01 – Hadîth n°1 : « N’est-ce pas que c’est le coeur »

Nous commençons par le premier hadîth qui est celui où le Prophète dit : « En vérité, ce qui est licite (Halal) est clair et ce qui est illicite (Haram) est clair ; et entre les deux se trouvent des choses douteuses (ambiguës, équivoques) que peu de gens connaissent. Celui qui s’écarte des choses douteuses a certes préservé sa religion et son honneur. Quant à celui qui tombe dans les choses douteuses, il finira par tomber dans l’illicite ; à l’instar d’un berger qui fait paître son troupeau autour d’un domaine réservé, proche est le moment où il y pénètrera. Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits.
N’est-ce pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera, et s’il est mauvais
alors tout le corps le sera, n’est-ce pas que c’est le cœur ».
[Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim, et ceci est la version de Mouslim.]

Ce hadîth a une grande place chez les savants, d’ailleurs l’imam An-Nawawî l’évoqua dans son livre « Les quarante hadîths sur les fondements et les piliers de l’Islam ». C’est l’un des hadîths sur lesquels repose l’Islam car le Prophète  y mentionna l’importance de la licéité de la nourriture, de la boisson, des vêtements, etc, mais aussi que l’individu doit veiller à ces choses-là, et à se débarrasser des ambiguïtés afin de protéger sa religion et son honneur.

Il mit aussi en garde de ne pas tomber dans les choses douteuses (Choubouhât) en illustrant cela par un magnifique exemple. Puis il clarifia l’importance de prendre soin du cœur qui par sa salubrité, toutes les œuvres deviennent bonnes, et qui par sa corruption, toutes deviennent mauvaises.

L’Imam Ach-Châfi’î رحمه الله, de par la compréhension qu’il avait de ce hadîth, le considéra comme étant la moitié de la science [religieuse], il disait : « La moitié de la religion entre dedans « 

Pourquoi l’imam Ach-Châfi’î considéra ce hadîth comme étant la moitié de la science ?

Sa parole rejoint ce qu’a rapporté Al-Qastalânî dans son livre “Irchâd As-Sârî” où il dit : « La religion est divisée [en actes] apparents et cachés. L’intention (An-Niyyah) est liée aux actes cachés, et les actes du cœur sont aussi liés aux actes cachés. Quant aux actes des membres, ils sont liés aux actes apparents. L’intention est donc l’adoration du cœur, et les actes [apparents] sont l’adoration des membres. »

Ibn Al-Moulaqqine رحمه الله a dit : « Ce hadîth est très important et considérable, il est l’un des piliers de l’Islam. L’Islam gravite autour de ce hadîth qui en est la base. Car même si certains le considèrent comme le tiers de la religion et d’autres comme le quart, il recèle cependant les règles jurisprudentielles (Al-Ahkâm) de la Législation en évoquant ce qui est licite, illicite et douteux, ce qui amende le cœur et le corrompt, et la relation qu’ont les actes des membres avec le cœur. Par conséquent, cela implique la connaissance des règles jurisprudentielles dans leur globalité, qu’elles soient fondamentales ou secondaires. »

C’est-à-dire que pour appliquer ce hadîth, il faut connaître toute la Législation.

Comment peux-tu savoir que cela est douteux et que cela ne l’est pas ? Que cela est clair ? Comment peux-tu savoir que ceci est clairement licite et que cela est clairement illicite, et qu’ensuite viennent les choses douteuses ?

Tu ne peux appliquer cela qu’après avoir compris les détails [de la Législation].

L’imam Ach-Chawkânî رحمه الله a dit : « Sache que les savants ont accordé une très grande importance à ce hadîth ; ils l’ont considéré comme étant le quatrième des quatre hadîths sur lesquels reposent les règles jurisprudentielles ; comme le rapporta Aboû Dâwoûd et d’autres savants. »

Un poète les réunit en poésie, c’est-à-dire les hadîths sur lesquels reposent les règles jurisprudentielles, en disant :

Pour nous le fondement de l’Islam ce sont des paroles authentiques attribuées à la meilleure créature,

Écarte-toi des ambiguïtés, méprise [les choses d’ici-bas], délaisse ce qui ne te regarde pas, et œuvre avec une [bonne] intention.

