qayyim رحمه الله  a dit : « Le mauvais n’entrera pas le Paradis, ni celui possédant un brin de mal. Ainsi, quiconque se sera purifié ici-bas et aura rencontré Allah absout et sain de toute impureté y entrera sans aucune gêne.
Quant à celui qui, ici-bas, ne se sera pas purifié, si son impureté était majeure tel le mécréant, alors il n’y entrera nullement ; mais si son impureté a été acquise, [tels les péchés du cœur et des membres que commet le musulman,] il y entrera qu’après avoir été nettoyé de celle-ci dans le feu de l’Enfer. Quant à certains croyants, lorsqu’ils auront traversé le pont As-Sirât, ils seront arrêtés sur le pont Qantarah, situé entre le Paradis et l’Enfer, où ils se feront corriger et débarrasser de ce qu’il leur reste d’impuretés qui les empêchent d’accéder au Paradis. A ceux-là, il ne leur a pas été prescrit d’entrer en Enfer, mais une fois qu’ils auront été lavés et nettoyés de ces souillures restantes, alors l’entrée au Paradis leur sera accordée. »

Et c’est dans ce but qu’est venu l’ordre clair adressé au Prophète ﷺ : {Purifie tes vêtements [de toute souillure].} [Al-Mouddaththir, v.4]

Ibn Al Qayyim a dit : « La majorité des exégètes parmi les Pieux Prédécesseurs (As-salafs) et ceux qui les ont suivis sont d’avis que le sens voulu par « vêtements » désigne, ici, le cœur ; et que la signification de la purification correspond à la réforme des actes et des nobles comportements et caractères. »

La plus grande impureté :

Allah le Très Haut a dit : {Les polythéistes ne sont que souillure.} [At-Tawbah, v.28]

Il سبحانه وتعالى emploie ici une forme nominale – « najas – نَجَسٌ » (souillure) – afin d’en accentuer la portée. C’est comme s’ils en représentaient l’essence même, car les souillures internes (cachées) doivent être évitées en premier lieu ; et y a-t-il plus impur que le polythéisme ?!

Dès lors, les impuretés du cœur, outre le fait qu’elles constituent des turpitudes ici-bas, sont destructrices dans l’au-delà.

Mais il existe une autre signification à cela : à savoir que la purification et l’impureté ne sont pas restreintes à l’apparence ; car le polythéiste peut porter de beaux vêtements ou être propre, alors que son cœur est souillé.

C’est d’ailleurs ce qu’ont adopté les quatre grandes écoles juridiques en affirmant que le mécréant n’est pas une souillure en lui-même, car Allah nous a rendu licite leurs nourritures[2]. Cela est également confirmé par les actes et les paroles du Prophète ﷺ. En effet, il mangeait et buvait dans leurs récipients, y faisait ses ablutions, et fit même entrer des mécréants dans sa mosquée.

Nous pouvons également ajouter que les souillures dites « abstraites » ou incorporelles ne sont pas toutes du même niveau, elles diffèrent. Et elles n’ont pas comme seuls endroits les cœurs des mécréants ; bien au contraire, elles peuvent aussi se trouver dans le cœur des musulmans. Ainsi, la colère, l’orgueil, la jalousie, et les autres maladies du cœur sont aussi des souillures.

Et si le Prophète ﷺ a certes dit : « Les Anges n’entre pas une maison où se trouvent un chien ou une image »[3], Aboû Hâmid Al-Ghazâlî رحمه الله a médité ce hadîth sous un angle qui peut sembler, au premier abord, loin de son sens apparent, mais qui indique en réalité une signification tout à fait pertinente. Il dit :

« Le cœur est [semblable à] une maison. C’est la demeure des Anges, le lieu où ils laissent leurs traces et l’endroit où ils s’y établissent ; tandis que les mauvaises caractéristiques telles que la colère, la passion, la haine, la jalousie, l’orgueil, la vanité et leurs semblables ne sont que des chiens qui aboient. Comment les Anges pourraient-ils y entrer alors que la maison est remplie de chiens ?!

