Il tire leçon de toutes choses

(Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer !) (Al-Hijr, v.75) Ceux qui savent observer (Al-Moutawassimoûn – المُتَوَسِّمُونَ) sont ceux qui réfléchissent et tirent des leçons. Ils auscultent les choses, les contemples et extraient des préceptes. Ils observent minutieusement jusqu’à connaitre la réalité de ce qu’ils observent à travers leurs attributs. 

Les gens de science ont dit : « At-Tawassoum – التَّوَسُّم (L’observation minutieuse) provient du terme Al-Wasm – الوَسْم (l’attribut, la caractéristique, l’empreinte…). Il désigne un caractère distinctif sur lequel on s’appuie. On dit : « J’ai pu observer/voir (Tawassamtou – تَوَسَّمْتُ) qu’il était quelqu’un de bien quand je vis cela à ses traits. »

On trouve également la parole de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah[1] au Prophète ﷺ : 

« Assurément, j’ai vu (تَوَسَّمْتُ) en toi tout le bien que je connais,

Et Allah sait parfaitement que mon regard est persistant. » 

On dit (اتَّسَمَ الرَّجُل) quand une personne s’est attribué un signe par lequel on le reconnait. 

(Al-Wâsim – الواسِم) désigne celui qui te regarde de la tête au pied. 

Donc le terme (At-Tawassoum – التَّوَسُّم) a pour origine le fait de s’assurer d’une chose et d’y réfléchir. Il provient du terme (Al-Wasm – الوَسْم) qui désigne également le marquage au fer que l’on applique sur la peau d’un chameau ou d’un autre animal.

Quant au pronom démonstratif (Voilà), il indique tout ce que contient l’histoire qui a été précédemment citée à partir de La Parole du Très Haut : (Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrâhîm (Abraham)) (Al-Hijr, v.51). On y trouve de très nombreux miracles et leçons, parmi eux : 

  • La descente des Anges à la demeure d’Ibrâhîm عليه السلام pour l’honorer.
  • L’annonce de la bonne nouvelle qui lui a été faite concernant la naissance d’un garçon plein de savoir.
  • Allah l’informa du châtiment avec lequel les Anges frapperont le peuple de Loût.
  • Le secours d’Allah pour Loût via les Anges
  • Il l’informa également qu’Il sauvera Loût عليه السلام et sa famille. 
  • Qu’Il anéantira son peuple et sa femme car elle a soutenu son peuple.
  • La preuve de l’aveuglement de ceux qui se sont égarés de la voie droite.
  • La preuve de la Colère d’Allah sur ceux qui persistent dans la désobéissance des messagers.
  • Que cette colère est une humiliation pour ceux qui n’ont pas craint les signes d’Allah, car ils ne savent pas observer et réfléchir.
  • Cette histoire est une remontrance aux polythéistes de La Mecque qui n’ont pas tiré de leçon.
  • Et qu’ils seront atteints [s’ils persistent] par ce qui toucha les communautés avant eux dont ils connaissaient leurs histoires et voyaient leurs vestiges.
  • Cette histoire est également une remontrance pour les désobéissants et insouciants qui empruntent la même voie.

Les hommes du discernement et de la sagacité :

Cette sagacité et ce discernement ne s’obtient qu’après avoir vidé le cœur des préoccupations mondaines, l’avoir purifié de la souillure des péchés, des comportements corrompus et des exagérations dans le domaine du licite. Dès lors, c’est la vérité qui parcourra le cœur, non les illusions. Car le cœur alternait entre la contemplation des signes d’Allah et la clarté des actes d’obéissances, c’est ainsi que la lumière se déversa sur lui[2]. Dans ce sens, on trouve la parole d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Nul ne m’interroge sur une quelconque affaire sans que je sache s’il est érudit ou non. »

Il a été rapporté que Ach-Châfi’î et Mouhammad Ibn Al-Hasan étaient tous deux dans la cour autour de la Ka’bah et virent un homme à la porte de la mosquée, l’un d’eux dit : « Je pense [que cet homme] est un menuisier. » Quant à l’autre de dire : « Je pense plutôt qu’il est forgeron. » Une personne présente s’empressa d’aller questionner cet homme qui lui répondit : « Auparavant j’étais un menuisier, mais maintenant je suis forgeron. »

Il a été rapporté de Joundoub Ibn ‘Abd-Allah Al-Bajalî رضي الله عنه qu’il arriva près d’un homme qui lisait le Coran, il s’arrêta et dit : « Celui qui récite [pour que les gens l’entendent], Allah fera entendre parler [en mal] de lui [le Jour de la Résurrection] ; et celui qui agit par ostentation, Allah le dévoilera [au gens]. » Nous lui dîmes : « C’est comme si tu avais désigné cette personne. » À cela il répondit : « En réalité, aujourd’hui celui-là vous lit le coran, et demain il sortira Haroûryan (Khârijî). » Effectivement, il devint par la suite la tête de ceux-là, son nom était Mirdâs.

Il a été rapporté d’Al-Hasan Al-Basrî que ‘Amr Ibn ‘Oubayd[3] entra auprès lui. Al-Hasan s’exclama : « Voici le maître des jeunes de Basorah, du moment qu’il n’innove pas. » Par la suite cet homme (‘Amr) dit ce qu’il dit concernant le destin d’Allah (Al-Qadr) jusqu’à s’écarter totalement de ses frères. 

Il a été aussi rapporté qu’Al-Hasan dit à Ayyoûb (en parlant de ‘Amr) : « Voici le maître des jeunes de Basorah » sans ajouter l’exception.

Il a été rapporté selon Ach-Cha’bî qu’il dit à Dâwoûd Al-Azadî, alors que ce dernier voulait polémiquer : « Tu ne mourras pas tant que ton visage n’aura pas été brûlé par le fer ». Et c’est effectivement ce qu’il se passa. 

Il a été rapporté qu’un groupe de la tribu Madh-hij (مَذْحِج) allèrent voir ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه. Parmi eux se trouvait Al-Achtar qui s’approcha de lui. ‘Oumar leva ses yeux, le scruta du regard puis demanda : « Qui est cet individu ? »- « Mâlik Ibn Al-Hârith » répondirent-ils. « Qu’a-t-il qu’Allah l’anéantisse ?! Je vois clairement un jour très dur pour les musulmans à cause de cet homme[4]. » Et lors d’un trouble [qui toucha les musulmans], il fit ce qu’il fit. 

