Conseils aux époux – Chaykh Soulaymân Ar-Rouhaylî (Vidéo)

Certes, il est le roi


Le cœur est l’émir du corps et le souverain des membres ; il est leur unique berger et leur leader.
Les membres et les sens sont ses disciples, ils n’extériorisent que ce qu’on leur ordonne.
Ainsi, tous les actes qui en découlent résultent du décret du cœur qui utilise les membres uniquement dans ce qu’il désire, ils sont à sa merci. 

De lui s’acquiert la droiture ou l’égarement.

De plus, on trouve entre lui et les membres une relation surprenante et une étrange similitude, car chacun d’eux impacte sur l’autre [même si l’impact du cœur sur les membres est plus fort].

Dès lors, si le regard dévie c’est qu’il en a reçu l’ordre, si la langue ment c’est parce qu’elle n’est qu’une esclave soumise [au cœur], et si le pied se dirige vers l’illicite c’est que le cœur s’y est déplacé en premier. C’est pour cette raison que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit concernant celui qui prie de manière distraite : « Si le cœur de celui-ci avait été humble et concentré, alors ses membres l’auraient été également. » Et il dit à celui qui dirige la prière [commune] de dire aux fidèles : « Alignez-vous et ne déviez-pas [de vos rangs] de crainte que vos cœurs ne divergent. »
Les actes des membres sont donc le fruit des actes du cœur.

En résumé : Le cœur est la ligne défensive du début à la fin, ainsi, s’il faiblit, se corrompt ou qu’il capitule alors les membres s’écrouleront.

Et inversement, si le serviteur évoque son Seigneur c’est parce que le cœur L’a évoqué ; s’il laisse sa main s’adonner à l’aumône c’est parce que le cœur lui a permis cela ; et si l’œil verse des larmes c’est parce que le cœur lui en a donné l’ordre. De ce fait, c’est lui qui dicte à la langue ce qu’elle doit prononcer, à la main ce qu’elle doit écrire et ordonne aux pieds de se déplacer.

Le Prophète  صلى الله عليه وسلم a évidemment défini le droit du cœur et le rang qu’il occupe. Il alla jusqu’à le décrire comme « un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera. ». Et c’est la première chose vers laquelle il nous a orientés afin que nous puissions l’éduquer, lui prêter attention et le purifier.

Par conséquent, tous les actes reviennent au cœur et découlent de lui ; et on entend par « tous les actes » tous les faits et gestes que l’on accomplit tel le vêtement que l’on revêt ou le corps que l’on embellit ! Et c’est ce qu’a compris le noble compagnon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه, à qui a été donné la compréhension du Coran, en disant : « Les apparences ne se ressembleront que si les cœurs se ressemblent. » 

Il est l’objectif premier du bien-aimé صلى الله عليه وسلم  :

La mère des croyants, ‘Âicha رضي الله عنها , a dit : « Parmi les premiers passages du Coran à avoir été révélés, il y a une sourate parmi les sourates moufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l’Enfer ; et puis, lorsque les hommes retournèrent vers l’islam, le licite et l’illicite furent révélés. Si dès le début Allah avait révélé : « Ne buvez plus d’alcool », les hommes auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! ». Et si dès le début Il avait révélé : « Ne commettez plus l’adultère ! », les hommes auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! » »

Allah interdit l’alcool durant la 2ème année de l’hégire, soit 15 ans après le début de la prophétie, et Il rendit obligatoire l’aumône également durant la 2ème année hégirienne. Il prescrit le voile légiféré lors de la 6ème année de l’hégire, soit 19 ans après le début de la prophétie.
Tout cela sont des commandements [divins] dont la révélation fut retardée jusqu’à ce que les cœurs se soient purifiés, adoucis et que la vérité s’y soit fermement ancrée, et soit sans équivoque.

Et pour montrer la noblesse du cœur, Allah fit de lui un outil et un moyen [pour la personne] de connaître son Seigneur et d’être guidée vers Lui. Mais si Allah se mettait en colère contre un serviteur, le pire des châtiments qu’Il pourrait lui infliger serait de lui faire obstacle entre Lui (Allah) et son cœur. Et cet obstacle se traduirait par le fait qu’Allah lui interdise de Le connaître et [lui interdise] Sa proximité.

