Conseils aux époux – Chaykh Soulaymân Ar-Rouhaylî (Vidéo)

Le cancer

La plus dure des maladies est de ne pas la connaître ; plus dur encore le fait d’ignorer que tu es malade ; et encore plus dur le fait que tu refuses d’écouter la recommandation du médecin. Ces trois choses-là se réunissent dans les maladies du cœur.

La maladie du cœur est cachée et celui qui en est touché peut l’ignorer, voilà pourquoi il la néglige. Ces maladies sont le cancer de l’âme. Leur gravité est telle qu’elle est semblable à une maladie sournoise qui se faufile vers toi sans que tu ne la sentes. Là, il n’y a pas de température qui augmente, ni de tension qui grimpe, ni d’hémorragie douloureuse ou encore de blessure alarmante ; c’est pourquoi la médecine (traditionnelle), ici, n’est pas profitable.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit  : « Le cœur d’un individu peut tomber malade et son état peut s’aggraver sans qu’il ne le sache. Cela est dû à la préoccupation qu’il a de ce bas-monde et qu’il ne cherche pas à connaître l’état de son cœur et les causes permettant d’atteindre sa salubrité. 
Pire encore, son cœur peut mourir sans qu’il ne le ressente. Et la preuve est que ni les effets des péchés, ni l’ignorance qu’il a du Livre et de la Sounnah ne le blesseront et lui causeront du tort [physiquement]. 

Donc, s’il y a de la vie en son cœur, il ressentira de la douleur face à un péché ou à son ignorance de la vérité. Et l’intensité de cette souffrance est en fonction de la vie qui s’y trouve.

Et le mort ne ressent pas la souffrance de la blessure»

Ce qui rend la maladie du cœur bien plus dangereuse que celle du corps est que son châtiment est éternel après la mort et ne cessera jamais, contrairement à la maladie du corps qui, elle, s’achève avec la mort. Et c’est aussi cela qui rend l’intérêt accordé aux maladies du cœur indispensable et qu’il est prioritaire de se hâter à les guérir.

Assurément, toutes maladies qui touchent le corps de l’homme dans cette vie d’ici-bas seront pour lui une récompense. Mais si une maladie [parmi celles du cœur] touche ce dernier, alors celle-ci n’est que péché et perdition dans cette vie d’ici-bas et après la mort. C’est comme si tu pénétrais le champ de bataille et que l’ennemi face à toi te tuait et te ôtait la vie, tu serais mort martyr. Mais si c’est ton ennemi intérieur qui avait pris le dessus sur toi par ses ambiguïtés et ses passions tu serais alors mort banni [de la miséricorde d’Allah].

Et il y a une grande différence auprès d’Allah entre un martyr et un banni, une très grande différence…

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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La faiblesse du malade


Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit  : «Le corps du malade est plus vulnérable que le corps de celui qui est en bonne santé. La moindre chaleur, le moindre froid, un simple mouvement ou toute chose similaire peuvent lui porter préjudice. Il en va de même pour le cœur malade qui s’affecte à la moindre ambiguïté et passion car si elles se présentent à lui il ne pourra les repousser  ; alors que le cœur sain et fort, même si se heurte à lui plus fort que cela, pourra les repousser de par la force et la bonne santé dont il dispose. » 

Par conséquent, celui qui est malade du cœur, n’importe quel souffle de vent ou tempête de sable atteindront ses points vitaux, toute passion ou obstacle qui le frôlent provoqueront sa tourmente, il tombera dans le piège le plus apparent que lui tend le diable, et il se précipitera vers la plus simple des ruses de son ennemi. La cause de tout cela est la faiblesse de son cœur et l’effondrement de son système immunitaire.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

قال ابن القيِّم
 » ولما كان البدن المريض يؤذيه ما لا يؤذي الصحيح من يسير الحر والبرد والحركة ونحو ذلك ، فكذلك القلب إذا كان فيه مرض آذاه أدنى شيء من الشبهة أو الشهوة ، حيث لا يقدر على دفعهما إذا وردا عليه ، والقلب الصحيح القوي يطرقه أضعاف ذلك وهو يدفعه بقوته وصحته  » .
فمريض القلب أي نفحة هواء أو هبة تراب تصيبه في مقتل ، وأي شهوة عابرة أو زلة تتسبب في فتنته ، وأعرى فخ للشيطان يسقط فيه ، وأسهل مكيدة لعدوه يسارع إليها ، والسبب في ذلك كله ضعف قلبه وانهيار أجهزة المناعة لديه.

Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète ﷺ, a dit : «  Le prophète nous a relaté deux événements ; j’ai pu voir le premier de ces deux événements se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Puis il nous informa sur la façon dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur, […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme contenu dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah). Tous ont refusé et en furent effrayés. L’homme s’en est alors chargé, par injustice envers lui-même et ignorance.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète ﷺ nous a informé que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et ceci fait référence à la saine nature sur laquelle nait le serviteur. Après quoi, cette foi augmente par ce qu’elle acquiert suite à l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que si celle-ci s’établit fermement dans le cœur du serviteur, il accomplira ce qu’on lui a ordonné et s’écartera de ce qui lui a été interdit en toute conformité et soumission.

Quant au deuxième événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète ﷺ a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur, et de lui jaillit le bien et nait le mal.

Et si le cœur n’avait comme vertu que le fait d’être le récipient de la Foi, elle lui aurait amplement suffit. Mais il est également le récipient de la piété (At-Taqwâ), et assurément le Prophète ﷺ a dit : «  La piété se loge ici  » en indiquant sa poitrine afin de signaler que l’endroit où se trouve la piété est le cœur, et seulement lui.

Par conséquent la piété ne se résume pas à l’intonation d’une voix humble, à des pleurs, ou encore le fait d’allonger la prosternation, ou toute autre chose faisant partie des apparences dénuées de toute spiritualité et humilité. En revanche elle est un secret intime déposé dans le cœur dont Seul Allah en a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Les obstacles

Il incombe à l’individu de prendre garde aux obstacles qui obstruent son cheminement vers Allah عز وجل et Son agrément. Ces obstacles sont aux nombres de trois : Le polythéisme, l’innovation religieuse et les pêchés sous toutes leurs formes.

Le traitement du polythéisme est la sincérité dans l’unification d’Allah عز وجل et de ne vouer l’adoration qu’à Lui seul. Celui de l’innovation religieuse est de s’attacher à la tradition prophétique (As-Sounnah) et de suivre la guidée du Prophète صلى الله عليه وسلم. Quant aux pêchés, il faut s’en écarter et s’en repentir sincèrement lorsque l’on en commet un.

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr – حفظه الله –

العوائق

الواجب الحذر من العوائق التي تعوق المرء في سيره إلى الله وبلوغ رضوانه، وهي ثلاثة: الأول الشرك بالله، والثاني البدعة في دين الله، والثالث المعاصي بأنواعها ؛ أما عائق الشرك فالسلامة منه تتم بإخلاص التوحيد لله وإفراده جلّ وعلا بالعبادة . وأما عائق البدعة فالسلامة منه تكون بلزوم السنة والاقتداء بهدي النبي صلوات الله وسلامه عليه . وأما عائق المعصية فبمجانبتها وبالتوبة النصوح عند الوقوع في شيء منها.

Source : al-badr.net (traduit pas le site Le Cœur des Croyants.)

Il est le seul à être profitable

Allah عز وجل a dit : (Le jour où ni richesses, ni enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui viendra à Allah avec un cœur sain.) [Sourate Ach-Chou’arâ, v.88-89]

Ainsi, ni la parole ne profite et ni l’œuvre n’intercède, mais c’est bien la salubrité du cœur qui est le fondement de toute réussite ; tout comme sa corruption qui est la base de tout mal.

Mais qu’est-ce qu’un cœur sain ?!

La réponse est qu’il est un cœur préservé de toute chose hormis l’adoration de son Seigneur.

Le Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « Le cœur sain et louable est celui qui veut le bien, non le mal ; et la complétude de cela réside dans le fait qu’il sache ce qu’est le bien [pour l’accomplir], et le mal [afin de s’en écarter]. Mais s’il ne connait pas le mauvais, alors ceci est un manquement de sa part et il est blâmé pour cela. »

Observe comment Allah a fait des biens et des enfants une richesse. Comme si cela signifiait « Ce jour-là, nul richesse ne profitera à quelqu’un hormis celle de celui qui se présentera devant Allah avec un cœur sain. »

Car la véritable richesse d’un homme réside dans sa religion par la salubrité de son cœur, et sa richesse mondaine se trouve dans les biens et les enfants.

