La jalousie (Al-Ghayrah) des Prophètes

Le Prophète dit lorsqu’il conta l’histoire de l’ascension nocturne vers les cieux (Al-Mi’râj) : « […] Puis nous parvînmes au sixième ciel. J’allai voir Moûsa عليه السلام et le salua, il dit alors : « Bienvenue au frère et Prophète Vertueux ! » À peine l’avais-je dépassé qu’il se mit à pleurer. C’est à ce moment qu’Allah lui adressa la parole : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « Ô mon Seigneur !! C’est un jeune homme que tu as envoyé après moi ; ceux de sa communauté seront plus nombreux à entrer dans le Paradis que ceux de ma communauté. »[1]

Les savants ont dit : « Les pleurs de Moûsa n’étaient pas dus à la convoitise (hasad), nous recherchons refuge auprès d’Allah contre cette pensée. Car dans l’Au-delà la convoitise est retirée du cœur des croyants, alors qu’en est-il pour celui qu’Allah Le Très Haut a élu ?! Au contraire, il était affligé de la récompense divine qu’il ne put atteindre et qui lui aurait permis de gravir des degrés. Cela fut provoqué par les nombreuses désobéissances qui frappèrent sa communauté réduisant ainsi leur récompense et impliquant par conséquent la diminution de la rétribution de Moûsa. Car tous les prophètes obtiennent la même récompense que ceux qui les auront suivis[2]. Voilà pourquoi, malgré le fait qu’ils vécurent plus longtemps que ceux de la communauté de notre Prophète , le nombre des suiveurs de la communauté de Moûsa était inférieur à celui de notre Prophète . Concernant sa parole « jeune homme », ce n’est pas par mépris mais plutôt dans le but d’évoquer la puissance d’Allah et Son immense générosité. Car ce qu’Il a donné pour quelqu’un de cet âge-là, Il ne l’a jamais donné pour quiconque de plus âgé avant lui. »

Voyez par exemple la vie présente dans les cœurs d’Aboû Bakr et de ’Oumar رضي الله عنهما. Et y a-t-il des cœurs aussi vivants que ceux des deux compagnons les plus proches et les plus aimés du Messager d’Allah ?!

Médite l’impact que cela a eu sur leur concurrence mutuelle dans les œuvres de bien. Et elle n’est pas uniquement restreinte dans la sphère des adorations, elle concerne même les habitudes[3]. À ce propos, ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه a dit : « Une nuit, nous veillions chez Aboû Bakr avec le Prophète . Puis nous sommes sortis et le Messager d’Allah marchait entre Aboû Bakr et moi. Lorsque nous arrivâmes à la mosquée on entendit un homme réciter [le Coran]. Le Prophète l’écouta puis il dit : « Quiconque désire réciter le Coran dans la même splendeur avec laquelle il fut révélé, qu’il le récite de la manière d’Ibn Oumm ‘Abd. »[4] C’est alors que nous sûmes, mon compagnon et moi, qu’il s’agissait de ‘Abd-Allah Ibn Mas’oûd. Le lendemain matin, je partis le voir pour lui annoncer la bonne nouvelle, il me répondit : « Aboû Bakr t’a précédé. »

Une autre situation tout aussi improbable illustrant l’ardeur dans l’accomplissement du bien que nous rapporte Aboû Sâlih Al-Ghifârî : ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه allait souvent voir une vieille dame aveugle dans les alentours de Médine durant la nuit pour lui apporter de l’eau et s’occuper d’elle. Mais quand il allait la voir, il remarqua que quelqu’un l’avait précédé et avait déjà répondu à ses besoins. ‘Oumar est venu la voir plus d’une fois et, malgré cela, il a toujours été devancé. Il décida de faire le guet et c’est là qu’il vit que c’était Aboû Bakr As-Siddîq qui allait la visiter alors qu’il était calife.

