Une exhortation au bien, à la générosité

2024-04-13 21.02.31

L’une des finalités de l’Islam est de bâtir une société qui repose sur une miséricorde et une compassion mutuelle, où règnent l’amour et la fraternité, et où l’amour du bien et de la générosité domine.

QUEL EXCELLENT MUSULMAN CELUI QUI AURA DONNÉ DE SON ARGENT. 

La générosité est une caractéristique des gens nobles. Le cercle de la générosité s’élargit lorsque les cœurs croyants s’y hâtent en dépensant dans le bien. L’Islam incite à cela, de telle façon qu’il apaise la poitrine du généreux et remédie à l’avarice de l’avare. Allah le Très Haut a dit : {Qui accordera à Allah un prêt gracieux, afin qu’Il le lui rende multiplié maintes fois ?} [S.2, v.245]. 

Celui dont l’argent ne le quitte pas, finira par s’en séparer lui-même lorsqu’il quittera ce monde. Allah dit : 

{Que de jardins et de sources, ainsi que de plantations et de somptueuses demeures ils laissèrent [derrière eux].} [S.44, v.25 – 26]. 

L’adoration [d’Allah] à travers l’aumône obligatoire et toute autre sorte de dépenses est un bienfait qu’Allah réserva aux gens fortunés. Qu’ils s’en réjouissent et s’en acquittent de bon cœur ! Car elle satisfait le Tout Miséricordieux, fructifie les biens et les protège des maux et de la perte. 

Le Prophète ﷺ a dit : « Quel excellent musulman celui qui aura donné de son argent au nécessiteux, à l’orphelin et au voyageur. » (Consensus d’Al-Boukhârî et Mouslim). 

Donner [de ses biens] élève [le rang de] la personne et est un signe de générosité. Plus l’âme est élevée, plus sa générosité est grande. Et la personne se trouvera sous l’ombre de son aumône le Jour de la Résurrection.

L’AUMÔNE, UNE CAUSE D’ÉPANOUISSEMENT. 

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Chaque fois qu’une personne fait une aumône, elle voit son cœur s’épanouir, sa poitrine s’élargir, sa joie se renforcer et son bonheur grandir. S’il n’y avait dans l’aumône que ce seul bénéfice, cela suffirait à inciter le serviteur à multiplier les aumônes et à s’empresser de le faire. » 

Il رحمه الله dit aussi : « L’aumône possède un effet étonnant pour repousser les maux, et c’est une chose qui est bien connue auprès des gens – autant chez les gens de science que les gens de la masse –. La population du monde entier affirme cela car ils l’ont mise en pratique. Les bienfaits d’Allah n’ont jamais été aussi bien attirés et Sa colère aussi bien repoussée que par le fait de Lui obéir, de se rapprocher de Lui et de faire preuve de bienfaisance envers Ses créatures. »

UNE PROTECTION CONTRE L’ENFER ET UNE GRANDE RÉCOMPENSE. 

Pars donc à la recherche des nécessiteux, même avec peu de choses ! Car en réalité, le peu [qui est dépensé] vaut beaucoup auprès d’Allah et protège du Feu. Le Prophète ﷺ a dit : « Ô ‘Âichah ! Protège-toi du Feu ne serait-ce qu’avec une moitié de datte. Car elle apporte à celui qui a faim la même chose qu’à celui qui est rassasié. » (Rapporté par Ahmad) 

Dépense le meilleur de tes gains et recherche ta récompense auprès d’Allah ! 

C’est par l’aumône que les biens sont bénis et que les âmes deviennent pures. Le croyant ne méprise donc aucune aumône, il se peut qu’une seule pièce d’argent dépasse [la récompense de] mille pièces. Celui qui fait preuve de générosité envers les serviteurs d’Allah, Allah se montre généreux envers lui par Ses faveurs et Sa grâce ; et la récompense est de même nature que l’œuvre. 

Lorsque Zayn Al-‘Abidîn رحمه الله mourut, les médinois virent s’interrompre l’aumône qui leur était faite en secret. Quand ils lavèrent son corps, ils virent sur son dos des traces noires causées par la farine qu’il portait la nuit pour les pauvres de Médine. 

