Le Prophète ﷺ a été persécuté de différentes manières et il choisissait de patienter, car il était persécuté afin qu’il cesse d’accomplir ce qu’il avait choisi de faire, ce qui est plus encore que la patience de Yoûssouf عليه السلام. En effet, on a appelé Yoûssouf à la fornication, et il n’a été châtié par la prison que parce qu’il a refusé, alors que c’est la mécréance qu’on a demandé au Prophète ﷺ et ses Compagnons رضي الله عنهم, et comme ils ont refusé ils ont été châtiés par le meurtre et d’autres choses encore. Et le plus petit châtiment qu’ils ont subi fut la prison lorsque les polythéistes les ont confinés un temps dans une vallée en dehors de la ville, et dès lors qu’Aboû Tâlib décéda, les persécutions ont augmenté.
Quand les polythéistes de Qouraych apprirent que les Ansârs de Médine avaient prêté serment d’allégeance au Prophète ﷺ, ils voulurent l’empêcher de quitter la Mecque, le bloquant lui et ses Compagnons. On ne pouvait quitter la ville que secrètement, sauf ‘Oumar Ibn Al-Khattâb et (les nobles) comme lui qui voulaient quitter leurs demeures, mais malgré tout, ils empêchaient certains d’entre eux.
Les croyants n’ont subi ces persécutions et ces épreuves que parce qu’ils ont choisi d’obéir à Allah et Son Prophète ﷺ de la même façon que Yoûssouf à choisir d’obéir à Allah en préférant la prison au péché. Ce n’était donc pas une épreuve céleste que le serviteur subit bon gré mal gré, comme ce qui est arrivé à Yoûssouf عليه السلام lorsqu’il a été séparé de son père. La patience volontaire est la plus noble et la plus méritoire des deux, bien que celui qui patiente face à une épreuve (contre laquelle il ne peut rien) sera récompensé pour sa patience, sa quiétude et verra ses péchés pardonnés en raison des malheurs qui le touchent. Quant à celui qui est persécuté car il a choisi d’obéir à Allah, il obtient la même récompense et on lui écrit en plus une bonne action.
Allah سبحان الله وتعالى dit : {Ils n’éprouvent ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah, ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des mécréants, et n’obtiendront aucune victoire sur un ennemi, sans qu’on ne leur écrive pour cela une bonne action. Certes, Allah n’annule pas la récompense des bienfaisants.} [S.9, v.120]
Au contraire de celui qui subit une épreuve qu’il n’a pas choisie, comme la maladie, la mort d’un être cher, le vol de ses biens, et qui n’est récompensé que pour sa patience face à cette épreuve, pas pour l’épreuve elle-même. En effet, la patience face aux malheurs ne fait qu’effacer les péchés, alors que c’est pour les actes volontaires et leurs conséquences que l’on est récompensé.
Ceux qui sont persécutés pour leur foi, leur obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ et qui subissent pour cela gêne, maladie, emprisonnement, émigration forcée, perte de biens et d’êtres chers, coups, insultes, perte de prestige, sont sur la voie des Prophètes et de ceux qui les suivent comme les Mouhâjiroûn. Ceux-là sont récompensés pour leurs persécutions qu’ils subissent et on leur écrit une bonne action, de la même manière que le combattant sur le sentier d’Allah est récompensé pour la faim, la soif, la fatigue et la colère des mécréants qu’il provoque. Même si tout cela n’est pas un acte qu’il accomplit, mais cela découle d’un choix qu’il a fait [à savoir a foi et l’obéissance à Allah سبحانه وتعالى et Son Messager ﷺ.] Ce sont là ce que l’on appelle les conséquences des actes volontaires. Et les savants ont divergé à leur sujet : ces conséquences doivent-elles être attribuées à l’auteur des actes, à Allah ou bien n’ont-elles en fait aucun instigateur ? L’avis le plus correct est que ces conséquences doivent être attribuées à l’auteur des actes mais aussi à toutes les autres causes. C’est la raison pour laquelle on lui écrit une bonne action.
Source : « Les maladies du cœur » du chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah, éditions Tawbah, p.65 à 67
Et nombreuses sont les choses qui t’effraient ici-bas, comme évènements et imprévus !
Pourtant tu es insouciant de la plus grande frayeur, celle du Jour où l’on soufflera dans la Trompe.
Comment pouvons-nous en être insouciant alors que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Comment puis-je prendre du plaisir alors que celui qui soufflera dans la Trompe l’a déjà mise en bouche, a levé le regard, est attentif et attend l’ordre de souffler pour qu’il le fasse ?! » Rapporté par Ahmad, At-Tirmidhî et authentifié par chaykh Al-Albânî dans As-Sahîhah.
L’Ange Isrâfîl soufflera à deux reprises dans la Trompe.
La première est le souffle du foudroiement qui effraiera les gens, les foudroiera et ils mourront.
Le Très Haut a dit : {Le Jour où l’on soufflera dans la Trompe, tous ceux qui seront dans les cieux et sur terre seront saisis d’effroi, excepté ceux qu’Allah voudra, et tous viendront à Lui en toute humilité.}[S.27, v.87]
Cela se passera un vendredi, le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a pas une bête sans qu’elle ne soit aux aguets le jour du vendredi, de l’aube jusqu’au lever du soleil, craignant l’arrivée de l’Heure, hormis les Jinns et les Hommes. »Rapporté par Mâlik, Ahmad, Aboû Dâwoûd, At-Tirmidhî et An-Nasâ-î, authentifié par chaykh Al-Albânî dans Sahîh Al-Jâmi’
Quant à la deuxième, il s’agit du souffle de la résurrection. Les gens sortiront de leurs tombes pour se tenir debout devant le Seigneur de l’univers.
