07 – Hadith n°7 : « mais Il regarde vos cœurs et vos actes »

Le septième hadith : 

Aboû Hourayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah  a dit : « Certes Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde vos cœurs et vos actes. » Rapporté par Mouslim.  

Une fois encore, ce hadith met en lumière la nécessité de se préoccuper du cœur.  

La première chose qu’Allah regarde chez le serviteur, c’est son cœur. 

Que renferme le cœur du serviteur ? La sincérité ou l’ostentation ? L’unicité d’Allah ou le polythéisme ? La confiance en Allah ou son contraire ? La patience, la pudeur, la crainte, l’espoir, l’amour ? Que renferme donc le cœur du serviteur ? 

Que renferme le cœur du serviteur à l’égard d’Allah ? 

Le premier membre du serviteur qui adore Allah est son cœur. C’est avec lui qu’il adore son Seigneur, et avec lui qu’il Le connaît à travers Ses Noms et Ses Attributs. Le cœur L’adore avec crainte, espoir, amour et sincérité, en plaçant sa confiance en Lui. 

Il L’adore. 

An-Nawawî a affirmé que la piété ne s’obtient pas uniquement par les œuvres apparentes.  

Il dit que les œuvres apparentes, à elles seules, ne permettent pas d’atteindre la piété. 

Il dit : « La piété n’est obtenue que par ce qui s’installe dans le cœur comme glorification d’Allah, crainte de Lui et le sentiment d’être constamment observé par Allah. »  

Le hadith rappelle que la préoccupation du croyant ne doit pas se porter sur les apparences ni sur les biens. 

Mes frères ! Aujourd’hui, la vie mondaine va à l’opposer de la Législation, la plupart du temps. La préoccupation des gens est tournée vers les corps et l’argent : muscles sculptés, silhouette entretenue, salles de sport, régimes alimentaires, médecins… Tout tourne autour du corps ! Comment le choyer, l’habiller, l’orner, l’embellir… Tout tourne autour du corps. 

Et pour ce qui est de l’argent ? Parlons-en.

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La course vers les bonnes œuvres

La course vers les bonnes œuvres 

Sermon prononcé le vendredi 6 du mois de Rajab, en l’an 1447 de l’hégire, dans la Mosquée Prophétique.

Toutes les louanges appartiennent à Allah. Nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, l’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que Muhammad est le serviteur d’Allah et Son messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, sa famille et ses compagnons, ainsi que Ses nombreux saluts.

Ceci dit :

Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah d’une crainte véritable, que ce soit en secret ou en apparence.

Ô musulmans :

Allah créa les créatures dans le but de L’adorer seul. Il fit de cette demeure un champ de labour pour l’au-delà et un lieu de compétition dans l’obéissance à Allah. Il recommanda de se hâter d’accomplir les œuvres de bien et de se rapprocher de Lui. Cependant, se concurrencer dans les œuvres de bien est une chose encore plus élevée que le simple fait de les accomplir. En effet, se concurrencer implique d’accomplir l’œuvre et de la parfaire de la meilleure des façons. Et cela exprime un aspect bien plus fort de la servitude. Les âmes nobles tirent évidemment profit de cette compétition ; elles cherchent à se rattraper et à devancer les autres. C’est là le signe d’une résolution éminente, d’une âme élevée et d’une ressemblance aux gens vertueux.

S’empresser d’accomplir de bonnes œuvres est l’une des meilleures qualités par lesquelles l’individu est loué, car cela indique la ferme volonté du serviteur d’obéir à Allah et de L’aimer. Les Prophètes عليهم السلام se sont hâtés de satisfaire Allah. Mûsâ عليه السلام a dit :

{« Quant à moi, Seigneur, je me suis hâté pour T’être agréable. »} [Tâ-Hâ, v.84].

Un jour, notre Prophète Muhammad ﷺ dirigea la prière de ses Compagnons. À peine avait-il terminé qu’il se leva aussitôt et, enjambant les rangs, se dirigea vers les appartements de certaines de ses épouses. Les fidèles s’inquiétèrent de son empressement. Constatant, à son retour, leur étonnement, il les rassura en disant : « Je me suis souvenu qu’il y avait chez nous de l’or destiné à l’aumône – ; j’ai donc donné l’ordre qu’il soit distribué de crainte qu’il n’accapare mon esprit. » (Rapporté par Al-Bukhârî).