Le Messager d’Allah ﷺ était le plus généreux des hommes et le plus charitable. S’il faisait aumône, c’était avec largesse ; s’il offrait, c’était généreusement ; et s’il donnait, il donnait comme celui qui ne craint pas la pauvreté. Prends donc exemple sur ton Prophète et pars rechercher les foyers des nécessiteux, des pauvres, des veuves et des orphelins. Car cela dissipera des afflictions, nourrira celui qui a faim, réjouira un enfant et préservera une famille.

NE SOIS PAS COMME L’AVARE MALHEUREUX !

Parmi les manières de remercier Allah il y a le fait de dépenser abondamment pour Ses serviteurs, pauvres et faibles, et faire entrer de la joie dans leurs cœurs. Aucune sorte d’avarice n’a permis de conserver l’argent, et aucune aumône et dépense ne l’ont fait disparaître. 

Ne sois pas comme l’avare malheureux ! Il s’épuise dans cette vie mondaine à amasser de l’argent alors qu’il sera jugé dans l’Au-delà pour ne rien avoir donné. Il n’est pas apaisé ici-bas à cause de la préoccupation qu’il a de l’argent, et ne sera pas sauvé de son péché dans l’Au-delà. Sa vie mondaine est semblable à celle des pauvres, or son jugement dans l’Au-delà sera celui des gens riches. 

Montre-toi donc humble envers les nécessiteux ! Donne-leur généreusement de ton argent ! Rapproche-toi d’eux et sens-toi concerné par leurs personnes ! Ne méprise aucun pauvre, car ce sont eux les plus nombreux au Paradis. Dépense d’une main et d’une âme généreuses, Allah bénira ainsi tes biens et tes enfants. L’aumône est un remède aux maladies et à ses symptômes, enquiers-toi donc des gens faibles et des nécessiteux. Dépense et tu seras pourvus. Fais leur miséricorde afin que l’on te fasse miséricorde ! Car la plainte du pauvre n’est due qu’au manquement d’une personne fortunée.

2024-04-13 21.02.46

Le comportement du musulman tiré des sermons de la Mosquée du Prophète ﷺ – Chaykh ‘Abd Al-Mouhsin ibn Mouhammad Al-Qâsim (Pdf)

Capture d’écran 2024-01-27 à 14.02.01

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Introduction

Louange à Allah, Seigneur de la Création. Prière et paix sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Par un effet de Sa grâce envers Ses serviteurs, le Seigneur leur a prescrit diverses œuvres ou adorations par lesquelles ils peuvent atteindre les plus jardins du Paradis. Certaines de ces adorations concernent le rapport du serviteur à son Seigneur auquel il doit soumission, auquel il doit vouer un culte exclusif et sincère et dont il doit reconnaître la perfection à tous les points de vue par la croyance en Ses noms et attributs.

D’autres de ces œuvres concernent le rapport du serviteur aux autres créatures avec lesquelles il doit se comporter de la meilleure manière, en les accueillant le visage souriant, en leur rendant service et en se gardant de leur causer de tort.

Or, nous avons prononcé dans la Mosquée du Prophète ﷺ plusieurs sermons en rapport avec le comportement requis de la part du musulman et les qualités morales du croyant que nous avons réunis et classés dans ce livre composé de treize de ces sermons – que nous avons intitulé : Le comportement du musulman tiré des sermons de la Mosquée du Prophète ﷺ.

Nous demandons à Allah de rendre ce livre profitable et de faire de cet ouvrage une œuvre qui Lui soit exclusivement et sincèrement vouée.

Prière et paix sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Dr ‘Abd Al-Muhsin ibn Muhammad Al-Qâsim

Imam et prêcheur de la Mosquée du Prophète ﷺ


Table des matières

Introduction

Le bon comportement 

Garder sa langue

La sincérité

La gratitude

La noblesse de caractère

La magnanimité et la circonspection

La générosité

La fidélité aux engagements

La miséricorde

La pudeur est entièrement bénéfique

Le mauvais comportement

 L’orgueil

La jalousie

L’injustice

Le châtiment de l’injuste

Le comportement du musulman tiré des sermons de la Mosquée du Prophète ﷺ (Pdf)

La voie du Prophète sur la façon de se comporter avec les enfants et les jeunes

1859649250انما-بعثت-835x321

Toutes les louanges appartiennent à Allah, nous Le louons, Lui demandons Son aide, et Son pardon.

Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal qui est en nous-mêmes et contre celui de nos mauvaises actions.

Celui qu’Allah guide nul ne peut l’égarer, quant à celui qu’Il égare nul ne peut le guider.

J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, L’Unique, Celui qui n’a aucun associé. Et j’atteste que Mouhammad est le serviteur d’Allah et Son messager.

Que la prière d’Allah soit sur lui, sa famille et ses compagnons, ainsi que Ses nombreux saluts.

Ceci dit :

Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah d’une crainte véritable, que ce soit en secret ou en apparence.

Ô musulmans : 

Allah le Très Haut a fait de la vie [de l’homme] un état de force entre deux états de faiblesses. Cet état de force est le pilier [de la communauté] dans cette vie mondaine et les fruits que l’on récolte dans l’Au-delà [si cela a été correctement utilisé]. L’âge des jeunes est donc l’état de force après celui de la faiblesse. Durant celui-ci, la détermination flamboie et les inspirations sont hautes. Tout au long des époques, les jeunes ont été d’un grand profit.

Le peuple d’Ibrâhîm عليه السلام dit à son propos : {Certains dirent : « Nous avons entendu un jeune homme, du nom d’Ibrâhîm, en dire du mal.} [S.21, v.60].

Allah dit concertant Yahyâ عليه السلام : {Nous lui avons donné la sagesse dès l’enfance.} [S.19, v.12].

Ibn Kathîr رحمه الله a dit en commentaire : « C’est-à-dire qu’on lui a donné la compréhension, la science, le sérieux, la détermination, l’accomplissement du bien et l’attention qu’il lui consacre ainsi que les efforts qu’il fournit dans sa cause, alors qu’il était un enfant. »

Allah dit concernant les gens de la caverne : {Il s’agissait de jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur et que Nous avons alors guidés plus encore.} [S.18, v.13].

Ibn Kathîr رحمه الله a dit : « Allah le Très Haut évoqua le fait qu’ils étaient jeunes, qu’ils étaient plus susceptibles de suivre la vérité et d’être plus guidés sur la voie droite que les personnes âgées. C’est pourquoi la majeure partie de ceux qui ont répondu à l’appel d’Allah et Son Messager étaient des jeunes. »

Parmi les sept personnes qu’Allah couvrira de Son ombre le Jour de la Résurrection : « Un jeune qui a grandi dans l’obéissance d’Allah. » (Consensus d’Al-Boukhârî et Mouslim).

Le comportement de notre Prophète ﷺ envers les jeunes Compagnons est le plus grandiose. Il était humble envers eux, il s’asseyait avec eux, les visitait, leur enseignait et contribuait à élever leurs déterminations. C’est ainsi que sortit d’eux la meilleure génération.

Parmi son humilité ﷺ, « quand il passait devant des enfants, il les saluait. » (Rapporté par Mouslim).

Ibn Battâl رحمه الله a dit : « Saluer les enfants faisait partie de son comportement éminent, de ses nobles caractères et de son humilité. »

Le Prophète se sentait extrêmement concerné par leur enseignement. Joundoub Ibn ‘Abd Allah رضي الله عنه a dit : « Nous étions avec le Prophète ﷺ quand nous étions jeunes – proches de la puberté –. Nous apprenions d’abord la foi avant d’apprendre le Coran, puis nous apprenions le Coran et cela fit augmenter notre foi. » (Rapporté par Ibn Mâjah).

Il veillait à leur inculquer la croyance. Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما a dit : « Un jour, j’étais derrière le Prophète ﷺ et il s’adressa à moi : « Ô mon enfant ! Je vais t’enseigner certaines paroles : préserve Allah, Il te préservera. Préserve Allah et tu Le trouveras avec toi. Si tu veux demander quelque chose, demande à Allah. Et si tu veux demander de l’aide, alors demande à Allah. » (Rapporté par At-Tirmidhî).

Pendant leur enseignement, il faisait preuve de bienveillance de diverses façons.