Le Très Haut a dit : {On soufflera dans la Trompe, et tous ceux qui seront dans les cieux et sur la terre seront foudroyés, excepté ceux qu’Allah voudra. Puis, on y soufflera à nouveau, et voici que toutes les créatures se lèveront et regarderont.}[S.39, v.68]
Parmi ceux qui seront épargnés du foudroiement : les martyrs.
« Car ils sont vivants auprès de leur Seigneur, comblés de faveurs, même s’ils sont du nombre des morts chez les gens d’ici-bas. »Tafsîr At-Tabarî
Il est dit aussi qu’il s’agit des Prophètes, des servants présents dans le Paradis, des Houris ou encore des Anges. Fath Al-Bârî
Puis on soufflera dans la Trompe et l’Heure arrivera alors que les gens en sont insouciants.
Le Prophète ﷺ a dit : « Puis on soufflera dans la Trompe, et personne ne l’entendra sans qu’il ne soit foudroyé. Le premier à l’entendre est un homme qui sera en train de réparer l’abreuvoir de sa chamelle. Il sera foudroyé puis le reste des gens le seront également. Ensuite Allah fera descendre une pluie semblable à du crachin par le biais duquel les corps des gens pousseront. Puis, on y soufflera à nouveau, et voici que toutes les créatures se lèveront et regarderont. »Rapporté par Mouslim
Il y a entre les deux souffles une période de 40 jours, mois ou années.
Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il y a [une période] de quarante entre les deux souffles. Puis Allah fera descendre du ciel une eau [à travers laquelle] les corps pousseront telles des tiges et des feuilles. Tout le corps de l’être humain se décomposera excepté un seul os, celui du coccyx ; et c’est à partir de lui qu’ils seront [de nouveau] constitués le Jour de la Résurrection. »Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.
Crois-tu que les morts sont endormis dans leurs tombes et ne se préoccupent de rien ?
Oh que non ! Car il y a dans la vie intermédiaire différentes situations et des frayeurs.
Parmi elles : les questions et l’épreuve qui auront lieues dans la tombe.
Chacun sera interrogé sur son Seigneur, sa religion et son prophète.
Les croyants diront : « Mon Seigneur est Allah. Ma religion est l’Islam. » Et il dira concernant son prophète : « Il est le Messager d’Allah ﷺ. » Quelqu’un annoncera dans le ciel : « Mon serviteur a dit vrai ! Apprêtez-lui une couche venant du Paradis, habillez-le des vêtements du Paradis, et ouvrez-lui une porte vers le Paradis ! C’est alors qu’un souffle du Paradis et son parfum lui parviendront, et sa tombe s’élargira à perte de vue. »Rapporté par Ahmad et authentifié par chaykh Al-Albânî
Quant au mécréant et à l’hypocrite ils diront : « Heu, je ne sais pas. » Alors on lui dira : « Puisses-tu ne jamais rien savoir, ni lire ! » Puis on frappera entre ses deux oreilles à l’aide d’une massue en fer. Il hurlera si fort que ceux qui l’entourent l’entendront, hormis les Jinns et les Hommes. »Consensus d’Al-Boukhârî et Mouslim
« Quelqu’un annoncera dans le ciel : « Mon serviteur a menti ! Apprêtez-lui une couche venant de l’Enfer et ouvrez-lui une porte vers l’Enfer ! » C’est alors que sa chaleur et son vent brulant lui parviendront, et sa tombe se rétrécira sur lui à tel point que ses côtes s’entremêleront. »Rapporté par Ahmad et authentifié par chaykh Al-Albânî
Parmi les frayeurs de la tombe, il y a le châtiment que subiront les mécréants jusqu’à l’avènement de l’Heure.
Le Très Haut a dit concernant la famille de Pharaon : {Le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir ; et à l’avènement de l’Heure, on dira : « Introduisez Pharaon et les siens dans le pire des supplices ! »}[S.40, v.46]
Ibn Khathîr a dit : « Ce verset est un grand fondement pour les Gens de la Sounnah prouvant l’existence du châtiment de la vie intermédiaire dans les tombes. » Tafsîr Ibn Kathîr.
Et parmi les situations de la tombe, les bienfaits qu’obtiendra le croyant. Son âme sera comblée de bienfaits dans le Paradis jusqu’à l’avènement de l’Heure.
Le Prophète ﷺ a dit : « L’âme du croyant aura la forme d’un oiseau et mangera des arbres du Paradis jusqu’à ce qu’Allah la fasse revenir à son corps le Jour de le Résurrection. »Rapporté par Mâlik, Ahmad, An-Nasâ-î, Ibn Mâjah et authentifié par chaykh Al-Albânî.
Quant au châtiment de la tombe et ses bienfaits, ils toucheront à la fois l’âme et le corps.
Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « La voie des pieux prédécesseurs de cette communauté et de leurs grands imams est que le mort se trouvera soit dans un bienfait ou un châtiment touchant à la fois l’âme et le corps. Après que l’âme se soit séparée du corps, elle demeurera comblée de bienfaits ou châtiée. Parfois, elle se réattachera au corps ; ainsi tous deux seront comblés ensembles ou châtiés ensembles. Et quand le Grand Jour de le Résurrection arrivera, les âmes seront ramenées dans leurs corps. Puis tous sortiront de leur tombe et se tiendront debout devant le Seigneur de l’univers. »Majmoû’ Al-Fatâwâ
Alors choisis pour toi, ô serviteur d’Allah ! Car la rétribution est de même nature que l’œuvre.
Et après la mort, il n’y a de demeure que le Paradis ou l’Enfer.
Nombreuses sont les tentations et les distractions de cette vie d’ici-bas ! Elles ont détourné les gens de la plus grande réalité, celle de la mort et de ce qui vient après.
La personne prend conscience de son insouciance lorsque que lui vient la mort.
Le Très Haut a dit : {[Puis], l’agonie de la mort viendra en toute vérité, et on lui dira : « Voici [la mort] que tu fuyais ! »}[S.50, v.19]
Quant à l’agonie de la mort, ce sont ses souffrances et ses difficultés qui recouvrent la personne et qui l’emportent sur sa raison.
Les diables viennent au mourant pour tenter de l’égarer afin qu’il meure sur une mauvaise fin. Et ne sera ferme que celui qu’Allah aura raffermi.
Le Très Haut a dit : {Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà, tandis qu’Il égare les transgresseurs. Et Allah fait ce qu’Il veut.} [S.14, v.27]
C’est pourquoi le Prophète ﷺ invoquait par cela : « Et je cherche refuge auprès de Toi contre le fait que le Diable me terrasse lors de la mort. »
Al-Khattâbî a dit : « Sa demande de refuge contre le terrassement du Diable lors de la mort signifie contre le fait qu’il prenne le dessus sur lui quand il quittera cette vie d’ici-bas, afin de l’égarer et de faire obstacle entre lui et le repentir. »
Ensuite, l’Ange de la mort et ses assistants viennent à la personne pour prendre son âme.
L’âme du croyant sera retirée avec douceur et délicatesse, et les Anges lui annonceront la bonne nouvelle de la miséricorde d’Allah à son égard.
Le Très Haut a dit : {Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah ! » puis se tiennent sur la voie droite, les Anges descendent sur eux [et leur disent] : « Ne craignez-rien et ne soyez point affligés ! Réjouissez-vous [d’entrer] au Paradis qui vous était promis.} [S.41, v.30]
C’est-à-dire que les Anges descendent sur eux lors de la mort en leur disant : {Ne craignez-rien} de ce que vous allez rencontrer dans l’Au-delà. {Et ne soyez point affligés} pour ce que vous avez laissé sur terre comme famille et biens. Ils leur font la bonne annonce de la disparition du mal et de l’obtention du bien.
Quant au mécréant et à l’hypocrite, les Anges leur annonceront la nouvelle du châtiment, ils saisiront leurs âmes avec force et brutalité, et les portes du ciel ne seront pas ouvertes pour leurs âmes.
Le Très Haut a dit : {Ceux qui démentent Nos signes et s’en détournent avec orgueil, les portes du ciel ne leur seront pas ouvertes}[S.7, v.40]
Lorsque l’on porte le mort sur sa civière, il parle. Soit avec la bonne nouvelle, ou soit avec le regret.
Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque le défunt sera posé sur la civière et que les hommes le porteront sur leurs épaules, s’il était quelqu’un de vertueux, il dira : « Faites-moi avancer ! » Mais s’il n’était pas de vertueux, il dira : « Malheurs à moi ! Où me conduisent-ils ? » Toute la création entend les paroles du défunt excepté l’être humain. S’il les entendait, il serait foudroyé. » Rapporté par Al-Boukhârî.
Une fois déposé dans sa tombe, deux Anges viendront à lui pour le questionner sur son Seigneur, sa religion et son Prophète.
Alors prépare-toi à répondre à ces questions à travers la foi, les œuvres pieuses et la fermeté sur ces deux choses.
Al-Hassan Al-Basrî رحمه الله a dit : « Allah n’a pas laissé de terme déterminé pour l’œuvre du croyant hormis la mort. » Puis il lut : {Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la mort.}[S.15, v.99]
Nous terminons [ce cours] avec la parole [de Ka’b Ibn Mâlik] concernant ses deux compagnons : « Quant à mes deux compagnons, ils cédèrent et restèrent dans leurs demeures à pleurer. »
Allah est Le plus grand ! Regardez mes frères l’effet qu’a la foi dans le cœur des nobles Compagnons رضي الله عنهم. Pourquoi pleurent-ils ? Ils pleurent sur leur faute et leur péché lorsqu’ils n’ont pas pris part à l’expédition de Tâboûk.
Combien de péchés avons-nous commis mes frères ? Et combien de fois avons-nous fait preuve de manquement ?
La question est : combien de fois avons-nous pleuré nos péchés et nos erreurs ? Combien de fois l’un d’entre nous s’est-il assis avec lui-même à se rappeler toutes ses œuvres, ses erreurs et ses péchés, puis qu’une larme tombe et coule sur sa joue par crainte d’Allah ?
Combien de fois ? Pose-toi la question car tu es celui qui sait le mieux.
