Ses médecins sont malades

La médecine des cœurs est une des sciences qui se sont raréfiées à notre époque. Il en résulta l’accroissement des maladies [du cœur] et leur propagation à tel point que beaucoup de nos savants, qui portent nos remèdes[1], ont été touchés.

Ainsi, leurs esprits mémorisèrent les explications de livres et de Moutoûn alors que leurs membres ont oublié la [bonne] guidée et le [rappel] de la mort. Leurs langues disent qu’ils sont des gens de science alors que leurs actes déclarent qu’ils sont des ignorants.

La majeure partie des savants de notre époque sont de deux catégories :

  • Une catégorie de savants absorbés par les biens de ce bas monde, haletants dans leur course derrière cette vie mondaine dont l’amassement ne les fatigue nullement, et qui passent leur vie à travers les délices mondains. Ceux-là, cette vie d’ici-bas a entièrement pris le contrôle de leur cœur. Et la crainte de la pauvreté et l’amour de la course aux richesses sont devenus inhérents à celui-ci.

La plupart de ces savants ont été poussés [par les gens du pouvoir] à devenir ainsi ; on a voulu d’eux qu’ils courent derrière les gains et qu’ils s’y investissent dans le but d’acquérir de la subsistance. Il leur a été donné en échange [de leur service et de leurs fatâwa] tout juste de quoi subsister. Juste le nécessaire pour vivre !! Et ce, afin qu’ils restent emportés dans la tornade et prisonniers dans la meule à la solde de ces gens-là. Ils n’atteignent jamais leurs espérances, ni ne délaissent la course vers quoi ils aspirent ; voilà pourquoi ils ont oublié leur plus grande et leur plus noble tâche qu’est l’héritage des prophètes et l’accomplissement de la fonction des messagers.

  • Et une autre catégorie qui, quant à elle, s’est simplifiée le chemin [du mal] en agréant les interdits « faciles »[2], et en agréant l’ambiguïté que la masse ne peut distinguer et donc l’accepter facilement.

Ils ont pris leur foi telle une marchandise dont ils vendent une partie, ou sa totalité, obtenant ainsi leur récompense dans la renommée, la gloire, dans de nombreux biens et l’argent. Ce sont en réalité des gens hypocrites et habiles qui se sont ornés pour les gens et pour se rapprocher des gouverneurs. Ils cherchent [toujours] les facilités qu’ils utilisent pour émettre leurs fatâwa. Leur habitude est la duperie et leur voie celle de l’hypocrisie ; voilà pourquoi le fléau s’est généralisé et que le remède a décliné.

Et c’est ce qui se passa du temps du grand savant, al moujâhid, ‘Abd-Allah Ibn Al-Moubârak رحمه الله lorsqu’il vit que l’un de ses frères commença à emprunter cette voie-là. Il accompli ce qui lui incombait en lui prodiguant immédiatement conseil et lui tendant la main. Et quelle biographie que celle d’un homme tel qu’Ibn Al-Moubârak ! Elle est similaire à la senteur suave des roses que le vent transporte d’une colline à une autre et d’une époque à une autre franchissant ainsi les portes du temps et des contrées pour nous rapporter de lui ce qui suit : lorsqu’Ibn Al-Moubârak fut informé qu’Ismâ’îl Ibn ‘Oulyyah supervisa les aumônes, il lui écrivit des vers de poésie qui sont valables pour toutes les époques où s’est répandu ce mal en disant :

Ô toi qui a fait de la science un faucon,

Par lequel il chasse les biens des pauvres gens

Tu as rusé pour cette vie mondaine et ses délices

D’une ruse qui te dépossèdera de la religion.

Tu es devenu follement épris de cette vie d’ici-bas

Après avoir été un remède pour les malades.

Où sont passés les ahâdîth que tu as rapporté

D’Ibnou ‘Awn et d’Ibnou Sîrîn ?

Où sont passés les ahâdîth que tu as évoqué

Quant au fait de s’attacher aux portes des gouverneurs ?

Si tu répondais « j’ai été contraint » alors qu’as-tu fais pour te sauver ?

Tu es tombé dans ce dont tu mettais en garde.

Lorsqu’il lut cet écrit, il pleura et demanda à être démis de ses fonctions.

Si la mort du cœur a bien des caractéristiques qui se différencient d’une personne à une autre et d’une profession à une autre, la plus significative et célèbre d’entre elles [que l’on trouve] chez les gens de science est celle qu’a défini Mâlik Ibn Dînâr رحمه الله en disant : « J’ai questionné Al-Hasan : « Quel est le châtiment de l’homme de science ? » Il répondit : « La mort du cœur. » – « Et qu’est-ce que la mort du cœur ? » lui demandais-je. Il dit : « Vouloir cette vie d’ici-bas avec les œuvres de l’au-delà. »

Ceux-là, Rabî’ah Ar-Ra°y رحمه الله les nomma « les abjects » et « les plus vils ». Mâlik Ibn Anas a rapporté : « Mon professeur Rabî’ah Ar-Ra°y m’a demandé : « Ô Mâlik ! Qui sont les abjects ? » Je répondis : « Ceux qui se nourrissent en usant de leur religion. » Puis il ajouta : « Et qui sont les plus vils ? » Je dis alors : « Ceux qui profitent aux autres au détriment de leur religion.»