Le Très-Haut nous informa que l’une des caractéristiques des croyants des communautés précédentes était la suivante :

{Ils incitent les autres à la vertu, condamnent le vice et s’empressent d’accomplir les bonnes œuvres.} [Âlu ‘Imrân, v.114].

Allah ordonna à notre communauté de s’empresser d’obtenir le pardon d’Allah et Son Paradis. Il dit en effet :

{Empressez-vous vers les œuvres qui vous vaudront le pardon de votre Seigneur et un jardin aussi large que les cieux et la terre.} [Âlu ‘Imrân, v.133].

Il nous incita à rivaliser pour l’obtenir :

{Empressez-vous vers le pardon de votre Seigneur et un jardin aussi large que le ciel et la terre.} [Al-Hadîd, v.21].

Les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ se hâtaient de rechercher l’amour d’Allah et de Son Messager. Lorsque le Prophète ﷺ dit : « Je confierai l’étendard à un homme qui aime Allah et Son Messager, et qu’Allah et Son Messager aiment, et par lequel Allah accordera la victoire » (Consensus d’Al-Bukhârî et Muslim), Sahl رضي الله عنه relata ensuite : « Les musulmans passèrent la nuit à s’interroger sur l’identité de cet homme. Le lendemain matin, ils se rendirent auprès du Prophète ﷺ, chacun espérant être désigné comme porte-drapeau. »

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L’explication complète de la Sourate At-Talâq (le Divorce) enfin disponible

Le Cœur des Croyants vous présente l’explication complète de la sourate At-Talâq (Le divorce) par le Chaykh Khâlid Ismâ’îl Mousabbah (Qu’Allah le préserve et le récompense).

Nous vous demandons humblement de ne pas nous oublier dans vos invocations.

Qu’Allah nous compte parmi les véridiques et gens sincères

Partie n°1 :

Partie n°2 :

Partie n°3 :

Partie n°4 :

Partie n°5

01 – Hadîth n°1 : « N’est-ce pas que c’est le coeur »

Nous commençons par le premier hadîth qui est celui où le Prophète dit : « En vérité, ce qui est licite (Halal) est clair et ce qui est illicite (Haram) est clair ; et entre les deux se trouvent des choses douteuses (ambiguës, équivoques) que peu de gens connaissent. Celui qui s’écarte des choses douteuses a certes préservé sa religion et son honneur. Quant à celui qui tombe dans les choses douteuses, il finira par tomber dans l’illicite ; à l’instar d’un berger qui fait paître son troupeau autour d’un domaine réservé, proche est le moment où il y pénètrera. Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits.
N’est-ce pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera, et s’il est mauvais
alors tout le corps le sera, n’est-ce pas que c’est le cœur ».
[Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim, et ceci est la version de Mouslim.]

Ce hadîth a une grande place chez les savants, d’ailleurs l’imam An-Nawawî l’évoqua dans son livre « Les quarante hadîths sur les fondements et les piliers de l’Islam ». C’est l’un des hadîths sur lesquels repose l’Islam car le Prophète  y mentionna l’importance de la licéité de la nourriture, de la boisson, des vêtements, etc, mais aussi que l’individu doit veiller à ces choses-là, et à se débarrasser des ambiguïtés afin de protéger sa religion et son honneur.

Il mit aussi en garde de ne pas tomber dans les choses douteuses (Choubouhât) en illustrant cela par un magnifique exemple. Puis il clarifia l’importance de prendre soin du cœur qui par sa salubrité, toutes les œuvres deviennent bonnes, et qui par sa corruption, toutes deviennent mauvaises.

L’Imam Ach-Châfi’î رحمه الله, de par la compréhension qu’il avait de ce hadîth, le considéra comme étant la moitié de la science [religieuse], il disait : « La moitié de la religion entre dedans « 

Pourquoi l’imam Ach-Châfi’î considéra ce hadîth comme étant la moitié de la science ?

