La véritable calamité n’est pas l’ampleur du massacre – Chaykh Ahmad As-Sayyid

Des musulmans ont été grandement massacrés et des femmes ont été prises captives dans cette ville. Des évènements vraiment tragiques s’y sont produits.

En réalité, quiconque lit l’histoire islamique, notamment dans le contexte de la lutte contre les croisés au Châm ou en Andalousie, constatera que de nombreux drames et massacres ont probablement été encore plus violents que ceux perpétrés de nos jours contre les musulmans par les croisés et les sionistes. Et s’ils ne sont pas plus violents, alors ils sont semblables.

Je pense – et Allah est plus savant – que, sous certains aspects, les massacres qui se sont produits dans l’histoire étaient plus violents.

Dans l’histoire contemporaine que nous connaissons aujourd’hui, nous n’avons jamais entendu parler du meurtre de 70 000 musulmans au cours d’un seul évènement.

N’est-ce pas ?

Bien sûr, il y a eu des massacres où 4000, 5000, 7000 personnes, voire plus, ont été tuées. Parfois, avec la prolongation de la guerre, un grand nombre peut mourir. Mais en un seul évènement ? Nous n’en avons pas entendu parler dans notre histoire contemporaine.

Cela s’est produit lorsque les croisés sont entrés à Jérusalem : ils ont tué 70 000 musulmans.

Il y a aussi eu des exemples similaires dans l’histoire andalouse. Et peut-être qu’Allah nous permettra un jour de réaliser une série sur l’histoire de l’Andalousie avec cette approche axée sur la réforme.

Les massacres perpétrés et le nombres de musulmanes capturées dans l’histoire andalouse, lorsque les croisés envahissaient certains endroits, étaient vraiment désolants et douloureux.

Et même si tu ressens de la douleur face aux drames et aux massacres qui se sont produits à travers l’histoire, cette douleur reste moindre, car c’est de l’histoire ancienne.

Néanmoins, je me souviens encore de ce que j’ai pu ressentir en apprenant que de nombreuses femmes avaient été faites captives en Andalousie. Soubhana Allah, c’est comme si ce drame s’était produit aujourd’hui, tant il était terrible et d’une extrême violence.

Cette tragédie s’est donc passée, et elle fait désormais partie de l’histoire à travers laquelle l’individu tire des leçons et perçoit l’ampleur des épreuves pouvant frapper les musulmans lorsqu’ils se trouvent dans un état d’humiliation et d’avilissement général.

Si vous vous souvenez bien, j’avais évoqué un enseignement lié à la réforme dans un cours précédent.  Nous avions dit que lorsque les calamités frappent les pays musulmans en période de faiblesse, leur impact est décuplé. En revanche, si elles surviennent en période de force et d’ascendance, aussi douloureuses soient-elles, leur impact reste limité. Et c’est exactement ce qui s’est produit à l’époque de Nour Ad-Dîn Az-Zankî, lorsque les croisés se dirigeaient vers l’Égypte. Oui, un événement tragique s’est produit où des musulmans ont été tués et des femmes ont été capturés à Bilbéis. Cependant, son impact est resté limité. Comment ça limité ? C’est-à-dire que la situation a pu être redressée. Des armées islamiques pouvaient être envoyées, des personnes étaient capables d’apporter de l’aide, une force était présente, et il y avait des gens qui se souciaient de l’Islam, qui pouvaient agir et faire quelque chose.

Et pour moi, ce point est l’une des leçons les plus cruciales concernant la réforme [de la Oummah] que l’on puisse tirer de l’histoire.

La véritable calamité ne réside pas dans l’ampleur du massacre ou du malheur. La véritable calamité est de savoir : peut-on se ressaisir, oui ou non ? Peut-on surmonter ce qui s’est passé ou non ? Peut-on se venger des auteurs de ce crime ou non ? Peut-il y avoir un événement qui apaisera les cœurs des croyants ou non ? C’est là toute la question.

Si le malheur survient en période de faiblesse et d’humiliation, alors c’est là que réside la plus grande calamité.

Le malheur frappe sans qu’il n’y ait de sursaut, puis un malheur encore plus grand s’ensuit, et ainsi de suite, sans que personne ne puisse réagir face à celui-ci, même si l’on pleure jusqu’au sang.

C’est pourquoi une immense récompense attend le croyant, ou le groupe de croyants, qui permettra à l’Islam de retrouver sa force. Cette récompense ne se limite pas uniquement à ce qu’ils ont fait eux même, mais elle s’étend aussi à toutes les répercussions positives qui découleront de cette force sur l’ensemble la communauté islamique.

C’est un immense bienfait qu’Allah accorde à tous ceux qui sont la cause du retour de la puissance de l’Islam et des musulmans.

Et c’est précisément ce qui s’est passé à l’époque de Noûr Ad-dîn Zankî.

Certes, les croisés ont fait ce qu’ils ont fait, mais les musulmans ont su se ressaisir.

Ainsi, peu de temps après le massacre de Bilbéis, les croisés ont été contraints de battre en retraite et n’ont pu poursuivre la colonisation de l’Égypte. D’ailleurs, ils n’ont plus réussi à envahir aucune autre ville par la suite. Pourquoi ? Car l’armée musulmane est arrivée. Asad Ad-dîn Chirko s’est rendu pour la troisième fois en Égypte, envoyé par Noûr Ad-dîn Zankî. Certes, Châwar avait promis aux musulmans certaines richesses, etc. Mais il avait également proposé 2 millions de dinars aux croisés [pour qu’ils n’envahissent pas l’Égypte]. Pourtant, cela ne les a pas arrêtés.

Mais l’idée est qu’il existait quelque chose qui pouvait les forcer à se plier, à s’arrêter et leur faire mal.