Parfois, il les prenait par leurs mains. Mou’âdh رضي الله عنه dit à ce propos : « Une fois, le Messager d’Allah ﷺ me prit par la main et me dit : “Je t’aime.” Mou’âdh lui répondit : “Et moi, par Allah, je t’aime aussi.” Le Prophète lui demanda : “Ne t’enseignerais-je pas des paroles que tu diras après chaque prière ?” “Oui”, répondit-il. Il dit alors : “Dis : Ô Allah ! Aide-moi à T’évoquer, Te remercier et à T’adorer d’une belle façon.” » (Rapporté par Al-Boukhârî dans « Al-Adab Al-Moufrad »). Parfois, il plaçait leurs mains entre les siennes. Ibn Mas’oûd رضي الله عنه a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ m’a appris les salutations finales (At-Tachahhoud) – alors qu’il tenait ma main entre les siennes – de la même manière qu’il m’apprenait une sourate du Coran. » (Consensus d’Al-Boukhârî et Mouslim).

Parfois, il les tenait par l’épaule. ‘Abd Allah Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ me prit par l’épaule et me dit : « Considère-toi dans cette vie mondaine comme un étranger ou un voyageur. » (Rapporté par Al-Boukhârî).

C’est pour sa douceur ﷺ dans la façon d’enseigner que les enfants venaient à lui et lui demandaient qu’il leur apprenne. Ibn Mas’oûd رضي الله عنه raconte : « J’ai demandé au Messager d’Allah qu’il m’enseigne le Coran. Il me caressa la tête de sa main et me dit : “Tu es un jeune garçon plein de savoir.” » (Rapporté par Ahmad).

Il patientait dans leur enseignement. Jâbir رضي الله عنه rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ nous enseignait la prière de consultation (Al-Istikhârah) dans tous les domaines, de la même manière qu’il nous enseignait une sourate du Coran. » (Rapporté par Al-Boukhârî).

Lire la suite

Il tire leçon de toutes choses

(Il est en cela des signes pour ceux qui méditent.) (Al-Hijr, v.75) Ceux méditent (Al-Moutawassimoûn – المُتَوَسِّمُونَ) sont ceux qui réfléchissent et tirent des leçons. Ils auscultent les choses, les contemples et en extraient des préceptes. Ils observent minutieusement jusqu’à connaitre la réalité de ce qu’ils observent à travers leurs attributs. 

Les gens de science ont dit : « At-Tawassoum – التَّوَسُّم (L’observation minutieuse, la méditation) provient du terme Al-Wasm – الوَسْم (l’attribut, la caractéristique, l’empreinte…). Il désigne un caractère distinctif sur lequel on s’appuie. On dit : « J’ai observé/vu (Tawassamtou – تَوَسَّمْتُ) qu’il était quelqu’un de bien quand je vis cela à ses traits. »

On trouve également la parole de ‘Abd-Allah Ibn Rawâhah[1] au Prophète ﷺ : 

« Assurément, j’ai vu (تَوَسَّمْتُ) en toi tout le bien que je connais,

Et Allah sait parfaitement que mon regard est persistant. » 

On dit (اتَّسَمَ الرَّجُل) quand une personne s’est attribué un signe par lequel on le reconnait. 

(Al-Wâsim – الواسِم) désigne celui qui te regarde de la tête au pied. 

Donc, le terme (At-Tawassoum – التَّوَسُّم) a pour origine le fait de s’assurer d’une chose et d’y réfléchir. Il provient du terme (Al-Wasm – الوَسْم) qui désigne également le marquage au fer que l’on applique sur la peau d’un chameau ou d’un autre animal.

Quant au pronom démonstratif : (Il est en cela), il renvoie à tout ce que contient l’histoire qui a été précédemment citée à partir de la Parole du Très Haut : (Et informe-les au sujet des hôtes d’Ibrâhîm (Abraham)) (Al-Hijr, v.51). On y trouve de très nombreux miracles et leçons, parmi eux : 