Il a été rapporté selon ‘Outhmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qu’Anas Ibn Mâlik alla le voir après être passé par le marché où il avait regardé une femme. Lorsque ‘Outhmân le vit, il dit : « L’un d’entre vous vient me voir alors qu’il a dans ses yeux les traces du fornicateur ! » Anas lui dit alors : « Serait-ce une révélation après celle le Prophète ﷺ ? » Il répondit : « Non ! Mais c’est une constatation et un discernement. » Et il disait vrai.

Et nombreux sont ce genre d’histoires parmi les compagnons et les suiveurs (At-Tâbi’în) qu’Allah les agrée tous.

Les différents sortes de discernement et de sagacité :

L’interaction avec les évènements quotidiens : Si celui dont le cœur est vivant voit une obscurité, il la considère comme l’obscurité de la tombe. S’il trouve un bienfait, il se rappelle les délices du Paradis. S’il crie à cause d’une douleur, il a peur du châtiment du Feu. S’il sent l’odeur de la grillade, il se rappelle l’Enfer. S’il voit une personne désobéissante rigoler, il s’attriste de son sort dans l’Au-Delà. Et s’il voit un obéissant indigent, il se réjouit des bienfaits qu’il aura dans le Paradis.

‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz, qui figure parmi l’élite de ceux qui ont un cœur vivant, était debout avec Soulaymân Ibn ‘Abd Al-Mâlik. Lorsque ce dernier entendit le tonnerre il prit peur et posa sa poitrine sur l’avant de sa monture. C’est alors que ‘Oumar, qui est porté à la méditation et à la réflexion de tout ce qui l’entoure, s’exclama : « Voici le son de la miséricorde d’Allah[5], alors qu’en est-il si tu entendais celui de Son châtiment ?! »

Parmi ses semblables se trouve également Al-Hasan Al-Basrî dont Sallâm rapporte : « Il a été donné à Al-Hasan un verre d’eau afin qu’il rompe son jeûne. Lorsqu’il le rapprocha de sa bouche il se mit à pleurer puis s’exclama : « Je me suis rappelé le souhait des gens du Feu (« Déversez sur nous de l’eau, ») (Al-A’râf, v.50) puis je me suis rappelé la réponse qui leur a été faite : (Allah les a interdits aux mécréants.) (Al-A’râf, v.50)

Assurément, la vie du cœur procure à l’œil une vie et une clairvoyance supérieures, à l’instar de l’œil avisé et méditatif d’Aboû Al-Faraj Ibn Al-Jawzî qui raconta l’une de ses pensées que seuls ses homologues peuvent cerner : « J’ai constaté que tous ceux qui trébuchent sur une chose ou glissent sous la pluie regardent naturellement ce qui a causé leur chute, soit pour y prendre garde s’il devait repasser par cet endroit, soit pour savoir – avec précaution et intelligence – comment ont-ils pu passer à côté de ce genre d’obstacle. J’ai tiré de cela un enseignement et ai dit : « Ô toi qui trébuche de nombreuses fois ! N’as-tu pas vu ce qui t’a fait trébucher pour ne plus te laisser prendre par ce genre de chose ? Ou n’as-tu pas répugné fermement cela ?[6]« 

La lecture d’épitres éducatives :  Celui dont le cœur vie se questionne lui-même lorsqu’Allah lui facilite l’accomplissement d’une obéissance : « Quelle œuvre ai-je faite pour qu’Allah me récompense par l’accomplissement de cette obéissance ? Est-ce le fait d’avoir appelé à un bien, prié la nuit, aidé un musulman, pardonné à une personne m’ayant causé du tort ou accordé un délai pour celui qui était dans la gêne (pour rembourser sa dette) ? » 

Qu’il replonge dans ses souvenirs et réitère ses œuvres pieuses pour jouir de cette même récompense encore et encore. En outre Allah plaça de nombreuses récompenses (Littéralement : fruits), pouvant atteindre la cinquantaine, pour celui qui surveille les brèches de son cœur contre son ennemi et qui n’y pénètre que les bonnes actions qui sont en accord au cœur et qui agissent dans son intérêt et son profit. Mais Allah décréta que c’est seulement celui qui aura purifié son cœur et dont l’âme se sera élevée qui se délectera de ces fruits.

Voilà pourquoi Ibn Al-Qayyim cherche à te convaincre de l’importance de cette surveillance (du cœur) et du délaissement des péchés en disant : « S’il n’y avait (pour celui) qui délaisse les péchés et les désobéissances que ce qui va suivre, cela lui suffirait : 

  • Le respect des gens à son égard
  • La préservation de l’honneur
  • La préservation de sa notoriété auprès des gens
  • La protection des biens qui sont un soutien pour les intérêts mondains et ceux de l’Au-Delà
  • L’amour des créatures envers lui
  • Les gens l’écouteront avec intérêt 
  • Une vie agréable
  • Le repos du corps
  • Un cœur fort
  • Une âme bonne
  • Un bien-être du cœur
  • Une poitrine épanouie 
  • Une sécurité face aux troubles des débauchés et des pervers
  • Peu d’affliction, d’angoisse et de tristesse
  • Une âme digne qui ne sera pas sujette à l’humiliation
  • La préservation de la lumière du cœur que pourraient éteindre les ténèbres de la désobéissance
  • Une issue favorable là où les débauchés et les pervers n’en trouvent pas
  • L’octroi facile d’une subsistance d’où il ne s’y attend pas
  • Une facilité dans ce qui est difficile pour les pervers et désobéissants
  • Les actes d’obéissances et la science lui seront facilités 
  • L’éloge des gens à son égard
  • Beaucoup d’invocations lui seront faites
  • Son visage sera marqué par la douceur
  • Le respect qu’il inspire dans le cœur des gens 
  • Les gens le secourront si un tort lui est causé ou une injustice
  • Ils défendront son honneur s’il est médit
  • Ses invocations seront rapidement exaucées
  • La disparition de la distance qui le sépare d’Allah
  • Les Anges seront proches de lui
  • L’éloignement des démons parmi les Jinn et les humains
  • Les gens se concurrenceront pour le servir et répondre à ses besoins
  • Ils lui demanderont son amour et sa compagnie
  • Il n’aura pas peur de la mort, au contraire il s’en réjouira car il se rapprochera de son Seigneur et de Sa rencontre
  • Il dédaignera la vie d’ici-bas et accordera de l’importance à l’Au-Delà dans son coeur
  • Il y obtiendra le grand royaume et la victoire grandiose
  • Il goutera à la douceur de l’obéissance et aux délices de la foi
  • Les Anges qui portent le Trône (d’Allah), et ceux qui sont autour, invoqueront en sa faveur
  • Les scribes (parmi les Anges) se réjouiront et invoqueront pour lui en tout temps
  • L’augmentation de son raisonnement, sa compréhension, sa foi et sa connaissance
  • L’amour d’Allah pour lui, l’intérêt qu’Il lui porte et le fait qu’Il se réjouit de sa repentance

Et c’est ainsi qu’Allah le récompense par un bonheur et une joie qui n’est pas du tout comparable à la joie de celui qui commet les péchés. »

Mais dis-moi… Qui d’autre que ceux qui ont des cœurs vivants peut-il s’apercevoir de toutes ces récompenses ?! Et qui d’autre remercie Allah que ceux qui se délectent de la douceur de la foi, sa lumière et d’une saine nature qui n’a pas été souillée ?!

