Son cœur frémit lorsqu’Allah est mentionné

L’histoire de ce médecin musulman qui visita l’un de ses patients malades demeure un exemple illustrant le frémissement du cœur. 

On raconte qu’un médecin alla s’enquérir de l’état de santé d’un de ses patients qui était alité, dont on ignorait la raison de sa maladie et qui n’avait aucun symptôme apparent. Le médecin prit sa main pour prendre son pouls. Pendant ce temps, une des personnes venues le visiter le questionna sur son état ; puis elle changea de sujet et s’enquit de ses voisins. Dès lors, les pulsations cardiaques du patient s’accentuèrent peu à peu. Elle le questionna sur l’un de ses voisins en particulier et ses pulsations s’accélérèrent encore plus. Ensuite, lorsqu’elle se renseigna au sujet des enfants de ce voisin, les membres du patient commencèrent à trembler et son rythme cardiaque augmenta une nouvelle fois. Mais quand il a été dit que ce voisin avait une fille d’une grande beauté et que son prénom fût cité, son rythme cardiaque se répercuta sur tout son corps qui se mit à son tour à chanceler, ses yeux divergèrent et la sueur se déversa sur son visage. Le médecin dit alors à ses proches : « Celui-là n’est pas malade ! Mais c’est un homme qui est éperdument pris d’amour. » 

Et Allah est Le plus digne de cet exemple ! Ton cœur est-il présent lorsque l’on évoque celui que tu aimes, et absent lorsque l’on évoque Celui qui répond à l’invocation ? Tes membres s’humilient-ils quand une créature est mentionnée mais ne prêtent aucunement attention quand c’est Le Créateur qui l’est ? Ton cœur va-t-il se fendre de tristesse en l’absence de ce qui est passager et éphémère mais négliger Celui qui demeure et est Éternel ?

Il y a parmi les caractéristiques de l’amoureux, l’embarras qu’il ressent quand ce qu’il aime est mentionné. Ainsi, si tu souhaites examiner ton cœur pour en connaître la nature, alors interroge ta propre personne ! Ton cœur est-il présent lorsque l’on évoque son Seigneur ? S’humilie-t-il lorsque qu’il entend Sa parole ? Ecoute-t-il l’appel à la prière pour le répéter ? A-t-il pleuré une nuit par crainte du châtiment d’Allah ? A-t-il déjà tremblé [de peur] un jour en supposant qu’il se fasse expulser de Sa compagnie ? A-t-il ressenti du désespoir si la finalité de ses œuvres était mauvaise ? 

Sois sincère, car si personne ne peut réellement te connaitre, Lui – Glorifié soit-Il – est plus connaisseur de tes secrets et de ta propre personne que toi. Sache donc où tu en est vis-à-vis de ta foi à l’instar de ce que fît Al-Hasan Al-Basrî lorsqu’un homme est venu l’interroger. Cet homme lui demanda : « Ô Aboû Sa’îd ! Es-tu un véritable croyant ? » Il répondit : « La foi est de deux sortes. Donc si tu me questionnes concernant la foi en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers, le Paradis, le Feu, la Résurrection et le Jour des comptes, alors je suis croyant. Mais si tu me questionnes concernant la parole d’Allah : (Les vrais croyants sont ceux dont le cœur frémit à la mention d’Allah et dont la foi augmente lorsqu’on leur récite Ses versets, ceux qui placent exclusivement leur confiance en leur Seigneur.) (Al-Anfâl, v.2) jusqu’à Sa parole : (Ceux-là sont les vrais croyants.) (Al-Anfâl, v.4) alors par Allah, j’ignore si je fais partie d’eux ou non.« 

Si les versets du Tout Miséricordieux étaient récités à ceux dont les cœurs sont en vie, ils tomberaient prosternés en pleurant ; contrairement aux autres qui, eux, tomberaient en étant sourds et aveugles.

Car ce sont des personnes dotées de vie, ils écoutent avec leur cœur avant d’écouter avec leurs oreilles. 

Voilà pourquoi Ibn Zayd a dit au sujet de la parole d’Allah (Dont se souviendra toute oreille attentive (Wâ’iyah) (Al-Hâqqah, v.12) sur le terme « attentive » : « Les cœurs sont attentifs à tout ce que les oreilles entendent comme bien et mal. »

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Les oreilles se caractérisent par le fait qu’elles soient attentives, de même pour le cœur. On dit : « Un cœur attentif (Wâ’î) »  et « une oreille attentive (Wâ’iyah) » à cause de la relation qui existe entre eux. La science pénètre l’oreille pour se diriger jusqu’au cœur. Ainsi, l’oreille est à la foi la porte du cœur et le messager qui lui fait parvenir la science. De même pour la langue, elle est son messager et son porte-parole. Quant à celui qui aura compris la relation existante entre les membres et le cœur aura certainement compris que l’oreille est plus en droit d’être décrite comme étant « attentive ». Ainsi, si les oreilles entendent attentivement, alors le cœur entendra avec attention. »

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Prenez garde aux innovations dans la religion !