Et c’est l’une des significations « d’un cœur sain » : sain de la tentation des biens et des enfants.

Mais un étudiant remarquable parmi ceux du Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah expliqua le « cœur sain » de manière approfondie pour y enlever toute confusion et ambiguïté, et nous faire parvenir le sens voulu avec facilité ; ainsi Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Le cœur sain est celui qui est sain du polythéisme, de la rancœur, la haine, la jalousie (Al-hasad), l’avarice, l’orgueil, l’amour de ce bas monde et l’amour du pouvoir. Qui est sain de toute chose l’éloignant d’Allah, de toute ambiguïté contredisant le Livre et la Tradition Prophétique (As-Sounnah), de toute passion s’opposant à Ses ordres et interdits, de toute volonté contestant celle d’Allah et tout obstacle pouvant l’écarter de Lui.

Tel est le cœur sain dans un paradis précipité[1] ici-bas, dans un paradis[2] dans le Barzakh[3] et dans un paradis le Jour Dernier.

Et la salubrité du cœur sera entièrement complète lorsque qu’il se sera préservé de 5 choses :

  • Du polythéisme, qui s’oppose à l’Unicité (At-Tawhîd)
  • De l’innovation, qui contredit la Sounnah
  • De la passion [des choses mondaines], qui contredit les obligations et interdictions [divines]
  • De l’insouciance, qui s’oppose à l’évocation [d’Allah]
  • De la passion [de toute croyance ou point de vue], qui s’oppose au détachement du cœur de toute chose [sauf d’Allah et Son Messager] et de la sincérité. »

Et voici ce qui est dit dans la sourate Qâf : ([Et on leur dira] : « Voilà ce qui vous a été promis pour celui qui revient incessamment [vers Allah] et respecte [les prescriptions divines], celui qui redoute le Tout Miséricordieux sans Le voir, et qui vient à Lui avec un cœur repentant.) [Verset 32-33]

Médite Sa parole dans la sourate Ach-Chou’arâ (qui vient) (أتى) et celle dans sourate Qâf (qui vient) (جاء), comme si ton Seigneur voulait te dire : « Viens vers Moi avec un cœur sain, porté à l’obéissance, pour te sauver de Mon châtiment et que tu obtiennes Mon agrément. »

Ainsi, Ô mon frère, toi seul est en mesure de venir avec un tel cœur, personne d’autre.

Et inversement, il se peut qu’un serviteur entre dans le Feu [de l’Enfer] à cause de son cœur tout comme cela est mentionné par le Très Haut : (Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’Enfer. Ils ont un cœur, mais ne comprennent pas.) [Sourate Al-A’râf, v.179]

De surcroît, la situation du serviteur dans sa tombe n’est que le reflet de l’état de son cœur dans cette vie mondaine. C’est ce qu’atteste Ibn Al-Qayyim رحمه الله dans son livre « Zâd Al-Ma’âd » en ajoutant : « L’état du cœur du serviteur dans la tombe est semblable à l’état du cœur dans la poitrine, que cela concerne les délices, le châtiment, le resserrement et l’épanouissement. »

[1] Correspondant à la quiétude et sérénité du cœur. (Note du traducteur)

[2] Correspondant aux délices de la tombe. (Note du traducteur)

[3] Al-barzakh désigne le temps qui sépare la mort d’une personne à sa résurrection le Jour Dernier. (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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La suspicion

‘Abd Allah Ibn Mas’oûd a dit : « Celui qui s’est fait volé et qui ne cesse de s’adonner à la suspicion finira par devenir pire que le voleur. » (Al-Adab Al-Moufrâd d’Al-Boukhâry 289)

La suspicion (التظني) est le fait de conjecturer. La base étymologique de ce terme est التظنن mais la dernière lettre ن fut remplacée par un ي.

Cela signifie que si la personne s’est faite volée quelque chose tu la vois se lancer dans les conjectures et les suspicions. « Je pense que c’est untel, j’en suis même sur car je l’ai vu à tel endroit. » Puis elle commence à se lancer dans les accusations, la médisance et dans de grands péchés à tel point que son péché devient plus grand encore que celui du voleur.
Et dis toi que cela est aussi valable pour toutes les erreurs et les déviances quelles qu’elles soient.