Parmi l’élite de ces cœurs vivants, doux et sensibles se trouve Yahya Ibn Mou’âdh qui constata cela par la clairvoyance perçante de la foi qu’Allah lui a doté, il dit : « Assurément, Allah fera aimer Son serviteur à Sa création en fonction de l’amour qu’il aura de son Seigneur ; la création d’Allah l’honorera en fonction du respect qu’il aura de Ses ordres divins ; Il fera que Sa création se préoccupe de lui en fonction de la préoccupation qu’il aura de Ses ordres ; en fonction de la quiétude qu’aura son cœur concernant la promesse d’Allah, sa vie lui sera agréable ; en fonction de sa persévérance dans l’obéissance à Allah, Allah fera d’elle un ornement dans sa poitrine ; en fonction de l’engouement qu’aura le serviteur à L’évoquer, Il lui pérennisera la récompense de sa bienfaisance ; en fonction de l’isolement qu’il aura des gens [qui ne lui sont d’aucun profit], Allah lui octroiera par Sa générosité une bonne compagnie. Si l’enfant d’Âdam n’avait de ses actes que les récompenses qui lui ont été précipitées ici-bas, cela aurait été beaucoup. »  

Les sanctions sont pour l’homme des indications :

Et inversement, si celui dont le cœur est vivant se voit priver d’accomplir un acte d’obéissance, il s’empresse à se questionner : « Quel péché ai-je commis pour en être interdit ? Quelle faute ai-je faite pour en être privé ? Serait-ce dû à une parole de médisance ? Un regard interdit ? Avoir désobéis à la mère ? Ou avoir écouté des choses indécentes ? » 

Qu’il se questionne lui-même surtout après qu’il ait tremblé de peur et d’effroi, et qu’il ait été convaincu de l’exactitude de l’analyse que fit Ibn Al-Qayyim رحمه الله où il conclut :  » Allah Exalté soit-Il décréta que les sanctions à l’égard de ceux qui commettent des actes répréhensibles soient le contraire de ce qu’ils visaient par ces actes-là. Ainsi, Il fit que la sanction du menteur soit l’invalidation de sa parole et qu’elle soit retournée contre lui. Il sanctionna celui qui s’approprie le butin [de guerre], désirant par cela augmenter sa fortune, par l’interdiction de sa part du butin [dont il avait droit] et la destruction de ses effets personnels. Il fit que les sanctions de celui qui chasse dans un endroit sacré, ou lorsqu’il est en état de sacralisation (Al-Ihrâm), soient la prohibition de manger ce qu’il a chassé (ou pêché) et une amende équivalente à la valeur de la proie. Il fit que celui qui se gonfle d’orgueil quand il s’agit de L’adorer et Lui obéir devienne esclave de ce qu’il adorait et suivait (en dehors d’Allah). Il fit que les peines infligées au malfaiteur et au brigand soient que leurs mains et leur jambes opposées soient coupées et que tous les chemins leur soient bloqués en les expulsant du pays. Ainsi, ils ne fouleront cette terre qu’avec effroi. Également, Il fit que la sanction infligée à celui dont le corps et l’âme jouirent d’une relation intime illicite soient une punition corporelle et spirituelle provoquée par les coups de fouet ou la lapidation. Cette douleur saura en fonction du plaisir qu’il aura eu [dans l’illicite]. En outre, le Prophète ﷺ légiféra pour celui qui regarde dans une demeure autre que la sienne que son œil soit transpercé par un bout de bois ou ce qui s’y apparente afin de corrompre ce membre par lequel il trahit en l’ayant fait pénétrer dans cette demeure sans qu’il y soit autorisé.

Il sanctionna aussi celui qui désire obtenir ardemment la tutelle, l’autorité et le jugement en le privant et l’interdisant de ce dont il convoitait. Voilà pourquoi Allah sanctionna le père de l’humanité, Âdam عليه السلام, en l’expulsant du Paradis lorsqu’il Lui désobéit en mangeant du fruit de l’arbre pensant obtenir l’éternité[7]. Sa sanction fut l’exclusion du Paradis qui était le contraire de ce qu’il escomptait. Allah punit ceux qui donnent aux gens moins de la mesure et du poids qui leur est dû par l’injustice d’un sultan qui prendra injustement leurs biens, bien plus que ce qu’ils diminuaient aux gens. Ceux qui ne donnent pas la Zakat (Aumône obligatoire), ni les aumônes afin de se divertir pleinement de leur argent, Allah retiendra la pluie de tomber. Ainsi, leurs biens et cultures périront, et les riches seront semblables aux pauvres quant à leurs besoins. Quant à ceux qui se détournent du Livre d’Allah, de la Sounnah de Son Prophète ﷺ et qui demandent la guidée à autre que Lui, Allah les égarera et leur fermera les portes de la guidée. 