1 – ’Âichah rapporte que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. »[1]

2 – Jâbir Ibn ‘Abdillah رضي الله عنه a rapporté que le Prophète صلى الله عليه وسلم faisait un sermon, il disait : « … Ceci étant, la meilleure des paroles est le Livre d’Allah et la meilleure voie est celle du Mouhammad صلى الله عليه وسلم. Et la pire des choses est celle nouvellement introduite dans la religion, (et toute chose nouvellement introduite dans la religion est une innovation) et toute innovation est égarement (et tout égarement mène en Enfer). » [2]

Médite bien mon frère ces deux nobles hadîths prophétiques authentiques provenant du cœur de la sounnah. Examine-les attentivement et tu trouveras qu’ils sont un remède pour toi – Inchâ Allah – contre toute innovation introduite dans la religion d’Allah. Ceci étant, le Prophète صلى الله عليه وسلم a jugé toute innovation comme étant un égarement, il n’a pas dit : certaines sont un égarement et d’autre ne le sont pas. Il a plutôt dit : « Toute (Koull) ». Et « Toute (Koull) », cher frère, désigne une généralité.

Médite aussi sur la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Quiconque introduit dans notre religion quelque chose qui n’en fait pas partie, cela sera rejeté. » C’est à dire que cette n’est pas acceptée. Et il n’a pas dit que cela dépendait de l’intention de son auteur? Il l’a plutôt jugée comme étant rejetée.

Et si quelqu’un venait te dire : toute innovation n’est pas égarement, et tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté. Alors dis-lui : Qui est plus savant : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? Et qui craint le plus Allah : toi ou le Prophète صلى الله عليه وسلم ? S’il revient et atteste de ce qui est explicite dans ces deux hadîths, en a la conviction et œuvre avec leur contenu, il a alors bien agi. Mais s’il persiste sur son premier propos affirmant que toute innovation n’est pas forcément rejeté, alors dis-lui : Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit d’un côté : « Toute innovation est égarement » et « Celui qui fait une œuvre non conforme à notre religion, cela sera rejeté. » Et toi tu dis d’un autre côté que toute innovation n’est pas égarement, et que tout acte introduit dans la religion n’est pas forcément rejeté ! Dis-lui aussi : Tu as, pour ta part, fait scission d’avec le Messager صلى الله عليه وسلم ! Et rappelle lui la parole d’Allah سبحانه وتعالى : (Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu, et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination.) (Sourate An-Nisâ, v.115)

Ô Allah ! Fais que nous mourions en conformité avec le Coran et la Sounnah, et épargne-nous toutes innovations, Ô Seigneur des mondes.

Et voici un rappel profitable du grand savant Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, extraite de son livre « Madârij As-Sâlikîn » 1/224 : « L’innovation mène progressivement son auteur de la petite à la grande, jusqu’à ce qu’il soit dépouillé de sa religion comme un cheveu est enlevé d’une pâte. Seuls les gens doués de clairvoyance se rendent compte des méfaits des innovations. Quant aux aveuglés, ils sont perdus dans les pénombres de l’égarement. (Celui qu’Allah prive de lumière n’a aucune lumière.) (Sourate An-Noûr, v.40) »

 

[1]Al-Boukhârî n°2550 et Mouslim n°1718. Et Mouslim rapporte dans une autre version : « Celui qui fait une œuvre non conforme à notre religion, elle sera rejetée. »

[2]Rapporté par Mouslim « Al-Joumou’ah », n°867 (2/592) et ce sont ses propos. Et An-Nasâî dans « Al-‘Idayn » chap.22, 3/188-189, et les deux ajouts entre parenthèses sont de lui.

Source : « Leçon de Tawhid – Al-Qawl Al-Mufîd » du Chaykh Mouhammad Al-Wousâbî رحمه الله, Éditions Tawbah.

Il est le seul à être profitable

Allah عز وجل a dit : (Le jour où ni richesses, ni enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui se présentera (أَتَى) à Allah avec un cœur sain.) [Sourate Ach-Chou’arâ, v.88-89]

Ainsi, ni les paroles ne profitent ni les œuvre n’intercèdent ; c’est la salubrité du cœur qui est le fondement de toute réussite, tout comme sa corruption est à l’origine de tout mal.

Mais qu’est-ce qu’un cœur sain ?

La réponse est qu’il s’agit d’un cœur préservé de toute chose, excepté l’adoration de son Seigneur.

Le Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah رحمه الله a dit : « Le cœur sain et louable est celui qui veut le bien, non le mal ; et la perfection de cela réside dans le fait de connaître le bien [afin de l’accomplir], et le mal [afin de s’en écarter]. Quant à celui qui ne connait pas le mal, cela constitue un manquement de sa part pour lequel il est blâmé. »

Médite comment Allah a considéré les biens et les enfants comme un symbole de richesse. Comme si cela signifiait : « Ce jour-là, nulle richesse ne profitera à qui que ce soit, hormis celle de celui qui se présentera devant Allah avec un cœur sain. »

En effet, la véritable richesse de l’homme réside dans sa religion, à travers la salubrité de son cœur, tandis que sa richesse ici-bas se trouve dans ses biens et ses enfants.

