L’excès de nourriture

Asad Ibn Moûsa a rapporté le hadîth de ‘Awn Abî Jouhayfah, qui lui-même le rapporta de son père qui dit : « J’avais mangé du Tharîd[1] avec de la viande grasse. Puis je vis le Prophète alors que je rotai. Il dit alors : « Épargne-nous tes rots ! Car ceux qui sont les plus repus ici-bas seront les plus longuement touchés par la faim le Jour de la Résurrection. »[2]

Après cela, Aboû Jouhayfah ne mangea plus jamais à sa faim jusqu’à quitter ce monde. S’il déjeunait, il ne dinait pas. Et s’il dinait, il ne déjeunait pas.

Cependant, quelle est la relation entre le rot (le fait d’être repus) et la faim le Jour de la Résurrection, alors, qu’à première vue, celle-ci nous paraît lointaine ?

Pour expliquer la dangerosité du gaspillage de la nourriture dont nombreux sont ceux à l’avoir déconsidéré et jugé insignifiant, alors qu’auprès des médecins des coeurs cela est une chose gravissime, Al-Mounâwî a dit : « L’interdiction de roter [implique] l’interdiction de sa cause, à savoir la satiété. Et ceci est une chose blâmable médicalement et religieusement. Comment ne le serait-il pas alors qu’elle rapproche le diable et pousse l’âme à l’injustice ?

La faim, quant à elle, obstrue les voies au diable et brise l’emprise de l’âme, ainsi leurs méfaits sont repoussés.

Alors qu’avec la satiété naîtra une forte libido qui poussera la personne à beaucoup plus de rapports charnels. Puis découlera de ceci un fort désir d’acquérir du prestige et de la richesse qui sont tous deux des moyens permettant d’augmenter la nourriture et les rapports intimes.

Ensuite, elle voudra obtenir encore plus d’argent, de notoriété et elle multipliera les frivolités, les rivalités et les jalousies.

Ce qui engendrera le problème de l’ostentation, la vanité, la course aux richesses, l’orgueil et cela aboutira à l’envie (Al-hasad), la haine, l’animosité et l’aversion.

Puis, elle commettra l’injustice, le blâmable, la débauche, l’ingratitude et elle calomniera.

Tout ceci mènera à la faim le Jour de la Résurrection, excepté celui à qui ton Seigneur aura fait miséricorde. »

C’est pourquoi, la voie qu’emprunta ‘Abd-Allah Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما tout au long de sa vie était de réduire sa consommation de nourriture à travers un moyen contenant une grande récompense : il ne mangeait pas tant qu’on ne lui amenait pas un nécessiteux pour qu’il partage son repas avec lui.

Un jour, un homme vint chez lui et mangea énormément. Ibn ‘Oumar dit alors à son esclave : « Ô Nâfi’, ne fais plus venir ce genre de personne ! Car j’ai entendu le Prophète dire : « Le croyant mange avec un seul intestin, alors que le mécréant mange avec sept intestins. »[3]

Et là, interrogeons-nous  ! Combien de mécréants mangent moins que les croyants ? Et combien sont ceux qui se sont convertis et n’ont pas réduit leur quantité de nourriture ?

Ibn Hajar a dit : « On a dit : Ce qui est voulu dans ce hadîth, c’est d’inciter le croyant à manger peu, du moment qu’il sait que l’excès nourriture est une caractéristique du mécréant.

Car la nature même du musulman fuit le fait d’être décrit par une de leur caractéristique. Et ce qui prouve que l’excès de nourriture est une caractéristique des mécréants, c’est la Parole d’Allah : {Quant aux mécréants, ils jouissent [de cette vie] et mangent comme mangent les bêtes.} [Mouhammad, v.12] »

At-Tîbî a dit : « En résumé, le croyant doit veiller à faire preuve d’ascétisme et se contenter du stricte nécessaire contrairement au mécréant. Mais si un croyant ou un mécréant n’était pas sur leur description respective, cela n’entacherait aucunement le hadîth. À l’instar de Sa Parole : {Le fornicateur n’épousera qu’une fornicatrice ou une polythéiste. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un polythéiste.} [An-Noûr, v.3] Pourtant, on trouve le fornicateur qui épouse la femme chaste, ou la fornicatrice qui est épousée par un homme chaste[4].

Il est dit aussi que le sens voulu par « Le croyant » dans ce hadîth est celui qui a la foi complète. Car fait partie du bon islam du croyant, et de la complétude de sa foi, qu’il réfléchisse à son cheminement vers la mort et ce qui vient après-elle. Ainsi, l’effroi, les nombreuses réflexions et l’apitoiement sur son sort l’empêcheront de suivre son désir. »

Assurément, l’excès de nourriture n’est qu’un signe de la dureté du coeur ; il est un chemin simplifié qui le conduit à sa mort. C’est pourquoi ceux dont les coeurs se sont endurcis ont négligé la cause principale due à leur exagération dans la nourriture. De plus, ils ignorèrent la cause de cette dureté. Et c’est ce qu’indiqua Ibn Al-Qayyim dans les « Fawâid » en disant :

« Si le coeur se nourrissait d’amour, la boulimie des désirs l’aurait quitté.

Si tu avais été un amoureux fervent tu n’aurais pas été gourmand.

Et l’amour passionnel t’aurait fait oublier la gloutonnerie. »[5]

Également, l’excès de nourriture fait entrer dans le coeur cinq maladies, Aboû Soulaymân Ad-Dârânî a dit : « Cinq maladies touchent celui qui est rassasié :

  • La perte de la douceur de converser secrètement [avec Allah].
  • Être privé de compassion envers la création, car s’il est reput il croit que tout le monde l’est également.
  • La lourdeur des adorations.
  • Ses désirs passionnels augmentent.
  • L’ensemble des croyants tournent autour des mosquées alors que les rassasiés tournent autour des dépotoirs.[6] »

Al-Hasan Al-Basrî conseilla ceux qui ont perdu leur humilité et qui recherchent les larmes de celle-ci sans pouvoir les trouver, en leur faisant une recommandation fondée sur la pratique et l’expérience en disant : « Celui qui veut que son coeur s’humilie et que ses larmes coulent abondamment, alors qu’il ne mange qu’avec la moitié de son estomac. »

Et c’est sans parler du fait que l’excès de nourriture fait aussi perdre à la personne toutes occasions d’obtenir de nombreuses récompenses, car elle n’a pas été utilisée correctement. Si sa nourriture était utilisée en aumône et en don plutôt que d’être mangée, cela aurait été meilleur pour sa vie mondaine et celle de l’Au-delà.

