La douceur du Prophète ﷺ envers les animaux

‘Abd-Allah Ibn Ja’far رضي الله عنهما  a dit : « J’étais assis derrière le Prophète ﷺ sur sa monture lorsque nous pénétrâmes dans l’un des jardins appartenant aux Ansârs. Une fois à l’intérieur un dromadaire essoufflé vint à nous, le Prophète ﷺ l’aperçut et fut touché de compassion, les yeux de ce dromadaire versaient des larmes. »

Le dromadaire est venu se plaindre à celui qui est venu comme annonciateur et avertisseur ﷺ.

Le Prophète ﷺ lui caressa alors sa nuque et sa bosse, d’une caresse pleine de douceur et de réconfort.

Mais les yeux de ce dromadaire continuaient de verser ces larmes de tristesse face au Messager d’Allah ﷺ qui eut de la peine pour lui.

C’est alors que le Prophète ﷺ demanda : « À qui appartient ce dromadaire ? »

Un homme parmi les Ansârs se leva et dit : « Il est à moi Ô Messager d’Allah. »

Il ﷺ lui dit alors : « Ton dromadaire s’est plaint à moi que tu l’affames et l’épuises. » [Rapporté par Ahmad et Aboû Dâwoûd, authentifié par Chaykh Al-Albânî dans « Sahîh Aboû Dâwoûd »]

« Que tu l’affames » c.à.d. que tu ne le nourris pas assez, « et l’épuises » c.à.d. que son travail l’épuise et qu’il travaille sans cesse.

C’est ainsi que le Prophète ﷺ vint au secours de ce dromadaire afin qu’il récupère ses droits auprès de son propriétaire.

Car le Prophète ﷺ a été envoyé avec les droits, et ce, même pour les animaux mes chers bien-aimés.

Même pour les animaux, notre Prophète ﷺ a été envoyé pour que l’on s’en occupe de la meilleure façon, et il ordonna que l’on fasse preuve de miséricorde envers eux.

Un homme vint voir le Prophète ﷺ pour le consulter, il lui demanda : « Ô Messager d’Allah, j’aimerais égorger un mouton. » C.à.d. j’aimerais en acheter un pour le manger, et donc j’aimerais pouvoir l’égorger avec douceur.

Le Prophète ﷺ de répondre : « Si tu fais preuve de miséricorde envers lui, Allah te fera miséricorde. » [Authentifié par chaykh Mouqbil Al-Wâdi’î dans « Sahih Al-Mousnad »]

Même pour ce mouton, à travers les émotions et les sentiments que tu lui témoignes, ainsi que ta douceur et ta bienveillance, Allah te fera miséricorde et se montrera doux envers toi et plein de bonté.

Voici, mes bien-aimés, ce que sont nos valeurs et nos principes envers les animaux.

Lorsque ‘Oumar رضي الله عنه passa près d’un homme qui était en train de tirer un mouton amaigri par ses pattes, il fut touché de compassion pour la bête.

‘Oumar leva alors son bâton vers l’homme et s’écria : « Malheur à toi ! Mène-la à la mort de la meilleure des manières. »

Et c’est ‘Oumar le père qui parle ! Qu’a donc pu faire le fils, Ibn ‘Oumar ?

Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما  passa auprès d’un berger qui faisait paitre son troupeau sur une terre aride sachant qu’Ibn ‘Oumar était passé auparavant devant une terre fertile.

Il dit alors au berger : « Malheur à toi ! Crains Allah concernant tes bêtes ! Déplace-les de cet endroit pour celui-là, car le Prophète ﷺ a dit : « Vous êtes tous des bergers, et vous serez interrogés sur votre troupeau (ceux qui sont sous votre tutelle). » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]

Allah Akbar, interrogés même sur ces bêtes ? Oui, même sur ces bêtes.

Ceci est notre religion, nos valeurs et nos principes.

Aboû Ad-Dardâ رضي الله عنه avait un dromadaire appelé « Doummoûn », quand il le prêtait ou le louait à quelqu’un il lui recommandait : « Crains Allah ! Car ce dromadaire ne peut pas faire telle et telle chose, il ne peut pas porter telle chose, en revanche il peut porter telle et telle chose. » C’est ainsi qu’il donnait une liste de tout ce qui est permis et interdit de faire, et cela même pour un dromadaire.

