La notoriété d’ici-bas, et la renommée dans l’au-delà

Regarde comment des cœurs ont élevé des gens qui étaient autrefois des esclaves et des domestiques, et élevé leurs souvenirs par-dessus les nuages.

Par Allah  ! Si leurs cœurs n’avaient pas été purs et sincères, Allah aurait très certainement anéanti leur renommée, disséminé leur science et fait disparaître leur histoire  ; ou bien, Il aurait pu décréter que toutes ces choses-là (renommée, science et histoire) se soient associées au mal et au mauvais.

Mais voici le cœur vivant ; celui qui continu de battre même après la mort de son hôte, dont le bon souvenir et la noble histoire ne cessent d’être évoqués.

C’est cela qu’évoqua Al-Amîr Chawqî رحمه الله en disant  :

«  Il y a deux sortes de gens  : Les morts alors qu’ils sont en vie,

Puis d’autres sous terre, mais vivant.  »

Ibn Abî Laylâ رحمه الله a dit  : «  ‘Îsâ Ibn Moûsâ, qui était injuste et un nationaliste arabe très chauviniste, m’a questionné  : «  Qui était l’érudit de Al-Basrah  ?  »
«  Al-Hasan Ibn Abî Al-Hasan[1]  » répondis-je

«  Et qui d’autre  ?  »
«  Mouhammad Ibn Sîrîn [2] »

«  Et qui étaient-ils  ?  »
«  Tous deux furent esclaves.[3] »

Puis il demanda  : «  Qui était l’érudit de La Mecque  ?  »
«  ‘Atâ Ibn Abî Rabâh[4], Moujâhid Ibn Jabr[5], Sa’îd Ibn Joubayr[6] et Soulaymân Ibn Yasâr[7].  » répondis-je
«  Et qui étaient-ils  ?  »
«  Des esclaves  »

Son visage se mit à changer de couleur, puis il demanda  : «  Qui était l’érudit parmi les gens de Qoubâ (Médine)  ?  »
«  Rabî’ah Ar-Ra°y[8] et Ibn Abî Az-Zinâd[9].  »
«  Qui étaient-ils  ?  »
«  Ils faisaient partie des esclaves.  »

Le changement de couleur de son visage s’intensifia sous l’effet de la colère, puis il dit : « Qui était l’érudit du Yémen  ?  »
«  Tâwoûs Ibn Kaysân[10], son fils et Hammâm Ibn Mounabbih[11].  »
«  Et qui étaient ceux-là  ?  »
«  Ils faisaient partie des esclaves.  »

Dès lors, les veines de son cou se gonflèrent puis il s’assit et dit  : «  Et qui est l’érudit du Khourâsân  ?  »
«  ‘Atâ Ibn ‘Abd-Allah Al-Khourâsânî.[12]  »
«   Et qui était ce ‘Atâ  ?  »   
«  Un esclave.  »

Sa fureur ne fit que grandir, puis il demanda  : «  Qui était l’érudit de la péninsule arabique  ?  »
«  Maymoûn Ibn Mihrân.[13]  »
«  Et qui était-il  ?  »
«  Un esclave  »

Il soupira bruyamment, puis il dit  : «  Qui était l’érudit de Koûfah  ?  »
Par Allah ! Si je n’avais pas eu peur de lui, je lui aurais dit « Al-Hakam Ibn ‘Ouyaynah [14] et ‘Ammâr Ad-Douhnî [15] » mais j’ai vu qu’il était mauvais, alors je lui ai dit  : «  Ibrâhîm[16] et Ach-Cha’bî[17].  »
«  Et qui étaient-ils  ?  »
«  Deux arabes.  »

Il s’exclama  alors : «  Allahou Akbar  ! » Puis il s’apaisa.  »

Quelles œuvres prodigieuses ont-ils accomplis  !! Des  esclaves plus nobles que des maîtres ; une vigueur et une détermination à percer les montagnes. Des personnalités évidentes même si l’ignorant les voit comme les plus bas de la société. Des rois dans l’Au-delà même s’ils ne trouvèrent pas de quoi subvenir à leur faim [ici-bas].

Et le secret se cachant derrière tous ceci, c’est le cœur.

Comment le fait qu’ils ne soient maintenant que poussières, qu’ils aient quitté leur notoriété [après la mort], qu’ils ne possédaient rien [de cette vie mondaine] peut-il leur nuire alors qu’ils furent les médecins et les remèdes pour les gens, et qu’ils avaient des cœurs remplies de foi ?!

Et Iqbâl fût véridique lorsqu’il conclut  :

«  C’est en se conformant à l’ordre [d’Allah et Son Messager] que s’élève celui qui est au plus bas [de la société],

Et que périt le rebelle, même s’il est au plus haut.  »

