03 – Hadîth n°3 : « Ô Toi qui retournes les cœurs »

Le troisième hadîth est celui qu’a rapporté Anas رضي الله عنه en disant : « Le Prophète ﷺ avait pour habitude de dire fréquemment : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! » Anas dit : nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi (ton message et ta prophétie) et en ce que tu as apporté (Le Coran, La Sounnah), as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Le Prophète ﷺ disait : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! » Anas dit : Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Il répondit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne ».

Mais d’où provient cette peur ?

Il est impératif que nous ayons peur des actes d’Allah, car parmi Ses actes il y a le retournement des cœurs. Donc l’origine de cette peur est que parmi les actes d’Allah il y a le fait qu’Il retourne les cœurs. Si quelqu’un te demande : « Comment la méditation des Noms et Attributs d’Allah peut-elle amener quelqu’un à craindre Le Seigneur de l’univers ? »

Tu lui réponds : « En voici un exemple ! »

Méditer un des actes d’Allah qu’est l’orientation des cœurs, le changement [d’état] des cœurs et le retournement des cœurs, est à lui seul suffisant pour que la personne ait peur qu’Allah lui retourne le sien.

Le Prophète ﷺ dit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne ».

Rapporté par Ahmad.

Le Prophète ﷺ demandait souvent d’être raffermi : « Ô Toi qui retournes les cœurs […] »

Bon, il n’a pas dit : « Ô Toi qui raffermis les cœurs ». Regarde, il n’a pas dit : « Ô Toi qui raffermis les cœurs, raffermis mon cœur ! » mais plutôt : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur ». Bien qu’Allah soit Celui qui raffermit les cœurs !

Quant à la raison, les savants ont dit : « Cela est dû aux nombreux changements [d’états] qui s’y produisent. » C’est-à-dire qu’à cause des nombreux retournements et changements que subit le cœur dans la réalité, il fit cette invocation : « Ô Toi qui retournes les cœurs ».

Sachant que – mes frères – d’un autre point de vue, le retournement peut être un bien. Car s’Il le retourne du faux vers le vrai, de l’égarement à la guidée, de la désobéissance vers l’adoration, de l’innovation à la Sounnah, du polythéisme au monothéisme pur (At-Tawhîd), de la mécréance à l’Islam, alors ce retournement aurait été dans l’intérêt de la personne. Donc il y a dans le retournement [des cœurs] la peur et l’espoir.

« Ô Toi qui retournes les cœurs […] » C’est-à-dire qu’il y a 2 choses auxquelles se rattache celui qui invoque Allah : la peur et l’espoir.

La crainte qu’Allah lui retourne le cœur vers le mal et le faux, vers l’égarement et l’innovation ; et l’espoir qu’Il le retourne vers le bien et le raffermisse sur cela. C’est pourquoi il dit : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ».

{Et sachez qu’Allah s’interpose entre l’homme et son cœur} [S.8, v.24]

Le Prophète ﷺ jurait le plus par : « Non, par Celui qui retourne les cœurs. » Rapporté par Al-Boukhârî n°7391.

La puissance agissant sur le retournement des cœurs est immense. Celui qui médite la question du retournement du cœur constatera que la force de Celui qui le retourne est colossale. Pourtant c’est une chose qui est cachée, qui est à l’intérieur [de la personne]. Toi par exemple, si tu avais un enfant ou un frère qui est égaré et que tu veuilles le guider sur le droit chemin, tu vas t’y impliquer pendant très longtemps. Puis tu diras : « Par Allah – les frères – je n’ai pas réussi à le guider ! Il délaisse la prière et refuse de prier, il consomme de la drogue et refuse de la délaisser. » Tu diras : « J’en ai été incapable. » Alors qu’en un instant Allah fit que les sorciers de Pharaon basculent de l’état de sorciers, mécréants, à celui de martyrs et pieux. Oui ou non ?! {Aussitôt, les sorciers tombèrent prosternés disant : « Nous croyons au Seigneur de l’univers. »} [S.26, v.46-47]

Dans ce laps de temps ils acquirent à la fois l’unicité d’Allah (At-Tawhîd), la compréhension et la fermeté. Puis Pharaon les menaça et fit ce qu’il fit : {Je vous couperai très certainement la main d’un côté et le pied du côté opposé et vous ferai tous crucifier}. [S.26, v.49]

Ils rétorquèrent en jurant : {Par Celui qui nous a créés ! Décrète donc ce que tu as à décréter} [S.20, v.72].  Et ils répliquèrent aux menaces : {Tes décrets ne touchent que cette présente vie.} [S.20, v.72]

Puis ils exhortèrent Pharaon et devinrent ainsi des prêcheurs. C’est une chose qui s’est produite en une fraction de seconde. Regarde le miracle divin sur la créature !

{Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux [de la guidée] ; parce qu’ils n’ont pas cru la première fois} [S.6, v.110].

[Dans son authentique] Al-Boukhârî رحمه الله a dit : « Chapitre : Celui qui retourne les cœurs et la parole d’Allah : {Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux} » afin de montrer la dangerosité de la chose.

Concernant sa parole ﷺ : « Ô Toi qui retournes les cœurs » Ar-Râghib a dit : « Retourner quelque chose, c’est le changer d’un état à un autre. Le retournement (At-Taqlîb) signifie orienter quelque chose, et le retournement d’Allah sur les cœurs et les opinions, c’est les orienter d’un avis à un autre. »

Quant à celui que le vent des ambiguïtés et des passions emporte, son cœur qui était sur la droiture est soudainement épris d’un amour passionnel pour une femme et… trop tard ! La grande catastrophe ! Il est parti dans le monde de la perversion, celui de l’amour passionnel. C’est fini !

Un jour, j’avais exhorté une personne qui était tombée dans l’amour passionnel. Je lui ai dit : « Ô mon frère, fait ceci et cela ! Mon frère, il y a aussi des invocations. Ce cœur est l’endroit où se loge l’amour passionnel, dis : « Ô Allah, place dans mon cœur une lumière (Noûrâh) ! »

Il répondit : « Ô Chaykh, c’est comme ça qu’elle s’appelle, Noûrah. »  Effectivement j’ai connu cette histoire avec quelqu’un.

Les savants ont défini l’amour passionnel (Al-‘Ichk) comme étant : « l’agitation d’un cœur vide. »

Vide de quoi ? Vide de l’amour d’Allah. Car si on y trouvait l’amour d’Allah, il ne serait pas parti dans monde de l’amour passionnel.

Quant aux ambiguïtés, parlons-en ! Regarde, quelqu’un est sur la droiture, sur la voix des pieux prédécesseurs et soudainement tu le vois avec je ne sais qui : les libéraux, les laïques et ceux qui ont fait prédominer la raison sur les Textes, et les exemples sont nombreux. Aujourd’hui il y en a qui disent aux gens : « nous étions … puis nous sommes devenus. » Et certains regrettent en disant : « C’est fini, nous sommes égarés. » D’autre persistent et disent : « Au contraire nous sommes bien guidés. » {Et ils pensent qu’ils sont bien-guidés !} [S.7, v.30], c’est Allah qui dit cela. Voilà le danger, le premier cas est plus facile à prêcher ; mais le second, {et ils pensent qu’ils sont bien-guidés !}.

