Il est la demeure de la foi et de la piété

Houdhayfah Ibn Al-Yamân  رضي الله عنه, l’expert des cœurs et gardien du secret confié par le Prophète ﷺ, a dit : «  Le Prophète nous a relaté deux événements ; j’ai vu le premier se réaliser, quant au second, j’attends qu’il se produise. Il nous a raconté que le dépôt (Al-Amânah) s’était enraciné dans le cœur des hommes, puis ils apprirent le Coran ainsi que la Sounnah. Ensuite, il nous informa de la manière dont le dépôt sera retiré en disant : « L’homme s’endormira un moment et le dépôt lui sera retiré de son cœur […] » 

Le « dépôt » (Al-Amânah) évoqué dans le hadîth correspond au même terme mentionné dans la parole du Très-Haut : (Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes le dépôt (Al-Amânah). Tous ont refusé de le porter et en furent effrayés. L’homme s’en est alors chargé, par injustice envers lui-même et par ignorance.) [Sourate Al-Ahzâb, v.72]  

Ici, le dépôt désigne la Foi.

Dans ce hadîth, le Prophète ﷺ nous informe que la Foi est la première chose qui fut déposée dans le cœur ; et cela fait référence à la saine nature sur laquelle naît le serviteur. Après quoi, cette Foi augmente par ce qu’elle acquiert à travers l’apprentissage du Coran et de la Tradition Prophétique (Sounnah). Et ce qui nous montre l’importance du dépôt (la Foi), c’est que lorsqu’il s’établit fermement dans le cœur du serviteur, celui-ci accomplit ce qu’on lui a ordonné et s’écarte de ce qui lui a été interdit, en toute conformité et soumission.

Quant au second événement [évoqué] dans le hadîth, le Prophète ﷺ a indiqué que la Foi est la première chose qui sera retirée du cœur.

Ainsi, l’augmentation de la Foi et sa diminution émanent du cœur : c’est de lui que jaillit le bien et que naît le mal.

Et si le cœur n’avait pour seule vertu que le fait d’être le réceptacle de la Foi, cela lui suffirait amplement. Mais il est également le réceptacle de la piété (At-Taqwâ). En effet, le Prophète ﷺ a dit : «  La piété se loge ici  », en désignant sa poitrine afin de signaler que son siège est le cœur, et lui seul.

Par conséquent, la piété ne se résume pas à une voix empreinte d’humilité, à des pleurs, ou encore au fait d’allonger la prosternation, ni à toute autre apparence dénuée de spiritualité et d’humilité. Elle est plutôt un secret intime déposé dans le cœur, dont Seul Allah a connaissance.

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Il est l’endroit qu’Allah regarde

Il est, parmi les cœurs, celui qui ressemble à une tombe dont l’apparence est ornée et fleurie, alors que son intérieur est en décomposition et mort. Ou encore à l’image d’une demeure obscure sur le toit de laquelle se trouve une lampe éclairante, tandis que son intérieur est plongé dans les ténèbres.
D’ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens, mais Il regarde plutôt vos œuvres et vos cœurs. »[1]

Assurément, voici l’éminente place qu’occupe la vie du cœur, même lorsque les ventres sont vides (pris par la faim) et les vêtements usés.
Ce hadîth met en évidence le fait que le cœur est l’endroit sur lequel se porte le regard du Seigneur.
Ainsi, il n’y a aucun bénéfice à ce que l’apparence soit bonne lorsque l’intérieur est corrompu.

Qu’il est étonnant celui dont la préoccupation [première] est son apparence et son attrait extérieur ! Tu le vois laver ses vêtements, se parfumer, nettoyer son corps et l’assainir, s’embellir autant qu’il le peut, afin que personne n’y voit le moindre défaut ; alors qu’il ne se soucie guère de ce que contient son cœur – l’endroit qu’observe Le Créateur – ni de sa purification et de son ornement, afin que son Seigneur n’y voie aucune souillure, aucun mal, et qu’aucune créature n’y prenne Sa place.