Donc sa parole : « En vérité, ce qui est licite est clair et ce qui est illicite est clair«  signifie que les choses licites sont évidentes ; licites dans leur nature et leurs caractéristiques selon les preuves légiférées qui ont été rapportées.

Les choses licites évidentes sont nombreuses par la grâce d’Allah : les différentes nourritures comme le pain, le miel, les fruits, la viande du bétail ; de même les boissons, le mariage, l’esclave que l’on possède (mais selon les directives de la Législation), le commerce et ses différentes formes… 

Les choses illicites sont également claires : comme le vol, la fornication, l’alcool, les pots de vin, la viande morte, le mariage avec les proches interdits (Mahârim), la sorcellerie, l’accusation fausse contre les femmes chastes, et les exemples sont nombreux.

Et entre ces deux catégories, il y a des choses douteuses que beaucoup ne connaissent pas : Est-ce licite ou non ? Ainsi, le jugement de ces choses-là leur devient ambiguë. Ces ambiguïtés le sont pour de nombreuses personnes, mais pour les savants, cela n’est pas le cas.

Il y a en cela une preuve manifeste que la religion est complète, et que le licite et l’illicite sont clairs pour celui désire suivre le droit chemin.

L’âme du Prophète n’a été reprise qu’après qu’Allah lui ait parachevé la religion, accompli sur lui le bienfait et lui a révélé le verset :

{Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous.} [S.5, v.3] 

Et il a dit en illustrant la clarté de la religion : « Je vous ai certes laissé sur une voie qui est très claire, sa nuit est comme son jour. Ne s’écarte de cette voie que celui qui est en perdition ».
[Rapporté par Ahmad et Ibn Mâjah]

Abou Dharr a dit : « Le Prophète est mort, et il n’y a pas un oiseau qui agite ses ailes dans le ciel sans qu’il nous ait mentionné une science sur cela. » [Rapporté par Ahmad et c’est un hadîth authentique].

Donc ceci est une réfutation contre celui qui prétend : « Vous (les savants), vous nous avez égarés ! Il y a divergence dans tous ! Personne ne sait ce qu’est la religion correcte ! » Tout cela sont des chicanes de certains ignorants. Cela ressemble aux paroles des ennemis de l’Islam mais que certains pauvres ignorants propagent pour que les gens croient que la religion n’est pas claire et a des problèmes, et disent : comment pouvons-nous la suivre ?! Comment quelqu’un peut suivre une religion de ce genre ?!

Il est évident que celui qui a ce genre de propos fait partie des ennemis de la religion. Mais il se peut que celui qui les transmet soit un pauvre ignorant. Car sa parole : « En vérité, ce qui est licite est clair et ce qui est illicite est clair«  signifie qu’au minimum toi, ô le ‘âmmî… Par exemple, un ignorant possède une marge évidente dans la religion où le licite lui est clair. Ignores-tu que le pain, le miel et les fruits sont licites ? Ignores-tu que la fornication, l’alcool et le vol sont illicites ? 

Il est vrai qu’il y a des ambiguïtés que l’ignorant qui n’a pas une connaissance approfondie de la religion ignore et c’est normal. Mais la religion en tant que telle, il y a le licite évident, l’illicite clair et il y a des choses ambiguës chez les gens de la masse.

Sa parole : « que peu de gens connaissent » montre qu’une minorité de personnes les connaissent. Et c’est là l’intérêt qu’a l’individu à demander la science. S’il demande la science, que va t’il se passer pour lui ? La marge de ses ambiguïtés se réduira au fur et à mesure. Elle se réduira petit à petit, car les choses lui deviendront limpides : ceci est clairement licite, cela est illicite, et ceci est licite et ça est illicite… Il est probable, selon ses connaissances, qu’il lui reste certaines ambiguïtés qui ne sont pas claires ; et il peut se retrouver contraint à suivre quelqu’un d’autre. C’est pourquoi un savant n’est pas épargné de suivre un autre [savant], il arrive qu’il suive quelqu’un d’autre.

Et nous remarquons que ce qui est connu pour un savant, ne l’est pas forcément pour un autre.

Sa parole : « que peu de gens connaissent«  signifie « que peu de gens connaissent le jugement quant à leur licéité et leur prohibition », comme le mentionna Ibn Daqîq Al-’Îd رحمه الله dans l’explication des quarante hadîths d’An-Nawawî.