Il a été rapporté que le Prophète avait vu un homme ventru dont il pointa le ventre du doigt en disant : « Si cela (ce ventre) n’avait été dans ceci (l’excès de nourriture), cela aurait été meilleur pour toi. »[7]

Mais mes propos signifient-ils que l’individu doit s’affamer et s’interdire de ce qu’Allah lui a rendu licite ?! Oh que non, jamais !

Tout ce que je veux dire, ici, a été résumé par Al-Halîmî رحمه الله : « Il ne convient à personne de manger de la nourriture licite qui lui alourdit le corps, car il aura besoin de dormir, et cela le privera des adorations. Qu’il ne mange que ce qui apaise sa faim. Et que son but soit de se nourrir pour se renforcer, se consacrer à l’adoration et s’y aguerrir . »

Dès lors, il t’est demandé trois choses :

  • La première : Une bonne intention pour chaque bouchée que tu manges, afin que la nourriture devienne une adoration et qu’elle nourrisse à la fois ton âme et ton corps.
  • La deuxième : Manger peu. Et c’est ce qu’a dit le Prophète : « Qu’un tiers soit pour sa nourriture, un tiers pour sa boisson et un tiers pour l’air. »[8]  Cela se ressent lorsque que tu quittes la table en ressentant toujours de la faim. Et c’est le sens voulu par sa parole : « Et quand nous mangeons, nous ne sommes jamais rassasiés. »[9]
  • La troisième : Jeûner assidument afin de secourir ton âme contre le désir de la nourriture.

[1] C’est une soupe faite de pain (Note du traducteur)
[2] Rapporté par At-Tirmidhî n°2478, rendu bon par chaykh Al-Albânî dans Sahîh At-Tirmidhî
[3] Rapporté par Al-Boukhârî, n°5393
[4] La Parole d’Allah interdit le fornicateur ou la fornicatrice d’épouser une personne chaste. Elle ne nie pas le fait que l’interdiction soit outrepassée. (Note du traducteur)
[5] Il parle de l’amour d’Allah (note du traducteur)
[6] Il sous-entend qu’ils tournent autour des toilettes afin d’y expulser ce qu’ils mangent. (Note du traducteur)
[7] Da’if At-Targhîb, n°1294, jugé faible par Chaykh Al-Albânî.
Mais il y a d’autres versions de ce hadîth qui sont, au minimum, bons (note du traducteur)
[8] Rapporté par At-Tirmidhî, n°2380, jugé authentique par Chaykh Al-Albânî.
[9] Le hadîth en entier est : « Nous sommes un peuple et ne mangeons que lorsque nous avons faim. Et quand nous mangeons, nous ne sommes jamais rassasiés. » Ibn Bâz a dit dans son Majmoû Fatâwâ wa Maqâlât 118/4 : « Le sens de ce hadîth est correct mais sa chaîne de transmission est faible. » (note du traducteur).

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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02 – Les différents aspects de l’invocation et ses règles de bienséance

Les louanges sont à Allah, nous Le louons, Lui demandons Son aide, et Son pardon.

Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions.

Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider.

Je témoigne que rien ne mérite d’être adoré excepté Allah, L’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et Son messager.

Ceci dit,

nous sommes toujours, chers frères et sœurs, avec l’invocation d’Allah.

Avant de commencer l’étude des invocations prophétiques, nous avons rappelé lors de l’émission précédente quelques mérites autour de la prière d’Allah et du statut de l’invocation.

Et aujourd’hui, nous allons nous arrêter sur deux sujets importants. Le premier concerne la réalité de l’invocation et de ses différents aspects. Quant au second, il portera sur l’éthique à suivre lors de l’invocation.

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[Poésie] : Recommandations à l’étudiant en science

Ô toi le demandeur de science, ne désire rien en contrepartie
Car, par Le Seigneur de la Tablette et de la Plume, tu as certes réussi

Honore la science et connais-en sa valeur
Dans la parole et les actes, et attache-toi aux bonnes mœurs

Efforce-toi et sois constamment résolu
Si l’homme connaissait la valeur de la science il ne dormirait plus

Pour l’agrément d’Allah conseille généreusement les étudiants
En secret ou en public, et sois respectueux envers l’enseignant

Quant à ceux qui viennent te demander la science, souhaite-leur la bienvenue
Et respecte, les concernant, les recommandations de l’élu

Place donc pour le Visage d’Allah une sincère intention
Car sans fondement il n’y a pas de fondation.

Source : Chaykh Hâfidh Al-Hakamî رحمه الله, poésie traduite par Le Coeur des Croyants

La foi de cette femme (Assiya) est vraiment surprenante (Vidéo)

Puis la mère de Moûssa le jeta dans le fleuve qui le transporta, alors qu’il se trouvait au milieu de son coffret.

Puis Allah décréta que ce coffret tombe entre les mains de la famille de Pharaon et que [Moussâ] soit présenté à Assiya, la femme de Pharaon.

Allah plaça dans le cœur de cette femme de l’amour pour ce nouveau-né et de la compassion.

Elle demanda qu’on le lui laisse, soit pour qu’il devienne son domestique ou mieux que cela, qu’elle l’adopte et cela sans que sa famille ne le sache, ni ses proches, ni les enfants d’Israël ; puis elle convainc Pharaon de l’adopter.

S’il avait refusé, son sort aurait été celui de tous les enfants mâles des enfants d’Israël, il aurait été égorgé et tué sur le champ.