  • La descente des Anges à la demeure d’Ibrâhîm عليه السلام pour l’honorer.
  • L’annonce de la bonne nouvelle qui lui a été faite concernant la naissance d’un garçon plein de savoir.
  • Allah l’informa du châtiment avec lequel les Anges frapperont le peuple de Loût.
  • Le secours d’Allah pour Loût par le biais des Anges
  • Il l’informa également qu’Il sauvera Loût عليه السلام et sa famille. 
  • Qu’Allah anéantira son peuple et sa femme car elle a soutenu son peuple.
  • La preuve de l’aveuglement de ceux qui se sont égarés de la voie droite.
  • La preuve de la Colère d’Allah sur ceux qui persistent dans la désobéissance des Messagers.
  • Que cette colère est une humiliation pour ceux qui n’ont pas craint les signes d’Allah, car ils ne savent pas observer et réfléchir.
  • Cette histoire est une remontrance aux polythéistes de La Mecque qui n’ont pas tiré de leçon.
  • Et qu’ils seront atteints [s’ils persistent] par ce qui toucha les communautés avant eux dont ils connaissaient leurs histoires et voyaient leurs vestiges.
  • Cette histoire est également une remontrance pour les désobéissants et insouciants qui empruntent la même voie.

Les hommes du discernement et de la sagacité :

Cette sagacité et ce discernement ne s’obtiennent qu’après avoir vidé le cœur des préoccupations mondaines, l’avoir purifié de la souillure des péchés, des comportements corrompus et des exagérations dans le domaine du licite. Dès lors, c’est la vérité qui parcourra le cœur, non les illusions. Car le cœur alternait entre la contemplation des signes d’Allah et la clarté des actes d’obéissances, c’est ainsi que la lumière se déversa sur lui[2]. Dans ce sens, on trouve la parole d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Personne ne m’interroge sur une affaire sans que je sache si elle est érudite ou non. »

Il a été rapporté que Ach-Châfi’î et Mouhammad Ibn Al-Hasan étaient tous deux dans la cour autour de la Ka’bah quand ils virent un homme à la porte de la mosquée, l’un d’eux dit : « Je pense [que cet homme] est un menuisier. » Quant à l’autre de dire : « Je pense plutôt qu’il est forgeron. » Une personne présente s’empressa d’aller questionner cet homme qui lui répondit : « Auparavant j’étais un menuisier, mais maintenant je suis forgeron. »

Il a été rapporté de Joundoub Ibn ‘Abd-Allah Al-Bajalî رضي الله عنه qu’il arriva près d’un homme qui lisait le Coran, il s’arrêta et dit : « Celui qui lit [dans le but d’être entendu des gens], Allah fera entendre parler [en mal] de lui [le Jour de la Résurrection] ; et celui qui agit par ostentation, Allah le dévoilera [au gens]. » Nous lui dîmes : « C’est comme si tu avais désigné cette personne. » À cela il répondit : « En réalité, aujourd’hui celui-là vous lit le coran, et demain il sortira Haroûryan (Khârijî). » Effectivement, il devint par la suite la tête de ceux-là, son nom était Mirdâs.

Il a été rapporté d’Al-Hasan Al-Basrî que ‘Amr Ibn ‘Oubayd[3] entra auprès lui. Al-Hasan s’exclama : « Voici le maître des jeunes de Basorah, du moment qu’il n’innove pas. » Par la suite, cet homme (‘Amr) dit ce qu’il dit concernant le destin d’Allah (Al-Qadr) jusqu’à s’écarter totalement de ses frères. 

Il a été aussi rapporté qu’Al-Hasan dit à Ayyoûb (en parlant de ‘Amr) : « Voici le maître des jeunes de Basorah » sans ajouter l’exception.

Il a été rapporté selon Ach-Cha’bî qu’il dit à Dâwoûd Al-Azadî, alors que ce dernier voulait polémiquer : « Tu ne mourras pas tant que ton visage n’aura pas été brûlé par le fer ». Et c’est effectivement ce qu’il se passa. 

Il a été rapporté qu’un groupe de la tribu Madh-hij (مَذْحِج) alla voir ‘Oumar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه. Parmi eux se trouvait Al-Achtar qui s’approcha de lui. ‘Oumar leva ses yeux, le scruta du regard puis demanda : « Qui est cet individu ? »- « Mâlik Ibn Al-Hârith » répondirent-ils. « Qu’a-t-il ?! Qu’Allah l’anéantisse ! Je vois clairement un jour très dur pour les musulmans à cause de cet homme[4]. » Et lors d’un trouble [qui toucha les musulmans], il fit ce qu’il fit. 

