L’excès de sommeil

Le sommeil est comme le sel, il faut en mettre peu dans la nourriture. Le sommeil excessif est donc néfaste, il fait que le goût de la vie n’est pas agréable. Il possède de nombreux maux, et la dureté du cœur, quant à elle, n’est qu’un de ses fruits.

D’ailleurs, Aboû Hâmid Al-Ghazâlî dénombra les obstacles provoqués par l’excès de sommeil, il dit : « Dans l’excès de sommeil, il y a : la perte de temps, le manquement de la prière de nuit (At-Tahajjoud), la stupidité et la dureté du cœur.

Pourtant, le temps est le plus précieux des bijoux, il est le capital du serviteur avec lequel il commerce[1]. Le sommeil, lui, est une mort, et trop dormir diminue la vie. Le mérite de la prière de nuit n’est plus un secret, mais il se perd dans le sommeil. »

Comment celui qui a connaissance qu’il sera allongé dans sa tombe aussi longtemps qu’il ne l’ait jamais été peut-il autant dormir dans cette vie mondaine ?

Comment quelqu’un peut-il dormir exagérément alors que le sommeil est le « frère de lait »[2] de la mort ?! Ô toi qui a un cœur aussi dur que de la pierre, [médite ces vers] :

Ô toi au long sommeil et aux multiples insouciances,

L’excès de sommeil n’engendre que les regrets.

Assurément, il y aura dans la tombe quand tu y descendras,

Un long sommeil qui perdurera après la mort.

Et un lit y sera préparé pour toi,

Selon les péchés que tu as commis, ou bien les bonnes actions.

Te crois-tu à l’abris de l’Ange de la mort ?

Combien sont ceux dont il reprit l’âme dans leur sommeil alors qu’ils se sentaient à l’abris.

Pourquoi celui qui a un cœur endurci se réveille-t-il si c’est pour passer toute la journée, d’un état à un autre, dans un sommeil continu ? D’un sommeil en état d’éveil à un sommeil réel ? C’est la dureté du cœur qui fait que l’individu néglige la valeur du temps et n’y prête guère attention. Il ne trouve rien à faire qui pourrait nécessiter le réveil, c’est pourquoi il se plonge dans un profond sommeil.

Les causes d’un sommeil court :

Le Prophète a dit : « Je n’ai jamais vu une chose aussi étonnante qu’un individu fuyant le Feu et désirant le Paradis mais qui est endormi. »[3]

Le sommeil, l’extrême insouciance et la paresse ne sont pas des voies par lesquelles on fuit l’Enfer et on demande le Paradis. Au contraire, le chemin menant au Paradis passe avant tout par l’éveil et la fermeté dans notre fuite du feu des péchés vers le paradis de l’obéissance. Et dans ce hadîth, on voit clairement l’étonnement et le blâme envers celui qui dort à outrance et se montre insouciant vis-à-vis de ce qu’Allah lui a ordonné.[4]

Parmi les choses qui aident à écourter le sommeil :

    • La peur du Feu :

Lorsque Tâwoûs étalait son lit et s’y allongeait, il ne faisait que se retourner à l’instar du grain qui cuit sur la poêle. Puis il bondissait du lit, le rangeait et se plaçait face à la Qiblah [pour prier] jusqu’au matin. Il disait : « L’évocation de la Géhenne fit voler en éclats le sommeil des dévots. »

Quand Chaddâd Ibn Aws regagnait son lit, il était telle une graine cuisant sur une poêle, il disait : « Ô mon Seigneur, le rappel de l’Enfer m’empêche de dormir. » Puis il se leva et regagna sa salle de prière.

La fille d’Ar-Rabî’ Ibn Khaytham dit à son père : « Ô mon père, qu’as-tu à ne pas dormir alors que les gens dorment ? » Il répondit : « Le Feu empêche ton père de dormir. »

Lorsque la nuit tombait, Safwân Ibn Mihriz se mettait à mugir comme le taureau et s’exclamait : « La peur du Feu m’empêche de dormir. »

Soufiân Ath-Tawrî ne dormait que la première partie de la nuit, ensuite il se réveillait en sursaut, apeuré et effrayé, en s’écriant : « Ô Allah, éloigne de moi le Feu ! Le rappel du Feu m’a détourné du sommeil et des passions. » Puis il faisait ses ablutions et disait : « Ô mon Seigneur, certes Tu connais ce dont j’ai besoin… Et je ne Te demande que de m’affranchir du Feu. »

‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak exprima l’état de ces gens par ces quelques vers :

« Quand la nuit tombe et que les endurants la réclament,

C’est alors qu’elle les trouve tous inclinés.

Quand la peur fit voler en éclat leur sommeil, ils se levèrent,

Tandis que ceux qui se croient en sécurité ici-bas sont endormis. »

Parmi les choses qui contribuent également à réduire le sommeil :

    • connaître la valeur du temps : par Allah, sache mon frère qu’enlever ne serait-ce qu’une heure de tes heures de sommeil quotidiennes accroîtrait ta durée de vie. Tu constateras alors une différence évidente le Jour de la Résurrection.[5]
    • La modération dans la nourriture : car celui qui mange beaucoup dormira beaucoup et perdra beaucoup de bien.
    • Traiter avec l’horloge biologique sagement : car les fonctions du corps humain s’adaptent à n’importe quelle quantité d’heure de sommeil, et personne ne pourra se rassasier de trop dormir. Mais le doué d’intelligence est celui qui donne repos à son corps sans exagération ni laxisme.
    • Dormir sur le côté droit : il est dit que : « La sagesse de dormir sur le côté droit réside dans le fait que le dormeur ne soit pas plongé dans un sommeil profond, car le cœur s’incline naturellement vers le côté gauche. Donc s’il dort sur le côté droit, le cœur voudra regagner sa place dans le côté gauche et empêchera ainsi la personne d’être dans un état de sommeil profond et lourd. Or ça ne serait pas le cas s’il dormait sur son côté gauche, car il est la place du cœur. Et dormir sur celui-ci entraînera un repos total à travers lequel l’individu s’immisce dans un lourd sommeil. De ce fait, il passe à côté de ses intérêts religieux et mondains. »
    • Avoir de la volonté : et la plus noble des volontés est d’appeler les gens à Allah.

Qu’Allah fasse miséricorde aux prêcheurs de l’Islam de notre temps ! Ils font revivre ce qu’a disparu de la vie de nos Pieux Prédécesseurs, et ils font revivre nos cœurs lorsque nous entendons leur détermination [dans la prédication].

Une communauté du juste milieu :

Mais réduire le sommeil nécessite le fait que tu sois dans le juste milieu. Ne méprise pas le droit et les besoins de ton âme car tu lui causerais du tort pensant lui faire du bien, et tu ne pourras pas atteindre l’objectif voulu, tu iras même à l’encontre de celui-ci.

Ibn Al-Qayyim qui conduit le convoi avec sagesse sur le chemin du juste milieu a dit : « Tout comme le fait que l’excès de sommeil entraîne tous ces maux, et bien repousser le sommeil et s’en écarter provoquent lui aussi d’autres grands problèmes : la mauvaise humeur, la dureté, l’altération de la personnalité, l’assèchement de l’humidité permettant la compréhension et les actes. Cela occasionne des maladies corruptrices dont l’individu n’en tire profit ni avec son cœur, ni avec son corps. Et la création n’a été créée qu’avec justesse, donc celui qui se cramponne à cette justesse aura certainement prit sa part de tout le bien. »

Le plus profitable et le plus néfaste des sommeils :

Si tu questionnais Ibn Al-Qayyim : Quel est le plus bénéfique et le plus néfaste des sommeils ? Et qu’est-il recommandé ou détestable pour celui-ci ? Et bien tu es tombé sur l’expert en la question رحمه الله qui te répond en disant : « Le sommeil le plus profitable est celui dont tu as le plus besoin. Dormir au début de la nuit est plus louable et plus bénéfique qu’en fin de nuit, et dormir en milieu de journée est meilleur que dans ses deux extrémités. Plus le sommeil est proche de l’une d’entre elles et plus son bénéfice diminue et ses méfaits augmentent, et plus particulièrement le sommeil accomplit en fin d’après-midi (Al-‘Asr) et le tout début de la matinée (Al Fajr), excepté si la personne a veillée toute la nuit [dans l’adoration d’Allah].