[1]Plus connu sous le nom d’Al-Hasan Al-Basrî, il fût l’esclave de Zayd Ibn Thâbit Al-Ansârî. (Note du traducteur)
[2]Il fût l’esclave d’Anas Ibn Mâlik qui le libéra. (Note du traducteur)
[3]En arabe, le terme مَوْلى à de nombreuses significations. Quant aux livres qui évoquent la vie de nos nombreux savants musulmans à travers l’histoire islamique, le sens le plus souvent voulu par ce terme est : « l’affranchie de ou l’esclave libéré de ». Et comme vous le voyez, certains de ces savants-là, en plus d’avoir été des esclaves, son non-arabe au grand dam de ‘Issa Ibn Moussa. (Note du traducteur)
[4]Faqîh et savant dans le hadîth, il fait partie des plus grands Tâbi’în et Fouqahâ, il fût esclave de la tribu de Qouraych puis fût libéré. (Note du traducteur)
[5]Il faisait partie des Tâbi’în, grand savant du Coran et grand exégète, il fût esclave de As-Sânib Ibn Abî As-Sânib Al-Makhzoûmî. (Note du traducteur)
[6]Tâbi’î, il était esclave de la tribu de Banî Asad à Koûfah. (Note du traducteur)
[7]Faqîh, savant et moufti de Médine. Il fût l’esclave de la mère des croyants Maymoûnah Al-Hilâliyah رضي الله عنها (Note du traducteur)
[8]Il est l’imam, le mouftî de Médine, l’érudit de son époque, Rabî’ah Ibn Abî ‘Abd-Ar-Rahmân Farroûkh At-Taymî Al-Madanî plus connu sous le nom de Rabî’ah Ar-Ra°y, il fût l’esclave de Âli Al-Mounkadir. (Note du traducteur)
[9]Il est le fils du grand faqîh et Tâbi’î ‘Abd-Allah Abou ‘Abd Ar-Rahmân Ibn Dhakouân qui fût l’esclave de Ramlah Bint Chaybah Ibn Rabî’ah. (Note du traducteur)
[10]Il faisait partie des Tâbi’în, Hâfidh et grand érudit du Yémen, il fût l’esclave de Bouhayr Ibn Raysân Al-Houmayrî, et avait également des origines perses. (Note du traducteur)
[11]Il était un Tabi’î, rapporteur de hadîth d’origine perse à San’â. (Note du traducteur)
[12]Il faisait partie des grands Mouhadithîn, il fût l’esclave d’Al-Mouhalib Ibn Abî Safrah Al-Azdî. (Note du traducteur)
[13]Il était parmi les Tâbi’în, grand érudit de la péninsule arabique et mouftî, il fut affranchi par une femme appartenant au Banî Nasr Ibn Mou’âwiyah à Koûfah. (Note du traducteur)
[14]Il serait plutôt Al-Hakam Ibn ‘Outaybah, grand érudit de Koûfah, il fût l’esclave de la tribu Kindah. (Note du traducteur)
[15]L’imam et mouhaddith Aboû Mou’âwiyah, ‘Ammar Ibn Mou’âwiyah Ibn Aslam Al-Bajalî Ad-Douhanî de Koufah. (Note du traducteur)
[16]Il est Ibrâhîm Ibn Yazîd Ibn Al-Aswad Ibn ‘Amr Ibn Rabî’ah Ibn Hârithah Ibn Sa’d Ibn Mâlik Ibn An-Nakha’ An-Nakha’î Al Yaman’î puis Al-Koûfî, Faqîh et un Tâbi’î de Koûfah.
[17]Il est ‘Âmir Ibn Charâhîl Ibn ‘Abd Dhî Kibâr, Aboû ‘Amr Al-Hamdânî, Faqîh et Mouhaddith parmi les Tâbi’în, il est né sous le califat de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb. (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Autour de lui gravite la récompense et ses degrés

La récompense des œuvres varie selon le contenu des cœurs.

Ainsi, pour la prière, il est possible que deux hommes prient dans un même rang mais que leur récompense respective diffère énormément telle la distance qu’il y a entre le ciel et la terre.

Il se peut aussi que deux frères dépensent un même montant [dans le sentier d’Allah] mais que l’un n’obtienne qu’une seule récompense alors que l’autre en obtient 700, voire plus.

Il est également possible que deux cœurs atteignent la nuit du destin, mais que la récompense de l’un soit considérablement multiplié contrairement à l’autre.

Et cela est aussi valable pour le Jihâd  ! Lors de la bataille de Mou°tah, quand Ja’far fut tué, c’est ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah qui prit l’étendard. Dès lors, il s’avança sur son cheval avec l’étendard, mais il eu un moment d’hésitation[1]. Finalement, il dégaina son épée et s’avança de nouveau pour combattre jusqu’à être tué à son tour رضي الله عنه. Le Prophète ﷺ  a dit  : «  J’ai vu lors d’un songe qu’ils, (Oussâmah Ibn Zayd, Ja’far et ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah)[2], furent élevés au Paradis sur des lits ornés d’or.
J’y ai également vu le lit de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah qui était en retrait par rapport aux lits de ses deux compagnons.
J’ai demandé  : «  Qu’elle en est la cause  ?  »
Il m’a été dit  : «  Les deux premiers (Oussâmah Ibn Zayd et Ja’far) s’en sont allés, quant à ‘Abd Allah Ibn Rawâhah, il hésita quelques peu avant de s’en aller à son tour.  »

Un seul instant d’une œuvre émanant du cœur fut la cause du retrait d’Ibn Rawâhah. Le temps d’un clignement d’œil le plaça en dessous de ses deux compagnons. Ainsi, il obtint le statut du martyre et la grande réussite[3] mais d’un degré inférieur (à celui de ses deux congénères).

Tout cela est la conséquence d’un acte d’un très cours instant qui s’est passé dans le cœur  !! Qu’en est-il alors de celui dont le cœur est noyé dans des insouciances successives et qui en est enivré pendant des jours et des années  ?! De combien sera son retard et son retrait dans le Paradis ?! Faut-il encore qu’il y soit entré.

