Le frissonnement des cœurs vivants

L’œil voit ce qui l’entoure… mais s’il venait à repérer une chose prohibée, alors un cœur vivant ne permettra jamais à ces pensées de l’atteindre. 

Et bien que l’oreille écoute, si ce qui est entendu est illicite elle tremblera de peur. Elle placera immédiatement une barrière impénétrable et une cloison entre elle et ce qui provoque la colère d’Allah. 

Si celui qui détient un tel cœur prend place dans une assise où l’illicite s’immisce vers lui, il l’apercevra alors immédiatement ; puis sans plus attendre, il se faufilera pour quitter [ce lieu][1] s’il n’est pas parvenu à changer [le blâmable] et à y faire face. Voilà ce qui est à l’origine de la salubrité de ce cœur et le signe de sa purification, Allah Le Très Haut a dit : (Ceux qui pratiquent la piété, lorsqu’une suggestion (طَائِفٌ) du Diable les effleure se rappellent (du châtiment d’Allah) : et les voilà devenus clairvoyants.) (Al-A’râf, v.201)

Médite Sa parole (les effleure), elle indique que le coup qui leur est porté n’est pas fort. Cela est dû à leur retour immédiat vers Allah qui les protège du diable dès qu’il commence à lancer ses suggestions. Car les pensées sataniques en entrainent d’autres ; si on les néglige, peu de temps ne passe avant qu’elles ne deviennent des désirs. Puis ceux-ci deviendront une volonté qui elle-même deviendra une détermination. Et cette détermination se transformera en un acte.

Médite également Sa parole (suggestion)[2], c’est comme si les mauvaises suggestions circumambulaient et tournaient autour d’eux sans qu’elles ne puissent les pénétrer, ni les impacter à cause de la puissance de leurs cœurs et l’éveil de leur foi. Ils sont semblables à ceux dont les suggestions sataniques (littéralement : fantaisies) tournent autour d’eux sans qu’elles n’arrivent à les pousser à l’acte. 

Quant au terme arabe « Tâif – طائِفٌ », il est aussi attribué à celui qui marche autour d’un endroit et qui attend l’autorisation pour entrer. Donc Allah compara la suggestion [du diable] dès qu’elle se présente à quelqu’un à une personne qui réside dans un endroit sans pouvoir s’y installer.

[1] Ceci est la traduction littérale du terme تسلل خارجا qu’utilisa l’auteur ; mais il conviendrait de dire : « puis il quittera (ce lieu) sans plus attendre. » Car, lorsque le cœur réprouve une chose, cela se voit sur l’apparence. Il quittera donc cette assise pour que les gens voient les traces de sa réprobation. Et Allah est plus savant (Note du traducteur)
[2] En arabe, le terme est ٌطائف. Il est bien plus précis que celui proposé par la traduction du sens en français. En effet, l’origine de ce mot est طافَ qui signifie le fait de tourner autour de quelque chose. Ainsi, on comprend que c’est une suggestion qui tourne autour de l’individu. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il tire leçon de toutes choses

(Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer !) (Al-Hijr, v.75) Ceux qui savent observer (Al-Moutawassimoûn – المُتَوَسِّمُونَ) sont ceux qui réfléchissent et tirent des leçons. Ils auscultent les choses, les contemples et extraient des préceptes. Ils observent minutieusement jusqu’à connaitre la réalité de ce qu’ils observent à travers leurs attributs. 

Les gens de science ont dit : « At-Tawassoum – التَّوَسُّم (L’observation minutieuse) provient du terme Al-Wasm – الوَسْم (l’attribut, la caractéristique, l’empreinte…). Il désigne un caractère distinctif sur lequel on s’appuie. On dit : « J’ai pu observer/voir (Tawassamtou – تَوَسَّمْتُ) qu’il était quelqu’un de bien quand je vis cela à ses traits. »

On trouve également la parole de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah[1] au Prophète ﷺ : 

« Assurément, j’ai vu (تَوَسَّمْتُ) en toi tout le bien que je connais,

Et Allah sait parfaitement que mon regard est persistant. » 

On dit (اتَّسَمَ الرَّجُل) quand une personne s’est attribué un signe par lequel on le reconnait. 