Ils extériorisèrent la religion pour Allah

Alors que c’est autour du dinar qu’ils tournaient

Pour lui (le dinar) ils jeûnèrent et prièrent

Et pour lui ils accomplirent le pèlerinage et la visite (‘Oumrah)

Si [le dinar] était plus éloigné encore que les Pléiades

Et qu’ils avaient des ailes, ils s’envoleraient pour l’atteindre.

L’homme de science mauvais qui n’œuvre pas avec sa connaissance est une épreuve et une nuisance pour lui-même et pour les autres ; il est semblable à un rocher obstruant la source d’un fleuve ; ni il n’absorbe l’eau et ni ne la laisse passer pour alimenter les cultures… Faites-nous miséricorde et laissez-nous Ô savants du mal !!

Si l’érudit s’égare et que des gens le suivent

Ils s’égareront avec lui, puis ils périront tout comme il périra

A l’exemple d’un navire qui, lorsqu’il se brise sur une vague

Chavire et emporte avec lui tous ses passagers.

[1] Car ce sont eux qui orientent les musulmans, les conseillent, les soignent de l’ignorance à travers leur science… (Note du traducteur)

[2] Tels ceux commis avec la langue pour arriver à leurs fins (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Le renversement (Al-Inqilâb)

Le cœur (Al-Qalb) est le membre du corps le plus délicat et qui s’affecte le plus rapidement par ce qui l’entoure et le frôle. En outre, témoigne de sa délicatesse le fait que la moindre pensée, ou idée, a des répercussions sur lui ; et le peu qui le touche peut, en réalité, occasionner beaucoup de choses. Les maladies (tels que les ambiguïtés, passions et vices…) atteignent le cœur en un instant ; il est extrêmement dur pour lui de les fuir, et il est très proche du retournement.

Par conséquent, même si le cœur de la personne est pur un certain temps, ou qu’il est ferme sur la foi (Al-Îmân) et se délecte de celle-ci par moment, il est certainement exposé au retournement. Car cela est la nature du cœur, et c’est de ce retournement-là que provient son nom.

Al-Qourtoubî رحمه الله a dit en expliquant la signification du terme « cœur (Al-Qalb)» : « Al-Qalb est en réalité une forme nominale [du verbe (QaLaBa – قَلَبَ)]
On dit :
– (قَلَبْتُ الشَّيءَ, أَقْلِبُهُ, قَلْباً) c’est-à-dire que j’ai remis cette chose dans son état initial.

– (قَلَبْتُ الإناءَ) signifie que j’ai retourné le récipient, en l’inversant.

Par la suite, ce terme évolua désignant ainsi ce membre, qui est le plus noble, dû à la rapidité des pensées qui le traversent et de leurs agissements sur lui.
Comme il a été dit :

Le cœur n’a été nommé ainsi qu’à cause de son retournement.

Sois-donc attentif à ton cœur contre tout renversement et changement. »

Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Le cœur a été nommé Qalb car il se retourne. Le cœur est semblable à une plume accrochée à un arbre dans un désert que le vent retourne. »[1]
Le cœur peut se retourner de manière extrême et changer soudainement. D’ailleurs, le Prophète صلى الله عليه  وسلم nous donne un exemple : « Le cœur des enfants d’Âdam se retourne plus rapidement que l’eau de la marmite [sur le feu] met à bouillir. »[2]

Bien entendu, il est impossible que le cœur du croyant reste sur un degré élevé de foi qu’il ressent après l’accomplissement de grandes adorations, ou suite à de nombreuses périodes remplies de bien et de faveur[3]. Ceci, car le cœur est considérablement préoccupé par cette vie mondaine, ses délices et ce qui le touche comme joie et tristesse. De même, il est exposé aux guerres incessantes que le diable mène contre lui, ainsi qu’à la duperie des juifs concernant l’exhibition de l’intimité (Al-‘awrah) [de l’homme et la femme] et leur prêche pour les passions.

Malgré tout, j’aimerais à la fois te rassurer et t’effrayer du moment que le retournement des cœurs est uniquement dans la Main d’Allah.
Le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « Tous les cœurs des enfants d’Âdam sont entre deux doigts du Miséricordieux, comme s’il s’agissait d’un seul cœur qu’Il oriente dans la direction qu’Il veut. » puis le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم ajouta : « Ô Toi qui oriente les cœurs ! Oriente nos cœurs sur Ton obéissance ! »[4]

Mon frère (Ma sœur) … tu as prié aujourd’hui cinq prières, alors réponds-moi sincèrement : Combien de fois as-tu invoqué Allah par cette invocation ?! Sachant que tu as plus besoin de cette invocation que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم lui-même. Aujourd’hui, les troubles se sont généralisés et sont plus nombreux alors que les cœurs sont beaucoup plus faibles et fragiles. Veille donc à ce qu’il y a entre toi et Allah [en t’écartant des interdits et en accomplissant les obligations], et rattache ce qui s’est découpé du câble te reliant à Lui afin qu’Il te raffermisse sur Son agrément dès aujourd’hui, et qu’Il te guide.