Tu viens pour le conseiller mais il te rétorque : « c’est toi qui t’es trompé ! » C’est cela le retournement des cœurs.

Allah عز وجل s’est Lui-même chargé de la question des cœurs des serviteurs.

SoubhânAllah ! Les savants ont évoqué qu’Allah n’a pas confié aux Anges la tâche de retourner les cœurs, mais c’est Lui-même qui s’en occupe. Par exemple, les Anges invoquent pour les gens, n’est-ce pas ? Les Anges écrivent leurs actions et les protègent {Il [l’homme] a des Anges qui se relaient} [S.13, v.11]. Les Anges interagissent avec nous sur de nombreux plans, mais concernant le retournement des cœurs en particulier, les savants disent qu’Allah ne leur a pas confié cette tâche. Autrement dit, Allah n’envoie pas un Ange pour retourner le cœur de quelqu’un, c’est Lui – Exalté soit-Il – qui le fait.

« Raffermis mon cœur sur Ta religion ! »

Et parmi ce qu’ont évoqué les savants à ce sujet, As-San’ânî رحمه الله a dit : « Car le cœur est le dépôt des secrets ; des secrets que nul ne connait hormis Allah. » Même les Anges ignorent certaines choses.

« Raffermis mon cœur sur Ta religion ! » : Fais qu’il soit ferme sur Ta religion ! Et qu’il ne fléchisse pas, ni ne dévie ! Tout le monde a besoin de cette invocation, qui est l’invocation de ceux qui sont enracinés dans la science… Exactement. {Seigneur ! Ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous aies guidés ; et accorde-nous Ta miséricorde} [S.3, v.8]

Cette invocation nous montre que même les Prophètes ont besoin d’être raffermis. {Et si Nous ne t’avions pas raffermi, tu aurais bien failli t’incliner quelque peu vers eux.} [S.17, v.74]

Quant à la parole d’Anas رضي الله عنه : Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Les Compagnons constatèrent que le Prophète ﷺ faisait cette invocation et que la communauté avait bien plus besoin de la faire ; ils lui posèrent donc la question pour [l’intérêt] de la communauté, par respect [envers le Prophète]. Il leur répondit : « Oui ! » : « J’ai peur pour vous. » Et il justifia cela en disant : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne. » De la foi à la mécréance et de la mécréance à la foi, de l’obéissance à la désobéissance et de la désobéissance à l’obéissance, et ainsi de suite.

Et ce retournement émane de Sa Sagesse et de Son Équité.

Mais Allah n’égare pas celui qui ne veut pas l’égarement. C’est-à-dire {Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers.} [S.29, v.69], {Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs} [S.61, v.5]

Il est primordial de savoir que le retournement des cœurs de la guidée vers l’égarement, de la foi à la mécréance, de l’unicité au polythéisme et de l’obéissance à la désobéissance se réalise par La Sagesse d’Allah et Son Équité.

Ce n’est pas comme ce que prétendent les ignorants qui pensent qu’obéir à Allah n’est d’aucun profit, même si cela dure longtemps. C’est avoir une mauvaise opinion d’Allah, et c’est une dangereuse accusation à Son encontre. Mais au contraire, Allah n’égare pas celui qui veut la guidée de par Sa miséricorde. Le serviteur qui veut la guidée Allah ne l’égare pas. {Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers.}, cependant : {Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs}.
Leur désire du mal, c’est ça qui fut la cause du retournement qu’Allah leur décréta. Et Allah ne retourne pas [le cœur] d’un obéissant d’un lieu de prière vers les bars, ni celui d’un monothéiste de l’unicité (At-Tawhîd) au polythéisme et qu’Il retourne de la foi vers la mécréance, alors que le serviteur désire le bien, l’obéissance, la religion, la foi, l’unicité et la guidée. Jamais ! Car Allah est Le Très Reconnaissant (Ach-Chakoûr). Comment peut-Il dévier Son serviteur qui désire la guidée ?! Comment peut-Il égarer Son serviteur qui veut l’unicité (At-Tawhîd), la foi et l’obéissance ?! C’est impossible. Cependant si le serviteur désire l’égarement, Allah le punira. Personne ne s’égare sans motif. Celui qui dévie alors soit sûre que […] Aujourd’hui, avec toutes les nombreuses dérives que l’on voit chez une partie des gens – nous demandons à Allah de nous raffermir – certaines personnes sont arrivées au stade de la mécréance. Personne ne dévie sans une cause émanant d’elle-même, ça n’existe pas. Quand une ambiguïté (Choubhah) se présente à lui, il la suit ; et lorsque c’est une passion (Chahwah), il l’enfourche. Mais quelqu’un qui désire la mosquée puis il se retrouve en boite de nuit ?! C’est impossible, alors que lui veut se rendre à la mosquée. Mais si, sur le chemin, son regard va à droite et à gauche, c’est fini ! C’est le serviteur qui s’est fait du tort à lui-même. {Et quant aux Thamoûd, Nous les guidâmes} : Nous leur envoyâmes un Messager et leur exposâmes [Nos preuves], {mais ils ont préféré l’aveuglement à la guidée} [S.41, v.17].

C’en est fini. C’est d’eux que provienne la calamité. Allah عز وجل traite les gens selon leurs actes et les récompense selon leurs œuvres. Et le bienfaiteur ne craint pas de la part d’Allah l’injustice, ni la frustration [par la réduction de sa récompense] : {Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni frustration.} [S.20, v.112]

{On ne méconnaîtra pas son effort, et Nous le lui inscrivons [à son actif]} [S.21, v.94]

{En vérité, Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs} [S.9, V.120]

{Certes, Allah ne lèse personne, fût-ce du poids d’un atome. S’il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part} [S.4, V.40]

Mais si Allah descend un châtiment, Il ne le fait qu’à cause de la rébellion du serviteur contre Lui, et de son désir à vouloir faire le mal. Et si maintenant ô serviteur d’Allah, tu t’es assuré de cela, alors connais la [réelle] justice d’Allah sur Ses serviteurs, et qu’Il ne les châtie qu’à cause de leur mécréance, leur désobéissance et leur rébellion. {Nous saisîmes donc chacun pour son péché : Il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan ; il y en eut que le Cri sinistre saisit ; il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre ; et il y en eut que Nous noyâmes. Cependant, Allah n’est pas tel à leur faire du tort ; mais ils se sont faits du tort à eux-mêmes} [S.29, v.40]

C’est pourquoi nul n’entrera en Enfer le Jour de la Résurrection qu’après être certain qu’il mérite le Feu. Personne n’entrera en Enfer alors qu’il doute, c’est-à-dire de penser qu’il ne le mérite peut-être pas. {Et ils dirent : « Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les gens de la Fournaise. » Ils ont reconnu leur péché. Que les gens de la Fournaise soient anéantis à jamais !} [S.67, v.10-11]. Et {Ils dirent : « Malheur à nous ! Nous étions vraiment injustes. » Telle fut leur lamentation jusqu’à ce que Nous les eûmes moissonnés et éteints} [S.21, v.14-15].

Quand Noûh (Noé) عليه السلام demanda à Son Seigneur de sauver son fils, Il l’informa qu’Il le noiera à cause de ses mauvaises œuvres, du fait qu’il commit un acte infâme et de sa mécréance. Allah n’a pas dit : « Je ne l’ai noyé que par Ma simple Volonté sans aucune raison émanant de sa part, ni de péché. » Non ! Même cela ne se dit pas… C’est-à-dire le fait de dire qu’Allah ne punisse que par Sa seule Volonté sans aucun motif émanant du serviteur, mais simplement parce qu’Allah le désire.