Quant à la lumière de la science, Allah le Très Haut ne l’envoie dans le cœur que par l’intermédiaire des Anges : {Quand Allah s’adresse à un homme, Il ne le fait que par révélation, ou derrière un voile, ou par l’envoi d’un [ange] messager qui lui révèle, par Sa permission, ce qu’Allah veut.} [Sourate Ach-Choûrâ, v.51]

Ainsi, aucune science clémente et bénéfique n’est envoyée au cœur sans que les Anges, chargés de cette mission, ne s’en chargent. Or, ce sont des êtres sains, purifiés et innocents de toute caractéristique détestable ; ainsi, ils ne considèrent que ce qui est bon, et, parmi les trésors de la miséricorde d’Allah qu’ils détiennent, ils ne résident que ce qui est bon et pur. »

[1] Sahîh Mouslim, N°91
[2] Sauf les animaux sacrifiés (Note du traducteur)
[3] Sahîh Al-Boukârî, n°4002

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

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Huit choses

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On rapporte que Chaqîq Al-Balkhî dit à Hâtil Al-Asâm : « Tu m’as tenu compagnie un moment, qu’as-tu appris? » Il répondit : « Huit choses:

 

La première est que j’ai considéré les hommes et j’ai constaté que chacun d’eux aime une chose, mais parvenu à la tombe, ce qu’il aime le quitte. Voilà pourquoi j’ai fait de mes bonnes actions l’objet de mon amour pour qu’elles soient avec moi dans la tombe.

 

La deuxième est que j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى

{Quant à celui qui redoutait de comparaître devant son Seigneur et préservait son âme des passions} [Sourate 79, verset 40] 

et j’ai exténué mon âme à repousser les désirs jusqu’à ce qu’elle s’établisse dans l’obéissance à Allah سبحانه و تعالى.

 

La troisième est que j’ai constaté que toute personne possédant une chose de valeur, la préservait. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

مَا عِندَكُمْ يَنفَدُ وَمَا عِندَ اللّهِ بَاقٍ

{Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès d’Allah durera} [Sourate 16, verset 96] 

Ainsi chaque fois que je possédais une chose de valeur je la Lui destinais, afin qu’elle me soit gardée auprès de Lui سبحانه و تعالى.

 

La quatrième est que j’ai constaté que les hommes se référaient aux biens, à la lignée, et à la noblesse alors qu’ils ne sont rien. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ

{Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.} [Sourate 49, verset 13]

et j’ai oeuvré dans la piété afin d’être noble auprès de Lui سبحانه و تعالى.

 

La cinquième est que j’ai constaté que les hommes se jalousaient. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

نَحْنُ قَسَمْنَا بَيْنَهُم مَّعِيشَتَهُمْ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا

{C’est Nous qui avons réparti entre eux la subsistance dans la vie présente.} [Sourate 43; verset 32]

ainsi, j’ai abandonné la jalousie.

 

La sixième est que j’ai constaté qu’ils étaient ennemis les uns des autres. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

إِنَّ الشَّيْطَانَ لَكُمْ عَدُوٌّ فَاتَّخِذُوهُ عَدُوّاً

{Satan est pour vous un ennemi; considérez-le donc comme tel.} [Sourate 35, verset 6]

j’ai donc cessé de les prendre pour ennemis, et j’ai fait de satan mon unique ennemi.

 

La septième est que j’ai constaté qu’ils s’humiliaient dans la recherche de la subsistance. Puis j’ai considéré la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

وَمَا مِن دَآبَّةٍ فِي الأَرْضِ إِلاَّ عَلَى اللّهِ

{Il n’y a point de créature sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah.} [Sourate 11, verset 6]

je me suis alors préoccupé de Ses droits sur moi, tout en renonçant aux miens.

 

La huitième est que j’ai constaté qu’ils plaçaient leur confiance dans leur commerce, leur métier et leur santé; j’ai alors placé toute ma confiance en Lui سبحانه و تعالى.

Source : « L’Esprit de l’Âme », Editions Tawbah

Encore une fois : Appel à la bienveillance entre les gens de la sunnah !

wpid-رفقا_اهل_السنه_با_اهل_السنه_عنوان.gif.gifLa louange est à Allah et il n’y de force ni de puissance si ce n’est par Allah. Qu’Allah prie, salut et bénit Son serviteur et messager : notre prophète Muhammad, ceux qui l’ont suivi et ses compagnons… Certes, ceux qui se consacrent à la science religieuse, parmi les gens de la sunna et du consensus (ahl as-sunna wa al al jamâ’a), ceux qui cheminent sur la [voie] des prédécesseurs de la communauté, eux sont – à cette époque – plus dans le besoin d’entente et de recommandation entre eux ; sans compter qu’ils sont plus que minoritaires par rapport aux autres sectes qui dévient de la [voie] des prédécesseurs de la communauté.