Voilà donc la raison pour laquelle prêter une attention particulière au cœur c’est prêter une attention à ce qui est le plus important sur ce qui l’est moins, et se préoccuper de la base sur ce qui est secondaire.

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Coeur des Croyants)

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Dis-moi à quoi tu joues, je te dirai …

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L’importance du jeu

On rapporte de Hassan Ibn ‘Alî رضي الله عنه, qu’en rentrant chez lui en compagnie de son fils ‘AbdAllah, il remarqua que des enfants avaient pris le toit de sa demeure comme aire de jeux. ‘AbdAllah souhaita les chasser, mais son père s’y opposa et lui dit : « Laisse-les, le jeu est leur printemps! »[i].

De tous temps, le jeu a occupé une place prépondérante dans la vie de l’enfant, et le propos voulant que « Par le jeu, l’enfant construit son « je » » illustre bien sa fonction éducative.
L’importance du « ludique » dans le développement de l’enfant est très présente dans l’héritage islamique ; la prise en compte de ce besoin élémentaire se révèle même dans la souplesse de la législation islamique concernant les statuts juridiques s’y rapportant.
Ibrâhîm An-Nakha’î رحمه الله, célèbre jurisconsulte du 7ème siècle[1], disait : « Ils (les compagnons du Prophète) autorisaient aux enfants ce qu’ils ne permettaient pas aux plus grands, à l’exception du chien ».
Cette même règle fut mentionnée par le célèbre érudit Ibn Taymiyyah رحمه الله dans son ensemble de fatwas et lorsque le jurisconsulte Mouhammad Ibn Sâlih Al ‘Outhaymîn رحمه الله justifie le bien-fondé de cette règle, il insiste sur le fait que « l’enfant a un penchant inné pour le jeu, le divertissement… »

Comme on y a déjà fait allusion, le jeu a, en plus d’une fonction divertissante, une fonction éducative primordiale. Par son biais, les enfants sont à même d’intégrer les diverses règles de vie en société, de s’initier aux relations sociales et de construire ainsi leur personnalité (développement psychoaffectif et cognitif).

Cette fonction éducative du jeu fut évoquée par plusieurs théologiens musulmans.
‘Âichah رضي الله عنها , la mère des croyants, rapporte : « Je jouais avec mes copines à la poupée chez le Messager d’Allah. Lorsqu’il entrait dans la pièce, elles s’enfuyaient ; il les ramenait alors vers moi pour qu’on continue à jouer ensemble. » [Boukhârî et Mouslim]

On peut lire dans le commentaire de ce hadîth par An-Nawawî رحمه الله, célèbre exégète : « Cela prouve l’autorisation des poupées. Celles-ci font donc exception aux hadîths prohibant les représentations figurées, elles contribuent à l’initiation de la femme, depuis son enfance, à s’occuper d’elle, de son foyer et de ses enfants. »

L’érudit et savant du hadîth Nâsir Ad-Dîne Al-Albânî رحمه الله insista également, sur l’importance de l’usage du jouet dans une démarche pédagogique : « Le Prophète a permis aux fillettes d’acquérir des jouets imagés, il y a en cela une évidente sagesse comme cela est démontré dans le hadith de ‘Âichah avec ses jouets…La sagesse en cela réside dans le fait que la petite fille s’exerce, par le biais du jeu, à assumer sa future fonction matrimoniale. »
Dans le même registre d’idées, on peut mentionner le hadîth de Roubayyi’ Bint Mou’awwidh رضي الله عنها, compagnonne du Prophète صلى الله عليه و سلم :
« Nous fabriquions des jeux en laine pour nos enfants afin de les distraire de manger et de boire, jusqu’à l’heure de la rupture du jeûne ».