Il existe aussi une autre signification de ce hadîth qu’a évoquée Ibn Al-Jazarî رحمه الله : « Le regard, ici, renvoie à la préférence, la miséricorde et la clémence. Car le regard est, en réalité, une marque d’amour, alors que détourner le regard indique l’aversion et le rejet. »

Médite ce qui suit et saisis l’importance du cœur :

Un acte accompli peut, en apparence, relever de la désobéissance, alors que son auteur en est récompensé : comme celui qui prononce une parole de mécréance sous la contrainte, alors que son cœur demeure serein dans la foi, ou celui qui boit une boisson enivrante sans le savoir.
À l’inverse, un acte peut revêtir l’apparence de la bienfaisance alors que son auteur est voué au Feu : tel celui qui s’est fait tué sur le champ de bataille pour que les gens louent sa bravoure ; ou celui qui dépense ses richesses dans le bien afin que les gens vantent sa générosité ; ou encore celui qui récite le Coran afin d’attirer les regards…

Par conséquent,  dans toutes ces situations, le cœur est soit au banc des accusés, soit inscrit dans le conseil d’honneur.

Pêcheur et innocent !!

Médite la parole du Prophète ﷺ : « Si un péché (ou un mal) est commis sur Terre, celui qui y assiste et le réprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; tandis que celui qui n’y assiste pas mais l’agrée est comme s’il y avait assisté [et ne l’avait pas réprouvé]. »[2]

Gloire et pureté à Allah ! Un homme absent de la scène du crime se retrouve pourtant parmi les premiers accusés, et son nom est inscrit au rang des pêcheurs.
Et un autre, qui a directement assisté au crime et l’a vu de ses propres yeux, se voit pourtant déclaré innocent !
La cause de tout ceci réside exclusivement dans le cœur qui a été sauvé en réprouvant [le mal] ou a péché en l’agréant.

Ce hadîth contient à la fois une bonne annonce et un avertissement :

– Une bonne annonce pour celui qui est contraint d’être présent en un lieu où Allah est désobéi, sans pouvoir réprouver ce mal ni par la main ni par la parole, et n’est même pas dans la capacité de quitter cet endroit ; par conséquent, il incombe au cœur d’accomplir ce qui lui est obligatoire en s’opposant au blâmable.

– Et un avertissement pour celui dont Allah a voulu le bien, mais qui ne choisit que le mal ; celui qu’Il a voulu préserver des actes blâmables, mais qui refusa (cette préservation) pour s’y souiller ; ou encore celui qu’Allah a éloigné de l’endroit du péché, mais qui s’y rendit par son cœur et son âme ; il fut ainsi puni au même titre que celui qui l’a commis.

Tel est le cœur lorsqu’il fornique ! Oui, il fornique. Et malgré la dureté de ce terme pour l’âme, il est pourtant employé par celui qu’Allah a décrit comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants ﷺ. Et parmi sa miséricorde et sa bienveillance à l’égard de sa communauté le fait qu’il nous ait explicitement mis en garde contre cette fornication [du cœur] : « La fornication du cœur est le faux espoir »[3].

Le Chaykh Ahmad ‘Abd Ar-Rahmân Al-Bannâ رحمه الله a dit : « ‘’La fornication du cœur est le faux espoir’’, signifie que le cœur désire la réalisation de ce que l’âme convoite parmi les passions[4]. »

Le cœur possède, à l’instar des membres, des acquisitions (bonnes ou mauvaises) et des œuvres. Et Allah سبحانه وتعالى a informé qu’Il jugera ce qu’ont acquis les cœurs par la récompense ou le châtiment. Il dit : {Allah vous tient rigueur pour ce que vos cœurs ont voulu.} [Sourate Al-Baqarah, v.225]

Le hadîth suivant témoigne également de l’œuvre du cœur et du fait qu’Allah demandera des comptes au serviteur quant à celui-ci : « Lorsque deux musulmans s’affrontent à l’épée et que l’un tue l’autre, le tueur et le tué sont tous deux dans le Feu. Quelqu’un demanda : Ô Messager d’Allah ! Pour le tueur cela est clair, mais pourquoi le tué ? Il répondit : Car il désirait ardemment tuer son adversaire. »[5]

Par conséquent, ce musulman (le tué) entre dans le Feu en raison d’une œuvre émanant de son cœur ; il ne périt que par celle-ci.

L’apparent et le caché :

Oui, l’état du cœur est fondamental. Ainsi, si l’apparence extérieure [du corps] est conforme à l’intérieur, cela atteste de la véracité de ce qui réside dans le cœur. Mais si elle le contredit, cela prouve la fausseté de ce qui s’y trouve.