Ainsi, parmi les significations du « cœur sain » figure le fait d’être préservé de la tentation des biens et des enfants.

Cependant, l’un des éminents élèves du Chaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah expliqua en profondeur la signification du « cœur sain » afin d’en dissiper toute ambiguïté et d’en faciliter la compréhension. Ainsi, l’imam Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit : « Le cœur sain est celui qui est préservé du polythéisme, de la rancœur, de la haine, de la jalousie (Al-hasad), de l’avarice, de l’orgueil, de l’amour de ce bas monde et de l’amour du pouvoir. Le cœur sain est donc préservé de tout ce qui l’éloigne d’Allah, de toute ambiguïté contredisant le Livre et la Tradition Prophétique (As-Sounnah), de toute passion s’opposant à Ses ordres et à Ses interdits, de toute volonté rivalisant à celle d’Allah et de tout obstacle pouvant le couper de Lui.

Ce cœur sain se trouve ainsi dans un paradis anticipé[1] ici-bas, puis dans un paradis[2] dans le Barzakh[3], puis dans un paradis le Jour du Retour.

Et la salubrité du cœur ne sera complète que lorsqu’il sera préservé de cinq choses : du polythéisme, qui s’oppose à l’Unicité (At-Tawhîd) ; de l’innovation, qui contredit la Sounnah ; des passions [mondaines], qui contredisent les commandements divins ; de l’insouciance, qui s’oppose au rappel [d’Allah] ; de la passion [de toute croyance ou point de vue], qui s’oppose au détachement du cœur de toute chose [sauf d’Allah et de Son Messager] et à la sincérité de l’intention.

Ces cinq choses voilent les cœurs de leur Seigneur. »

Il est dit dans un verset de la sourate Qâf : ([Et on leur dira] : « Voilà ce qui vous a été promis pour celui qui revient incessamment [vers Allah] et respecte [les prescriptions divines], celui qui redoute le Tout Miséricordieux sans Le voir, et qui vient (جَاءَ) à Lui avec un cœur repentant.) [Verset 32-33]

Médite Sa parole dans la sourate Ach-Chou’arâ : (qui se présentera) (أتى), et dans la sourate Qâf : (qui vient) (جاء). C’est comme si ton Seigneur voulait te dire : « Viens et présente-toi à Moi avec un cœur sain et repentant, pour te sauver de Mon châtiment et obtenir Mon agrément. »

Ainsi, ô mon frère, toi seul es en mesure de venir avec un tel cœur, personne d’autre.

Inversement, un serviteur peut entrer dans le Feu [de l’Enfer] à cause de son cœur, comme le mentionne le Très Haut : (Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’Enfer. Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas.) [Sourate Al-A’râf, v.179]

De surcroît, l’état du serviteur dans sa tombe n’est que le reflet de l’état de son cœur dans cette vie. C’est ce qu’affirme Ibn Al-Qayyim رحمه الله dans son ouvrage « Zâd Al-Ma’âd » en ajoutant : « L’état du serviteur dans la tombe est semblable à l’état de son cœur dans sa poitrine : soit dans les délices, soit dans le châtiment, soit dans l’étroitesse, soit dans l’aisance. »

[1] Correspondant à la quiétude et à la sérénité du cœur. (Note du traducteur)

[2] Correspondant aux délices de la tombe. (Note du traducteur)

[3] Al-barzakh désigne le temps qui sépare la mort d’une personne à sa résurrection le Jour Dernier. (Note du Traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il est, parmi les cœurs, celui qui ressemble à une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie, alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’image d’une demeure obscure sur le toit de laquelle se trouve une lampe éclairante, tandis que son intérieur est plongé dans les ténèbres.
D’ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde plutôt vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur, même lorsque les ventres sont vides (pris par la faim) et les vêtements usés.
Ce hadîth met en évidence le fait que le cœur est l’endroit sur lequel se porte le regard du Seigneur.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne lorsque l’intérieur est corrompu.

Qu’il est étonnant celui dont la préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir autant qu’il le peut, afin que personne n’y voit le moindre défaut ; alors qu’il ne se soucie guère de ce que contient son cœur – l’endroit qu’observe Le Créateur – ni de sa purification et de son ornement, afin que son Seigneur n’y voie aucune souillure, aucun mal, et qu’aucune créature n’y prenne Sa place.