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« Certes, la foi s’use à l’intérieur de l’un d’entre vous de la même manière que s’use l’habit… »

Al-Hâkim rapporte dans Al-Moustadrak ainsi qu’At-Tabarânî dans Al-Mou’jam que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Certes, la foi s’use à l’intérieur de l’un d’entre vous de la même manière que s’use l’habit. Alors, demandez à Allah qu’Il renouvelle la foi dans vos cœurs. »[1]

Il veut dire par là que la foi s’use dans le cœur comme s’use l’habit lorsqu’il se déchire et devient ancien. En effet, il arrive parfois que le cœur du croyant s’obscurcisse et devienne sombre à cause d’un nuage de péchés. Cette situation à été décrite par le Prophète صلى الله عليه وسلم dans un hadîth authentique où il dit : « Il n’est pas un cœur qui n’ait un nuage comme celui qui voile la lune. Tandis que la lune est lumineuse, lorsqu’un nuage passe devant elle, il l’obscurcit. Mais lorsqu’il la quitte, elle redevient lumineuse. »[2]

Donc, il arrive qu’un nuage passe devant la lune pour cacher sa lumière mais il part aussitôt et sa lumière illumine à nouveau le ciel. De même, parfois, le cœur du croyant est recouvert de nuages sombres de péchés qui voilent sa lumière. L’homme demeure alors dans l’obscurité et la mélancolie. Mais, lorsqu’il s’efforce de renforcer sa foi, en sollicitant l’aide à Allah Tout Puissant et Tout-Majestueux, ces nuages se dissipent et la lumière retourne à son cœur comme auparavant.

L’un des points fondamentaux qui permettent de comprendre la question de la faiblesse de la foi et son traitement, est la cognition que la foi augmente et diminue.

Cette conception fait partie de la croyance même des gens de la Sounnah et de l’Unité, qui confirment que la foi est une déclaration verbale, une croyance adoptée par le cœur et un acte confirmé par les membres, qui augmente par l’obéissance à Allah et diminue par la transgression de Ses lois. Ceci est appuyé par des arguments émanant du Coran et de la Sounnah tels que : (C’est Lui qui a fait descendre la quiétude dans les cœurs des croyants afin qu’ils ajoutent une foi à le foi) (S.58, v.3)

(Et quand une sourate est révélée, il en est parmi eux qui disent : « Quel est celui d’entre vous dont elle fait croître la foi ? ») (S.9, v.124)

La parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque est témoin d’un acte blâmable qu’il le corrige avec sa main. S’il ne peut le faire, alors qu’il le fasse avec sa langue. S’il ne peut le faire, que ce soit avec son cœur. Tel est le degré le plus bas de la foi. »[3]

L’effet de l’obéissance et de la désobéissance sur l’augmentation et la diminution de la foi est un fait connu et attesté. Si quelqu’un va au marché, regarde les femmes et écoute les cris et les futilités des gens, puis se rend au cimetière, réfléchit et voit son coeur s’adoucir, il trouvera une grande différence entre les deux situations. Donc le cœur change vite.

À propos de la relation de conception avec notre sujet, certains prédécesseurs ont dit : « L’intelligence du serviteur consiste à entretenir sa foi et à combler son manque. L’intelligence du serviteur consiste à savoir si sa foi augmente ou diminue. Et l’intelligence de l’homme consiste à savoir comment et d’où viennent les suggestions du diable. »[4]

Il est nécessaire de savoir que, si la diminution de la foi conduit à abandonner un devoir religieux ou à commettre un péché, il s’agit à ce moment là d’un grave laxisme. Celui qui en est éprouvé est blâmable ; il lui incombe de se repentir à Allah عز وجل et de remédier à son cas.

Lorsqu’une telle insouciance ne conduit ni à l’abandon des devoirs religieux ni à commettre un péché, mais se limite à une régression des actes subrogatoires, par exemple : il faut se contrôler et faire l’effort pour retrouver sa vigueur et sa force dans l’adoration. Ceci est tiré de la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Chaque œuvre demande de la vigueur et toute vigueur à un temps. Alors, quiconque passe le temps de sa vigueur à appliquer ma tradition (Sounnah) sera sur le bon chemin. Par contre, celui qui passe le temps de sa vigueur à autre chose périra. »[5]

Avant d’aborder le traitement, il serait bien de faire une remarque : la plupart des gens qui ressentent un endurcissement du cœur, cherchent des remèdes extérieurs en comptant ainsi sur les autres. Or, s’ils le voulaient, ils pourraient se guérir eux-mêmes. Ceci est la vrai voie pour le traitement de cette maladie, car la foi est une relation entre le serviteur et son Seigneur.