Cela ne se dit pas. Allah décréta cela car c’est le serviteur qui l’a voulu. Allah décréta le châtiment et le fit descendre car c’est le serviteur qui l’a voulu.

Allah سبحانه وتعالى dit concernant les croyants : {Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions. Il les guidera et améliorera leur condition. Et les fera entrer au Paradis qu’Il leur a fait connaître.} [S.47, v.4-6] Et Il dit : {Quant à ceux qui se mirent sur la bonne voie, Il les guida encore plus et leur inspira leur piété} [S.47, v.17]. Car Allah est Le Très Reconnaissant (Ach-Chakoûr).

Par conséquent, le retournement des cœurs ne s’accomplit que par sagesse émanant du Très Haut ; et s’Il dévie le cœur d’une personne ce n’est qu’une rétribution conforme à l’intention de ce serviteur dont le cœur désira le mal.

Ibn Kathîr رحمه الله a dit dans son explication de la parole d’Allah où Ya’qoûb (Jacob) dit à ses fils : {« Ô mes fils, certes Allah vous a choisi la religion : et ne mourrez qu’en étant Soumis [à Allah] !»} [S.2, v.132] Que veut dire {et ne mourrez qu’en étant Soumis [à Allah] !} ? Il dit : « Accrochez-vous à l’Islam lorsque vous êtes en bonne santé et dans vos moments d’aisance pour que vous puissiez mourir musulman. Car Le Très Généreux (Al-Karîm) – il désigne par cela Allah – a fait de Son habitude – dans ce qu’Il décrète pour la créature – de par Sa Générosité, que celui qui vit sur une chose mourra sur celle-ci, et que celui qui meure sur une chose sera ressuscité sur celle-ci. Nous cherchons refuge auprès d’Allah de ne pas mourir sur l’Islam ». Tafsîr d’Ibn Kathîr

Nous implorons Allah d’orienter nos cœurs vers Sa religion.

Source : traduction par Le Cœur des Croyants

02 – Hadîth n°2 : « Tel un seul coeur qu’Il dirige »

Le deuxième hadîth:

‘Abd Allah Ibn ‘Amr Ibn Al-‘Âs rapporte qu’il a entendu le Prophète ﷺ dire : « Certes, tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux, tel un seul cœur qu’Il dirige comme bon Lui semble. Puis le Messager d’Allah ﷺ ajouta : « Ô Toi qui orientes les cœurs, oriente nos cœurs vers Ton obéissance ».

Rapporté par Mouslim.

Ce hadîth vient confirmer l’importance de s’intéresser aux affaires du cœur, à ses actes, et, en particulier, à invoquer Allah pour qu’Il oriente les cœurs vers l’obéissance.

Il met aussi en évidence que le retournement du cœur est une chose dangereuse et qu’il convient de prêter attention à la dangerosité du retournement du cœur. Car le basculement de la clairvoyance à l’état d’aveugle, de la guidée à celui de l’égarement et de l’obéissance à la désobéissance est une catastrophe majeure. Et tous les êtres humains sont concernés par ce danger. C’est-à-dire le fait que le Prophète ﷺ dise, alors qu’il est le Prophète : « Ô Toi qui orientes les cœurs, oriente mon cœur » « Affermis mon cœur », il y a en cela une grande leçon pour la communauté : « Vous, vous êtes en-dessous du Messager d’Allah ﷺ. Pourtant, il veillait à dire cette invocation pour que son cœur soit sain et bon, tout en sachant qu’Allah l’a secouru et lui a pardonné ses péchés, passés et futurs ; par conséquent, quelle doit être votre attitude vis-à-vis de cette invocation ? »

Bien entendu, il y a dans le hadîth l’affirmation d’un attribut parmi les attributs d’Allah que les Jahmiyyah[1] [et leurs semblables] ont nié. Lequel ? Oui ? L’attribut des doigts. Quant à l’attribut de la main [et des doigts], nous les affirmons à Allah – Le Très Haut – et ce de la manière convenant à Sa grandeur et Sa majesté. Les gens de la Sounnah affirment cela tout comme l’ont affirmé le Prophète ﷺ, les Compagnons, les Suiveurs (At-Tâbi’oûn), et les grands imams de la guidée.

On questionna l’imam Ach-Châfi’î رحمه الله concernant les attributs d’Allah et la position qu’il convient d’adopter les concernant, il répondit : « Allah – Le Très Haut – possède des Noms et des Attributs qui sont mentionnés dans Son Livre, et Son Prophète ﷺ en a informé sa communauté. […] Et Il possède un doigt selon la parole du Prophète ﷺ : « Tous les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux. »

Chaykh ‘Abd Al-‘Azîz Ibn Bâz رحمه الله a dit : « Le hadîth est clair. Il affirme [l’attribut] des doigts à Allah d’une façon qui Lui sied, mais aussi le fait qu’Allah gèrent les affaires et tournent les cœurs avec Sa Main comme Il le veut. »

Évidemment, l’argument qu’avancent ceux qui nient les doigts (parmi les sectes d’Ahl Al-Kalâm) est faux. Ils prétendent qu’affirmer les doigts à Allah revient à Le faire ressembler à Sa créature.

Demande-lui à cette personne [ach’ariyyah ou mâtourîdiyyah][2] : Affirmes-tu l’ouïe à Allah ? Lui affirmes-tu la vue ? Il te répondra : « oui » Nous lui disons : « alors pourquoi ici il n’y aurait pas le fait de faire ressembler Allah à Ses créatures ? Que l’ouïe et la vue [d’Allah] soient comme celles des créatures ? Nie-les ! Interprète-les ou change leur sens ! Trouve leurs une signification ! » Il dira : « non », nous lui disons : « d’accord, quelle est la différence ? Si tu affirmes l’ouïe et la vue, alors affirme le visage ! Affirme les doigts ! Affirme la main ! Où est le problème ? » Mais ces gens-là ne comprennent pas.

Sa parole ﷺ : « tel un seul cœur qu’Il dirige comme bon Lui semble. » montre le pouvoir d’Allah sur Ses serviteurs et le contrôle qu’Il détient sur Sa créature. Mais aussi que ces cœurs présents dans leurs corps, cachés à l’intérieur, Allah – Le Très Haut – a certes le pouvoir sur eux en les retournant alors qu’ils sont dans le corps de leur propriétaire. Il les retourne alors qu’ils sont dans leurs corps. Quelle force immense que de retourner et changer l’état du cœur !

Et le retournement [du cœur] signifie : [son changement d’état] de la droiture vers l’égarement, et de l’égarement à la droiture. Et ainsi de suite.

Gloire et pureté à Celui qui retourne les cœurs ! Il y déposa des secrets cachés [de tous] (les œuvres du cœur). Il oriente les cœurs là où Il veut عز وجل. Il les fait vivre ou bien ils meurent ; Il les fortifie, les stimule, ou alors ils sont inertes, etc.