Il existe aussi une autre signification de ce hadîth qu’a évoquée Ibn Al-Jazarî رحمه الله : « Le regard, ici, renvoie à la préférence, la miséricorde et la clémence. Car le regard est, en réalité, une marque d’amour, alors que détourner le regard indique l’aversion et le rejet. »

Médite ce qui suit et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut, en apparence, relever de la désobéissance, alors que son auteur en est récompensé : comme celui qui prononce une parole de mécréance sous la contrainte, alors que son cœur demeure serein dans la foi, ou celui qui boit une boisson enivrante sans le savoir.
À l’inverse, un acte peut revêtir l’apparence de la bienfaisance alors que son auteur est voué au Feu : tel celui qui s’est fait tué sur le champ de bataille pour que les gens louent sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien afin que les gens vantent sa générosité ; ou encore celui qui récite le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent,  dans toutes ces situations, le cœur est soit au banc des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Médite la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) est commis sur Terre, celui qui y assiste et le réprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; tandis que celui qui n’y assiste pas mais l’agrée est comme s’il y avait assisté [et ne l’avait pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime se retrouve pourtant parmi les premiers accusés, et son nom est inscrit au rang des pêcheurs.
Et un autre, qui a directement assisté au crime et l’a vu de ses propres yeux, se voit pourtant déclaré innocent !
La cause de tout ceci réside exclusivement dans le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou a péché en l’agréant.

Ce hadîth contient à la fois une bonne annonce et un avertissement :

– Une bonne annonce pour celui qui est contraint d’être présent en un lieu où Allah est désobéi, sans pouvoir réprouver ce mal ni par la main ni par la parole, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent, il incombe au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.

– Et un avertissement pour celui dont Allah a voulu le bien, mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il a voulu préserver des actes blâmables, mais qui refusa (cette préservation) pour s’y souiller ; ou encore celui qu’Allah a éloigné de l’endroit du péché, mais qui s’y rendit par son cœur et son âme ; il fut ainsi puni au même titre que celui qui l’a commis.

Tel est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique. Et malgré la dureté de ce terme pour l’âme, il est pourtant employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance à l’égard de sa communauté le fait qu’il nous ait explicitement mis en garde contre cette fornication [du cœur] : « La fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’, signifie que le cœur désire la réalisation de ce que l’âme convoite parmi les passions[4]. »

Le cœur possède, à l’instar des membres, des acquisitions (bonnes ou mauvaises) et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a informé qu’Il jugera ce qu’ont acquis les cœurs par la récompense ou le châtiment. Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’œuvre du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Lorsque deux musulmans s’affrontent à l’épée et que l’un tue l’autre, le tueur et le tué sont tous deux dans le Feu. Quelqu’un demanda : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur cela est clair, mais pourquoi le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment tuer son adversaire. »[5]

Par conséquent, ce musulman (le tué) entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparent et le caché :

Oui, l’état du cœur est fondamental. Ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme à l’intérieur, cela atteste de la véracité de ce qui réside dans le cœur. Mais si elle le contredit, cela prouve la fausseté de ce qui s’y trouve.

De même, la validité et l’acceptation de l’apparence auprès d’Allah dépendent du cœur. Quant aux gens, ils ne sont chargés que de considérer l’apparence [d’autrui] et de juger selon celle-ci, tandis qu’Allah se charge de ce qui est caché [dans les cœurs].

Dès lors, l’objectif des deux attestations[6] est d’adresser un message concret à l’humanité en attestant de l’Islam de celui qui les prononce, tandis qu’Allah est le Seul à être parfaitement informé de ce qui est imperceptible et enfoui dans les cœurs. En effet, les hypocrites ont prononcé les deux attestations : leur sang est devenu prohibé ici-bas, mais leur demeure finale sera le plus bas degré de l’Enfer, en raison de ce que renfermaient leurs cœurs.

Observez enfin le lien existant entre l’apparent et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. En effet, l’amour d’Allah dans le cœur implique nécessairement le suivi des membres. S’il en est autrement, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et imposture.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Sa purification est la condition d’entrée [au Paradis]

La troisième chose montrant l’importance du cœur est que l’entrée au Paradis est conditionnée par sa purification.

C’est pour cela qu’Allah blâma ceux dont les cœurs sont mauvais : {Voilà ceux dont Allah n’a pas voulu purifier les cœurs. Ils seront couverts d’ignominie ici-bas, et dans l’au-delà un châtiment immense leur est réservé.} [Al-Mâidah, v.41]

Et ce verset est une preuve irréfutable que celui qui ne purifie pas son cœur subira inévitablement une ignominie ici-bas et un châtiment immense dans l’au-delà.

Voilà pourquoi Allah سبحانه وتعالى a interdit le Paradis à celui qui a dans son cœur le poids d’un atome de mal. Le Prophète ﷺ a dit : « N’entrera pas au Paradis celui qui a en son cœur le poids d’un atome d’orgueil. »[1]

Personne n’y entrera donc jusqu’à ce que son cœur devienne entièrement bon et pur, et ce, car le Paradis est la demeure des bons. Et c’est ainsi qu’il leur sera dit lorsqu’ils se trouveront à ses portes : {« Puisque vous avez été bons [sur terre], entrez au Paradis où vous demeurerez éternellement !».} [Az-Zoumar, v.73]

À eux seuls, les Anges annonceront la bonne nouvelle : {Ceux dont les Anges prennent l’âme alors qu’ils sont bons (exempts de tout polythéisme) et auxquels ils disent : « Que le salut soit sur vous ! Entrez au Paradis en récompense de ce que vous faisiez ».} [An-Nahl, v.32]