[1] Rapporté par Al-Hâkim dans son Al-Moustadrak, t.1, p.4 ; Al-Haythamî a dit dans Majma’ Az-Zawâ’îd, t.1, p.52 : « Il est rapporté par At-Tabarânî dans Mou’jam Al-Kabîr et sa chaîne de transmission est fiable. Voir As-Silsilah As-Sahîhah, n°1585
[2] Rapporté par Aboû Nou’aym dans AL-Hilyah, t.2, p.196, voir As-silsilah As-Sahîhah, n°2268
[3] Rapporté par Al-Boukhârî, voir Fath Al-Bârî, t.1, p.51
[4] Rapporté par Ibn ‘Îssa dans son explication d’Al-Noûniyyah d’Ibn Al-Qayyim, t.2 p.140
[5] Rapporté par l’Imam Ahmad, t.2, p.210, voir Sahîh At-Targhîb, n°55

Source : « Comment augmenter ma foi » du noble Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions

Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il est, parmi les cœurs, celui qui ressemble à une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie, alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’image d’une demeure obscure sur le toit de laquelle se trouve une lampe éclairante, tandis que son intérieur est plongé dans les ténèbres.
D’ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde plutôt vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur, même lorsque les ventres sont vides (pris par la faim) et les vêtements usés.
Ce hadîth met en évidence le fait que le cœur est l’endroit sur lequel se porte le regard du Seigneur.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne lorsque l’intérieur est corrompu.

Qu’il est étonnant celui dont la préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir autant qu’il le peut, afin que personne n’y voit le moindre défaut ; alors qu’il ne se soucie guère de ce que contient son cœur – l’endroit qu’observe Le Créateur – ni de sa purification et de son ornement, afin que son Seigneur n’y voie aucune souillure, aucun mal, et qu’aucune créature n’y prenne Sa place.

Il existe aussi une autre signification de ce hadîth qu’a évoquée Ibn Al-Jazarî رحمه الله : « Le regard, ici, renvoie à la préférence, la miséricorde et la clémence. Car le regard est, en réalité, une marque d’amour, alors que détourner le regard indique l’aversion et le rejet. »

Médite ce qui suit et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut, en apparence, relever de la désobéissance, alors que son auteur en est récompensé : comme celui qui prononce une parole de mécréance sous la contrainte, alors que son cœur demeure serein dans la foi, ou celui qui boit une boisson enivrante sans le savoir.
À l’inverse, un acte peut revêtir l’apparence de la bienfaisance alors que son auteur est voué au Feu : tel celui qui s’est fait tué sur le champ de bataille pour que les gens louent sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien afin que les gens vantent sa générosité ; ou encore celui qui récite le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent,  dans toutes ces situations, le cœur est soit au banc des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Médite la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) est commis sur Terre, celui qui y assiste et le réprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; tandis que celui qui n’y assiste pas mais l’agrée est comme s’il y avait assisté [et ne l’avait pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime se retrouve pourtant parmi les premiers accusés, et son nom est inscrit au rang des pêcheurs.
Et un autre, qui a directement assisté au crime et l’a vu de ses propres yeux, se voit pourtant déclaré innocent !
La cause de tout ceci réside exclusivement dans le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou a péché en l’agréant.

Ce hadîth contient à la fois une bonne annonce et un avertissement :

– Une bonne annonce pour celui qui est contraint d’être présent en un lieu où Allah est désobéi, sans pouvoir réprouver ce mal ni par la main ni par la parole, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent, il incombe au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.

– Et un avertissement pour celui dont Allah a voulu le bien, mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il a voulu préserver des actes blâmables, mais qui refusa (cette préservation) pour s’y souiller ; ou encore celui qu’Allah a éloigné de l’endroit du péché, mais qui s’y rendit par son cœur et son âme ; il fut ainsi puni au même titre que celui qui l’a commis.