Quelle est la dernière fois où tu as pleuré de chagrin sur ton péché ? Quelle est la dernière fois où tu as pleuré par crainte d’Allah lorsque tu as commis un péché ? Que tu as désobéi à Allah alors que Lui te voit et t’observe ?
Quelle est la dernière fois où tu as versé des larmes de douleur qui pincèrent et firent mal à ton cœur parce ce que tu as désobéi à Allah ?
Mes frères ! Tant que ce ressenti est présent dans le cœur, c’est-à-dire cette sensation du cœur qui a peur d’Allah lorsqu’un péché est commis, cela est un signe de foi. Et il ne cessera d’y avoir de la vie dans le cœur tant qu’il ressent en lui la douleur et le pincement du péché.
Mais la plus grande frayeur est que les péchés ne cessent de toucher le cœur sans que la personne ne s’en préoccupe. Au point qu’elle soit touchée en une seule journée par de nombreux péchés sans en être affectée. Il se peut même qu’elle soit trompée par le fait qu’Allah couvre [ses péchés des gens] et qu’Il se montre longanime envers celui qui Lui désobéit.
Elle continue donc [de Lui désobéir], encore et encore, à l’instar de ce qu’a dit un pieux prédécesseur lorsqu’il entendit la parole d’Allah : {Ô Homme ! Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, le Munificent ?} [S.82, v.6] Il répondit : « Le fait que Tu voiles [les péchés de Tes serviteurs] ô Seigneur. »
Nous demandons donc à Allah à travers Ses plus beaux Noms et Ses Attributs les plus parfaits d’agréer notre repentir, et qu’Il ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par le fait qu’Allah, le Munificent et le Longanime, voile [les péchés].
Ô Allah ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par Ton voile, ni par Ta longanimité.
Ô Allah ne nous compte pas parmi ceux qui ont été trompés par Ta longanimité et Ton voile.
Ô Toi le Vivant, qui subsiste par Lui-même ! Accorde-nous le fait de Te craindre, seul ou en public. Ô Allah, accorde-nous le fait de Te craindre, seul ou en public.
Ô Seigneur des univers !
Compte-nous parmi ceux qui ont une bonne vie, une bonne fin et qui reviendront sans embuche vers Toi.
Ô Allah ! Fais que les Anges reprennent nos âmes alors que nous sommes pures.
Il y a longtemps, un roi tyrannique régnait sur un village et avait assujetti les gens à sa propre personne. Il avait aussi à ses côté un sorcier très âgé.
Ce-dernier dit au roi : « Je suis devenu très âgé, envoie-moi un enfant que je lui enseigne la sorcellerie. »
Il lui envoya donc un enfant pour qu’il lui enseigne. Cependant, Allah voulut pour cet enfant un bien meilleur. Lorsqu’il se rendit chez le sorcier, il y avait sur son chemin un moine qui adorait Allah. L’enfant s’assit auprès de lui, l’écouta et fut séduit par ses paroles.
Un jour, en chemin, l’enfant tomba nez-à-nez avec une énorme bête qui empêchait les gens de passer.
L’enfant dit alors : « C’est aujourd’hui que je vais savoir qui est le meilleur : le sorcier ou bien le moine ? »
Il saisit une pierre et invoqua : « Ô Allah ! Si Tu sais que l’affaire du moine T’es préférable à celle du sorcier, alors Tue cette bête afin que les gens puissent passer. »
Il la lança, tua la bête et les gens purent continuer leur route.
Il se rendit auprès du moine et l’informa de ce qu’il s’est passé.
Le moine lui répondit : « Ô mon fils ! Tu es dorénavant meilleur que moi, mais tu seras très certainement éprouvé. Si tel est le cas, alors ne les mène pas à moi. »
Et parmi les prodiges de cet enfant le fait qu’il guérissait l’aveugle-né et le lépreux, et qu’il soignait les gens de toutes sortes de maladies. Un des courtisans du roi, aveugle, entendit parler de lui. Il se rendit auprès de lui avec de nombreux présents et lui dit : « Tu auras tout ceci si tu me guéris ! »
L’enfant lui répondit : « Moi, je ne guéris personne, mais c’est Allah qui guérit ! Ainsi, si tu crois en Lui, je L’invoquerai et Il te guérira. »
L’aveugle crut en Allah et Allah le guérit. Lorsqu’il retourna à la cour, le roi lui demanda : « Qui t’a rendu la vue ? »
– « Mon Seigneur. »
– « Et as-tu un Seigneur autre que moi ? »
– « Mon Seigneur est ton Seigneur, Allah ! »
C’est alors qu’il l’arrêta et le châtia jusqu’à ce qu’il lui indique l’emplacement de cet enfant.
Puis on fit venir l’enfant, le roi lui demanda : « Ô mon fils ! Ta sorcellerie a atteint un tel degré que tu guéris l’aveugle-né et le lépreux, et à faire telle et telle chose. »
– « Moi, je ne guéris personne, mais c’est Allah qui guérit ! »
Le roi l’arrêta et le châtia jusqu’à ce qu’il lui indique l’emplacement du moine.
On fit venir le moine et lui ordonna : « Renie ta religion ! » mais il s’y refusa.
Le roi fit venir une scie que l’on plaça sur la raie des cheveux du moine et on lui coupa la tête en deux.
Puis on fit venir le courtisan du roi et lui ordonna : « Renie ta religion ! » mais il s’y refusa.