Ibn Al-Qayyim رحمه الله  a dit : « Le mauvais n’entrera pas le Paradis, ni celui possédant un brin de mal. Ainsi, quiconque se sera purifié ici-bas et aura rencontré Allah absout et sain de toute impureté y entrera sans aucune gêne.
Quant à celui qui, ici-bas, ne se sera pas purifié, si son impureté était majeure tel le mécréant, alors il n’y entrera nullement ; mais si son impureté a été acquise, [tels les péchés du cœur et des membres que commet le musulman,] il y entrera qu’après avoir été nettoyé de celle-ci dans le feu de l’Enfer. Quant à certains croyants, lorsqu’ils auront traversé le pont As-Sirât, ils seront arrêtés sur le pont Qantarah, situé entre le Paradis et l’Enfer, où ils se feront corriger et débarrasser de ce qu’il leur reste d’impuretés qui les empêchent d’accéder au Paradis. A ceux-là, il ne leur a pas été prescrit d’entrer en Enfer, mais une fois qu’ils auront été lavés et nettoyés de ces souillures restantes, alors l’entrée au Paradis leur sera accordée. »

Et c’est dans ce but qu’est venu l’ordre clair adressé au Prophète ﷺ : {Purifie tes vêtements [de toute souillure].} [Al-Mouddaththir, v.4]

Ibn Al Qayyim a dit : « La majorité des exégètes parmi les Pieux Prédécesseurs (As-salafs) et ceux qui les ont suivis sont d’avis que le sens voulu par « vêtements » désigne, ici, le cœur ; et que la signification de la purification correspond à la réforme des actes et des nobles comportements et caractères. »

La plus grande impureté :

Allah le Très Haut a dit : {Les polythéistes ne sont que souillure.} [At-Tawbah, v.28]

Il سبحانه وتعالى emploie ici une forme nominale – « najas – نَجَسٌ » (souillure) – afin d’en accentuer la portée. C’est comme s’ils en représentaient l’essence même, car les souillures internes (cachées) doivent être évitées en premier lieu ; et y a-t-il plus impur que le polythéisme ?!

Dès lors, les impuretés du cœur, outre le fait qu’elles constituent des turpitudes ici-bas, sont destructrices dans l’au-delà.

Mais il existe une autre signification à cela : à savoir que la purification et l’impureté ne sont pas restreintes à l’apparence ; car le polythéiste peut porter de beaux vêtements ou être propre, alors que son cœur est souillé.

C’est d’ailleurs ce qu’ont adopté les quatre grandes écoles juridiques en affirmant que le mécréant n’est pas une souillure en lui-même, car Allah nous a rendu licite leurs nourritures[2]. Cela est également confirmé par les actes et les paroles du Prophète ﷺ. En effet, il mangeait et buvait dans leurs récipients, y faisait ses ablutions, et fit même entrer des mécréants dans sa mosquée.

Nous pouvons également ajouter que les souillures dites « abstraites » ou incorporelles ne sont pas toutes du même niveau, elles diffèrent. Et elles n’ont pas comme seuls endroits les cœurs des mécréants ; bien au contraire, elles peuvent aussi se trouver dans le cœur des musulmans. Ainsi, la colère, l’orgueil, la jalousie, et les autres maladies du cœur sont aussi des souillures.

Et si le Prophète ﷺ a certes dit : « Les Anges n’entre pas une maison où se trouvent un chien ou une image »[3], Aboû Hâmid Al-Ghazâlî رحمه الله a médité ce hadîth sous un angle qui peut sembler, au premier abord, loin de son sens apparent, mais qui indique en réalité une signification tout à fait pertinente. Il dit :

« Le cœur est [semblable à] une maison. C’est la demeure des Anges, le lieu où ils laissent leurs traces et l’endroit où ils s’y établissent ; tandis que les mauvaises caractéristiques telles que la colère, la passion, la haine, la jalousie, l’orgueil, la vanité et leurs semblables ne sont que des chiens qui aboient. Comment les Anges pourraient-ils y entrer alors que la maison est remplie de chiens ?!

Quant à la lumière de la science, Allah le Très Haut ne l’envoie dans le cœur que par l’intermédiaire des Anges : {Quand Allah s’adresse à un homme, Il ne le fait que par révélation, ou derrière un voile, ou par l’envoi d’un [ange] messager qui lui révèle, par Sa permission, ce qu’Allah veut.} [Sourate Ach-Choûrâ, v.51]

Ainsi, aucune science clémente et bénéfique n’est envoyée au cœur sans que les Anges, chargés de cette mission, ne s’en chargent. Or, ce sont des êtres sains, purifiés et innocents de toute caractéristique détestable ; ainsi, ils ne considèrent que ce qui est bon, et, parmi les trésors de la miséricorde d’Allah qu’ils détiennent, ils ne résident que ce qui est bon et pur. »

[1] Sahîh Mouslim, N°91
[2] Sauf les animaux sacrifiés (Note du traducteur)
[3] Sahîh Al-Boukârî, n°4002

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

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Certes, il est le roi

Le cœur est l’émir du corps et le souverain des membres ; il est leur unique berger et leur leader.
Les membres et les sens sont ses disciples, ils n’extériorisent que ce qu’on leur ordonne.
Ainsi, tous les actes qui en découlent résultent du décret du cœur qui utilise les membres uniquement selon ce qu’il désire ; ils sont à sa merci. 