Lorsqu’elle le vit, elle l’aima profondément. Allah avait placé dans les cœurs [des gens] de l’amour à son égard : {Et J’ai répandu sur toi une affection de Ma part, afin que tu sois éduqué sous Mon œil.} [S.20, v.39] C.à.d. sous la protection d’Allah, Son observation et Sa gérance.

Le lecteur :

Il poursuit رحمه الله : « L’information se propagea et parvint à Pharaon qui voulut le tuer.

Sa femme intervint alors : « Ne le tue pas ! Il sera une source de réjouissance pour toi et moi, il se peut que nous en tirions profit ou que nous l’adoptions. »

De la sorte, il fut épargné de la mort.

Et les conséquences de cela ainsi que ses efforts font partie des œuvres bien appréciées d’Allah.

Et ce fut l’une des causes de sa guidé et de la foi qu’elle eût en Moûssa par la suite. »

Chaykh :

L’information s’est donc propagée et parvint à Pharaon qu’un enfant des enfants d’Israël avait été trouvé dans un coffret dans sa demeure. Il ordonna alors qu’on l’exécute à l’instar du reste des enfants mâles des enfants d’Israël.

C’est alors que son épouse intercéda auprès de lui pour que cet enfant ne soit pas exécuté en espérant qu’il soit source de réjouissance pour eux deux, en le prenant comme domestique ou en l’adoptant pour qu’il leur soit profitable : {Il pourrait nous être utile ou nous l’adopterions comme notre enfant.} [S.21, v.9] Moûssâ survécu de cette façon.

Le chaykh dit : « Et les conséquences de cela ainsi que ses efforts » de la part de la femme de Pharaon. Elle éprouva de l’affection pour lui, elle fit preuve de miséricorde et de compassion, et elle intercéda pour qu’il ne soit pas tué. Ces grandes choses qu’elle fit et ces nobles efforts qu’elle fournit « font partie des œuvres bien appréciées auprès d’Allah. Et ce fut la cause de sa guidé et de la foi qu’elle eût en Moûssa » lorsqu’il fut envoyé comme prophète.

Allah donna un exemple dans le Coran illustrant sa foi : {Et Allah cite aussi l’exemple de la femme de Pharaon qui invoqua : « Seigneur, construis pour moi auprès de Toi une demeure dans le Paradis ! Sauve-moi de Pharaon et de ses manœuvres et protège-moi des gens injustes ! »} [S.66, v.11]

Par Allah, la foi de cette femme est vraiment incroyable.

Une femme qui se trouve dans la demeure du plus grand des tyrans d’ici-bas, le plus insolent et le plus corrupteurs d’entre eux. Dans un palais rempli de biens mondains et orné de parures. Tout cela, elle les jeta derrière elle sans lui prêter une quelconque attention. {Elle invoqua : « Seigneur, construis pour moi auprès de Toi une demeure dans le Paradis ! »} Elle n’a pas été trompée par les tentations, les biens et les parures mondains. {« Seigneur, construis pour moi auprès de Toi une demeure dans le Paradis ! »}

Ibn Kathîr a dit : « Elle choisit d’abord le voisinage avant la demeure. »

{construis pour moi auprès de Toi} elle choisit le voisinage avant la demeure.

{« Seigneur, construis pour moi auprès de Toi une demeure dans le Paradis ! Sauve-moi de Pharaon et de ses manœuvres »} Allah l’exauça alors, éleva son rang et elle devint ainsi l’une des meilleures femmes de cet univers.

La leçon que l’on tire de cette histoire est que les actes bons ont leur effet et font partie des œuvres bien appréciées d’Allah.

Cet enfant des fils d’Israël devait être tué, mais elle dit : {Ne le tuez pas !} [S.21, v.9] Elle fit en sorte qu’il ne soit pas tué, elle l’éduqua et s’occupa de lui. Il vécut honoré et estimé parmi les fils d’Israël, et fut bien éduqué. Tout cela fût le fruit de ce qu’avança cette femme.

Donc ce qu’elle accomplit comme œuvres appréciées d’Allah et les efforts qu’elle fournit fût, par la suite, la cause de sa guidé et de sa foi en Moûssâ.

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr حفظه الله

Source : Traduit par Le Cœur des Croyants

04 – Hadîth n°4 : « La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera »

Le quatrième hadîth :

Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه  a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera. »

Rapporté par Ahmad et c’est un hadîth authentique.

Ce hadîth met en évidence que la droiture de la langue est un signe de la foi.

Concernant notre sujet, le hadîth montre que la droiture et les œuvres du cœur ont des répercussions sur la foi, et qu’une diminution de la foi affaiblit la droiture [de la personne] et que l’effet de la langue sur le cœur, qu’il soit droit ou corrompu, est évident.

La rectitude de la langue agit sur celle du cœur.

Autrement dit, celui qui combat sa langue pour la cause d’Allah pour ne dire que du bien et qu’aucun mal ne sorte de sa bouche, alors son cœur sera juste et droit.

Et bien que le cœur soit le roi des membres [du corps], s’il ne les réglemente pas, il ne sera pas droit. Il doit réglementer les membres. Car s’il ne le fait pas et les laisse s’égarer c’est lui-même qui se corrompra.

« La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera. »

Donc la plus grande chose dont il faut se soucier pour la rectitude [de la personne] après celle du cœur, c’est la droiture de la langue. Car elle est l’interprète du cœur, celle qui s’exprime en son nom et qui extériorise ce qu’il contient.

Voilà pourquoi le Prophète ﷺ ordonna que le cœur et la langue soient droits. La relation entre eux est évidente pour celui qui la médite.

« La foi du serviteur sera droite lorsque son cœur le sera ; »

La foi ne sera droite que lorsque le cœur sera réformé et rempli de l’amour d’Allah, l’amour de Son obéissance et qu’il répugne le fait de Lui désobéir. Les cœurs ne seront réformés et bons que lorsque s’y ancreront la connaissance d’Allah, de Ses Noms et Ses Attributs, de Sa grandeur, Son amour, Sa crainte et la peur de Lui, l’espoir de ce qu’Il possède et la pleine confiance en Lui … Ceci est la véritable Unicité (At-Tawhîd). Donc les cœurs ne seront bons que lorsqu’ils se rempliront de tout cela.