[1] Sahîh Al-Jâmi’ n°2365 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’ n°5147 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[3] Tel le mois de Ramadan ou les jours du pèlerinage (Note du Traducteur)
[4] Sahîh Mouslim n°2654

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Allah est Le Seul a détenir les remèdes du cœur

Allah le Très Haut a dit  : (Que celui qui pense qu’Allah ne secourra pas [Son Messager] ici-bas ni dans l’au-delà attache une corde à son plafond et se pende, puis qu’il la coupe, et qu’il voie si son acte apaisera sa rage !) [Sourate Al-Hajj, v. 15] 

Ce verset décrit un groupe parmi les hypocrites dont les cœurs se sont remplis de rage à l’encontre du Messager d’Allah ﷺ, de sa grandeur et de sa victoire.
À ceux-là, Allah leur dit  : Assurément, Allah secourt Son Messager ici-bas et dans l’Au-delà. Ainsi, celui qui pense – parmi ses envieux et ses ennemis – qu’Allah ne le secourra pas, et que cela l’irrite de voir notre Prophète triompher conformément à la promesse qu’Allah lui a faite, alors qu’il examine profondément ses capacités et déploie tous ses efforts pour retirer de son cœur la rage qu’il contient. Même si cette rage le pousse à l’extrême, au point d’attacher une corde au toit de sa maison pour se pendre, qu’il regarde alors si cela peut apaiser la colère qui habite sa poitrine …
Non, par Allah, il ne guérira pas ! Cette rage ne le quittera point et sa maladie perdurera aussi longtemps qu’Allah le voudra.

Allah est donc Le Seul à guérir les poitrines et à enlever le mal des cœurs.

Et cela signifie que  :

– Si tu ressens de l’affliction, de la tristesse, du désespoir ou de l’amertume, détiens-tu toute la puissance planétaire pour changer cet état, ne serait-ce du poids d’un atome  ?

– Si la vie d’ici-bas toute entière t’était offerte et mise à tes pieds, mais que ton cœur est rempli de chagrin et d’anxiété, vas-tu pouvoir te délecter d’une quelconque chose de ta vie mondaine ?

– Si le cœur se noie dans le doute, les ambiguïtés, la déviance et l’incertitude, quelqu’un ici-bas est-il en mesure d’arracher ce mal de ta poitrine si ton Seigneur ne l’a pas décrété ?

– Lorsque tu vois qu’un bienfait mondain est accordé à un autre que toi, sans qu’il ne te touche, et que tu te mettes alors à l’observer jalousement, en l’enviant, que tu laisses ta langue s’adonner à des propos haineux à son encontre et que ton cœur se remplit de rancœur envers lui ; qui peut te purifier de ce dont tu es atteint si ce n’est Allah ?

– Si ton cœur s’attache à une passion, s’en imprègne et penche vers un péché en étant épris de celui-ci, qui d’autre que ton Seigneur peut redresser ton cœur chaviré et raviver ta saine nature ?

– Si ton cœur éprouve de la répugnance pour un acte d’obéissance et lui devient pénible, et qu’il se lasse de l’accomplir au point d’être proche de le délaisser, qui donc peut te le faire aimer et te rapprocher de lui si ce n’est Celui qui nous a fait aimer la foi et l’a embellie dans nos cœurs ?

C’est ce que comprit Moutarrif Ibn ‘Abd-Allah رحمه الله lorsqu’il cessa de regarder ses œuvres, reconnut l’ampleur de son impuissance et de sa faiblesse, et attribua la grâce toute entière à Allah Seul en disant  : « Si mon cœur était retiré puis placé dans ma main gauche, et que l’on déposait de bonnes actions dans la main droite, puis que je les rapprochais l’une de l’autre, je ne pourrais rien faire entrer dans mon cœur tant qu’Allah, le Majestueux, ne l’aura pas décrété. »  

À tous les malades  : 

L’homme, s’il le désire, peut bouger sa jambe, baisser son bras et le relever, mais peut-il en faire autant avec son cœur ? Oh que non, par Allah ! Comment peux-tu interagir avec un cœur sans avoir la moindre autorité sur lui – alors qu’aucune autorité n’est exercée sur lui si ce n’est celle d’Allah –, et dont tu ignores tout de ses secrets et de son essence, alors que nul ne les connait si ce n’est Allah ? Que tous ceux qui souhaitent soigner leur cœur sans demander l’aide de leur Seigneur sachent que leur maladie n’ira qu’en s’aggravant.

– Sache et dis à tous ceux qui demandent la guérison à autre qu’Allah  : Ô combien votre perte est immense  ! 

– Sache et dis à tous ceux qui se tiennent devant toutes les portes sauf celle d’Allah  : Ô combien  votre avilissement sera long ! 

– Sache et dis à tous ceux qui placent leurs espoirs en autre que Sa grâce  : Ô combien vos espérances sont vaines  ! 

– Sache et dis à tous ceux qui œuvrent pour autre que Lui  : Ô combien votre cheminement est un égarement  ! 