C’est du cœur que s’acquiert la droiture ou l’égarement. 

D’ailleurs, il existe entre lui et les membres une relation étonnante et une étrange similitude, car chacun impacte sur l’autre[1].

Dès lors, si le regard dévie, c’est qu’il en a reçu l’ordre ; si la langue ment, c’est parce qu’elle n’est qu’une esclave soumise [au cœur] ; et si le pied marche vers l’illicite, c’est que le cœur s’y est déplacé en premier. C’est pour cette raison que le Prophète ﷺ a dit, au sujet de celui qui prie de manière distraite : « Si le cœur de celui-ci avait été humble et concentré, alors ses membres l’auraient été également. »[2] Et il dit à celui qui dirige la prière [commune] de dire aux fidèles : « Alignez-vous et ne déviez-pas [de vos rangs] de crainte que vos cœurs ne divergent. »[3]
Les actes des membres sont donc le fruit des actes du cœur.

En résumé : Le cœur est la première et la dernière ligne défensive ; ainsi, s’il faiblit, se corrompt ou capitule, les membres s’écrouleront.

Et inversement, si le serviteur évoque son Seigneur c’est parce que le cœur L’a évoqué ; s’il laisse sa main s’adonner à l’aumône, c’est parce que le cœur lui a permis cela ; et si l’œil verse des larmes, c’est que le cœur lui en a donné l’ordre. De ce fait, c’est lui qui dicte à la langue ce qu’elle doit prononcer, à la main ce qu’elle doit écrire et aux pieds où se déplacer.

Le Prophète ﷺ connaissait évidemment le droit du cœur et le rang qu’il occupe. Il alla même le décrire comme « un morceau de chair qui, s’il est bon, alors tout le corps le sera. »[4]. C’est la première chose vers laquelle il nous a orientés afin que nous l’éduquions, lui accordions une attention particulière et le purifiions.

Par conséquent, tous les actes reviennent au cœur et émanent de lui. Et par « tous les actes », on entend tous les faits et gestes que l’on accomplit, tels que le vêtement que l’on revêt ou le corps que l’on embellit. Et c’est ce qu’a compris le noble compagnon ‘Abd Allah Ibn Mas’oûd  رضي الله عنه, à qui on accorda la compréhension du Coran, en disant : « Les apparences ne se ressemblent que si les cœurs se ressemblent. » 

Il est l’objectif premier du bien-aimé ﷺ :

La mère des croyants, ‘Âicha رضي الله عنها , a dit : « Parmi les premiers passages du Coran à avoir été révélés figure une sourate parmi les sourates moufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l’Enfer. Puis, lorsque les gens revinrent à l’islam, le licite et l’illicite furent révélés. Si, dès le début, Allah avait révélé : « Ne buvez plus d’alcool », ils auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! ». Et s’Il avait révélé : « Ne commettez pas l’adultère », ils auraient dit : « Nous ne le délaisserons jamais ! » »

Allah interdit l’alcool lors de la 2ème année de l’hégire, soit 15 ans après le début de la prophétie, et Il rendit obligatoire l’aumône également cette même année. De même, Il prescrivit le voile légiféré lors de la 6ème année de l’hégire, soit 19 ans après le début de la prophétie.
Tout cela sont des commandements [divins] dont la révélation fut retardée jusqu’à ce que les cœurs se soient purifiés, adoucis et que la vérité s’y soit fermement ancrée, et soit sans équivoque.

Afin de montrer la noblesse du cœur, Allah en a fait un moyen par lequel [le serviteur] connaît son Seigneur et est guidé vers Lui. Mais si Allah se met en colère contre un serviteur, le pire des châtiments qu’Il puisse lui infliger est de faire obstacle entre lui et son cœur, en lui interdisant de Le connaître et de se rapprocher de Lui.

Voilà donc la raison pour laquelle prêter une attention particulière au cœur, c’est prêter une attention à ce qui est le plus important plutôt qu’à ce qui l’est moins, et se préoccuper de la base avant ce qui est secondaire.

[1]Même si l’impact du cœur sur les membres est plus fort (Note du traducteur)
[2] Jugé très faible par chaykh Al-Albânî
[3] Sahîh Mouslim, n°432
[4] Sahîh Al-Boukhârî, n°52

Source originale : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction : Le Cœur des Croyants)

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Comment celui dont c’est la condition peut-il s’enorgueillir ?