De même, la validité et l’acceptation de l’apparence auprès d’Allah dépendent du cœur. Quant aux gens, ils ne sont chargés que de considérer l’apparence [d’autrui] et de juger selon celle-ci, tandis qu’Allah se charge de ce qui est caché [dans les cœurs].

Dès lors, l’objectif des deux attestations[6] est d’adresser un message concret à l’humanité en attestant de l’Islam de celui qui les prononce, tandis qu’Allah est le Seul à être parfaitement informé de ce qui est imperceptible et enfoui dans les cœurs. En effet, les hypocrites ont prononcé les deux attestations : leur sang est devenu prohibé ici-bas, mais leur demeure finale sera le plus bas degré de l’Enfer, en raison de ce que renfermaient leurs cœurs.

Observez enfin le lien existant entre l’apparent et le caché dans le parole du Très-Haut : {Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi. »} [Sourate Âli ‘Imrân, v.31]. En effet, l’amour d’Allah dans le cœur implique nécessairement le suivi des membres. S’il en est autrement, alors cet amour n’est que prétention, mensonge et imposture.

[1] Sahîh Ibn Mâjah, n°3359 authentifié par Chaykh Al-Albânî
[2] Sahîh Al-Jâmi’, n°689 jugé bon par Chaykh Al-Albânî
[3] Mousnad Imam Ahmad n°67779, authentifié par Ahmad Châkir (et Mouslim rapporte un hadîth similaire dans son Sahîh n°2657)
[4] Bien sûr, celles qui sont blâmables et illicites (Note du Traducteur)
[5] Sahîh Al-Boukhârî n°31, Sahîh Mouslim n°2888
[6] « J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah Seul et que Mouhammad est Son messager. » (Note du traducteur)

Source original : http://www.kalemtayeb.com/ (Traduction par Le Cœur des Croyants)

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Si cela peut être obtenu par de simples souhaits, pourquoi se sont-ils fatigués et ont-ils abondamment pleuré ?

Il est des gens trompés par ce bas monde qui disent : « le paiement comptant est meilleur que le paiement différé, et ce bas monde est un paiement comptant, alors que l’au-delà est un paiement différé. » Voilà l’objet de la tromperie, car le paiement comptant n’est meilleur que le paiement différé que s’ils sont semblables, et il est connu que l’existence de l’homme jusqu’à son dernier souffle, par rapport à la durée l’au-delà n’en représente pas même le millionième. Celui qui prétend que le paiement comptant est meilleur que le paiement différé veut signifier : lorsqu’ils sont semblables, et c’est là ce qui a trompé les mécréants.

Quant à ceux qui commettent des péchés tout en gardant une croyance saine, ils s’associent aux mécréants en cette tromperie, car ils ont préféré ce bas-monde à l’au-delà ; mais leur cas est plus aisé que celui des mécréants, en ce sens que le fondement de la foi leur interdit le châtiment éternel. Certains pécheurs se fourvoient et disent : « Allah est Généreux et nous comptons sur Son pardon. » Ils peuvent même se duper par la piété de le leur parents, mais les savants ont dit : « Celui qui espère une chose la recherche, celui qui craint une chose la fuit, et celui qui espère le pardon tout en persévérant dans le péché est trompé. »

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La douceur du Coran (Conférence – Vidéo)

Conférence du Chaykh Soulaymân Ar-Rouhaylî

Cacher les défauts de son frère

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1 ) Aboû Hourayrah (رضي الله عنه) rapporte que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère, Allah lui cachera ses défauts d’ici-bas et dans l’au-delà.» [Authentique rapporté par Mouslim et autres]

2) Aboû Hourayrah (رضي الله عنه) rapporte que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Personne ne cache les défauts de son frère sans qu’Allah ne lui cache les siens le Jour de la Résurrection. » [Authentique rapporté par Mouslim]

3) Maslama Ibn Moukhallad (رضي الله عنه) rapporte que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère est comparable à celui qui a sauvé la vie d’une fillette qui devait être enterrée vivante. » (coutume des arabes avant l’islam par crainte de tare sociale.) [Authentique rapporté par At–Tabarânî]