Quant à sa parole ﷺ « et son cœur ne sera droit que lorsque sa langue le sera », elle est une preuve que si la langue déviait et n’était pas sur la droiture, cela aurait un impact sur la rectitude du cœur. Puis les effets se manifesteraient à travers les membres, et le serviteur se retrouverait alors abandonné.

D’ailleurs, ce sujet est si déconcertant qu’un hadîth très déroutant est venu dans ce sens. Il est vraiment troublant. Quel est-il ?

Aboû Sa’îd Al-Khoudrî a rapporté du Prophète ﷺ qu’il dit : « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin » et cela se passe chaque matin, quotidiennement, mais nous ne le ressentons pas. « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue » c’est le texte même du hadîth.

« Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue » Que veut dire : « se soumettent (toukaffîr) à la langue ? »

L’explication est dans le hadîth : « et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Rapporté par At-Tirmidhî et rendu bon par Al-Albânî

C’est un hadîth incroyable. On le répète.

« Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Cela veut dire que les membres se soumettent à la langue, s’humilient et intercèdent auprès d’elle. Voici la signification.

Évidemment, quand nous nous réveillons le matin nous ne ressentons pas cela. Est-ce que tu ressens que : « Chaque matin il y a deux Anges qui disent : « Ô Allah, donne la ruine à celui qui ne dépense pas et accorde une compensation à celui qui dépense. » ? [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]

Tu ne les entends pas, mais c’est une vérité avérée. Chaque matin, les membres du corps de l’individu répètent ces propos : « Lorsque le fils d’Âdam se lève le matin, tous les membres de son corps se soumettent à la langue et lui disent : « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. »

Regarde la façon dont les membres exhortent la langue chaque matin ! On sait cela par le biais de la révélation et le texte même du hadîth. Les membres accourent vers la langue, la supplient, lui demandent et intercèdent auprès d’elle en disant : « Crains Allah nous concernant, » c’est une exhortation ! « Crains Allah nous concernant, car nous dépendons de toi. Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. »

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, » Vous voyez ? Donc là nous avons le cœur qui est le roi. D’accord ? Et la langue le ministre. Ibn Al-Qayyim a dit : « Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, son interprète et l’intermédiaire entre le cœur et les membres. Quant à leur parole « car nous dépendons de toi. » c.à.d. que notre salut et notre perdition dépendent de toi. C’est pourquoi ils dirent : « Si tu fais preuve de rectitude, alors nous serons droits, mais si tu dévies alors nous dévierons également. » [Al-Fawâid d’Ibn Al-Qayyim]

Et parmi les propos de certains sages :

« La langue de la personne est une subordonnée du cœur. »

Il se peut que beaucoup ne tombent pas dans la fornication, ni l’alcool, ni ne volent, ni ne commettent d’autres péchés majeurs, cependant ils n’évitent pas les péchés de la langue, en particulier la médisance et ses semblables. Voilà pourquoi les pieux prédécesseurs disaient : « Le plus dur des scrupules concerne la langue. » Le plus difficile des scrupules concerne la langue.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Et ce qui est étonnant, c’est la facilité qu’a l’homme à ne pas manger l’illicite, ni de commettre l’injustice, ni l’adultère et le vol, ni de boire de l’alcool, ni de regarder ce qui est prohibé, etc. » c.à.d. que ces choses-là lui sont faciles à délaisser, en effet pour certains cela est facile. « Mais il lui est très difficile de contrôler l’agissement de sa langue. » Ibn Al-Qayyim poursuit : « À tel point que tu vois quelqu’un connu pour sa religiosité, son ascétisme et son adoration dire des mots qui provoquent la colère d’Allah sans même y prêter attention. À cause d’un seul mot, il chute d’une distance plus grande encore que celle qu’il y a entre l’est et l’ouest. » Ibn Al-Qayyim continue : « Combien de gens tu vois s’abstenir des turpitudes et de l’injustice mais leur langue ne cesse de parler sur l’honneur des gens vivants et des morts, sans prêter attention à ce qu’ils disent. » [Ad-Dâ wa As-Dawâ d’Ibn Al-Qayyim]

C’est pourquoi lorsque l’on questionna Ibn Al-Moubârak رحمه الله : « Quel est le scrupule le plus dur à acquérir ? » Il répondit : « Celui de la langue. »

Par conséquent, la relation qu’il y a entre la droiture de la langue et celle du cœur est évidente.

Et parmi les leçons que l’on tire de ce hadîth dans la série « Les quarante hadîths sur les œuvres du cœur » : celui qui veut veiller à la réforme de son cœur doit impérativement réformer sa langue. Celui qui veut réformer son cœur doit contrôler sa langue. Et celui qui désire la rectitude de son cœur doit faire preuve de scrupule quant à sa langue et la tenir à cause du lien évident qu’il y a entre eux.

Traduit par le Coeur des Croyants

À quel âge s’est mariée Khadîjah avec le Prophète ﷺ ? À 40 ou 28 ans ?

Le lecteur :

« Point bénéfique : l’âge de Khadîjah lorsqu’elle se maria avec le Prophète ﷺ.

Ce qui est connu de l’âge de la mère des croyants Khadîjah quand le Messager ﷺ l’épousa est 40 ans. Mais ce n’est pas authentique car cela a été rapporté par Al-Wâqidî qui est une personne que l’on délaisse [dans le hadîth].

Ibn ‘Asâkir a rapporté d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما qu’elle était âgée de 28 ans. C’est également ce que rapporta Aboû Ishâq et c’est ce qui est le plus correcte. D’autant plus qu’elle lui donna 2 garçons et 4 filles. Et le plus fréquent chez la femme c’est qu’elle devienne ménopausée à l’approche de la cinquantaine. »

L’explication du chaykh :

La mère des croyants Khadîjah رضي الله عنها est sa première épouse et la première personne de l’humanité à avoir cru en lui ﷺ. La première personne à avoir cru en lui c’est Khadîjah. C’était la première à s’être convertie parmi les hommes et les femmes, elle devança tout le monde.