Et lors des derniers instants de la vie d’Aboû Ad-Dardâ رضي الله عنه le dromadaire se mit à tourner autour de lui, il l’appela : « Viens Doummoûn », puis il lui dit : « Ô Doummoûn, ne me tiens pas rigueur devant mon Seigneur le Jour de la Résurrection, car je ne te faisais porter que ce dont tu étais capable. »

Ô Allah, quelle est cette moralité immense présente dans le cœur de ces hommes-là ?!

« Ne me tiens pas rigueur devant mon Seigneur le Jour de la Résurrection », même avec ce dromadaire ? Oui, même avec lui.

‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz رحمه الله possédait une mule et un domestique. Ce dernier partait au marché avec cette mule et tous les jours il revenait auprès de ‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz avec un dinâr. Un jour il revint avec un dinar et demi, ‘Oumar lui demanda : « D’où provient ce demi dinâr ? »

Il répondit : « Les prix au marché ont baissé nous avons pu gagner un demi dinâr en plus. »

Il rétorqua : « Non, mais tu as plutôt surchargé le dos de cette mule, laisse-la se reposer trois jours. » C.à.d. accorde-lui trois jours où elle ne travaille pas. Pourquoi ? Car ce jour-là il lui fit porter plus que ce qu’elle portait les autres jours.

Et ce même avec cette mule ? Oui, même avec cette mule.

Ces valeurs nous les avons apprises par le biais du Messager d’Allah ﷺ, celui qui s’y accrochera réussira, et celui qui empruntera cette voie sera gagnant ici-bas et dans l’Au-delà.

« Le Prophète ﷺ passa près d’un dromadaire affamé et épuisé, il s’exclama : « Craignez Allah concernant ces animaux qui ne peuvent parler, afin que vous montiez des animaux robustes et que vous mangiez de la viande saine. » [Authentifié par chaykh Al-Albânî dans « Sahîh Aboû Dâwoûd »]

Voilà ce qu’a atteint la miséricorde du Prophète ﷺ envers les animaux.

D’ailleurs Ya’lâ Ibn Mourrah رضي الله عنه nous décrit une scène étonnante qu’il y a eu entre lui et le Messager d’Allah ﷺ à travers laquelle nous constatons qu’effectivement il est une miséricorde pour l’ensemble des créatures, y compris les animaux et les bestiaux.

Ya’lâ dit : « J’étais assis avec le Prophète ﷺ lorsqu’un dromadaire approcha, il étendit ses pattes et s’allongea devant le Messager d’Allah ﷺ à l’image d’un prosterné. Le Prophète fit preuve de douceur et le dromadaire se mit à pleurer. Le Prophète ﷺ s’exclama : « Malheur à toi ! Qui est le propriétaire de ce dromadaire ? Ce dernier a quelque chose. »

Alors que nous le recherchions un jeune Ansâr vint nous voir, le Prophète ﷺ lui demanda : « Qu’a donc ton dromadaire ? »

« Par Allah Ô Messager d’Allah, je ne sais pas ce qu’il a. Hormis qu’hier soir nous discutions autour du fait que nous faisions déjà porter sur son dos nos provisions d’eau depuis de longues années. Il nous tirait ainsi l’eau du puits jusqu’à ce que son corps et ses os s’affaiblissent et que sa force s’estompe. Nous avons donc discuté la nuit dernière quant au fait de l’égorger afin de nous partager sa viande. »

Qui a bien pu entendre cette manigance ?

Le dromadaire ! Il partit se plaindre auprès du Prophète ﷺ qui fut ému de compassion à son égard. Il demanda à son propriétaire : « Fais-en moi cadeau ou vends-le-moi. »

« Prends-le comme cadeau Ô Messager d’Allah. »

[Ya’lâ poursuit] : « Le Prophète  ﷺ le marqua au fer comme étant un don, puis il lui rendit sa liberté. » [Rapporté par Ahmad]

C’est ainsi qu’Allah le sauva de son propriétaire par l’intermédiaire du Prophète ﷺ, qui est en réalité une miséricorde émanant d’Allah, une miséricorde qui nous est offerte.

Mes chers bien-aimés, à travers cet exemple nous constatons l’importance de conserver l’amitié de ceux qui ont fait preuve de bonté envers nous, et que nous ne devons pas oublier le bien qu’ils nous ont fait.

{Et n’oubliez pas vos faveurs mutuelles} [S.2, v.237]

Au point où le Prophète ﷺ nous a dit : « N’insultez pas le coq ! »

D’accord, mais pourquoi on ne doit pas le faire ? Il se peut qu’il nous dérange avec ses chants. Mais le Prophète a dit : « N’insultez pas le coq ! Car il vous réveille pour la prière. » [Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Chaykh Al-Abânî dans « Sahîh Al-Jâmi’ »]

Il possède donc un mérite, un rang et une tâche grandiose qui nécessite qu’on l’honore, qu’on ne l’insulte pas et qu’on n’invoque pas contre lui.

Pourquoi ? Parce qu’il réveille les gens pour la prière.

Voici ce que sont nos valeurs mes bien-aimés.

Telle que la loyauté entre les gens, celle qui consiste à ne pas oublier le bien que l’on nous a fait, qui consiste à rendre le bien par le bien, car le Prophète ﷺ acceptait les cadeaux et récompensait la personne pour cela. Il rajoutait à la bienfaisance encore plus de bienfaisance. Ainsi celui qui faisait preuve de bienfaisance envers le Messager d’Allah ﷺ, le Messager d’Allah le faisait encore plus envers lui.

Quant à celui qui lui causait du tort, alors le Messager d’Allah lui rendait son tort par un bien.

Ainsi était la bienfaisance du Messager d’Allah ﷺ dans chaque circonstance.

Il faisait même preuve de bienveillance envers les animaux dans les moments difficiles de sa vie.

Il disait : « Si vous devez égorger, alors faites-le de la meilleure façon. »

« Certes Allah a écrit la bienfaisance dans toute chose. Ainsi, si vous devez égorger, alors faites-le de la meilleure façon. Et si vous devez tuer quelqu’un [qui le mérite], alors faites-le de la meilleure façon. » [Rapporté par Mouslim]

Allah Akbar, y compris à ce moment-là alors que la bête va être égorgée ? Oui, même si on l’égorge on doit se montrer clément.

Quand le Prophète ﷺ vit un homme aiguiser sa lame devant son mouton qui la regardait, le Prophète ﷺ le blâma et se mit en colère : « N’aurais-tu pas pu le faire avant ? Veux-tu le faire mourir plusieurs fois ? » [Rapporté par Al-Hâkim et authentifié par Chaykh Al-Albânî dans « Sahîh At-Taghrîb »]

C.à.d. veux-tu faire souffrir cette bête par la mort de nombreuses fois alors que celle-ci regarde la lame du couteau se faire aiguiser devant ses yeux ?

C’est un supplice et un châtiment, cela n’est pas permis dans la Législation d’Allah.

Le Prophète ﷺ a même dit : « Qu’il aiguise correctement sa lame ! » [Rapporté par Mouslim]

Il convient que la lame soit tranchante afin que l’on ne fasse pas souffrir la bête qui est dans une situation où elle a le plus besoin de miséricorde.

C’est cette miséricorde que le Prophète ﷺ voulait placer dans nos cœurs, même envers ces bestiaux.

Mais que pouvons-nous dire maintenant de celui qui se spécialise dans le meurtre et le massacre des musulmans par le biais de bombes, d’armes chimiques et de toutes autres armes destructrices ?

Quelle miséricorde lui a-t-il été retirée de son cœur ?

« Le serviteur échouera et périra si Allah ne place pas dans son cœur de la miséricorde pour l’être humain. » [Rendu bon par Chaykh Al-Albânî dans « Silsilah As-Sahîhah »]

 

Traduction par Le Cœur des Croyants

Tout comme Allah nous créa un première fois, Il nous recréera une seconde fois !

Tous les jours nous voyons de nouvelles vies [crées] : la naissance d’enfants, des oisillons qui éclosent de leurs œufs, la naissance d’animaux, des poissons qui remplissent les mers et les rivières, etc.

Tous les jours l’homme observe cela de ses propres yeux, pourtant le voilà qu’il nie le fait que cela puisse se reproduire une seconde fois après qu’Allah mette fin à cette vie mondaine.

Ceux qui demandent une preuve qui démontre qu’il y aura la résurrection après la mort ignorent le fait que leur propre création est en elle-même une des preuves les plus probante !

Car Celui qui a été capable de les créer une première fois est parfaitement capable de les recréer une seconde fois.

D’ailleurs, à de très nombreuses reprises le Coran se sert de la première création de l’homme pour prouver qu’il y aura une seconde création, mais aussi pour rappeler sa réalité auprès de ceux qui n’y croient pas.

{L’homme se permet de dire : « Après ma mort, comment pourrait-on me sortir vivant [de terre] ? » L’homme ne se rappelle-t-il pas que Nous l’avons créé auparavant à partir de rien ?} [S.19, v.66-67]

Dans un autre endroit, le Coran nous remémore la première création de l’Homme. En effet, Allah créa notre père Âdam de terre, et rien ne peut empêcher Celui qui a été capable de faire de la terre un être humain sous une forme parfaite de refaire de lui à nouveau un homme parfait après sa mort.

Il nous remémore également notre propre création – celle de la descendance d’Âdam – du fait qu’Allah nous créa à partir d’une simple goutte d’eau qui devint à son tour une goutte de sperme, puis un caillot adhésif, puis un embryon… et ce jusqu’à ce que l’âme lui soit insufflée et qu’il devienne un homme parfait.

Par conséquent, Celui qui est capable de créer cela est tout à fait capable de refaire de même et de ressusciter les morts. {Ô hommes ! Si vous doutez au sujet de la Résurrection, eh bien c’est Nous qui vous avons créés de terre, puis d’une goutte de sperme, puis d’un caillot adhésif puis d’un embryon formé ou informé pour vous montrer [toute Notre puissance]. Nous déposerons dans les matrices ce que Nous voulons jusqu’à un terme fixé. Puis Nous vous en sortirons [à l’état] de bébé, pour qu’ensuite vous atteignez votre maturité. Il en est parmi vous qui meurent [jeunes] tandis que d’autres parviennent au plus vil de l’âge si bien qu’ils ne savent plus rien de ce qu’ils connaissaient auparavant. De même tu vois la terre desséchée : dès que Nous y faisons descendre de l’eau elle remue, se gonfle, et fait pousser toutes sortes de végétations luxuriantes. Tout cela prouve qu’Allah est le Vrai ; qu’Il rend la vie aux morts et qu’Il est Omnipotent, que l’Heure arrivera sans aucun doute et qu’Allah ressuscitera ceux qui sont dans les tombes.} [S.5, v.5-7]

Et Allah ordonna à Ses serviteurs de parcourir la terre et d’observer la façon dont la création fut débutée afin qu’ils l’utilisent comme preuve sur la capacité d’Allah à réitérer cela : {Ne voient-ils pas comment Allah commence la création puis la renouvelle ? Cela est facile pour Allah. Dis : « Parcourez la terre et voyez comment Il a commencé la création. Puis comment Il accomplira la dernière. Allah est Omnipotent ».} [S.29, v.19-20]

Et Il dit : {C’est Lui qui commence la création puis la refait ; et cela Lui est bien plus facile. Il possède les attributs les plus parfaits dans les cieux et sur la terre. C’est Lui le Tout Puissant, le Sage.} [S.30, v.27]

Toujours en démontrant cette seconde création, le Coran nous narre également que Celui qui a été capable de créer la plus grande des créations est encore plus capable de créer ce qui est moindre.

Il est d’ailleurs déshonorant de qualifier quelqu’un d’incapable de porter une charge légère alors qu’en réalité il est en mesure de porter bien plus lourd que cela.

À l’instar d’un homme qui terrasse un homme vaillant et fort, il est impensable de lui dire : « Toi, tu ne peux pas vaincre cet homme minable et faible. »

Quant à celui qui construit un palais, rien ne peut l’empêcher de construire une maison plus petite.

Et Allah est plus digne de cet exemple, car on trouve au sein de toute Sa création ce qui est bien plus impressionnant et grandiose encore que la création des hommes. Comment pouvons-nous dire à Celui qui a créé les cieux et la terre : « Toi, Tu ne peux pas créer ce qui moindre que cela » ?!

Allah le Très Haut dit : {Telle sera leur sanction parce qu’ils ne croient pas en Nos preuves et disent : « Quand nous serons ossements et poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création ?» N’ont-ils pas vu qu’Allah qui a créé les cieux et la terre peut bien créer des êtres semblables à eux ? Il leur a fixé un terme, sur lequel il n’y a aucun doute, mais les injustes s’obstinent dans leur mécréance.} [S.17, v.98-99]

Il dit : {Celui qui a créé les cieux et la terre n’est-il pas capable de créer d’autres hommes comme [Il l’a fait pour] eux ? Oh que si ! En vérité, Il est le Créateur par excellence, Il est Omniscient.} [S.36, v.81]

Et Il dit : {Ne voient-ils pas qu’Allah qui a créé, sans peine, les cieux et la terre, a bien le pouvoir de ressusciter les morts ? Eh bien si ! Allah est Omnipotent.} [S.46, v.33]

Et Il dit : {La création des cieux et de la terre est plus grande encore que la création des hommes} [S.40, v.57]

Ibn Taymiyyah رحمه الله dit après avoir évoqué ces textes : « Il est connu pour toute personne censée que la création des cieux et de la terre est plus grande que celle des enfants d’Âdam, et que [la manifestation de] Sa puissance est plus qu’évidente. Quant à la création de cette chose bien plus facile – les enfants d’Âdam – elle est encore plus aisée et simple à réaliser. »

Et Ibn Abî Al-‘Izz Al-Hanafî رحمه الله a dit dans son explication du livre « la croyance d’At-Tahâwiyyah » : « Le Très Haut informe que Celui qui créa les cieux et la terre de cette splendeur fera revivre les os après être devenus poussière, et Il les fera revenir à leur état initial. »

Source : Un des manuels de Tawhîd de l’université islamique de Médine

Traduit et légèrement adapté par Le Cœur des Croyants 

{Ô Mes serviteurs qui avez cru ! Ma terre est bien vaste, n’adorez donc que Moi !} – Chaykh ‘Abd Ar-Rahmân Al-Barrâk

{Ô Mes serviteurs qui avez cru ! Ma terre est bien vaste, n’adorez donc que Moi ! Toute âme goûtera la mort. Ensuite, c’est vers Nous que vous serez ramenés. Et quant à ceux qui croient et accomplissent des œuvres pieuses, Nous les installerons dans les demeures élevées du Paradis sous lesquelles coulent des rivières où ils demeureront éternellement. Combien est belle la récompense de ceux qui œuvrent [pour Allah], qui endurent, et placent leur confiance en leur Seigneur ! Que de créatures ne peuvent transporter leur propre nourriture ! C’est Allah qui pourvoit à leur subsistance, ainsi qu’à la vôtre. Et c’est Lui l’Audient, l’Omniscient.} [S.29, v.56 à 60]

Louange à Allah.

Allah appelle ses serviteurs croyants qui sont en terre de polythéisme et de mécréance à l’émigration (Al-Hijrah) et à quitter la terre des ennemis d’Allah. Car rester auprès d’eux représente un énorme danger, ils s’exposent au délaissement de leur religion. Car les mécréants ne les lâcheront pas. Ils ne cesseront de les détourner de celle-ci et de les appeler à leur fausse religion.

Et Allah s’adresse à ces croyants à travers l’attribut de la servitude : {Ô Mes serviteurs} Il y a en cela, et Allah est plus savant, comme une stimulation pour les bonnes âmes afin qu’elles répondent [à l’appel]. {Ô Mes serviteurs qui avez cru} Allah s’est adressé à eux par l’attribut de la foi et celui de la servitude spécifique [au croyant]. {Ô Mes serviteurs qui avez cru, Ma terre est bien vaste} C.à.d. sortez et émigrez vers la vaste terre d’Allah !

{Et quiconque émigre dans le sentier d’Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance de bien.} [S.4, v.100]

Et si la personne se trouve dans une terre où il ne peut pas afficher sa religion, il lui est alors obligatoire d’émigrer. Si sa présence dans cette terre le mène à se conformer à la religion des mécréants, il est alors menacé par le châtiment d’Allah :

{Lorsque les Anges prirent l’âme de ceux qui se sont fait du tort à eux-mêmes [en délaissant l’émigration], ils leur demandèrent : « Où en étiez-vous [à propos de votre religion] ? – « Nous étions opprimés sur terre. », répondirent-ils. Alors les Anges diront : « La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? » Ceux-là auront pour destination la Géhenne, et quelle mauvaise destination ! À l’exception des faibles parmi les hommes, les femmes et les enfants qui en sont incapables et n’y trouvent aucune voie.} [S.4, v.97-98]

Ceux qui résident chez les mécréants et qui se conforment à leur religion en prétextant qu’ils sont impuissants et disent : {« Nous étions opprimés sur terre. »} Ceux-là n’ont en réalité aucune excuse car ils ont les capacités d’émigrer.

Ceux qu’Allah a excusés sont les faibles {parmi les hommes, les femmes et les enfants qui en sont incapables et n’y trouvent aucune voie.}

Donc les propos de ceux qui ont répondu aux Anges quand ces derniers leur demandèrent : {« Où en étiez-vous [à propos de votre religion] ? – « Nous étions opprimés sur terre. », répondirent-ils.} sont des mensonges. Ils n’étaient pas faibles, mais bel et bien capables de quitter [cette terre] et d’émigrer.

Puis Allah dit : {Toute âme goûtera la mort.}

C.à.d. que parmi les obstacles à l’émigration il y a la peur de mourir. Allah dit que {Toute âme goûtera la mort.} La mort touche le résident comme le voyageur. {Tout âme goûtera la mort. Ensuite, c’est vers Nous que vous serez ramenés.}

Également parmi ces obstacles le fait de quitter son pays, sa patrie et son lieu de résidence. A ceux-là, Allah leur rappelle qu’Il a préparé pour les croyants véridiques un lieu de résidence bien plus grandiose encore dans les délices du Paradis : {Et quant à ceux qui croient et accomplissent des œuvres pieuses, Nous les installerons dans les demeures élevées du Paradis sous lesquelles coulent des rivières où ils demeureront éternellement. Combien est belle la récompense de ceux qui œuvrent [pour Allah]}

Parmi ces obstacles, la peur de voir la subsistance se rétrécir et avoir peu de moyens pour vivre. Allah met fin à cette pensée et à cette réflexion en disant : {Que de créatures ne peuvent transporter leur propre nourriture ! C’est Allah qui pourvoit à leur subsistance, ainsi qu’à la vôtre. Et c’est Lui l’Audient, l’Omniscient.}

Source : Chaykh ‘Abd Ar-Rahmân Al-Barrâk حفظه الله (Traduction et montage par Le Cœur des Croyants)

La grandeur d’Allah – Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr

Le chaykh dit : « Parmi les choses qui montrent la grandeur d’Allah, le fait que l’ensemble des cieux et de la terre sont semblables à une graine de moutarde que Le Tout Miséricordieux tient dans Sa Main. » Ces termes sont ceux d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما qu’Ibn Jarîr At-Tabarî a rapportés.

Allah dit : {Ils n’ont pas estimé la grandeur d’Allah à sa juste valeur. Et au Jour de la Résurrection, Il fera de la terre entière une poignée, et les cieux seront pliés dans Sa [main] droite.} [S.39, v.67]

Si la personne désire méditer et mieux comprendre la grandeur d’Allah, Sa splendeur et que rien n’est plus grand que Lui, alors qu’elle observe cet univers.

Si quelqu’un se tenait face à une immense montagne dont l’allure imposante le fascine et qu’il commençait à regarder les extrémités de cette énorme masse, puis qu’il la comparait à l’arbre à côté duquel il se trouve, l’arbre lui semblera alors insignifiant et cette montagne lui paraitra être la chose la plus grande qui soit.

Mais s’il comparait cette montagne à la terre toute entière, il constatera que cette montagne est minuscule, bien que peu de temps avant il la voyait comme étant la plus grande chose qui soit.

Et s’il comparait la terre aux cieux qui l’entourent de toute part, elle lui paraîtra alors toute petite.

Mais maintenant, s’il devait comparer les cieux et la terre tous ensembles au Repose-pied (Al-Koursî), au sujet duquel Allah dit dans le plus important verset du Coran : {Son Repose-pied (Koursî) déborde les cieux et la terre.} [S.2, v.255]

Et dans le hadîth d’Aboû Dharr présent dans le Mousnad, le Prophète ﷺ a dit : « [La grandeur] des sept cieux et des sept terres comparée à la grandeur du Repose-pied est semblable à celle d’un anneau de fer lancé en plein désert. »

Prends un petit morceau de fer que tu lances dans le désert puis compare-le à l’étendue de ce désert. Que représentera-t-il ?

Voici ce que sont les cieux et la terre comparés au Repose-pied, tel un petit anneau de fer lancé en plein désert. Que représente ce bout de fer ?

Puis il ajouta ﷺ : « Quant à la grandeur du Repose-pied en comparaison du Trône (Al-‘Arch), il en est de même. » C.à.d. que la grandeur du Repose-pied qui déborde les cieux et la terre, comparée à celle du Trône, est comme un anneau de fer lancé en plein désert.

Revenons maintenant à la montagne, que représente-t-elle ? C’est pourquoi Allah dit concernant l’orgueilleux : {Tu ne sauras jamais fendre la terre, ni t’élever à la hauteur des montagnes !} [S.17, v.37]

La grandeur de ces montagnes que tente désespérément d’atteindre l’orgueilleux sans jamais y parvenir, et c’est la raison pour laquelle il s’enorgueillit, [que sera-t-il] face à l’immensité de ces créations grandioses ?

Une fois que tu auras médité sur la grandeur du Trône, tu auras alors atteint ce qui te prouve la grandeur d’Allah et que rien n’est plus grandiose et plus immense que Lui.

Les savants dirent à ce propos : « Se rappeler la grandeur du Trône et de son étendue évoquées dans le verset du Trône : {Son Repose-pied (Koursî) déborde les cieux et la terre} permet d’affirmer la grandeur d’Allah qui est citée en fin de verset : {Et Il est le Très Haut, le Très Grand.} »

Le Très Grand (Al-‘Adhîm) et l’Immense (Al-Kabîr) sont deux noms qui indiquent la grandeur du Seigneur, de Sa splendeur et que rien n’est plus grand que Lui.

Ces deux noms sont aussi une preuve sur l’obligation de L’unifier, de s’humilier devant Lui et de faire preuve de servitude. C’est pourquoi de nombreux versets concernant le Tawhîd sont clos par ces deux noms.

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr

Source : Traduit par Le Cœur des Croyants

{Que mon chagrin est grand pour Yoûssouf !} Récitation et tafsîr

 

{Ya’qoûb leur dit : « Ce sont plutôt vos âmes qui vous ont inspiré [d’entreprendre] quelque chose. Il me faut faire preuve d’une belle patience. Il se peut qu’Allah me les ramène tous. Car c’est Lui l’Omniscient, Le Sage. »}

Tafsîr :

Lorsque les frères de Yoûssouf revinrent auprès de leur père et qu’ils l’informèrent de la nouvelle [concernant Benyâmîn], c’est alors que son chagrin s’intensifia et sa peine ne fit que grandir. Il les accusa une nouvelle fois, comme il le fit pour la disparition de Yoûssouf en disant : {Ce sont plutôt vos âmes qui vous ont inspiré [d’entreprendre] quelque chose. Il me faut faire preuve d’une belle patience.}

Ya’qoûb se réfugia donc dans la belle patience, celle qui n’est accompagnée d’aucune colère, d’aucune amertume et d’aucune plainte auprès de la créature. Mais quand il vit que la situation empira et que sa détresse devint sévère, il chercha alors l’issue en disant : {Il se peut qu’Allah me les ramène tous.} C’est-à-dire Yoûssouf, Benyâmîn et leur grand frère qui est resté en Égypte.

{Car c’est Lui l’Omniscient,} qui connaît mon état, qui connaît mon besoin d’être soulagé, mon besoin d’obtenir Ses faveurs, et qui connaît mon besoin désespéré de Sa bonté à mon égard.

Et c’est Lui {Le Sage} qui plaça pour toute chose une juste mesure et un terme fixé selon Sa Sagesse divine.

 

{Puis il se détourna d’eux et s’écria : « Que mon chagrin est grand pour Yoûssouf ! » De tristesse, il perdit la vue. Et il était accablé.}

Tafsîr :

Ya’qoûb عليه السلام se détourna de ses enfants après qu’ils l’eurent informé de la nouvelle. Son chagrin et sa blessure s’intensifièrent, et ses yeux devinrent blancs à cause de la tristesse et de la souffrance que renfermait son cœur et qui provoquèrent ces nombreux pleurs.

{Et il était accablé.} Le cœur rempli d’une tristesse intense et il s’écria : {« Que mon chagrin est grand pour Yoûssouf ! »} L’ancienne affliction [celle de la perte de Yoûssouf] et le manque permanent [qu’il ressentait] et qu’il avait enfoui au fond de lui resurgirent à nouveau. Cette nouvelle calamité, plus légère que la première, lui rappela la disparition de Yoûssouf.

 

{[Ses fils lui] dirent : « Par Allah ! Tu ne cesseras d’évoquer Yoûssouf jusqu’à en dépérir ou en mourir. »}

Tafsîr :

Ses fils, étonnés de son état s’exclamèrent : {« Par Allah ! Tu ne cesseras d’évoquer Yoûssouf} tu ne cesseras de l’évoquer à chaque moment {jusqu’à en dépérir} où tu n’auras plus de force et que tu seras incapable de parler {ou en mourir}. Tu n’arrêteras donc jamais de l’évoquer.

 

{Il leur répondit : « Je ne me plains de mon déchirement et de mon chagrin qu’auprès d’Allah, et je sais d’Allah ce que vous ne savez pas.}

Tafsîr :

Ya’qoûb leur répondit : {« Je ne me plains de mon déchirement} à travers mes mots {et de mon chagrin} qui se trouve dans mon cœur {qu’auprès d’Allah} Seul, non pas auprès de vous, ni de personne d’autre. Dites ce que vous voulez {et je sais d’Allah ce que vous ne savez pas.} Sur le fait qu’Il me les ramènera et qu’Il apaisera mes yeux en nous réunissant tous.

 

{Mes enfants ! Partez vous enquérir de Yoûssouf et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah, car seuls les mécréants désespèrent de la miséricorde d’Allah.} [S.12, v.83-87

Tafsîr :

Ya’qoûb عليه السلام dit à ses fils : {Mes enfants ! Partez vous enquérir de Yoûssouf et de son frère.} Veillez à cela et fournissez les efforts nécessaires pour les retrouver. {Et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah} car l’espoir pousse le serviteur à œuvrer et à faire les efforts nécessaires pour atteindre ce qu’il espère. Tandis que le désespoir le pousse à l’engourdissement et la paresse. Quant à ce que les serviteurs doivent espérer en premier lieu c’est la grâce d’Allah, Sa bonté et Sa miséricorde {car seuls les mécréants désespèrent de la miséricorde d’Allah.} De par leur mécréance, ils pensent peu probable qu’Allah leur fasse miséricorde, et que Sa miséricorde se trouve loin d’eux. Ne soyez donc pas comme les mécréants.

Source : Traduit et monté par le Cœur des Croyants