Voilà pourquoi Ibn ‘Atâ° As-Sakandarî comprit la valeur de l’œuvre émanant du cœur en dressant une règle relative aux poids des œuvres [en termes de récompense]. Et c’est une règle qui est applicable en tout temps  : « Jamais les œuvres qui émanent d’un cœur refusant ce bas-monde sont minimes[4] ; et les œuvres qui émanent d’un cœur désirant [les biens mondains] ne sont jamais assez nombreuses[5].  »

C’est aussi ce qu’affirma Yahya Ibn Mou’âdh de façon saisissante  : «  Les distances de ce bas monde se parcourent avec les pieds, alors que ceux de l’au-delà se parcourent avec les cœurs.  »

Et c’est aussi ce qu’attesta avant eux, le Compagnon et Enseignant, ‘Abd-Allah Ibn Mas’oûd رضي الله عنه lorsqu’il s’adressa à plusieurs groupes de Tâbi’în concernant les adorations des membres  : «  Vous, vos prières sont plus longues et vous faites plus d’efforts que les compagnons du Messager d’Allah ﷺ, alors qu’ils sont meilleurs que vous.  »

On lui demanda  : «  Par quelle chose [sont-ils meilleurs]  ?  »

Il répondit  : «  Ils étaient en réalité plus détachés de ce bas monde et plus désireux à vouloir l’au-delà que vous.  »

[1] Car il pensa léguer cette énorme responsabilité à autre que lui. (Note du traducteur)
[2] Oussâmah Ibn Zayd fut désigné par le Prophète à la tête de l’armée musulmane. S’il venait à être tué, Ja’far prendrait sa place, et si ce dernier venait à être tué, c’est ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah qui prendrait sa place. Ainsi, lorsqu’Oussâmah fut tué, Ja’far prit l’étendard ; et lorsque ce dernier fut tué, c’est ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah qui le prit. (Note du traducteur)
[3] Par l’obtention du Paradis (Note du traducteur)
[4] Même si d’apparence elles paraissent peu nombreuses (Note du traducteur)
[5] Même si, d’apparence, elles paraissent nombreuses (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Les œuvres du cœur sont les plus importantes et les plus précieuses

L’œuvre du cœur a un statut grandiose et un rang supérieur dans l’enceinte de la foi. C’est pourquoi les savants ont dit que l’œuvre du cœur est plus importante que celle des membres, Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit  :

« Quant à celui qui observe la Législation dans ses sources, le Livre d’Allah et la Sounnah, connaitra le lien reliant les œuvres des membres à celles du cœur. Les actes du corps ne sont d’aucun profit sans ceux du cœur, et ces derniers sont bien plus obligatoires pour le serviteur que ne le sont les œuvres des membres. N’est-ce pas par ce que contient le cœur du croyant et celui de l’hypocrite que nous pouvons les distinguer  ? Et celui qui désire embrasser l’Islam, ne le fait-il pas d’abord par un acte du cœur avant celui des membres ?

L’adoration du cœur est plus importante que celle des membres, mais aussi plus variée et plus constante. Elle est donc obligatoire à chaque instant.  » 

Il dit à un autre endroit  رحمه الله : «  L’œuvre du cœur est l’âme et le noyau de l’adoration ; si les actes des membres venaient à la perdre, ils seraient tel un corps mort dépourvu d’âme.  » 

Et il dit également  : «  Connaître les jugements relatifs au cœur est plus fondamental que ceux relatifs aux membres car ils correspondent à la base, alors que ceux des membres, à ses branches.  » 

Voilà pourquoi ceux qui accordent une grande attention au cœur, [en plus des membres], précèdent constamment ceux qui n’accordent d’importance qu’aux membres  : «  Ainsi, le serviteur clairvoyant doté d’une grande ambition, d’une grande ardeur, d’une sincérité et d’une intention correcte est celui qui parcourra, avec peu d’œuvre, une distance bien plus grande que celui qui en est dénué, qui n’obtiendra que fatigue et dont le voyage lui sera pénible. 

En effet, l’ambition et l’amour enlève la sensation d’épuisement et facilite le cheminement. De plus, le fait d’avancer et de précéder [les autres] vers Allah l’Exalté ne peut se faire qu’avec ambition, sincérité, volonté et ferveur. 

Par conséquent, l’ambitieux devancera, malgré sa retenue, celui dont les œuvres sont plus nombreuses. Mais si tous deux ont la même ambition, c’est alors celui qui aura le plus d’œuvres qui devancera l’autre.  »

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Message d’avertissement

Le Prophète ﷺ a dit  : «  La première chose qui sera retirée des gens est l’humilité.  »[1]

Ce hadîth mentionne le fait que la science des cœurs déclinera submergée par l’afflux des sciences mondaines. Quant aux secrets et bénéfices [de la science des cœurs], ils périront et s’en iront sous cet encombrement [mondain]. De surcroît, la corruption des cœurs est la première corruption à avoir touché la terre après la mort du Prophète ﷺ afin qu’elle soit un signe illustrant la souillure interne [du corps], et la contradiction existante entre l’apparence et le for intérieur.