4) Ibn ‘Abbâs (رضي الله عنهما) rapporte que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère, Allah cachera les sien le Jour de la Résurrection. Quant à celui qui les dévoile, Allah dévoilera ses péchés et l’humiliera en mentionnant même ceux qu’il a commis en étant seul dans sa demeure. » [Bon rapporté par Ibn Mâdjah]

5) Ibn ‘Oumar (رضي الله عنهما) rapporte que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Ô vous qui avez cru avec vos langues alors que la foi n’a pas encore pénétré votre cœur ! Ne nuisez pas aux musulmans, et ne cherchez pas leurs défauts, car celui qui cherche les défauts de son frère, Allah cherchera les siens, et celui dont Allah cherche ses défauts, Il l’humiliera en mentionnant ses défauts, même ce qu’il a commis seul dans sa demeure (à l’abri du regard d’autrui). » [At-Titmidhî, Aboû Dâwoûd et autre]

Ibn ‘Oumar (رضي الله عنهما) a regardé la Ka’bah est a dit : « Qu’est-ce que tu es sacrée auprès d’Allah ! Mais l’honneur du croyant est plus sacré que toi auprès d’Allah. « (Ce qui signifie que détruire nuire aux croyants que ce soit avec notre langue en le calomniant, en commettant la médisance en son encontre ou en l’insultant et plus grave que de détruire la Ka’bah !!!) [Bon et authentique rapporté par At-Tirmidhî]

L’obligation de craindre Allah

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La crainte d’Allah عز و جل est l’une des plus importantes et principales obligations en religion, vu les effets considérables qu’elle engendre.

Ibn Al-Qayyim رحمه الله a dit: « Le rang de la crainte est l’une des stations du cheminement les plus élevées et les plus bénéfiques pour le cœur d’ailleurs, c’est une obligation qui incombe à tout un chacun ». [Madârij As-Sâlikîn, t.1, p.511]

Ibnou Al-Wazîr رحمه الله a dit: « Il n’y a aucun moyen de parvenir à l’assurance tandis que la crainte est la devise des vertueux. » 

Plusieurs preuves du Coran et de la Sounnah prouve l’obligation de la crainte, dont :

Allah عز و جل a commandé de le craindre dans le verset suivant : {Et c’est Moi que vous devez redouter} [Sourate 2, verset 40]

Allah عز و جل ordonne de Le redouter. Or, l’ordre implique une obligation à observer. Le Très Haut dit aussi : {Ne craignez donc pas les gens, mais craignez Moi.} [Sourate 5, verset 4].

As Sa’dî رحمه الله a dit : « Allah a donné l’ordre de Le craindre. Or, la crainte est à la tête de tout bien. Celui qui ne craint pas Allah ne cessera guère de Lui désobéir et d’enfreindre Son ordre ». 

Allah عز و جل a fait de la crainte une des conditions de la foi : {C’est le Diable qui vous fait peur de ses adhérents. N’ayez donc pas peur d’eux. Mais ayez peur de Moi si vous êtes croyants.} [Sourate 3, verset 175].

Dans l’exégèse de ce verset, As-Sa’dî رحمه الله a dit : « Ce verset indique que craindre exclusivement Allah est une obligation, que c’est l’une des implications de la foi, et que le serviteur craint Allah à la mesure de sa foi ». [Taysîr Al-Karîm Ar-Rahmân, t.1, p.157]

Allah a qualifié la mission des Envoyés d’avertissement et de mise en garde. Dans la langue arabe, avertir signifie informer d’une chose redoutable. Ar-Râghib Al-Asfahânî a dit : « De même que l’avertissement est une information générant la crainte, la bonne annonce est une information apportant la joie. » [Al-Moufradât, racine : n-dh-r]

[…]

Par ailleurs, Allah dit : {Et dis : « Je suis l’avertisseur évident (d’un châtiment) ».} [Sourate 15, verset 89] {Fuyez donc vers Allah. Moi je suis pour vous, de Sa part, un avertisseur explicite.} [Sourate 51, verset 50]

Aussi, l’avertissement était l’un des premiers ordre d’Allah à Son Messager صلى الله عليه و سلم : {Ô toi le revêtu d’un manteau! Lève toi et avertis !} [Sourate 74, verset 1 et 2]

Dans l’exégèse de ce verset, Al-Qourtoubî رحمه  الله a dit : « C’est-à-dire: provoque la crainte chez les Mecquois et mets les en garde contre le châtiment s’ils ne se convertissent pas à l’islam. »