Qui peut s’interposer entre toi et le remède et t’empêcher d’accomplir des actes d’obéissance ? Qui est Celui qui change la sécurité en peur et la lâcheté en bravoure ? Et qui est Celui qui transforme l’aversion en amour et l’amour en aversion ?

Mon frère, ton remède est auprès de Lui ; ne le cherche donc pas chez quelqu’un d’autre. Et ta guérison est entre Ses Mains ; ne fatigue donc pas les médecins à ton sujet.

Allah détient les trésors de toute chose, et pourtant te voilà trompé, mendiant à la porte de ceux qui ne détiennent absolument rien  !

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Conseils aux époux – Dr. Soulaymân Ar-Rouhaylî (Vidéo)

Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète ﷺ, a dit : «  Le Prophète nous a relaté deux événements ; j’ai vu le premier se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Ensuite, il nous informa de la manière dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme mentionné dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah). Tous ont refusé de le porter et en furent effrayés. L’homme s’en est alors chargé, par injustice envers lui-même et par ignorance.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète ﷺ nous informe que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et cela fait référence à la saine nature sur laquelle naît le serviteur. Après quoi, cette Foi augmente par ce qu’elle acquiert à travers l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que lorsqu’il s’établit fermement dans le cœur du serviteur, celui-ci accomplit ce qu’on lui a ordonné et s’écarte de ce qui lui a été interdit, en toute conformité et soumission.

Quant au second événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète ﷺ a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur : c’est de lui que jaillit le bien et que naît le mal.

Et si le cœur n’avait pour seule vertu que le fait d’être le réceptacle de la Foi, cela lui suffirait amplement. Mais il est également le réceptacle de la piété (At-Taqwâ). En effet, le Prophète ﷺ a dit : «  La piété se loge ici  », en désignant sa poitrine afin de signaler que son siège est le cœur, et lui seul.

Par conséquent, la piété ne se résume pas à une voix empreinte d’humilité, à des pleurs, ou encore au fait d’allonger la prosternation, ni à toute autre apparence dénuée de spiritualité et d’humilité. Elle est plutôt un secret intime déposé dans le cœur, dont Seul Allah a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est le seul à être profitable

Allah عز وجل a dit : (Le jour où ni richesses, ni enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui se présentera (أَتَى) à Allah avec un cœur sain.) [Sourate Ach-Chou’arâ, v.88-89]

Ainsi, ni les paroles ne profitent ni les œuvre n’intercèdent ; c’est la salubrité du cœur qui est le fondement de toute réussite, tout comme sa corruption est à l’origine de tout mal.

Mais qu’est-ce qu’un cœur sain ?

La réponse est qu’il s’agit d’un cœur préservé de toute chose, excepté l’adoration de son Seigneur.

Le Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « Le cœur sain et louable est celui qui veut le bien, non le mal ; et la perfection de cela réside dans le fait de connaître le bien [afin de l’accomplir], et le mal [afin de s’en écarter]. Quant à celui qui ne connait pas le mal, cela constitue un manquement de sa part pour lequel il est blâmé. »

Médite comment Allah a considéré les biens et les enfants comme un symbole de richesse. Comme si cela signifiait : « Ce jour-là, nulle richesse ne profitera à qui que ce soit, hormis celle de celui qui se présentera devant Allah avec un cœur sain. »

En effet, la véritable richesse de l’homme réside dans sa religion, à travers la salubrité de son cœur, tandis que sa richesse ici-bas se trouve dans ses biens et ses enfants.

Ainsi, parmi les significations du « cœur sain » figure le fait d’être préservé de la tentation des biens et des enfants.

Cependant, l’un des éminents élèves du Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah expliqua en profondeur la signification du « cœur sain » afin d’en dissiper toute ambiguïté et d’en faciliter la compréhension. Ainsi, l’imam Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Le cœur sain est celui qui est préservé du polythéisme, de la rancœur, de la haine, de la jalousie (Al-hasad), de l’avarice, de l’orgueil, de l’amour de ce bas monde et de l’amour du pouvoir. Le cœur sain est donc préservé de tout ce qui l’éloigne d’Allah, de toute ambiguïté contredisant le Livre et la Tradition Prophétique (As-Sounnah), de toute passion s’opposant à Ses ordres et à Ses interdits, de toute volonté rivalisant à celle d’Allah et de tout obstacle pouvant le couper de Lui.

Ce cœur sain se trouve ainsi dans un paradis anticipé[1] ici-bas, puis dans un paradis[2] dans le Barzakh[3], puis dans un paradis le Jour du Retour.

Et la salubrité du cœur ne sera complète que lorsqu’il sera préservé de cinq choses : du polythéisme, qui s’oppose à l’Unicité (At-Tawhîd) ; de l’innovation, qui contredit la Sounnah ; des passions [mondaines], qui contredisent les commandements divins ; de l’insouciance, qui s’oppose au rappel [d’Allah] ; de la passion [de toute croyance ou point de vue], qui s’oppose au détachement du cœur de toute chose [sauf d’Allah et de Son Messager] et à la sincérité de l’intention.

