Aboû Hourayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Certes Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde vos cœurs et vos actes. » Rapporté par Mouslim.
Une fois encore, ce hadith met en lumière la nécessité de se préoccuper du cœur.
La première chose qu’Allah regarde chez le serviteur, c’est son cœur.
Que renferme le cœur du serviteur ? La sincérité ou l’ostentation ? L’unicité d’Allah ou le polythéisme ? La confiance en Allah ou son contraire ? La patience, la pudeur, la crainte, l’espoir, l’amour ? Que renferme donc le cœur du serviteur ?
Que renferme le cœur du serviteur à l’égard d’Allah ?
Le premier membre du serviteur qui adore Allah est son cœur. C’est avec lui qu’il adore son Seigneur, et avec lui qu’il Le connaît à travers Ses Noms et Ses Attributs. Le cœur L’adore avec crainte, espoir, amour et sincérité, en plaçant sa confiance en Lui.
Il L’adore.
An-Nawawî a affirmé que la piété ne s’obtient pas uniquement par les œuvres apparentes.
Il dit que les œuvres apparentes, à elles seules, ne permettent pas d’atteindre la piété.
Il dit : « La piété n’est obtenue que par ce qui s’installe dans le cœur comme glorification d’Allah, crainte de Lui et le sentiment d’être constamment observé par Allah. »
Le hadith rappelle que la préoccupation du croyant ne doit pas se porter sur les apparences ni sur les biens.
Mes frères ! Aujourd’hui, la vie mondaine va à l’opposer de la Législation, la plupart du temps. La préoccupation des gens est tournée vers les corps et l’argent : muscles sculptés, silhouette entretenue, salles de sport, régimes alimentaires, médecins… Tout tourne autour du corps ! Comment le choyer, l’habiller, l’orner, l’embellir… Tout tourne autour du corps.
Thawbân – qu’Allah l’agrée – rapporte : « Lorsque le verset concernant l’or et l’argent fut révélé, les Compagnons demandèrent : “Alors, quelle richesse devons-nous acquérir ?” ‘Oumar répondit : “Je vais vous en informer.” Il pressa son dromadaire jusqu’à rattraper le Prophète ﷺ, tandis que je le suivais. » Qui parle ici ? Thawbân. Pourquoi a-t-il suivi ‘Oumar ? Pour savoir ce que le Prophète ﷺ allait dire. « ‘Oumar répondit : “Je vais vous en informer.” Il pressa son dromadaire jusqu’à rattraper le Prophète ﷺ, tandis que je le suivais. Il demanda “Ô Messager d’Allah ! Quelle richesse devons-nous acquérir ?” Il répondit :“Que l’un d’entre vous acquière un cœur reconnaissant, une langue qui mentionne Allah, et une épouse croyante qui l’aide dans les affaires de l’au-delà.”» Rapporté par Ahmad et Ibn Mâjah, et le hadith est authentique.
Je vous pose maintenant la question.
Thawbân dit dans le hadith : « Lorsque le verset concernant l’or et l’argent fut révélé, les Compagnons demandèrent : “Alors, quelle richesse devons-nous acquérir ?” »
Quel est donc ce verset qui fut révélé concernant l’or et l’argent ?
Qui veut répondre ?
Ici vous avez déjà répondu.
Oui ?
{À ceux qui amassent l’or et l’argent, sans en consacrer une partie à la cause d’Allah, tu peux dès à présent annoncer un douloureux châtiment.} [S.9, v.34].
Les Compagnons ont eu peur. Pourtant, comme l’explique Ibn ‘Abbâs : « L’amassement désigne les richesses sur lesquelles l’aumône légale n’a pas été prélevée. » Autrement dit, si quelqu’un amassait de l’or et de l’argent, tout en s’acquittant de l’aumône obligatoire, il n’est pas compté parmi ceux qui amassent l’or et l’argent sans en consacrer une partie à la cause d’Allah, et n’est donc pas concerné par la menace mentionnée dans le verset.
Néanmoins, en raison de la crainte profonde qui les habitait, lorsque cette menace fut révélée, les Compagnons se demandèrent : « Quelle richesse devons-nous alors acquérir ? L’or et l’argent étant dangereux, que pouvons-nous amasser ? Quelle richesse devons-nous acquérir ? Si la menace concerne l’or et l’argent, alors que pouvons-nous acquérir ? » ‘Oumar partit alors questionner le Prophète ﷺ. Mais la réponse qui lui fut donnée fut d’un tout autre ordre, une réponse totalement différente. Il répondit : « Que l’un d’entre vous acquière un cœur reconnaissant, une langue qui mentionne Allah, et une épouse croyante qui l’aide dans les affaires de l’au-delà. » Trois choses.
L’explication de ce verset évoquée dans le Sahîh d’Al-Boukhârî, se trouve dans le chapitre : « Toute richesse dont on acquitte l’aumône obligatoire n’est pas une richesse amassée ». Puis Al-Boukhârî – qu’Allah lui fasse miséricorde – rapporte avec sa propre chaîne de transmission que Khâlid ibn Aslam a dit : « Nous sortîmes en compagnie de ‘Abdoullâh ibn ‘Oumar – qu’Allah les agrée – lorsqu’un bédouin demanda : “Explique-moi la parole d’Allah :{À ceux qui amassent l’or et l’argent, sans en consacrer une partie à la cause d’Allah.} [S.9, v.34].” Ibn ‘Oumar – qu’Allah les agrée – répondit : « Ceux qui les amassent et n’en prélèvent pas l’aumône obligatoire, alors malheur à eux ! Ce verset a été révélé avant que l’aumône obligatoire ne soit légiférée. Une fois l’aumône obligatoire prescrite, Allah en fit une purification pour les richesses. » Rapporté par Al-Boukhârî.
La parole : « Quelle richesse devons-nous acquérir ? », met en évidence la vitesse avec laquelle les Compagnons se conformaient, leur réaction lorsque la Révélation descendait, ainsi que leur désir de réformer immédiatement leur condition.
Qu’est-ce qui peut nous sauver ? Que faire ? Comment changer ? Il existe une menace concernant l’or et l’argent : où devons-nous aller prendre nos richesses ? Que doit-on accomplir ?
Les Compagnons ont donc questionné au sujet des richesses : « Quelle richesse devons-nous acquérir ? » Le Prophète ﷺ les orienta alors d’acquérir un cœur reconnaissant, une langue qui mentionne Allah et une épouse croyante qui aide dans les affaires de l’au-delà.