Ce thème est extrêmement vaste et très bénéfique. Celui qui le médite y trouvera que les punitions que le Seigneur – Exalté soit Il – réserve à celui qui sort de Son obéissance seront à l’inverse de ce qu’ils avaient l’intention de faire, que ce soit par l’application des peines légales de la Législation (Ach-Charî’ah) ou par les décrets divins ici-bas ou dans l’Au-delà. »

On trouve parmi ceux qui ont médité ce sujet :

‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه, et y a-t-il plus sensé que lui ?! Az-Zouhrî a rapporté que lors de la lapidation des stèles, une pierre toucha le visage de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb et le blessa, il dit alors : « C’est un péché pour [avoir commis] un péché, et celui qui le commet en premier est le plus injuste.[8]« 

On en trouve un autre qui suit les traces d’Al-Fâroûq pas-à-pas, plaçant ses pieds sur ses empreintes, il s’agit d’Aboû Zour’ah Ar-Râzî. Ainsi, ‘Abd-Rahmân Ibn Abî Hâtim Ar-Râzî rapporte que : « Aboû Zour’ah tomba malade, je partis alors avec mon père le visiter. Il dit : « J’ai passé la nuit en bonne santé. Il m’est alors venu à l’esprit qu’à mon réveil j’énumèrerai les fautes dans lesquelles tomba Soufiân At-Thawrî. Lorsque je me suis réveillé, je partis accomplir la prière. Il y avait sur notre chemin un chien qui n’avait jamais aboyé sur moi, et jamais je le vis courir après quelqu’un. Pourtant là, c’est ce qu’il fit et me mordit. J’ai attrapé la fièvre et je me suis dit que cela fût à cause de ce que je voulus faire. J’ai donc délaissé cette idée. » 

Et le troisième d’entre eux est un gardien de prison. Oui, un gardien. Il dit : « J’étais un gardien de prison depuis plus d’une trentaine d’années et j’avais pour habitude de demander à chaque prisonnier arrêté pendant la nuit s’il avait prier le ‘Ichâ en groupe, et tous me répondirent que non. »

Et certes, le Prophète ﷺ a dit vrai : « Pas une calamité, grande ou petite, n’affecte un serviteur sans que cela soit dû à un péché qu’il a commis. Et Allah pardonne bien plus qu’Il ne châtie. »[9] Et il appuya cela par sa parole : « Toutes les calamités et les tristesses mondaines (qui touchent le serviteur) sont (pour lui) une récompense. »[10]

Le bien-guidé est celui que l’on guide et qui montre le chemin

Ce qui a été précédemment cité quant aux sanctions ne se limite pas seulement à la privation d’actes d’obéissances rapprochant d’Allah. Elle peut aussi se manifester par un endurcissement de la vie mondaine, un rétrécissement de la subsistance, la désobéissance d’un enfant, une vie tourmentée ou une querelle avec son épouse… Cela afin que tous ceux qui ne prêtent guère attention à la privation de la récompense de l’Au-Delà, qui n’ont que la vie du bas monde comme préoccupation, qui ne se tracassent pas pour l’Au-Delà et qui ne se réveillent que quand on les prive d’une chose de leur vie mondaine, prennent garde. 

Le professeur Ar-Râchid fit d’ailleurs une assez belle comparaison, il dit : « Quand un musulman accomplit une œuvre de bien pendant la nuit comme l’aumône, une prière à son heure, ordonner le convenable, assister les personnes soucieuses, faire comprendre une science à quelqu’un, intercéder pour un individu, cacher le péché d’un musulman, s’être interdit de faire du mal ou s’être occupé de la famille d’un combattant partit au combat, que se passera-t-il pour lui le lendemain ?

Il se réveillera auprès de son épouse au visage souriant ; ses enfants se réveilleront dès qu’on les appelle en étant parfaitement propres, chacun d’eux aura fini ses devoirs d’école et rangé ses livres [dans son cartables]. Lorsqu’il déjeunera sa nourriture sera délicieuse ; son épouse le saluera toujours avec le sourire jusqu’au moment où il montera dans sa voiture – qui est notre monture d’aujourd’hui – qu’il démarrera facilement au premier contact. Il trouvera les feux de signalisation vert lui ouvrant ainsi la voie en guise de « bienvenue ». Le conducteur devant lui conduira conformément au code de la route, avec courtoisie et sérénité ; même l’agent de circulation lèvera sa main pour le saluer. Puis lorsqu’il regagnera son bureau de travail, il le trouvera propre ; les inspecteurs qui viendront le voir seront des personnes bienveillantes aux nobles caractères. Enfin, lorsqu’il rentrera chez lui, il ne trouvera pas plus délicieux que son repas. Et ainsi de suite pour le reste des jours.

Cependant, s’il accomplissait une mauvaise œuvre une autre nuit comme la médisance, l’avarice, dédaigner à vouloir aider, retarder la prière, se lancer mutuellement des sobriquets [injurieux], porter préjudice à un voisin ou le fait de soutenir le faux lors d’un problème de couple d’un ami en soutenant l’épouse contre son mari malgré sa [mauvaise] façon de le traiter, que se passera-t-il pour lui ?

Il se réveillera et son épouse aura un visage renfrogné, qui ronchonnera sans qu’il ne sache la raison de sa colère, puis il ne s’écoulera qu’un laps de temps avant qu’elle ne se lamente. Il lui faudra une demi-heure pour trouver la chaussure manquante de son fils ce qui le mettra en retard pour son école. Sa nourriture sera si salée qu‘il aura du mal à l’avaler. Sa voiture le fera souffrir une demi-heure avant qu’elle ne démarre, elle sera telle une monture intraitable. Tous les feux de signalisation seront rouges. Il sera mis à l’épreuve par un conducteur imprudent à sa droite ; l’agent de circulation, qui lui aussi se sera disputé avec son épouse, l’arrêtera et se videra de ses soucis en lui mettant une contravention alors qu’il est innocent. Puis il sera de nouveau mis à l’épreuve dans son bureau par un inspecteur chaotique et importun, qui lui compliquera [la tâche] et qui se plaindra de lui auprès du directeur. Et en fin de compte, il se pourrait même qu’il trouve son repas du soir entièrement brûlé car son épouse aura oublié la casserole sur le feu. Et ainsi le reste des jours, il sera anxieux et chagriné. À tel point que la plus légère des punitions serait qu’il se fasse réveiller et déranger par la sonnerie du téléphone alors qu’il est au plus profond de son sommeil lors de la sieste.

Nous passons tous par ces moments-là, mais ceux qui subissent le moins [de désagréments] sont ceux qui se remémorent ce qu’ils ont avancé comme bonnes et mauvaises œuvres qui furent à l’origine de ces différentes situations. Ainsi, a réussi celui qui se sera précipiter à comprendre cela et qui aura su où sont ses pieds afin qu’il accroît le bien, s’élève et qu’il prenne garde à la chute. Il trouvera à travers ces légers désagréments un message d’avertissement qui l’empêchera de persister dans l’égarement et les passions. Ce sont même des signes d’avertissements émanant d’Allah face aux fautes et petits péchés qu’il commet et qui l’informent de l’obligation d’abandonner les passions ; s’il ne le fait pas, il sera châtié par bien pire que cela comme un rétrécissement de la subsistance, la perte d’un commerce, l’absence de bénédiction (Barakah), une maladie éprouvante, être dominé par un injuste, un divorce, être touché dans son honneur, l’échec d’un examen, l’insolence d’un voisin et par d’autres choses bien pires que celles-ci. 