Et si nous sommes certains qu’Allah – Le Très Haut – oriente les cœurs de Ses serviteurs, alors il convient pour raffermir les cœurs sur le bien et qu’ils soient tournés vers l’obéissance que les serviteurs se dirigent vers le Créateur de ces cœurs et vers Celui qui les oriente. C’est pourquoi le Prophète ﷺ conclut le hadîth par une invocation.

Il débuta le hadîth par une information (Khabar), quelle est-elle ? « Certes, tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux ». Ceci est une information. Et il conclut le hadîth par une invocation : « Ô Toi qui orientes les cœurs, oriente nos cœurs vers Ton obéissance ».

Ce hadîth incite les cœurs à se tourner vers Celui qui les oriente pour qu’Il soit leur allié.

[1] Les Jahmiyyah font partie des sectes d’Ahl Al-Kalâm.

Parmi les fondements d’Ahl Al-Kalâm le fait qu’ils s’appuient sur la raison et leurs points de vue dans les sujets de la croyance, quitte à rejeter les textes authentiques qui contredisent leurs passions.
Ainsi, ils ont de nombreux égarements notamment dans les Noms et Attributs d’Allah. Certains plus graves que d’autres.

On dénombre 5 grandes sectes parmi Ahl Al-Kalâm :
1 – Les Jahmiyyah
2 – Les Mou’tazilah
3 – Les Koullâbiyyah
4 – Les Achâ’irah
5 – Les Mâtourîdiyyah

Parmi les éagrements des Jahmiyyah, le fait qu’ils ont nié tous les Noms et Attributs d’Allah. (Note du traducteur)

[2] Ici, Chaykh Al-Mounajjid ne visait pas les jahmiyyah car ils nient tous les Noms et Attributs, mais il visait ceux qui ont été mis entre crochets, car ces-derniers affirment les Noms d’Allah mais ils n’affirment que 7 attributs (ou plus selon la secte et leurs divergences internes) dont l’ouïe et la vue. Ils ont nié les attributs à titre informatifs (tels que le visage, la main, etc.), les attributs d’actions et de volonté (tels que que l’établissement sur le Trône, la venue, la descente, etc.) soit en les interprétant par la raison sans aucune preuve légiférée, soit en déléguant à Allah la connaissance de leurs significations.

Alors qu’Ahl As-Sounnah affirment ce qu’Allah s’est affirmé pour Lui-même ou que le Prophète Lui a affirmé, en affirmant leurs significations telles qu’elles sont venus dans la langue arabe, mais sans anthropomorphisme (c’est-à-dire sans chercher à faire ressembler Allah à la créature). Par exemple : Allah possède un visage et nous savons ce que cela veut dire dans la langue arabe, mais nous ignorons tout de son « comment »… car Allah dit {Rien ne Lui est semblable, et c’est Lui l’Audient, l’Omniscient} (Note du traducteur)

01 – Hadîth n°1 : « N’est-ce pas que c’est le coeur »

Nous commençons par le premier hadîth qui est celui où le Prophète ﷺ dit : « En vérité, ce qui est licite (Halal) est clair et ce qui est illicite (Haram) est clair ; et entre les deux se trouvent des choses douteuses (ambiguës, équivoques) que peu de gens connaissent. Celui qui s’écarte des choses douteuses a certes préservé sa religion et son honneur. Quant à celui qui tombe dans les choses douteuses, il finira par tomber dans l’illicite ; à l’instar d’un berger qui fait paître son troupeau autour d’un domaine réservé, proche est le moment où il y pénètrera. Assurément, chaque roi possède un domaine réservé et le domaine réservé d’Allah est Ses interdits.
N’est-ce pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera, et s’il est mauvais
alors tout le corps le sera, n’est-ce pas que c’est le cœur ».
[Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim, et ceci est la version de Mouslim.]

Ce hadîth a une grande place chez les savants, d’ailleurs l’imam An-Nawawî l’évoqua dans son livre « Les quarante hadîths sur les fondements et les piliers de l’Islam ». C’est l’un des hadîths sur lesquels repose l’Islam car le Prophète ﷺ y mentionna l’importance de la licéité de la nourriture, de la boisson, des vêtements, etc, mais aussi que l’individu doit veiller à ces choses-là, et à se débarrasser des ambiguïtés afin de protéger sa religion et son honneur.

Il mit aussi en garde de ne pas tomber dans les choses douteuses (Choubouhât) en illustrant cela par un magnifique exemple. Puis il clarifia l’importance de prendre soin du cœur qui par sa salubrité, toutes les œuvres deviennent bonnes, et qui par sa corruption, toutes deviennent mauvaises.

L’Imam Ach-Châfi’î رحمه الله, de par la compréhension qu’il avait de ce hadîth, le considéra comme étant la moitié de la science [religieuse], il disait : « La moitié de la religion entre dedans « . 

Pourquoi l’imam Ach-Châfi’î considéra ce hadîth comme étant la moitié de la science ?

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La jalousie (Al-Ghayrah) des Prophètes

Le Prophète ﷺ dit lorsqu’il conta l’histoire de l’ascension nocturne vers les cieux (Al-Mi’râj) : « […] Puis nous parvînmes au sixième ciel. J’allai voir Moûsa عليه السلام et le salua, il dit alors : « Bienvenue au frère et Prophète Vertueux ! » À peine l’avais-je dépassé qu’il se mit à pleurer. C’est à ce moment qu’Allah lui adressa la parole : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « Ô mon Seigneur !! C’est un jeune homme que tu as envoyé après moi ; ceux de sa communauté seront plus nombreux à entrer dans le Paradis que ceux de ma communauté. »[1]

Les savants ont dit : « Les pleurs de Moûsa n’étaient pas dus à la convoitise (hasad), nous recherchons refuge auprès d’Allah contre cette pensée. Car dans l’Au-delà la convoitise est retirée du cœur des croyants, alors qu’en est-il pour celui qu’Allah Le Très Haut a élu ?! Au contraire, il était affligé de la récompense divine qu’il ne put atteindre et qui lui aurait permis de gravir des degrés. Cela fut provoqué par les nombreuses désobéissances qui frappèrent sa communauté réduisant ainsi leur récompense et impliquant par conséquent la diminution de la rétribution de Moûsa. Car tous les prophètes obtiennent la même récompense que ceux qui les auront suivis[2]. Voilà pourquoi, malgré le fait qu’ils vécurent plus longtemps que ceux de la communauté de notre Prophète ﷺ, le nombre des suiveurs de la communauté de Moûsa était inférieur à celui de notre Prophète ﷺ. Concernant sa parole « jeune homme », ce n’est pas par mépris mais plutôt dans le but d’évoquer la puissance d’Allah et Son immense générosité. Car ce qu’Il a donné pour quelqu’un de cet âge-là, Il ne l’a jamais donné pour quiconque de plus âgé avant lui. »

Voyez par exemple la vie présente dans les cœurs d’Aboû Bakr et de ’Oumar رضي الله عنهما. Et y a-t-il des cœurs aussi vivants que ceux des deux compagnons les plus proches et les plus aimés du Messager d’Allah ﷺ ?!