(Lis ton livre ! Aujourd’hui ton âme suffit pour te juger) [Sourate 17, verset 14]

Il dira : « Qu’est-ce que mon livre ? » On lui répondra : « Au cours de ton existence dont tu te rejouissais, et de ses délices dont tu t’enorgueuillissais, on t’a préposé deux anges qui inscrivaient tout ce que tu prononçais ou faisais, que ce soit minime ou important, que tu te lèves ou t’assois, manges ou boives. Tu as tout oublié, mais Allah cerne cela de Sa science. Viens donc Lui rendre des comptes et prépare tes réponses, sinon on te conduira en Enfer. »

Comment celui dont c’est la condition peut-il s’enorgueillir ? S’il va en Enfer, la condition des bêtes est meilleure que la sienne, car elle reviennent à la terre. Comment celui dont c’est la condition, et qui doute qu’on lui pardonne ses fautes peut-il s’enorgueillir ? Qui est exempt de tout péché qui lui fasse mériter le châtiment ? Il est semblable à un homme qui a commis un crime à l’encontre d’un roi et qui mérite qu’on lui administre mille coups de fouet, qu’on a jeté en prison en attendant de le faire sortir et de le punir, et qui attend qu’on l’y appelle. Penses-tu qu’il puisse s’enorgueillir devant ceux qui sont en prison? Ce bas monde n’est-il pas qu’une prison, et les péchés n’impliquent-ils pas de châtiments ?!

Source : « Esprit de l’âme », éditions Tawbah.

Pourquoi réformer son foyer ?

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D’abord, pour protéger sa propre personne, ainsi que sa famille de l’Enfer et du châtiment du Feu : (Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par de Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu’Il leur commande et faisant strictement ce qu’on leur ordonne) [Sourate 66, verset 6]

De plus, il faut mentionner l’importance de la responsabilité du chef de famille devant Allah le jour du Jugement. Le Prophète صلى الله عليه و سلم dit : « Certes Allah interrogera tout responsable sur ce dont il était responsable : l’a t-il mené à bien ou à mal ? Jusqu’à ce que l’homme soit questionné à propos des membres de sa famille. » [Sahîh Al-Jâmi’, n°1775, et As-Sisilah As–Sahîhah n°1636]

Par ailleurs, le foyer est le lieu approprié pour protéger sa personne, éviter les maux et les éviter aux gens. C’est également l’abri légitime vers lequel il faut se tourner en période de troubles. Le Prophète  صلى الله عليه و سلم dit : « Heureux est celui qui retient sa langue, se contente de rester chez lui et pleure pour sa faute. » [Sahîh A-Jâmi’ n°3824]

Dans un autre hadîth, il  صلى الله عليه و سلم dit : « Quiconque pratique l’une de ces cinq choses sera sous la protection d’Allah : celui qui rend visite à un malade, celui qui est sort en expédition, celui qui est entré chez son dirigeant pour le soutenir et le respecter, ou celui qui est resté chez lui de sorte que les gens soient à l’abri de ses méfaits et lui des leurs. » [Ahmad, t.5, p.241]

« Le salut de l’homme lors du trouble réside dans le fait de rester chez lui. » [Sahîh Al-Jâmi’ n°3543 et les termes sont ceux des Sounan d’aboutir ‘Âsim n°1021 qui l’authentifie]

En effet, le musulman vivant à l’étranger peut saisir l’utilité d’une telle chose, quand il est incapable de changer de nombreuses attitudes blâmables.
Ainsi, il peut trouver un refuge dans lequel il se protège de l’acte et du regard illicites et préserve sa femme de l’exhibition ainsi que ses enfants de la mauvaise fréquentation.

En outre, les gens passent la plupart de leur temps à l’intérieur de leurs maisons, notamment lorsqu’il fait trop chaud ou trop froid et lorsqu’il pleut, ainsi qu’au début et en fin de journée, et également quand ils rentrent de leur travail ou de l’école.
Il faut donc que ces moments soient utilisés pour accomplir des actes d’adoration, sans quoi, ils seraient voués aux péchés.

Plus important encore, l’attention prêtée au foyer est considérée comme le facteur principal dans la fondation d’une société musulmane. Car la société se compose de l’ensemble des foyers constituant ses éléments de base. Ces derniers abritent des personnes qui forment une société.
Et si l’élément de base est bon, notre société sera solide en suivant les commandements divins, forte face aux ennemi d’Allah, et sera une source de bien et immunisée le mal.
Ainsi, de ce foyer musulman émergeront les piliers de la réforme tels que le prédicateur exemplaire, le chercheur de la science, le combattant sincère, l’épouse pieuse, la mère éducatrice et le reste des réformateurs.

Si ce sujet est d’une telle importance et si nos foyers renferment de nombreux méfaits et grandes négligences, ainsi que l’insouciance et le manquement, une question fondamentale se pose : quels sont les moyens nécessaires à la réforme des foyers ?

Note du site Le Coeur des Croyants : Nous vous invitons à consulter le petit épître (cité ci-dessous) qui est entièrement dédié à répondre à cette question très importante.

Source : « Comment réformer ma famille », Chaykh Mouhammad Al-Mounajjid, Al-Hadîth éditions

Le remerciement

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Serviteurs d’Allah !

Craignez Allah car la crainte d’Allah est la meilleure chose que vous puissiez faire et obtenir.