Le roi fit placer la scie sur la raie des cheveux de sa tête et lui coupa la tête en deux.
Puis on fit venir l’enfant et lui dit : « Renie ta religion ! » mais il s’y refusa.
Le roi dit alors à ses gardes : « Emmenez-le au sommet de la montagne ! S’il renie sa religion [laissez-le partir], sinon jetez-le ! »
L’enfant invoqua : « Ô Allah ! Épargne-moi d’eux comme Tu le veux. »
La montagne se mit à trembler et les gardes finirent par tomber.
L’enfant retourna auprès du roi. Ce dernier ordonna à ses gardes : « Emmenez-le en pleine mer ! S’il renie sa religion [laissez-le partir], sinon jetez-le à la mer ! »
L’enfant invoqua : « Ô Allah ! Épargne-moi d’eux comme Tu le veux. »
Le bateau se retourna et les gardes périrent noyés.
L’enfant retourna auprès du roi et lui dit : « Tu ne pourras me tuer que lorsque tu feras ce que je t’ordonne. »
– « Et que dois-je faire ? »
– « Réunis les gens à un seul endroit. Attache-moi à un tronc et saisis-toi d’une flèche de ton carcan que tu tires sur moi en disant : « Au Nom d’Allah, le Seigneur de l’enfant. » Si tu fais cela, alors tu me tueras. »
Le roi tira la flèche en disant : « Au Nom d’Allah, le Seigneur de l’enfant » et l’enfant mourut.
Les gens s’exclamèrent : « Nous croyons au Seigneur de l’enfant ! »
On vint dire au roi : « Par Allah ! Ce que tu craignais est arrivé, les gens ont cru. »
Le roi donna l’ordre de creuser des fosses à l’entrée de chaque route et d’y attiser un feu, puis il s’écria : « Celui qui ne délaisse pas sa religion, jetez-le dans le feu ! » Ils s’exécutèrent jusqu’à ce qu’une femme parmi les croyants avec son enfant en bas âge s’immobilisa, effrayée de tomber dans le feu. Son enfant lui dit alors : « Ô ma mère ! Endure, car tu es sur la vérité. »
Ceux là sont les gens de la fosse dont Allah nous conta l’histoire dans la sourate Les Constellations. Le Très Haut a dit : {Maudit soient les gens de la fosse de feu au combustible [immense], autour duquel ils s’asseyaient pour y assister au supplice qu’ils infligeaient aux croyants ! Ils ne leur reprochaient que d’avoir cru en Allah, le Tout-Puissant, le Digne de Louange, auquel appartient seul la royauté des cieux et de la terre. Allah est témoin de toute chose.} [S.85, v.4 à 9]
L’histoire a été rapportée par Mouslim dans son authentique (n°3005)
‘Abd-Allah Ibn Ja’far رضي الله عنهما a dit : « J’étais assis derrière le Prophète ﷺ sur sa monture lorsque nous pénétrâmes dans l’un des jardins appartenant aux Ansârs. Une fois à l’intérieur un dromadaire essoufflé vint à nous, le Prophète ﷺ l’aperçut et fut touché de compassion, les yeux de ce dromadaire versaient des larmes. »
Le dromadaire est venu se plaindre à celui qui est venu comme annonciateur et avertisseur ﷺ.
Le Prophète ﷺ lui caressa alors sa nuque et sa bosse, d’une caresse pleine de douceur et de réconfort.
Mais les yeux de ce dromadaire continuaient de verser ces larmes de tristesse face au Messager d’Allah ﷺ qui eut de la peine pour lui.
C’est alors que le Prophète ﷺ demanda : « À qui appartient ce dromadaire ? »
Un homme parmi les Ansârs se leva et dit : « Il est à moi Ô Messager d’Allah. »
Il ﷺ lui dit alors : « Ton dromadaire s’est plaint à moi que tu l’affames et l’épuises. » [Rapporté par Ahmad et Aboû Dâwoûd, authentifié par Chaykh Al-Albânî dans « Sahîh Aboû Dâwoûd »]
« Que tu l’affames » c.à.d. que tu ne le nourris pas assez, « et l’épuises » c.à.d. que son travail l’épuise et qu’il travaille sans cesse.
C’est ainsi que le Prophète ﷺ vint au secours de ce dromadaire afin qu’il récupère ses droits auprès de son propriétaire.
Car le Prophète ﷺ a été envoyé avec les droits, et ce, même pour les animaux mes chers bien-aimés.
Même pour les animaux, notre Prophète ﷺ a été envoyé pour que l’on s’en occupe de la meilleure façon, et il ordonna que l’on fasse preuve de miséricorde envers eux.
Un homme vint voir le Prophète ﷺ pour le consulter, il lui demanda : « Ô Messager d’Allah, j’aimerais égorger un mouton. » C.à.d. j’aimerais en acheter un pour le manger, et donc j’aimerais pouvoir l’égorger avec douceur.
Le Prophète ﷺ de répondre : « Si tu fais preuve de miséricorde envers lui, Allah te fera miséricorde. » [Authentifié par chaykh Mouqbil Al-Wâdi’î dans « Sahih Al-Mousnad »]
Même pour ce mouton, à travers les émotions et les sentiments que tu lui témoignes, ainsi que ta douceur et ta bienveillance, Allah te fera miséricorde et se montrera doux envers toi et plein de bonté.
