Leçons à tirer de la sourate de Yoûsouf à propos de la jalousie

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Yoûsouf عليه السلام a été éprouvé par la jalousie de ses frères à son égard, lorsqu’ils dirent :

{Quand ceux-ci dirent : « Yoûsouf (Joseph) et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes nombreux. Notre père est vraiment dans un tort évident} [S.12, v.8]

Ils les ont jalousés en raison de la préférence que leur portait leur père, et c’est pour cette raison que Ya’qoûb عليه السلام dit à Yoûsouf :

{Ô mon fils, ne raconte pas ta vision à tes frères car ils comploteraient contre toi, le Diable est certes, pour l’homme, un ennemi déclaré.} [S.12, v.5]

Ensuite, ils ont été injustes envers lui en envisageant de la tuer, en le jetant dans le puit et en le vendant comme esclave à des gens qui l’ont emmené vers une terre de mécréance, devenant ainsi la propriété d’un peuple mécréant.

Ensuite, Yoûsouf عليه السلام a été éprouvé – après avoir subi une injustice – par celle qui l’appelait à la fornication, s’offrant à lui et utilisant tous les moyens pour l’obtenir. Mais il s’en défendit fermement et choisit la prison plutôt que la fornication et le châtiment de ce monde plutôt que la colère d’Allah. Là encore, il subit une injustice, cette fois de celle qui l’avait aimé par passion et mauvais dessein. Cette femme amoureuse l’a donc aimé en raison d’une passion à son égard, cette passion ne pouvant être soignée qu’à condition qu’il accepte ses avances.

Ses frères l’ont détesté au point de le jeter dans le puit et d’en faire un esclave sans qu’il l’ait choisi. Ils l’ont arraché à la liberté pour lui passer les chaînes de la servitude illégale sans qu’il puisse choisir. Et (cette femme) l’a contraint à choisir d’être emprisonné et écroué, mais volontairement cette fois-ci. Cette seconde épreuve était donc plus importante car la patience y résultait d’un choix et était accompagnée de crainte d’Allah, alors (qu’avec ses frères) il dut supporter leur injustice avec patience, car celle-ci fait partie des malheurs qui, si l’on ne les supporte pas noblement dès lors qu’ils se produisent, font ressembler l’être humain à une bête de somme qui n’a d’autre choix que d’endurer ce qu’on lui fait subir. La patience dont a fait preuve Yoûsouf dans le seconde épreuve est donc meilleure que la première, c’est pour cela que Yoûsouf a dit :

{Pour celui qui craint [son Seigneur] et patiente, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants.} [S.12, v.90]

De même pour tout croyant qui est persécuté pour sa foi et auquel on demande de renier sa foi, de désobéir ou de transgresser – et, s’il ne le fait pas, est châtié et persécuté – et qui choisit la persécution plutôt que de laisser se religion, en étant jeté en prison ou chassé de son pays, comme cela est arrivé aux Mouhâjirîn qui ont préféré laisser leur pays plutôt que leur religion et qui ont été persécutés pour cela.

Source : « Les maladies du cœur » du chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah, éditions Tawbah, p.63 – 64.

La patience du Prophète ﷺ face aux persécutions des mécréants

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Le Prophète ﷺ a été persécuté de différentes manières et il choisissait de patienter, car il était persécuté afin qu’il cesse d’accomplir ce qu’il avait choisi de faire, ce qui est plus encore que la patience de Yoûssouf عليه السلام. En effet, on a appelé Yoûssouf à la fornication, et il n’a été châtié par la prison que parce qu’il a refusé, alors que c’est la mécréance qu’on a demandé au Prophète ﷺ et ses Compagnons رضي الله عنهم, et comme ils ont refusé ils ont été châtiés par le meurtre et d’autres choses encore. Et le plus petit châtiment qu’ils ont subi fut la prison lorsque les polythéistes les ont confinés un temps dans une vallée en dehors de la ville, et dès lors qu’Aboû Tâlib décéda, les persécutions ont augmenté.