Mais si la situation n’est pas ainsi, alors il s’agit de la grande calamité évoquée par Ibn Al-Athîr : « Quelqu’un peut-il écrire sur la mort de l’Islam ? » Lorsque les Mongols et les Tatars sont arrivés, il ne les a pas qualifiés de calamité, mais a plutôt parlé de condoléances adressées l’Islam. « Je suis assis là à faire le deuil de l’Islam. » C’est-à-dire que personne ne réalisait ce qui se passait. Était-il possible qu’une telle chose se produise dans les pays musulmans ? Oui.

Supposons, par exemple, que l’avancée des Tatars se soit produite à l’époque de gloire de Mahmoûd ibn Soubouktikîn. Ce dernier, au minimum, les aurait retardés pendant une très longue période, bien plus longue que celle durant laquelle ils ont avancés.

Les butins de toute une vie – Dr. Mouhammad ibn ‘Abd Ar-Rahmân As-Soubayhîn (Livre PDF)

Les butins de toute une vie (PDF)

Préface

Par le chaykh ‘Abd Al-‘Azîz ibn Mouhammad ibn ‘Abdillah As-Sadhân 

Toutes les louanges appartiennent à Allah qui enseigna à travers le calame et enseigna à l’homme ce qu’il ignorait. Que les éloges et les salutations d’Allah soient sur celui à qui les paroles concises et pleines de sens ont été données, mais aussi sur ses émérites et vertueux Compagnons, ainsi que ceux qui auront emprunté leur voie, suivi leurs traces et participé à la propagation de la science par la parole ou la plume.

Ceci dit :

L’un des moyens de tirer profit de la science pour celui qui l’écrit, la lit et celui à qui elle parviendra, est d’en faciliter la présentation, à l’écrit ou à l’oral, car cela est plus à même d’être compris, mémorisé et transmis à autrui.

Je crois d’ailleurs que l’auteur de cette thèse, qui est un véritable butin dans son titre, son contenu et dans le style avec laquelle elle a été rédigée, a su remporter deux butins parmi les butins que l’on retrouve dans les compilations [de hadiths] :

Le premier : à ma connaissance, c’est un type de compilation encore jamais vu concernant les œuvres méritoires.

Le second : il a su réunir des informations qui étaient éparpillées et les classer. Il a également utilisé différentes couleurs pour sa thèse, selon le texte ; ce qui permet, sans aucun doute, au lecteur de mieux mémoriser les propos et les assimiler. D’ailleurs, je ne connais pas d’ouvrage hormis cette thèse, à mon humble connaissance, ayant emprunté cette méthodologie dans les œuvres méritoires.

Également, l’un des mérites de sa thèse est d’avoir veillé à rapporter les hadiths dont la chaîne de transmission est authentique ou bonne. Et c’est une bonne chose que l’auteur a faite ! En effet, nombreux sont ceux qui parlent ou écrivent à propos des œuvres méritoires en s’appuyant sur des hadiths faibles, voire mensongers.

Il est possible que la voie de certains savants du hadith permettant l’utilisation de hadiths faibles soit une justification pour ceux qui s’appuient sur ces hadiths faibles. Néanmoins, l’autre voie – la plus prudente et la meilleure – est de se contenter de ce qui est bon et authentique et de se passer du reste. Et quelle belle parole prononcée par l’imam du hadith, ‘Abdoullah ibn Al-Moubârak رحمه الله : « Il y a suffisamment de quoi s’occuper avec les hadiths authentiques pour se passer des hadiths faibles. »

En résumé, concernant cette thèse :

Elle contient plusieurs introductions et résultats, accompagnés de preuves et d’arguments, le tout ornée de différentes couleurs facilitant la mémorisation et la compréhension. Ceci concerne cette thèse.

Quant à l’auteur, il s’agit du professeur et docteur Mouhammad ibn ‘Abd Ar-Rahmân As-Soubayhîn, dont j’ai pu profiter de la science dans la langue arabe, la grammaire et, avant cela, dans ses bons comportements. C’est d’ailleurs lui qui est plus en droit de me présenter. Je considère que cette préface à son égard résulte de la bienfaisance de l’étudiant envers les enfants de son chaykh. En effet, son père était l’un de mes chouyoûkh à l’institut scientifique de Riyad, et j’ai pu tirer profit de sa science et ses conseils. Qu’Allah fasse que le Firdaws soit sa demeure finale ! Et qu’Il bénisse sa descendance et ses petits-enfants.

Avant de conclure :

Je propose au professeur et docteur Mouhammad d’élargir sa méthodologie et de réunir les hadiths, qu’il estime judicieux, concernant quatre piliers [de l’Islam] : la prière, l’aumône obligatoire, le jeûne et le pèlerinage, en rapportant les termes des hadiths et en clarifiant le type de récompense : expiation de péchés, élévation en degré, etc.

Pour conclure :

Qu’Allah récompense le professeur et docteur Mouhammad pour ses efforts et sa créativité. Je suis très optimiste quant au bénéfice tiré de sa thèse ! D’ailleurs, l’un des points qui permettra d’étendre ce bénéfice à un maximum de personnes, par la grâce d’Allah, est que son contenu traite des œuvres méritoires liées au dogme, à l’adoration et aux actes de bienséance, et montre ainsi l’immense faveur d’Allah le Très Haut dans des œuvres qu’Il a rendues faciles à accomplir. Ceci nous incitera donc à lire cette thèse, pour la science qu’elle renferme, et à œuvrer avec.

Je pense d’ailleurs que les signes de la réussite qu’Allah lui a écrite sont apparents à la fois dans l’écriture et la hiérarchisation de ces butins.

Je demande à Allah le Très Haut qu’Il fasse que les fruits de cette thèse soient des butins profitables pour son auteur ici-bas, dans sa vie intermédiaire et son au-delà. Mais aussi qu’Il lui accorde la même récompense que celui qui la lira, l’écoutera, la rapportera et la transmettra aux autres. Qu’Allah soit loué pour tous Ses bienfaits à travers lesquels les œuvres pieuses se terminent.