Voici, mes bien-aimés, ce que sont nos valeurs et nos principes envers les animaux.
Lorsque ‘Oumar رضي الله عنه passa près d’un homme qui était en train de tirer un mouton amaigri par ses pattes, il fut touché de compassion pour la bête.
‘Oumar leva alors son bâton vers l’homme et s’écria : « Malheur à toi ! Mène-la à la mort de la meilleure des manières. »
Et c’est ‘Oumar le père qui parle ! Qu’a donc pu faire le fils, Ibn ‘Oumar ?
Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما passa auprès d’un berger qui faisait paitre son troupeau sur une terre aride sachant qu’Ibn ‘Oumar était passé auparavant devant une terre fertile.
Il dit alors au berger : « Malheur à toi ! Crains Allah concernant tes bêtes ! Déplace-les de cet endroit pour celui-là, car le Prophète ﷺ a dit :« Vous êtes tous des bergers, et vous serez interrogés sur votre troupeau (ceux qui sont sous votre tutelle). » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]
Allah Akbar, interrogés même sur ces bêtes ? Oui, même sur ces bêtes.
Ceci est notre religion, nos valeurs et nos principes.
Aboû Ad-Dardâ رضي الله عنه avait un dromadaire appelé « Doummoûn », quand il le prêtait ou le louait à quelqu’un il lui recommandait : « Crains Allah ! Car ce dromadaire ne peut pas faire telle et telle chose, il ne peut pas porter telle chose, en revanche il peut porter telle et telle chose. » C’est ainsi qu’il donnait une liste de tout ce qui est permis et interdit de faire, et cela même pour un dromadaire.
Et lors des derniers instants de la vie d’Aboû Ad-Dardâ رضي الله عنه le dromadaire se mit à tourner autour de lui, il l’appela : « Viens Doummoûn », puis il lui dit : « Ô Doummoûn, ne me tiens pas rigueur devant mon Seigneur le Jour de la Résurrection, car je ne te faisais porter que ce dont tu étais capable. »
Ô Allah, quelle est cette moralité immense présente dans le cœur de ces hommes-là ?!
« Ne me tiens pas rigueur devant mon Seigneur le Jour de la Résurrection », même avec ce dromadaire ? Oui, même avec lui.
‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz رحمه الله possédait une mule et un domestique. Ce dernier partait au marché avec cette mule et tous les jours il revenait auprès de ‘Oumar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz avec un dinâr. Un jour il revint avec un dinar et demi, ‘Oumar lui demanda : « D’où provient ce demi dinâr ? »
Il répondit : « Les prix au marché ont baissé nous avons pu gagner un demi dinâr en plus. »
Il rétorqua : « Non, mais tu as plutôt surchargé le dos de cette mule, laisse-la se reposer trois jours. » C.à.d. accorde-lui trois jours où elle ne travaille pas. Pourquoi ? Car ce jour-là il lui fit porter plus que ce qu’elle portait les autres jours.
Et ce même avec cette mule ? Oui, même avec cette mule.
Ces valeurs nous les avons apprises par le biais du Messager d’Allah ﷺ, celui qui s’y accrochera réussira, et celui qui empruntera cette voie sera gagnant ici-bas et dans l’Au-delà.
« Le Prophète ﷺ passa près d’un dromadaire affamé et épuisé, il s’exclama : « Craignez Allah concernant ces animaux qui ne peuvent parler, afin que vous montiez des animaux robustes et que vous mangiez de la viande saine. »[Authentifié par chaykh Al-Albânî dans « Sahîh Aboû Dâwoûd »]
Voilà ce qu’a atteint la miséricorde du Prophète ﷺ envers les animaux.
D’ailleurs Ya’lâ Ibn Mourrah رضي الله عنه nous décrit une scène étonnante qu’il y a eu entre lui et le Messager d’Allah ﷺ à travers laquelle nous constatons qu’effectivement il est une miséricorde pour l’ensemble des créatures, y compris les animaux et les bestiaux.
Ya’lâ dit : « J’étais assis avec le Prophète ﷺ lorsqu’un dromadaire approcha, il étendit ses pattes et s’allongea devant le Messager d’Allah ﷺ à l’image d’un prosterné. Le Prophète fit preuve de douceur et le dromadaire se mit à pleurer. Le Prophète ﷺ s’exclama :« Malheur à toi ! Qui est le propriétaire de ce dromadaire ? Ce dernier a quelque chose. »
Alors que nous le recherchions un jeune Ansâr vint nous voir, le Prophète ﷺ lui demanda : « Qu’a donc ton dromadaire ? »
– « Par Allah Ô Messager d’Allah, je ne sais pas ce qu’il a. Hormis qu’hier soir nous discutions autour du fait que nous faisions déjà porter sur son dos nos provisions d’eau depuis de longues années. Il nous tirait ainsi l’eau du puits jusqu’à ce que son corps et ses os s’affaiblissent et que sa force s’estompe. Nous avons donc discuté la nuit dernière quant au fait de l’égorger afin de nous partager sa viande. »
Qui a bien pu entendre cette manigance ?