Quand les polythéistes de Qouraych apprirent que les Ansârs de Médine avaient prêté serment d’allégeance au Prophète ﷺ, ils voulurent l’empêcher de quitter la Mecque, le bloquant lui et ses Compagnons. On ne pouvait quitter la ville que secrètement, sauf ‘Oumar Ibn Al-Khattâb et (les nobles) comme lui qui voulaient quitter leurs demeures, mais malgré tout, ils empêchaient certains d’entre eux.

Les croyants n’ont subi ces persécutions et ces épreuves que parce qu’ils ont choisi d’obéir à Allah et Son Prophète ﷺ de la même façon que Yoûssouf à choisir d’obéir à Allah en préférant la prison au péché. Ce n’était donc pas une épreuve céleste que le serviteur subit bon gré mal gré, comme ce qui est arrivé à Yoûssouf عليه السلام lorsqu’il a été séparé de son père. La patience volontaire est la plus noble et la plus méritoire des deux, bien que celui qui patiente face à une épreuve (contre laquelle il ne peut rien) sera récompensé pour sa patience, sa quiétude et verra ses péchés pardonnés en raison des malheurs qui le touchent. Quant à celui qui est persécuté car il a choisi d’obéir à Allah, il obtient la même récompense et on lui écrit en plus une bonne action.

Allah سبحان الله وتعالى dit : {Ils n’éprouvent ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah, ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des mécréants, et n’obtiendront aucune victoire sur un ennemi, sans qu’on ne leur écrive pour cela une bonne action. Certes, Allah n’annule pas la récompense des bienfaisants.} [S.9, v.120]

Au contraire de celui qui subit une épreuve qu’il n’a pas choisie, comme la maladie, la mort d’un être cher, le vol de ses biens, et qui n’est récompensé que pour sa patience face à cette épreuve, pas pour l’épreuve elle-même. En effet, la patience face aux malheurs ne fait qu’effacer les péchés, alors que c’est pour les actes volontaires et leurs conséquences que l’on est récompensé.

Ceux qui sont persécutés pour leur foi, leur obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ et qui subissent pour cela gêne, maladie, emprisonnement, émigration forcée, perte de biens et d’êtres chers, coups, insultes, perte de prestige, sont sur la voie des Prophètes et de ceux qui les suivent comme les Mouhâjiroûn. Ceux-là sont récompensés pour leurs persécutions qu’ils subissent et on leur écrit une bonne action, de la même manière que le combattant sur le sentier d’Allah est récompensé pour la faim, la soif, la fatigue et la colère des mécréants qu’il provoque. Même si tout cela n’est pas un acte qu’il accomplit, mais cela découle d’un choix qu’il a fait [à savoir a foi et l’obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ.] Ce sont là ce que l’on appelle les conséquences des actes volontaires. Et les savants ont divergé à leur sujet : ces conséquences doivent-elles être attribuées à l’auteur des actes, à Allah ou bien n’ont-elles en fait aucun instigateur ? L’avis le plus correct est que ces conséquences doivent être attribuées à l’auteur des actes mais aussi à toutes les autres causes. C’est la raison pour laquelle on lui écrit une bonne action.

 

Source : « Les maladies du cœur » du chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah, éditions Tawbah, p.65 à 67

Prenez garde aux innovations dans la religion !

1 – ’Âichah rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. »[1]

2 – Jâbir Ibn ‘Abdillah رضي الله عنه a rapporté que le Prophète صلى الله عليه وسلم faisait un sermon, il disait : « … Ceci étant, la meilleure des paroles est le Livre d’Allah et la meilleure voie est celle du Mouhammad صلى الله عليه وسلم. Et la pire des choses est celle nouvellement introduite dans la religion, (et toute chose nouvellement introduite dans la religion est une innovation) et toute innovation est égarement (et tout égarement mène en Enfer). » [2]

Médite bien mon frère ces deux nobles hadîths prophétiques authentiques provenant du coeur de la sounnah. Examine-les attentivement et tu trouveras qu’ils sont un remède pour toi – Inchâ Allah – contre toute innovation introduite dans la religion d’Allah. Ceci étant, le Prophète صلى الله عليه وسلم a jugé toute innovation comme étant un égarement, il n’a pas dit : certaines sont un égarement et d’autre ne le sont pas. Il a plutôt dit : « Toute (Koull) ». Et « Toute (Koull) », cher frère, désigne une généralité.