Ce sens est appuyé par une narration que rapporta At-Tirmidhî en ces termes : « Peu de gens savent si telle chose est licite ou non ». Authentifiée par Chaykh Al-Albânî.

Le terme « que peu » sous-entend que les connaître est possible mais pour une minorité de personnes, et ce sont les savants. Donc les ambiguïtés le sont pour les autres. Mais cela arrive aussi aux savants s’ils n’arrivent pas à faire prévaloir l’une des deux preuves. Et comme nous l’avons dit, parfois un savant ne peut pas échapper au suivi (Taqlîd) d’un autre [savant].

Cependant, si tu posais plusieurs questions à un savant, il aurait la réponse à la plupart d’entre-elles. Peu de fois il dira : « je ne sais pas », contrairement à l’ignorant.

De là, nous voyons qu’il est impossible qu’il y ait dans la Législation une question dont personne ne connaît le jugement parmi les musulmans du monde entier à travers les époques et les lieux. Il n’y a pas de question religieuse ici-bas dont le jugement est caché à toute la communauté, des premiers aux derniers, c’est impossible.

Mais c’est relatif : caché pour certains et clair pour d’autres, et inversement.

Le savant lui-même peut connaître une chose qu’un autre savant ne connaît pas, et une autre question que le premier connaît mais qu’ignore le second, et inversement.

On tire cette compréhension de sa parole dans le hadîth : « que peu de gens connaissent », c’est-à-dire qu’une minorité de personnes connaissent.

Il n’y a donc pas de chose que l’on appelle « question » qui serait cachée à toute la communauté, il n’y en a pas.

Même si tu disais maintenant : « Et ces questions contemporaines dans les affaires financières et économiques ? » Nous disons qu’il y a forcément quelqu’un dans la communauté qui connaît leur jugement. Mais qui peut y parvenir ? C’est-à-dire le savant qui parviendra à connaître le jugement, et l’ignorant qui saura quel savant demander. Je veux dire qui, parmi les savants, connaît le jugement ? Et qui, parmi les ignorants, parviendrait à trouver le savant qui connaît le jugement ?

Sa parole : « Celui qui s’écarte des choses douteuses a certes préservé sa religion et son honneur. » signifie qu’il a placé entre lui et le fait de tomber dans les ambiguïtés une protection. Il s’en est éloigné et les délaisse pour Allah.

Celui qui agit de la sorte a préservé sa religion et son honneur. Il a sauvé sa religion du manquement, son honneur de la critique et que des gens parlent sur lui. Car celui qui ne délaisse pas les ambiguïtés et tombe dedans, ne sera pas épargné que l’on parle sur lui.

Il y a en cela une preuve sur l’importance de veiller à l’intégrité de son honneur. Et ce que certains disent comme : « Moi, peu m’importe ce que disent les gens, je fais ce que bon me semble. Ce qu’ils disent ne m’intéresse pas. » n’est pas correcte.

Le Prophète veillait à ce que son honneur soit préservé, notamment lorsqu’il dit [à deux compagnons] : « Attendez, il s’agit de ma femme Safiyyah ». Il n’a pas dit : “Cela ne m’intéresse pas.”, “laisse les parler !”, “laisse les gens parler !”. Non ! Et pourquoi ? Car il est demandé au musulman que son honneur soit sain et sauf, et que sa réputation soit bonne.

Pourquoi quelqu’un ouvrirait-il la porte de la critique à son encontre et que les gens parlent sur lui ? Dans quel but ?

Donc, se préserver de la critique des gens est une chose demandée. Néanmoins, si la personne reste ferme sur la vérité, et que l’on parle sur lui à cause de sa fermeté sur la vérité, là il peut dire : « Peu m’importe ce que disent les gens. C’est bon, la vérité s’est avérée pour moi et je reste ferme là-dessus. Maintenant je ne crains le blâme d’aucun blâmeur, qu’ils disent ce qu’ils veulent. »

On dit cela pour qui ? Pour celui qui est resté ferme sur la vérité, et qu’à cause de cela certaines personnes ont parlé sur lui, des sots, des ignorants, des ennemis de la religion.