Le dromadaire ! Il partit se plaindre auprès du Prophète ﷺ qui fut ému de compassion à son égard. Il demanda à son propriétaire : « Fais-en moi cadeau ou vends-le-moi. »
– « Prends-le comme cadeau Ô Messager d’Allah. »
[Ya’lâ poursuit] : « Le Prophète ﷺ le marqua au fer comme étant un don, puis il lui rendit sa liberté. » [Rapporté par Ahmad]
C’est ainsi qu’Allah le sauva de son propriétaire par l’intermédiaire du Prophète ﷺ, qui est en réalité une miséricorde émanant d’Allah, une miséricorde qui nous est offerte.
Mes chers bien-aimés, à travers cet exemple nous constatons l’importance de conserver l’amitié de ceux qui ont fait preuve de bonté envers nous, et que nous ne devons pas oublier le bien qu’ils nous ont fait.
{Et n’oubliez pas vos faveurs mutuelles}[S.2, v.237]
Au point où le Prophète ﷺ nous a dit : « N’insultez pas le coq ! »
D’accord, mais pourquoi on ne doit pas le faire ? Il se peut qu’il nous dérange avec ses chants. Mais le Prophète a dit : « N’insultez pas le coq ! Car il vous réveille pour la prière. » [Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Chaykh Al-Abânî dans « Sahîh Al-Jâmi’ »]
Il possède donc un mérite, un rang et une tâche grandiose qui nécessite qu’on l’honore, qu’on ne l’insulte pas et qu’on n’invoque pas contre lui.
Pourquoi ? Parce qu’il réveille les gens pour la prière.
Voici ce que sont nos valeurs mes bien-aimés.
Telle que la loyauté entre les gens, celle qui consiste à ne pas oublier le bien que l’on nous a fait, qui consiste à rendre le bien par le bien, car le Prophète ﷺ acceptait les cadeaux et récompensait la personne pour cela. Il rajoutait à la bienfaisance encore plus de bienfaisance. Ainsi celui qui faisait preuve de bienfaisance envers le Messager d’Allah ﷺ, le Messager d’Allah le faisait encore plus envers lui.
Quant à celui qui lui causait du tort, alors le Messager d’Allah lui rendait son tort par un bien.
Ainsi était la bienfaisance du Messager d’Allah ﷺ dans chaque circonstance.
Il faisait même preuve de bienveillance envers les animaux dans les moments difficiles de sa vie.
Il disait : « Si vous devez égorger, alors faites-le de la meilleure façon. »
« Certes Allah a écrit la bienfaisance dans toute chose. Ainsi, si vous devez égorger, alors faites-le de la meilleure façon. Et si vous devez tuer quelqu’un [qui le mérite], alors faites-le de la meilleure façon. » [Rapporté par Mouslim]
Allah Akbar, y compris à ce moment-là alors que la bête va être égorgée ? Oui, même si on l’égorge on doit se montrer clément.
Quand le Prophète ﷺ vit un homme aiguiser sa lame devant son mouton qui la regardait, le Prophète ﷺ le blâma et se mit en colère : « N’aurais-tu pas pu le faire avant ? Veux-tu le faire mourir plusieurs fois ? » [Rapporté par Al-Hâkim et authentifié par Chaykh Al-Albânî dans « Sahîh At-Taghrîb »]
C.à.d. veux-tu faire souffrir cette bête par la mort de nombreuses fois alors que celle-ci regarde la lame du couteau se faire aiguiser devant ses yeux ?
C’est un supplice et un châtiment, cela n’est pas permis dans la Législation d’Allah.
Le Prophète ﷺ a même dit : « Qu’il aiguise correctement sa lame ! » [Rapporté par Mouslim]
Il convient que la lame soit tranchante afin que l’on ne fasse pas souffrir la bête qui est dans une situation où elle a le plus besoin de miséricorde.
C’est cette miséricorde que le Prophète ﷺ voulait placer dans nos cœurs, même envers ces bestiaux.
Mais que pouvons-nous dire maintenant de celui qui se spécialise dans le meurtre et le massacre des musulmans par le biais de bombes, d’armes chimiques et de toutes autres armes destructrices ?
Quelle miséricorde lui a-t-il été retirée de son cœur ?
« Le serviteur échouera et périra si Allah ne place pas dans son cœur de la miséricorde pour l’être humain. » [Rendu bon par Chaykh Al-Albânî dans « Silsilah As-Sahîhah »]
Tous les jours nous voyons de nouvelles vies [crées] : la naissance d’enfants, des oisillons qui éclosent de leurs œufs, la naissance d’animaux, des poissons qui remplissent les mers et les rivières, etc.
Tous les jours l’homme observe cela de ses propres yeux, pourtant le voilà qu’il nie le fait que cela puisse se reproduire une seconde fois après qu’Allah mette fin à cette vie mondaine.
Ceux qui demandent une preuve qui démontre qu’il y aura la résurrection après la mort ignorent le fait que leur propre création est en elle-même une des preuves les plus probante !
Car Celui qui a été capable de les créer une première fois est parfaitement capable de les recréer une seconde fois.
D’ailleurs, à de très nombreuses reprises, le Coran utilise la première création de l’homme pour prouver qu’il y aura une seconde création, mais aussi pour rappeler sa réalité auprès de ceux qui n’y croient pas.