Allah l’a dotée d’une sagacité, d’une sagesse et d’une opinion juste.

C’était aussi quelqu’un de riche, c’est pourquoi elle était convoitée par les gens de Qouraych.

Elle se maria une première fois mais son mari décéda. Elle se remaria une deuxième fois et son mari décéda également. Elle possédait également un commerce. Elle entendit parler du Prophète ﷺ et de sa loyauté. Elle lui proposa alors qu’il prenne une partie de sa marchandise en direction du Châm et c’est ce qu’il ﷺ fit.

Elle envoya avec lui son domestique Maysarah. Ce dernier vit du Prophète ﷺ d’étonnantes choses lors de ce voyage. Des faits étonnants dans ses transactions mais aussi dans d’autres choses. Comme le fait que les nuages le couvraient de leur ombre alors qu’il ﷺ se déplaçait.

Lorsque son domestique revint il lui raconta ce qu’il vit.

Le Prophète ﷺ lui plut immédiatement et elle désira se marier avec lui.

Le Prophète ﷺ avait aussi entendu parler d’elle, de sa saine raison et décida de se marier avec elle.

On divergea quant à l’âge de Khadîjah. Le Prophète ﷺ avait 25 ans mais on divergea pour celui de Khadîjah. Il est répandu qu’elle avait 40 ans mais cela n’a pas été rapporté par une chaîne de transmission authentique.

Quant à l’avis le plus juste, c’est ce qu’a rapporté Ibn ‘Asâkir et Aboû Ishâq que le Prophète ﷺ se maria avec elle alors qu’elle avait 28 ans. C’est le plus juste du point de vue de la chaîne de transmission, mais c’est aussi le plus juste du point vue de la réalité car elle accoucha de 2 garçons et de 4 filles. S’ils s’étaient mariés alors qu’elle avait 40 ans, elle n’aurait pas pu lui donner 6 enfants. Et le plus fréquent chez la femme qui entre dans la quarantaine c’est qu’elle se rapproche de la ménopause.

Donc le plus juste est ce qu’a rapporté Ibn ‘Abbâs que le Prophète ﷺ se maria avec elle alors qu’elle avait 28 ans.

Et parmi la grande sagesse d’Allah le fait qu’Il l’ait choisie pour le Prophète ﷺ. Elle l’a soutenu.

Lorsque le Prophète ﷺ fut envoyé et que Jibrîl lui soit apparu en disant : « Lis ! » Il lui répondit : « Je ne sais pas lire »,

« Lis ! » lui répéta-t-il

Il réitéra : « Mais je ne sais pas lire. »

C’est alors que Jibrîl le saisit et lui dit : {Lis, au Nom de Ton Seigneur qui a créé toute chose, qui a créé l’homme d’une adhérence.} [S.96, v.1-2]

Le Prophète ﷺ revint paniqué, car il avait pour habitude de s’isoler dans la grotte de Hirâ pour adorer Allah, il était donc tout seul.

Et c’est là que Jibrîl lui apparut, le prit et le serra. De plus cela se passait la nuit, car la révélation du Coran débuta la nuit.

Donc le Prophète ﷺ alla rejoindre Khadîjah en s’exclamant : « Couvrez-moi ! Couvrez-moi ! J’ai vraiment craint pour ma propre personne. » Elle répondit alors par sa célèbre phrase : « Oh non par Allah ! Allah ne t’humiliera jamais. » Puis elle évoqua les preuves de cela : « Tu maintiens les liens de parenté, tu soutiens les faibles et tu assistes les affligés. » C.à.d. que celui qui possède ses particularités, Allah ne peut l’humilier.

Parmi les choses démontrant sa sagacité le fait qu’elle soit partie avec lui auprès de son cousin Waraqah Ibn Nawfal qui était un savant chrétien.

Après que le Prophète ﷺ lui conta l’histoire il sut tout de suite qu’il était un Prophète, il s’exclama : « C’est l’Ange (An-Namoûs) qui apparaissait à Moûsa (Moïse). Si seulement je pouvais être jeune et fort lorsque ton peuple t’expulsera. » Le Prophète ﷺ lui demanda : « Vont-ils m’expulser ? » « Oui. » – Répondit-il – « Personne n’est venu avec la même chose que toi sans qu’il n’ait subi de désagrément. »

Une fois terminé, le Prophète ﷺ retourna chez lui.

Concernant Waraqah Ibn Nawfal, Ibn Al-Qayyim et plusieurs hommes de science affirment qu’il s’est converti, qu’il crut au Prophète ﷺ puis mourut.

Ils le considèrent comme un musulman et un compagnon, plusieurs demandèrent la miséricorde d’Allah pour lui, car il croyait en Allah et au Prophète ﷺ.

Khadîjah resta auprès du Prophète ﷺ et l’assista, c’est pourquoi il ne voulait pas prendre d’autre épouse, et ce jusqu’à ce qu’elle décéda. Bien qu’il se soit marié avec de nombreuses femmes par la suite, mais par considération envers elle, il ﷺ ne souhaita pas prendre d’autre épouse.

Il y a dans les deux Authentiques un hadîth qu’Aboû Hourayrah a rapporté où il dit : « Jibrîl se présenta au Prophète ﷺ lui disant : « Voilà Khadîjah qui va te rejoindre avec un récipient renfermant des condiments, de la nourriture ou de l’eau. Quand elle se présentera à toi, transmet-lui le salut (As-Salâm) de son Seigneur, et transmet-lui également le mien. Puis fais-lui la bonne annonce d’une maison faite de perles au Paradis exempt de tout bruit et de toute fatigue. »

Allah Akbar ! Y a-t-il une chose meilleure que cela ? Que l’on dise à une créature qu’Allah la salue ? Puis que Jibrîl la salue ?