‘Abd Al-‘Azîz ibn Mouhammad ibn ‘Abdillah As-Sadhân

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Le résumé des butins de toute une vie : 

Le livre des formules d’évocation et des actes de bienséance – Chaykh ‘Abd Al-Mouhsin ibn Mouhammad Al-Qâsim (Livre pdf)

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Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Introduction

Toutes les louanges appartiennent à Allah, Seigneur de l’univers. Que la prière et le salut soient sur notre Prophète Mouhammad, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.

Ceci dit :

L’évocation d’Allah figure parmi les adorations les plus grandioses, mais aussi parmi les plus faciles. Le serviteur a besoin de celle-ci bien plus encore que la nourriture et la boisson. Cette adoration satisfait le Tout Miséricordieux, repousse Satan, dissipe l’affliction et les soucis, et suscite le bonheur et la joie. Quiconque mentionne Allah سُبْحَانَهُ, Allah le mentionne également, l’aime et le rapproche de Lui.

L’individu qui se pare des actes de bienséance islamique s’embellit. En agissant ainsi, il se conforme aux textes religieux et fait preuve de noblesse. Ibn Sirîn رحمه الله a dit : « Les Compagnons apprenaient la bonne conduite de la même manière qu’ils apprenaient la science. »

L’étudiant en science est un exemple pour les autres. Il doit être le premier à se parer des actes de bienséance dans la vie de tous les jours et lors de ses interactions, mais aussi le premier censé évoquer constamment Allah, quelles que soient les situations qu’il traverse.

C’est en raison de l’importance des formules de rappel et des actes de bienséance que j’ai compilé plusieurs hadiths en tenant compte de leur authenticité. J’ai veillé à leur donner des titres, à les classer, et j’ai pris soin d’expliquer les mots difficiles. Je les ai divisés en deux parties : une sur les formules d’évocation et une autre sur les actes de bienséance, que j’ai fait tous deux précéder par des œuvres méritoires. J’ai intitulé cette épitre : « Les formules d’évocation et les actes de bienséance », qui est le premier des différents niveaux des « Épitres religieux de l’étudiant en science » (Moutoûn tâlibi-l-‘ilm).

J’implore Allah de rendre cette épitre profitable et d’en faire pour nous une provision le Jour de la Résurrection.

Que la prière d’Allah et Son salut soient sur notre Prophète Mouhammad, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.

Dr. ‘Abd Al-Mouhsin ibn Mouhammad ibn Al-Qâsim

Imam et orateur de la noble Mosquée Prophétique

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La table des matières

Attention à l’insouciance !

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Attention à l’insouciance !

Sermon prononcé le vendredi 20 du mois de Mouharram, en l’an 1446 de l’hégire, dans la Mosquée Prophétique.

Toutes les louanges appartiennent à Allah. Nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, l’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que Mouhammad est le serviteur d’Allah et Son messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, sa famille et ses compagnons, ainsi que Ses nombreux saluts.

Ceci dit :

Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah d’une crainte véritable, que ce soit en secret ou en apparence.

Ô musulmans :

Allah envoya Ses Messagers afin que les gens sortent des ténèbres vers la lumière. Ainsi, quiconque répond favorablement à leur appel quittera les ténèbres pour la lumière du chemin menant à la guidée. Mais quiconque s’y refuse demeurera dans les ténèbres de l’ignorance et de l’insouciance à l’égard de son âme et de sa complétude.

L’insouciance concernant la religion et la Demeure finale est à l’origine de tous les maux et l’une des plus grandes maladies du cœur. Elle prive le serviteur du bien de cette vie mondaine et de l’au-delà, ainsi que de jouir des délices qui s’y trouvent. Tout manquement qui touche le serviteur n’est dû qu’à cette insouciance.

Allah سُبْحَانَهُ a pris l’engagement des fils d’Adam en les faisant témoigner qu’Allah est leur Seigneur et la seule divinité qu’ils adorent, afin qu’ils ne se justifient pas par leur insouciance. Allah le Très Haut dit :

وَإِذْ أَخَذَ رَبُّكَ مِنْ بَنِي آدَمَ مِنْ ظُهُورِهِمْ ذُرِّيَّتَهُمْ وَأَشْهَدَهُمْ عَلَى ‌أَنْفُسِهِمْ ‌أَلَسْتُ ‌بِرَبِّكُمْ﴿ ‌

﴾قَالُوا ‌بَلَى ‌شَهِدْنَا ‌أَنْ ‌تَقُولُوا ‌يَوْمَ الْقِيَامَةِ إِنَّا كُنَّا عَنْ هَذَا غَافِلِينَ

{Et lorsque ton Seigneur tira des reins des fils d’Adam leur descendance qu’Il fit témoigner : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? » « Si, nous en témoignons », répondirent-ils. Vous ne pourrez donc arguer, le Jour de la résurrection, de votre insouciance.} [Al-A‘râf, v.172].

Allah le Très Haut révéla le noble Coran afin de couper court à cette forme de justification, Allah سُبْحَانَهُ dit :

وَهَذَا كِتَابٌ أَنْزَلْنَاهُ مُبَارَكٌ فَاتَّبِعُوهُ وَاتَّقُوا لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ﴿ 

﴾أَنْ تَقُولُوا إِنَّمَا أُنْزِلَ الْكِتَابُ عَلَى طَائِفَتَيْنِ مِنْ ‌قَبْلِنَا ‌وَإِنْ ‌كُنَّا ‌عَنْ ‌دِرَاسَتِهِمْ لَغَافِلِينَ

{Et voici un livre béni que Nous avons également révélé. Conformez-vous donc à ses enseignements et gardez-vous de transgresser ses commandements dans l’espoir d’être touchés par Notre grâce. Cela, afin que vous n’ayez pas à dire : « Le Livre n’a été révélé qu’à deux communautés avant nous, et nous étions beaucoup trop distraits pour songer à les étudier. »} [Al-An‘âm, v.155 – 156].