Par conséquent, ces désagréments font partie de la miséricorde d’Allah la plus complète pour tout croyant qui aura compris cela et se sera fait un devoir de les considérer comme des exhortations afin de ne plus persister [dans les péchés]. On a même dit : « Ce sont des « gentillesses » à l’égard du serviteur émanant d’Allah pour lui rappeler qu’Allah est avec lui, sous Sa surveillance afin qu’il soit sur la bonne voie.« 

Chers frères, méditer les conséquences [des actes] est une réussite. Plus l’on tire de leçons, moins l’on tombe dans l’erreur ; alors qu’avons-nous à ne pas être vigilant ? Sachant qu’après une punition légère ce n’est autre qu’un dur châtiment[11] qui nous attend…

Un signe suffit à l’homme libre : 

Utilise cette expérience pragmatique pour connaitre l’état de ton cœur et le degré de foi qui s’y trouve : 

Combien de nuit t’es-tu endormi tard en étant extrêmement fatigué, et malgré cela tu te lèves pour la prière de l’aube (Al-Fajr) ou la prière nocturne sans que personne ne t’ait réveillé ?!

Combien de nuit t’es-tu endormi immédiatement après la prière du ‘Ichâ, et malgré cela le soleil s’est levé sans que tu n’aies accompli la prière (de l’aube) ?!

Par Allah, cela n’est lié qu’à la vie présente dans ton cœur, pas plus. Et tu as maintenant compris que 

Le serviteur est réprimandé par le bâton,

Alors qu’un signe suffit à l’homme libre.

Pourtant ce n’est pas qu’un seul signe, mais plusieurs… Et toi, tu n’es ni esclave de tes désirs, ni du diable ; tu ne fais pas partie des gens des passions, ni des insouciants. Tu es même parmi les princes des hommes libres et qui emprunte le chemin des vertueux.

[1] Il était l’un des trois poètes du Prophète ﷺ (Note du traducteur)
[2] Bien que cela soit vrai, il est préférable d’utiliser les termes rapportés dans le Coran et la Sounnah. Autrement dit, si l’individu médite les signes d’Allah et obéit à son Seigneur dans Ses ordres et interdictions, il aura un cœur sain. (Note du Traducteur)
[3] Il est le successeur de Wâsil Ibn ‘Atâ qui est à l’origine de la secte Al-Mou’tazilah qui ont dévié sur plusieurs points dont les Noms et Attributs d’Allah, le Destin, etc. Ils ont privilégié leur raison sur les textes islamiques. (Note du traducteur)
[4] Al-Achtar était connu pour sa bravoure et son éloquence. Il était un Tâbi’î (Note du traducteur)
[5] Car la pluie est une miséricorde par laquelle Allah refait revivre la terre. (Note du traducteur)
[6] Ceci est une allusion à ceux qui trébuchent à cause de leurs péchés, qui n’y prennent pas garde et qui ne cherchent à savoir comment les éviter dans le futur (Note du Traducteur)
[7] C’est Chaytân (le diable) qui lui fît croire cela (Note du Traducteur)
[8] Allah a dit : « Nous ne leur avons fait aucun tord, mais c’était eux les injustes » (Az-Zoukhrouf, v.76) (Note du traducteur)
[9] Sahîh Al-Jâmi’ n°7732, jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[10] Sahîh Al-Jâmi’ n°6717, authentifié par Chaykh Al-Albânî
[11] Ce dur châtiment peut être ici-bas comme dans l’Au-Delà. (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

﴿ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَاتٍ لِلْمُتَوَسِّمِينَ ﴾ [ الحجر : 75 ] ، والمتوسِّمون هم المتفكرون المعتبرون الذين يتوسمون في الأشياء ويتفكرون فيها ويعتبرون ، ويدققون نظرهم حتى يعرفوا حقيقة الشيء بسمته.
قال العلماء : التوسُّم من الوسم وهي العلامة التي يُستدل بها ؛ يُقال : توسمت فيه الخير إذا رأيت ملامح ذلك فيه ، ومنه قول عبد الله بن رواحة للنبي صلى الله عليه وسلم :
إني توسَّمت فيك الخير أعرفه … والله يعلم أني ثابت البصر
واتسم الرجل إذا جعل لنفسه علامة يُعرف بها ، والواسم : الناظر إليك من فرقك إلى قدمك ، وأصل التوسم التثبت والتفكر مأخوذ من الوسم ، وهو التأثير بحديدة في جلد البعير وغيره.
والإشارة ﴿ فِي ذَلِكَ ﴾ إلى جميع ما تضمنته القصة التي بدأت بقوله تعالى ﴿ وَنَبِّئْهُمْ عَنْ ضَيْفِ إِبْرَاهِيمَ ﴾ ، ففيها من الآيات الكثير : آية نزول الملائكة في بيت إبراهيم عليه السلام كرامة له ، وبشارته بغلام عليم ، وإعلام الله إياه بما سيحل بقوم لوط ، ونصر الله لوطا بالملائكة ، وإنجائه عليه السلام وآله ، وإهلاك قومه وامرأته لمناصرتها إياهم ، وآية عمى أهل الضلالة عن أنوار الهداية ، وآية غضب الله على المُصِرِّين على عصيان الرسل ، وهو إهانة للذين لم تردعهم العبر بأنهم دون مرتبة النظر ، وتعريض بمشركي مكة الذين لم يتعظوا ؛ بأن يحل بهم ما حلَّ بالأمم من قبلهم التي عرفوا أخبارها ورأوا آثارها ، وتعريض كذلك بمن سلك نفس الطريق من العصاة والغافلين.

للفراسة رجالها
ولا تكون الفراسة إلا بتفريغ القلب من هَمّ الدنيا ، وتطهيره من أدناس المعاصي وكدورة الأخلاق وفضول المباحات ، وعندها يجري على مرآة القلب كل حق لا خيال ، لأنه تقلب بين آيات الحق وأنوار الطاعات فانهالت عليه الفيوضات والإشراقات ، ومثل ذلك قول ابن عباس رضي الله عنه : ما سألني أحد عن شيء إلا عرفت أفقيه هو أو غير فقيه.
وما رُوِي عن الشافعي ومحمد بن الحسن أنهما كانا بفناء الكعبة ورجل على باب المسجد فقال أحدهما : أراه نجارا ، وقال الآخر : بل حدادا ، فتبادر من حضر إلى الرجل فسأله فقال : كنت نجارا وأنا اليوم حداد!!
ورُوي عن جندب بن عبد الله البجلي أنه أتى على رجل يقرأ القرآن فوقف فقال : من سمَّع سمَّع الله به ومن راءى راءى الله به ، فقلنا له : كأنك عرَّضت بهذا الرجل ، فقال : إن هذا يقرأ عليك القرآن اليوم ويخرج غدا حروريا ؛ فكان رأس الحرورية واسمه مرداس.
ورُوِي عن الحسن البصري أنه دخل عليه عمرو بن عبيد فقال : هذا سيد فتيان البصرة إن لم يُحدِث ، فكان من أمره من القدَر ما كان حتى هجره عامة إخوانه.
وقال لأيوب : هذا سيد فتيان أهل البصرة ولم يستثن.
ورُوِى عن الشعبي أنه قال لداود الأزدي وهو يماريه : إنك لا تموت حتى تُكوى في رأسك وكان كذلك.
ورُوي أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه دخل عليه قوم من مذحج فيهم الأشتر فصعَّد فيه النظر وصوَّبه وقال : أيهم هذا؟ قالوا : مالك بن الحارث فقال : ما له قاتله الله! إني لأرى للمسلمين منه يوما عصيبا ، فكان منه في الفتنة ما كان.
ورُوِي عن عثمان بن عفان رضي الله عنه : أن أنس بن مالك دخل عليه وكان قد مر بالسوق ، فنظر إلى امرأة فلما نظر إليه قال عثمان : يدخل أحدكم علي وفي عينيه أثر الزني! فقال له أنس : أوحيا بعد رسول الله صلى الله عليه وسلم؟! فقال : لا ! ولكن برهان وفراسة ، وصدق ، ومثله كثير من الصحابة والتابعين رضي الله عنهم أجمعين .

من ألوان الفراسة
التفاعل مع الأحداث اليومية : صاحب القلب الحي إذا رأى ظلمة حسبها ظلمة القبر ، وإذا وجد لذة ذكر نعيم الجنة ، وإذا صرخ من ألم خاف عذاب النار ، وإذا شمَّ شواء ذكر جهنم ، وإذا رأى ضاحكا على معصية رقَّ لحاله في الآخرة ، وإذا رأى مطيعا على فاقة استبشر بنعيمه في الجنة.
كان عمر بن عبد العزيز من أرباب القلوب الحية وكان واقفا مع سليمان بن عبد الملك ، فسمع سليمان صوت الرعد فجزع ووضع صدره على مقدمة الرحل ، فقال عمر وهو المعتبر المتدبر بكل ما حوله : هذا صوت رحمته فكيف إذا سمعت صوت عذابه؟!
ومثله الحسن البصري الذي روى عنه سلام :  » أُتي الحسن بكوز من ماء ليفطر عليه ، فلما أدناه إلى فيه بكى ؛ وقال : ذكرت أمنية أهل النار؛ قولهم : ﴿ أَنْ أَفِيضُوا عَلَيْنَا مِنَ الْمَاءِ ﴾ [ الأعراف : 50 ] ، وذكرت ما أُجيبوا : ﴿ إِنَّ اللَّهَ حَرَّمَهُمَا عَلَى الْكَافِرِينَ ﴾ [ الأعراف : من الآية50)  » .
إن حياة القلب تمنح العين حياة فوق الحياة وبصيرة فوق البصر ، فإذا هي مثل عين أبي الفرج بن الجوزي الذي أبصر وتبصَّر فقال حاكيا إحدى تأملاته التي لا يدركها إلا من كان مثله :
 » رأيت كل من يعثر بشيء أو يزلق في مطر يلتفت إلي ما عثر به فينظر إليه طبعا موضوعا في الخلق ، إما ليحذر منه أن جاز عليه مرة أخرى أو لينظر – مع احترازه وفهمه – كيف فاته التحرز من مثل هذا ، فأخذت من ذلك إشارة وقلت : يا من عثر مرارا .. هلا أبصرت ما الذي عثَّرك فاحترزت من مثله ، أو قبَّحت لنفسك -مع حزمها- تلك الواقعة  » .
قراءة الرسائل الربانية : وصاحب القلب الحي إذا وفّقه الله لطاعة سأل نفسه : بأي عمل صالح أثابني الله بهذه الطاعة؟ أبدعوة إلى خير أم بصلاة ليل أم بسعي في حاجة مسلم أم بعفو عن مسيء أم بإنظار معسر؟! فيراجع شريط ذكرياته ليُكرِّر صالح أعماله فينعم بنفس الثواب مرات كثيرة ، وقد جعل الله ثمارا عديدة تربو على الخمسين لمن حرس ثغور قلبه من عدوه ، ولم يُدخِل منها سوى الحسنات الموالية للقلب والعاملة على مصلحته ومنفعته ، لكن قضى الله أن لا يتذوق لذة هذه الثمرات إلا من زكى قلبه وسمت روحه ، ولذا قال ابن القيم وهو يحاول أن يقنعك بجدوى هذه الحراسة وفاعلية ترك الذنوب :
 » لو لم يكن في ترك الذنوب والمعاصي إلا إقامة المروءة ، وصون العرض ، وحفظ الجاه ، وصيانة المال الذي جعله الله قِواما لمصالح الدنيا والآخرة ، ومحبة الخلق ، وجواز القول بينهم ، وصلاح المعاش ، وراحة البدن ، وقوة القلب ، وطيب النفس ، ونعيم القلب ، وانشراح الصدر ، والأمن من مخاوف الفُساق والفجار ، وقلة الهم والغم والحزن ، وعز النفس عن احتمال الذل ، وصون نور القلب أن تطفئه ظلمة المعصية ، وحصول المخرج له مما ضاق على الفساق والفجار ، وتيسير عليه الرزق من حيث لا يحتسب ، وتيسير ما عسر على أرباب الفسوق والمعاصي ، وتسهيل الطاعات عليه ، وتيسير العلم والثناء الحسن في الناس ، وكثرة الدعاء له ، والحلاوة التي يكتسبها وجهه ، والمهابة التي تُلقى له في قلوب الناس ، وانتصارهم وحميتهم له اذا أوذي وظُلِم ، وذبِّهم عن عرضه إذا اغتابه مغتاب ، وسرعة إجابة دعائه ، وزوال الوحشة التي بينه وبين الله ، وقُرب الملائكة منه ، وبُعد شياطين الإنس والجن منه ، وتنافس الناس على خدمته وقضاء حوائجه ، وخطبتهم لمودته وصحبته ، وعدم خوفه من الموت ، بل يفرح به لقدومه على ربه ولقائه له ومصيره إليه ، وصِغَر الدنيا في قلبه ، وكِبَر الآخرة عنده ، وحرصه على الملك الكبير والفوز العظيم فيها ، وذوق حلاوة الطاعة ، ووجد حلاوة الايمان ، ودعاء حملة العرش ومن حوله من الملائكة له ، وفرح الكاتبين به ودعاؤهم له كل وقت ، والزيادة في عقله وفهمه وإيمانه ومعرفته ، وحصول محبة الله له ، وإقباله عليه ، وفرحه بتوبته ، وهكذا يجازيه بفرح وسرور لا نسبة له إلى فرحه وسروره بالمعصية بوجه من الوجوه  » .
لكن .. تُرى هل يلمح هذه المكافآت أحد غير أحياء القلوب؟! وهل يقوم بشكرها غير من يتمتَّعون بالرقة الإيمانية والحساسية النورانية والفطرة التي لم تتدنس بعد؟
ومن أحياء القلوب هؤلاء وأرباب المشاعر الرقيقة هذه : يحيى بن معاذ الذي لمح ذلك بما حباه الله من بصيرة إيمانية ثاقبة فقال :
 » إن العبد على قدر حبه لمولاه يُحبِّبه إلى خلقه ، وعلى قدر توقيره لأمره يُوَقِّره خلقه ، وعلى قدر التشاغل منه بأمره يشغل به خلقه ، وعلى قدر سكون قلبه على وعده يطيب له عيشه ، وعلى قدر إدامته لطاعته يُحلِّيها في صدره ، وعلى قدره لهجه بذكره يديم ألطاف بره ، وعلى قدر استيحاشه من خلقه يؤنسه بعطائه ، فلو لم يكن لابن آدم الثواب على عمله إلا ما عُجِّل له في دنياه لكان كثيرا  » .

العقوبات إشارات
وفي المقابل إذا حُرِم القلب الحي من طاعة بادر على الفور بالسؤال : بأي معصية حُرِمت وبأي خطيئة مُنِعت؟ أبكلمة غيبة؟ أبنظرة محرَّمة؟ أبعقوق والدة؟! أبسماع فحش؟! يسأل نفسه خاصة بعد أن ارتجف خوفا واضطرب وجلا واقتنع بسلامة تحليل ابن القيم الذي انتهى إلى ( أن الله سبحانه جعل عقوبات أصحاب الجرائم بضد ما قصدوا له بتلك الجرائم ، فجعل عقوبة الكاذب إهدار كلامه ورده عليه ، وجعل عقوبة الغالِّ من الغنيمة لمّا قصد تكثير ماله بالغلول : حرمانه سهمه وإحراق متاعه ، وجعل عقوبة من اصطاد فى الحرم أو الإحرام : تحريم أكل ما صاده وتغريمه نظيره ، وجعل عقوبة من استكبر عن عبوديته وطاعته : أن صيَّره عبدا لأهل عبوديته وطاعته ، وجعل عقوبة من أخاف السبيل وقطع الطريق : أن تُقطع أطرافه وتُقطع عليه الطرق كلها بالنفي من الأرض ؛ فلا يسير فيها إلا خائفاً ، وجعل عقوبة من التذ بدنه كله وروحه بالوطء الحرام : إيلام بدنه وروحه بالجلد والرجم فيصل الألم إلى حيث وصلت اللذة ، وشرع النبي صلى الله عليه وسلم عقوبة من اطلع في بيت غيره : أن تقلع عينه بعود ونحوه ؛ إفسادًا للعضو الذى خانه ، وأولجه بيته بغير إذنه ، وعاقب من حرص على الولاية والإمارة والقضاء بأن شرع منعه وحرمانه ما حرص عليه ، ولهذا عاقب أبا البشر آدم عليه السلام بأن أخرجه من الجنة لما عصاه بالأكل من الشجرة ليخلد فيها ، فكانت عقوبته إخراجه منها ضد ما أمَّله ، وعاقب الناس إذا بخسوا الكيل والميزان بجور السلطان عليهم ؛ يأخذ من أموالهم أضعاف ما يبخس به بعضهم بعضا ، وعاقبهم إذا منعوا الزكاة والصدقة ترفيها لأموالهم بحبس الغيث عنهم ، فيمحق بذلك أموالهم ، ويستوى غنيهم وفقيرهم في الحاجة ، وعاقبهم إذا أعرضوا عن كتابه وسنّة نبيه صلى الله عليه وسلم وطلبوا الهدى من غيره : بأن يضلهم ويسد عليهم أبواب الهدى ، وهذا باب واسع جدا عظيم النفع لمن تدبَّره يجده متضمنا لمعاقبة الرب سبحانه من خرج عن طاعته ، بأن يعكس عليه مقصوده شرعاً وقدراً دنيا وآخره ) .
وممن تدبر هذا الباب : عمر بن الخطاب رضي الله عنه ولا أعقل ، فقد روى الزهري أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه أصابه حجر وهو يرمي الجمار فشجَّه فقال :  » ذنب بذنب ، والبادي أظلم  » .
وآخر على الدرب يقتفي أثر الفاروق خطوة خطوة وقدمه في إثر قدمه وهو أبو زرعة الرازي ، فعن عبد الرحمن بن أبي حاتم الرازي قال : «  اعتل أبو زرعة الرازي ، فمضيت مع أبي لعيادته ، فسأله أبي عن سبب هذه العِلَّة ، فقال : بِتُّ وأنا في عافية ، فوقع في نفسي أني إذا أصبحت أخرجتُ ما أخطأ سفيان الثوري ، فلما أصبحتُ خرجتُ إلى الصلاة ، وفي دربنا كلبٌ ما نبحني قطٌّ ، ولا رأيته عدا على أحد ، فعدا عليَّ وعقرني ، وحُمِمت ، فوقع في نفسي أن هذا لِما وضعتُ في نفسي ، فأضربتُ عن ذلك الرأي  » .
وثالثهم سجَّان!! نعم سجَّان. قال بعض السجانين :  » كنتُ سجَّانا نيِّفا وثلاثين سنة أسأل كل مأخوذ بالليل أنه هل صلى العشاء في جماعة؟! فكانوا يقولون : لا  » .
وصدق صلى الله عليه وسلم حين قال : « لا يصيب عبداً نكبة فما فوقها أو دونها إلا بذنب ، وما يعفو الله عنه أكثر » ، بل وأكَّد : « المصائب والأحزان في الدنيا جزاء » .