C’est un honneur immense et une grande estime à l’égard de cette femme dû à son rang, car c’est une très grande femme. Elle resta auprès du Prophète ﷺ et le secourra. Qu’Allah puisse l’agréer.

D’ailleurs, lorsque le Prophète ﷺ voyait la sœur [de Khadîjah] il s’exclamait : « Voici Khadîjah ! » Il ﷺ la reconnaissait à sa façon de marcher. Et à chaque fois qu’il égorgeait une bête, il en offrait à ses amies.

‘Âichah a dit : « Par Allah, je n’ai jamais autant jalousé une personne que Khadîjah alors que je ne l’ai jamais vu. Mais je vis que le Prophète ﷺ l’évoquait fréquemment et qu’il lui faisait beaucoup d’éloges. Il disait : « Elle m’a donné des enfants. »

Qu’Allah l’agrée ainsi que l’ensemble de ses épouses.

Source : Traduit par Le Coeur des Croyants

Ne te trompe pas de porte au risque de manquer le RDV

As-Salâm ‘Alaykoum wa RahmatouLah wa Barakâtouh.

اللَّهُمَّ إِنَّكَ عَفْوٌّ تُحِبُّ العَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي

« Ô Allah, Tu es Le Pardonneur et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi ! »

Lorsque notre mère, la mère des croyants, ‘Âichah رضي الله عنها interrogea le Prophète ﷺ sur l’invocation à dire si elle parvenait à connaitre la nuit du destin, c’est cette formule que le Messager d’Allah ﷺ lui enseignait.

اللَّهُمَّ إِنَّكَ عَفْوٌّ تُحِبُّ العَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي

« Ô Allah, Tu es Le Pardonneur et tu aimes le pardon, alors pardonne-moi ! »

Quel est donc le secret de cette invocation, la sagesse de cette formule que le dernier des Messagers ﷺ nous a encouragé à faire pendant cette nuit dont le mérite est inégalable, cette nuit qui est meilleure que mille mois ? Pour tenter de le découvrir, replaçons-nous quelques instants dans le contexte.  Cela fait maintenant 20 jours ou plus que tu jeûnes, ce jeûne s’est très certainement accompagné de l’augmentation de tes efforts pour t’appliquer à faire tes prières quotidiennes, peut-être qu’également tu as prié la nuit et lu plus de Coran comme cela est recommandé. Et désormais, tu rentres dans les dix derniers jours, dix jours durant lesquels le Prophète ﷺ serrait son izâr, allusion au fait qu’il multipliait ses efforts.

Pour résumer, tu as peut-être durant ces derniers temps intensifié tes efforts dans l’adoration. Pourtant, cette formule d’invocation n’y renvoie pas. On aurait pu dire : « Ô Allah, accepte nos œuvres ! Ô Allah, augmente nos bonnes actions ! », ou autres invocations qu’on pourrait tout à fait faire. Mais c’est vers une autre porte que nous conduit Allah à travers cette invocation, vers d’autres horizons. Cette porte, c’est celle de l’indigence, du dénuement et du besoin de la clémence d’Allah. C’est comme si Allah te disait : « Ne te laisse pas tromper par tes nombreuses œuvres que tu effectues ces derniers temps, c’est de Mon pardon dont tu as le plus besoin. »

Ces œuvres mes frères et sœurs, qui nous garantit qu’elles ont été acceptées ? Qui nous garantit que nous avons rempli la condition inévitable d’acceptation de toutes adorations qu’est la sincérité ? Cela, personne ne peut te le garantir excepté Allah. Seul Allah connait la sincérité de ton adoration, mais Il ne t’a pas laissé sans issu dans l’angoisse de l’ignorer, dans l’inconnu de tes actes, mais Il te conduit par cette invocation vers une autre porte, celle de la servilité, de la révérence.

Ibn Al-Qayyim disait à ce sujet : « J’ai frappé aux portes des chemins qui mènent vers Allah pour y entrer, elles étaient toutes embouteillées. Alors j’ai frappé à celle de la déférence, de la modestie et j’ai trouvé que c’était la voie la plus rapide vers Lui. »

Dans un autre ouvrage, il dit – qu’Allah le récompense et le couvre de miséricorde – : « La porte la plus proche qui mène à Allah est celle de la dépossession. » C.à.d. le fait de se présenter devant Allah, dépouillé de toutes choses, détaché de nos actions, des actes incertains avec pour seul attachement celui de l’espoir en Sa miséricorde.

C’est donc vers cette porte que nous conduit le Prophète ﷺ à travers cette invocation à dire ces dix dernières nuits : « Ô Allah, Tu es Le Pardonneur et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi ! » Durant ces nuits, présentons-nous devant Allah emplis d’humilité, de modestie. Oublions ces œuvres que nous avons accomplies et montrons-nous pauvres devant Allah, et comme Il dit dans Sa parole : {Ô hommes, vous êtes les indigents ayant besoin d’Allah et c’est Allah qui dispense de tout. Et Il est Le Digne de louanges.} [S.35, v.15]

As Salâm ‘Alaykoum

Source : Le Coeur des Croyants et la chaîne Telegram : https://t.me/mahabatoun

On est tous invité !

As-Salâm ‘Alaykoum wa RahmatouLlah

Le Prophète de l’Islam ﷺ dit :

« Par Celui dont mon âme est entre Les Mains, certes vous entrerez tous au Paradis à l’exception de celui qui s’y refuse et « fuit » d’Allah comme le chameau s’enfuit. »

On lui demanda alors : « Qui peut bien s’y refuser Ô Messager d’Allah ? »

Il répondit : « Celui qui m’obéit entrera au Paradis alors que celui qui me désobéit s’y refuse ! » Ce hadîth est rapporté par Ibn Hibbân qu’il jugea bon.

Mes frères et sœurs,

cette vie comme vous le savez est un examen, une épreuve.

Celui qui la réussit peut aspirer au Paradis, quant à celui qui échoue… Qu’Allah nous préserve de l’échec.

Cet examen, Allah nous a facilité sa réussite et son succès.

Quand tu lis Sa parole, tu n’as pas de doute que ce qu’Il souhaite pour Ses serviteurs c’est la félicité et le bonheur.