Il a été rapporté de ‘Outhmân Ibn ‘Affân رضي الله عنه qu’Anas Ibn Mâlik alla le voir après avoir été au marché, où il avait regardé une femme. Lorsque ‘Outhmân le vit, il dit : « L’un d’entre vous vient me voir alors qu’il a dans ses yeux les traces du fornicateur ?! » Anas lui dit alors : « Serait-ce une révélation après celle du Messager d’Allah ﷺ ? » Il répondit : « Non ! Mais un signe et une sagacité. » Et il disait vrai.

Et nombreux sont ce genre d’histoires parmi les compagnons et les suiveurs (At-Tâbi’în), qu’Allah les agrée tous.

Les différents sortes de discernement et de sagacité :

Lire la suite

Si cela peut être obtenu par de simples souhaits, pourquoi se sont-ils fatigués et ont-ils abondamment pleuré ?

Il est des gens trompés par ce bas monde qui disent : « le paiement comptant est meilleur que le paiement différé, et ce bas monde est un paiement comptant, alors que l’au-delà est un paiement différé. » Voilà l’objet de la tromperie, car le paiement comptant n’est meilleur que le paiement différé que s’ils sont semblables, et il est connu que l’existence de l’homme jusqu’à son dernier souffle, par rapport à la durée l’au-delà n’en représente pas même le millionième. Celui qui prétend que le paiement comptant est meilleur que le paiement différé veut signifier : lorsqu’ils sont semblables, et c’est là ce qui a trompé les mécréants.

Quant à ceux qui commettent des péchés tout en gardant une croyance saine, ils s’associent aux mécréants en cette tromperie, car ils ont préféré ce bas-monde à l’au-delà ; mais leur cas est plus aisé que celui des mécréants, en ce sens que le fondement de la foi leur interdit le châtiment éternel. Certains pécheurs se fourvoient et disent : « Allah est Généreux et nous comptons sur Son pardon. » Ils peuvent même se duper par la piété de le leur parents, mais les savants ont dit : « Celui qui espère une chose la recherche, celui qui craint une chose la fuit, et celui qui espère le pardon tout en persévérant dans le péché est trompé. »

[…] Lire la suite

Le livre du pèlerinage, ses secrets, ses mérites, et ses règles de bienséance

hol_35_1

Il convient, pour celui qui veut accomplir le pèlerinage, de commencer par se repentir, réparer les injustices, rembourser les dettes, assurer les dépenses de tous ceux qui sont à sa charge jusqu’à son retour, et rendre les dépôts qui lui ont été confiés. Il doit emporter avec lui suffisamment d’argent licite pour son voyage aller et retour, sans avarice, d’une manière qui lui permette d’étendre ses provisions et d’être bienveillant envers les pauvres. Il doit également emporter avec lui de quoi s’entretenir physiquement, comme un siwâk, un peigne, un miroir, et une boîte à Khôl.

Qu’il fasse l’aumône avant son départ. S’il loue un chameau, qu’il montre au chamelier tout ce qu’il veut transporter, que cela soit minime ou important. Un homme dit à Ibn Al-Moubârak : « Peux-tu porter pour moi cette pièce de tissu à untel ? » Il lui répondit : « Pas avant que je ne demande la permission au chamelier. »

Il doit également rechercher un compagnon de voyage pieux, qui aime le bien et aide à le pratiquer, celui qui, s’il oublie lui rappellera, et s’il lui rappelle l’aidera, et si sa poitrine se sert le soutiendra. Que les compagnons de voyage désignent pour émir celui d’entre eux qui a le meilleur comportement et se montre le plus bienveillant envers ses compagnons. Il est nécessaire de désigner un émir car les opinions divergent et les choses ne vont pas d’elles-mêmes. L’émir doit être bienveillant envers ses compagnons, considérer ce qui est leur intérêt, et les protéger.

Le voyageur doit user de belles paroles, offre de la nourriture et faire preuve de nobles caractères, car le voyage fait surgir ce qui est enfoui dans le tréfonds de l’homme. Ainsi celui qui fait preuve d’un bon comportement durant le voyage, qui est source de contrariété, sera de meilleur comportement encore lorsqu’il est résident. L’adage (proverbe) dit : lorsqu’un homme est loué à la fois par ceux qui traitent avec lui dans sa vie de tous les jours, et par ses compagnons de voyage, ne doutez pas de sa rectitude.