Ces cinq choses voilent les cœurs de leur Seigneur. »

Il est dit dans un verset de la sourate Qâf : ([Et on leur dira] : « Voilà ce qui vous a été promis pour celui qui revient incessamment [vers Allah] et respecte [les prescriptions divines], celui qui redoute le Tout Miséricordieux sans Le voir, et qui vient (جَاءَ) à Lui avec un cœur repentant.) [Verset 32-33]

Médite Sa parole dans la sourate Ach-Chou’arâ : (qui se présentera) (أتى), et dans la sourate Qâf : (qui vient) (جاء). C’est comme si ton Seigneur voulait te dire : « Viens et présente-toi à Moi avec un cœur sain et repentant, pour te sauver de Mon châtiment et obtenir Mon agrément. »

Ainsi, ô mon frère, toi seul es en mesure de venir avec un tel cœur, personne d’autre.

Inversement, un serviteur peut entrer dans le Feu [de l’Enfer] à cause de son cœur, comme le mentionne le Très Haut : (Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’Enfer. Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas.) [Sourate Al-A’râf, v.179]

De surcroît, l’état du serviteur dans sa tombe n’est que le reflet de l’état de son cœur dans cette vie. C’est ce qu’affirme Ibn Al-Qayyim رحمه الله dans son ouvrage « Zâd Al-Ma’âd » en ajoutant : « L’état du serviteur dans la tombe est semblable à l’état de son cœur dans sa poitrine : soit dans les délices, soit dans le châtiment, soit dans l’étroitesse, soit dans l’aisance. »

[1] Correspondant à la quiétude et à la sérénité du cœur. (Note du traducteur)

[2] Correspondant aux délices de la tombe. (Note du traducteur)

[3] Al-barzakh désigne le temps qui sépare la mort d’une personne à sa résurrection le Jour Dernier. (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Le bonheur conjugal

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Premier sermon :

Louange à Allah, nous le louons, nous implorons Son secours et nous lui demandons pardon, et nous cherchons refuge auprès d’Allah contre nous même, et contre nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide ne sera point perdu, et celui qu’Allah égare ne sera point guidé. Et je témoigne qu’il n’y a de divinité digne d’être adoré qu’Allah, Seul sans associé, à Lui la royauté et à Lui la louange et Il est capable de toute chose. Et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et Son messager. Ô Allah prie sur Ton messager Mouhammad, accorde-lui la paix, bénis-le, comble-le et rajoute-lui, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille et de ses compagnons.  Ceci dit :

Mon discours en ce jour béni sera sur le bonheur conjugal.
Le mari veut être heureux avec son épouse et de même l’épouse veut être heureuse avec son mari. Alors comment se réalise ce bonheur dans le couple ?

Les nobles époux, le bonheur conjugal se réalise par la réalisation de la taqwâ, et la taqwâ c’est l’accomplissement des obligations et le délaissement des interdits.

Ô le noble époux, tu veux le bonheur conjugal ? Saches que Celui qui met le bonheur dans ton cœur c’est Allah. -Ô Allah rends nous tous heureux- Améliores ta situation avec Allah, purifie-toi, parle à ton Seigneur dans la prière. {Et cherchez secours dans l’endurance et la Salat:} [Sourate 2, verset 45]

Notre prophète صلى الله عليه وسلم était heureux avec ses épouses, pourquoi ? Quel est le secret ? Ecoute ce qu’il dit à propos de sa joie quand il priait son Seigneur : « et la réjouissance de mes yeux se trouve dans la prière ».  Et c’est lui qui dit aussi صلى الله عليه وسلم : « la prière est une lumière ». Une lumière pour ton cœur, et une lueur pour ton âme contre les difficultés de la vie et les malheurs de ce monde. La prière, ô l’époux, est une lumière contre les ténèbres et la tristesse car chaytan se réjouit de ta tristesse dans cette vie {La conversation secrète n’est que [l’oeuvre] du Diable pour attrister ceux qui ont cru.} [Sourate 58, verset 10]. Alors toi qui aspire au bonheur, dirige-toi vers les portes des mosquées, mélange-toi à ses fidèles, appelle ton Seigneur pour qu’Il t’accorde la félicité.

Et toi la noble épouse, tu veux le bonheur ? Quel est ta situation avec la prière ? Est-ce que tu sais que l’oeuvre la plus aimée auprès d’Allah est la prière à son heure ? Tu veux le bonheur alors que la prière est la dernière chose à laquelle tu penses ? Ô la noble épouse, éloigne-toi des péchés car ils ravagent le cœur et sont une porte pour les soucis et les angoisses. {Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie …} -une vie comment ?-  {Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne} [Sourate 20, verset 124].

J’ai su que les péchés tuent le cœur et que leur persistance cause l’humiliation; et le délaissement des péchés fait vivre les cœurs et il est meilleur pour ton âme de t’en détourner[1]

Ô Allah fais vivre nos cœurs.