Tel est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique. Et malgré la dureté de ce terme pour l’âme, il est pourtant employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance à l’égard de sa communauté le fait qu’il nous ait explicitement mis en garde contre cette fornication [du cœur] : « La fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’, signifie que le cœur désire la réalisation de ce que l’âme convoite parmi les passions[4]. »

Le cœur possède, à l’instar des membres, des acquisitions (bonnes ou mauvaises) et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a informé qu’Il jugera ce qu’ont acquis les cœurs par la récompense ou le châtiment. Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’œuvre du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Lorsque deux musulmans s’affrontent à l’épée et que l’un tue l’autre, le tueur et le tué sont tous deux dans le Feu. Quelqu’un demanda : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur cela est clair, mais pourquoi le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment tuer son adversaire. »[5]

Par conséquent, ce musulman (le tué) entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparent et le caché :

Oui, l’état du cœur est fondamental. Ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme à l’intérieur, cela atteste de la véracité de ce qui réside dans le cœur. Mais si elle le contredit, cela prouve la fausseté de ce qui s’y trouve.

De même, la validité et l’acceptation de l’apparence auprès d’Allah dépendent du cœur. Quant aux gens, ils ne sont chargés que de considérer l’apparence [d’autrui] et de juger selon celle-ci, tandis qu’Allah se charge de ce qui est caché [dans les cœurs].

Dès lors, l’objectif des deux attestations[6] est d’adresser un message concret à l’humanité en attestant de l’Islam de celui qui les prononce, tandis qu’Allah est le Seul à être parfaitement informé de ce qui est imperceptible et enfoui dans les cœurs. En effet, les hypocrites ont prononcé les deux attestations : leur sang est devenu prohibé ici-bas, mais leur demeure finale sera le plus bas degré de l’Enfer, en raison de ce que renfermaient leurs cœurs.

Observez enfin le lien existant entre l’apparent et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. En effet, l’amour d’Allah dans le cœur implique nécessairement le suivi des membres. S’il en est autrement, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et imposture.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Certes, il est le roi

Le cœur est l’émir du corps et le souverain des membres ; il est leur unique berger et leur leader.
Les membres et les sens sont ses disciples, ils n’extériorisent que ce qu’on leur ordonne.
Ainsi, tous les actes qui en découlent résultent du décret du cœur qui utilise les membres uniquement selon ce qu’il désire ; ils sont à sa merci. 

C’est du cœur que s’acquiert la droiture ou l’égarement. 

D’ailleurs, il existe entre lui et les membres une relation étonnante et une étrange similitude, car chacun impacte sur l’autre[1].

Dès lors, si le regard dévie, c’est qu’il en a reçu l’ordre ; si la langue ment, c’est parce qu’elle n’est qu’une esclave soumise [au cœur] ; et si le pied marche vers l’illicite, c’est que le cœur s’y est déplacé en premier. C’est pour cette raison que le Prophète ﷺ a dit, au sujet de celui qui prie de manière distraite : « Si le cœur de celui-ci avait été humble et concentré, alors ses membres l’auraient été également. »[2] Et il dit à celui qui dirige la prière [commune] de dire aux fidèles : « Alignez-vous et ne déviez-pas [de vos rangs] de crainte que vos cœurs ne divergent. »[3]
Les actes des membres sont donc le fruit des actes du cœur.

En résumé : Le cœur est la première et la dernière ligne défensive ; ainsi, s’il faiblit, se corrompt ou capitule, les membres s’écrouleront.

Et inversement, si le serviteur évoque son Seigneur c’est parce que le cœur L’a évoqué ; s’il laisse sa main s’adonner à l’aumône, c’est parce que le cœur lui a permis cela ; et si l’œil verse des larmes, c’est que le cœur lui en a donné l’ordre. De ce fait, c’est lui qui dicte à la langue ce qu’elle doit prononcer, à la main ce qu’elle doit écrire et aux pieds où se déplacer.

Le Prophète ﷺ connaissait évidemment le droit du cœur et le rang qu’il occupe. Il alla même le décrire comme « un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera. »[4]. C’est la première chose vers laquelle il nous a orientés afin que nous l’éduquions, lui accordions une attention particulière et le purifiions.

Par conséquent, tous les actes reviennent au cœur et émanent de lui. Et par « tous les actes », on entend tous les faits et gestes que l’on accomplit, tels que le vêtement que l’on revêt ou le corps que l’on embellit. Et c’est ce qu’a compris le noble compagnon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه, à qui on accorda la compréhension du Coran, en disant : « Les apparences ne se ressemblent que si les cœurs se ressemblent. » 

Il est l’objectif premier du bien-aimé ﷺ :

La mère des croyants, ‘Âicha رضي الله عنها , a dit : « Parmi les premiers passages du Coran à avoir été révélés figure une sourate parmi les sourates moufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l’Enfer. Puis, lorsque les gens revinrent à l’islam, le licite et l’illicite furent révélés. Si, dès le début, Allah avait révélé : « Ne buvez plus d’alcool », ils auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! ». Et s’Il avait révélé : « Ne commettez pas l’adultère », ils auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! » »

Allah interdit l’alcool lors de la 2ème année de l’hégire, soit 15 ans après le début de la prophétie, et Il rendit obligatoire l’aumône également cette même année. De même, Il prescrivit le voile légiféré lors de la 6ème année de l’hégire, soit 19 ans après le début de la prophétie.
Tout cela sont des commandements [divins] dont la révélation fut retardée jusqu’à ce que les cœurs se soient purifiés, adoucis et que la vérité s’y soit fermement ancrée, et soit sans équivoque.

Afin de montrer la noblesse du cœur, Allah en a fait un moyen par lequel [le serviteur] connaît son Seigneur et est guidé vers Lui. Mais si Allah se met en colère contre un serviteur, le pire des châtiments qu’Il puisse lui infliger est de faire obstacle entre lui et son cœur, en lui interdisant de Le connaître et de se rapprocher de Lui.

Voilà donc la raison pour laquelle prêter une attention particulière au cœur, c’est prêter une attention à ce qui est le plus important plutôt qu’à ce qui l’est moins, et se préoccuper de la base avant ce qui est secondaire.

[1]Même si l’impact du cœur sur les membres est plus fort (Note du traducteur)
[2] Jugé très faible par chaykh Al-Albânî
[3] Sahîh Mouslim, n°432
[4] Sahîh Al-Boukhârî, n°52

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

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La mention d’Allah

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J’ai constaté que pour la plupart des hommes, les actes de dévotion ne sont que des habitudes, alors que pour les gens lucides toutes les habitudes constituent une réelle dévotion. L’insouciant dit : « Gloire à Allah » par habitude, alors que l’homme lucide ne cesse de réfléchir aux merveilles de la création ou à la grandeur du Créateur ; ainsi sa réflexion l’agite et il s’écrie : « Gloire à Allah ! ».
Qu’un homme examine une grenade et observe l’alignement de ses grains, les membranes qui l’empêchent de flétrir, le liquide autour du noyau et la membrane qui le recouvre pour le protéger. Qu’il observe aussi la formation du poussin au cœur de l’œuf, de l’être humain dans les entrailles de la mère, et d’autres créatures encore qui l’amèneront à vénérer le Créateur et il s’écrira : « Gloire à Allah ! »
Cette glorification sera le fruit de la réflexion, et c’est là la glorification des hommes lucides. Leurs pensées ne cessent de voler et leurs adorations se réalisent à travers leurs glorifications.
De même, ils réfléchissent sur des péchés abominables passés, et cette réflexion provoque une agitation interne, un malaise du cœur et un regret de l’âme, et cela les amènent à dire : « Je demande pardon à Allah. » Ce sont là la glorification et la demande de pardon. Les insouciants ne disent cela que par habitude, et il y a un fossé entre ces deux groupes.

Source : « Les pensées précieuses », d’Ibn Al-Jawzî, éditions Tawbah

Le mérite des Compagnons

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Chaque Envoyé d’Allah a eu son cercle de disciples qui l’a soutenu et affermi dans sa mission en ce bas monde. Ces croyants de la première heure sont ceux aussi qui ont eu le mérite de garder et de préserver les enseignements transmis par les prophètes d’Allah عليهم السلام aux générations futures. Si le Judaïsme a eu ses «Juges» et si le Christianisme a eu ses «Apôtres», l’Islam a eu ses «Compagnons» (AsSahâbah), les proches disciples du Prophète صلى الله عليه وسلم qui l’ont soutenu dans son apostolat et qui ont propagé, après sa mort, son message.