Par exemple : un individu a été touché par le mauvais oeil et éprouve un mal soit dans son corps, soit dans certains biens qu’il possède. C’est alors qu’il commence à se lancer dans ce genre de suspicions et d’accusations : « C’est untel ! Non, c’est plutôt untel ! Je sais d’untel telles et telles choses. » Il se précipite dans de fausses accusations et prétentions contre l’honneur de ses frères sans aucune preuve. Il s’en prend à leur honneur par la médisance, la calomnie, l’injustice et leur cause un immense mal. Ainsi, son cas devient plus grave et dangereux que celui qui lui a porté l’oeil, que cela ait été fait par jalousie ou non.

Chaykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr

قال عبد الله بن مسعود رضي الله عنه: «مَا يَزَالُ الْمَسْرُوقُ مِنْهُ يَتَظَنَّى حَتَّى يَصِيرَ أَعْظَمَ مِنَ السَّارِقِ» الأدب المفرد للبخاري (289).
التَّظَنِّي إعمال الظن، أصلها التَّظَنُّنُ أُبدلت النون الأخيرة ياءً، أي أنه إذا سرق منه متاع يبدأ يُعمل فكره في الظنون « أعتقد أنه فلان ، بل إنه فلان ، نعم لقد رأيت فلانا في ذلك المكان » ، ثم يدخل في تُهم وغيبة ووقيعة ونميمة وآثام عظيمة ، حتى إن حاله لتصبح أعظمَ إثما من إثم السارق . وقُل مثل ذلك في سائر الأخطاء والمخالفات . وعلى سبيل المثال : قد يصاب المرء بالعين فيتضرر إما في بدنه أو في بعض ممتلكاته فيبدأ في هذه الظنون والتهم : « إنه فلان ، بل هو فلان ، إنني أعرف من فلانٍ كذا » ، ويخوض في أعراض إخوانه تُهمًا باطلة ودعاوى زائفة لا تقوم على دليل ، يخوض في أعراضهم غيبةً ونميمةً واستطالةً وأذًى عظيما ؛ فتكون حاله أشدَّ حالًا من العائن الذي حسده أو أصابه بالعين

Source : http://al-badr.net/muqolat/4914 (traduit par Le Coeur des Croyants)

Récitation de la sourate « Al-Qalam » [La Plume] (Lecture As-Soûsî) – Chaykh ‘Abd Ar-Rachîd As-Soûfî (Vidéo)

« Empressez-vous d’accomplir le bien » – Dernier sermon du Chaykh Sâlih Taha Aboû Islam رحمه الله (Vidéo)

Le dernier sermon prononcé par Chaykh Aboû Islam Sâlih Taha, qu’Allah lui fasse miséricorde, quelques semaines avant son décès.
Il fut l’un des proches élèves de Chaykh al Albânî et officiait dans sa mosquée à Amman depuis plus de 30 ans.

Dans cette vidéo, le Chaykh apparaît faible et fatigué.
En effet, il luttait contre une maladie grave depuis de longs mois déjà.
Il est mort le mardi 03 octobre 2017.
Qu’Allah le récompense pour les conseils qu’il prodigua à la communauté durant son vivant et qu’Il le fasse rejoindre les Prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux.

Source : la chaîne Youtube « Cours religieux »

 

Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il y a parmi les cœurs celui qui est à l’image d’une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’exemple d’une demeure obscure avec, sur son toit, une lampe éclairante, tandis que son intérieur est ténèbres.
D’ailleurs le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde pas vos apparences ni vos biens, mais en revanche Il regarde vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur et ce, même si les ventres sont vides (pris par la faim) et que les vêtements sont usés.
Et le hadîth a mis en évidence le fait que le cœur est l’endroit que le Seigneur regarde.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne avec un intérieur corrompu.

Qu’il est bien étrange celui dont sa préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir avec tout ce qu’il lui est possible et ce, afin que personne ne puisse voir un quelconque défaut ; alors qu’il ne se préoccupe pas de ce que contient son cœur qui est pourtant l’endroit qu’observe Le Créateur, ni de sa purification et de son ornement afin que son Seigneur ne voie aucune souillure en lui, ni aucun mal, et qu’aucune créature ne prenne Sa place.