الراشد يَرْشُد ويُرْشِد
وليست هذه الرسائل الربانية بحرمان الطاعات والقربات فحسب ، بل قد تكون كذلك بتعسير دنيا وتضييق رزق وعقوق ولد وتنغيص عيش وشجار زوجة ، لينتبه كل من لم ينتبه إلى عقوبة حرمان أجر الآخرة إن كان دنيوي الهمة لا تقلقه الآخرة بحال ، ولا يستيقظ إلا بحرمان دنيوي ، وللأستاذ الراشد إسقاط لطيف يقول فيه :
 » فلو أسلف مسلم حسنة فى المساء من صدقة ، أو صلاة بوقتها ، أو أمر بمعروف ، أو إغاثة لهفان ، أو تفهيم علم ، أو بذل شفاعة ، أو ستر عرض ، أو تخذيل عن شر ، أو خلافة غاز مجاهد ، فماذا يحدث له فى الصباح؟
يستيقظ فإذا زوجه مبتسمة فى وجهه ، وإذا أولاده يستيقظون مع أول نداء ، على أتم نظافة ، وكل قد كتب واجبه المدرسى وجمع كتبه. فإذا أفطر : كان طعامه لذيذاً ، وتودعه زوجه بابتسامة أيضًا حتى إذا ركب سيارته –وهى دوابنا اليوم- وجدها سلسة تشتغل مع أول إدارة للمفتاح ، ووجد الإشارات الضوئية خضراء تفتح له الطريق مرحبة به ، والسائق الذى أمامه يسير وفق الأصول بأدب وهدوء ، حتى شرطى المرور يرفع له يده بالتحية.
فإذا دخل مكتبه الوظيفى : وجده نظيفاً ، وجاءه من المراجعين أهل الرفق والأخلاق ، فإذا رجع : لم يجد ألذ من طعامه ، وهكذا سائر يومه!.
ثم لو أسلف سيئة فى ليلة أخرى : من غيبة ، أو بخل ، أوتقاعس عن نجدة ، أو تأخير صلاة ، أو تنابز بالألقاب ، أو منع خير ، أو أذى جار ، أو انتصار بالباطل لزوجة في تعاملها مع زوج صاحبه ، فماذا يحدث له؟
يستيقظ فإذا زوجه ذات عبوس وتأفف ، ولا يدرى سببًا منه مباشرًا في إغصابها ، ثم من بعد قليل إذا بها تولول ، ولربما فتش عن الفرد الضائع من حذاء ابنه نصف ساعة ، حتى يتأخر عن دوامه المدرسي ، ويكون طعامه مالحاً لا يكاد يسيغه ، وتعذِّبه سيارته نصف ساعة أخرى كي تشتغل ، وتكون كالدابة الشموس ، ويجد الإشارات الضوئية حمراء في وجهه ، ويُبتلى بسائق طائش عن يمينه ، ثم يوقفه شرطي مرور كان قد تشاجر مع زوجه هو الآخر فيفرغ همومه فيه ويحرر له مخالفة هو منها برئ ، وقد يبتلى ثالثة في مكتبه بمراجع فوضوى ملحاح يعكر عليه ويشكوه لدى الرئيس ، ولربما يجد في الآخر طعام غدائه دخانا محضا وتكون زوجه قد نسيت القدر على النار حتى احترق ، ويظل سائر يومه قلقًا كئيبًا ، حتى أن أقل عقوبته أن توقظه رنة الهاتف وهو في عز نوم القيلولة ، فيزعجه.
وكلنا يمر بمثل هذه الأحوال ، ولكن الأقل هم الذين يرجعون بذاكرتهم إلى ما أسلفوا من حسنات أو سيئات تكون سببًا لهذه الأحوال ، والموفّق هو الذي يسرع إلى بديهته هذا المعنى فيعلم موطن قدمه ، فيزداد خيرًا وصعودًا ، أو يحذر المنزلق ، ويجد في هذه المعاكسات الخفيفة اللطيفة تحذيرًا يمنعه من الاسترسال في الغي وركوب الشهوات ، بل هي إشارات تحذير ربانية توازي اللمم والصغائر تنبهه إلى وجوب فطم النفس عن هواها ، وإلا عوقب بأكبر من ذلك ، من تضييق رزق ، وضياع تجارة ، وجلاء بركة ، ومرض متعب ، وتسلط ظالم ، وطلاق ، وقذف عرض ، وفشل في امتحان ، وسفاهة جار ، وبما هو أكبر من ذلك ربما ، ولهذا فإن هذه المعاكسات هي من تمام اللطف الرباني بمؤمن يفهمها ويستوجب موعظتها ، من أجل أن لا يتمادى ، بل قيل : هي مداعبة من الله للعبد ، يُذكِّره أنه معه وتحت رقابته ليستقيم  » .
يا إخوتاه .. النظر في العاقبة نجاة ، ومن كثر اعتباره قلَّ عثاره ، فما لنا لا ننتبه؟! مع ما قد ينتظرنا بعد لطيف العتاب من عنيف العقاب؟!

والحر تكفيه الإشارة
وهاك تجربة عملية ومقياس واقعي تعرف به حالة قلبك ومنسوب الإيمان فيه :
كم من الليالي تنام متأخِّرا مع شدة التعب ومع ذلك تجد نفسك تنهض لصلاة الفجر أو للقيام دون أن يوقظك أحد!! وكم من الليالي نمت فيها فورا بعد العشاء ومع ذلك طلعت عليك الشمس بعد أن ضاعت عليك الصلاة!! إنها والله حياة قلبك ليس غير ، وقد علمت أن العبد يُقرع بالعصى ، والحر تكفيه الإشارة ، وهذه ليست إشارة واحدة بل إشارات ، وأنت لست عبد شهوة أو شيطان ، ولست ملك هوى أو غفلة بل أنت من سادات الأحرار وسالكي طريق الأبرار

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