Médite l’impact que cela a eu sur leur concurrence mutuelle dans les œuvres de bien. Et elle n’est pas uniquement restreinte dans la sphère des adorations, elle concerne même les habitudes[3]. À ce propos, ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه a dit : « Une nuit, nous veillions chez Aboû Bakr avec le Prophète ﷺ. Puis nous sommes sortis et le Messager d’Allah ﷺ marchait entre Aboû Bakr et moi. Lorsque nous arrivâmes à la mosquée on entendit un homme réciter [le Coran]. Le Prophète ﷺ l’écouta puis il dit : « Quiconque désire réciter le Coran dans la même splendeur avec laquelle il fut révélé, qu’il le récite de la manière d’Ibn Oumm ‘Abd. »[4] C’est alors que nous sûmes, mon compagnon et moi, qu’il s’agissait de ‘Abd-Allah Ibn Mas’oûd. Le lendemain matin, je partis le voir pour lui annoncer la bonne nouvelle, il me répondit : « Aboû Bakr t’a précédé. »

Une autre situation tout aussi improbable illustrant l’ardeur dans l’accomplissement du bien que nous rapporte Aboû Sâlih Al-Ghifârî : ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه allait souvent voir une vieille dame aveugle dans les alentours de Médine durant la nuit pour lui apporter de l’eau et s’occuper d’elle. Mais quand il allait la voir, il remarqua que quelqu’un l’avait précédé et avait déjà répondu à ses besoins. ‘Oumar est venu la voir plus d’une fois et, malgré cela, il a toujours été devancé. Il décida de faire le guet et c’est là qu’il vit que c’était Aboû Bakr As-Siddîq qui allait la visiter alors qu’il était calife.

C’est pourquoi ‘Oumar رضي الله عنه reconnu et confirma le mérite d’Aboû Bakr en disant : « Je n’ai jamais concurrencé Aboû Bakr dans le bien sans qu’il me précède. J’aimerais être un poil sur le torse d’Aboû Bakr. »

[1] Sahîh Mouslim, n°164
[2] Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Celui qui appelle vers la guidée aura la même récompense que tous ceux qui la pratique, sans enlever quoi que ce soit de leur récompense … » (Mouslim) (Note du traducteur)
[3] Il s’agit des habitudes qui deviennent des adorations, comme le fait de dormir pour pouvoir se lever et prier la nuit, car les compagnons رضي الله عنهم ne se concurrençaient pas dans les choses mondaines, mais ils ne le firent que dans les adorations. (Note du traducteur)
[4] As-Sahîh Al-Mousnad, jugé authentique par Chaykh Al-Wâdi’î

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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L’unicité dans la peur

Un cœur vivant ne craint qu’Allah [Seul]. Ainsi, il n’a pas peur de l’homme, même s’il est injuste ; ni d’un évènement, aussi impressionnant soit-il ; ni ne craint pour sa subsistance ou sa mort ; et n’a ni a peur pour un enfant ou un bien. Mais à cause de la vie présente dans son cœur, plus la personne qui lui fait face est importante et forte, plus il la voit, à ses yeux, comme quelqu’un de bas et de faible. Tel était Tâwoûs Al-Yamânî… Ainsi, As-Salt Ibn Râchid a rapporté : « J’étais assis auprès de Tâwoûs lorsque Salm Ibn Qoutaybah le questionna sur une chose. Tâwoûs le réprimanda. « Mais c’est LE Salm Ibn Qoutaybah du Khourasân ! » – m’exclamais-je. Il rétorqua : « Alors il est encore plus bas à mes yeux »[1]

Et n’a peur d’autre qu’Allah que celui ayant une maladie dans son cœur.

D’ailleurs, Allah relata que parmi les caractéristiques de ceux qui ont dans leur cœur une maladie, le fait qu’ils disent : (« Nous craignons un revers de situation. ») (Al-Mâidah, v.52)

Il relata aussi que ceux dont les cœurs sont en vie et qui ont été préservés disent : (Ceux auxquels on annonça : « Les gens se sont ligués contre vous, redoutez-les donc ! » et cela accrut leur foi et ils dirent : « Allah nous suffit ! Quel excellent protecteur ! ») (Âli ‘Imrân, v.173) Ceux-là se conformèrent à l’ordre de leur Seigneur qui apaisa leurs cœurs par Sa parole : (Ne craignez donc pas les hommes, mais craignez-Moi.) (Al-Mâidah, v.44).

Il a rattaché le fait de Le craindre à la foi, et Il fit de Sa crainte le monopole de ceux qui ont un cœur vivant. C’est pourquoi Il déclara et blâma : (Les redouterez-vous ? Allah est plus en droit d’être craint si vous êtes croyants !) (At-Tawbah, v.13).

Et Il dit également en ordonnant et en interdisant en même temps : (Ne les craignez donc pas, mais craignez-Moi, si vous êtes croyants.) (Âli ‘Imrân, v.175)

Quant au fait de n’avoir peur que d’Allah, c’est une preuve de la vie du cœur et de sa force. Les [savants] évoquèrent qu’un homme alla se plaindre auprès de l’imam Ahmad Ibn Hanbal du fait qu’il ait peur de certains gouverneurs, l’imam Ahmad lui dit alors : « Si tu avais corrigé correctement [ta foi et ton cœur], tu n’aurais peur de personne. »

Sachant que la peur naturelle, qui n’empêche pas l’accomplissement d’une obligation, n’entache aucunement la salubrité du cœur : comme la peur qu’a l’homme de son ennemi, du danger et de l’atrocité… En revanche la crainte absolue, elle, ne doit être vouée qu’à Allah Seul.

[1] Il ne faut pas comprendre sa parole comme un manque de respect ou un rabaissement à son égard. Mais le fait que cette personne soit quelqu’un d’important dans la région du Khourasân n’empêche aucunement Tâwoûs de le réprimander vis-à-vis de sa question. (Note du traducteur)


Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Leurs préoccupations c’est l’Au-delà

Si celui dont le cœur vit manquait son Wird[1] [quotidien] de lecture du Coran ou de prière, il ressentirait suite à cela une douleur plus intense encore que s’il perdait ses biens ; il se retournerait dans son lit comme s’il était allongé sur de la braise.

Mais que pouvons-nous dire pour celui qui, de base, n’a pas de Wird ?! Pire encore, que pouvons-nous dire pour celui qui manque sa prière obligatoire sans éprouver d’affliction, ni de peine ?! C’est comme si le Messager d’Allah ﷺ ne s’adressait dans le hadîth qu’à ceux ayant des cœurs vivant lorsqu’il dit : « Celui qui manque la prière du ‘Asr, c’est comme s’il avait perdu sa famille et ses biens.« [2] C’est comme s’il les avait perdus et qu’ils périrent. Seul celui dont le cœur vit ressent ces choses-là ; quant aux autres, ils en sont loin, très loin.