Puis le Prophète a dit : « Quant à celui qui tombe dans les choses douteuses, il finira par tomber dans l’illicite ». En effet, celui qui se permet d’entrer dans les ambiguïtés et s’y enlise, finira par tomber tôt ou tard dans l’illicite clair. Car la barrière qui est entre lui et l’illicite s’affaiblira à force de tomber dans les choses douteuses. Elle s’affaiblira peu à peu jusqu’à lâcher. Et s’habituer à commettre des choses dont le statut est détestable, entraînera la chute dans l’illicite. Ça c’est le texte du hadîth. Et c’est une chose que l’on voit dans la pratique des gens. Celui qui tombe beaucoup dans les ambiguïtés, tombera clairement dans l’illicite après cela. Pourquoi ? Parce que cela le poussera petit à petit [à commettre l’illicite]. Alors que celui qui délaisse ce qu’il pense être un péché… s’en est fini… il délaissera en premier lieu ce qui est clairement illicite.

Ensuite le Prophète illustra celui qui s’approche des choses douteuses en disant : « à l’instar d’un berger qui fait paître son troupeau autour d’un domaine réservé, proche est le moment où il y pénètrera. Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits. »

Qu’est-ce qu’un domaine réservé (Al-Himâ) ? C’est un lieu interdit. Les rois arabes avaient pour habitude d’avoir un domaine réservé pour eux-même et leur bétails. Un endroit interdit que personne ne pénètre sauf lui, sa famille et ceux qui sont proches de lui. « et le domaine réservé d’Allah », Le Roi des rois possède t-Il aussi un domaine réservé ? C’est connu que chaque roi a un domaine réservé, et ce selon le sens du hadîth. Ceci est leur habitude, ils s’accordent des choses en privilèges pour eux-même. Mais Le Roi des rois, a t-Il un domaine réservé ? Il dit : « et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits. » C’est une très bonne illustration, d’autant plus que le Prophète s’adresse aux arabes qui connaissent cette habitude de leurs rois. 

« Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits. »

Regarde, ceci est une illustration prodigieuse, un bel exemple pour faire parvenir le sens voulu à la personne, et une explication claire pour les gens.

Et il est connu que si les rois s’approprient un endroit, ils punissent quiconque y pénètre. Ainsi, celui qui outrepasse le domaine réservé (les interdits) du Roi des rois, Il le punira. « Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits. » Il sera puni car il a été imprudent.

Et celui qui tombe dans les ambiguïtés se rapproche de l’illicite. C’est pourquoi le conseil est : « Laisse entre toi et l’illicite un rideaux de choses licites (halal) ».

Ce rideau est une protection.

Soufyân Ibn ‘Ouyaynah a dit : « Nul serviteur n’atteindra la véritable foi tant qu’il n’aura pas placé entre lui et l’illicite une barrière de licite, et qu’il n’aura pas délaissé les péchés et ce qui pourrait l’être« .

Ce hadîth est donc un fondement dans le scrupule

Dans ce hadîth, il y a des exemples et un éclaircissement sur les finalités de la Législation. 

Dans ce hadîth, on donne l’exemple d’une chose connue pour illustrer ce qui ne l’est pas, qui est cachée, ou qui n’a jamais été connue auparavant.

Enfin, le Prophète a dit, et c’est le point qui nous intéresse : « N’est-ce pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair (Moudghah) qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera, et s’il est mauvais alors tout le corps le sera, n’est-ce pas que c’est le cœur ».

Sa parole : « Moudghah » signifie un morceau de chair de la taille de ce que l’on mâche (youmdagh). 

Que veut dire « Al-Moudghah » ? Un morceau de la taille de ce que peut mâcher un individu, car personne ne peut mâcher un gros morceau. On nomme le morceau que l’on mâche : « Moudghah ». On le mâche dans la bouche dû à sa petite taille. Quelle est le but de cela ? Montrer la petitesse du cœur par rapport au reste du corps. Et si quelqu’un objecte : « Mais voyons, ce cœur n’est pas du tout un morceau (Moudghah) ! Si je veux le mettre dans la bouche, il n’entre pas ! » Nous disons :  Quel est le but dans tout cela ? 

Le but est de donner un exemple, d’approcher le sens. C’est-à-dire montrer la petite taille du cœur en comparaison au reste du corps. Regarde par exemple la taille de la tête, de la main, du pied, de la cuisse, du ventre, du dos… À côté d’eux, le cœur est un petit morceau (Moudghah). Pourtant, malgré sa petite taille, c’est sur lui que repose la droiture ou la corruption de tous les membres les plus grands.