Observe par exemple Sa parole : {Et Allah vous invite au Paradis et à Sa miséricorde.} [S.2 v.221]

Les manifestations de cette miséricorde d’Allah sont nombreuses que ce soit à travers Son décret, Sa Législation, etc.

Nous allons, durant ces quelques instants, nous pencher sur une des plus magnifiques manifestations de cette clémence et de cette bonté, elle est celle du mois de Ramadan.

Mon frère, ma sœur,

si tu veux avoir une idée juste de Qui est ton Seigneur, de quel est Son plan et Son souhait pour Ses serviteurs, alors médite sur le mois de Ramadan.

Un mois, celui qui le jeûne avec foi et sincérité entre au Paradis.

Un mois, celui qui le prie avec foi et sincérité entre au Paradis.

Mais pour nous faciliter Allah a décrété l’enchainement des diables durant ce mois.

Les portes du Paradis s’ouvrent et celles de l’Enfer se ferment.

Durant ce mois, une nuit meilleure que mille mois, dix jours durant lesquels les récompenses sont multipliées.

Tu ne peux pas jeûner ce mois ? Alors tu peux le rattraper. Impossible ?  Pas d’inquiétude, tu peux expier les jours non jeûnés. Et si tu ne peux prier debout, alors prie assis. Impossible ? Pas d’inquiétude, tu peux prier allongé.

Allah n’exclut personne de ces mérites, « à l’exception de celui qui s’y refuse et fuit de Lui comme fuit le chameau. »

Comment donc douter de Son immense clémence et de Son incomparable bonté ?

Allah dit : {Et Allah vous invite au Paradis et à Sa miséricorde.} [S.2 v.221]

Chers frères et sœurs, efforçons-nous d’honorer cette invitation du plus Généreux des généreux, une invitation à laquelle tout le monde est invité et dont personne n’est exclu.

Source : Le Coeur des Croyants et la chaîne Telegram : https://t.me/mahabatoun

2 virus, un même remède

As-Salam ‘alaykoum wa rahmatouLlah

Voilà maintenant chers frères et sœurs plusieurs semaines que nous avons vu notre quotidien changé et notre mode de vie réadapté, cela suite aux mesures qui ont été prises pour parer à cette épidémie.

En quelques jours nous avons fait beaucoup d’effort pour nous adapter, préserver notre santé et celle des autres.

Chers frères et sœurs, si nous avons été capables en ce laps de temps de faire autant d’effort pour préserver la santé de notre corps, ne sommes-nous pas capables, en tant que croyant d’en faire autant, si ce n’est plus pour celle de notre cœur ?

Cette dernière est pourtant tout aussi importante, elle est même plus importante que cette première.

Allah dit dans le Coran : {Les jours où ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité sauf qui vient à Allah avec un cœur sain.} [S.26, v.88-89] Ou encore dans ce hadîth du Prophète ﷺ qui dit : « Il y a dans le cœur un morceau de chair s’il est sain, c’est tout le corps qui est sain et s’il est corrompu, c’est tout le corps qui est corrompu, il s’agit du cœur. »

Dans cet autre hadîth rapporté par Mouslim le Prophète ﷺ dit : « Allah ne regarde ni votre corps, ni votre apparence, mais Il regarde votre cœur et vos œuvres. »

Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous allons voir que toutes ces règles que nous appliquons quotidiennement pour nous préserver de ce virus, nous pouvons les appliquer dans une autre mesure, d’une autre façon, pour la préservation de nos cœurs. Pour préserver nos cœurs des virus et des maladies qui le corrompent et le souillent.

Par exemple, toutes les mesures que nous avons prises ont nécessité la connaissance de ce virus, d’apprendre quels sont ses dangers, ses symptômes, etc. On a dû s’informer à son sujet. Et bien il en est de même pour le virus et les maladies du cœur. On se doit pour s’en prémunir de les connaître, de les apprendre. Allah dans le Coran dit : {Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?} [S.39, v.9] Et bien comme tu t’es tourné vers les spécialistes de la santé, des gens en qui tu as confiance, et bien tu reviens aux savants, aux érudits de confiance, conformément à la parole d’Allah : {Demander aux gens de science si vous ne savez pas.} [S.16, v.43]

Et si l’ignorance des règles, des mesures ou la nonchalance dans la connaissance du virus sont une cause de perdition, sont un danger pour notre santé, il en est de même pour la corruption et la perdition des cœurs. Ibn Al-Jawzî disait : « Le diable n’a pas trouvé de porte ouverte plus grande que celle de l’ignorance. » C’est-à-dire, le diable n’a pas trouvé de porte ouverte pour faire dévier le serviteur que, la porte de l’ignorance.

Passons à cette deuxième règle, cette deuxième recommandation qu’on doit observer en cas d’épidémie, le fait de renforcer son immunité. L’ensemble des médecins le conseillent. Il faut renforcer l’immunité de notre corps. Et bien le croyant, lui, il va chercher également en plus de cela à renforcer l’immunité de son cœur.

Comment ? Et bien par le rappel d’Allah. Écoute ce hadîth. Le Prophète ﷺ nous a informé que le Prophète Yahyâ Ibn Zakariyyâ (Yahyâ fils de Zakariyyâ) dit à son peuple : « Je vous ordonne de multiplier le rappel d’Allah, c’est comme un homme dont les ennemis sont à ses trousses jusqu’à ce qu’il passe par une citadelle et s’y réfugie. Il en est de même pour le serviteur, il ne trouve protection contre le Diable que par le rappel d’Allah. » Ce hadîth est rapporté par Al-Moundhirî et fut jugé authentique.

Dans un autre hadîth, authentique également, il est rappelé que lorsque l’on dit la basmalah, quand on dit « BismiLah » (Au Nom d’Allah), alors le Diable devient de plus en plus petit, il se rapetisse. Donc le renfort de l’immunité du cœur s’opère par le rappel d’Allah Le Très Haut.