{L’homme se permet de dire : « Après ma mort, comment pourrait-on me sortir vivant [de terre] ? » L’homme ne se rappelle-t-il pas que Nous l’avons créé auparavant à partir de rien ?}[S.19, v.66-67]
Dans un autre endroit, le Coran nous remémore la première création de l’Homme. En effet, Allah créa notre père Âdam de terre, et rien ne peut empêcher Celui qui a été capable de faire de la terre un être humain sous une forme parfaite de refaire de lui à nouveau un homme parfait après sa mort.
Il nous remémore également notre propre création – celle de la descendance d’Âdam – du fait qu’Allah nous créa à partir d’une simple goutte d’eau qui devint à son tour une goutte de sperme, puis un caillot adhésif, puis un embryon… et ce jusqu’à ce que l’âme lui soit insufflée et qu’il devienne un homme parfait.
Par conséquent, Celui qui est capable de créer cela est tout à fait capable de refaire de même et de ressusciter les morts : {Ô hommes ! Si vous doutez au sujet de la Résurrection, eh bien c’est Nous qui vous avons créés de terre, puis d’une goutte de sperme, puis d’un caillot adhésif puis d’un embryon formé ou informé pour vous montrer [toute Notre puissance]. Nous déposerons dans les matrices ce que Nous voulons jusqu’à un terme fixé. Puis Nous vous en sortirons [à l’état] de bébé, pour qu’ensuite vous atteignez votre maturité. Il en est parmi vous qui meurent [jeunes] tandis que d’autres parviennent au plus vil de l’âge si bien qu’ils ne savent plus rien de ce qu’ils connaissaient auparavant. De même tu vois la terre desséchée : dès que Nous y faisons descendre de l’eau elle remue, se gonfle, et fait pousser toutes sortes de végétations luxuriantes. Tout cela prouve qu’Allah est le Vrai ; qu’Il rend la vie aux morts et qu’Il est Omnipotent, que l’Heure arrivera sans aucun doute et qu’Allah ressuscitera ceux qui sont dans les tombes.}[S.5, v.5-7]
Allah ordonna à Ses serviteurs de parcourir la terre et d’observer la façon dont la création fut débutée afin qu’ils l’utilisent comme preuve sur la capacité d’Allah à réitérer cela : {Ne voient-ils pas comment Allah commence la création puis la renouvelle ? Cela est facile pour Allah. Dis : « Parcourez la terre et voyez comment Il a commencé la création. Puis comment Il accomplira la dernière. Allah est Omnipotent ».} [S.29, v.19-20]
Et Il dit : {C’est Lui qui commence la création puis la refait ; et cela Lui est bien plus facile. Il possède les attributs les plus parfaits dans les cieux et sur la terre. C’est Lui le Tout Puissant, le Sage.}[S.30, v.27]
Toujours en démontrant cette seconde création, le Coran nous narre également que Celui qui a été capable de créer la plus grande des créations est d’autant plus capable de créer ce qui est moindre.
Il est d’ailleurs déshonorant de qualifier quelqu’un d’incapable de porter une charge légère alors qu’en réalité, il est en mesure de porter bien plus lourd que cela.
À l’instar d’un homme qui terrasse un homme vaillant et fort, il est impensable de lui dire : « Toi, tu ne peux pas vaincre cet homme minable et faible. »
Quant à celui qui construit un palais, rien ne peut l’empêcher de construire une maison plus petite.
Et Allah est plus digne de cet exemple, car on trouve au sein de toute Sa création ce qui est bien plus impressionnant et grandiose encore que la création des hommes. Comment pouvons-nous dire à Celui qui a créé les cieux et la terre : « Toi, Tu ne peux pas créer ce qui moindre que cela » ?!
Allah le Très Haut dit : {Telle sera leur sanction parce qu’ils ne croient pas en Nos preuves et disent : « Quand nous serons ossements et poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création ?» N’ont-ils pas vu qu’Allah qui a créé les cieux et la terre peut bien créer des êtres semblables à eux ? Il leur a fixé un terme, sur lequel il n’y a aucun doute, mais les injustes s’obstinent dans leur mécréance.}[S.17, v.98-99]
Il dit : {Celui qui a créé les cieux et la terre n’est-il pas capable de créer d’autres hommes comme [Il l’a fait pour] eux ? Oh que si ! En vérité, Il est le Créateur par excellence, Il est Omniscient.} [S.36, v.81]
Il dit aussi : {Ne voient-ils pas qu’Allah qui a créé, sans peine, les cieux et la terre, a bien le pouvoir de ressusciter les morts ? Eh bien si ! Allah est Omnipotent.}[S.46, v.33]
Et Il dit : {La création des cieux et de la terre est plus grande encore que la création des hommes}[S.40, v.57]
Ibn Taymiyyah رحمه الله dit après avoir évoqué ces textes : « Il est connu pour toute personne censée que la création des cieux et de la terre est plus grande que celle des enfants d’Âdam, et que [la manifestation de] Sa puissance est plus qu’évidente. Quant à la création de cette chose bien plus facile – les enfants d’Âdam – elle est encore plus aisée et simple à réaliser. »
Et Ibn Abî Al-‘Izz Al-Hanafî رحمه الله a dit dans son explication du livre « la croyance d’At-Tahâwiyyah » : « Le Très Haut informe que Celui qui créa les cieux et la terre de cette splendeur fera revivre les os après être devenus poussière, et Il les fera revenir à leur état initial. »
Source : Un des manuels de Tawhîd de l’université islamique de Médine
Traduit et légèrement adapté par Le Cœur des Croyants