Selon Aboû Moûsâ رضي الله عنه, le Messager d’Allah صلى الله عليه سلم a dit : « Le message avec lequel Allah m’a envoyé et moi même sommes comme un homme qui vient voir un groupe de gens et leur dit : « J’ai vu les forces ennemies de mes propres yeux et je suis pour vous l’avertisseur nu. Alors sauvez vous! Sauvez vous ! » Un groupe parmi les gens décide de lui obéir, sort, en pleine nuit et marche paisiblement; il est sauvé. Mais un autre groupe le traite de menteur et demeure immobile, et au matin, l’armée vient l’attaquer et le massacrer. » [Al-Boukhârî n°6482, Mousilm n°2283]

L’expression « avertisseur nu » trouve sont origine dans l’histoire d’un homme qui croisa une armée qui le dévalisa et le captura. Ensuite il s’en retourna voir son peuple et leur dit : « J’ai vu les force ennemies, elles m’ont dévalisé. » Constatant qu’il était nu, ils le crurent, parce qu’ils le connaissaient, ne remettaient point en doute sa sincérité et savaient qu’il  n’avait pas l’habitude de déambuler nu. Ils tranchèrent en faveur de sa sincérité au vu des toutes ces circonstances.

Ainsi, lorsqu’un homme parmi les Arabes se trouvant hors de sa tribu apercevait une force ennemie s’approchant de celle-ci, à son insu, il venait en courant et se déshabillait en poussant des cris pour leur montrer la gravité de la calamité qui s’apprête à les frapper et l’imminence du danger qui les menace. C’est la plus haute forme d’avertissement chez les arabes.

Le prophète صلى الله عليه و سلم employa cette image dans le discours qu’il leur lança et s’adressa à eux par ce qui leur est familier pour leur montrer la gravité du message qui leur a apporté. [Fath Al-Bârî, t.11, p.317]

Allah a cité le châtiment pour que les serviteurs le craignent. Le Très Haut dit : {Au dessus d’eux ils auront des couches de feu et des couches au dessous d’eux. Voilà ce dont Allah menace Ses esclaves. « Ô Mes esclaves, craignez Moi donc. »} [Sourate 39, verset 16]

Dans son commentaire de ce verset, Ibn Al-Kathîr رحمه الله  a dit : « {ce dont Allah menace Ses esclaves} : Allah n’a raconté cette chose qui arrivera sans nul doute que pour susciter la crainte chez Ses serviteurs. Autrement dit, pour qu’ils se dissuadent de transgresser les interdits et de commettre les péchés. Sa parole :{Ô Mes esclaves, craignez Moi donc!} signifie : craignez Ma rigueur, Ma puissance, Mon châtiment et Ma fureur. » [Tafsîr Ibn Al-Khathîr, t.4, p.63]

Source : « La crainte » du Chaykh Mouhammad Al-Mounajjid, éditions Al-Hadîth

Le remerciement

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Serviteurs d’Allah !

Craignez Allah car la crainte d’Allah est la meilleure chose que vous puissiez faire et obtenir.

Ô musulmans !
Remercier Allah pour Ses bienfaits qui sont innombrables est un devoir, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Nous avons recommandé à l’homme ses deux géniteurs. Sa mère l’a porté en allant d’affaiblissement en affaiblissement. Son sevrage se fait au bout de deux ans. « Rends grâce à Moi et à tes géniteurs ! C’est à Moi qu’aboutit toute destinée} ;

et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Evoquez-Moi (par la pensée et les actes) et Je vous aurai présents à l’esprit. Rendez-Moi grâce et ne me reniez point !};

et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et rendez grâce à Allah pour Son bienfait si c’est (vraiment) Lui que vous adorez}.

Le remerciement (la reconnaissance) d’Allah s’oppose à l’ingratitude (la mécréance) envers Allah, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Nous avons créé l’homme d’une goutte de sperme hétérogène (aux composants divers) pour le mettre à l’épreuve et c’est pourquoi Nous l’avons doté de l’ouïe et de la vue. Nous l’avons guidé sur sa voie, soit celle de la reconnaissance (gratitude), soit celle de la négation}.