Ô musulmans !
Remercier Allah pour Ses bienfaits qui sont innombrables est un devoir, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Nous avons recommandé à l’homme ses deux géniteurs. Sa mère l’a porté en allant d’affaiblissement en affaiblissement. Son sevrage se fait au bout de deux ans. « Rends grâce à Moi et à tes géniteurs ! C’est à Moi qu’aboutit toute destinée} ;

et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Evoquez-Moi (par la pensée et les actes) et Je vous aurai présents à l’esprit. Rendez-Moi grâce et ne me reniez point !};

et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et rendez grâce à Allah pour Son bienfait si c’est (vraiment) Lui que vous adorez}.

Le remerciement (la reconnaissance) d’Allah s’oppose à l’ingratitude (la mécréance) envers Allah, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Nous avons créé l’homme d’une goutte de sperme hétérogène (aux composants divers) pour le mettre à l’épreuve et c’est pourquoi Nous l’avons doté de l’ouïe et de la vue. Nous l’avons guidé sur sa voie, soit celle de la reconnaissance (gratitude), soit celle de la négation}.

La plus grande reconnaissance est la foi en Allah (qu’Il soit exalté), l’accomplissement de ses obligations et de ses devoirs, et l’éloignement de ses interdictions ; puis, la reconnaissance pour tous les autres bienfaits.

De même que la plus grande ingratitude pour les bienfaits est la négation (mécréance) du message, le détournement de la foi en Allah (qu’Il soit exalté), l’abandon des obligations et des devoirs qu’Allah a ordonnés et commettre les péchés ; ensuite, la négation de tous les autres bienfaits.
La récompense pour le remerciement d’Allah (qu’Il soit exalté) est très grande ; Allah préserve des châtiments et éloigne les malheurs grâce au remerciement, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Qu’est-ce qu’Allah a à faire de votre supplice une fois que vous avez rendu grâce et que vous avez cru ? Allah rend toujours grâce et Il est parfaitement Connaisseur} ;

et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Le peuple de Loth aussi a qualifié les avertissements de mensonges. Nous lâchâmes sur eux une pluie de fines pierres sauf la famille de Loth, Nous la sauvâmes avant l’aube. Par un effet de Notre bonté. Voilà comment Nous récompensons celui qui (Nous) a rendu grâce}.

Les bienfaits augmentent grâce au remerciement et la bénédiction dure longtemps, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et lorsque votre Seigneur a proclamé sans ambages : « Assurément, si vous rendez grâce, Je vous donnerai encore plus, et si vous reniez, Mon châtiment est bien dur »}.

Et lorsque ceux qui remercient Allah verront la beauté du Paradis, ses délices et le plaisir d’y vivre, ils diront :

{Ils dirent : « La louange est à Allah qui nous a tenu Sa promesse et nous a fait hériter de la terre où nous nous installons à l’endroit que nous voulons du Paradis. Quel beau salaire que celui des gens qui œuvrent !}.

Le remerciement est une qualité des Prophètes, des Messagers et des serviteurs pieux d’Allah, Allah (qu’Il soit exalté) a dit à propos de Noé عليه السلام :

{Il était un serviteur (d’Allah) plein de reconnaissance} ;

et Il a dit à propos d’Abraham l’ami intime d’Allah عليه السلام :

{Abraham était (à lui seul) une nation, plein d’obéissance, confiant à Allah et pur monothéiste. Il n’a jamais appartenu aux associateurs. Il était reconnaissant pour Ses bienfaits et Allah l’avait élu et guidé vers un droit chemin}.

Et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et très peu parmi Mes serviteurs sont reconnaissants}.

La réalité du remerciement est : faire l’éloge du “Bienfaiteur” (Allah) Le très Grand et Le très Haut pour Ses bienfaits, se les rappeler et parler d’eux avec la langue, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et quant aux bienfaits de ton Seigneur, proclame-le.}

Le remerciement est aussi l’amour du “Bienfaiteur” Le très Grand Haut et Le très Haut avec le cœur, et accomplir les actes qui Lui plaisent, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{(…) Agissez, Ô famille de David, par gratitude alors qu’il y a eu peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants}.

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :
« Aimez beaucoup Allah de vos cœurs pour les bienfaits qu’Il vous donne » 

Et ‘Âicha رضي الله عنها a dit : – « Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم priait la nuit jusqu’à ce que ses pieds se fendent ; je dis alors : « Ô Messager d’Allah ! Tu accomplis cela alors qu’Allah t’a pardonné tes péchés passés et futurs « . Il répondit : « Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ?! » (Rapporté par Al-Boukhârî)

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L’aspiration du croyant est liée à l’au-delà

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Ne vois-tu pas que lorsque des artisans pénètrent une maison habitée, le marchand d’étoffes observe les tentures et les évalue, le charpentier le plafond, le maçon les murs, et le tisserand les étoffes cousues ? Il en est de même pour le croyant, quand il voit l’obscurité, il pense aux ténèbres de la tombe ; quand il entend un bruit effrayant, il pense au souffle dans la Trompe ; quand il voit un plaisir, il pense au délices du Paradis ; et quand il voit un homme souffrir, il pense à l’Enfer.

Source : « L’Esprit de l’Âme », Edition Tawbah