C’est pourquoi ‘Oumar رضي الله عنه reconnu et confirma le mérite d’Aboû Bakr en disant : « Je n’ai jamais concurrencé Aboû Bakr dans le bien sans qu’il me précède. J’aimerais être un poil sur le torse d’Aboû Bakr. »

[1] Sahîh Mouslim, n°164
[2] Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Celui qui appelle vers la guidée aura la même récompense que tous ceux qui la pratique, sans enlever quoi que ce soit de leur récompense … » (Mouslim) (Note du traducteur)
[3] Il s’agit des habitudes qui deviennent des adorations, comme le fait de dormir pour pouvoir se lever et prier la nuit, car les compagnons رضي الله عنهم ne se concurrençaient pas dans les choses mondaines, mais ils ne le firent que dans les adorations. (Note du traducteur)
[4] As-Sahîh Al-Mousnad, jugé authentique par Chaykh Al-Wâdi’î

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

قال صلى الله عليه وسلم وهو يحكي قصة المعراج إلى السماء : « ثم انطلقنا حتى انتهينا إلى السماء السادسة ، فأتيت على موسى عليه السلام ، فسلمت عليه ، فقال : مرحبا بالأخ صالح والنبي الصالح ، فلما جاوزته بكى فنودي : ما يبكيك؟ قال : رب!! هذا غلام بعثته بعدي يدخل من أمّته الجنة أكثر مما يدخل من أمتي ».
قال العلماء :
 » لم يكن بكاء موسى حسدا معاذ الله ، فان الحسد في ذلك العالم منزوع عن آحاد المؤمنين ، فكيف بمن اصطفاه الله تعالى؟! بل كان أسفا على ما فاته من الأجر الذي يترتب عليه رفع الدرجة بسبب ما وقع من أمّته من كثرة المخالفة المقتضية لتنقيص أجورهم المستلزم لتنقيص أجره ، لأن لكل نبي مثل أجر كل من اتبعه ، ولهذا كان من اتبعه من أمّته في العدد دون من اتبع نبينا صلى الله عليه وسلم مع طول مدتهم بالنسبة لهذه الأمّة ، وأما قوله « غلام » فليس على سبيل النقص بل على سبيل التنويه بقدرة الله وعظيم كرمه ؛ إذ أعطى لمن كان في ذلك السن ما لم يعطه أحدا قبله ممن هو أسن منه  » .
وانظروا مثلا إلى حياة قلبي أبي بكر وعمر رضي الله عنهما ، وهل أشد حياة من قلبي أقرب وأحب صحابيين إلى رسول الله؟! وتأمَّل أثر ذلك على تنافسهما في الخيرات ، وليس ذلك في ميدان العبادات فحسب بل تعدَّاها إلى العادات والذوقيات ، وعن ذلك قال عمر بن الخطاب رضي الله عنه :
 » إنا سهرنا ليلة في بيت عند أبي بكر في بعض ما يكون من حاجة النبي صلى الله عليه وسلم ، ثم خرجنا ورسول الله صلى الله عليه وسلم يمشي بيني وبين أبي بكر ، فلما انتهينا إلى المسجد إذا رجل يقرأ فقام النبي صلى الله عليه وسلم يستمع إليه ، ثم قال : « من سرَّه أن يقرأ القرآن رطبا كما أنزل فليقرأ قراءة ابن أم عبد » ، فعلمت أنا وصاحبي أنه عبد الله بن مسعود ، فلما أصبحت غدوت إليه لأبشِّره ، فقال : سبقك بها أبو بكر!!  » .
وموقف آخر لا يقل غرابة في الحرص على الخير يرويه أبو صالح الغفاري أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه كان يتعاهد عجوزا كبيرة عمياء في بعض حواشي المدينة من الليل ، فيستسقي لها ، ويقوم بأمرها ، وكان إذا جاءها وجد غيره قد سبقه إليها ، فأصلح ما أرادت ، فجاءها غير مرة ، فلا يسبق إليها ، فرصده عمر فإذا هو بأبي بكر الصديق الذي يأتيها وهو خليفة .
لذا اعترف عمر رضي الله عنه بفضل أبي بكر وأقرَّ له قائلا :  » ما سبقتُ أبا بكر قطُّ إلى خير إِلاَّ سبقني إليه ، ولودِدْتُ أنِّي شعرة في صدر أبي بكر

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