Ô les époux, vous voulez être heureux ensemble ? Le livre du bonheur éternel, le livre du bonheur de ce bas-monde et de l’au-delà est devant vous, rapprochez-vous en. C’est le Coran. {Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit} [Sourate 17, verset 9]. C’est la parole du Tout Miséricordieux et la promesse de l’Excellent Donateur. Le Coran, ô les époux, est une guérison pour les cœurs, et une allégresse pour l’âme. {Certes, c’est par l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent.} [Sourate 13, verset 28]

Vous voulez le bonheur ? Patientez sur les difficultés de la vie, agréez le destin, habillez-vous du vêtement de la patience, {Et si vous endurez… cela est certes meilleur pour les endurants.} [Sourate 16, verset 126]. 

La maladie, la pauvreté, les dettes, les malheurs et les soucis, Allah تعالى les dissipera.

Ô mon frère, lève tes mains vers le Seigneur de l’univers, prosterne-toi et rapproche-toi de Celui qui détient le bonheur dans Sa Main. {Certes, mon Seigneur entend bien les prières.} [Sourate 14, verset 39]. Frappe à la porte du Généreux, pleure à la porte du Puissant et dis « Ô Seigneur ! Ouvre ma poitrine, facilite mon affaire, dissipe mes soucis », car Allah aime la voix de ceux qui L’implorent, angoissés. {N’est-ce pas Lui qui répond à l’angoissé quand il L’invoque}[Sourate 27, verset 62] Au lieu de demander conseil aux gens qui sont parfois de mauvais conseillers demande à Allah de te rendre heureux avec ta femme.

Et toi ma sœur, l’épouse qui est dans les soucis, ne désespère pas de la miséricorde d’Allah, ne désespère pas, ne t’inquiète pas car c’est un Seigneur capable de dissiper tes problèmes. Ô celle qui est triste! Ne t’attriste plus, ne t’attriste plus tant que tu connais la porte qui te mène au Compatissant, au Très Miséricordieux. Les nuages de la tristesse vont disparaître et le soleil du bonheur va se lever pour toi. {Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas} [Sourate 28, verset 7].

Magnifiques sont ces âmes dont les provisions et la nourriture étaient la patience. Ecoutez la parole de ‘Oumar Ibn Al-Khattâb  رضي الله عنه  : « Nous avons trouvé la vie beaucoup plus agréable avec la patience ».

Ô Allah donne-nous la patience, accorde nous le bonheur ô Seigneur de l’univers.

Je finis et je demande pardon à Allah pour moi et pour vous.

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Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il est, parmi les cœurs, celui qui ressemble à une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie, alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’image d’une demeure obscure sur le toit de laquelle se trouve une lampe éclairante, tandis que son intérieur est plongé dans les ténèbres.
D’ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde plutôt vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur, même lorsque les ventres sont vides (pris par la faim) et les vêtements usés.
Ce hadîth met en évidence le fait que le cœur est l’endroit sur lequel se porte le regard du Seigneur.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne lorsque l’intérieur est corrompu.

Qu’il est étonnant celui dont la préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir autant qu’il le peut, afin que personne n’y voit le moindre défaut ; alors qu’il ne se soucie guère de ce que contient son cœur – l’endroit qu’observe Le Créateur – ni de sa purification et de son ornement, afin que son Seigneur n’y voie aucune souillure, aucun mal, et qu’aucune créature n’y prenne Sa place.

Il existe aussi une autre signification de ce hadîth qu’a évoquée Ibn Al-Jazarî رحمه الله : « Le regard, ici, renvoie à la préférence, la miséricorde et la clémence. Car le regard est, en réalité, une marque d’amour, alors que détourner le regard indique l’aversion et le rejet. »

Médite ce qui suit et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut, en apparence, relever de la désobéissance, alors que son auteur en est récompensé : comme celui qui prononce une parole de mécréance sous la contrainte, alors que son cœur demeure serein dans la foi, ou celui qui boit une boisson enivrante sans le savoir.
À l’inverse, un acte peut revêtir l’apparence de la bienfaisance alors que son auteur est voué au Feu : tel celui qui s’est fait tué sur le champ de bataille pour que les gens louent sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien afin que les gens vantent sa générosité ; ou encore celui qui récite le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent,  dans toutes ces situations, le cœur est soit au banc des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Médite la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) est commis sur Terre, celui qui y assiste et le réprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; tandis que celui qui n’y assiste pas mais l’agrée est comme s’il y avait assisté [et ne l’avait pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime se retrouve pourtant parmi les premiers accusés, et son nom est inscrit au rang des pêcheurs.
Et un autre, qui a directement assisté au crime et l’a vu de ses propres yeux, se voit pourtant déclaré innocent !
La cause de tout ceci réside exclusivement dans le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou a péché en l’agréant.

Ce hadîth contient à la fois une bonne annonce et un avertissement :

– Une bonne annonce pour celui qui est contraint d’être présent en un lieu où Allah est désobéi, sans pouvoir réprouver ce mal ni par la main ni par la parole, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent, il incombe au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.

– Et un avertissement pour celui dont Allah a voulu le bien, mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il a voulu préserver des actes blâmables, mais qui refusa (cette préservation) pour s’y souiller ; ou encore celui qu’Allah a éloigné de l’endroit du péché, mais qui s’y rendit par son cœur et son âme ; il fut ainsi puni au même titre que celui qui l’a commis.