Le cœur a été nommé : « Qalb » à cause de son changement d’état en fonction des événements. Et dans toute chose, le plus pur est nommé dans la langue arabe : « Qalb ». Le cœur d’une chose est ce qui est de plus pur, de plus net.

On a dit aussi : c’est parce qu’il a été placé [dans le corps] retourné.

Un poète a dit : 

Le cœur (Al-Qalb) n’a été nommé ainsi qu’à cause de son retournement (Taqalloubihi),

Fais donc attention au cœur contre tout renversement (Qalb) et changement.

Prends garde à ce qu’Allah ne retourne pas ton cœur ou qu’Il le change. S’Il le fait alors s’en est fini, la foi n’entrera pas.

Le cœur vis-à-vis des membres est à l’image d’un roi pour les gens. Il est le premier organe à bouger dans le corps et le dernier organe à s’arrêter.

SoubhanAllah Al-‘Adhîm

C’est la première chose que les appareils découvrent du fœtus avec les rayons…  comment les appelle t-on déjà… Les ultrasons. « Nous avons examiné le fœtus, nous avons fait l’échographie… » puis il dit : « et nous avons vu le battement du cœur »

Donc la première chose qui bouge dans le fœtus c’est le cœur, et la dernière chose à s’arrêter chez la personne quand elle décède, c’est le cœur. La ligne du rythme cardiaque sur l’écran devient droite, et c’est fini… Le médecin va dire : « c’est terminé pour le cœur, il s’est arrêté. »

Donc la première chose qui bat et bouge dans le corps c’est le cœur, et la dernière chose qui s’arrête, c’est le cœur.

Le point de départ de ce que font toutes les créatures, comme bien ou mal, émane du cœur et se propage dans les autres membres.

Le cœur est le roi qui utilise tous les organes du corps et les exploite. Il est le membre le plus précieux de façon absolue, et tous les autres membres du corps sont des soldats qui lui obéissent.

L’œil est son avant-garde et son éclaireur ; et la langue son interprète qui transmet pour lui.

Et de nombreuses fois, Allah les réunit ensemble : {L’ouïe, la vue et le cœur : sur tout cela, en vérité, on sera interrogé.} [S.17, v.36]

{Et Nous leur avions assigné une ouïe, des yeux et des cœurs} [S.46, v.26]

{Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux}. [S.6, v.110]

La langue est son interprète et elle suscite l’écoute ; l’œil est son éclaireur et observateur ; et l’oreille est son messager qui mène vers lui, car le son y pénètre et l’effet va directement au cœur. Le cœur envoie l’œil explorer pour lui, puis il revient au cœur avec des images. Et la langue est l’interprète du cœur, il exprime ce qu’il contient. Ça, c’est la cuillère de ça. 

En résumé, tous les membres sont ses soldats, et c’est pour cela que le Prophète le spécifia, pour montrer que la droiture et la corruption des membres dépendent de la droiture du cœur ou de sa corruption.

Dans ce hadîth, il y a une invitation à éduquer le cœur pour l’assainir des maladies, et le remplir par l’évocation d’Allah. Remplie-le de ce qui lui profitera ! Purifie-le ! Et protège-le de tout ce qui peut lui nuire ! Ce travail, si quelqu’un disait : « Je vais travailler sur mon cœur. Je le remplirai de ce qui le réformera, et en extrairai ce qui le corrompt. Mais le faire prendrait la vie toute entière. Toute la vie. »

Si quelqu’un disait par exemple : « Je vais œuvrer de telle sorte que je ne jalouserai aucun musulman. » Avons-nous la moindre idée du temps et des efforts que cela lui prendrait de ne jalouser aucun musulman ? C’est une tâche immense. 

C’est pourquoi le hadîth attire notre regard sur le fait de prêter une attention particulière au cœur, plus que les œuvres des membres.