Et comme l’a remarqué Ibn Al-Qayyim Al-Jawzî dans Madârij As-Sâlikîne, c’est le rappel d’Allah qui fait vivre les cœurs.

Passons désormais à une autre règle, une règle importante pour se prémunir des virus. Le respect des règles d’hygiène, de propreté. Comme le fait de se laver régulièrement les mains par exemple. Et bien l’hygiène du cœur et la purification des cœurs c’est par la demande de pardon (Al-Istighfâr) qu’elle s’opère, c’est par l’istighfâr qu’on purifie les cœurs.

Dans un hadîth rapporté par Ahmad et At-Tirmidhî d’après Aboû Hourayrah رضي الله عنه, le Prophète ﷺ dit : « Le croyant s’il commet un pêché, un point noir s’inscrit sur son cœur, s’il se repent, s’abstient et demande pardon, alors son cœur se poli, son cœur se purifie. » Ce hadîth fut jugé bon par Chaykh Nâsir Ad-Dîne Al-Albânî.

Certains savants furent questionnés, quel est le plus profitable pour la personne ? Est-ce qu’il s’agit du Tasbîh, du fait de dire « SoubhânAllah », de glorifier Allah ou c’est la demande de pardon ?

Ils répondirent : « Si le vêtement est propre alors le parfum, l’encens sont plus profitables, mais autrement s’il est sale alors c’est la demande de pardon qui profite plus. » Quand Ibn Al-Qayyim fit part de cette parole au Chaykh Ibn Taymiyyah celui-ci répondit : « Mais qui d’entre nous ne salit pas ses vêtements ? »

Penchons-nous alors sur une quatrième règle, quatrième directive qui consiste à éviter de se mélanger avec les personnes porteuses du virus. Le fait de rester avec les gens « sains ». Est-ce que cette directive a un équivalent dans la préservation du cœur ?

Et bien oui, une fois de plus. Rappeler vous ce hadîth d’Aboû Moûssâ où le Prophète ﷺ fit la comparaison entre la bonne et mauvaise compagnie avec le vendeur de parfum et le vendeur de charbon. Ou encore dans cet autre hadîth rapporté par Ahmad, Aboû Dâoûd et At-Tirmidhî dans lequel le Prophète ﷺ dit : « Ne fréquente qu’un croyant ! »

Et il est bon de remarquer ici que tout comme tu t’écartes des gens porteurs de virus, tu souhaites pour eux la guérison et invoques pour eux. Et bien cela est valable également pour les virus du cœur, les maladies du cœur. Si tu t’écartes des gens de crainte d’être touché par la maladie de leur cœur, par leur déviance, ça ne t’empêche pas d’invoquer pour eux et de souhaiter de tout ton cœur la guidée pour ces derniers.

Passons désormais à une autre règle, qui est étroitement liée à celle qui a précédée. Il s’agit d’éviter de fréquenter des endroits propices à la propagation des virus, comme les lieux par exemple qui sont fortement fréquentés. Et bien pour préserver ton cœur, tu t’écartes également de certains lieux nuisibles, qui sont des lieux de tentation. Comme par exemple, les lieux où les péchés sont commis aux yeux de tous.

Et comme le Prophète ﷺ le dit dans un hadîth rapporté par At-Tabarî, Aboû Nou’aym et Al-Bayhaqî : « Certes celui qui a réussi est celui qui s’est écarté des fitans (des tentations). » Aussi parfois lorsque la situation ne prête qu’à cela, on est comme c’est le cas en ce moment dans l’obligation de se confiner, rester chez soi. Et bien c’est ce que l’on appelle dans le cas de la préservation des cœurs « Al-‘Ouzlah », c.à.d. le fait de s’écarter, de se retirer, la retraite. C’est ce qu’ont privilégié certains salafs (pieux prédécesseurs) à des moments où les troubles étaient fortement répandus.

Par exemple certains ont dit : « Prends Allah comme compagnon et laisse les gens. » D’autres dirent : « Fuis des gens comme tu fuis du lion. » Soufiâne At-Thawrî disait : « C’est le temps de se taire et de rester chez soi. »

Nous conclurons, chers frères et sœurs par cette dernière prérogative qui consiste à être attentif aux symptômes précurseurs de la maladie et cela pour y remédier au plus tôt. Le cœur malade tout comme le corps ont des symptômes, qui par la grâce d’Allah vont alerter la personne qu’il faut faire des causes, qu’il faut remédier à la maladie. Et bien oui, la transgression des ordres d’Allah peut être douloureuse. La douleur de la transgression du péché est d’ailleurs un signe que le cœur est encore en vie.

Comme il est dit : « Et la blessure ne fait pas souffrir un mort. »

Parmi les symptômes également, qui montre que le cœur est malade, et qu’il est dans le besoin d’être guéri, d’être soigné, la dureté du cœur « Qaswatou-l-Qouloûb ».

Allah dit dans le Coran : {Puis leurs cœurs se sont endurcis et sont devenus comme une pierre ou plus durs encore.} [S.2, v.74] Et comme tu prends ta température pour savoir si tu as de la fièvre lorsque tu ressens ces symptômes, tu peux également prendre la température de ton cœur, comme le dit Ibn Al-Qayyim : « Cherches ton cœur dans trois endroits, lors de l’écoute du Coran, lors des assises de rappel, et lorsque tu t’isoles dans le rappel d’Allah. Si tu ne trouves pas ton cœur (c.à.d. si tu ne sens pas les douceurs de la foi, la quiétude du cœur) à ces endroits, alors demandes à Allah qu’Il te donne un cœur. » C.à.d. demande à Allah qu’Il te guérisse.

Qu’Allah nous préserve des maux du corps ainsi que des maux du cœur et qu’Il nous fasse don de cœurs vivants, éveillés, don de cœurs sains et solides.

Et je conclurai par cette parole qui dit que : « La pire des morts, c’est le fait de mourir, de décéder lorsque tu es encore en vie. »

As Salam alaykoum wa rahmatouLah.

Source : Le Coeur des Croyants et la chaîne Telegram : https://t.me/mahabatoun