{Invoquez votre Seigneur en toute humilité et recueillement et avec discrétion. Certes, Il n’aime pas les transgresseurs […]}

Il est connu que l’invocation a des règles, des conditions et des actes de bienséance au même titre que toute adoration.
Tout comme la prière n’est acceptée qu’avec ses conditions, le pèlerinage qu’avec ses conditions, le jeûne qu’avec ses conditions et toute adoration qu’avec ses propres conditions, il en est de même pour l’invocation qui possède des conditions, des règles et des actes de bienséance dont l’éclaircissement se trouve dans le Livre d’Allah et la Sounnah du Son Prophète ﷺ.
Ainsi, leur accorder de l’importance et veiller à les appliquer permet de concrétiser ce que l’homme désire comme l’exaucement, le raffermissement, l’obtention de la réussite, le secours, la fermeté, la bonne fin et la rectitude dans la vie d’ici-bas.
C’est pourquoi, concernant la jurisprudence liée à l’invocation, il incombe au musulman de comprendre et de cerner ses règles et ses conditions dont l’explication est dans le Livre d’Allah et la Sounnah du Son Prophète ﷺ.

Parmi les versets du Noble Coran qui regroupent le plus les règles et les actes de bienséance relatifs à l’invocation, se trouve la parole d’Allah le Très Haut dans la sourate Al-A’râf : (Invoquez votre Seigneur en toute humilité et recueillement et avec discrétion. Certes, Il n’aime pas les transgresseurs. Et ne semez pas la corruption sur la terre après qu’elle ait été réformée. Et invoquez-Le avec crainte et espoir, car la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants.) (s.7, v.55-56)

Médite la fin de ce verset (car la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants), c’est-à-dire : parfais ton invocation et ta demande ; sois attentif à ses règles, à ses conditions et à ses actes de bienséance. Parfais cela et tu trouveras la récompense et les effets de ta bienfaisance. Tu trouveras la gratification, les bienfaits et la récompense. Tu trouveras l’immense bien (car la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants).
Et le verset met en évidence un ensemble grandiose d’actes de bienséance et de conditions pour l’invocation.

Le premier d’entre-eux et le plus important, ce qui figure dans le début du verset et qui est Sa Parole : (Invoquez votre Seigneur). Car l’invocation est une adoration, elle n’est vouée exclusivement qu’à Allah. On se réfugie à travers elle que vers Allah Le Très Haut, on ne demande qu’à Allah, on ne demande que Son aide, et on demande le soutien, l’aide, la réussite, le raffermissement, la guidée et la droiture qu’à Allah Seul car tout ceci se trouve dans la Main d’Allah.
Ainsi, on ne doit pas demander une de ces choses à un Ange Rapproché, ou à un Prophète Envoyé, un saint (Walî) ou à quelqu’un d’autre que Lui. C’est pour cela que le Prophète ﷺ a dit : « Si tu as une demande, alors demande à Allah. Si tu cherches de l’aide, alors demande l’aide à Allah. Et sache que si la communauté se réunissait pour t’être utile dans quelque chose, elle ne te serait utile que dans une chose qu’Allah aura décrétée pour toi. Et si elle se réunissait pour te causer un dommage dans quelque chose, elle ne te causera un dommage que par une chose qu’Allah aurait décrétée à ton encontre. Les plumes ont été levées et les feuillets séchés. » [Rapporté par Ahmad et At-Tirmidhî]

L’invocation est donc une adoration, et Allah dit : (Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif) (s.98, v.5) et Il dit : (C’est à Allah qu’appartient la religion pure) (s.39, v.3).
C’est pour cela que la règle la plus importante dans l’invocation est qu’elle ne soit vouée exclusivement que pour Allah. Celui donc qui voue cette adoration pour autre que Lui fait partie des gens les plus égarés, il est même encore plus égaré qu’eux comme Allah Le Très Haut le dit : (Et qui est plus égaré que celui qui invoque en dehors d’Allah ce qui ne sera lui répondre jusqu’au Jour de la Résurrection ? Et elles [leurs divinités] sont indifférentes à leur invocation. Et quand les gens seront rassemblés [pour le Jugement] elles seront leurs ennemies et nieront leur adoration [pour elles]) (s.46, v.5-6)

Il dit aussi : (À Lui l’appel de la Vérité ! Ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui ne leur répondent d’aucune façon ; semblables à celui qui étend ses deux mains vers l’eau pour la porter à sa bouche, mais qui ne parvient jamais à l’atteindre. L’invocation des mécréants n’est que vanité.) (s.13, v.14)

Et Il dit : (Dis : « Invoquez ceux que vous prétendez (être des divinités) en dehors de Lui. Ils ne possèdent ni le moyen de dissiper votre malheur ni de le détourner.) (s.17, v.56)

Ils ne peuvent dissiper le mal après qu’il soit arrivé, ni ne peuvent le changer avant qu’il n’apparaisse. Personne ne peut repousser ni enlever hormis Allah, Il dit : (Dis : « Invoquez ceux qu’en dehors d’Allah vous prétendez [être des divinités]. Ils ne possèdent même pas le poids d’un atome, ni dans les cieux ni sur la terre. Ils n’ont jamais été associés à leur création et Il n’a personne parmi eux pour Le soutenir ».) (s.34, v.22)

Et Il dit : (tandis que ceux que vous invoquez, en dehors de Lui, ne sont même pas maîtres de la pellicule d’un noyau de datte. Si vous les invoquez, ils n’entendent pas votre invocation ; et même s’ils entendaient, ils ne sauraient vous répondre. Et le jour du Jugement ils vont nier votre association. Nul ne peut te donner des nouvelles comme Celui qui est parfaitement informé.) (s.35, v.13-14)

Donc la plus importante des conditions et des règles de l’invocation est la sincérité exclusive (Al-Ikhlâs) envers Allah. Que le musulman ne demande continuellement qu’à Allah, qu’il ne cherche l’aide que d’Allah, qu’il ne demande le soutient que de Lui, qu’il n’expose ses besoins, ses demandes, ses désires, la rectitude de toutes ses affaires religieuses, mondaines et de l’au-delà qu’à Allah son Maître qui détient toute chose ainsi que les clefs des cieux et de la terre.

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Nos Pieux prédécesseurs et le Noble Coran

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  • Ahmad Ibn Tha’labah rapporte : « J’ai entendu Salim Al-Khawwâs dire : Je récitais le Coran et n’y trouvais pas de suavité. J’ai donc dit à mon âme : « Récite-le comme si tu l’entendais du Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم. » La suavité survint alors un peu. Je dis ensuite à mon âme : « Récite-le comme si tu l’entendais de Jibrîl عليه السلام lorsqu’il en informait le Prophète صلى الله عليه و سلم. » La suavité augmenta, puis je lui dis : « Récite-le comme si tu l’entendais d’Allah au moment où Il l’a prononcé », et la suavité de la récitation dépassa tout. » (As-Siyar 8/180)
  • Husayn Al-‘Unquzî rapporte : « Lorsque la mort vint à Ibn Idrîs, sa fille pleura, et il lui dit : Ô ma fille, pleure pas car, dans cette maison, j’ai récité intégralement le Coran quatre mille fois. » (As-Siyar 9/44)
  • ‘Abd Allah Ibn ‘Umar a dit : « On doit reconnaître l’adepte du Coran en sa nuit alors que les gens dorment, en sa journée alors que les gens se montrent insouciants, en sa tristesse alors que les gens se réjouissent, en ses pleurs alors que les gens rient, en son silence alors que les gens palabrent, et en son recueillement alors que les gens se pavanent. L’adepte du Coran doit pleurer, s’attrister, se montrer bienveillant, sage, et taciturne ;  et Il ne doit pas être rude, insouciant, criard et dur. » (Sifah As-Safwah 1/188)
  • Abû Al-‘Âliyah a dit : « Apprenez le Coran en ne dépassant pas cinq versets à la fois, car cela est meilleur pour la mémorisation, et Jibrîl descendait avec le Coran par lot de cinq verset. » (As-Siyar 4/211)
  • A-Hasan a dit : « Ceux qui récitent le Coran sont de trois catégories. Le premier est un homme qui en a fait une marchandise qu’il déplace d’une ville à une autre, cherchant ainsi ce qui est auprès des gens. Le deuxième est un homme qui a récité le Coran, mémorisé ses lettres, mais transgressé ses limites, l’utilisant pour s’introduire auprès des gouverneurs et se montrer arrogant face aux gens de sa contrée. On trouve la majeure partie de ce type d’hommes parmi les mémorisateurs du Coran ; puisse Allah ne pas multiplier leur nombre. Le troisième est un homme qui a récité le Coran et pleuré de ce qu’il connaît du remède du Coran, et qui l’applique sur le mal de son coeur. Ainsi, il veille pour Allah, ses yeux versent des larmes, la tristesse est sa compagne, il se pare du recueillement, et il persévère longuement dans son oratoire. C’est par lui qu’Allah fait descendre la pluie, survenir la victoire, et disparaître les calamités. Par Allah, ceux qui font partie de cette catégorie de mémorisateurs du Coran sont plus rares que le souffre rouge! » (Mawû’ah ibn Abî-d-Dunyâ 3/290)
  • Makhûl a dit : « Récite ce que le Coran t’interdit, et s’il ne t’interdit rien, alors tu ne le lis pas réellement. » (Al-Hilyah 2/180)
  • Yûnus Ibn Jubayr rapporte : « Nous avons accompagné Jundub Ibn ‘Abd Allah puis lui avons dit : « Adresse-nous une recommandation. » Il dit : « Je vous enjoins à la crainte d’Allah et au Coran, car il est la lumière de la nuit ténébreuse, et la guidée du jour. Mettez-le en pratique, quel que soient l’effort et l’indigence, et si une calamité survient donnez vos biens plutôt que vos personnes ; et si une calamité est plus grande encore, donnez vos biens et vos personnes plutôt que votre religion, car le dépouillé est celui qui est dépouillé de sa religion, et le spolié est celui qui est privé de sa religion. Il n’est aucune richesse après l’Enfer, et aucune indigence après le Paradis. L’enfer ne libère pas ses prisonniers et ne se passe pas de ses pauvres. » (Az-Zuhd li Ahmad 360)
  • Mujâhid rapporte : « Ibn ‘Umar accomplissait la prière lorsqu’il parvint à ce verset : «Vous ne parviendrez à la bonté que lorsque vous dépenserez de ce que vous aimez» il affranchit une servante qu’il voulait épouser, alors qu’il était encore dans la prière. » (Az-Zuhd li Ahmad 242)
  • Abû Hammâm rapporte : « J’ai demandé à ‘Îsâ Ibn Dâwud : Qu’est-ce que tu désires le plus en ce bas-monde? » Il pleura et dit : « J’aimerais que ma poitrine s’ouvre et que je puisse voir mon coeur et ce qu’y a produit le Coran. » Et lorsque ‘Îsâ récitait, il sanglotait au point que je dise : Son âme va sortir maintenant. » (Al-Mutamannîn 49)
  • Talq a dit : « L’homme qui a la plus belle voix lorsqu’il récite le Coran est celui qui, lorsqu’il récite, tu entends qu’il craint Allah سبحانه و تعالى. » (Az-Zuhd li Ahmad 217)
  • Ahmad Ibn Abî Al-Hawârî a dit : « Je récite parfois le Coran et vois un verset qui me fait perdre la raison. Je m’étonne de voir ceux qui mémorisent le Coran apprécier le sommeil et s’accommoder des préoccupations de ce bas-monde, alors qu’ils prononcent la Parole du Miséricordieux. S’ils comprenaient ce qu’ils récitent, en connaissaient le droit, s’en délectait et se plongeait dans la conversation, ils perdraient le sommeil de joie face à ce qu’on leur a accordé. » (Al-Hilyah 4/254)

Source : « Ainsi étaient nos Pieux prédécesseurs », éditions Tawbah.