Donc quand le Prophète dit : « Priez comme vous m’avez vu prier. » nous fournissons des efforts, n’est-ce pas ? Par exemple nous disons pour la prière : « Lève tes mains, les paumes face à la Qiblah, les doigts tendus ! Mets la main droite sur celle de la gauche ! Fait comme ceci ! Lorsque tu t’inclines que ton dos soit droit et ne le penche pas trop vers le haut, ni vers le bas, mais qu’il soit droit. Place tes mains sur tes genoux en t’y accrochant fermement ! Allonge ton dos, le Prophète allongeait son dos quand il s’inclinait. Redresse-toi jusqu’à être bien droit ! Fais-ça ! Prosterne-toi ! » Tout ce qu’on a évoqué concerne les mouvements des membres. « Lève l’index ! Fait ça et ça ! » Pour certains, leur préoccupation dans la prière va dans cela, et c’est une bonne chose ! « Priez comme vous m’avez vu prier. »

Donc ils questionnent : « Doit-on d’abord poser les genoux ou les mains dans la prosternation ? Comment fait-on la salutation finale ? Dois-je dire : ”As-Salâm ‘Alaykoum wa rahmatouLlah” ou bien “As-Salâm ‘Alaykoum” ? Dois-je commencer à la dire puis tourner la tête, ou je la dis tout en tournant la tête ? Dois-je commencer la salutation en étant face à la Qiblah puis je tourne la tête ? Ou je tourne … » C’est la méticulosité des gens concernant les mouvements des membres. Et c’est une bonne chose, nous nous réjouissons de cela, mais le problème n’est pas là. Le réel problème est qu’on accorde pas assez d’importance à la chose à laquelle il faut accorder la plus grande attention.

Et ce n’est pas une erreur de s’occuper des actes des membres, c’est même demandé. Mais l’erreur est de ne pas accorder plus d’attention au cœur.

Par exemple ce cœur dans lequel se trouve la quiétude (Al-Khouchoû’) qui est l’âme de la prière… S’en occuper est plus important. 

Si tu demandes par exemple : « [Le plus important est] l’humilité ? Ou bien de maîtriser le mouvement du doigts ? Dois-je le courber ? Le lever ? Le bouger ou le laisser immobile ? » Ici, le plus important est là.

Bien entendu, il y a un groupe de gens qui ont un problème, une déviance. Ils appellent à ne pas s’occuper des actes des membres en prétendant : « Tout cela ne sont que des apparences, ne vous en occupez pas ! » Ils méprisent donc la Sounnah et délaissent le hadîth « Priez comme vous m’avez vu prier ».

Certains soufis ont une déviance [sur cela], ils prétendent : « Non ! Nous, on ne s’occupe que du cœur, on n’a rien à voir avec les membres. » Ainsi, ils les minimisent. Alors que celui qui emprunte la voie prophétique se préoccupe à la fois du cœur et des actes apparents. Néanmoins, son intérêt pour le cœur est plus fort. Tout simplement. Voilà en résumé la voie droite, juste et authentique.

Et ce hadîth est un appel à éduquer le cœur pour l’amender des altérations, et de lui accorder une attention plus grande encore que les actes apparents, car c’est sur le cœur que ces derniers reposent.

{Ne sait-il donc pas que lorsque ce qui est dans les tombes sera bouleversé, et que sera dévoilé ce qui est dans les poitrines} [S.100, v.9-10]

{Allah est certes capable de le ressusciter. Le jour où les cœurs dévoileront leurs secrets} [S.86, v.8-9]

Et évidemment, le hadîth montre que manger de la nourriture licite permet à la personne de mieux distinguer ce qui est licite de l’illicite et de dévoiler les ambiguïtés.

C’est pourquoi les savants ont conditionné pour celui qui veut chercher la science de prêter attention à la nourriture licite et illicite : s’écarter de la nourriture illicite, et manger de ce qui est licite. Le lien est très clair dans le hadîth. Tout comme son lien avec la jurisprudence et l’exposition du licite, l’illicite et des ambiguïtés.

Et parmi les enseignements du hadîth : que la corruption apparente est une preuve de la corruption interne, dû à sa parole : « s’il est bon, alors tout le corps le sera, et s’il est mauvais alors tout le corps le sera ».

La corruption apparente est l’enseigne de la corruption interne. Et si le cœur est mauvais, alors l’apparence le deviendra obligatoirement.

Quant au cœur malade, touché par la suffisance, l’orgueil et  l’ostentation…  s’en est fini, les passions et les ambiguïtés le saisiront. Qu’y a t-il de profitable dans un tel cœur ? 

Nous demandons à Allah qu’Il réforme nos cœurs.

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