La plus grande reconnaissance est la foi en Allah (qu’Il soit exalté), l’accomplissement de ses obligations et de ses devoirs, et l’éloignement de ses interdictions ; puis, la reconnaissance pour tous les autres bienfaits.

De même que la plus grande ingratitude pour les bienfaits est la négation (mécréance) du message, le détournement de la foi en Allah (qu’Il soit exalté), l’abandon des obligations et des devoirs qu’Allah a ordonnés et commettre les péchés ; ensuite, la négation de tous les autres bienfaits.
La récompense pour le remerciement d’Allah (qu’Il soit exalté) est très grande ; Allah préserve des châtiments et éloigne les malheurs grâce au remerciement, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Qu’est-ce qu’Allah a à faire de votre supplice une fois que vous avez rendu grâce et que vous avez cru ? Allah rend toujours grâce et Il est parfaitement Connaisseur} ;

et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Le peuple de Loth aussi a qualifié les avertissements de mensonges. Nous lâchâmes sur eux une pluie de fines pierres sauf la famille de Loth, Nous la sauvâmes avant l’aube. Par un effet de Notre bonté. Voilà comment Nous récompensons celui qui (Nous) a rendu grâce}.

Les bienfaits augmentent grâce au remerciement et la bénédiction dure longtemps, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et lorsque votre Seigneur a proclamé sans ambages : « Assurément, si vous rendez grâce, Je vous donnerai encore plus, et si vous reniez, Mon châtiment est bien dur »}.

Et lorsque ceux qui remercient Allah verront la beauté du Paradis, ses délices et le plaisir d’y vivre, ils diront :

{Ils dirent : « La louange est à Allah qui nous a tenu Sa promesse et nous a fait hériter de la terre où nous nous installons à l’endroit que nous voulons du Paradis. Quel beau salaire que celui des gens qui œuvrent !}.

Le remerciement est une qualité des Prophètes, des Messagers et des serviteurs pieux d’Allah, Allah (qu’Il soit exalté) a dit à propos de Noé عليه السلام :

{Il était un serviteur (d’Allah) plein de reconnaissance} ;

et Il a dit à propos d’Abraham l’ami intime d’Allah عليه السلام :

{Abraham était (à lui seul) une nation, plein d’obéissance, confiant à Allah et pur monothéiste. Il n’a jamais appartenu aux associateurs. Il était reconnaissant pour Ses bienfaits et Allah l’avait élu et guidé vers un droit chemin}.

Et Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et très peu parmi Mes serviteurs sont reconnaissants}.

La réalité du remerciement est : faire l’éloge du “Bienfaiteur” (Allah) Le très Grand et Le très Haut pour Ses bienfaits, se les rappeler et parler d’eux avec la langue, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{Et quant aux bienfaits de ton Seigneur, proclame-le.}

Le remerciement est aussi l’amour du “Bienfaiteur” Le très Grand Haut et Le très Haut avec le cœur, et accomplir les actes qui Lui plaisent, Allah (qu’Il soit exalté) a dit :

{(…) Agissez, Ô famille de David, par gratitude alors qu’il y a eu peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants}.

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :
« Aimez beaucoup Allah de vos cœurs pour les bienfaits qu’Il vous donne » 

Et ‘Âicha رضي الله عنها a dit : – « Le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلم priait la nuit jusqu’à ce que ses pieds se fendent ; je dis alors : « Ô Messager d’Allah ! Tu accomplis cela alors qu’Allah t’a pardonné tes péchés passés et futurs « . Il répondit : « Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ?! » (Rapporté par Al-Boukhârî)

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« T’inquiète pas, tout ira bien, In Shâ Allah… » [La préface et le livre en pdf]