C’est grâce à eux que les enseignements de l’Islam nous sont parvenus intacts. Par leur dévouement et leur fidélité à la voie du Prophète صلى الله عليه وسلم  ils ont pu nous transmettre les dires et les actes de ce qui constitue aujourd’hui, la Sounnah de l’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم, deuxième fondement de l’Islam après le Coran.

N’est-ce pas grâce à eux que le Saint Coran fut conservé et protégé des altérations que connurent les précédentes Écritures saintes ? N’est-ce pas grâce à eux que le Message du Prophète صلى الله عليه وسلم se propagea aux quatre coins du monde et supplanta les autres croyances tombées en désuétude ? Le Saint Coran les a décrits ainsi :

{Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement dans leur engagement} [Sourate 33, verset 23]

Riches ou pauvres, libres ou esclaves, le seul dénominateur commun qui les liait était la foi en Allah et la fidélité au Message du Prophète صلى الله عليه وسلم c’était leur raison de vivre et leur idéal pour lequel ils ont tout donné, y compris leur vie.

Qui a incité les nobles du peuple du Prophète صلى الله عليه وسلم à accourir pour embrasser ses paroles et sa religion : Aboû Bakr, Talha, Az-Zoubayr, ‘Outhmân ibn ‘Affân, ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf et Sa’d ibn Abî Waqqâs. Ils quittèrent tout ce qu’ils avaient comme gloire et faste pour la voie de l’épreuve ?

En effet, qu’est-ce qui a poussé les faibles de son peuple à accourir pour être sous son étendard et le suivre, lui qui était sans armes et sans argent ? Il n’était pas à l’abri de la méchanceté et de la haine de ses proches, de son clan, de son peuple. Ces premiers temps de l’Islam où l’épreuve était grande pouvaient repousser les premiers convertis, mais la force du message les a attirés. Seul Allah savait à ce moment-là, les répercussions de la Révélation. Par conséquent, il est du devoir de chaque croyant et de chaque croyante de connaître la vie et l’oeuvre prodigieuse des compagnons pour imprégner sa vie de leur exemple.

Ces femmes et hommes qui méritent notre respect et notre admiration expriment bien la force de ce message et la grandeur de notre Prophète صلى الله عليه و سلم qui leur a enseigné l’Islam et les a aimés. Cette fraternisation, cet amour qui les unissait ne pouvait être que le fruit d’un message divin. Leurs épreuves et leur dévouement sont à la mesure du sentiment du Prophète صلى الله عليه وسلم :

« Ne dites pas du mal de mes compagnons, car je jure, par Allah, que même si l’un d’entre vous donne en aumône l’équivalent de la montagne de Ouhoud, il n’égalerait pas les mérites d’un seul de mes compagnons. » [Rapporté par Boukhârî et Mouslim]

Puisse Allah les agréer et puisse-t-Il éclairer nos cœurs par l’amour de nos pieux prédécesseurs qui ont dépensé leur vie au service de la religion.

Source : http://www.islamhouse.com 

Mépriser et rabaisser les gens

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Ibn Al-Moubârak رحمه الله a dit : « Celui qui méprise les savants voit son au-delà disparaître ; celui qui méprise les émirs voit sa vie d’ici bas disparaître ; et celui qui méprise ses frères son comportement disparaître. «  [Siyarou Al-A’lâmi Al-Moubârak 15/425]

Regarder les gens avec mépris et les rabaisser fait partie de l’orgueil et de la vanité, alors que celui qui est doué d’intelligence ne rabaisse et ne méprise personne.
Telles sont les conséquences de celui qui méprise les gens. 

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Ibn ‘Abd Al-Mouhsin Al-‘Abbâd Al badr

الاستخفاف بالناس

عن ابن المبارك قال: « من استخف بالعلماء ذهبت آخرته، ومن استخف بالأمراء ذهبت دنياه، ومن استخف بالإخوان ذهبت مروءته«  سير أعلام النبلاء(15/425.
النظر إلى الناس بعين الاستخفاف ضرب من ضروب الكبر والخيلاء، والعاقل لا يستخفف بأحد، ومن كان مستخفًا بالناس فهذه عقباه

Source : http://al-badr.net, traduit par Le Cœur des Croyants