Et il y a une autre signification du hadîth qu’Ibn Al-Jazarî رحمه الله  a évoqué : « Le regard, ici, est une préférence, une miséricorde et une clémence. Car le regard est, en réalité, une preuve d’amour, alors que le détourner indique l’aversion et la répulsion. »

Médite ce qui va suivre et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut être, à première vue, une désobéissance alors que celui qui l’a commise est récompensé, comme le fait de prononcer une parole de mécréance sous la contrainte alors que son cœur est serein sur la foi ou de boire une boisson enivrante à son insu.
En revanche, il se peut que l’apparence d’un acte soit la bienfaisance cependant son auteur est dans le Feu, tel l’individu qui s’est fait tué sur le champ de bataille afin que les gens parlent de sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien pour que les gens fassent des éloges sur sa bonté, ou encore celui qui lit le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent, le cœur, dans toutes ces situations, est soit dans le box des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Observe la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) a été commis sur Terre, quiconque y aura assisté et l’aura réprouvé sera comme celui qui n’y avait pas assisté ; quant à celui qui n’y aura pas assisté mais qui aura agréé celle-ci, alors il sera comme s’il y avait assisté [et ne l’a pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime et pourtant, il est le premier des accusés, et son nom est inscrit parmi les pêcheurs.
Et un autre qui a assisté personnellement au crime, l’a vu de ses propres yeux, mais, malgré cela, le verdict prononcé à son encontre est l’innocence !
Et la cause de tout ceci est exclusivement le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou bien a péché en l’agréant.

Il y a dans ce hadîth une bonne annonce et un avertissement :

  • Une bonne annonce pour celui qui a été contraint à être présent en un lieu où Allah est désobéi et qui ne peut réprouver cette désobéissance ni par sa main, ni par sa langue, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent il convient au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.
  • Et un avertissement pour l’individu dont Allah voulut le bien mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il voulut préserver des choses blâmables mais qui refusa (cette préservation) pour s’y adonner pleinement ; et celui dont Allah épargna la présence à l’endroit du péché mais qui s’y déplaça avec son cœur et son âme ; c’est ainsi qu’il fut puni au même titre que celui qui l’a commis.

Ainsi est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique ; et en dépit de la dureté qu’a ce mot sur l’âme il est pourtant le terme employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance pour sa communauté le fait qu’il nous ait clairement mis en garde contre cette fornication [du cœur] par sa parole : « Et la fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’ signifie que le cœur désire l’accomplissement d’une chose que l’âme envie parmi les passions[4]. »

Le cœur a, tout comme les membres, des acquisitions [bonnes ou mauvaises] et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a annoncé qu’Il jugera sur ce qu’aura acquis le cœur par la récompense et le châtiment, Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’action du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Si deux musulmans s’affrontent à l’épée, puis que l’un des deux tue l’autre, alors le tueur et le tué sont dans le Feu [de l’Enfer]. Quelqu’un dit : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur on comprend, mais pourquoi également le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment la mort de son adversaire. »[5]

Par conséquent ce musulman, [le tué], entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparence et le caché :

Oui, l’aspect du cœur est la base ; ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme avec l’intérieur alors ce qui est dans le cœur est véridique. Mais si cet extérieur le contredit, cela prouve que ce qu’il y a en lui est mensonger.

Egalement, la validité de l’apparence et de son acceptation auprès d’Allah dépend du cœur. Les gens quant à eux ne sont chargés que d’accepter l’apparence [d’autrui] et de juger sur celle-ci, c’est Allah qui se charge de ce qui est caché [en eux].
Et c’est ce qui est voulu ici par les deux attestations[6], c’est-à-dire le fait qu’elles soient un message concret pour l’humanité, perçu par les sens et faisant embrasser l’Islam celui qui les prononce.
Tandis qu’Allah est le Seul parfaitement informé de ce qui est imperceptible et contenu dans le cœur. De plus, les hypocrites ont eux-mêmes prononcé ces deux attestations, ainsi, leur sang est devenu prohibé ici-bas ; par contre leur demeure finale est le plus bas niveau de l’Enfer pour ce que recelaient leurs cœurs.

Et enfin, observez le lien existant entre l’apparence et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. Par conséquent, l’amour d’Allah dans le cœur entraîne inévitablement le suivi des membres, et si ce n’est pas le cas, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et fausseté.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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