Hâtim était une personne sourde, généreuse et faisait partie de ceux dont le cœur vivait. Il se souciait que le bien ne lui échappe pas, et quand il voulait propager cette vie à ceux qui l’entouraient, il rapportait son expérience en disant : « Un jour, j’ai loupé la prière en groupe et Aboû Ishâq Al-Boukhârî est venu, seul, me présenter ses condoléances. Cependant, si c’était l’un de mes enfants qui était décédé, plus de 10000 personnes m’auraient présenter leurs condoléances. Car pour eux, la calamité dans la religion est plus anodine que celle qui est mondaine. »

Un autre se préoccupait de la communauté, il s’agit d’Ouways Al-Qaranî. Et malgré sa grande misère et son extrême pauvreté, il ressentait sa part de responsabilité envers tout musulman affamé [qu’il ne pouvait nourrir] et tout dénudé [qu’il ne pouvait vêtir], et il demandait à Allah de lui pardonner ce péché… Qu’en est-il de nous qui sommes dans l’opulence et les dépenses superflues ?! Soufiân Ath-Thawrî رحمه الله dit à son sujet : « Ouways possédait un ridâ (Un habit couvrant la partie haute du corps) qui, lorsqu’il s’asseyait, touchait le sol. Il avait pour habitude de dire : « Ô Allah, je m’excuse auprès de Toi pour chaque ventre vide et corps dénudé. Malheureusement, je ne possède que le vêtement que je porte, et je n’ai [de nourriture] que ce qui se trouve dans mon estomac. »

Nous avons au 20ème siècle un homme célèbre qui avait cet intérêt-là, Chaykh Rachîd Ridâ رحمه الله. Un jour, sa mère entra auprès de lui et le vit préoccupé, elle lui demanda : « Qu’as-tu ? Est-ce qu’un musulman de Chine est mort ?! »

Le troisième [d’entre eux] est attaché à la vie du cœur et à la bonne fin, mais il ne sait pas : va-t-il mourir sur le bien ? Ou va-t-il quitter cette vie mondaine sinistrement ? Ainsi, Yahya Ibn Mou’âdh رحمه الله a dit : « Le repentant, son péché l’attriste. L’ascète, son étrangeté le chagrine. Et le véridique, c’est la peur que disparaisse sa foi qui le désole. »

Et enfin le quatrième, ce sont ses manquements [religieux] qui le préoccupent, au point de pleurer. Il s’agit également de Yahya Ibn Mou’âdh qui dit : « Je ne pleure pas pour mon âme si elle venait à mourir, mais je pleure mon besoin [d’accomplir des adorations] s’il venait à disparaître. »

[1] Le Wird est une chose que la personne s’impose quotidiennement à suivre que ce soit dans la lecture du coran, les prières etc. (Note du traducteur)
[2] Sahîh Al-Boukhârî, n°552

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction et adaptation par Le Cœur des Croyants)

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00 – Introduction des « 40 hadîths sur les oeuvres du coeur »

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

La louange toute entière appartient à Allah Le Seigneur de l’univers, que les prières d’Allah, Ses salutations et Ses bénédictions soient sur notre Prophète Mouhammad, sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Ceci dit,

Bienvenue chers frères et sœurs à cette rencontre faisant partie de la « Série des quarante [hadîths]».

Nous commencerons par “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur”, dû à l’importance qu’a la réforme du cœur dans le salut de la personne.

Concernant “Les quarante [hadîths]”, de nombreux savants des premières générations et celles d’après ont veillé à collecter quarante hadîths du Messager ﷺ dans de nombreux sujets, et pour différentes raisons. Ils en ont d’ailleurs fait un très grand nombre de livres.

Et la raison de chacun diffère dans l’écriture [des hadîths], leur collecte et leur classification.

Il y en a qui pour leurs “quarante [hadîths]” se sont basés dans la collecte des hadîths évoquant le Tawhîd (l’unicité d’Allah) et d’autres sur les attributs d’Allah. Comme “Les quarante [hadîths] sur les preuves du Tawhîd” d’Aboû Ismâ’îl Al-Harawî رحمه الله et “Les quarante [hadîths] sur les attributs du Seigneur de l’univers” de l’imam Adh-Dhahabî رحمه الله.

Il y en a aussi qui avaient pour but de collecter quarante [hadîths] sur la jurisprudence, comme le fit l’imam Al-Moundhirî رحمه الله avec “Les quarante [hadîths] dans la jurisprudence”.

Il y a ceux qui se sont limités aux adorations dans la jurisprudence comme “Les quarante [hadîths] sur les adorations” de Yoûssouf Ibn ´Abdillah Ibn Sa’îd Al-Houssaynî Al-Armayounî d’Égypte, Ach-Châfi’î, l’élève de l’imam As-Souyoûtî رحمه الله.

Certains ont choisi les prêches et les sermons [qui adoucissent les cœurs], d’autres ont voulu collecter dans leurs “Quarante [hadîths]” les hadîths authentiques, certains ont voulu les hadîths avec peu de personne dans la chaîne de transmission.

Certains ont choisi les hadîths longs contenant de beaux discours, etc.

Tous ont nommé leur livre “Les quarante [hadîths] dans telle chose”, et le plus connu d’entre-eux est le livre “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî” de l’imam An-Nawawî رحمه الله.

L’imam An-Nawawî avait pour but de collecter quarante hadîths liés aux règles et aux fondements de l’Islam, c’est-à-dire les hadîths sur lesquels reposent les bases de la religion.

Puis Al-Hâfidh Ibn Rajab en a rajouté quelques-uns et le livre a été expliqué de nombreuses fois.

Quant aux quarante [hadîths] avec lesquels nous débutons cette série : “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur” ou “la réforme des cœurs”, cela revient à ce que les savants avaient pour habitude de faire. Or il y a un hadith célèbre qui a été rapporté à ce sujet mais qui, malgré ses nombreuses chaînes de transmission, n’est pas authentique.

Ce hadîth a été rapporté via plusieurs chaînes de transmission et de multiples versions, sans pourtant être authentique, par de nombreux compagnons comme : ´Alî, Ibn Mas’oûd, Mou’âdh Ibn Jabal, Aboû Ad-Dardâ, Aboû Sa’îd, Aboû Hourayrah, Aboû Oumâmah, Ibn ´Abbâs, Ibn ´Oumar, Ibn ´Amr, Jâbir Ibn Samourah, Anas et Bouraydah.

L’imam Ibn Al-Jawzî رحمه الله les cita dans son livre “Al-’Ilal Al-Moutanâhiyah Fî Al-Ahâdîth Al-Wâhiyah” et démontra leur faiblesse. Et parmi les versions de ce hadith : « Quiconque aura appris par cœur quarante hadiths sur la religion, Allah le ressuscitera le Jour de la Résurrection savant. » et dans une autre narration : « On lui dira : entre au Paradis par la porte que tu voudras » et dans une autre narration : « Allah le ressuscitera savant, et je serai son plaideur et témoin. »

Ce hadîth « Quiconque aura appris par cœur quarante hadîths… », les savants le classent dans les livres sur la terminologie du hadîth parmi les hadîths [faibles] qui ne peuvent jamais se renforcer malgré ses nombreuses chaînes de transmission ; comme l’a mentionné l’imam As-Sakhâwî رحمه الله dans son livre “Fath Al-Moughîth”.

L’imam An-Nawawî رحمه الله a dit : « Les savants du hadîth sont unanimes sur la faiblesse de ce hadîth malgré ses nombreuses chaînes de transmission. » Voir l’introduction dans “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî”.

L’imam Ad-Dârouqoutnî رحمه الله a dit : « Toutes les chaînes de transmission de ce hadith sont faibles, aucune n’est authentique. »

Ibn Hajar رحمه الله a dit : « J’ai rassemblé les chaînes de transmission de ce hadîth dans un livre et aucune d’entre-elles ne peut être authentique. » À voir dans son livre “At-Talkhîs Al-habîr”.

Mais pourquoi les savants ont écrit des livres sur “Les quarante [hadîth]” malgré la faiblesse du hadith ?