Cette contradiction est la base de toute corruption. Les cœurs se consument par la mort des âmes ; les gens arabes lisent le Coran, [pourtant révélé en leur langue], comme s’ils étaient des non-arabes. C’est pourquoi il n’y a ni compréhension, ni méditation et ni conformité avec celui-ci. La communauté s’est préoccupée, du moins si elle l’a vraiment été, de l’apparence des adorations en délaissant les sens initiaux qu’elles recèlent, et elle s’est focalisée sur leurs piliers en négligeant leurs objectifs réels. La fausseté augmente même si elle est habillée par l’étoffe du Coran.

Le Prophète ﷺ a dit : « La plupart des hypocrites de ma communauté sont les lecteurs (dont leur intention n’est pas sincère).  »[2] 

C’est lorsque l’hypocrisie apparait dans une communauté que tu vois des choses ahurissantes. Elles ne concernent pas uniquement notre époque, mais également celle de ceux qui sont bien plus sains et intègres que nous ; et ces choses ne se sont pas seulement répandues parmi les gens de la masse, mais également parmi ceux qui ont mémorisé le Livre d’Allah.

An-Nawawî رحمه الله a dit : « Je ne crains pour ma personne que les lecteurs et les gens de science. » Il fut désapprouvé pour ces paroles, mais il dit : « Ce n’est pas moi qui dit cela, mais c’est Ibrâhîm An-Nakha’î. » 

‘Atâ a dit : « Prenez garde aux lecteurs[3] et prenez garde à moi-même ; car si je devais contredire la personne que j’affectionne le plus sur un sujet tel que le fruit de la grenade, en disant qu’elle est douce et lui de dire qu’elle est amer, je ne serais pas à l’abri qu’il me dénonce à un Sultan injuste pour m’exécuter. » 

Et Al-Foudayl رحمه الله a dit à son fils : « Prenez une maison loin des lecteurs ! Qu’y a-t-il entre moi et le peuple  ?! S’il apparait de moi une erreur, ils me tuent, mais s’il provient de moi une bonne action, ils me jalousent. » 

Cela n’est-il pas dû à la corruption et la souillure du for intérieur ?! Et même si Allah guide par l’intermédiaire de leur science des milliers de personnes, cela ne les protégera aucunement du châtiment d’Allah du moment que leurs cœurs ont été corrompus.

Le Messager d’Allah ﷺ nous a mis en garde contre ce que nous venons de citer ; ainsi ‘Oumar Ibn Al-Khattâb rapporte de lui la parole suivante : « Certes ce que je crains le plus pour ma communauté est l’hypocrite éloquent. »  [4]

Al-Mounâwî رحمه الله a dit en expliquant [ce hadîth]  : « C’est-à-dire celui qui détient l’art de s’exprimer et de convaincre mais qui, en réalité, possède un cœur ignorant et qui ignore la réalité des œuvres. 
Il prit la science telle une fonction par laquelle il recherche le prestige, la belle apparence et par laquelle il s’enorgueillit et se pavane. Il appelle les gens à Allah alors que lui-même Le fuit, et il porte en aversion les défauts d’autrui alors qu’il commet pire que cela. 
Il montre aux gens la dévotion et la piété alors que c’est avec de grands péchés qu’il se présente devant son Seigneur.   
S’il se retrouve seul face à un péché il s’y précipite [à le commettre] tel un loup parmi les loups, à la différence qu’il est revêtu d’un vêtement. 
Voilà ici contre quoi Le Législateur a mis en garde, afin que ce type d’individu ne te trompe pas par la douceur de ses paroles, ni ne te brûle par le feu de sa désobéissance et ni ne te tue par l’odeur fétide de son for intérieur et son cœur.  » 

Et la raison pour laquelle ‘Oumar رضي الله عنه évoqua ce hadîth fut à cause de la venue d’Al-Ahnaf Ibn Qays رحمه الله qui était un notable de Bassora connue pour sa moralité, son éloquence et ses qualités d’orateurs. ‘Oumar le retint alors prisonnier pendant une année. Tous les jours et toutes les nuits il alla le voir, et à chaque foi il ne vit de lui que ce dont il aime et agrée. Un jour ‘Oumar le convoqua et lui demanda  : « Sais-tu pourquoi je t’ai retenu prisonnier ?  » Al-Ahnaf répondit  : « Non . »  ‘Oumar dit alors  : « Le Messager d’Allah ﷺ nous a dit que  – Puis il évoqua le hadîth précédant (Certes ce que je crains le plus …) -. » Et il ajouta  : « J’ai crains le fait que tu sois un hypocrite éloquent, et le Messager d’Allah ﷺ nous a mis en garde contre lui. Mais maintenant [après ce que j’ai vu, aimé et agréé de toi] j’espère que tu es un [véritable] croyant. Tu peux regagner ta contrée.  »  

[1] Sahîh Al-Jâmi’ n°2576 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’ n°1203 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[3] Cela inclut également les gens de science (Note du traducteur)
[4] Sahîh Al-Jâmi’ n°1554, authentifié par Chaykh Al-Albânî

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Ses médecins sont malades

La médecine des cœurs est une des sciences qui se sont raréfiées à notre époque. Il en résulta l’accroissement des maladies [du cœur] et leur propagation à tel point que beaucoup de nos savants, qui portent nos remèdes[1], ont été touchés.