Il y a plus de dix ans, à la fin de vie des deux éminents Cheikhs : notre Cheikh, Cheikh ’Abd Al ’Aziz ibn Bâz et Cheikh Muhammad ibn Sâleh Al ’Uthaïmîne – qu’Allah leur fasse tous deux miséricorde – un petit groupe des gens de la sunna s’est consacré aux mises en garde contre les sectes qui ont dévié de la voie des prédécesseurs de la communauté, et c’est un travail digne d’éloges et recommandable. Cependant, ce qui est désolant, c’est qu’après la mort des deux Cheikhs, certaines personnes de ce groupe s’en sont pris à certains de leurs frères parmi les gens de la sunna, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, qui appellent à s’attacher à la voie des prédécesseurs de la communauté.

Il était du devoir de ce petit groupe d’accepter ce qu’ils avaient de bien, de les soutenir et de les orienter vers la révision de leurs erreurs commises – si celles-ci sont avérées – puis de ne pas passer leur temps dans leurs assises à les évoquer et à mettre en garde contre eux. Plutôt, ils auraient dû se consacrer à la science par la lecture, l’enseignement et la daawa. Ceci est la voie droite menant au bien et la réforme, sur laquelle était notre Cheikh ’Abd Al ’Aziz ibn Bâz, l’imam de ahl as-sunna wa al jamâ’a à cette époque, qu’Allah lui fasse miséricorde. Or, ceux qui se consacrent à la science – parmi les gens de la sunna – à cette époque sont peu, donc plus dans le besoin de voir leur nombre augmenter plutôt que diminuer, et de voir s’installer entre eux l’entente plutôt que la scission. On dit à leur sujet ce que disent les grammairiens : « un diminutif ne doit pas être réduit ».

Cheikh Al-Islam (ibn Taymiyyah) a dit dans « majmou’ al fatâwas » (28/51) : « et vous savez que parmi les grandes règles qui recouvrent toute la religion on compte : l’union des cœurs, parler d’une même voix, réconcilier entre les personnes. Allah le Tout-Puissant dit : { craignez donc Allah et maintenez de bonnes relations entre vous } et Il dit : { cramponnez-vous tous à la corde d’Allah et ne vous divisez pas } et Il dit : { et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et ont divergé après que leur soient venus les preuves, eux auront un grand châtiment }, ainsi que d’autres textes ordonnant l’union et la concorde et interdisant la division et la divergence. Les gens pratiquant ce fondement, ce sont eux les gens du consensus (Al-Jama’a) tout comme ceux qui sont en dehors de ce fondement sont eux les gens de la division (Ahloul-Forqa) » [Fin de citation].

J’avais écrit une épître sur ce sujet qui avait pour titre : « Appel à la bienveillance entre les gens de la Sunna » (« rifqân ahla as-sunna bi ahli as-sunna ») qui a été éditée en l’an 1424 h [2004], puis en l’an 1426 h. puis a été éditée avec le recueil de mes livres et épîtres (6/281-327) en l’an 1428 h. J’y avais recensé beaucoup de textes du Coran et de la Sunna et des paroles de grands savants de ahl as-sunna. Cette épître était constituée, suite à l’introduction, des sujets suivants :

  • « le bienfait de la parole et de l’expression »
  • « préserver sa langue sauf dans le bien »
  • « la suspicion et l’espionnage »
  • « la tendresse et la douceur »
  • « la position des gens de la sunna vis-à-vis du savant qui s’est trompé [à savoir] : qu’il est excusé et qu’on ne doit pas le qualifier d’innovateur, ni s’écarter de lui »
  • « la fitna [du fait] de critiquer et de s’écarter de certains de ahl as-sunna à cette époque et comment en être préservé »
  • « l’innovation qui consiste à tester les gens en fonction de leur position concernant des individus »
  • « la mise en garde contre la fitna de la critique et du fait de rendre innovateur de la part de certains de ahl as-sunna à cette époque »

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