Ils ont leur propre vision sur cela, et ils se sont inspirés du hadith. C’est-à-dire que malgré sa faiblesse, ses nombreuses chaînes de transmission ont fait qu’ils ont prêté attention au fait de collecter quarante hadîth. Quarante dans telle chose et quarante dans telle autre chose …

De plus cette collecte a beaucoup de côté positif, parmi eux :

La présence d’un résumé permettant au musulman et à l’étudiant en science débutant, et même aux gens lambdas, de cerner les bases d’un sujet. Par exemple les quarante sur les attributs d’Allah, les quarante sur les piliers de l’Islam, ou les quarante sur les adorations… Donc du point de vue de l’enseignement et de l’apprentissage, cela est bénéfique.

Et quant au fait qu’ils se soient inspirés de ce hadîth faible qui a de très nombreuses chaînes de transmission, c’est parce qu’il fait partie des [hadîths évoquant] des mérites. Et même si ce mérite en particulier est faible, il reste le mérite général qui est de propager de la science aux gens, succinctement, dans des épîtres explicatifs permettant de cerner l’essentiel, ou résumant un chapitre… et ceci est une très bonne chose dans l’enseignement.

L’imam An-Nawawî رحمه الله a dit dans l’introduction des “Quarante hadîths d’An-Nawawî” : « Les savants ont beaucoup écrit sur ce sujet, et le premier qui à ma connaissance a fait un livre sur les “Quarante [hadîths]” c’est ´Abdoullah Ibn Al-Moubârak. » Donc l’écriture dans les quarante hadîths remonte aux savants des premières générations.

« Puis le grand savant et éducateur Mouhammad Ibn Aslam At-Toûssî, Al-Hassan Ibn Soufyân An-Nassâî, Aboû Bakr Al-Ajourrî, et de nombreux autres savants des premières générations et ceux d’après. J’ai donc consulté Allah (Al-Istikhârah) pour collecter quarante hadîths imitant ainsi ces grands savants de l’Islam. Et les savants se sont mis d’accord sur la possibilité d’appliquer un hadith faible sur des oeuvres méritoires. »  Ceci sont les paroles d’An-Nawawî رحمه الله.

Bien sûr ce sujet demande plus de précision, ce qu’il dit n’est pas absolu.

Il poursuit : « Malgré cela, je ne me suis pas basé sur ce hadith » Il veut dire, dans ce qui l’a poussé à écrire “Les quarante hadîths d’An-Nawawî” « je ne me suis pas basé sur ce hadîth mais plutôt sur la parole du Prophète ﷺ parmi les hadîths authentiques : « Que celui qui est présent transmette à l’absent. » [Rapporté par Al-Boukhârî]

Ainsi que sa parole ﷺ : « Qu’Allah illumine le visage d’un homme qui aura entendu mes propos, les aura compris et mémorisé, puis les aura transmis à celui qui ne les avait pas entendu. » [Rapporté par Ahmad et le hadîth est authentique]

Donc parmi les objectifs de l’imam An-Nawawî رحمه الله dans “Les quarante [hadîths] d’An-Nawawî”, il y a le fait de transmettre la sounnah.

Il dit : « Les hadîths incitant à transmettre la sounnah et mentionnant la récompense de celui qui la propage sont des motifs correctes et demandés. Parmi ces motifs également : suivre les pas de nos imams comme ´Abdoullah Ibn Al-Moubârak, Mouhammad Ibn Aslam At-Toûssî, Al-Ajourrî et beaucoup d’autres, tout en ayant l’honneur de transmettre la sounnah et les bons conseils aux gens.»

Les savants avaient plusieurs points de vue concernant la faiblesse du hadîth et de ce qui peut être accepté ou non.

L’imam As-Sakhâwî رحمه الله a dit : « An-Nawawî a rapporté le consensus des savants sur la faiblesse de ce hadith malgré toutes ses chaînes de transmission. Mais à cause de leur grand nombre, il passe du degré où il est rejeté et qu’il n’est absolument pas permis d’oeuvrer avec, au degré de faiblesse moindre où il est permis d’oeuvrer avec dans les oeuvres méritoires. » Ces paroles se trouvent dans “Fath Al-Moughîth Fî Charch Al-Alfiyah Al-Hadîth” et ce sont les paroles de l’imam As-Sakhâwî. Car le livre “Al-Alfiyah” est d’Al-’Irâqî et le livre d’As-Sakhâwî (qui est son explication) se nomme “Fath Al-Moughîth Fî Charch Alfiyah Al-´Irâqî”.

Donc là c’est la parole d’un savant expert du hadîth qui dit que ce hadîth, en dépit qu’il soit faible, le degré de faiblesse dans lequel il se trouve lui permet par les nombreuses chaînes de transmission de s’élever d’un degré qui est rejeté à un degré de faiblesse où il est permis d’oeuvrer avec dans les œuvres méritoires.

Donc nous allons commencer – si Allah le permet – la série des quarante [hadîths] par “Les quarante [hadîths] sur les œuvres du cœur”.

La réforme des coeurs – Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr (Vidéo et retranscription)

Retranscription du sermon : 

Les louanges abondantes, pures et bénies sont à Allah.

Je Le loue pour tous les biens que je ne saurais dénombrer. Il est tel qu’Il S’est Lui-même loué.

J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée excepté Allah Seul, sans associé, et j’atteste que Mouhammad est Son serviteur et messager. Qu’Allah prie sur lui, sa famille et l’ensemble de ses compagnons et les bénisse.

Ceci dit serviteurs d’Allah : Craignez Allah le Très Haut comme il se doit. Que Le craigne celui qui sait que Son Seigneur l’écoute et le voit.

Sachez, qu’Allah vous fasse miséricorde, que parmi les choses les plus importantes que le musulman doit réformer et auxquelles il doit prêter une grande attention, il y a son cœur dans sa poitrine.

Car le cœur, serviteurs d’Allah, est à l’origine de toutes les œuvres et de tous les mouvements du corps.

Donc si le cœur est bon le corps le sera, mais s’il est corrompu alors le corps le sera également.

Et le Prophète صلى الله عليه و سلم prêtait une grande attention à l’amendement du cœur, et était très vigilant quant à celui-ci.

Il recommanda cela dans de nombreux et nobles ahâdîths où l’on trouve de grandes invocations. Le Prophète صلى الله عليه و سلم avait l’habitude de dire : « Ô Allah, mets dans mon cœur une lumière! »

Il disait aussi : « Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre un cœur qui n’a aucune crainte! »

Mais aussi : « Ô Allah, purifie mon cœur des péchés comme est purifié un vêtement blanc de la souillure ! »

Ou encore : « Ô Allah, accorde à mon âme la crainte et purifie-la, tu es certes le Meilleur qui puisse la purifier. Tu es son Souverain et son Maître. »

Et il disait : « Ô Toi qui retourne les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! »

Les textes allant dans ce sens sont très nombreux.