Il convient de faire ses adieux à ses compagnons  et à ses frères résidents, solliciter leurs invocations, se mettre en route un jeudi à l’aube, accomplir chez soi deux unités de prières avant de sortir, confier ses proches et ses biens à Allah, et prononcer les invocations et formules de rappel rapportées du Prophète صلى الله عليه و سلم au moment de quitter sa maison, en s’installant sur sa monture et en descendant. Celles-ci sont connues et figurent dans de nombreux ouvrages consacrés aux rites du pèlerinage. De même concernant l’ensemble des rites comme la sacralisation, les circumambulations, le parcours [entre les deux monts], la station à ‘Arafah, et d’autres pratiques du pèlerinage, il faut accompagner cela de ce qui a été rapporté comme invocations, formules de rappel et règles de bienséance. Tout ceci est mentionné dans les ouvrages de fiqh et ailleurs, et c’est là qu’il faut aller les chercher.

Règles de bienséance intérieures et secrets du pèlerinage

Sache qu’on ne parvient à Allah qu’en se dépouillant et en se consacrant exclusivement à Son Service. Les ermites se retiraient dans les montagnes pour rechercher la proximité avec Allah, et le pèlerinage a été institué comme monachisme de cette communauté.

Parmi les règles de bienséance mentionnées est qu’il faut que le pèlerinage soit dénué de tout commerce qui occupe le coeur et le dissipe, afin qu’il se concentre sur l’obéissance à Allah, que le pèlerin soit hirsute, poussiéreux, à l’allure vétuste, et qu’il n’exagère aucune forme de parure.

Lire la suite

La réconciliation entre les musulmans

1405339210

Quelles sont les qualités requises chez celui qui veut faire la réconciliation entre les musulmans ?

Il devrait être indulgent et pieux, faire de bonnes œuvres, être juste et équitable en jugement afin d’être médiateur entre les gens par ce qu’Allah (Exalté Soit-Il) lui a accordé comme connaissance, clairvoyance, équité et modestie et afin qu’il intercède entre ceux à qui Satan a enjolivé la dissension et la dissidence.

Un réconciliateur doit également être généreux, accueillant et modeste. Il doit avoir la possibilité de dépenser de ses biens pour réconcilier les gens entre eux. Parmi les qualités de réconciliateur on distingue : les bonnes mœurs, la modestie, la générosité, la magnanimité, les bonnes paroles, l’éloquence et l’abstention de dire de mauvaises paroles.

Il doit être un médiateur par de bonnes paroles et un bon style, en étant bienveillant, bon et généreux. Si le cas nécessite d’inviter les gens à un repas ou de les aider, alors, il doit dépenser de ses biens afin de pouvoir parvenir à la réconciliation. En ce qui concerne la réconciliation, le médiateur doit également dépenser de ses biens, même si c’est par un prêt ou un emprunt. S’il s’engage à une charge quelconque, il doit emprunter des biens de quelques-uns de ses frères pour réconcilier entre les parties en discorde que ce soit des tribus, des familles, des frères ou autres. Ainsi, il pourrait avoir besoin de dépenser de l’argent même à travers l’emprunt d’une certaine somme. On peut lui donner une somme provenant de la Zakât s’il s’engage à la réconciliation. Un réconciliateur est digne d’être aidé et d’être soutenu, même par l’argent de la Zakât. Il y a un Hadith authentique dans lequel le Messager (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) a dit : « Demander de l’argent (de l’aumône) n’est permis que dans trois cas ». Et il a cité celui où un homme veut obtenir l’argent versé en vue de réconcilier des parties adverses, dans ce cas, la demande d’aumône est légitime jusqu’à ce que l’homme obtienne l’argent demandé, et il devra s’abstenir d’en demander davantage. » [Rapporté par Mouslim dans son Sahîh (recueil de Hadiths authentiques)].

Cheikh ‘Abd Al-‘Azîz ibn Bâz (Qu’Allah lui fasse miséricorde)

Source : Al Iftâ