Ainsi, leurs esprits mémorisèrent les explications de livres et de Moutoûn alors que leurs membres ont oublié la [bonne] guidée et le [rappel] de la mort. Leurs langues disent qu’ils sont des gens de science alors que leurs actes déclarent qu’ils sont des ignorants.

La majeure partie des savants de notre époque sont de deux catégories :

  • Une catégorie de savants absorbés par les biens de ce bas monde, haletants dans leur course derrière cette vie mondaine dont l’amassement ne les fatigue nullement, et qui passent leur vie à travers les délices mondains. Ceux-là, cette vie d’ici-bas a entièrement pris le contrôle de leur cœur. Et la crainte de la pauvreté et l’amour de la course aux richesses sont devenus inhérents à celui-ci.

La plupart de ces savants ont été poussés [par les gens du pouvoir] à devenir ainsi ; on a voulu d’eux qu’ils courent derrière les gains et qu’ils s’y investissent dans le but d’acquérir de la subsistance. Il leur a été donné en échange [de leur service et de leurs fatâwa] tout juste de quoi subsister. Juste le nécessaire pour vivre !! Et ce, afin qu’ils restent emportés dans la tornade et prisonniers dans la meule à la solde de ces gens-là. Ils n’atteignent jamais leurs espérances, ni ne délaissent la course vers quoi ils aspirent ; voilà pourquoi ils ont oublié leur plus grande et leur plus noble tâche qu’est l’héritage des prophètes et l’accomplissement de la fonction des messagers.

  • Et une autre catégorie qui, quant à elle, s’est simplifiée le chemin [du mal] en agréant les interdits « faciles »[2], et en agréant l’ambiguïté que la masse ne peut distinguer et donc l’accepter facilement.

Ils ont pris leur foi telle une marchandise dont ils vendent une partie, ou sa totalité, obtenant ainsi leur récompense dans la renommée, la gloire, dans de nombreux biens et l’argent. Ce sont en réalité des gens hypocrites et habiles qui se sont ornés pour les gens et pour se rapprocher des gouverneurs. Ils cherchent [toujours] les facilités qu’ils utilisent pour émettre leurs fatâwa. Leur habitude est la duperie et leur voie celle de l’hypocrisie ; voilà pourquoi le fléau s’est généralisé et que le remède a décliné.

Et c’est ce qui se passa du temps du grand savant, al moujâhid, ‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak رحمه الله lorsqu’il vit que l’un de ses frères commença à emprunter cette voie-là. Il accompli ce qui lui incombait en lui prodiguant immédiatement conseil et lui tendant la main. Et quelle biographie que celle d’un homme tel qu’Ibn Al-Moubârak ! Elle est similaire à la senteur suave des roses que le vent transporte d’une colline à une autre et d’une époque à une autre franchissant ainsi les portes du temps et des contrées pour nous rapporter de lui ce qui suit : lorsqu’Ibn Al-Moubârak fut informé qu’Ismâ’îl Ibn ‘Oulyyah supervisa les aumônes, il lui écrivit des vers de poésie qui sont valables pour toutes les époques où s’est répandu ce mal en disant :

Ô toi qui a fait de la science un faucon,

Par lequel il chasse les biens des pauvres gens

Tu as rusé pour cette vie mondaine et ses délices

D’une ruse qui te dépossèdera de la religion.

Tu es devenu follement épris de cette vie d’ici-bas

Après avoir été un remède pour les malades.

Où sont passés les ahâdîth que tu as rapporté

D’Ibnou ‘Awn et d’Ibnou Sîrîn ?

Où sont passés les ahâdîth que tu as évoqué

Quant au fait de s’attacher aux portes des gouverneurs ?

Si tu répondais « j’ai été contraint » alors qu’as-tu fais pour te sauver ?

Tu es tombé dans ce dont tu mettais en garde.

Lorsqu’il lut cet écrit, il pleura et demanda à être démis de ses fonctions.

Si la mort du cœur a bien des caractéristiques qui se différencient d’une personne à une autre et d’une profession à une autre, la plus significative et célèbre d’entre elles [que l’on trouve] chez les gens de science est celle qu’a défini Mâlik Ibn Dînâr رحمه الله en disant : « J’ai questionné Al-Hasan : « Quel est le châtiment de l’homme de science ? » Il répondit : « La mort du cœur. » – « Et qu’est-ce que la mort du cœur ? » lui demandais-je. Il dit : « Vouloir cette vie d’ici-bas avec les œuvres de l’au-delà. »

Ceux-là, Rabî’ah Ar-Ra°y رحمه الله les nomma « les abjects » et « les plus vils ». Mâlik Ibn Anas a rapporté : « Mon professeur Rabî’ah Ar-Ra°y m’a demandé : « Ô Mâlik ! Qui sont les abjects ? » Je répondis : « Ceux qui se nourrissent en usant de leur religion. » Puis il ajouta : « Et qui sont les plus vils ? » Je dis alors : « Ceux qui profitent aux autres au détriment de leur religion.»

Ils extériorisèrent la religion pour Allah

Alors que c’est autour du dinar qu’ils tournaient

Pour lui (le dinar) ils jeûnèrent et prièrent

Et pour lui ils accomplirent le pèlerinage et la visite (‘Oumrah)

Si [le dinar] était plus éloigné encore que les Pléiades

Et qu’ils avaient des ailes, ils s’envoleraient pour l’atteindre.

L’homme de science mauvais qui n’œuvre pas avec sa connaissance est une épreuve et une nuisance pour lui-même et pour les autres ; il est semblable à un rocher obstruant la source d’un fleuve ; ni il n’absorbe l’eau et ni ne la laisse passer pour alimenter les cultures… Faites-nous miséricorde et laissez-nous Ô savants du mal !!

Si l’érudit s’égare et que des gens le suivent

Ils s’égareront avec lui, puis ils périront tout comme il périra

A l’exemple d’un navire qui, lorsqu’il se brise sur une vague

Chavire et emporte avec lui tous ses passagers.

[1] Car ce sont eux qui orientent les musulmans, les conseillent, les soignent de l’ignorance à travers leur science… (Note du traducteur)

[2] Tels ceux commis avec la langue pour arriver à leurs fins (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Le renversement (Al-Inqilâb)

Le cœur (Al-Qalb) est le membre du corps le plus délicat et qui s’affecte le plus rapidement par ce qui l’entoure et le frôle. En outre, témoigne de sa délicatesse le fait que la moindre pensée, ou idée, a des répercussions sur lui ; et le peu qui le touche peut, en réalité, occasionner beaucoup de choses. Les maladies (tels que les ambiguïtés, passions et vices…) atteignent le cœur en un instant ; il est extrêmement dur pour lui de les fuir, et il est très proche du retournement.

Par conséquent, même si le cœur de la personne est pur un certain temps, ou qu’il est ferme sur la foi (Al-Îmân) et se délecte de celle-ci par moment, il est certainement exposé au retournement. Car cela est la nature du cœur, et c’est de ce retournement-là que provient son nom.

Al-Qourtoubî رحمه الله a dit en expliquant la signification du terme « cœur (Al-Qalb)» : « Al-Qalb est en réalité une forme nominale [du verbe (QaLaBa – قَلَبَ)]
On dit :
– (قَلَبْتُ الشَّيءَ, أَقْلِبُهُ, قَلْباً) c’est-à-dire que j’ai remis cette chose dans son état initial.

– (قَلَبْتُ الإناءَ) signifie que j’ai retourné le récipient, en l’inversant.

Par la suite, ce terme évolua désignant ainsi ce membre, qui est le plus noble, dû à la rapidité des pensées qui le traversent et de leurs agissements sur lui.
Comme il a été dit :

Le cœur n’a été nommé ainsi qu’à cause de son retournement.

Sois-donc attentif à ton cœur contre tout renversement et changement. »

Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Le cœur a été nommé Qalb car il se retourne. Le cœur est semblable à une plume accrochée à un arbre dans un désert que le vent retourne. »[1]
Le cœur peut se retourner de manière extrême et changer soudainement. D’ailleurs, le Prophète صلى الله عليه  وسلم nous donne un exemple : « Le cœur des enfants d’Âdam se retourne plus rapidement que l’eau de la marmite [sur le feu] met à bouillir. »[2]

Bien entendu, il est impossible que le cœur du croyant reste sur un degré élevé de foi qu’il ressent après l’accomplissement de grandes adorations, ou suite à de nombreuses périodes remplies de bien et de faveur[3]. Ceci, car le cœur est considérablement préoccupé par cette vie mondaine, ses délices et ce qui le touche comme joie et tristesse. De même, il est exposé aux guerres incessantes que le diable mène contre lui, ainsi qu’à la duperie des juifs concernant l’exhibition de l’intimité (Al-‘awrah) [de l’homme et la femme] et leur prêche pour les passions.

Malgré tout, j’aimerais à la fois te rassurer et t’effrayer du moment que le retournement des cœurs est uniquement dans la Main d’Allah.
Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts du Miséricordieux, comme s’il s’agissait d’un seul cœur qu’Il oriente dans la direction qu’Il veut. » puis le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ajouta : « Ô Toi qui oriente les cœurs ! Oriente nos cœurs sur Ton obéissance ! »[4]

Mon frère (Ma sœur) … tu as prié aujourd’hui cinq prières, alors réponds-moi sincèrement : Combien de fois as-tu invoqué Allah par cette invocation ?! Sachant que tu as plus besoin de cette invocation que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم lui-même. Aujourd’hui, les troubles se sont généralisés et sont plus nombreux alors que les cœurs sont beaucoup plus faibles et fragiles. Veille donc à ce qu’il y a entre toi et Allah [en t’écartant des interdits et en accomplissant les obligations], et rattache ce qui s’est découpé du câble te reliant à Lui afin qu’Il te raffermisse sur Son agrément dès aujourd’hui, et qu’Il te guide.

[1] Sahîh Al-Jâmi’ n°2365 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’ n°5147 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[3] Tel le mois de Ramadan ou les jours du pèlerinage (Note du Traducteur)
[4] Sahîh Mouslim n°2654

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Allah est Le Seul a détenir les remèdes du cœur

Allah le Très Haut a dit  : (Que celui qui pense qu’Allah ne secourra pas [Son Messager] ici-bas ni dans l’au-delà attache une corde à son plafond et se pende, puis qu’il la coupe, et qu’il voie si son acte apaisera sa rage !) [Sourate Al-Hajj, v. 15] 

Ce verset décrit un groupe parmi les hypocrites dont les cœurs se sont remplis de rage à l’encontre du Messager d’Allah ﷺ, de sa grandeur et de sa victoire.
À ceux-là, Allah leur dit  : Assurément, Allah secourt Son Messager ici-bas et dans l’Au-delà. Ainsi, celui qui pense – parmi ses envieux et ses ennemis – qu’Allah ne le secourra pas, et que cela l’irrite de voir notre Prophète triompher conformément à la promesse qu’Allah lui a faite, alors qu’il examine profondément ses capacités et déploie tous ses efforts pour retirer de son cœur la rage qu’il contient. Même si cette rage le pousse à l’extrême, au point d’attacher une corde au toit de sa maison pour se pendre, qu’il regarde alors si cela peut apaiser la colère qui habite sa poitrine …
Non, par Allah, il ne guérira pas ! Cette rage ne le quittera point et sa maladie perdurera aussi longtemps qu’Allah le voudra.

Allah est donc Le Seul à guérir les poitrines et à enlever le mal des cœurs.

Et cela signifie que  :

– Si tu ressens de l’affliction, de la tristesse, du désespoir ou de l’amertume, détiens-tu toute la puissance planétaire pour changer cet état, ne serait-ce du poids d’un atome  ?

– Si la vie d’ici-bas toute entière t’était offerte et mise à tes pieds, mais que ton cœur est rempli de chagrin et d’anxiété, vas-tu pouvoir te délecter d’une quelconque chose de ta vie mondaine ?

– Si le cœur se noie dans le doute, les ambiguïtés, la déviance et l’incertitude, quelqu’un ici-bas est-il en mesure d’arracher ce mal de ta poitrine si ton Seigneur ne l’a pas décrété ?

– Lorsque tu vois qu’un bienfait mondain est accordé à un autre que toi, sans qu’il ne te touche, et que tu te mettes alors à l’observer jalousement, en l’enviant, que tu laisses ta langue s’adonner à des propos haineux à son encontre et que ton cœur se remplit de rancœur envers lui ; qui peut te purifier de ce dont tu es atteint si ce n’est Allah ?

– Si ton cœur s’attache à une passion, s’en imprègne et penche vers un péché en étant épris de celui-ci, qui d’autre que ton Seigneur peut redresser ton cœur chaviré et raviver ta saine nature ?

– Si ton cœur éprouve de la répugnance pour un acte d’obéissance et lui devient pénible, et qu’il se lasse de l’accomplir au point d’être proche de le délaisser, qui donc peut te le faire aimer et te rapprocher de lui si ce n’est Celui qui nous a fait aimer la foi et l’a embellie dans nos cœurs ?

C’est ce que comprit Moutarrif Ibn ‘Abd-Allah رحمه الله lorsqu’il cessa de regarder ses œuvres, reconnut l’ampleur de son impuissance et de sa faiblesse, et attribua la grâce toute entière à Allah Seul en disant  : « Si mon cœur était retiré puis placé dans ma main gauche, et que l’on déposait de bonnes actions dans la main droite, puis que je les rapprochais l’une de l’autre, je ne pourrais rien faire entrer dans mon cœur tant qu’Allah, le Majestueux, ne l’aura pas décrété. »  

À tous les malades  : 

L’homme, s’il le désire, peut bouger sa jambe, baisser son bras et le relever, mais peut-il en faire autant avec son cœur ? Oh que non, par Allah ! Comment peux-tu interagir avec un cœur sans avoir la moindre autorité sur lui – alors qu’aucune autorité n’est exercée sur lui si ce n’est celle d’Allah –, et dont tu ignores tout de ses secrets et de son essence, alors que nul ne les connait si ce n’est Allah ? Que tous ceux qui souhaitent soigner leur cœur sans demander l’aide de leur Seigneur sachent que leur maladie n’ira qu’en s’aggravant.

– Sache et dis à tous ceux qui demandent la guérison à autre qu’Allah  : Ô combien votre perte est immense  ! 

– Sache et dis à tous ceux qui se tiennent devant toutes les portes sauf celle d’Allah  : Ô combien  votre avilissement sera long ! 

– Sache et dis à tous ceux qui placent leurs espoirs en autre que Sa grâce  : Ô combien vos espérances sont vaines  ! 

– Sache et dis à tous ceux qui œuvrent pour autre que Lui  : Ô combien votre cheminement est un égarement  ! 

Qui peut s’interposer entre toi et le remède et t’empêcher d’accomplir des actes d’obéissance ? Qui est Celui qui change la sécurité en peur et la lâcheté en bravoure ? Et qui est Celui qui transforme l’aversion en amour et l’amour en aversion ?

Mon frère, ton remède est auprès de Lui ; ne le cherche donc pas chez quelqu’un d’autre. Et ta guérison est entre Ses Mains ; ne fatigue donc pas les médecins à ton sujet.

Allah détient les trésors de toute chose, et pourtant te voilà trompé, mendiant à la porte de ceux qui ne détiennent absolument rien  !

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Le cancer

La plus difficile des maladies est de ne pas la connaître ; plus difficile encore est de ne pas savoir que tu es malade ; et plus difficile encore est le fait que tu refuses d’écouter la recommandation du médecin. Ces trois choses se réunissent dans les maladies du cœur.