Médite aussi sur la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. » C’est à dire que cette n’est pas acceptée. Et il n’a pas dit que cela dépendait de l’intention de son auteur? Il l’a plutôt jugée comme étant rejetée.

Et si quelqu’un venait te dire : toute innovation n’est pas égarement, et tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté. Alors dis-lui : Qui est plus savant : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? Et qui craint le plus Allah : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? S’il revient et atteste de ce qui est explicite dans ces deux hadîths, en a la conviction et oeuvre avec leur contenu, il a alors bien agi. Mais s’il persiste sur son premier propos affirmant que toute innovation n’est pas forcément rejeté, alors dis-lui : Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit d’un côté : « Toute innovation est égarement » et « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, cela sera rejeté. » Et toi tu dis d’un autre côté que toute innovation n’est pas égarement, et que tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté ! Dis-lui aussi : Tu as, pour ta part, fait scission d’avec le Messager صلى الله عليه وسلم ! Et rappelle lui la parole d’Allah سبحانه وتعالى : (Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu, et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination.) (Sourate An-Nisâ, v.115)

Ô Allah ! Fais que nous mourions en conformité avec le Coran et la Sounnah, et épargne-nous toutes innovations, Ô Seigneur des mondes.

Et voici un rappel profitable du grand savant Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, extraite de son livre « Madârij As-Sâlikîn » 1/224 : « L’innovation mène progressivement son auteur de la petite à la grande, jusqu’à ce qu’il soit dépouillé de sa religion comme un cheveu est enlevé d’une pâte. Seuls les gens doués de clairvoyance se rendent compte des méfaits des innovations. Quant aux aveuglés, ils sont perdus dans les pénombres de l’égarement. (Celui qu’Allah prive de lumière n’a aucune lumière.) (Sourate An-Noûr, v.40) »

 

[1]Al-Boukhârî n°2550 et Mouslim n°1718. Et Mouslim rapporte dans une autre version : « Celui qui fait une oeuvre non conforme à notre religion, elle sera rejetée. »

[2]Rapporté par Mouslim « Al-Joumou’ah », n°867 (2/592) et ce sont ses propos. Et An-Nasâî dans « Al-‘Idayn » chap.22, 3/188-189, et les deux ajouts entre parenthèses sont de lui.

Source : « Leçon de Tawhid – Al-Qawl Al-Mufîd » du Chaykh Mouhammad Al-Wousâbî رحمه الله, Éditions Tawbah.

La mention d’Allah

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J’ai constaté que pour la plupart des hommes, les actes de dévotion ne sont que des habitudes, alors que pour les gens lucides toutes les habitudes constituent une réelle dévotion. L’insouciant dit : « Gloire à Allah » par habitude, alors que l’homme lucide ne cesse de réfléchir aux merveilles de la création ou à la grandeur du Créateur ; ainsi sa réflexion l’agite et il s’écrie : « Gloire à Allah ! ».
Qu’un homme examine une grenade et observe l’alignement de ses grains, les membranes qui l’empêchent de flétrir, le liquide autour du noyau et la membrane qui le recouvre pour le protéger. Qu’il observe aussi la formation du poussin au cœur de l’œuf, de l’être humain dans les entrailles de la mère, et d’autres créatures encore qui l’amèneront à vénérer le Créateur et il s’écrira : « Gloire à Allah ! »
Cette glorification sera le fruit de la réflexion, et c’est là la glorification des hommes lucides. Leurs pensées ne cessent de voler et leurs adorations se réalisent à travers leurs glorifications.
De même, ils réfléchissent sur des péchés abominables passés, et cette réflexion provoque une agitation interne, un malaise du cœur et un regret de l’âme, et cela les amènent à dire : « Je demande pardon à Allah. » Ce sont là la glorification et la demande de pardon. Les insouciants ne disent cela que par habitude, et il y a un fossé entre ces deux groupes.

Source : « Les pensées précieuses », d’Ibn Al-Jawzî, éditions Tawbah