(Al-Wâsim – الواسِم) désigne celui qui te regarde de la tête au pied. 

Donc le terme (At-Tawassoum – التَّوَسُّم) a pour origine le fait de s’assurer d’une chose et d’y réfléchir. Il provient du terme (Al-Wasm – الوَسْم) qui désigne également le marquage au fer que l’on applique sur la peau d’un chameau ou d’un autre animal.

Quant au pronom démonstratif (Voilà), il indique tout ce que contient l’histoire qui a été précédemment citée à partir de La Parole du Très Haut : (Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrâhîm (Abraham)) (Al-Hijr, v.51). On y trouve de très nombreux miracles et leçons, parmi eux : 

  • La descente des Anges à la demeure d’Ibrâhîm عليه السلام pour l’honorer.
  • L’annonce de la bonne nouvelle qui lui a été faite concernant la naissance d’un garçon plein de savoir.
  • Allah l’informa du châtiment avec lequel les Anges frapperont le peuple de Loût.
  • Le secours d’Allah pour Loût via les Anges
  • Il l’informa également qu’Il sauvera Loût عليه السلام et sa famille. 
  • Qu’Il anéantira son peuple et sa femme car elle a soutenu son peuple.
  • La preuve de l’aveuglement de ceux qui se sont égarés de la voie droite.
  • La preuve de la Colère d’Allah sur ceux qui persistent dans la désobéissance des messagers.
  • Que cette colère est une humiliation pour ceux qui n’ont pas craint les signes d’Allah, car ils ne savent pas observer et réfléchir.
  • Cette histoire est une remontrance aux polythéistes de La Mecque qui n’ont pas tiré de leçon.
  • Et qu’ils seront atteints [s’ils persistent] par ce qui toucha les communautés avant eux dont ils connaissaient leurs histoires et voyaient leurs vestiges.
  • Cette histoire est également une remontrance pour les désobéissants et insouciants qui empruntent la même voie.

Les hommes du discernement et de la sagacité :

Cette sagacité et ce discernement ne s’obtient qu’après avoir vidé le cœur des préoccupations mondaines, l’avoir purifié de la souillure des péchés, des comportements corrompus et des exagérations dans le domaine du licite. Dès lors, c’est la vérité qui parcourra le cœur, non les illusions. Car le cœur alternait entre la contemplation des signes d’Allah et la clarté des actes d’obéissances, c’est ainsi que la lumière se déversa sur lui[2]. Dans ce sens, on trouve la parole d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Nul ne m’interroge sur une quelconque affaire sans que je sache s’il est érudit ou non. »

Il a été rapporté que Ach-Châfi’î et Mouhammad Ibn Al-Hasan étaient tous deux dans la cour autour de la Ka’bah et virent un homme à la porte de la mosquée, l’un d’eux dit : « Je pense [que cet homme] est un menuisier. » Quant à l’autre de dire : « Je pense plutôt qu’il est forgeron. » Une personne présente s’empressa d’aller questionner cet homme qui lui répondit : « Auparavant j’étais un menuisier, mais maintenant je suis forgeron. »

Il a été rapporté de Joundoub Ibn ‘Abd-Allah Al-Bajalî رضي الله عنه qu’il arriva près d’un homme qui lisait le Coran, il s’arrêta et dit : « Celui qui récite [pour que les gens l’entendent], Allah fera entendre parler [en mal] de lui [le Jour de la Résurrection] ; et celui qui agit par ostentation, Allah le dévoilera [au gens]. » Nous lui dîmes : « C’est comme si tu avais désigné cette personne. » À cela il répondit : « En réalité, aujourd’hui celui-là vous lit le coran, et demain il sortira Haroûryan (Khârijî). » Effectivement, il devint par la suite la tête de ceux-là, son nom était Mirdâs.

Il a été rapporté d’Al-Hasan Al-Basrî que ‘Amr Ibn ‘Oubayd[3] entra auprès lui. Al-Hasan s’exclama : « Voici le maître des jeunes de Basorah, du moment qu’il n’innove pas. » Par la suite cet homme (‘Amr) dit ce qu’il dit concernant le destin d’Allah (Al-Qadr) jusqu’à s’écarter totalement de ses frères. 