Chez les itinérants [qui cheminent vers l’Au-delà], il est détestable de dormir entre la prière du soubh et le lever du soleil car cette période est un véritable butin, il y a d’ailleurs pour eux un grand mérite à y œuvrer. Et même si ces derniers œuvraient toute la nuit ils ne se permettront jamais de rester inactifs durant cette période jusqu’à ce que le soleil se lève ; car cette période est le début de la journée et sa clé ; c’est à ce moment-là que la subsistance descend et est répartie, c’est là que se trouve la bénédiction et c’est de là que le jour apparaît. Il convient donc que celui qui dort lors de cette période ne le fasse que s’il en est contraint.

En résumé, [nous pouvons dire que] le plus équilibré des sommeils et le plus bénéfique est celui qui est accompli durant la première moitié de la nuit et dans son dernier sixième, soit huit heures environ. Il est le plus équilibré des sommeils auprès des médecins. Quant au fait de dormir plus ou moins que cela, ils disent que cela impactera l’organisme en fonction de l’écart qu’il y aura.

Et enfin, parmi les sommeils qui ne sont pas bénéfiques [pour la personne], celui qui est fait en tout début de nuit après le coucher de soleil jusqu’à la disparition des lueurs rouges du soir (Al-‘Ichâ), d’ailleurs le Messager d’Allah répugnait cela.

Ce sommeil est donc détestable d’un point de vue de la Législation, mais aussi de l’organisme. »

Prendre en considération les différences :

Parmi les grandes erreurs il y a le fait de traiter les gens d’une seule et même manière, et de ne pas prendre en considération leurs différences et leurs capacités. Car il y a des gens qui, naturellement, dorment peu d’heures.

Il convient également de considérer :

  • La diversité environnementale. Ainsi, les pays chauds ne sont pas comme les pays froids, et les pays surpeuplés et embouteillés ne sont pas comme les pays peu peuplés et calmes.
  • Les différences d’âges. En effet, le jeune a des besoins qui diffèrent des aînés.
  • Les différents types de métier. Ceux qui ont un travail pénible ne sont pas semblables à ceux qui ont un travail confortable. Les travaux corporels ne sont pas comme les travaux intellectuels.
  • Il faut aussi comprendre la notion de bénédiction (Barakah) dans le temps chez les vertueux et le fait qu’ils donnent à ce temps tout son droit.

Parmi les erreurs également, le fait de ne pas chercher à vaincre la somnolence légère lorsque celle-ci apparait, et de répondre à son invitation. Si la personne résistait ne serait-ce qu’un peu, cette somnolence finirait par s’en aller et la personne gagnerait ainsi du temps [en plus].

Enfin, parmi les fautes répandues le fait multiplier ce qui provoque cette somnolence à l’instar de l’excès de nourriture et de rester longuement allongé hors des périodes de sommeils.

Et enfin : L’adoration du sommeil

Regarde la manière dont le Prophète fit de son sommeil une adoration, et la façon dont il nous l’enseigna afin d’adorer Allah Le Très Haut lorsque l’on dort ! ‘Âicha رضي الله عنها a rapporté de lui « qu’il ne dormait pas sans avoir lu « Les enfants d’Israël (Banî Isrâîl)[6] » et sourate Az-Zoumar. »[7]

Et dans un autre hadîth de ‘Irbâd Ibn Sâriyah رضي الله عنه : « le Prophète ne dormait pas sans avoir lu Al-Mousabbihât ; il disait : « Il s’y trouve un verset meilleur que mille versets. »[8]

Al-Mousabbihât sont les sourates qui débutent par la Parole d’Allah {سَبَّحَ} et {يُسَبِّحُ}, c’est-à-dire : Al-Isrâ, Al-Hadîd, Al-Hachr, As-Saff, Al-Joumou’ah, At-Taghâboun et Al-A’lâ.

Celui qui prend exemple sur le Messager d’Allah doit lire ces sourates jusqu’à ce que le sommeil l’emporte. C’est comme si le but était que tu t’endormes en lisant le Coran et que ce soit la dernière chose que ta langue prononce de la journée.

D’ailleurs, Ibn Al-Qayyim explique le mérite de cet aspect de l’évocation (Adh-Dhikr) avant le sommeil. Il t’incite à vouloir faire de même, et il te montre la sagesse et la belle récompense qui s’y trouve pour t’y encourager afin que cela te devienne une habitude. Il dit : « En résumé, la personne ne cesse d’évoquer Allah sur son lit jusqu’à s’endormir. Son sommeil est donc une adoration qui la rapproche encore plus d’Allah. »

Il y a aussi une autre et grande récompense pour celui qui s’endort en évoquant son Seigneur qu’Aboû Oumâmah رضي الله عنه nous a rapporté, il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : « Celui qui rejoint son lit en état de pureté[9] et évoque Allah jusqu’à s’endormir, s’il se réveillait à un moment de la nuit et qu’il demandait à Allah le bien de ce bas monde et celui de l’Au-delà, Allah le lui donnerait. »[10]

[1] Allah dit : {Ceux qui récitent le Livre d’Allah, observent la prière et qui, en secret et en public, dépensent de ce que Nous leur avons attribué, espèrent en un commerce aux profits intarissables.} [Fâtir, v.29] (Note du traducteur)
[2] Il s’agit d’une expression arabe pour désigner le fait qu’ils soient frères. (note du traducteur)
[3] Sahîh At-Tirmidhî, n°2601, rendu bon par chaykh Al-Albânî
[4] À savoir son adoration : {Et Je n’ai créé les Jinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent.} [Adh-Dhâriyât, 56] (Note du traducteur)
[5] Car, en dormant moins, tu œuvras encore plus et obtiendras plus de récompense inchâ Allah (Note du traducteur)
[6] Il s’agit de la sourate Al-Isrâ (Note du traducteur)
[7] Al-Foutouhât Ar-Rabbâniyyah, 3/157, rendu bon par Ibn Hajar. Et chaykh Mouqbil Al-Wâdi’î l’a rendu authentique dans « Sahîd Al-Mousnad », n°1638
[8] Sahîh At-Tirmidhî, n°3406, rendu bon par chaykh Al-Albânî
[9] C’est-à-dire en ayant fait ses ablutions (Note du traducteur)
[10] Da’îf Al-Jâmi’, n°5496, rendu faible par chaykh Al-Albânî. Mais il y a une autre version du hadîth où il n’est pas cité « et évoque Allah jusqu’à s’endormir », qui est présente dans « Al-Kalîm At-Tayyib » de chaykh Al-Albânî qui l’a rendu bon et Gharîb. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants).

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L’explication du livre « Les trois fondements » de l’imam Mouhammad Ibn ‘Abd Al-Wahhâb رحمه الله par l’érudit ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Nâssir Al-Barrâk حفظه الله

بسم الله الرحمن الرحيم

Voici enfin, par la grâce d’Allah, le commentaire des « trois fondements » de l’imam revivificateur Mouhammad Ibn ‘Abd Al-Wahhâb رحمه الله par l’érudit et honorable savant ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Nâssir Al-Barrâk حفظه الله traduit par les éditions RIWAQ. Qu’Allah puisse les récompenser pour nous avoir donné l’accord de diffuser ce livre dans son intégralité. N’hésitez pas à le partager pour que cela profite au maximum inchâAllah.

Quant à nous, nous vous proposons le texte original et le commentaire en intégralités sur cette page. Nous y avons mis un sommaire afin de faciliter la lecture.

Sommaire :

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L’excès de nourriture

Asad Ibn Moûsa a rapporté le hadîth de ‘Awn Abî Jouhayfah, qui lui-même le rapporta de son père qui dit : « J’avais mangé du Tharîd[1] avec de la viande grasse. Puis je vis le Prophète alors que je rotai. Il dit alors : « Épargne-nous tes rots ! Car ceux qui sont les plus repus ici-bas seront les plus longuement touchés par la faim le Jour de la Résurrection. »[2]

Après cela, Aboû Jouhayfah ne mangea plus jamais à sa faim jusqu’à quitter ce monde. S’il déjeunait, il ne dinait pas. Et s’il dinait, il ne déjeunait pas.

Cependant, quelle est la relation entre le rot (le fait d’être repus) et la faim le Jour de la Résurrection, alors, qu’à première vue, celle-ci nous paraît lointaine ?

Pour expliquer la dangerosité du gaspillage de la nourriture dont nombreux sont ceux à l’avoir déconsidéré et jugé insignifiant, alors qu’auprès des médecins des coeurs cela est une chose gravissime, Al-Mounâwî a dit : « L’interdiction de roter [implique] l’interdiction de sa cause, à savoir la satiété. Et ceci est une chose blâmable médicalement et religieusement. Comment ne le serait-il pas alors qu’elle rapproche le diable et pousse l’âme à l’injustice ?

La faim, quant à elle, obstrue les voies au diable et brise l’emprise de l’âme, ainsi leurs méfaits sont repoussés.

Alors qu’avec la satiété naîtra une forte libido qui poussera la personne à beaucoup plus de rapports charnels. Puis découlera de ceci un fort désir d’acquérir du prestige et de la richesse qui sont tous deux des moyens permettant d’augmenter la nourriture et les rapports intimes.

Ensuite, elle voudra obtenir encore plus d’argent, de notoriété et elle multipliera les frivolités, les rivalités et les jalousies.

Ce qui engendrera le problème de l’ostentation, la vanité, la course aux richesses, l’orgueil et cela aboutira à l’envie (Al-hasad), la haine, l’animosité et l’aversion.

Puis, elle commettra l’injustice, le blâmable, la débauche, l’ingratitude et elle calomniera.

Tout ceci mènera à la faim le Jour de la Résurrection, excepté celui à qui ton Seigneur aura fait miséricorde. »

C’est pourquoi, la voie qu’emprunta ‘Abd-Allah Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما tout au long de sa vie était de réduire sa consommation de nourriture à travers un moyen contenant une grande récompense : il ne mangeait pas tant qu’on ne lui amenait pas un nécessiteux pour qu’il partage son repas avec lui.

Un jour, un homme vint chez lui et mangea énormément. Ibn ‘Oumar dit alors à son esclave : « Ô Nâfi’, ne fais plus venir ce genre de personne ! Car j’ai entendu le Prophète dire : « Le croyant mange avec un seul intestin, alors que le mécréant mange avec sept intestins. »[3]

Et là, interrogeons-nous  ! Combien de mécréants mangent moins que les croyants ? Et combien sont ceux qui se sont convertis et n’ont pas réduit leur quantité de nourriture ?

Ibn Hajar a dit : « On a dit : Ce qui est voulu dans ce hadîth, c’est d’inciter le croyant à manger peu, du moment qu’il sait que l’excès nourriture est une caractéristique du mécréant.

Car la nature même du musulman fuit le fait d’être décrit par une de leur caractéristique. Et ce qui prouve que l’excès de nourriture est une caractéristique des mécréants, c’est la Parole d’Allah : {Quant aux mécréants, ils jouissent [de cette vie] et mangent comme mangent les bêtes.} [Mouhammad, v.12] »

At-Tîbî a dit : « En résumé, le croyant doit veiller à faire preuve d’ascétisme et se contenter du stricte nécessaire contrairement au mécréant. Mais si un croyant ou un mécréant n’était pas sur leur description respective, cela n’entacherait aucunement le hadîth. À l’instar de Sa Parole : {Le fornicateur n’épousera qu’une fornicatrice ou une polythéiste. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un polythéiste.} [An-Noûr, v.3] Pourtant, on trouve le fornicateur qui épouse la femme chaste, ou la fornicatrice qui est épousée par un homme chaste[4].

Il est dit aussi que le sens voulu par « Le croyant » dans ce hadîth est celui qui a la foi complète. Car fait partie du bon islam du croyant, et de la complétude de sa foi, qu’il réfléchisse à son cheminement vers la mort et ce qui vient après-elle. Ainsi, l’effroi, les nombreuses réflexions et l’apitoiement sur son sort l’empêcheront de suivre son désir. »

Assurément, l’excès de nourriture n’est qu’un signe de la dureté du coeur ; il est un chemin simplifié qui le conduit à sa mort. C’est pourquoi ceux dont les coeurs se sont endurcis ont négligé la cause principale due à leur exagération dans la nourriture. De plus, ils ignorèrent la cause de cette dureté. Et c’est ce qu’indiqua Ibn Al-Qayyim dans les « Fawâid » en disant :

« Si le coeur se nourrissait d’amour, la boulimie des désirs l’aurait quitté.

Si tu avais été un amoureux fervent tu n’aurais pas été gourmand.

Et l’amour passionnel t’aurait fait oublier la gloutonnerie. »[5]

Également, l’excès de nourriture fait entrer dans le coeur cinq maladies, Aboû Soulaymân Ad-Dârânî a dit : « Cinq maladies touchent celui qui est rassasié :

  • La perte de la douceur de converser secrètement [avec Allah].
  • Être privé de compassion envers la création, car s’il est reput il croit que tout le monde l’est également.
  • La lourdeur des adorations.
  • Ses désirs passionnels augmentent.
  • L’ensemble des croyants tournent autour des mosquées alors que les rassasiés tournent autour des dépotoirs.[6] »

Al-Hasan Al-Basrî conseilla ceux qui ont perdu leur humilité et qui recherchent les larmes de celle-ci sans pouvoir les trouver, en leur faisant une recommandation fondée sur la pratique et l’expérience en disant : « Celui qui veut que son coeur s’humilie et que ses larmes coulent abondamment, alors qu’il ne mange qu’avec la moitié de son estomac. »

Et c’est sans parler du fait que l’excès de nourriture fait aussi perdre à la personne toutes occasions d’obtenir de nombreuses récompenses, car elle n’a pas été utilisée correctement. Si sa nourriture était utilisée en aumône et en don plutôt que d’être mangée, cela aurait été meilleur pour sa vie mondaine et celle de l’Au-delà.

Il a été rapporté que le Prophète avait vu un homme ventru dont il pointa le ventre du doigt en disant : « Si cela (ce ventre) n’avait été dans ceci (l’excès de nourriture), cela aurait été meilleur pour toi. »[7]

Mais mes propos signifient-ils que l’individu doit s’affamer et s’interdire de ce qu’Allah lui a rendu licite ?! Oh que non, jamais !

Tout ce que je veux dire, ici, a été résumé par Al-Halîmî رحمه الله : « Il ne convient à personne de manger de la nourriture licite qui lui alourdit le corps, car il aura besoin de dormir, et cela le privera des adorations. Qu’il ne mange que ce qui apaise sa faim. Et que son but soit de se nourrir pour se renforcer, se consacrer à l’adoration et s’y aguerrir . »

Dès lors, il t’est demandé trois choses :

  • La première : Une bonne intention pour chaque bouchée que tu manges, afin que la nourriture devienne une adoration et qu’elle nourrisse à la fois ton âme et ton corps.
  • La deuxième : Manger peu. Et c’est ce qu’a dit le Prophète : « Qu’un tiers soit pour sa nourriture, un tiers pour sa boisson et un tiers pour l’air. »[8]  Cela se ressent lorsque que tu quittes la table en ressentant toujours de la faim. Et c’est le sens voulu par sa parole : « Et quand nous mangeons, nous ne sommes jamais rassasiés. »[9]
  • La troisième : Jeûner assidument afin de secourir ton âme contre le désir de la nourriture.

[1] C’est une soupe faite de pain (Note du traducteur)
[2] Rapporté par At-Tirmidhî n°2478, rendu bon par chaykh Al-Albânî dans Sahîh At-Tirmidhî
[3] Rapporté par Al-Boukhârî, n°5393
[4] La Parole d’Allah interdit le fornicateur ou la fornicatrice d’épouser une personne chaste. Elle ne nie pas le fait que l’interdiction soit outrepassée. (Note du traducteur)
[5] Il parle de l’amour d’Allah (note du traducteur)
[6] Il sous-entend qu’ils tournent autour des toilettes afin d’y expulser ce qu’ils mangent. (Note du traducteur)
[7] Da’if At-Targhîb, n°1294, jugé faible par Chaykh Al-Albânî.
Mais il y a d’autres versions de ce hadîth qui sont, au minimum, bons (note du traducteur)
[8] Rapporté par At-Tirmidhî, n°2380, jugé authentique par Chaykh Al-Albânî.
[9] Le hadîth en entier est : « Nous sommes un peuple et ne mangeons que lorsque nous avons faim. Et quand nous mangeons, nous ne sommes jamais rassasiés. » Ibn Bâz a dit dans son Majmoû Fatâwâ wa Maqâlât 118/4 : « Le sens de ce hadîth est correct mais sa chaîne de transmission est faible. » (note du traducteur).

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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02 – Les différents aspects de l’invocation et ses règles de bienséance

Les louanges sont à Allah, nous Le louons, Lui demandons Son aide, et Son pardon.

Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions.

Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider.

Je témoigne que rien ne mérite d’être adoré excepté Allah, L’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et Son messager.

Ceci dit,

nous sommes toujours, chers frères et sœurs, avec l’invocation d’Allah.

Avant de commencer l’étude des invocations prophétiques, nous avons rappelé lors de l’émission précédente quelques mérites autour de la prière d’Allah et du statut de l’invocation.

Et aujourd’hui, nous allons nous arrêter sur deux sujets importants. Le premier concerne la réalité de l’invocation et de ses différents aspects. Quant au second, il portera sur l’éthique à suivre lors de l’invocation.

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À quel âge s’est mariée Khadîjah avec le Prophète ﷺ ? À 40 ou 28 ans ?

Le lecteur :

« Point bénéfique : l’âge de Khadîjah lorsqu’elle se maria avec le Prophète ﷺ.

Ce qui est connu de l’âge de la mère des croyants Khadîjah quand le Messager ﷺ l’épousa est 40 ans. Mais ce n’est pas authentique car cela a été rapporté par Al-Wâqidî qui est une personne que l’on délaisse [dans le hadîth].

Ibn ‘Asâkir a rapporté d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما qu’elle était âgée de 28 ans. C’est également ce que rapporta Aboû Ishâq et c’est ce qui est le plus correcte. D’autant plus qu’elle lui donna 2 garçons et 4 filles. Et le plus fréquent chez la femme c’est qu’elle devienne ménopausée à l’approche de la cinquantaine. »

L’explication du chaykh :

La mère des croyants Khadîjah رضي الله عنها est sa première épouse et la première personne de l’humanité à avoir cru en lui ﷺ. La première personne à avoir cru en lui c’est Khadîjah. C’était la première à s’être convertie parmi les hommes et les femmes, elle devança tout le monde.

Allah l’a dotée d’une sagacité, d’une sagesse et d’une opinion juste.

C’était aussi quelqu’un de riche, c’est pourquoi elle était convoitée par les gens de Qouraych.

Elle se maria une première fois mais son mari décéda. Elle se remaria une deuxième fois et son mari décéda également. Elle possédait également un commerce. Elle entendit parler du Prophète ﷺ et de sa loyauté. Elle lui proposa alors qu’il prenne une partie de sa marchandise en direction du Châm et c’est ce qu’il ﷺ fit.

Elle envoya avec lui son domestique Maysarah. Ce dernier vit du Prophète ﷺ d’étonnantes choses lors de ce voyage. Des faits étonnants dans ses transactions mais aussi dans d’autres choses. Comme le fait que les nuages le couvraient de leur ombre alors qu’il ﷺ se déplaçait.

Lorsque son domestique revint il lui raconta ce qu’il vit.

Le Prophète ﷺ lui plut immédiatement et elle désira se marier avec lui.

Le Prophète ﷺ avait aussi entendu parler d’elle, de sa saine raison et décida de se marier avec elle.

On divergea quant à l’âge de Khadîjah. Le Prophète ﷺ avait 25 ans mais on divergea pour celui de Khadîjah. Il est répandu qu’elle avait 40 ans mais cela n’a pas été rapporté par une chaîne de transmission authentique.

Quant à l’avis le plus juste, c’est ce qu’a rapporté Ibn ‘Asâkir et Aboû Ishâq que le Prophète ﷺ se maria avec elle alors qu’elle avait 28 ans. C’est le plus juste du point de vue de la chaîne de transmission, mais c’est aussi le plus juste du point vue de la réalité car elle accoucha de 2 garçons et de 4 filles. S’ils s’étaient mariés alors qu’elle avait 40 ans, elle n’aurait pas pu lui donner 6 enfants. Et le plus fréquent chez la femme qui entre dans la quarantaine c’est qu’elle se rapproche de la ménopause.

Donc le plus juste est ce qu’a rapporté Ibn ‘Abbâs que le Prophète ﷺ se maria avec elle alors qu’elle avait 28 ans.

Et parmi la grande sagesse d’Allah le fait qu’Il l’ait choisie pour le Prophète ﷺ. Elle l’a soutenu.

Lorsque le Prophète ﷺ fut envoyé et que Jibrîl lui soit apparu en disant : « Lis ! » Il lui répondit : « Je ne sais pas lire »,

« Lis ! » lui répéta-t-il

Il réitéra : « Mais je ne sais pas lire. »

C’est alors que Jibrîl le saisit et lui dit : {Lis, au Nom de Ton Seigneur qui a créé toute chose, qui a créé l’homme d’une adhérence.} [S.96, v.1-2]

Le Prophète ﷺ revint paniqué, car il avait pour habitude de s’isoler dans la grotte de Hirâ pour adorer Allah, il était donc tout seul.

Et c’est là que Jibrîl lui apparut, le prit et le serra. De plus cela se passait la nuit, car la révélation du Coran débuta la nuit.

Donc le Prophète ﷺ alla rejoindre Khadîjah en s’exclamant : « Couvrez-moi ! Couvrez-moi ! J’ai vraiment craint pour ma propre personne. » Elle répondit alors par sa célèbre phrase : « Oh non par Allah ! Allah ne t’humiliera jamais. » Puis elle évoqua les preuves de cela : « Tu maintiens les liens de parenté, tu soutiens les faibles et tu assistes les affligés. » C.à.d. que celui qui possède ses particularités, Allah ne peut l’humilier.

Parmi les choses démontrant sa sagacité le fait qu’elle soit partie avec lui auprès de son cousin Waraqah Ibn Nawfal qui était un savant chrétien.

Après que le Prophète ﷺ lui conta l’histoire il sut tout de suite qu’il était un Prophète, il s’exclama : « C’est l’Ange (An-Namoûs) qui apparaissait à Moûsa (Moïse). Si seulement je pouvais être jeune et fort lorsque ton peuple t’expulsera. » Le Prophète ﷺ lui demanda : « Vont-ils m’expulser ? » « Oui. » – Répondit-il – « Personne n’est venu avec la même chose que toi sans qu’il n’ait subi de désagrément. »

Une fois terminé, le Prophète ﷺ retourna chez lui.

Concernant Waraqah Ibn Nawfal, Ibn Al-Qayyim et plusieurs hommes de science affirment qu’il s’est converti, qu’il crut au Prophète ﷺ puis mourut.

Ils le considèrent comme un musulman et un compagnon, plusieurs demandèrent la miséricorde d’Allah pour lui, car il croyait en Allah et au Prophète ﷺ.

Khadîjah resta auprès du Prophète ﷺ et l’assista, c’est pourquoi il ne voulait pas prendre d’autre épouse, et ce jusqu’à ce qu’elle décéda. Bien qu’il se soit marié avec de nombreuses femmes par la suite, mais par considération envers elle, il ﷺ ne souhaita pas prendre d’autre épouse.

Il y a dans les deux Authentiques un hadîth qu’Aboû Hourayrah a rapporté où il dit : « Jibrîl se présenta au Prophète ﷺ lui disant : « Voilà Khadîjah qui va te rejoindre avec un récipient renfermant des condiments, de la nourriture ou de l’eau. Quand elle se présentera à toi, transmet-lui le salut (As-Salâm) de son Seigneur, et transmet-lui également le mien. Puis fais-lui la bonne annonce d’une maison faite de perles au Paradis exempt de tout bruit et de toute fatigue. »

Allah Akbar ! Y a-t-il une chose meilleure que cela ? Que l’on dise à une créature qu’Allah la salue ? Puis que Jibrîl la salue ?

C’est un honneur immense et une grande estime à l’égard de cette femme dû à son rang, car c’est une très grande femme. Elle resta auprès du Prophète ﷺ et le secourra. Qu’Allah puisse l’agréer.

D’ailleurs, lorsque le Prophète ﷺ voyait la sœur [de Khadîjah] il s’exclamait : « Voici Khadîjah ! » Il ﷺ la reconnaissait à sa façon de marcher. Et à chaque fois qu’il égorgeait une bête, il en offrait à ses amies.

‘Âichah a dit : « Par Allah, je n’ai jamais autant jalousé une personne que Khadîjah alors que je ne l’ai jamais vu. Mais je vis que le Prophète ﷺ l’évoquait fréquemment et qu’il lui faisait beaucoup d’éloges. Il disait : « Elle m’a donné des enfants. »

Qu’Allah l’agrée ainsi que l’ensemble de ses épouses.

Source : Traduit par Le Coeur des Croyants

La dureté du cœur

La dureté (Al-Qaswah) désigne la mort ; elle est synonyme de rudesse et d’obstination. Elle désigne également un cœur dépourvu de soumission et de résignation face aux signes d’Allah [et de Sa législation], et c’est sans conteste le pire des châtiments pour le cœur. Voilà pourquoi les cœurs des mécréants et des hypocrites en furent frappés.

Mâlik Ibn Dînâr a dit : « Les châtiments d’Allah touchent les cœurs et les corps : une vie pleine de gêne et une faiblesse dans l’adoration. Et il n’y  a pas de châtiment plus dur pour le serviteur que d’être frappé par la dureté du cœur. »

Houdhayfah Al-Mar’achî affirma la même chose en disant : « Personne n’a été touché par une calamité aussi grande que la dureté du cœur. »

Médite la parole d’Allah : (Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis. Ils sont devenus comme de la roche pierres, et plus durs encore, car il est des roches desquelles jaillissent des cours d’eau, d’autres se fendent pour qu’en surgisse l’eau, et d’autres s’affaissent par crainte d’Allah. Et Allah n’est nullement inattentif à vos agissements.) [Al-Baqarah, v.74]

Cette parole fait suite au précédent signe qu’Allah évoqua concernant le mort qui fut ressuscité, mais elle fait aussi suite à toutes les exhortations que connurent les Enfants d’Israël à travers lesquelles les montagnes s’effondrent et les rochers s’adoucissent. Leurs cœurs auraient été donc plus en droit de s’attendrirent face à ces signes, mais ils ne le furent point. C’est ainsi qu’ils méritèrent d’être décris par la dureté ; ils répugnèrent la foi après qu’ils aient vu ce qui, obligatoirement, conduit à elle. Ces cœurs (sont devenus comme de la roche pierres, et plus durs encore.)

La solidité des pierres est une chose que tout le monde connait. C’est l’exemple type que l’on donne pour désigner la dureté, car les pierres sont quelques choses de palpables. Malgré cela, Allah excusa les pierres mais pas ceux dont les cœurs se sont endurcis, Il dit alors : (Car il est des roches desquelles jaillissent des cours d’eau, d’autres se fendent pour qu’en surgisse l’eau, et d’autres s’affaissent par crainte d’Allah.)

Médite également la parole miraculeuse d’Allah lorsqu’Il décrit celui dont le cœur s’est endurci : (Au point qu’il est cerné par ses péchés.) [Al-Baqarah, v.81] C’est-à-dire qu’ils prirent le dessus sur lui et recouvrirent tous les aspects de sa vie, à tel point qu’il se retrouve dorénavant cerné et que rien de l’extérieur ne puisse les franchir[1]. Voilà pourquoi celui qui commet un péché et ne le délaisse pas sera poussé à en commettre d’autres, à s’y engouffrer et à commettre bien pire que cela, jusqu’à ce qu’il se retrouve dominé par les péchés qui saisiront l’ensemble de son cœur. Ainsi, sa nature se transformera et penchera vers les péchés : il les jugera bons pensant que le délice ne se trouve qu’en eux ; il répugnera quiconque se place entre lui et les péchés, traitant de menteur celui qui le conseillera de s’en écarter. Et ce, comme Allah le Très Haut a dit : (Le pire des sorts fut réservé aux malfaisants pour avoir démenti les versets d’Allah et s’en être moqués.) [Ar-Roûm, v.10]

Ses péchés devinrent comme une tente qui lui voile toutes choses tels que : le regard d’Allah à son égard, les délices tant attendus du Paradis, le châtiment du Feu qui le guette, la ruse déterminée d’Iblîs, le regret des Anges compatissants…

Toutes ces choses-là lui seront voilées lorsqu’il tombera dans le péché sans qu’il s’en aperçoive. Et c’est-ce qui est voulu par la parole du Prophète : « Celui qui commet l’adultère n’est pas croyant au moment où il le commet ; celui qui boit du vin n’est pas croyant au moment où il boit ; celui qui vole n’est pas un croyant au moment où il vole ; et celui qui dérobe le butin avant qu’il soit réparti, en attirant le regard des gens lorsqu’il dérobe, n’est pas croyant à ce moment-là. »[2]

La dureté saisonnière :

Celui qui a un cœur endurci n’est pas affecté lorsque meurt la personne qui lui ait la plus proche. Alors que celui dont le cœur est vivant, il s’attriste de la mort de celle qui lui est la plus étrangère. Également, il est possible qu’un cœur puisse s’endurcir par moment et s’adoucir dans d’autres.

Un cœur en vie peut traverser plusieurs états de dureté, cependant lorsqu’il entend un verset du Livre d’Allah, il se met à pleurer. Mais un autre jour, il écoute les puissantes exhortations des versets sans en être affecté. Car dans le premier cas, il écouta le verset avec un cœur sain, tandis que dans le second, avec un cœur endurci.

Une exhortation peut également lui parvenir et parcourir son corps tel un courant électrique, alors que le lendemain, une autre lui parvient mais c’est comme si elle se heurtait à une colonne de marbre !! La cause de cela est son cœur. Il est aussi possible que ses mains donnent l’aumône par moment mais qu’elles s’abstiennent de le faire la majeur partie du temps, comme si elles étaient un rocher. Et c’est également le cœur qui en est la cause.

La dureté du cœur n’épargne personne. Elle frappe même les cœurs de ceux qui en détiennent les clés et qui connaissent le secret de la vie des âmes, il s’agit des lecteurs (Al-Qourrâ)[3] du Coran. C’est pourquoi lorsqu’Aboû Moûsa Al-Ach’arî fut envoyé aux lecteurs d’Al-Basrah, et que 800 personnes qui avaient mémorisé le Coran allèrent le voir, il s’exclama : « Vous êtes les meilleures personnes et les meilleurs lecteurs d’Al-Basrah ! Lisez-le (le Coran) et ne vous en lassez pas, ou vos cœurs s’endurciront comme s’endurcirent les cœurs de ceux qui étaient avant vous. »

[1] Ainsi, celui qui souhaite le conseiller et l’orienter vers l’obéissance ne pourra l’atteindre. (Note du traducteur)
[2] Sahîh Al-Boukhârî, n°2475
[3] Ce terme désigne ceux qui ont mémorisé le Coran et maitrise sa récitation ; mais il peut aussi englober ceux qui ont la science du Livre d’Allah et de la Sounnah prophétique, et les pieux. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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01 – Introduction sur l’importance et les mérites de l’invocation

Les louanges sont à Allah, nous Le louons, Lui demandons Son aide et Son pardon.

Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions.

Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider.

Je témoigne que rien ne mérite d’être adoré excepté Allah, L’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et Son messager.

Ceci dit, nous invoquons Allah Le Très Haut par Sa Bienfaisance et Sa Générosité pour qu’Il bénisse nos assises et qu’Il les rende sincères, dans la recherche de Sa généreuse récompense.

Chers frères et sœurs nous débuterons cette émission par la meilleure des paroles, celle de Notre Seigneur Exalté soit-Il, avec un verset qui répand dans les cœurs la sérénité et le sentiment de proximité d’Allah.

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03 – Hadîth n°3 : « Ô Toi qui retournes les cœurs »

Le troisième hadîth est celui qu’a rapporté Anas رضي الله عنه en disant : « Le Prophète ﷺ avait pour habitude de dire fréquemment : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! » Anas dit : nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi (ton message et ta prophétie) et en ce que tu as apporté (Le Coran, La Sounnah), as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Le Prophète ﷺ disait : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ! » Anas dit : Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Il répondit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne ».

Mais d’où provient cette peur ?

Il est impératif que nous ayons peur des actes d’Allah, car parmi Ses actes il y a le retournement des cœurs. Donc l’origine de cette peur est que parmi les actes d’Allah il y a le fait qu’Il retourne les cœurs. Si quelqu’un te demande : « Comment la méditation des Noms et Attributs d’Allah peut-elle amener quelqu’un à craindre Le Seigneur de l’univers ? »

Tu lui réponds : « En voici un exemple ! »

Méditer un des actes d’Allah qu’est l’orientation des cœurs, le changement [d’état] des cœurs et le retournement des cœurs, est à lui seul suffisant pour que la personne ait peur qu’Allah lui retourne le sien.

Le Prophète ﷺ dit : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne ».

Rapporté par Ahmad.

Le Prophète ﷺ demandait souvent d’être raffermi : « Ô Toi qui retournes les cœurs […] »

Bon, il n’a pas dit : « Ô Toi qui raffermis les cœurs ». Regarde, il n’a pas dit : « Ô Toi qui raffermis les cœurs, raffermis mon cœur ! » mais plutôt : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur ». Bien qu’Allah soit Celui qui raffermit les cœurs !

Quant à la raison, les savants ont dit : « Cela est dû aux nombreux changements [d’états] qui s’y produisent. » C’est-à-dire qu’à cause des nombreux retournements et changements que subit le cœur dans la réalité, il fit cette invocation : « Ô Toi qui retournes les cœurs ».

Sachant que – mes frères – d’un autre point de vue, le retournement peut être un bien. Car s’Il le retourne du faux vers le vrai, de l’égarement à la guidée, de la désobéissance vers l’adoration, de l’innovation à la Sounnah, du polythéisme au monothéisme pur (At-Tawhîd), de la mécréance à l’Islam, alors ce retournement aurait été dans l’intérêt de la personne. Donc il y a dans le retournement [des cœurs] la peur et l’espoir.

« Ô Toi qui retournes les cœurs […] » C’est-à-dire qu’il y a 2 choses auxquelles se rattache celui qui invoque Allah : la peur et l’espoir.

La crainte qu’Allah lui retourne le cœur vers le mal et le faux, vers l’égarement et l’innovation ; et l’espoir qu’Il le retourne vers le bien et le raffermisse sur cela. C’est pourquoi il dit : « Ô Toi qui retournes les cœurs, raffermis mon cœur sur Ta religion ».

{Et sachez qu’Allah s’interpose entre l’homme et son cœur} [S.8, v.24]

Le Prophète ﷺ jurait le plus par : « Non, par Celui qui retourne les cœurs. » Rapporté par Al-Boukhârî n°7391.

La puissance agissant sur le retournement des cœurs est immense. Celui qui médite la question du retournement du cœur constatera que la force de Celui qui le retourne est colossale. Pourtant c’est une chose qui est cachée, qui est à l’intérieur [de la personne]. Toi par exemple, si tu avais un enfant ou un frère qui est égaré et que tu veuilles le guider sur le droit chemin, tu vas t’y impliquer pendant très longtemps. Puis tu diras : « Par Allah – les frères – je n’ai pas réussi à le guider ! Il délaisse la prière et refuse de prier, il consomme de la drogue et refuse de la délaisser. » Tu diras : « J’en ai été incapable. » Alors qu’en un instant Allah fit que les sorciers de Pharaon basculent de l’état de sorciers, mécréants, à celui de martyrs et pieux. Oui ou non ?! {Aussitôt, les sorciers tombèrent prosternés disant : « Nous croyons au Seigneur de l’univers. »} [S.26, v.46-47]

Dans ce laps de temps ils acquirent à la fois l’unicité d’Allah (At-Tawhîd), la compréhension et la fermeté. Puis Pharaon les menaça et fit ce qu’il fit : {Je vous couperai très certainement la main d’un côté et le pied du côté opposé et vous ferai tous crucifier}. [S.26, v.49]

Ils rétorquèrent en jurant : {Par Celui qui nous a créés ! Décrète donc ce que tu as à décréter} [S.20, v.72].  Et ils répliquèrent aux menaces : {Tes décrets ne touchent que cette présente vie.} [S.20, v.72]

Puis ils exhortèrent Pharaon et devinrent ainsi des prêcheurs. C’est une chose qui s’est produite en une fraction de seconde. Regarde le miracle divin sur la créature !

{Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux [de la guidée] ; parce qu’ils n’ont pas cru la première fois} [S.6, v.110].

[Dans son authentique] Al-Boukhârî رحمه الله a dit : « Chapitre : Celui qui retourne les cœurs et la parole d’Allah : {Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux} » afin de montrer la dangerosité de la chose.

Concernant sa parole ﷺ : « Ô Toi qui retournes les cœurs » Ar-Râghib a dit : « Retourner quelque chose, c’est le changer d’un état à un autre. Le retournement (At-Taqlîb) signifie orienter quelque chose, et le retournement d’Allah sur les cœurs et les opinions, c’est les orienter d’un avis à un autre. »

Quant à celui que le vent des ambiguïtés et des passions emporte, son cœur qui était sur la droiture est soudainement épris d’un amour passionnel pour une femme et… trop tard ! La grande catastrophe ! Il est parti dans le monde de la perversion, celui de l’amour passionnel. C’est fini !

Un jour, j’avais exhorté une personne qui était tombée dans l’amour passionnel. Je lui ai dit : « Ô mon frère, fait ceci et cela ! Mon frère, il y a aussi des invocations. Ce cœur est l’endroit où se loge l’amour passionnel, dis : « Ô Allah, place dans mon cœur une lumière (Noûrâh) ! »

Il répondit : « Ô Chaykh, c’est comme ça qu’elle s’appelle, Noûrah. »  Effectivement j’ai connu cette histoire avec quelqu’un.

Les savants ont défini l’amour passionnel (Al-‘Ichk) comme étant : « l’agitation d’un cœur vide. »

Vide de quoi ? Vide de l’amour d’Allah. Car si on y trouvait l’amour d’Allah, il ne serait pas parti dans monde de l’amour passionnel.

Quant aux ambiguïtés, parlons-en ! Regarde, quelqu’un est sur la droiture, sur la voix des pieux prédécesseurs et soudainement tu le vois avec je ne sais qui : les libéraux, les laïques et ceux qui ont fait prédominer la raison sur les Textes, et les exemples sont nombreux. Aujourd’hui il y en a qui disent aux gens : « nous étions … puis nous sommes devenus. » Et certains regrettent en disant : « C’est fini, nous sommes égarés. » D’autre persistent et disent : « Au contraire nous sommes bien guidés. » {Et ils pensent qu’ils sont bien-guidés !} [S.7, v.30], c’est Allah qui dit cela. Voilà le danger, le premier cas est plus facile à prêcher ; mais le second, {et ils pensent qu’ils sont bien-guidés !}.

Tu viens pour le conseiller mais il te rétorque : « c’est toi qui t’es trompé ! » C’est cela le retournement des cœurs.

Allah عز وجل s’est Lui-même chargé de la question des cœurs des serviteurs.

SoubhânAllah ! Les savants ont évoqué qu’Allah n’a pas confié aux Anges la tâche de retourner les cœurs, mais c’est Lui-même qui s’en occupe. Par exemple, les Anges invoquent pour les gens, n’est-ce pas ? Les Anges écrivent leurs actions et les protègent {Il [l’homme] a des Anges qui se relaient} [S.13, v.11]. Les Anges interagissent avec nous sur de nombreux plans, mais concernant le retournement des cœurs en particulier, les savants disent qu’Allah ne leur a pas confié cette tâche. Autrement dit, Allah n’envoie pas un Ange pour retourner le cœur de quelqu’un, c’est Lui – Exalté soit-Il – qui le fait.

« Raffermis mon cœur sur Ta religion ! »

Et parmi ce qu’ont évoqué les savants à ce sujet, As-San’ânî رحمه الله a dit : « Car le cœur est le dépôt des secrets ; des secrets que nul ne connait hormis Allah. » Même les Anges ignorent certaines choses.

« Raffermis mon cœur sur Ta religion ! » : Fais qu’il soit ferme sur Ta religion ! Et qu’il ne fléchisse pas, ni ne dévie ! Tout le monde a besoin de cette invocation, qui est l’invocation de ceux qui sont enracinés dans la science… Exactement. {Seigneur ! Ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous aies guidés ; et accorde-nous Ta miséricorde} [S.3, v.8]

Cette invocation nous montre que même les Prophètes ont besoin d’être raffermis. {Et si Nous ne t’avions pas raffermi, tu aurais bien failli t’incliner quelque peu vers eux.} [S.17, v.74]

Quant à la parole d’Anas رضي الله عنه : Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté, as-tu [quand même] peur pour nous ? »

Les Compagnons constatèrent que le Prophète ﷺ faisait cette invocation et que la communauté avait bien plus besoin de la faire ; ils lui posèrent donc la question pour [l’intérêt] de la communauté, par respect [envers le Prophète]. Il leur répondit : « Oui ! » : « J’ai peur pour vous. » Et il justifia cela en disant : « Oui ! En effet, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allah qu’Il retourne. » De la foi à la mécréance et de la mécréance à la foi, de l’obéissance à la désobéissance et de la désobéissance à l’obéissance, et ainsi de suite.

Et ce retournement émane de Sa Sagesse et de Son Équité.

Mais Allah n’égare pas celui qui ne veut pas l’égarement. C’est-à-dire {Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers.} [S.29, v.69], {Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs} [S.61, v.5]

Il est primordial de savoir que le retournement des cœurs de la guidée vers l’égarement, de la foi à la mécréance, de l’unicité au polythéisme et de l’obéissance à la désobéissance se réalise par La Sagesse d’Allah et Son Équité.

Ce n’est pas comme ce que prétendent les ignorants qui pensent qu’obéir à Allah n’est d’aucun profit, même si cela dure longtemps. C’est avoir une mauvaise opinion d’Allah, et c’est une dangereuse accusation à Son encontre. Mais au contraire, Allah n’égare pas celui qui veut la guidée de par Sa miséricorde. Le serviteur qui veut la guidée Allah ne l’égare pas. {Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers.}, cependant : {Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs}.
Leur désire du mal, c’est ça qui fut la cause du retournement qu’Allah leur décréta. Et Allah ne retourne pas [le cœur] d’un obéissant d’un lieu de prière vers les bars, ni celui d’un monothéiste de l’unicité (At-Tawhîd) au polythéisme et qu’Il retourne de la foi vers la mécréance, alors que le serviteur désire le bien, l’obéissance, la religion, la foi, l’unicité et la guidée. Jamais ! Car Allah est Le Très Reconnaissant (Ach-Chakoûr). Comment peut-Il dévier Son serviteur qui désire la guidée ?! Comment peut-Il égarer Son serviteur qui veut l’unicité (At-Tawhîd), la foi et l’obéissance ?! C’est impossible. Cependant si le serviteur désire l’égarement, Allah le punira. Personne ne s’égare sans motif. Celui qui dévie alors soit sûre que […] Aujourd’hui, avec toutes les nombreuses dérives que l’on voit chez une partie des gens – nous demandons à Allah de nous raffermir – certaines personnes sont arrivées au stade de la mécréance. Personne ne dévie sans une cause émanant d’elle-même, ça n’existe pas. Quand une ambiguïté (Choubhah) se présente à lui, il la suit ; et lorsque c’est une passion (Chahwah), il l’enfourche. Mais quelqu’un qui désire la mosquée puis il se retrouve en boite de nuit ?! C’est impossible, alors que lui veut se rendre à la mosquée. Mais si, sur le chemin, son regard va à droite et à gauche, c’est fini ! C’est le serviteur qui s’est fait du tort à lui-même. {Et quant aux Thamoûd, Nous les guidâmes} : Nous leur envoyâmes un Messager et leur exposâmes [Nos preuves], {mais ils ont préféré l’aveuglement à la guidée} [S.41, v.17].

C’en est fini. C’est d’eux que provienne la calamité. Allah عز وجل traite les gens selon leurs actes et les récompense selon leurs œuvres. Et le bienfaiteur ne craint pas de la part d’Allah l’injustice, ni la frustration [par la réduction de sa récompense] : {Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni frustration.} [S.20, v.112]

{On ne méconnaîtra pas son effort, et Nous le lui inscrivons [à son actif]} [S.21, v.94]

{En vérité, Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs} [S.9, V.120]

{Certes, Allah ne lèse personne, fût-ce du poids d’un atome. S’il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part} [S.4, V.40]

Mais si Allah descend un châtiment, Il ne le fait qu’à cause de la rébellion du serviteur contre Lui, et de son désir à vouloir faire le mal. Et si maintenant ô serviteur d’Allah, tu t’es assuré de cela, alors connais la [réelle] justice d’Allah sur Ses serviteurs, et qu’Il ne les châtie qu’à cause de leur mécréance, leur désobéissance et leur rébellion. {Nous saisîmes donc chacun pour son péché : Il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan ; il y en eut que le Cri sinistre saisit ; il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre ; et il y en eut que Nous noyâmes. Cependant, Allah n’est pas tel à leur faire du tort ; mais ils se sont faits du tort à eux-mêmes} [S.29, v.40]

C’est pourquoi nul n’entrera en Enfer le Jour de la Résurrection qu’après être certain qu’il mérite le Feu. Personne n’entrera en Enfer alors qu’il doute, c’est-à-dire de penser qu’il ne le mérite peut-être pas. {Et ils dirent : « Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les gens de la Fournaise. » Ils ont reconnu leur péché. Que les gens de la Fournaise soient anéantis à jamais !} [S.67, v.10-11]. Et {Ils dirent : « Malheur à nous ! Nous étions vraiment injustes. » Telle fut leur lamentation jusqu’à ce que Nous les eûmes moissonnés et éteints} [S.21, v.14-15].

Quand Noûh (Noé) عليه السلام demanda à Son Seigneur de sauver son fils, Il l’informa qu’Il le noiera à cause de ses mauvaises œuvres, du fait qu’il commit un acte infâme et de sa mécréance. Allah n’a pas dit : « Je ne l’ai noyé que par Ma simple Volonté sans aucune raison émanant de sa part, ni de péché. » Non ! Même cela ne se dit pas… C’est-à-dire le fait de dire qu’Allah ne punisse que par Sa seule Volonté sans aucun motif émanant du serviteur, mais simplement parce qu’Allah le désire.

Cela ne se dit pas. Allah décréta cela car c’est le serviteur qui l’a voulu. Allah décréta le châtiment et le fit descendre car c’est le serviteur qui l’a voulu.

Allah سبحانه وتعالى dit concernant les croyants : {Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions. Il les guidera et améliorera leur condition. Et les fera entrer au Paradis qu’Il leur a fait connaître.} [S.47, v.4-6] Et Il dit : {Quant à ceux qui se mirent sur la bonne voie, Il les guida encore plus et leur inspira leur piété} [S.47, v.17]. Car Allah est Le Très Reconnaissant (Ach-Chakoûr).

Par conséquent, le retournement des cœurs ne s’accomplit que par sagesse émanant du Très Haut ; et s’Il dévie le cœur d’une personne ce n’est qu’une rétribution conforme à l’intention de ce serviteur dont le cœur désira le mal.

Ibn Kathîr رحمه الله a dit dans son explication de la parole d’Allah où Ya’qoûb (Jacob) dit à ses fils : {« Ô mes fils, certes Allah vous a choisi la religion : et ne mourrez qu’en étant Soumis [à Allah] !»} [S.2, v.132] Que veut dire {et ne mourrez qu’en étant Soumis [à Allah] !} ? Il dit : « Accrochez-vous à l’Islam lorsque vous êtes en bonne santé et dans vos moments d’aisance pour que vous puissiez mourir musulman. Car Le Très Généreux (Al-Karîm) – il désigne par cela Allah – a fait de Son habitude – dans ce qu’Il décrète pour la créature – de par Sa Générosité, que celui qui vit sur une chose mourra sur celle-ci, et que celui qui meure sur une chose sera ressuscité sur celle-ci. Nous cherchons refuge auprès d’Allah de ne pas mourir sur l’Islam ». Tafsîr d’Ibn Kathîr

Nous implorons Allah d’orienter nos cœurs vers Sa religion.

Source : traduction par Le Cœur des Croyants

{Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quoi que ce soit en associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque Lui associe quoi que ce soit commet un énorme péché.}

{Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quoi que ce soit en associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque Lui associe quoi que ce soit commet un énorme péché.} [S.4, v.48]

Allah nous informe qu’Il ne pardonne pas à celui qui a associé avec Allah quelqu’un parmi Sa créature, mais qu’Il pardonne – en dehors du polythéisme – tous les péchés, petits ou grands. Allah pardonne cela si Sa Volonté est qu’Il pardonne et que Sa Grande Sagesse l’implique.

Pour tous les péchés, à l’exception du polythéisme, Allah décréta de nombreux moyens et de causes pour qu’Il les pardonne, comme :

  • les bonnes œuvrent qui effacent [les mauvaises]
  • les calamités expiatrices d’ici-bas
  • le Barzakh (le monde intermédiaire) et le Jour de la Résurrection
  • les invocations que se font mutuellement les musulmans,
  • l’intercession des intercesseurs, etc.

Et au-dessus de tout cela, il y a la Miséricorde d’Allah que les croyants et les monothéistes sont plus en droit d’obtenir [que quiconque], et ce contrairement au Polythéisme. Car le polythéiste associateur s’est lui-même obstrué les portes du pardon et fermé les portes de la miséricorde. Par conséquent, ses actes d’obéissance ne lui seront d’aucun profit sans le Tawhîd (le Monothéisme pur), les calamités ne lui apporteront rien de bénéfique et ils n’auront pas le Jour de la Résurrection {d’intercesseur, ni d’ami sincère} [S.26, v.100-101]. Voilà pourquoi Allah dit : {Mais quiconque Lui associe quoi que ce soit commet un énorme péché.} C’est-à-dire qu’il a commis un très grave délit envers Celui qui a créé toute chose, Celui qui est absolument parfait, Celui qui est Riche (se suffit à Lui-même et se passe de toute Sa créature), Celui qui détient ce qui est profitable et ce qui nuit, qui donne et retient ; pas un bienfait ne touche la création si ce n’est émanant d’Allah.
C’est même la plus grande injustice qu’ait pu commettre la créature qui elle, est constituée de terre, imparfaite sur tous les plans, qui a continuellement besoin d’Allah, qui détient pour elle-même ni profit, ni préjudice, ni la mort, ni la vie, ni la résurrection … – que dire alors de ce qu’elle adore [en dehors d’Allah] ! –

Y a-t-il une injustice plus grande que celle-ci ?!

C’est pourquoi Il condamna le polythéiste associateur au châtiment éternel et le priva de la récompense : {Quiconque associe à Allah (d’autres divinités,) Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu.} [S.5, v.72].

Cependant, ce noble verset concerne uniquement ceux qui ne se sont pas repentis ; quant à ceux que se repentent Allah leur pardonne leur polythéisme et ce qui est moins grave que cela conformément à Sa parole : {Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés} [S.39, v.53] pour celui qui se sera repentit et revenu sincèrement à Allah.

Source : Tafsîr As-Sa’dî (Traduction par Le Coeur des Croyants)

Version audio (grand merci à « Tafsir du Jour ») :

Qui est Chaykh ‘Abd Al-‘Azîz Ibn Bâz ?

A toutes les époques, Allah assigne à cette communauté des Savants et des prêcheurs qui revivifient la religion, invitent les gens à Sa religion avec des arguments explicites, et réfutent les interprétations erronées de ses opposants. 

Parmi les Savants qui ont fait l’unanimité chez tous les musulmans à notre époque : l’imam, le grand Savant, ‘Abd Al-‘Azîz Ibn ‘Abdi-Llah Ibn ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Mouhammad Ibn ‘Abdi-Llah Ibn Bâz, qu’Allah lui fasse miséricorde. 

Chaykh Ibn Bâz est né à Ryad le 12 de dhoûl Hijjah en l’an 1330 de l’hégire.  

Il grandit orphelin et lorsqu’il perdit la vue sa mère invoqua Allah afin qu’il lui remplace sa cécité par la clairvoyance en matière de religion et qu’Il le rende utile à la communauté. 

Allah exauça son invocation. 

Il mémorisa le Coran durant son jeune âge et étudia auprès de Savants de renommée. 

Parmi lesquels : Chaykh Mouhammad Ibn ‘Abd Al-Lattîf Âli Ach-Cheykh, Chaykh Sa’d Ibn Hamad Ibn ‘Atîq (Juge de Ryad), Chaykh Hamad Ibn Fâris (Substitut au Trésor public de Ryad), Chaykh Waqâs Al-Boukhâry, et Chaykh Mouhammad Ibn Ibrâhîm (Moufti du Royaume), et l’éminent Savant Al-Amîne Ach-Chinqîtî (Auteur du tafsir Adwâ Al-Bayâne). 

Le Chaykh excella dans la science et la prédication et devint un modèle pour les gens.  

Il occupa un grand nombre de responsabilités dans la science et l’appel à Allah. Parmi lesquelles : Moufti du Royaume d’Arabie Saoudite, Président du comité de Fiqh à la Mecque, et Président de l’Université Islamique de Médine. 

Il était avide d’inviter les gens à la pratique de la Sounnah par la sagesse et la bonne exhortation, tout en mettant en garde contre les innovations et les déviances dans la croyance et le comportement. 

Il a dicté un grand nombre d’ouvrages : les leçons importantes à l’ensemble de la communauté, la croyance correcte et ce qui s’y oppose, le commentaire des 3 fondements, l’explication de ‘Oumdatou Al-Ahkâm, la description de la prière du Prophète SWS, la description du Hajj, de la ‘Oumra, et des visites à Médine à la lumière du Coran et de la Sounnah, les leçons exemplaires sur certains points de l’héritage, et l’embellissement de l’élite à travers les formules d’invocations et d’évocations, la guerre intellectuelle et ses moyens, l’appel à Allah et l’éthique des prêcheurs, l’obligation de se conformer à la Sounnah et de se méfier des innovations, auxquels viennent s’ajouter un nombre impressionnant d’avis juridiques audio et écrites. 

Ses élèves devinrent de grands Savants : Chaykh Mouhammad Ibn Sâlih Al-‘Outhaymine, Chaykh Sâlih Al-Fawzân, Chaykh Bakr Aboû Zayd, et l’éminent Savant ‘Abd Al-‘Azîz Âli Ach-Chaykh. 

Chaykh Ibn Bâz se distinguait par ses nobles caractères comme la pudeur, la générosité, la modestie, l’indulgence, la miséricorde, le pardon et l’ascétisme malgré les hautes fonctions qu’il occupait. 

Il était très préoccupé de la situation des musulmans partout dans le monde. 

Les Savants de son époque témoignèrent de son mérite et de ses connaissances.  

Chaykh Al -Albânî dit à son sujet : « C’est lui qui a revivifié la religion durant ce siècle. » 

Chaykh Mouhammad َAs-Soubayl a dit : « C’est l’imam des adeptes de la Sounnah à son époque. »

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq ‘Afifî a dit : « Ibn Bâz est le successeur des Savants des premières générations dans sa science, son comportement, et son dynamisme. »

Il décéda à Tâif le 27 de Mouharram en l’an 1420 de l’hégire. 

On accomplit la prière mortuaire sur lui à la Mosquée Sacrée et il fut enterré à la Mecque. 

Qu’Allah lui accorde une vaste miséricorde et le récompense de la meilleure des manières pour le bien qu’il a prodigué aux musulmans. 

👆🏻Source : Chaîne Youtube : « Cours religieux »