Le jeu et la licité islamique

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La colère (Ses méfaits et ses remèdes)

de4c27b45b_foudre-canon-1512L’imâm Al-Boukhâry rapporta un hadîth selon Aboû Hourayrah رضي الله عنه qui dit : « Un homme demanda au Prophète صلى الله عليه و سلم : « Fais moi au recommandation » Il dit alors : « Ne te mets pas en colère! » Il réitéra sa demande plusieurs fois et à chaque fois il صلى الله عليه و سلم répondit « Ne te mets pas en colère! » et dans une autre version selon At-Tirmidhi cet homme demanda au Prophète : « Enseigne-moi quelque chose qui ne soit pas trop, peut-être m’en rappellerais-je. » Il dit alors : « Ne te mets pas en colère » Il réitéra sa demande plusieurs fois et à chaque fois il صلى الله عليه و سلم répondit : « Ne te mets pas en colère! »

Cet homme demanda au Prophète صلى الله عليه و سلم une recommandation concise et générale afin d’atteindre le bien et ainsi le préserver. Le Prophète صلى الله عليه و سلم lui recommanda donc de ne pas se mettre en colère. Puis cet homme répéta sa demande plusieurs fois au Prophète صلى الله عليه و سلم qui répondit à chaque fois la même chose : « Ne te mets pas en colère! » 

Cela signifie que la colère n’engendre que le mal, et la maitriser n’engendre que le bien.

L’imâm Ahmad رحمه الله rapporta dans son Mousnad selon ‘AbdouLlah Ibn ‘Amr رضي الله عنه qui interrogea le Prophète صلى الله عليه و سلم: « Qu’est ce qui m’éloigne de la colère d’Allah عز و جل ? » Il répondit : « Ne te mets pas en colère! »

On demanda à Ibn Al-Moubârak رحمه الله : « Résume pour nous ce qu’est le noble caractère en un seul mot. » Il dit alors : « Le délaissement de la colère. »

Ja’far Ibn Mouhammad رحمه الله a dit : « La colère est la clé de tout mal. »

La colère est une immense et vaste porte parmi celles provenant de Satan (le Diable) dont de nombreux gens périssent par sa cause :

  • Parmi eux, celui qui tue son frère sous la colère, puis il regrette… mais c’est seulement après-coup.
    Combien sont maintenant en prison se mordant les doigts et qui souhaiteraient ne jamais avoir connu cette vie?! Et pourquoi? À cause d’un meurtre commis sous la colère pour une chose insignifiante.
    Il y en a qui tuent pour un seul mot ou une seule parole qu’ils ont entendue. Alors que s’ils étaient croyants et se conformaient à la Législation, ils ne seraient jamais tombés dans cette énorme injustice.
  • Parmi eux aussi celui qui, lorsqu’il s’énerve, insulte Allah جل جلاله, mais aussi la religion et ses parents…
    Un musulman qui insulte son Seigneur?! Un musulman qui insulte sa religion et ses parents??
    Il est où ton comportement mon frère, ma soeur?? Elle est où ta foi et ta religion?! Peut-être qu’il prie et vient à chaque prière du joumou’ah mais dès qu’il est pris par la colère… Qu’Allah nous vienne en aide
    Tout cela pourquoi? La colère.
  • Parmi eux également celui qui divorce sa femme pour la moindre chose lorsqu’il s’énerve, puis il regrette, mais seulement après. Il se montre injuste envers lui-même, envers son épouse et ses enfants.

La colère, Ô serviteur d’Allah, est un état qui lorsqu’il envahit l’homme change son apparence et son intérieur. Sa langue dérape et il se met à proférer des insultes, des grossièretés et des paroles perverses.
Et il se peut aussi que sa main s’agite et qu’il en arrive à frapper et à causer des dégâts, il se peut même que sa propre main lui fasse du mal.

Mais le mal provoqué par la colère sur le cœur est beaucoup plus fort. Il porte ainsi la haine, la rancune, l’animosité et il dissimule en lui le mal pour autrui.

« Ne porte pas en lui-même la haine d’autrui celui dont ses morales l’ont élevées
Et il n’atteindra pas la grandeur si sa nature est la colère »

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