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Qu’Allah soit loué exclusivement, et que la prière et le salut soient sur le dernier des prophètes. Les bienfaits d’Allah sur Ses serviteurs sont nombreux. Parmi les meilleurs d’entre eux, après ceux de la foi et de la sécurité, on retrouve le bienfait de la santé physique. Le prophète (صلى الله عليه و سلم) dit à ce sujet : « Quiconque d’entre vous se réveille l’esprit en sécurité, le corps en bonne santé, possédant ses provisions quotidiennes, c’est comme s’il toute la vie d’ici-bas lui avait été rassemblée. » Ainsi, le bonheur d’être en bonne santé est un énorme bienfait qui exige du musulman qu’il soit reconnaissant envers Allah, aussi bien avec son cœur qu’avec sa langue et les autres membres de son corps, ceci en les utilisant dans l’obéissance d’Allah. Parfois, il arrive que des facteurs viennent affecter cette bonne santé et l’affaiblir. Mais ce mal qui atteint le musulman ou la musulmane n’est qu’une épreuve venant d’Allah, un moyen d’expier ses péchés et de l’élever en degrés, à condition que le malade patiente en espérant la récompense d’Allah. Le prophète (صلى الله عليه و سلم) dit à ce sujet : « Que l’affaire du croyant est réjouissante ! Tout ce qui lui arrive est un bien pour lui, et ceci n’est valable pour personne d’autre que le croyant. Si un bienfait l’atteint, il est reconnaissant et c’est alors un bien pour lui. Et si un malheur l’atteint, il patiente et c’est alors un bien pour lui. »(1) Il existe certaines règles qu’il convient d’appliquer pendant l’état de maladie, de même qu’il existe des règles de bienséance pour la visite du malade. Il existe également des règles qui se rapportent à la maladie elle-même, c’est notamment une cause qui permet de disposer de certaines permissions dans les adorations.

En consultant cet écrit intitulé « T’inquiète pas, tout ira bien, in shâ Allah… », nous avons trouvé qu’il regroupe un ensemble de bonnes manières, de règles religieuses, d’avis juridiques et d’histoires réelles qui concernent le malade – notamment l’aspect moral, les adorations ou la façon de vivre avec la maladie – mais aussi ceux qui souhaitent leur rendre visite puisqu’il détaille les bonnes manières relatives à la visite du malade. Qu’Allah récompense le ٍSheikh ‘Abdulazîz As-Sadhân pour ses efforts et les rende profitables, et qu’Il lui accorde Sa récompense. Et qu’Allah prie, salue et bénisse notre prophète Muhammad ainsi que l’ensemble de ses proches et ses compagnons.

Le Mufti Général du Royaume d’Arabie Saoudite, Directeur du Comité des Grands Savants, Responsable de la Direction des Recherches Scientifiques et de l’Iftâ’ :  »Abdulazîz Ibn ‘Abdillah Ibn Muhammad Âli Sheikh,

(1) Rapporté par Muslim (n°7425), d’après le hadith de Suhayb

Lien du livre en PDF : 

« T’inquiète pas, tout ira bien, In Shâ Allah… » (lien pdf)

Source : http://www.islamhouse.fr

Le Meilleur Voyage [afin que les cœurs se réforment]

« Le Meilleur Voyage »
présenté par notre frère Michâry Al-Kharrâz حفظه الله
(Qu’Allah récompense les traducteurs)

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a dit :

«N’est-ce pas qu’il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, tout le corps le sera et s’il est corrompu, tout le corps le sera? N’est-ce pas que c’est le Cœur?»

«Les croyants sont (dans leur amour, leur miséricorde et leur compassion) à l’exemple d’un seul corps, si l’un de ses membre se plaint, l’ensemble du corps sera touché par l’insomnie et la fièvre.»

«Regardez ceux qui sont au dessous de vous et ne regardez pas ceux qui sont au dessus de vous ceci afin que vous ne minimisiez pas les bienfaits d’Allah sur vous».

«J’ai été envoyé pour parfaire les nobles caractères »

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« Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vu s’humilier… »

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Beaucoup parmi nous, lorsqu’Allah immensifie le Noble Coran et le décrit s’il descendait sur une montagne, passent sur ce genre de versets et ne sont même pas touché…

En réalité, il existe deux catégories : une montagne massive et le malheureux fils d’Adam.

La différence qui existe entre eux est la suivante :

  • La montagne massive, Allah nous a cité un exemple et nous a informé (et Il est le plus véridique) que : « Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vu s’humilier et se fendre par crainte d’Allah (de Sa menace). »  (Sourate 59, v.21)
  • Et il y a le malheureux fils d’Adam dont son coeur est plus dur que de la pierre et qu’une montagne massive. Il ne s’humilie pas devant Allah et ne craint pas Son châtiment.