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La douceur de la langue

Selon Aboû Hourayrah رضي الله عنه le Prophète ﷺ a dit : « Certes, le croyant prononce une parole digne de la satisfaction d’Allah, sans lui accorder de l’importance (لا يُلْقِي لَهُ بَالاً) et voilà qu’Allah l’élève en degré à cause d’elle. »[1]

Le terme « Al-Bâl – البَال », en arabe, désigne le cœur. Médite sa parole : « sans lui accorder de l’importance ». Cette parole sort malgré elle sans qu’il n’ait réellement réfléchi, ni médité et sans qu’il ne l’ait fait passer dans son cœur. Malgré cela il prononce une parole bonne et pure ; car tout récipient abreuve de ce dont il contient, et ne se répand du jardin de roses que leur odeur. 

Celui dont le cœur est vivant goûte toute parole présente dans son cœur avant de les prononcer. Ainsi si elle est douce, il saura que son goût dans l’Au-Delà est encore plus doux, c’est pourquoi il la prononcera. Mais si elle est amère, il saura que son goût dans l’Au-Delà est bien plus amère, alors il se taira. 

Écoute [ce qu’est] la pureté d’un cœur qu’aucune autre pureté ne peut égaler. Un cœur pur est similaire à l’eau pure ; à l’origine l’eau est pure et elle purifie [celui qui l’utilise] à l’instar du cœur pur qui purifie les cœurs autour de lui. Ce cœur est celui de ‘Abd-Allah Ibn ‘Awn dont Khârijah Ibn Mous’ab dit à son sujet : « J’ai accompagné ‘Abd-Allah pendant 24 ans, et je n’ai pas connaissance que les Anges lui aient écrit une quelconque faute. »

Qu’importe le fait que le diable le provoque avec une partie de son armée, ses ruses et que se réunissent contre lui tous ses alliés, ils ne réussiront jamais [dans leur entreprise]. Selon Bakkâr Ibn Mouhammad et Ibn Qa’nab : « Ibn ‘Awn n’était pas quelqu’un de colérique, mais si une chose le mettait en colère il disait : « Qu’Allah te bénisse. » 

Un jour, un servant d’Ibn ‘Awn vint à lui en disant : « J’ai crevé l’œil de la chamelle. » Il répondit : « Qu’Allah te bénisse. » Le servant dit alors : « Je t’ai dit que j’avais crevé son œil et toi tu me dis « Qu’Allah te bénisse ?! » Il dit : « Je dis… te voilà libre pour la face d’Allah. » Qu’elle est donc cette éducation ?! Qu’elle est cette pureté ?! Et qu’elle combat [a-t-il fournie] pour avoir hérité ce niveau élevé de magnanimité, de bonnes paroles et cette splendide piété au point de devenir un exemple pour les autres, l’aspiration de tout vertueux et le plus grand souhait des gens sincères de son temps et de tout temps ?! 

Enfin, Mou’âdh Ibn Mou’âdh a dit : « Plus d’un compagnon de Yoûnous Ibn ‘Oubayd m’ont raconté cela : « Je ne connais pas un homme qui, depuis 20 ans, n’aspire pas à vivre un jour tels que ceux vécus par Ibn ‘Awn mais sans jamais y parvenir. Et ça ne se résume pas au fait que la personne se taise et ne parle pas… au contraire. Elle parle mais sans tomber dans l’erreur à l’instar d’Ibn ‘Awn. »

Mais il n’est pas le seul à être sur le ring, de nombreuses autres personnes [aux cœurs purs] le concurrencent. Il y a parmi eux Al-Foudayl qui a voulu parfumer nos langues et embellir nos paroles à sa manière si particulière, et avec son style convaincant en disant : « Les bonnes actions que te donne ton ennemi sont plus nombreuses que ceux qui proviennent de ton ami. » On lui demanda : « Et comment cela Ô Aboû ‘Alî ?!«  – Il répondit : « Certes, lorsque l’on t’évoque auprès de ton ami, il dit : « Qu’Allah le guérisse. » Mais si l’on t’évoque auprès de ton ennemi, il conjecture sur toi nuit et jour ; et ce pauvre individu te donne de ses bonnes actions. Donc s’il t’est évoqué alors ne dis pas : « Ô Allah, anéantis-le »… Non ! Invoque plutôt Allah : « Ô Allah réforme-le » … « Ô Allah fais le revenir à la vérité ». 

Et Allah te récompensera pour ce dont tu auras invoqué. Car celui qui dit à une personne « Ô Allah, anéantis-le » aura répondu à la demande du diable (Ach-Chaytân). En effet, ce dernier souhaite la perdition de la créature.[2]« 

Que la miséricorde d’Allah soit sur ceux ayant de tels cœurs. Et certes a dit vrai celui qui les décrivit par sa parole : « Assurément, il y a parmi les hommes celui qui est à l’image d’un manuscrit ; il se peut qu’il ait [des pages] manquantes, des déchirures ou que ses extrémités aient été touchés et détériorés par de l’huile[3], pourtant il est le plus précieux et le plus cher car il n’y a qu’un seul exemplaire, pas deux. »

Le Messager est notre modèle :

Pourquoi chercher loin alors que se trouve devant nous le meilleur des exemples, notre Prophète ﷺ ? Jâbir Ibn Soumarah رضي الله عنه a rapporté de lui : « Le Messager d’Allah ﷺ gardait longtemps le silence et riait peu. »[4] Et malgré son silence, s’il s’exprimait il ne sortait [de sa bouche] que le nectar, l’odeur suave, le remède et la guérison. C’est de la sorte que le Messager d’Allah ﷺ décrivit le croyant : « Le croyant est comme l’abeille ; elle ne mange que de bonnes choses, et ne laisse (ne produit) que de bonnes choses. »[5]

Ibn Al-Athîr a dit : « Quant à la ressemblance présente entre les deux, [croyant et abeille], on trouve : 

    • L’intelligence de l’abeille et sa perspicacité
    • Ses préjudices sont très minimes
    • Elle est un être faible
    • Elle est profitable
    • Elle se suffit de peu
    • Elle accomplit de nuit son objectif[6]
    • Elle s’écarte de ce qui est malpropre
    • Elle ne mange que ce qui est bon
    • Elle ne mange pas de la récolte des autres
    • Sa maigreur
    • Elle obéit à son émir. »

Un morceau d’or pur, exempt de tout défaut ; il n’y a pas d’atome étranger à celui de l’or. Il n’y a donc ni falsification, ni impureté, ni pigmentation, ni mutation ; mais c’est un or parfaitement robuste et pur. Tu ne trouves pas même l’infime trace d’impureté que le feu aurait séparer. Et cette description vient approuver celle faite par le Messager d’Allah ﷺ concernant le croyant : « Le croyant est comme un lingot d’or ; si [le feu] souffle sur lui, il rougit ; et s’il est pesé, son poids ne diminue pas. »[7]

[1] Sahîh Al-Boukhârî, n°6478
[2] Allah dit : (Satan dit : « Par Ta puissance ! Je les fourvoierai tous.) (Sâd, v.82) (Note du traducteur)
[3] L’huile présente dans les lampes anciennes et qui aurait pu toucher accidentellement le manuscrit. (Note du traducteur)
[4] Sahîh Al-Jâmi’ n°4822, jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[5] Sahîh Al-Jâmi’ n°5846, jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[6] Tout comme le croyant qui concrétise son objectif de vouloir plaire à Allah en priant la nuit, s’occupant de sa famille, aidant les autres etc. (Note du traducteur)
[7] Sahîh Al-Jâmi’ n°5846, jugé bon par Chaykh Al-Albânî

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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