Allah a interdit à Son Messager ﷺ d’être parmi les insouciants :

﴾وَلَا تَكُنْ مِنَ الْغَافِلِينَ﴿ 

{Ne sois pas du nombre des insouciants.} [Al-A‘râf, v.205].

Le Prophète ﷺ cherchait protection contre l’insouciance en disant : « Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre l’impuissance et la paresse, l’avarice et la décrépitude, la dureté du cœur et l’insouciance. (Allâhoumma innî a‘oûdhou bika mina-l-‘ajzi wa-l-kasali, wa-l-boukhli wa-l-harami, wa-l-qaswati wa-l-ghflah) » (Rapporté par Ibn Hibbân).

Allah a ordonné Son Messager ﷺ d’avertir les gens afin qu’ils ne soient pas rongés par les regrets en raison de leur insouciance :

﴾وَأَنْذِرْهُمْ يَوْمَ الْحَسْرَةِ إِذْ قُضِيَ الْأَمْرُ وَهُمْ فِي غَفْلَةٍ وَهُمْ لا يُؤْمِنُونَ﴿ 

{Avertis les hommes du Jour de tous les regrets, Jour où Notre arrêt sera prononcé mais que, dans leur insouciance, ils préfèrent aujourd’hui renier.} [Maryam, v.39].

Allah nous a informé de la proximité du Jour où les gens seront jugés dans le but qu’ils se réveillent de leur insouciance :

﴾اقْتَرَبَ لِلنَّاسِ حِسابُهُمْ وَهُمْ فِي غَفْلَةٍ مُعْرِضُونَ﴿

{Le jugement des hommes approche. Mais ces derniers, insouciants, se détournent de Nos avertissements.} [Al-Anbiyâ, v.1].

Le Très Haut blâma ceux qui ne connaissent que l’apparence de ce bas monde mais sont inattentifs à l’au-delà :

﴾يَعْلَمُونَ ‌ظَاهِرًا ‌مِنَ ‌الْحَيَاةِ ‌الدُّنْيَا ‌وَهُمْ ‌عَنِ ‌الْآخِرَةِ ‌هُمْ ‌غَافِلُونَ﴿‌

{Ils ne connaissent que les charmes apparents de cette vie et ne se soucient nullement de l’au-delà.} [Ar-Roûm, v.7].

Chaque communauté qui n’est plus avertie et dans laquelle le rappel ne se fait plus sombrera dans l’insouciance :

﴾لِتُنْذِرَ قَوْماً مَا أُنْذِرَ آباؤُهُمْ فَهُمْ غَافِلُونَ﴿‌

{Afin que tu avertisses un peuple dont les ancêtres n’ont pas été avertis, si bien qu’ils vivent dans l’insouciance.} [Yâ-sîn, v.6].

Allah nous a d’ailleurs informé que beaucoup sont inattentifs aux signes d’Allah :

﴾وَإِنَّ كَثِيراً مِنَ النَّاسِ عَنْ آياتِنا لَغَافِلُونَ﴿‌

{Nombre d’hommes restent cependant indifférents à Nos signes.} [Yoûnous, v.92].

Parmi les causes de l’insouciance, il y a l’amour et l’attachement à ce bas-monde en le préférant à l’au-delà :

ذَلِكَ بِأَنَّهُمُ اسْتَحَبُّوا الْحَياةَ الدُّنْيا عَلَى الْآخِرَةِ وَأَنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ *﴿‌

﴾أُولَئِكَ الَّذِينَ طَبَعَ اللَّهُ عَلَى قُلُوبِهِمْ وَسَمْعِهِمْ وَأَبْصَارِهِمْ وَأُولَئِكَ هُمُ الْغَافِلُونَ

{Cela parce qu’ils ont préféré cette vie à celle de l’au-delà. Et Allah ne saurait guider les mécréants. Voilà ceux dont Allah a scellé le cœur, l’ouïe et la vue, si bien qu’ils vivent dans l’insouciance.} [An-Nahl, v.107 – 108].

Certains sages ont dit : « Celui qui regarde ce bas monde sans tirer de leçon, la clairvoyance de son cœur s’effacera selon l’ampleur de cette insouciance. »

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La sorcellerie : dangers, prévention et remèdes – Chaykh ‘Abd Al-Mouhsin ibn Mouhammad Al-Qâsim (livre pdf)

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Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Introduction

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu’Allah couvre d’éloge et salue notre Prophète Mouhammad, sa famille et tous ses compagnons.

En plus d’être un danger mortel pour la religion, la sorcellerie est également un fléau destructeur des relations sociales et familiales.

Eloignées de leur Seigneur, insatisfaites du décret divin à leur égard ou en faveur d’autrui, le cœur consumé par la jalousie, certaines personnes se tournent alors vers les sorciers, les devins et les voyants. Elles pensent à tort pouvoir atteindre leurs vils objectifs par leur biais, mais ceux-ci ne font que corrompre leur croyance.

J’ai intitulé ce livre :  « La sorcellerie : dangers, prévention et remèdes. » J’y avertis les musulmans du danger que représentent les sorciers, les devins et ceux qui font appel à leurs services. Cet essai est également une mise en garde à l’encontre de ceux qui – corrompant ainsi leur croyance s’efforcent d’ensorceler autrui. Enfin, les victimes de sorcellerie y trouveront non seulement réconfort et consolation, mais également des méthodes pour dissiper le sort dont elles souffrent et le rendre inopérant.

Je demande à Allah de faire en sorte que cette épître soit bénéfique, d’éloigner les musulmans des agissements des

sorciers et autres charlatans, et de retourner les stratagèmes de leurs ennemis contre eux-mêmes.

Qu’Allah couvre d’éloge et salue Mouhammad, sa famille et tous ses compagnons.

Dr. ‘Abd Al-Mouhsin ibn Mouhammad Al-Qâsim

Imâm et Orateur de la Noble Mosquée du Prophète

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Tables des matières

{« Quand donc viendra le secours d’Allah » Sachez que le secours d’Allah est tout proche.} – Par notre frère gazaoui Jihâd Hallas 🇵🇸

Notre frère gazaoui Jihâd Hallas a publié il y a quelques jours (18/06/2024) un fort rappel pour réconforter le croyants et raffermir sa bonne opinion d’Allah lors des épreuves : 

Sais-tu que ce désespoir qui se faufile dans ton cœur et ce découragement qui remplit ton âme ne sont, par la permission d’Allah, que le signe de la proximité de la délivrance ?

Lis, si tu le veux, la parole d’Allah : {C’est seulement lorsque les Messagers perdaient tout espoir de voir les leurs croire en eux que Nous leur portions secours, sauvant alors ceux que Nous choisissions. Notre châtiment ne saurait être écarté des criminels.} [S.12, v.110].

Lis aussi Sa parole : {Pensez-vous entrer au Paradis, vous croyants, sans avoir été éprouvés comme l’ont été vos devanciers ? Ils furent touchés par la misère et les souffrances et durement ébranlés, au point que les Messagers et leurs compagnons se sont demandé : « Quand donc viendra le secours d’Allah ? » Sachez que le secours d’Allah est tout proche.} [S.2, v.214].

Regardez tous les Prophètes ! Regardez lorsqu’Abraham (sur lui la paix) fut jeté dans le feu et croyait qu’il allait mourir de façon certaine. Allah dit au feu : {« Ô feu ! Sois d’une fraîcheur salutaire pour Abraham ! »} [S.21, v.69].

Lorsque Jonas (sur lui la paix) se retrouva dans le ventre du poisson, et que s’étaient réunis autour de lui les ténèbres de la nuit, de la mer et du ventre du poisson, Allah – exalté soit-il – le sauva alors de cette grande affliction. Lorsque l’épreuve de Job (sur lui la paix) s’intensifia, Allah le sauva également et rendit sa famille deux fois plus nombreuse.

Joseph (sur lui la paix et le salut) fut jeté en prison, mais aussi dans le puits, Allah le sauva à deux reprises et fit de lui le Grand Intendant d’Égypte. David (sur lui la paix) et Mouhammad (sur lui la paix et le salut) ont tous deux subi de nombreuses calamités et des maux, mais Allah les a sauvés du peuple criminel.

« Lorsque l’épreuve se resserre et semble inextricable,
la voilà qui se dissipe soudainement, sans jamais penser qu’un jour elle le serait ».

C’est pourquoi vous devez savoir qu’après cette nuit destructrice et cette obscurité, apparaitront nécessairement, par la permission d’Allah, l’aube, la délivrance et la victoire.

Allah n’a décrété ces épreuves que parce qu’Il nous aime et parce qu’Il nous réserve une chose bien plus grandiose et plus belle. C’est la certitude que nous avons d’Allah et notre bonne opinion à Son égard. Nous demandons à Allah d’éteindre le feu de cette guerre, et qu’Il nous accorde, de par Son indulgence et Sa générosité, une délivrance proche, et non tardive.

Les œuvres durant les dix jours de Dhoû-l-Hijjah

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Les œuvres durant les dix jours de Dhoû-l-Hijjah

Sermon prononcé le vendredi 5 du mois de Dhoû-l-Hijjah, en l’an 1444 de l’hégire, dans la Mosquée Prophétique.

Toutes les louanges appartiennent à Allah, nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, l’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que notre Prophète Mouhammad est le serviteur d’Allah et Son messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons, ainsi que Ses nombreux saluts.

Ceci dit :

Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah d’une crainte véritable, que ce soit en secret ou en apparence.

Ô musulmans :

Les périodes de grands biens se renouvellent pour les serviteurs par la grâce d’Allah et Son immense générosité. À peine un rite se termine qu’une autre adoration lui fait suite, afin que les serviteurs puissent se laver de leurs péchés et s’élever en degrés.

Nous voilà maintenant dans dix jours bénis ; les meilleurs jours et les plus méritoires, les plus nobles mais aussi les plus importants. Allah jura par eux en disant :

{وَٱلۡفَجۡرِ * وَلَيَالٍ عَشۡرٖ}

{Par l’aube ! Et par les dix nuits !} [Al-Fajr, v.1 – 2].

Masroûq رحمه الله a dit : « Il s’agit des dix jours où se trouve le jour du sacrifice. Ce sont les meilleurs jours de l’année. » Ils font également partie des jours sacrés d’Allah et du dernier mois qu’Allah a déterminé dans Sa parole :

{ٱلۡحَجُّ أَشۡهُرٞ مَّعۡلُومَٰتٞۚ}

{Le pèlerinage se déroule en des mois déterminés.} [Al-Baqarah, v.197].

Ka‘b رحمه الله a dit : « Le mois sacré qu’Allah aime le plus est celui de Dhoû-l-Hijjah, et ce qu’Il aime le plus de ce mois sont les dix premiers jours. » Ses journées sont meilleures que celles des dix derniers jours de Ramadan. Le Prophète ﷺ a dit : « Les meilleurs jours d’ici-bas sont les dix jours de Dhoû-l-Hijjah. » (Rapporté par Ibn Hibbân). Chaykh Al-Islâm رحمه الله a dit : « Les journées des dix [premiers] jours de Dhoû-l-Hijjah sont meilleures que les dix dernières journées de Ramadan. Cependant, les dix dernières nuits de Ramadan sont meilleures que les dix premières nuits de Dhoû-l-Hijjah. »

Le mérite des dix jours de Dhoû-l-Hijjah est dû aux principales adorations que l’on retrouve à l’instar de la prière, du jeûne, de l’aumône et du pèlerinage. Cela ne se présente dans aucune autre période.

Le fait que les nuits et les jours se différencient dans le mérite, cela incite le serviteur à tirer profit du bien qui s’y trouve. Et l’une des manières de profiter de ces dix jours est de multiplier les œuvres pieuses. En effet, l’œuvre pieuse accomplie durant ces dix jours est meilleure que la même œuvre accomplie le reste du temps. Le Prophète ﷺ a dit : « “Il n’y a pas de jours où les œuvres pieuses sont meilleures que pendant ces jours.” Les Compagnons s’exclamèrent : “Pas même le combat dans le sentier d’Allah ?” Il répondit : “Pas même le combat dans le sentier d’Allah, excepté un homme qui part seul au combat avec ses biens, et n’en revient pas.” » (Rapporté par Al-Boukhârî). Ibn Rajab رحمه الله a dit : « Ce hadith indique que les œuvres accomplies durant les dix [premiers] jours de Dhoû-l-Hijjah sont plus aimées auprès d’Allah que les œuvres accomplies le reste des jours, sans aucune exception. » Les pieux prédécesseurs redoublaient d’efforts dans les œuvres pieuses durant cette période. « Lorsqu’entraient les dix jours de Dhou-l-Hijjah, Sa‘îd ibn Joubayr رحمه الله faisait tellement d’efforts qu’il était très difficile de faire la même chose. »

L’une des faveurs d’Allah qui témoigne de Sa générosité, est la multitude d’adorations que l’on peut accomplir tout au long de ces jours. Parmi elles, il y a le fait d’évoquer Allah en abondance. Allah سُبْحَانَهُ dit :

{وَيَذۡكُرُواْ ٱسۡمَ ٱللَّهِ فِيٓ أَيَّامٖ مَّعۡلُومَٰتٍ}

{Afin de mentionner le nom d’Allah en des jours déterminés.} [Al-Hajj, v.28].

Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما dit en commentaire : « Il s’agit des dix premiers jours de Dhoû-l-Hijjah. » Mentionner Allah سُبْحَانَهُ en ces jours est l’une des meilleures adorations, le Prophète ﷺ dit en effet : « Il n’y a pas de jours, où l’on œuvre, qui sont aussi grandioses et autant aimés auprès d’Allah que ces dix jours. Alors multipliez-y le Tahlîl (dire : Lâ Ilâha Illa Allah), le Takbîr (Dire : Allahou Akbar) et le Tahmîd (Dire : Al-Hamdoulillah). » (Rapporté par Ahmad). An-Nawawî رحمه الله a dit : « Il est recommandé de multiplier les formules d’évocation durant ces dix jours, plus que dans les autres. Tout comme il est davantage recommandé de le faire le jour de ‘Arafat que le reste des dix jours. » Et la meilleure évocation que l’on puisse faire est de réciter le Livre d’Allah ; il est en effet un guide et une lumière évidente [pour l’humanité].

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La foi en l’existence d’Allah le Très Haut

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La foi musulmane repose sur six piliers, nul n’est musulman que s’il croit en eux. Ces six piliers ont tous été rapportés dans le célèbre hadith de Jibrîl (عليه السلام), ils sont : la foi en Allah, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au Jour de la Résurrection et au décret, qu’il soit favorable ou non.

La foi en Allah, qui est le premier pilier, comprend quatre points : la foi en l’existence d’Allah, la foi en Sa seigneurie, la foi en Sa divinité et la foi aux Noms parfaits d’Allah et à Ses nobles Attributs.

Arrêtons-nous sur le premier point : la foi en l’existence d’Allah. Et qui, malgré son évidence pour beaucoup, nécessite que l’on s’y attarde quelque peu car malheureusement, nombreux sont ceux qui œuvrent avec force et vigueur pour détruire cette foi innée en l’existence d’une seule divinité, créatrice de toute chose.

Il y a quatre choses qui prouvent l’existence d’Allah : la saine nature (Al-Fitrah), la saine raison, la révélation et les signes tangibles.

La saine nature (al-fitrah) prouve l’existence d’Allah.

L’indication de la saine nature sur l’existence d’Allah : chaque homme a été créé avec une disposition naturelle à croire en son Créateur, sans qu’il n’ait eu de réflexion ou d’enseignement préalables.

Allah dit en effet : {Tourne-toi donc, en monothéiste pur et sincère, vers la vraie religion, la religion naturelle à laquelle Allah a prédisposé les hommes.} [s.30, v.30]

Le Prophète ﷺ a dit : « Chaque nouveau-né naît sur la saine nature ; mais ce sont ses parents que font de lui un juif, un chrétien ou un zoroastrien. » (Rapporté par Al-Boukhari)

Ainsi, seul celui dont le cœur a été affecté par une chose comme les ambiguïtés, les passions ou encore son environnement, se détourne de cette saine nature.

Allah dit dans le hadith divin : « J’ai créé tous les hommes prédisposés au monothéisme, mais les diables vinrent à eux et les détournèrent de leur religion. » (Rapporté par Mouslim)

C’est pourquoi, la saine nature est devenue la cible de grand nombre de personnes qui tentent de la détruire pour détourner le serviteur de cette configuration innée, celle de croire en l’existence d’un Créateur, et de le faire plonger dans les limbes de l’égarement.

Néanmoins, quand bien même cette saine nature serait voilée, quand bien même on tenterait de la détruire, celle-ci réapparaît au grand jour lorsque l’individu traverse des moments d’adversité et de grandes crises.

Allah dit : {Lorsqu’ils sont submergés par des vagues hautes comme des montagnes altières, ils implorent Allah de la manière la plus sincère. Mais une fois qu’Il les a ramenés sains et saufs à terre, certains sont peu enclins à rendre grâce au Seigneur. Seul un être perfide et ingrat peut renier Nos signes.} [s.31, v.32].

La saine raison prouve l’existence d’Allah.

Il est forcément nécessaire que toutes créatures, des premières aux dernières, aient un Créateur. Car il est inconcevable qu’elles aient pu se créer elles-mêmes ou encore avoir été le fruit du hasard. Pour chaque chose créée, il y a obligatoirement derrière elle un Créateur.

De plus, le fait qu’elles existent dans ce système hors du commun et cette harmonie, ainsi que l’existence d’un lien reliant toutes les créatures entre elles, exclut catégoriquement toute notion de hasard dans leur apparition. En effet, ce qui existe par hasard ne peut pas s’inscrire dans un système cohérent.

Par conséquent, si ces créatures sont incapables de se créer elles-mêmes et d’apparaître par pur hasard, il devient donc évident qu’elles aient un créateur qui les a créées, et c’est Allah, le Seigneur de l’univers.

Allah a d’ailleurs évoqué une preuve rationnelle et un argument probant dans la sourate At-Tour :

{Ont-ils été créés de rien ou bien sont-ils eux-mêmes à l’origine de leur création ?} [s.52, v.35].

Lorsque Joubayr ibn Mout‘im, alors encore polythéiste, entendit le Messager d’Allah ﷺ lire ces versets, il s’exclama : « Mon cœur a failli s’envoler ! Ce fut la première fois que la foi pénétra mon cœur. » (Rapporté par Al-Boukhari)

Qiss ibn Sa‘idah, célèbre poète de la période pré-islamique avait dit : « La crotte est la preuve [du passage] du chameau. Les traces de pas indiquent que quelqu’un a marché. Un ciel parsemé de constellations, une terre parcourue de vallées, tout cela ne démontre-t-il pas [l’existence de] l’architecte parfait connaisseur ?»

La révélation 

Tous les Livres célestes font mention de l’existence d’Allah y compris le Coran.

Allah dit : {Ne sont-ils pas disposés à méditer le Coran ? S’il venait d’un autre qu’Allah, n’y trouveraient-ils pas maintes contradictions ?} [s.4, v.82]

Les signes tangibles prouvent l’existence d’Allah.

L’indication des signes tangibles sur l’existence d’Allah a plusieurs aspects, on peut en citer trois :

Le premier : le fait que nous entendons et voyons l’exaucement de ceux qui invoquent Allah et le secours qu’Allah apporte aux affligés, constituant ainsi une preuve indéniable de l’existence d’Allah, le Très Haut.

L’exaucement des invocations est d’ailleurs une chose que l’on a toujours vu, dès lors que la personne s’est adressée sincèrement à Allah en remplissant les conditions favorables à son exaucement et s’écartant de tout ce qui pourrait l’en empêcher.

Le deuxième : les signes des Prophètes, appelés miracles, que les gens ont vus ou entendus, sont une preuve évidente de l’existence de Celui qui les a envoyés, et qui n’est autre qu’Allah.

Les miracles sont des choses qui sortent de l’ordinaire et du cadre humain, à travers lesquels Allah soutient Ses Messagers, comme : la mer qui s’est ouverte pour Moussa, la capacité donnée à ‘Issa de redonner vie aux morts et la lune qui s’est fendue pour notre Prophète Mouhammad ﷺ. Ces signes palpables avec lesquels Allah a soutenu Ses Messagers, que les gens ont vu et qu’ils n’ont pas reniés, prouvent de toute évidence Son existence, Sa capacité et Sa force.

Le troisième : méditer la création qui nous entoure et dans laquelle nous vivons. En effet, toutes les choses que l’on trouve dans l’univers, qu’elles soient en mouvement ou immobiles, apparentes ou cachées, immenses ou minuscules, sont un signe de l’existence de Celui qui les a créées. Un signe de Sa science et de Sa puissance parfaites, un signe de la parfaite précision de Sa création, de Sa maîtrise, de Sa vaste sagesse et de l’étendue de Sa miséricorde.

Et à mesure que les sciences progressent, nous découvrons des secrets de l’univers, la perfection de la création, l’originalité de l’œuvre d’Allah et les merveilles de la puissance divine, renforçant ainsi la foi du croyant en son Seigneur et son Prophète, et reconnaissant la grandeur du Créateur, Sa perfection et Sa Majesté :

{Telle est l’œuvre d’Allah qui a tout créé à la perfection et qui est bien informé de vos actions.} [s.27, v.88]

Enfin, rappelons-nous chers frères et sœurs, que l’un des moyens pour rester certain qu’Allah existe est de s’attacher à Son obéissance, multiplier les adorations, fréquenter les vertueux, délaisser les péchés, demander pardon pour les péchés commis, apprendre la science profitable, méditer les Noms et Attributs d’Allah et observer leurs répercussions sur l’âme et l’univers.

Mais ce qui réunit tout cela, c’est de multiplier la lecture du noble Coran, d’œuvrer avec son contenu et d’avoir constamment besoin d’Allah le Très Haut.

Sources : Les voies du salut du chaykh ‘Abdoullah ibn ‘Oumar Al-Bakrî, la croyance islamique simplifiée du chaykh Ahmad Al-Qadi, la certitude de l’existence d’Allah (sermon) du chaykh ‘Abd Al-Mouhsin Al-Qasim

« Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ? »

 

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‘Âichah rapporte avoir été questionnée à propos de la chose la plus étonnante qu’elle vit chez le Messager d’Allah ﷺ, elle répondit : “Une nuit, le Messager d’Allah ﷺ me dit : “Ô ‘Âichah ! Laisse-moi adorer mon Seigneur cette nuit.” Elle répondit : “Par Allah, tu sais ô combien j’aime ta compagnie et ce qui te réjouit !” 

Le Prophète ﷺ se leva, fit ses ablutions et pria. En prière, il ne cessa de pleurer jusqu’à mouiller son giron. Puis il pleura encore jusqu’à mouiller sa barbe. Et il pleura encore jusqu’à mouiller le sol.

C’est alors que Bilâl arriva pour appeler à la prière. Mais quand il vit que le Prophète ﷺ pleurait, il s’exclama : “Ô Messager d’Allah ! Pourquoi pleures-tu alors qu’Allah t’a déjà pardonné tes péchés antérieurs et futurs ?” Il répondit : “Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ? Cette nuit, un verset m’a été révélé, et malheur à celui qui le lit mais ne le médite pas : {Dans la création des cieux et de la terre, l’alternance du jour et de la nuit, il y a autant de signes pour des hommes doués de raison…} [S.3, v.190]. » [Rapporté par Ibn Hibbân, rendu bon par Al-Albânî].

Les cieux avec leur étendue, leur hauteur et tout ce qu’ils renferment comme le soleil et la lune, les étoiles et d’autres astres en orbite.

La terre avec ses profondeurs et son étendue, sur laquelle on y trouve mers, plaines et montagnes, des plantes, des arbres et des fruits, des animaux marins et terrestres, et toute une variété de minéraux.

Le changement et l’alternance entre le jour et la nuit, les différentes évolutions de la lumière du jour et l’obscurité de la nuit, la longueur des journées et des nuits ainsi que leur brièveté.

L’alternance entre la chaleur et le froid, l’ensoleillement et la pluie, l’aisance et la dureté. 

L’alternance des époques entre puissance et faiblesse, défaite et victoire, largesse et restriction, santé et maladie.

Tout ceci offre un espace aux serviteurs pour réfléchir, méditer et contempler les signes évidents et les preuves claires de Sa grandeur – exalté soit-Il. Quiconque médite ces signes ne pourra que témoigner de la grandeur d’Allah et réaliser qu’Il est l’Immense, le Tout-Puissant, le Créateur de toute chose.

Dans ce verset, Allah spécifia les personnes douées de raison claire et pure car ce sont eux qui tirent profit de ces signes évidents et qui les regardent avec leur raison et leurs cœurs, et pas seulement avec le regard. En effet, ces hommes qui méditent et ressentent la grandeur d’Allah reconnaissent que tout cela n’a pas été créé en vain, c’est pourquoi ils disent : {« Tu n’as pas, Seigneur, créé tout ceci en vain. »} [S.3, v.191]. Ce n’est pas une création dépourvue de sagesse, Allah dit : {Nous ne les avons créés que pour une juste raison} [S.44, v.39], l’adoration d’Allah.

En méditant les signes grandioses d’Allah dans le Coran et l’Univers, la crainte s’installe chez le croyant et le cœur du serviteur atteste de la grandeur du Seigneur. Le serviteur se retrouve ainsi entièrement soumis à son Créateur. Allah dit dans le verset suivant : {des hommes doués de raison qui, debout, assis ou allongés sur le côté, invoquent le nom d’Allah et méditent la création des cieux et de la terre, disant : « Tu n’as pas, Seigneur, créé tout ceci en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous des tourments de l’Enfer !} [S.3, v.191]

Tu remarqueras que l’on retrouve dans ce dernier verset l’adoration du cœur : {méditent la création des cieux et de la terre}.

De la langue : {“Tu n’as pas, Seigneur, créé tout ceci en vain. Gloire à Toi !”}.

Et du corps : {qui, debout, assis ou allongés sur le côté, invoquent le nom d’Allah}. 

Tout ceci montre que celui qui médite les signes d’Allah, c’est bel et bien tout son être qui se soumettra à Lui.

Le hadith de ‘Âichah met donc en garde contre celui qui lit ce verset mais ne le médite pas.

Souce : résumé et adaptation de l’explication du hadith du noble chaykh Mouhammad Al-Mounajjid – qu’Allah le libère.

Les piliers de l’Islam dans les sermons de la Mosquée du Prophète ﷺ. – Chaykh ‘Abd Al-Mouhsin Ibn Mouhammad Al-Qâsim (pdf)

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Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, Celui qui fait miséricorde

Introduction

Toutes les louanges appartiennent à Allah, le Seigneur de l’univers, et que la prière et le salut soient sur notre Prophète Mouhammad, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Ceci dit :

Les cinq piliers de l’Islam sont les bases et les fondements sur lesquels l’Islam est bâti ; la foi du serviteur n’est valable qu’en les concrétisant par la parole, les actes et la croyance. Ces piliers sont : les deux attestations, la prière, l’aumône obligatoire, le jeûne et le pèlerinage.

Étant donné leur importance, j’ai prononcé plusieurs sermons en rapport à chacun de ces piliers à la Mosquée du Prophète ﷺ que j’ai réunis et classés dans ce livre. Leur nombre est de dix-neuf sermons et j’ai nommé ce livre : « Les piliers de l’Islam dans les sermons de la Mosquée du Prophète ﷺ. »

Je demande à Allah qu’Il rende ce livre profitable, et fasse qu’il soit voué sincèrement pour Son Noble Visage.

Que la prière d’Allah et Son salut soient sur Notre Prophète Mouhammad, ainsi que sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Dr. ‘Abd Al-Mouhsin Ibn Mouhammad Ibn Al-Qâsim

Imam et conférencier de la Noble Mosquée Prophétique


TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Les deux attestations

Les mérites de la parole de l’unicité

Connais ton Prophète ﷺ !

La prière

La prière en Islam

Le statut de la prière dans la religion

L’obligation de prier en groupe

L’aumône obligatoire

L’aumône obligatoire (Az-Zakât)

Les mérites de l’aumône

Les mérites de dépenser de ses biens

Le jeûne du Ramadan

Se préparer pour le Ramadan

Le croissant de lune du mois de Ramadan est apparu

Des jours précieux

Les mérites des dix derniers jours de Ramadan

La nuit du décret (Laylatou-l-Qadr)

Et Ramadan s’en va…

La fin du Ramadan

Le pèlerinage

Sur le chemin du pèlerinage

Les finalités du pèlerinage

La plus longue adoration corporelle : le pèlerinage

Les jours du pèlerinage

« Les piliers de l’Islam dans les sermons de la Mosquée du Prophète ﷺ. » (pdf)