Tel est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique. Et malgré la dureté de ce terme pour l’âme, il est pourtant employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance à l’égard de sa communauté le fait qu’il nous ait explicitement mis en garde contre cette fornication [du cœur] : « La fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’, signifie que le cœur désire la réalisation de ce que l’âme convoite parmi les passions[4]. »

Le cœur possède, à l’instar des membres, des acquisitions (bonnes ou mauvaises) et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a informé qu’Il jugera ce qu’ont acquis les cœurs par la récompense ou le châtiment. Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’œuvre du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Lorsque deux musulmans s’affrontent à l’épée et que l’un tue l’autre, le tueur et le tué sont tous deux dans le Feu. Quelqu’un demanda : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur cela est clair, mais pourquoi le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment tuer son adversaire. »[5]

Par conséquent, ce musulman (le tué) entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparent et le caché :

Oui, l’état du cœur est fondamental. Ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme à l’intérieur, cela atteste de la véracité de ce qui réside dans le cœur. Mais si elle le contredit, cela prouve la fausseté de ce qui s’y trouve.

De même, la validité et l’acceptation de l’apparence auprès d’Allah dépendent du cœur. Quant aux gens, ils ne sont chargés que de considérer l’apparence [d’autrui] et de juger selon celle-ci, tandis qu’Allah se charge de ce qui est caché [dans les cœurs].

Dès lors, l’objectif des deux attestations[6] est d’adresser un message concret à l’humanité en attestant de l’Islam de celui qui les prononce, tandis qu’Allah est le Seul à être parfaitement informé de ce qui est imperceptible et enfoui dans les cœurs. En effet, les hypocrites ont prononcé les deux attestations : leur sang est devenu prohibé ici-bas, mais leur demeure finale sera le plus bas degré de l’Enfer, en raison de ce que renfermaient leurs cœurs.

Observez enfin le lien existant entre l’apparent et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. En effet, l’amour d’Allah dans le cœur implique nécessairement le suivi des membres. S’il en est autrement, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et imposture.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Les catégories de péchés

Sache que l’homme possède de nombreux caractères et attributs, mais les sources des péchés sont au nombre de quatre :

La première concerne les caractères de seigneurie qui suscite l’orgueil, la fierté, l’amour des louanges et éloges, l’arrogance, la recherche de domination, et autre. Ce sont là des péchés destructeurs, mais certains les négligent et ne les considèrent pas comme des péchés.

La deuxième concerne les caractères sataniques qui donnent naissance à la jalousie, la transgression, la ruse, la tromperie, la machination, la fraude, l’hypocrisie, l’incitation à la corruption et autre.

La troisième concerne les caractères bestiaux qui donnent naissance à l’avidité, et à l’attachement à assouvir les désirs du ventre et du sexe qui entraînent la fornication, l’homosexualité, le vol et le fait de s’adonner aux vanités de ce bas-monde pour satisfaire les désirs.

La quatrième concerne les caractères de prédation qui donnent naissance à la colère, la haine, l’agression des gens par le meurtre, les coups, et l’accaparement de leurs biens.

Ces caractères évoluent dans la nature humaine. Ainsi c’est le caractère bestial qui domine en premier, puis il est suivi du caractère de prédation, et lorsque ces deux caractères sont réunis, ils utilisent la raison en ce qui concerne les caractères sataniques, comme la ruse, la tromperie, le stratagème, puis ce sont les caractères de seigneurie qui dominent.

Ce sont la les fondements et sources des péchés, puis, les péchés jaillissent de ces sources vers les membres : certains dans le cœur, comme la mécréance, l’innovation, l’hypocrisie et la dissimulation du mal ; d’autres dans l’ouïe, la langue, le ventre et le sexe, les mains et les pieds ; et d’autre encore dans tout le corps. Il n’est pas nécessaire de le détailler, tant cela est clair.

Ensuite les péchés se subdivisent entre ceux qui se rapportent aux droits des êtres humains et ce qui est entre le serviteur et son Seigneur. Ce qui se rapporte aux droits des serviteurs est plus grave, quant à ce qui est entre le serviteur et son Seigneur, le pardon y est plus espéré et escompté, sauf s’il s’agit de polythéisme, qu’Allah nous en préserve, car il n’est pas pardonné. […]

Autre division : sache que les péchés se divisent entre mineurs et majeurs. Il est de nombreuses divergences à ce sujet, et les hadiths diffèrent sur le nombre de péchés majeurs. Les hadiths authentiques les mentionnant sont au nombre de cinq :

Le premier est le hadith d’Aboû Hourayrah  رضي الله عنه qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :  «  Écartez vous des sept qui mènent à la perdition ! « . Ils ont dit: Quels sont ces choses ? Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit:  » L’association à Allah, la sorcellerie, tuer une âme qu’Allah a interdit sans droit, manger l’usure, manger l’argent de l’orphelin, fuir le jour de la bataille et accuser injustement de fornication les croyantes chastes et insouciantes « .
[Al Boukhârî (6857) et Mouslim (89)]