La maladie du cœur est cachée, et celui qui en est atteint peut l’ignorer ; c’est pourquoi il la néglige. Les maladies du cœur sont le cancer de l’âme. Leur danger réside dans le fait qu’elles sont semblables à une maladie sournoise qui se faufile vers toi sans que tu ne la sentes. Ici, il n’y a ni température qui augmente, ni tension qui grimpe, ni hémorragie douloureuse, ni blessure alarmante ; c’est pourquoi la médecine (traditionnelle), en ce cas, n’est d’aucune utilité.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله nous a dit  : « Le cœur d’un individu peut tomber malade et son état peut s’aggraver sans qu’il ne s’en rende compte. Cela est dû à la préoccupation qu’il a de ce bas-monde et au fait qu’il ne s’enquiert pas de l’état de son cœur ni des causes permettant d’atteindre sa salubrité. 
Pire encore, son cœur peut mourir sans qu’il ne le ressente. Le signe de cela est que les blessures des péchés ne lui causent aucune douleur, et que son ignorance du Livre et de la Sounnah ne l’afflige pas. 
S’il y avait encore de la vie dans son cœur, il ressentirait de la douleur face au péché ou à son ignorance de la vérité ; et l’intensité de cette souffrance serait proportionnelle à la vie qui s’y trouve.

Or, une blessure n’inflige aucune douleur à un mort. »

Ce qui rend la maladie du cœur bien plus dangereuse que celle du corps, c’est que son châtiment est éternel après la mort et ne cesse jamais, contrairement à la maladie du corps qui, elle, prend fin avec la mort. C’est aussi ce qui rend l’intérêt porté aux maladies du cœur indispensable et qu’il est prioritaire de se hâter à les guérir.

Assurément, toute maladie qui touche le corps de l’homme dans cette vie d’ici mondaine est pour lui une source de récompense. Mais si une maladie du cœur atteint ce dernier, elle n’est alors que péché et perdition dans cette vie d’ici-bas et après la mort. Si tu entrais dans une bataille et que l’ennemi apparent te tuait et te ôtait la vie, tu serais mort martyr. Mais si c’est l’ennemi intérieur qui prenait le dessus sur toi par les armes des ambiguïtés et des passions, tu serais alors mort banni [de la miséricorde d’Allah].

Et il y a une immense différence auprès d’Allah entre un martyr et un banni, une très grande différence.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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La faiblesse du malade

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit  : « Étant donné que le corps malade est affecté par ce qui n’affecte pas le corps sain – tels qu’une légère chaleur, un léger froid, un simple mouvement ou des choses similaires –, il en va de même pour le cœur : lorsqu’il est malade, il est affecté par la moindre ambiguïté ou passion, car il est incapable de les repousser lorsqu’elles se présentent à lui. Quant au cœur sain et fort, il est confronté à des choses bien plus puissantes que cela, mais il les repousse grâce à la force et la bonne santé dont il dispose. » 

Par conséquent, le cœur malade sera atteint mortellement par le moindre souffle de vent ou la moindre bourrasque de sable ; la moindre passion passagère ou faux pas provoquera sa tourmente. Il tombera dans le piège le plus évident que lui tendra le diable et se précipitera vers la plus simple des ruses de son ennemi. La cause de tout cela est la faiblesse de son cœur et l’effondrement de son système immunitaire.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

قال ابن القيِّم
 » ولما كان البدن المريض يؤذيه ما لا يؤذي الصحيح من يسير الحر والبرد والحركة ونحو ذلك ، فكذلك القلب إذا كان فيه مرض آذاه أدنى شيء من الشبهة أو الشهوة ، حيث لا يقدر على دفعهما إذا وردا عليه ، والقلب الصحيح القوي يطرقه أضعاف ذلك وهو يدفعه بقوته وصحته  » .
فمريض القلب أي نفحة هواء أو هبة تراب تصيبه في مقتل ، وأي شهوة عابرة أو زلة تتسبب في فتنته ، وأعرى فخ للشيطان يسقط فيه ، وأسهل مكيدة لعدوه يسارع إليها ، والسبب في ذلك كله ضعف قلبه وانهيار أجهزة المناعة لديه.

Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète ﷺ, a dit : «  Le Prophète nous a relaté deux événements ; j’ai vu le premier se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Ensuite, il nous informa de la manière dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme mentionné dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah). Tous ont refusé de le porter et en furent effrayés. L’homme s’en est alors chargé, par injustice envers lui-même et par ignorance.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète ﷺ nous informe que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et cela fait référence à la saine nature sur laquelle naît le serviteur. Après quoi, cette Foi augmente par ce qu’elle acquiert à travers l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que lorsqu’il s’établit fermement dans le cœur du serviteur, celui-ci accomplit ce qu’on lui a ordonné et s’écarte de ce qui lui a été interdit, en toute conformité et soumission.

Quant au second événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète ﷺ a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur : c’est de lui que jaillit le bien et que naît le mal.

Et si le cœur n’avait pour seule vertu que le fait d’être le réceptacle de la Foi, cela lui suffirait amplement. Mais il est également le réceptacle de la piété (At-Taqwâ). En effet, le Prophète ﷺ a dit : «  La piété se loge ici  », en désignant sa poitrine afin de signaler que son siège est le cœur, et lui seul.

Par conséquent, la piété ne se résume pas à une voix empreinte d’humilité, à des pleurs, ou encore au fait d’allonger la prosternation, ni à toute autre apparence dénuée de spiritualité et d’humilité. Elle est plutôt un secret intime déposé dans le cœur, dont Seul Allah a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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