Ainsi, Allah a dit :« Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vu s’humilier et se fendre par crainte d’Allah (de Sa menace). »

Et Il dit dans la sourate Ar-Ra’d (Le Tonnerre) : « S’il y avait un Coran à mettre les montagnes en marche, à fendre la terre ou à faire parler les morts (ce serait celui-ci*). » (Sourate 13, v.31)

Ici, la réponse à la condition « S’il y avait un Coran … » n’a pas été citée, elle est effacée. Le verset signifie que s’il y avait un Coran à mettre les montagnes en marches, à fendre la terre ou à faire parler les morts (ce serait celui-ci). Ce serait ce Coran!

La réponse n’a pas été évoquée car le sens (du verset) indique clairement cette signification là et qui est ancrée dans le coeur des croyants, des pieux et des savants de la Parole d’Allah.

Allah -Le Majestueux, Le Transcendant- a magnifié le Noble Coran afin que la glorification des musulmans, et de ceux qui croient en leur Seigneur, pour Sa parole augmente.

Ce n’est pas un sujet facile. C’est la parole du Seigneur de l’Univers qui nous a été transmise ; c’est la plus grande fierté pour l’Ange Jibrîl عليه السلام et Allah l’a béni, car il est descendu avec la Révélation du Ciel à la Terre. Et c’est pour cela qu’Allah a honoré l’Ange Jibrîl, à cause de la grandeur du Coran qu’il portait et transmettait à notre Prophète صلى الله عليه و سلم.

Lorsque les juifs ont usé de mots violents à l’encontre de l’Ange Jibrîl, le Coran fut révélé pour l’innocenter, le secourir et attester de sa loyauté ; tout cela dû à l’immensité de ce qu’il portait avec lui et faisait descendre.

Allah dit : « Dis : Quiconque est ennemi de Jibrîl doit connaître que c’est lui qui, avec la permission d’Allah, a fait descendre sur ton coeur cette révélation (…) » (Sourate 2, v.97)

Ainsi Allah a valorisé l’Ange Jibrîl. Ce qui figure parmi les causes de l’immensité de l’Ange Jibrîl et sa grande valeur est que celui qui est son ennemi est l’ennemi d’Allah, car c’est lui qui a descendu le Coran sur le coeur de Muhammad صلى الله عليه و سلم.

Et le but de cela est de montrer l’estime d’Allah pour Sa parole -Glorifié et Éxalté soit-Il-. Et personne n’est plus savant d’Allah et de Sa parole qu’Allah Lui-même.

Les gens de science disent que tout le Coran est immense, et ce qui est encore plus immense, ce sont les versets d’Allah parlant d’Allah.

Donc lorsque les versets parlent des Attributs d’Allah, de Ses noms bénis, de Son absolue perfection et de Sa magnificence absolue, ils ont une grande influence sur les âmes et un impact sur les coeurs.

Si la personne passe une partie de sa vie en écoutant la récitation du Noble Coran, des versets évoquant l’immensité d’Allah, Sa grandeur, Sa royauté, Sa puissance, de la grandeur de Sa miséricorde et qu’il ne ressent ni peur, ni frisson, ni humilité dans son coeur, nous ne disons pas qu’il n’est pas croyant, mais nous disons qu’il y a un fossé qui le sépare de la perfection de la foi.

C’est pour cette raison qu’Allah S’est Lui-même glorifié dans Son Noble Livre.

Le Noble Coran est une source d’acquisition (de science) et de pudeur pour nous, et il n’y rien que nous désirons connaître le plus si ce n’est les descriptions de notre Seigneur -Glorifié et Exalté soit-Il- et sa seule issue se trouve dans le Noble Coran. Et certains savants disaient à propos de la parole d’Allah -Glorifié et Exalté soit-Il- : « Que soit Exalté Allah, le Vrai Souverain ! Ne te hâte pas (de réciter) le Coran avant que ne te soit achevée sa révélation. Et dis : « Ô mon Seigneur, accroît mes connaissances!. » (Sourate 20, v.114)

Les pieux prédécesseurs ont expliqué ce verset : « Et dis : Ô mon Seigneur, accroît mes connaissances! par le Coran! » 

Mis à part le Noble Coran et la Sunna du Prophète صلى الله عليه و سلم les gens n’ont besoin de rien.

*NdT : ce qui est entre parenthèse est en réalité un ajout dans la traduction du sens afin que le verset soit compris par le lecteur francophone, alors qu’en arabe cela n’a pas été évoqué car le sens est comprit.

Source : Voyage avec le Coran saison 2.