Il a été aussi rapporté qu’Al-Hasan dit à Ayyoûb (en parlant de ‘Amr) : « Voici le maître des jeunes de Basorah » sans ajouter l’exception.

Il a été rapporté selon Ach-Cha’bî qu’il dit à Dâwoûd Al-Azadî, alors que ce dernier voulait polémiquer : « Tu ne mourras pas tant que ton visage n’aura pas été brûlé par le fer ». Et c’est effectivement ce qu’il se passa. 

Il a été rapporté qu’un groupe de la tribu Madh-hij (مَذْحِج) allèrent voir ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه. Parmi eux se trouvait Al-Achtar qui s’approcha de lui. ‘Oumar leva ses yeux, le scruta du regard puis demanda : « Qui est cet individu ? »- « Mâlik Ibn Al-Hârith » répondirent-ils. « Qu’a-t-il qu’Allah l’anéantisse ?! Je vois clairement un jour très dur pour les musulmans à cause de cet homme[4]. » Et lors d’un trouble [qui toucha les musulmans], il fit ce qu’il fit. 

Il a été rapporté selon ‘Outhmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qu’Anas Ibn Mâlik alla le voir après être passé par le marché où il avait regardé une femme. Lorsque ‘Outhmân le vit, il dit : « L’un d’entre vous vient me voir alors qu’il a dans ses yeux les traces du fornicateur ! » Anas lui dit alors : « Serait-ce une révélation après celle le Prophète ﷺ ? » Il répondit : « Non ! Mais c’est une constatation et un discernement. » Et il disait vrai.

Et nombreux sont ce genre d’histoires parmi les compagnons et les suiveurs (At-Tâbi’în) qu’Allah les agrée tous.

Les différents sortes de discernement et de sagacité :

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Qui sont les gens du Coran, les vrais privilégiés d’Allah ?

Louanges à Allah

Ibn Mâjah (215) et Ahmad (11870) ont rapporté d’après Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه que le Messager d’Allah ﷺ a dit :

-« Certes, Allah a des privilégiés au sein des gens ! »

« Qui sont -ils, ô Messager d’Allah ? »

-« Ce sont les gens du Coran, les vrais privilégiés d’Allah. » (Jugé authentique par Al-Albânî dans Sahîh Ibn Mâjah)  

Al-Manâwi رحمه الله a dit : « Il s’agit de ceux qui savent le Coran par coeur et l’appliquent. Ils sont les alliés rapprochés d’Allah de la même manière que l’homme a ses proches privilégiés. On les qualifie de la sorte pour les honorer comme on dit (dans le même sens) : maison d’Allah. »

Al-Hakîm At-Tirmidhî a dit : « Ceci (le privilège) est réservé au lecteur (du Coran) qui a le coeur débarrassé de toute déviance et l’âme pacifiée. Ne fait partie des privilégiés en question que celui qui s’est purifié intérieurement et extérieurement des péchés et s’est paré du dénouement. Car c’est à ce prix qu’on devient un privilégié d’Allah. » Extrait succinct. Voir Faydh al-Qadir (3/87).

La seule lecture (du Coran) ne suffit pas pour intégrer l’homme dans le cercle des privilégiés du Coran car il faut l’appliquer et se conformer à ses limites et acquérir les moeurs qu’il enseigne.

Al-Hâfidh Mouhammad Ibn Al-Housayn Al-Ajourrî رحمه الله a eu un bon discours qui mérite une attention particulière. Nous allons en citer un extrait :

« Celui qu’Allah favorise par rapport aux autres en lui apprenant le Coran, celui qu’Allah veut insérer parmi les gens du Coran, donc Ses privilégiés, doit faire du Coran le printemps de son coeur en animant et en réparant celui-ci grâce à celui-là. Il y arrive en s’appropriant les règles de conduite édictées par le Coran et en épousant de nobles moeurs qui le distinguent des autres humains, notamment ceux qui ne lisent pas le Coran. Il doit commencer par le recours à la crainte d’Allah en secret comme en public et par l’adoption d’une attitude scrupuleuse dans son alimentation, son comportement vestimentaire et son logement. Il doit être bien au fait (des affaires) de son temps, notamment de la corruption dont souffrent ses contemporains. Il évite qu’ils l’attigent dans sa foi, s’occupe résolument de ses affaires, reste soucieux d’améliorer ses affaires qui se détériorent, préserve sa langue, choisit ses mots de manière à ne dire que ce qu’il sait juste et à ne se taire que quand il le sait plus pertinent, se garde d’aborder sans réserve des affaires qui ne le regardent pas et appréhende les dérapages de langage plus qu’il craint son ennemi.

Il ne doit s’adonner au rire que rarement parce que conscient des mauvaises conséquences du rire. Ce qui ne l’empêche pas d’afficher un visage détendu et de tenir un langage courtois. Il ne médit de personne, ne méprise personne, n’insulte personne, ne se réjouit pas du malheur (qui frappe d’autres), n’agresse personne, ne nourrit de la jalousie envers personne. Il prend le Coran, la sunnah et le fiqh (droit musulman) pour guides devant lui, lui indiquant toutes les belles moeurs. Il détourne tous ses organes de ce qu’Allah a interdit. Quand on lui dit la vérité, il l’admet de la part du petit comme du grand.

Il cherche la gloire auprès d’Allah et non auprès des créatures. Il déteste l’orgueil et redoute d’en souffrir. Il ne fait pas du Coran un gagne-pain et ne cherche pas à l’exploiter pour satisfaire ses besoins (mondains). Il ne s’en targue pas auprès des princes. Il ne va pas rejoindre les assemblées des riches pour les leur exposer afin qu’ils l’honorent. Il se satisfait de peu et redoute que l’abondance des biens d’ici-bas ne l’égare. Il suit les prescriptions obligatoires du Coran et de la Sunnah. C’est bien en homme averti qu’il mange, boit, s’habille, s’endort, s’accouple avec sa femme, accompagne ses frères, leur rend visite et s’acquitte de son devoir de piété filiale.

Quand ses père et mère sollicitent son assistance pour accomplir un acte d’obéissance il les aide. S’ils le sollicitent pour accomplir un acte de désobéissance, il s’abstient de les aider. Mais, même dans ce cas, il les traite doucement et poliment dans l’espoir qu’ils se détournent de tout ce qu’il ne convient pas de faire.

Il entretient ses liens de parenté, désapprouve la rupture. Quand on rompt avec lui, il n’applique pas la réciproque. Quand quelqu’un commet une désobéissance envers Allah qui le concerne, il traite l’auteur de l’acte dans le cadre de l’obéissance envers Allah. Il demeure d’un abord doux et reste persévérant dans l’apprentissage du bien. L’apprenant trouve confort auprès de lui et le commensal apprécie son assemblée car sa compagnie profite. Il fait du savoir et de la bonne compréhension ses guides vers le bien.

Quand il étudie le Coran, il le fait avec intelligence, application et compréhension. Il vise la bonne maîtrise de la révélation divine véhiculant des ordres à appliquer et des interdits à éviter. Il ne se soucie pas de savoir quand il va terminer une sourate. Ce qui l’intéresse c’est de savoir à partir de quel moment il se suffira d’Allah au point de ne plus avoir besoin d’un autre. A partir de quel moment il fera parti des pieux ? A partir de quel moment il fera parti des bienfaisants ? A partir de quel moment il fera parti de ceux qui se sont parfaitement confiés à Allah ? A partir de quel moment il fera parti des humbles et révérencieux ? A partir de quel moment il fera parti des endurants ? A partir de quel moment il aura la bonne compréhension du discours divin ? A partir de quel moment comprendrai-je ce que je récite ? A partir de quel moment je serai en mesure de priver mon âme charnelle de ce qu’elle convoitise ? A partir de quel moment je mènerai le vrai jihad qui vaille pour Allah ? A partir de quel moment je tirerai du Coran des leçons avertissantes ? A partir de quel moment je m’occuperai de Son rappel de manière à me détourner de tout autre ?

Celui qui possède ou cherche à acquérir ces qualités saura véritablement récité le Coran selon les règles de l’art. Le Coran lui servira de témoin, d’intercesseur, de compagnon et de protecteur. Celui qui possède de telles qualités en profitera et en fera profiter les siens et procurera à ses père et mère le bien d’ici-bas et de l’au-delà. » Extrait succinct de Akhlâq hamalatil-Qourân (p.27)

Celui qui veut obtenir la chance qui réside dans la parole du Prophète ﷺ selon laquelle les gens du Coran sont les privilégiés d’Allah doit veiller à ne lire le Coran entièrement en moins d’un mois. En effet, Al-Boukhârî (1978) a rapporté d’après ‘Abdoullah Ibn ‘Amr رضي الله عنه que le Prophète ﷺ lui a dit :

– « Lis le Coran entier en un mois. »

– « Je peux faire plus. »

Son interlocuteur n’a cessé de discuter avec lui jusqu’à ce qu’il lui dit :

– « Donc en trois jours. »

Sous ce rapport, chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « Ce qui est exact  à propos du hadith de ’Abdoullah Ibn ‘Amr est que le Prophète ﷺ a finit par lui recommander sept jours. Au début , il lui avait recommandé de le lire en un mois. Aussi faut-il varier le temps d’une lecture complète du Coran entre un mois et une semaine. » Selon une version, il (le Prophète) lui avait initialement recommandé d’étaler la lecture du Coran sur 40 jours. Une facilitation dont celui qui redouble d’effort pourrait se passer pour réduire le temps de lecture à 3 jours. » Extrait de Madjmoû’ al-fatâwâ (13/407-408).

Ceci signifie qu’il est préférable d’étendre la lecture du Coran sur une période variant entre une semaine et un mois. Quand on est occupé, on peut prolonger la durée à 40 jours.

Il convient de regarder dans son Coran chaque jour pour lire la parole de son Maître. Il faut en faire une pratique quotidienne à préserver. Le minimum à lire par jour est d’une partie sur trente approximativement. Plus on augmente la quantité, mieux cela vaudra, pourvu de méditer ce qui est lu et d’en appliquer les dispositions et règles morales et comportementales.

L’imam Ahmad a rapporté dans  Az-Zouhd (p.128) qu’Outhmân رضي الله عنه a dit :  « Je n’aimerais pas passer un jour et une nuit sans regarder dans le livre d’Allah. »

Selon Ibn Kathîr رحمه الله : « Ils (les ancêtres pieux) réprouvaient qu’on laisse passer un jour sans regarder dans son  Coran. » Extrait de Tafsîr dIbn Kathîr (1/68).

Chaykh Ibn Jibrîn رحمه الله a dit : « Ceux qui lisent le Coran durant toute l’année sont les gens du Coran, les privilégiés d’Allah. Le musulman doit s’intéresser au Coran et faire partie de ceux qui le lisent correctement, adhèrent à ce qu’il rend licite, observent ce qu’il interdit, appliquent ses sentences claire et précises, croient en ses dispositions ambiguës, s’arrêtent sur ses aspects merveilleux, méditent ses exemples et le contenu de ses récits et mettent ses enseignements en pratique. En effet, le Coran est révélé pour être appliqué, même s’il est vrai que sa seule lecture est déjà un acte générateur de récompense.  

Celui qui veut figurer parmi les gens du Rappel doit faire partie de ceux qui lisent le livre d’Allah correctement  à la mosquée comme chez lui et dans son lieu de travail. Il ne doit pas le perdre  de vue. Il ne doit pas réserver cette activité au seul mois de Ramadan.

Quand vous lisez le Coran, efforcez-vous à le terminer par exemple en cinq jours ou en trois jours.Il est préférable de s’aménager une portion quotidienne à lire après la seconde prière de la nuit ou après celle de l’aube ou après la seconde prière de l’après midi, etc. Il faut que vous portiez les traces de ce Coran durant toute l’année et que vous aimiez la parole d’Allah au point d’en éprouver du plaisir, de la douceur et de la fraicheur. Dès lors, vous ne vous lasserez plus ni de le réciter ni de  l’entendre réciter.  

Voilà le profil caractéristique du croyant apte à se considérer comme un membre des gens du Coran qui constituent les privilégiés d’Allah Très-haut. »  Extrait des fatwaa du Chaykh Ibn Jibrîn (59/31-32).

Rater la portion du Coran qu’on s’est engagé à lire quotidiennement à cause d’un voyage, d’une maladie ou d’autres ne représente aucun inconvénient. À ce propos, Al-Boukhârî (2996)  a rapporté d’après Aboû Moûsâ رضي الله عنه que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Quand un fidèle musulman tombe malade ou se trouve en voyage, on lui inscrit (une récompense ) égale à celle qu’il méritait quand il était résident et sain. »

Celui qui aspire faire partie des gens du Coran ne doit pas laisser passer un jour sans le lire en l’absence d’une excuse. L’homme du Coran ne le perd pas de vue et ne s’en détourne jamais.

Allah le sait mieux.

Source : https://islamqa.info/ar/145782

« […] de faire le Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis » 

L’imam Ahmad rapporte dans son Mousnad un hadîth selon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd رضي الله عنه où le Prophète ﷺ dit :

« Pas une personne touchée par un souci ou une tristesse ne dit : « Ô mon Seigneur je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante. Mon toupet est dans Ta Main. Ton jugement s’accomplit sur moi, Ton décret est juste à mon égard.

Je Te demande par tous les noms qui t’appartiennent, avec lesquels Tu t’es nommé, ou que Tu as enseigné à l’une de Tes créatures, ou que Tu as révélé dans Ton Livre, ou bien que Tu as gardé secret dans Ta science de l’invisible, de faire le Coran le printemps de mon coeur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes soucis »[1] sans qu’Allah ne lui retire ses soucis et sa tristesse et les remplace par un soulagement. »

On lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Devons-nous l’apprendre ? » Il répondit : « Bien sûr, il convient à tous ceux qui l’entendent de l’apprendre. »

Nous l’avons certainement entendu de nombreuses fois dans des sermons (Khoutbah), des cours ou lu dans des livres… Mais il se peut que certains d’entre-nous ne se soient pas motivés à l’apprendre, ni par la mémorisation, ni par la compréhension de ses sens, ni en la disant lorsqu’un souci nous touche.

Et ces trois aspects sont trois sortes de négligence :

1) La personne se montre de base négligente dans la mémorisation de cette invocation, sa lecture et sa révision. 

2) Ou bien elle l’a mémorisée mais elle est passée outre la compréhension de ses sens et ne s’est pas arrêtée sur ses significations. 

3) Ou encore elle néglige le fait de la dire ; si elle est tourmentée ou préoccupée elle s’active dans de nombreuses affaires mais il ne vient pas à son esprit cette invocation bénie.

Il convient de nous remettre en question et de combattre notre âme afin qu’elle guérisse.

Cette invocation est bénie, il ﷺ nous a informé qu’il n’y a pas de personne touchée par un souci ou une angoisse et qui la prononce sans qu’Allah ne les lui retire et les remplace par une joie – et dans une autre version « un soulagement ».

L’inquiétude qui recouvrait son coeur et lui était douloureuse se transforme en une joie après cette invocation, elle se transforme en quiétude. Par la suite, il émane d’Allah le soulagement de ce qui touchait l’individu.

Et c’est le véridique qui ne prononce rien sous l’effet de la passion qui nous a indiqué cela, il ﷺ nous en a informé et nous a orienté vers cette invocation.

Par Allah, cette parole est vérité ! Elle contient ce qui soulage les afflictions et guérit les angoisses. Elle aboutit au soulagement et à sa concrétisation comme notre Messager ﷺ nous en a informé.

Quant à nous, nous avons besoin de trois choses vis-à-vis de cette invocation que j’ai indiqué comme suit :

La première chose, c’est de la mémoriser.

La seconde, c’est d’en comprendre les sens.

Et la troisième, c’est de veiller (à la dire) si l’un de nous est touché par un souci ou une angoisse.

Lorsque nous observons cette invocation, nous constatons qu’elle repose sur quatre fondements indispensables pour remédier aux afflictions. Il convient de la méditer et de veiller à la comprendre quand nous la disons :

Le premier fondement : 

Concrétiser l’adoration d’Allah. 

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Récitation émouvante de la sourate « Âli ‘Imrâne » [La famille d’Imrâne] (Verset 169-177) – Chaykh ‘Abd Al-‘Azîz Al-‘Asîrî (Vidéo)