Le deuxième est le hadith de ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه qui dit : « Ô Messager d’Allah ! Qu’elle est le plus grand péché? -Que tu donnes un égal à Allah, alors que c’est Lui qui t’a créé. -Et ensuite? -Que tu tues ton enfant de crainte qu’il ne partage ta nourriture. -Et ensuite? -Que tu commettes l’adultère avec l’épouse de ton voisin. »[Al Boukhâri (4702) et Mouslim (86)]

Le troisième est le hadith de ‘Abd Allah Ibn ‘Amr رضي الله عنه qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم dit : « Les péchés majeurs sont l’association à Allah et le non-respect de la piété filiale. » [Al Boukhârî (6870)]

Le quatrième est la hadith est le hadith : « Voulez-vous que je vous indique le plus grand péché majeur? C’est le mensonge – ou il dit : le faux témoignage. » [Al Boukhârî (5977) et Mouslim (88)]

Le cinquième est le hadith d’Aboû Bakr رضي الله عنه qui rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم dit, lorsqu’on mentionna les péchés capitaux en sa présence : « L’association à Allah, et le non-respect de la piété filiale. -Puis, alors qu’il était accoudé, il se mit assis et dit : Et le faux témoignage. –Et il ne cessa de la répéter, au point que nous nous disions : si seulement il s’était tu » [Al Boukhârî (2654) et Mouslim (87)]

Les savants ont tenu à ce sujet de nombreux avis, mais les hadiths mentionnant les péchés majeurs n’indiquent pas qu’ils soient mentionnés exhaustivement. Le Législateur a peut-être voulu cette indétermination, afin que les gens craignent les péchés. Les hadith permettent néanmoins de connaître les catégories de péchés majeurs, et les plus graves d’entre eux.

Quant aux plus minimes des péchés mineurs, il n’est aucun moyen de les connaître.

Les savants ont parlé du nombre de péchés majeurs, ainsi on rapporte que pour Ibn Mas’oûd رضي الله عنه ils étaient au nombre de quatre, et pour Ibn ‘Oumar رضي الله عنه au nombre de sept. Lorsqu’on rapportait à Ibn ‘Abbâs رضي الله عنه qu’Ibn ‘Oumar estimait qu’ils étaient au nombre de sept il disait : « ils sont plus proches de soixante-dix que de sept. » De même Aboû Sâlih rapporte d’Ibn ‘Abbâs : « Les péchés majeurs sont ceux qui exigent l’application d’une peine légale en ce bas-monde. » Pour Ibn Mas’oûd, les péchés majeurs figurent au début de la sourate An-Nissâ jusqu’à la Parole d’Allah :

 {Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le Paradis).} [Sourate 4, v.31]

Sa’îd Ibn Joubayr رضي الله عنه et d’autres ont été d’avis que cela englobe tout péché pour la pratique duquel Allah a menacé de l’Enfer.

Aboû Tâlib Al-Makkî dit : « Les péchés majeurs sont au nombre de dix-sept, que j’ai retenus de ce qui a été rapporté :

  • Quatre concernent le cœur : le polythéisme, l’obstination dans le péché, le fait de désespérer de la miséricorde d’Allah, et l’assurance contre la ruse d’Allah. 
  • Quatre concernent la langue : le faux témoignage, l’accusation mensongère portée à l’encontre des femmes chastes, le faux serment délibéré, et la sorcellerie. 
  • Trois concernent le ventre : la consommation d’alcool, l’accaparement dans droit des biens de l’orphelin, et la consommation de l’usure. 
  • Deux concernent le sexe : l’adultère et l’homosexualité. 
  • Un concerne les pieds : la fuite au combat. 
  • Un concerne l’ensemble du corps : le non-respect de la piété filiale. »

Cela peut être augmenté ou diminué, car le fait de frapper et châtier l’orphelin est plus grave que la consommation de ses biens. Et Allah est plus savant.

Source : « L’Esprit de L’âme », éditions Tawbah

Lorsqu’Allah veut du bien pour les membres d’un foyer …

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‘Âicha رضي الله عنها a rapporté que le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم  a dit : « Lorsqu’Allah veut du bien pour les membres d’un foyer , Il instaure chez eux la compassion. » [Ahmad, t.6, p.71. Voir Sahîh Al-Jâmi’, n°303]

Selon un autre version, il a dit صلى الله عليه و سلم : « Lorsqu’Allah aime les membres d’une famille, Il instaure chez eux la compassion. » [Sahîh Al-Jâmi’, n°1704]

C’est-à-dire que les uns deviendront compatissants envers les autres, ce qui constitue l’un des piliers du bonheur. Car la compassion est très utile entre conjoints et avec les enfants. Elle peut amener à des résultats irréalisables par la violence, conformément à la parole du Prophète صلى الله عليه و سلم qui a dit : « Certes, Allah aime la compassion et donne par la compassion ce qu’Il ne donne par la violence ou par toute autre chose. » [Mouslim, n°2593]

Source : « Comment réformer ma famille », Chaykh Mouhammad Sâlih Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions